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 *Petites brèves de comptoir* [Soraya&Mike]

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MessageSujet: Re: *Petites brèves de comptoir* [Soraya&Mike]   Lun 23 Fév - 17:16

- Si c’est si horrible, pourquoi vous ne démissionnez pas ? » soupira un Mike qui tentait de rester calme.
 
La discussion entre deux hommes d’une quarantaine d’année, basée sur leur crétin de patron et leur travail de comptable de merde, tourna court. Siegfried prépara un cocktail tandis que les deux types fixèrent le Sigma Mu d’un air hautain. Ha voila, le gamin avait osé dire ce qu’il pensait et voilà, il était fiché « fils à papa ». Le jeune français fronça les sourcils lorsqu’il entendit la réponses de ces deux alcooliques.
 
«  Tu crois qu’on a le loisir de démissionner comme changer de slip ? »
Sourire de la part de Siegfried. S’il a gardé son slip depuis son premier jour, il devait y avoir un sacré éco-système la-dedans, mon gars. Mais la suite eut le don d’effacer son rictus moqueur.
« On a besoin de l’argent de cette moisissure pour vivre, figures-toi. C’est simple pour toi, tu dois encore être nourri et logé par papa, maman, mais quand tu grandiras tu comprendras. »
Le Rho Kappa se retourna pour voir le visage de son ami, et lorsque celui-ci vira dans un rouge proche de colère, il se hâta de finir son cocktail et vint le poser devant la jeune femme rousse qui lui adressa un sourire édentée. Siegfried en lui adressa un en retour mais sans conviction. T’es moche, pensa t-il. Par chance, Mike s’était éloigné des deux types et, profondément agacé, il murmura un « Retiens-moi de faire un meurtre. ». Le français lui répondit en lui affectant une tape sur le bras « Ignore les ces deux crétins. Ils te jugent sans te connaitre… ». Mais Mike avait tout de même un sacré caractère sanguin. D’où son affectation chez les SM. Sa patience était souvent mise à rude épreuve. Il se souvenait de la foi  où Soraya avait mis sa musique à l’aéroport. Pauvre Mike, il s’était mis un peu en colère… Son caractère d’ours l’amusait. Lui-même avait ses humeurs et il était bien placé pour savoir quand il fallait lui foutre la paix.
Il lui adressa un sourire amical et lui proposa une petite bière plus tard durant leur pause. « Tiens le coup, pense à ta bière, c’est moi qui invite ce soir. »
 
Les heures continuèrent à défiler ainsi que les clients. Une parmi tant d’autres vint pleurer son mari qui l’a suppliait de ne pas refaire les seins. Hé bien, c’est le monde à l’envers ! Puis, vu la planche à pain, elle en avait besoin de ces « boobs d’enfer ». Siegfried lui servit son Long Island Ice tea pour qu’elle puisse la fermer et quand elle parti et que plus aucun client ne venaient se plaindre auprès d’eux, Siegfried se laissa tomber sur un des hauts tabourets de l’autre côté du comptoir.
Il s’étira, un peu las de courir d’un bout à l’autre, puis son regard s’arrêta sur Mike qui soufflait également. Il frappa le comptoir du plat de la main, claironnant un « Tavernier ! Une bière ! Une pour toi, une pour moi. Je vais être ton premier client normal de la soirée. ».
Mike le rejoint alors bien vite et tous deux sirotent leurs boissons en discutant de choses et d’autres. La discussion commença par les clients mais dériva bien vite sur leurs quotidien. De temps à autres, Siegfried s’intéressait à sa passion pour la photographie et jetait un œil à ses œuvres. Il ne se proclamait pas photographe mais lui avait déjà dit qu’il aimait prendre des photos de son entourage. Pour Mike, ce n’était pas la même chose. Son truc, c’était plus… l’instant présent, la nature morte et tout ce qui pouvait faire une jolie carte postale pour les amateurs de l’environnement. Les gens ne l’intéressaient pas. C’était compréhensible vu la capacité de l’homme à venir emmerder le monde. Pourquoi prendre des photos de gens alors que le pauvre, il en voyait tous les jours et surtout ici, dans les contrées profondes du Miami pauvre et sans dignité.
 
Et Soraya arriva. Ho bien sur, Siegfried adorait cette fille. Amusante, drôle et toujours de bonne humeur : il y avait de quoi l’adorer. Dommage qu’Héra ne partageait pas son avis… Il l’accueillit avec bonne humeur en lui jetant un coup d’œil admiratif : très mignonne sa robe. Il faut dire que le type latino lui plaisait beaucoup mais entre lui et Soraya, c’était de l’amitié, rien d’autre.
Assise, le visage tout sourire, elle commanda un Mojito. Ce à quoi Mike répondit, étonné :
 
« Toi ? Un Mojito ? Tu t’es cognée quelque part aujourd’hui ?
- C’est vrai que ce n’est pas ton régime habituel, Señorita. »
 
La discussion coula sur les chances minimes pour Mike de devenir père. Siegfried étouffa un rire. Il n’était pas fou au point d’espérer qu’un gamin atterrisse dans cette « famille » de dingue.
Puis… voilà. Soraya les regarda tous deux, avec un air de gamine malicieuse ayant fait une bêtise. Le français tenta d’imaginer pleins de choses qu’elle aurait pu faire. Avait-elle recoller des chewings gums sous les tables ? Non. Un gode sauvage apparut parmi les trophées de l’école ? Peut-être pas une deuxième fois… des attaques de souris ? La super glue contre-attaque ? Cobb avait-il fait les frais ?
 
« Aiden est parti ! »
Aiden ?
« Il est plus là, plus rien, plus dans l’appart… »
Ha oui.
« … la chambre est vide de chez vide !!! »
Leur colocataire.
« Donc il faut fêter ça ! »
 
Siegfried eut un temps de retard mais très vite l’équation Colocataire/Départ/Fête se mit en place dans sa petite tête. L’espace d’un instant, il imagina Jey et Sarah trinquer à son départ et, mine de rien, cette vision eut le même effet agréable qu’un coup de poing dans le ventre.
Pauvre Aiden.
Il ne le connaissait pas mais étrangement, Siegfried ressentit un regain d’empathie pour lui. Ils étaient dans le même cas. Le couple chasse le troisième membre, histoire d’être tranquille.
Il réalisa qu’il fixait Soraya sans rien dire depuis trois secondes en trop et, pour pallier à cela, il réagit un peu comme n’importe qui le ferait :
 
« Ha ça y’est, il a plié bagage. »
« Mais, c’est suuuuuuper çaaa… »
Mais Soraya avait renchérit sur Mike et continuait son blabla tandis que Siegfried replongeait dans son problème numéro un : trouver une solution d’hébergement.
« Querido, je sais que c’est ton pote, mais Sieg DOIT fêter ça avec moi. » Aiden, pardonnes lui, c’est une traitrise, il en convenait, oui. « Après toi, tu peux rester tout à fait raisonnable et continuer ton boulot tranquillement, comme si je n’étais pas là » Chose un peu compliqué après calcul du débit de parole de Soraya. Une recordgirl. « Mais comme je suis magnifiquement bien sapée, ça va être dur pour toi, je te préviens. Ou alors tu fais la fête avec nous » Pardonne le, pardonne le !  « … et tu mets ça sur… je saos pas, ce que tu veux. Ah si je sais, le fait que tu’as enfin décidé de laisser de côté les natures mortes. »
« C’est joli les natures mortes », murmura t-il tout en sachant qu’aucun des deux n’entendrait ça.
« Ca se fête ça non ? » C’EST JUSTE IMMONDE ! « Ou peut-être parce que j’ai nettoyé tout ton appartement avant de venir, ça aussi ça se fête ! »
- Parce que tu crois que je vais vous laisser festoyer gaiment sous mon nez ? Je crois que parfois tu rêves un peu trop Munos. » Siegfried lui adressa un regard stupéfait. C’est ton pote et tu fêtes ça ? Mais… tu n’es qu’un TRAITRE Harper ! « Ah si, ça c’est une bonne raison. Attend, t’as bien dit que tu avais fait le ménage ? » Sur le coup, il fut outré que Soraya ne remplisse pas ses rôles de femmes. Mais bon, c’était dans l’air du temps de laisser l’homme tout faire à la maison. Le sexe fort devient faible, les mecs. Il est temps de renverser la tendance. Siegfried regarda Mike sortir du comptoir et tester la température de sa copine. « Oulah oui, tu as de la fièvre, je comprends mieux. » Petit sourire de la part de Sieg. Puis Soraya soupira et s’adressa au français.
 
« Donc je disais, comment ça se passe ta petite vie ? Rien de neuf à raconter ?
- Non, enfin… Héra et moi nous allons en France pour la Saint-Valentin. »
 
Le prénom de sa petite amie avait le don de l’embraser sur place parfois. Mais lorsqu’il prononçais  le mot « Paris », les souvenirs revenaient. Il faut dire qu’il n’avait plus remis les pieds dans ce pays depuis… trois ans et demi, bientôt quatre. Il ne parvint pas à dire combien il était heureux d’aller enfin à Paris. C’était un sujet à controverse. Lorsqu’Héra lui avait proposer de l’accompagner, il avait ressentie une brève hésitation. Puis, en voyant que la jeune fille comptait sur sa présence, il accepta. Après tout, c’était une occasion de revenir là-bas. Et de ne pas laisser Héra seule avec ses parents. Sa dulcinée lui avait confier des choses pour lesquelles il savait qu’il ne fallait PAS laisser Héra repartir seule. Alors… « On part à Paris. » Il se répète. Mauvais signe. Mais avant qu’il ait pu continuer sur sa lancée et répéter une troisième fois combien Héra était généreuse avec sa carte bleue, un vieux monsieur dégueulasse les interrompit et tenta de draguer la jolie latino. Mike réagit au quart de tour. Evidemment, c’est sa copine. Le vieux récolta les deux regards noirs des jeunes étudiants. Heureusement, le vieux compris et la discussion reprit.
Soraya renchérit alors sur autre chose :
 
« Si tu décidais de partir de ton appartement, tu me le dirais ? Non parce que j’ai cru que t’étais parti et qu’il avait pris ta chambre. Sauf que quand j’ai été voir, tes affaires étaient toujours là, j’ai eu peur que tu m’abandonnes avec ce rustre.
- Mais n’importe quoi Senorita, rigola Siegfried,
- Tu as vraiment cru que j’avais pu te faire un coup pareil ?
- Tu l’as vexé, bravo. Il était déjà de mauvaise humeur, je te félicite pas ! »
Ils échangèrent un sourire puis Mike l’a rassura. A sa manière.
« Non mais si ça devait arriver, je t’enverrais une carte postale à l’arrivée.. je rigole, bien sur que je te le diris, même si je ne vois pa l’intérêt de fuir la queue entre les jambes. »
 
Ils chambrèrent Soraya sur ses peurs irrationnelles, mais déjà la jeune fille se leva, un cd à la main. Quelques suppliques espagnoles plus tard, elle se dirigea vers la radio, non sans être raillée par Mike.
 
« Oui, vas-y mets le, du moins si tu y parviens. Tu sais comment ça marche, ou tu veux que je t’explique ? 
- Les femmes et les machines ne font pas bon ménage, renchérit le français.
- T’as compris le truc qu’elle a dit à la fin en espagnol ?
- Ouai. Elle te disait « S’il te plait, s’il te plait, s’il te plairait, je ferais tout ce que tu voudras. Moi à ta place, j’en profiterais. C’est bien d’avoir une femme à la maison qui t’obéit au doigt et à l’œil. »
 
Il lui sourit un peu mais se fit héler par un client qui disait avoir attendu « une minute de trop ». La femme était une vieille blonde et attendait sans doute que quelqu’un daigne la servir. Elle râla trois ou quatre fois et Siegfried l’a servit pour être payé en silence. Oui, le silence a parfois autant de valeur que l’argent. Il revint donc à Mike. Soraya bataillait encore avec la radio, mais bon. Le français rit un peu et regarda la réaction de Mike.
« Tu vas pas l’aider ? C’est une femme en détresse… »
Mais la meuf blonde de l’autre côté du comptoir râla encore. Bien. Le français revint à la charge et cette fois elle demanda une autre téquila, avec plus d’alcool et moins d’eau. Il s’efforça de ne pas lui jeter de regard blasé, tandis qu’elle commença la parlote.
 
« J’en ai marre des téquila ratée. Mon mari lui est barman. Je lui dirais un jour de te montrer comment on fait pétio, hein ? Non vraiment t’es encore jeune et faut apprendre tout  ça, mais bon dieu, moi à ton âge, hé bien j’étais déjà à l’usine à trimer pour avoir un toit au dsesus de la tête et manger assez pour tenir debout. » C’est pas vrai… « Et je n’en suis pas morte ! » Presque, vu l’âge. « Franchement, vous les jeunes… vous les jeunes vous ne pouvez rien comprendre. De toute façon, quand vous dites que vous avez un problème, ce n’est jamais grave. Hey toi, je paris que tu as des soucis avec ta copine… ou peut-être que… »
 
Catastrophe. Siegfried se retint à grand peine et voilà que le vomis sortit, avec tout l’acide de l’estomac.
Mais O miracle, il parvient à se retenir. Non sans poser la téquila devant elle, brusquement, puis avec un regard noir en prime. Il revint auprès de Mike, la mine fermée.
 
« Encore une fois j’entend ce refrain, je tue quelqu’un. » Il soupira, but une gorgée de bière. Ca y’est, c’est bon, la bonne humeur partit, toute explosée, comme un amas de civil dans les combats d’Irak. Boum. Devant le regard interrogatif de Mike, il lâcha enfin le morceau « Je me suis fait virer de chez mes colocataires. Je suis dans une belle merde. Enfin, j’ai toujours la chambre des Rho Kappa, mais si je m’en contente, je peux dire adieu à la garde d’Ollie. »
 
Si encore, il n’avait qu’une chambre, ça irait. Mais lors de son « entretien » avec Kyle, ce dernier avait été clair. Il fallait un appartement pour accueillir l’enfant. Et cet enfant était son nouveau départ, une nouvelle chance de vivre dans ce monde un peu trop cruel avec les enfants. C’était tout ce qu’il voulait. Un coin pour lui et pour Ollie. Que pouvait-il demander d’autre lorsque tout le reste n’était pas utile ? Il soupira un peu. Ho bien sur, il ne se voyait pas demander une colocation avec un couple : c’était ainsi, Soraya et Mike pouvait vivre ensemble à deux. Il lui faudrait trouver quelqu’un d’autre.
Soraya revint enfin. La musique qu’elle avait mis envahissait le bar. D’ailleurs, Siegfried reconnut les mots : Français. Cela le fit sourire.
 
« Fier de mon terroir…  et sinon à part votre future vie à deux, quoi de neuf ? »
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MessageSujet: Re: *Petites brèves de comptoir* [Soraya&Mike]   Mar 3 Fév - 12:25

Il y avait des jours où tout semblait vous sourire, et d’autres où il aurait mieux valu ne jamais se lever de son lit. Et ce jour était de ceux-là. Mike, avait pour commencer, démarrer sa journée de mauvaise humeur, pour une raison inconnue au bataillon. Il s’était juste contenté de poser le pied gauche avant le droit, et ça avait suffit à le rendre aussi aimable qu’un ours affamé. Seul un calme plat dans l’appartement et un bon café lui suffisait pour émerger en douceur et espérer s’assagir avec les heures. Et heureusement pour lui, Soraya étant lycéenne, commençait toujours plus tôt que lui, et avait déjà quitté les lieux dès le matin, et Aiden… Bah Aiden il n’était pas là, et allait bientôt ne plus l’être définitivement. En raison de quelques problèmes personnels, dont il n’avait parlé que trop vaguement avec Mike, il avait besoin de s’évader, et quitterait donc le logement dans la journée. En attendant, il est aux abonnés absent et Mike avait la cuisine pour lui tout seul. Pour écouter sa radio à fond, pour boire son café en paix.

Une fois fini, Mike se leva de sa chaise pour faire la vaisselle de sa tasse, et couverts utilisés pour son petit-déjeuner sur un air de « Seven Nation Army » chantée par les très célèbres White Stripes, avant d’aller prendre une bonne douche. Ultime action avant de se préparer et quitter l’appartement pour la journée. Il était rare qu’il y revienne avant la fin de son service au bar, et ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait faire une exception à cette règle, surtout que le Sigma Mu avait cours toute la journée, et ne pouvait se permettre de jouer au con encore cette année, sous peine de doubler encore une fois, si cela lui était autorisé. Il n’aimait pas l’école, les études, mais il ne cessait de se rappeler ô combien ça lui serait utile par la suite, pour se persuader de bosser un minimum. Il ne voulait pas finir barman le restant de ses jours, même s’il y passait de bons moments, notamment depuis que Sieg avait été embauché avec lui, et qu’il ne s’ennuyait plus tout seul comme un con derrière le comptoir. Ensemble, ils pouvaient enfin dire du mal des clients. Tout seul, il serait passé pour un dérangé.

Une fois arrivé à l’université, il se rendit à son premier cours, et le reste de la journée sembla s’étaler, et Mike ressortit de là totalement lessivé, comme si une semaine s’était écoulée depuis son arrivée. Pourtant il n’était que dix-huit heures, et il commençait son service dans la demi-heure et n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Il grimpa dans son véhicule, et en cinq minutes il arrivait à Little Haiti, où il se gara sur le parking de son immeuble, l’Iguana bar étant à deux minutes à pied. Il y retrouva sur place Sieg, et le service de la soirée pouvait commencer.

Les clients défilaient en nombre ce soir, et Mike n’avait pu compter le nombre de verres qu’il avait servi, nettoyé, astiqué durant les quelques heures qui s’étaient écoulés. Occupé, il ne glissait que quelques remarques à Sieg de temps à autre sur les clients dont il se chargeait, et vu la consternation qui se lisait dans les yeux de son partenaire, il vit que le sien devait être pire que tous les précédents. Il fallait dire, Mike et Sieg en entendaient des bonnes ici. Des histoires, des plaintes, certains clients étaient parfois trop bavards, mais se devant d’être poli et respectueux, Mike se retenait de leur dire « ta gueule j’en ai rien à foutre ». A la place, il hochait bêtement la tête comme si l’histoire l’intéressait, et répondait des « hm » sans grande conviction pour faire genre. Mais bon n’importe qui pouvait voir que ça lui passait au-dessus du cigare, sauf ces pauvres gens désespérés venus boire pour oublier. Le pire restait quand ils étaient bourrés. Et cela rappelait à Mike un vieillard qui avait tout perdu, sa femme, sa voiture, et qui avait choisi ce bar en particulier pour faire son deuil. Au bout de trois verres, il était déjà dans le gaz, et Mike lui avait conseillé de se limiter à l’eau, ce à quoi il lui avait répondu, le plus sérieusement du monde.

« Si c'est toi qui décide de boire, c'est pas comme un microbe. Si c'est le microbe qui décide, c'est une maladie. »

Autant vous dire que Mike a cherché longuement avant de trouver un sens à cette phrase, en vain. Et aujourd’hui, alors que Sieg avait un racontar dépressif au téléphone, Mike avait deux potes, la quarantaine sans doute, qui ne supportaient plus leur patron. Et les critiques fusaient. Il va s’en dire qu’ils vivaient un calvaire, et Mike fit semblait de s’intéresser à ce malheur qui semblait s’abattre sur eux.

« - Si c’est si horrible, pourquoi vous ne démissionnez pas ? »

Erreur fatale. Regards noirs en perspective, les deux armoires à glace toisent Mike du regard.

« - Tu crois qu’on a le loisir de démissionner comme changer de slip ?
- On a besoin de l’argent de cette moisissure pour vivre, figures-toi. C’est simple pour toi, tu dois encore être nourri et logé par papa, maman, mais quand tu grandiras tu comprendras. »

Bien, ça commence bien cette tournée, et Mike se retient de s’énerver. Il ne faut pas qu’il s’énerve. Il fait un sourire hypocrite.

« - Oui je comprends. »

Et s’éclipse, avant de lâcher à Sieg.

« - Retiens-moi de faire un meurtre. »

Et là il y avait de quoi s’énerver, mais évidemment comment pouvaient-ils savoir pour Mike ?

La soirée continue cependant, et les clients se font rare, où ces derniers préfèrent occuper les tables de poker, et Sieg et Mike se retrouvent libres, pouvant souffler un peu. Le Sigma Mu se permet même de s’asseoir, les jambes endolories, jusqu’à ce qu’une silhouette familière franchisse le pas de la porte. Deux secondes de latence, et la voilà qui arrive tout sourire, voix fluette, surexcitée –comme à son habitude. Sieg s’empresse de prendre sa commande, qui est… un Mojito. Mike écarquille les yeux.

« - Toi ? Un Mojito ? Tu t’es cognée quelque part aujourd’hui ? »

Soraya bannissait l’alcool de son alimentation et quand elle venait c’était pour une grenadine à l’eau généralement. Loin de ce cocktail à base de rhum.

« - Enfin si Mike veut bien devenir papa ! »

Le Sigma Mu en question s’étouffe à cette phrase. Lui père ? Non mais vous rigolez j’espère ? Heureusement Soraya lui sauve la mise, en quelque sorte.

« - Ah ça y est, il a plié bagages. »

Mike était tout sauf surpris. Il savait que Mike était sur le point de partir, mais il n’avait pas eu l’heure exacte. En tout cas, il rigolait de voir que Soraya était heureuse pour une si petite chose. Mais cela prouvait à quel point la jeune fille détestait Aiden.

« - Parce que tu crois que je vais vous laisser festoyer gaiment sous mon nez ? Je crois que parfois tu rêves un peu trop Muños. Et je n’ai pas besoin de raisons valables pour faire la fête, tu devrais le savoir.
- J’ai nettoyé tout ton appart avant de venir.
- Ah si, ça c’est une bonne raison. Le temps qu’il réalise. Attends ? T’as bien dis que tu avais fais le ménage ? »

Mike sort alors du comptoir et vient poser sa main sur le front de Soraya.

« - Oulah oui tu as de la fièvre, je comprends mieux. »

C’était un peu moqueur certes, mais il n’y était pas habitué et surtout chaque prétexte était bon pour la taquiner. Elle commença à s’adresser à Sieg quand un vieux mec répugnant s’approcha.

« - Salut jolie madaaaaaame. »

Ce à quoi Mike lui répondit.

« - Vas voir ailleurs si j’y suis. »

Se retenant bien évidemment de lui en coller une en bonus. Il s’installa alors sur le siège voisin à Soraya, et la conversation put commencer. Il laissa Sieg répondre à la question de la portoricaine, qui finit par se tourner vers lui, posant une question qui lui parut étrange.

« - Tu as vraiment cru que j’avais pu te faire un coup pareil ? Non, mais si ça devait arriver, je t’enverrais une carte postale à l’arrivée… Je rigole, bien sur que je te le dirais, même si je ne vois pas l’intérêt de fuir la queue entre les jambes. »

La discussion continua sur de bonnes bases, jusqu’à ce qu’elle se lève sans demander son reste, agacée par le match de foot diffusé ce soir là.

« Oh mike j’ai un cd ! On peut le mettre? Por favor, por favor, por favor haré todo lo que tú quieras !
- Oui, vas-y mets-le, du moins si tu y parviens. Tu sais comment ça marche, ou tu veux que je t’explique ? »

Encore de quoi la charrier, connaissant le rapport de Soraya avec la technologie. Il laissa cette dernière se diriger vers la machine, et se tourna vers Sieg.

« - T’as compris le truc qu’elle a dit à la fin, en espagnol ? »

Il ne comprenait que quelques mots, mais là il était largué, complètement.
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MessageSujet: Re: *Petites brèves de comptoir* [Soraya&Mike]   Sam 31 Jan - 3:54

Après une journée bien chargée entre les cours et le sport, je rentrai, sac de sport sur l’épaule. Cette journée n’avait pas particulièrement été extraordinaire. Les cours avaient été particulièrement chiant, voir même endormant et le sport qui d’habitude me gardait bien éveillée, m’avait fatiguée bien comme il le fallait. Au moins, Mike ne pourra même pas dire que je le fatigue, parce que j’en aurais même pas le courage. Déprimée ? Non surement pas, je ne connaissais pas vraiment ce mot. Pour le coup, j’étais juste un peu plus fatiguée que d’habitude et la seule chose dont j’avais envie, une fois rentrée, c’était de me doucher et de dormir. Une fois arrivée à l’appartement, je m’attendais à y croiser l’autre grincheux, Aiden. J’étais pas vraiment en bon terme avec lui parce qu’il était bien trop bizarre pour moi, et tellement froid qu’on avait juste envie de le secouer pour le rendre un peu plus chaleureux. Même Mike était plus loquace que lui au tout début de notre rencontre. Certes, c’était loin d’être des phrases guimauves à souhait, mais au moins il parlait et réagissait à ce que je disais. L’autre ? Quedal, Nada. Rien du tout. Une fois à l’intérieur, c’était anormalement calme. Certes, il ne parle pas, mais on l’entend au moins vivre, respirer. On le voit voyager dans l’appartement, mais là rien du tout. « Y’a quelqu’unn ? Alloo ? » Je me doutai que Mike ne répondrait pas, puisqu’il devait bosser, mais ma curiosité m’obligea à me diriger vers la chambre d’Aiden. J’hésitai un instant avant de frapper à la porte et puis, n’ayant aucune réponse, entrai. La chambre était totalement vide, voir même inhabitée. Pas de photos, pas de poster. Pas d’affaires personnelles, rien du tout. Tout était vide alors qu’avant on pouvait au moins remarquer une présence, sans non plus que la personne se trouve à ce-moment présent, dans la chambre. Je papillonnai les yeux d’incompréhension. J’avais loupé un chapitre ou quoi ? Et puis, je viens de comprendre, il a surement dû prendre ma chambre et balancer mes affaires je ne sais où. Rapidement je me dirige vers l’endroit qui devait me représenter le plus dans cet appartement et tout était toujours aussi normal. Rien ne manquait, même pas le peu de bordel qu’il y avait. Automatiquement, j’allais vers la chambre de Mike, cette fois, mais si Aiden avait pris la chambre de Mike et que ses affaires à lui ne se trouvaient pas dans celle d’Aiden…. ? Non, c’était pas possible. La dernière prise de tête avec Mike ne datait pas d’hier, ou encore d’aujourd’hui. Et quand bien même, c’était presque devenu la routine ces prises de tête là. Pas de quoi déménager, et quand bien même si c’était pour ça, il avait assez d’audace pour me foutre moi, dehors. C’était son appartement après tout. J’actionnai la clenche  et malgré tout, je fus soulagée de voir que ses affaires étaient toujours bien là.  Mon sac de sport en plein milieu du salon, je me retournai et observai la scène. Donc, Aiden était parti et que ressentais-je en ce moment-présent ? Rien, parce que je ne réalisais pas, mais d’ici 5 minutes, j’allais faire la fête.

Je m’empressai de récupérer mon sac de sport et filai me doucher. Au fur et à mesure que ça me tonifiait un peu, je commençai à réaliser qu’Aiden était parti. Il avait enfin agit à ce que j’espérais depuis plusieurs mois. Certes, c’était un pote de Mike et pendant tout ce temps, je faisais vraiment des efforts pour le supporter. La seule chose qui l’emmerdait, c’était que j’étais une fille et non pas un mec et que lui, voulait juste rester entre hommes et pourtant, il était loin d’animer l’appartement. C’est à peine si je me rappelais encore de son timbre de voix. Non, sincèrement, là j’étais vraiment heureuse. En sortant de la douche, j’enroulai une serviette de bain autour de moi et courrai jusque dans ma chambre, non sans manquer de me planter en glissant et cherchai après mon portable. Ma première idée ? Appeler Mike pour le lui annoncer, bien qu’il était sans doute déjà au courant. Je composai le numéro et puis effaçai l’écran. Sieg était avec lui alors autant faire le chemin et faire la fête.  Je cherchai dans ma garde-robe de quoi m’habiller et optai pour une robe bustier un peu simplette mais élégante. Une fois prête, je laissais ma bonne humeur s’emparer de moi au point de passer l’aspirateur un peu partout, mais surtout dans la chambre d’Aiden, comme si psychologiquement, j’allais me sentir mieux en aspirant une bonne fois là où il avait passé son temps et une fois fini, j’abandonnai l’endroit proprement rangé et me rendis là où les garçons travaillaient, le sourire aux lèvres, me retenant presque d’hurler dans la rue ô combien j’étais heureuse. Toujours fatiguée, mais heureuse.

Dans ce bar, toujours la même clientèle et donc, toujours la même ambiance. Des vieux d’une cinquantaine d’année qui passaient leur temps à jouer aux cartes, regarder le foot et picoler jusqu’aux petites heures. A l’intérieur, j’évitai les hommes ne marchant plus très droit, une bière à la main, et ignoraient d’autres qui m’adressaient la parole. Je ne venais pas pour me faire des nouveaux potes ayant atteint le quart de siècle, ni même pour les plumer, comme la dernière fois. D’ailleurs, sans doute que si Mike ne bossait pas là, je n’y mettrais même pas les pieds. Finalement c’était loin d’être un des endroits que j’aimais fréquenter et encore moins à cette heure-ci. Je posai mon regard sur les deux garçons qui s’attelaient à la tâche et m’approchaient, un grand sourire sur le visage.

« HOLAAAAAAAAAAAAAAA »
« Je ne te demande pas si ça va charmante Señorita. Je te sers quoi ? Une grenadine à l’ … »
« Mojito ! »
« … va pour un Mojito. Je devine que tu vas nous annoncer une grande nouvelle. Allez accouche ! Enfin, si Mike veut bien devenir papa ! »

La dernière partie de sa phrase fit disparaître mon sourire en un rien de temps, mais juste le temps de remettre les pendules à l’heure. Lentement, je m’expliquai :

« Sieguy… Sache que pour rien au monde, je n’échangerai mon corps de déesse pour un môme et ce même si, admettons, un jour, Mike trouverait au plus profond de lui sa fibre paternelle » Pause. Je repris plus rapidement « S’il veut engrosser une fille, ça ne sera pas moi ! » J’adressai un sourire au Rho Kappa, tout en papillonnant des yeux et plus sérieusement, je repris « VOUS SAVEZ QUOI ? Aiden est parti ! Il est plus là, plus rien, plus dans l’appart sa chambre est vide de chez vide !!!! Donc il faut fêter ça ! »

Me rappelant qu’Aiden était malgré tout le pote de Mike, je lui adressai :

« Querido, je sais que c’est ton pote, mais Sieg DOIT fêter ça avec moi. Après toi tu peux rester tout à fait raisonnable et continuer ton boulot tranquillement, comme si je n’étais pas là – Mais comme je suis magnifiquement bien sapée, ça va être dur pour toi, je te préviens – Ou alors, tu fais la fête avec nous et tu mets ça sur… Je sais pas, ce que tu veux. Ah si je sais, le fait que t’as enfin décidé de laisser de côté les natures mortes. Ca se fête ça, non ? Ou peut-être parce que j’ai nettoyé tout ton appart avant de venir, ça aussi ça se fête ! Et Sinon Sieg… » Au même moment, un homme s’approcha et m’interrompit « Salut jolie madaaaaaame… ! » Je me tournai vers lui et dégoutée par le fête qu’il soit désespéré au point de vouloir se taper une fille de 17 ans et repris « Donc je disais, comment ça se passe ta petite vie ? Rien de neuf à raconter ? » Je sirotais mon Mojito tout en l’écoutant puis, je repris à l’adresse du Sigma Mu « Si tu décidais de partir de ton appartement, tu me le dirais ? Non parce que j’ai cru que t’étais parti et qu’il avait pris ta chambre. Sauf que quand j’ai été voir, tes affaires étaient toujours là, j’ai eu peur que tu m’abandonnes avec ce rustre »

Trouvant l’ambiance un peu naze dans ce bar, avec leur match de foot, je demandai encore plus enthousiaste :

« Oh mike j’ai un cd ! On peut le mettre? Por favor, por favor, por favor haré todo lo que tú quieras !* » terminais-je presque en le suppliant.

* Je ferais tout ce que tu voudras (a)


Tenue Soraya
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MessageSujet: *Petites brèves de comptoir* [Soraya&Mike]   Ven 30 Jan - 0:20

Ambiance lourde. Du moins, c’est ce qu’il flaire. L’air se charge, s’alourdit, prend des kilos, puis des tonnes. Devient-il irrespirable ? Un peu.
Peu importe. La journée doit commencer, et bien s’il vous plait. Un matin réussi est la garantie d’une journée accomplie, disait leur mère. Et quoi de mieux qu’un délicieux café crème pour bien débuter ? Les deux tourtereaux, habitant dans le quartier moyen de Miami, se regardent dans les yeux avant de boire leurs boissons chaudes. Droit dans les yeux, ils se font des promesses silencieuses. La main du jeune Yoan glisse sur la cuisse de Sarah, charmante blonde, qui, attirée par la chaleur de son fiancé, se rapproche de lui. Tous deux se sont rencontrés en Arizona, lors d’une compétition de rodéo dans le ranch familial de Sarah. Le garçon, un peu trop maniéré pour évoluer dans cette nature brute et simple, ne s’attendait pas à voir un petit bout de femme comme Sarah, chevaucher cet étalon encore sauvage. La fille, née parmi les chevaux, fut tout aussi surprise de voir un garçon comme lui se salir les mocassins dans la boue. Mais comme les oppositions s’attirent, lls se mirent ensemble… et Sarah déménagea à Miami avec Yoan.
Trois ans plus tard, ils étaient toujours aussi amoureux. Ils ne passaient pas tous les matins mais ils aimaient organiser leurs emplois du temps de telle sorte à se retrouver seuls. Tous les deux. Avec leur café. Et leur amour bien dégoulinant de passion, de love et de je t’aime.
Sarah frémit en sentant les doigts de Yoan courir sur sa cuisse. Hihihi, ça chatouille. Mais tu aimes quand ça chatouille. J’aime ta bague… elle est magnifique. Comme toi ma c…
 
CRUNCH. CRUNCH. CRUNCH. CRUNCH...
 
Sursaut. Oui, alors, leur idylle s’est retrouvée léééégèrement perturbé par un élément, celui-là même qui mange ses céréales sur le canapé, les yeux rivés sur l’écran de télévision. Ce bruit peu ragoutant est bien le seul bruit qui retentit dans le calme de l’appartement, ce calme qui n’a plus vraiment sa place depuis que Siegfried Wade est venu élire domicile dans la chambre du fond. Une présence accommodante certes, mais qui devient de plus en plus gênantes. Si le français apportait une compagnie légère et amicale, cela ne l’était plus depuis septembre, car un quatrième pion s’est déposé sur cet échiquier. Ollie. Yoan n’avait rien contre les enfants mais lorsque ce môme était là, il ne réfléchissait pas deux fois avant d’entrainer sa dulcinée dans un restaurant pour rentrer tard… et souvent après une dispute.
« Mais pourquoi devrait-il s’en aller enfin ? Il n’a personne pour…
- Mais il a une chambre étudiante à Wynwood. Pourquoi il ne…
- Parce que pour garder Ollie, il a besoin d’un…
- … d’un appartement oui. Et moi j’aimerais vivre avec toi, juste avec toi. Ce n’est pas un ménage à trois ici. Alors s’il te plait, parle lui. »
Il n’a pas tords. Sarah fait une moue, il n’a pas envie de jeter Siegfried à la rue. Aussi, cette situation dura, dura, dura… jusqu’en cette fin janvier. Elle l’aimait bien ce gars bronzé qui en avait toujours une bonne à raconter. Elle adorait l’écouter parler un peu de la France même si ce sujet avait le don de jeter une ombre dans les yeux. Elle aimait aussi lui prêter Miracle car il s’avérait être un bon cavalier. Maintenant qu’il avait adopté Rivière, son cheval, il lui demandait des conseils pour dresser son cheval – qui n’était pas vraiment facile – et s’occupait parfois de Miracle lorsqu’elle n’en avait pas l’occasion. Tous deux passaient du temps ensemble, un peu trop même.
De telle sorte à ce que leurs partenaires respectifs commencent à voir cette complicité d’un très mauvais œil. Héra, la riche et belle française que ramenait parfois Siegfried, avait tendance à lorgner sur la jeune fille lorsqu’elle embrassait Siegfried sur la joue en guise d’au revoir. Yoan, quant à lui, fulminait intérieurement.
 
Alors ce matin, Yoan craque. Sa main quitte la peau douce de sa dulcinée qui suit son regard. Les bras croisés, ses yeux jettent des éclairs à ce fifrelin là, qui bouffe sur LEUR canapé, dans LEUR appartement et nuit grandement à LEUR intimité. Sarah comprend dès à présent qu’il lui faut prendre une décision. Ils en ont parlé plusieurs fois et oui, il faut admettre qu’elle a envie de se retrouver avec Yoan. Rien que lui et elle.
« Je vais lui parler… »
Elle se lève alors et prend place aux côtés du français. Ce dernier lui adresse un sourire chaud mais il comprend très vite que ce qu’elle a à lui dire ne lui sera pas vraiment agréable. Sarah se sent à la fois soulagée d’avoir enfin pris cette décision mais également triste d’être celle qui lui annonce cette nouvelle.
 
C’est donc un esprit préoccupé qui se rendit à Iguana Pines Bar.
 
 
*Le soir*
 
« Non mais comprenez moi les gars ! J’veux une femme moi, une vrai ! Une putain de gonzesse présentable… hey attendez, vous l’avez vu ma copine ? Une allumette presque brisée ! Des lunettes avec de gros verres et des citrons en guise de seins… merde alors. Hey un mojito ! Franchement, hier elle m’a… elle m’a saoulée avec son envie de faire un deuxième gosse ! Ouai, bah bonjour le pedigree, elle s’est vu ? Mais j’en veux pas de ses vices cachés ! Et que ça râle quand je mate un clip de Madonna ! « Madonna elle a cinquante ans, tu aimes les vieilles ? » « Nan Madonna est sexy, tu vois ? ». Merdeuuuh ! »
 
Ma vie n’a aucun sens, aidez moi, j’ai  une famille à nourrir et je crache dessus. Voilà ce que pense le jeune français quand il lui pose le mojito devant ce pauvre malheureux. Le type, grand, baraqué et les cheveux coupés en brosse, se saisit du verre et en boit une gorgée. Voilà, bois ça mec. Avec un peu de bol, les citrons se métamorphoseront en pastèque ce soir. Cette pensée agrandit son sourire lorsqu’il se détourne de lui, mais l’homme malchanceux le remarque.
 
« Allez, t’es d’accord avec moi… je pari que toi aussi tu rêves d’une femme magnifique, blonde à souhait et maline en plus de ça. Appelle moi si t’en vois une, qu’on partage ! »
 
Le jeune français laisse échapper un faux rire amusé. Mais c’était pour mieux tromper l’ennemi. Depuis un mois qu’il bossait dans le coin. Après deux expériences dans un supermarché et dans un KFC, Siegfried s’était vu jeté à la porte pour diverses raisons : Impolitesse envers un client, grignotage dans les cuisines, insolence envers la haute hiérarchie. Il ne lui restait plus qu’une issue : un bar. Celui là avait de la gueule, des poivrots et surtout beaucoup, beaucoup de chance : Mike l’avait pistonné auprès du gérant pour une semaine d’essai. Meme s’il voyait cet endroit d’un mauvais œil, il fallait dire que ce n’était pas le pire, voir même le meilleur. De plus, il ne voulait pas causer de problèmes à Mike.
… il fallait donc ranger l’orgueil au placard et se la fermer. Oui m’sieur !
Mais outre les heures de sommeil en moins et les quelques bagarres qui éclataient, il fallait dire qu’il se tapait des barres avec l’américain. Chaque soir comportait son lot d’histoires de types qui venaient boire de l’espoir factice pour mieux dégueuler des insanités outrancières. Les humains trop égarés venaient s’échouer dans le coin, malade d’amour, malade de reconnaissance, bref, malade de tout. Eux deux, c’était les barmens. Mais plus encore, ils s’improvisaient jurés dans cette parodie de tribunal. « Franchement, je le trouve débile à se plaindre de sa belle-mère… qu’il prenne sa dulcinée et hop ! En route pour de nouvelles aventures ! » « Tu l’as entendu chanter le pauv’ type ? Je pense qu’on a enfin trouver le pire du pire ! » « Tu crois qu’il a vu que je crachais dans son verre ? Mais non je plaisante, je ne ferais jamais ça. Même s’il le mérite. »
Et encore, et encore, et encore ! Franchement, qu’en avait-on à foutre des  petits secrets des étudiants à Wynwood ! Que la voice prenne sa plume d’or et sa fueillle de parchemin, il y en avait des choses à noter ici ! Elle oubliera VITE d’emmerder les confréries !
 
La soirée était déjà bien avancer et Siegfried et Mike enfilait les verres commandés les uns après les autres. De temps à autres, plus personne ne commandait, ce qui leur laissait le temps de ranger un peu, faire la vaisselle… et parler dans leur coin. Pour mieux rire.
Leur amitié n’avait pas commencé comme n’importe quelle autre. Ils auraient pu se rencontrer dans ce bar, à Wynwood ou n’importe quel autre endroit. Mieux, Soraya aurait pu organiser un petit lunch dans un coin de la cour pour manger, mais non, bien sur que non. C’est à partir d’un évènement survenu dans une banque, que tous deux tissèrent des liens amicaux. Leurs premiers contacts eurent lieux par écran interposés. Quelques mails échangés plus tard, c’est lors d’un flash mob sur la plage que Siegfried fit plus ample connaissance avec un mec de son âge, un peu renfermé aux premiers abords mais dont les paroles acérés lui faisait rire. Depuis quelques mois, c’est dans le coin fumette et clope qu’il se rendait à chaque pause  pour… rigoler. Ho il y avait pleins de coins : le toit, un banc, une salle de classe vide, bref. Du moment qu’ils pouvaient se poser quelques part et se taper des barres.
S’ils parlaient du braquage ? … Non. Parce qu’ils en avaient assez vu pour en discuter encore aujourd’hui. Le rire restait encore leur meilleur remède. Plusieurs fois, le français aurait voulu lui dire combien il lui en était reconnaissant de les avoir tirer d’affaires. Mais… les trucs mélodramatiques, ce n’était pas son truc. Il en aura peut-être l’occasion un jour, qui sait ?
 
Pour le moment, le bar demeurait plutôt calme. Juste deux types qui s’envoyaient des crasses autour d’un billard. Les deux étudiants discutaient de choses et d’autres comme du prochain film qu’ils iraient voir – au grand damne des autres spectateurs – ou encore des bons plans pas chers de Miami,…
Mais leur discussion animée autour des ennemis jurés de Spiderman prit fin lorsqu’une petite boule de nerf portoricaine entra dans le bar. Tous deux s’approchèrent de leur plan de travail, Siegfried le premier. Le Rho Kappa l’accueillit en prenant trois verres dans le service. Quelque chose lui disait que Miss Tacos en avait une bonne à leur raconter. Une excellente à raconter. Il n’y avait qu’à voir ses lèvres fraiches s’étirer en un beau et joyeux sourire  pour voir qu’une grande nouvelle allait être annoncée. Assise, elle semblait avoir du mal à se retenir de crier de joie. Pour quelle raison ? Il n’en savait rien mais c’était toujours un plaisir pour le français de l’entendre s’extasier au lieu d’entendre les sempiternels « j’mennuie ».
 
« Je ne te demande pas si ça va charmante Señorita. Je te sers quoi ? Une grenadine à l’ … 
- MOJITO ! 
- … va pour un Mojito. Je devine que tu vas nous annoncer une grande nouvelle. Allez accouche ! Enfin, si Mike veut bien devenir papa ! 
- Salut jolie madaaaaaame… ! »
 
Le type arrive, et bien armé. Ha bah, il faut dire que Soraya n’était pas la plus moche de toute, bien au contraire. Et vu que ce type en manque désirait plus que tout mettre le grappin sur un specimen rare, c’était le moment ou jamais. Siegfried lui adressa un regard sec. Haaaa les hommes en manque ici, ce n’était pas ce qui manquait. Et ce n’était pas tous de gentilhommes, loin de là. Certains proféraient de vraies insultes. Le type s’éloigna, car, en vue de la discussion qui commença entre les trois jeunes gens, il y avait fort à parier que ce n’était pas du tacos qu’il allait bouffer ce soir là. Siegfried garda le type à l’œil –sait-on jamais- et commença à préparer les trois boissons pour eux trois.
 
« Bière. Mojito. Eeeeeet… Long island Ice tea pour moi ! »
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