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 Courir de bon matin dans la forêt ... et trébucher comme un enfant || ft. Tokalah Blackblood

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MessageSujet: Re: Courir de bon matin dans la forêt ... et trébucher comme un enfant || ft. Tokalah Blackblood   Mar 30 Déc - 23:07

Dans sa chambre provisoire, en ce samedi matin où il pouvait faire la grasse matinée étant donné qu'il n'y avait pas cours, Tokalah dormait profondément. C'était son premier week-end à Wynwood. Pour la première fois, il allait avoir le temps de voir les choses par lui même sans subir la pression des cours. Ses devoirs ? Il les avait tous fait durant la semaine ! Il était comme ça. Ne jamais perdre de temps. Le soir, dès qu'il avait fini les cours, il prenait un peu de temps pour faire ses devoirs. Même entre midi et deux, dès qu'il avait une heure de libre dans la journée. Il n'avait pas de grande passion pour les études mais il voulait absolument avoir tout son temps libre le week-end. Il avait déjà prévu son programme : se mettre à l'écart du monde des Blancs le plus longtemps possible. C'était le seul moyen qu'il avait pour se sentir bien. Il pourra ainsi laisser son esprit vagabonder vers ses souvenirs de réserve et espérer que tout le monde là-bas aille bien.

Tokalah ouvrit péniblement les yeux. Son réveil venait de se mettre en marche. C'était une petite radio qu'il avait emporté depuis la réserve. Il laissa la musique défiler un peu, le temps de se redresser dans ses couvertures et de s'étirer longuement. Il était torse-nu. Il dormait toujours torse nu, sauf quand il avait vraiment froid. Il portait un pantalon léger pour seul habillage de nuit. Ses longs cheveux noirs d'ébènes était attaché en queue de cheval avec plusieurs élastique le long de cette queue pour éviter qu'ils ne s’emmêlent. Passer des heures à brosser sa crinière n'était pas ce qu'il préférait dès le matin. Il s'assit sur le lit, rabattant la couette d'un geste, puis éteignit la musique. Il se leva et alla ouvrit les volets de sa chambre, laissant pénétrer les rayons du soleil matinal qui l'aveuglèrent un temps, lui faisant fermer ses yeux bridés par réflexe. Le jeune homme se rendit devant son miroir, contemplant ce visage indien qui vivait une nouvelle vie parmi les Blancs. Jusque là, ce n'était pas aussi terrible qu'il ne le pensait. Surtout qu'il y avait d'autres amérindiens que lui dans cette école. Il pensait notamment à Paytah, qui lui avait fait la visite des lieux. Un garçon très gentil. Normal, puisque c'était un frère de tribu.

Le grand Sioux retira les élastiques qu'il avait dans sa tignasse et lui passa quelques coups de brosse. La texture des cheveux des indiens étant ce qu'elle était, il n'avait pas besoin de plus pour qu'ils soient beaux, soyeux et élégants. Comme la plupart des amérindiens, il portait cette longue chevelure avec fierté. Ca l'attristait de voir des jeunes les couper. Toute la fierté des hommes amérindiens résidait dans les cheveux les plus longs possible. Ceux qui les coupaient reniaient leur culture. Tokalah mit un jeans bleu et ses baskets ainsi qu'un t-shirt bleu-gris. Il aimait bien le bleu. C'était une belle couleur. Sous ce t-shirt, il chercha son pendentif et le fit jaillir à la surface. Cette petite tortue qu'il avait taillé dans le bois. Il la mit au devant du haut. ( ICI ) Après s'être préparé, Tokalah quitta sa chambre, alla prendre un petit déj très simple et pas très imposant. Il avait l'habitude dans sa réserve de ne pas manger énormément. Après quoi, il quitta l'école.

Il l'avait repérer dès le début. Cette forêt non loin de l'école. Il s'était juré d'aller y faire un tour dès que l'occasion s'y présenterait. Etant donné qu'il venait d'arriver dans les environs, il n'avait pour le moment pas encore oser s'aventurer trop loin de l'école mais maintenant que c'était le week-end, il avait toute la journée rien pour lui. Le jeune homme avait une bonne mémoire et un bon sens de l'orientation. Il se souvint parfaitement de quel côté il fallait aller pour se rendre dans la forêt de Miami. Elle n'était pas loin du tout et la verdure dans une grande ville se voyait à des kilomètres. Dès qu'il vit les premiers arbres, il se précipita à leur rencontre, traversant la route à toute vitesse, bien qu'il avait naturellement vérifié qu'aucune voiture ne menaçait sa vie. La ville, ça l'oppressait. Il avait besoin d'un espace de nature encore un peu sauvage. Même s'il doutait que cette forêt soit cent pour cent indépendante de la vie humaine qui subsistait à côté d'elle.

Tokalah franchit les premiers arbres à grandes foulées. Il courait comme si sa vie en dépendait mais il avait le sourire aux lèvres, comme si les cours de sport du lycée ne l'aidaient pas à se dépenser comme il voulait. Il était comme un cheval qu'on avait laissé trop longtemps dans un box. Il ne s'arrêta qu'une fois loin de l'entrée de la forêt, loin des bruits de voiture et des odeurs âcre de la ville. Cette forêt était très différente  de ce qu'il connaissait d'ordinaire. C'était une forêt du sud, aux allures tropicales, qui n'avait rien à voir avec les collines de pins qui se trouvaient non loin de sa réserve et où on ressentait le froid en hiver. Ici, c'était un lieu humide, presque marécageux à certain endroit. Mais ça lui convenait malgré tout. Il voyait un peu autre chose au moins. D'ailleurs, il avait envie de se familiariser à ce genre de végétation. Tolakah quitta le petit sentier et s'aventura au hasard entre les arbres et les broussailles. Il fini par s'arrêter face à un arbre et détailla sa corpulence avant de bondir et de saisir la première branche. Tokalah se hissa dessus avant de grimper sur la suivante avec agilité, faisant rouler ses muscles sous son t-shirt. Tokalah s'arrêta à une branche assez épaisse et assez haute et s'y assit, laissant pendre une jambe et contemplant la magnificence de la forêt. Tokalah posa sa tête contre le tronc de l'arbre. L'odeur ici était agréable, les sons étaient agréable, l'atmosphère était apaisante.

- Hé ho ! Il y a quelqu'un par ici ?

Tokalah décolla sa tête de l'écorce. Cette voix ne venait pas de très loin et résonnait dans les profondeurs de la forêt. Quelqu'un s'était probablement perdu dans cette forêt. Tokalah regarda dans la direction d'où le cri provenait puis descendit de l'arbre rapidement, sautant à terre une fois arrivé à la dernière branche. Il détala à toute jambe. Si jamais quelqu'un était perdu et s'éloigna encore plus de lui, il ne risquait pas de la trouver. Et pourtant, il était bien destiné à lui venir en aide. L'amérindien continuait de foncer droit vers l'endroit d'où était venu l'appel, slalomant entre les arbres, contournant les buissons, sautant par dessus un petit fossé. Mais quelques pas de l'autre côté du ravin de terre, il freina subitement. Tokalah fit volte-face, son regard brun se posant sur la crevasse qui tranchait le sol. Il aurait juré avoir vu quelque chose du coin de l'oeil. Douteux, il s'approcha finalement du rebord. Finalement, il aperçu un homme. Un homme affalé au creux du fossé. C'était un Blanc, vêtu de vêtement de sport, il devait avoir une vingtaine d'année par là, d'assez grande taille, bien bâti. Tokalah croisa son regard marron, c'était un brun aux cheveux mi-long.

- Monsieur ? fit Tokalah en s'accroupissant sur le rebord de la crevasse.

Si cet homme était au sol et si c'était bien lui qui avait crié, il n'y avait pas tellement d'hypothèse. Il avait dû tomber et se faire mal. Mais bon, tout le monde pouvait se tromper ! Peut-être était-il juste un peu sonné, ou tout bonnement perdu et n'avait pas eut la force de sortir de là sachant qu'il ne savait pas par où repartir. L'amérindien le toisa d'un regard inquiet, cherchant une éventuelle blessure visible ou un membre tordu étrangement mais ne vit rien de tel. Il descendit alors dans le fossé, auprès du jeune adulte :

- Est-ce que vous allez bien ?

Le jeune homme cala son rideau de cheveux derrière son oreille avant de proposer son bras en appuie pour aider l'homme à se relever.

- Vous vous êtes fait mal ? Laissez-moi vous aider.
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MessageSujet: Courir de bon matin dans la forêt ... et trébucher comme un enfant || ft. Tokalah Blackblood   Mar 30 Déc - 14:18

Le jour venait de se lever, tout comme Kenneth avec difficulté mais avec néanmoins un certain plaisir. Il avait passé la nuit à réfléchir – et n'avait pas beaucoup dormi ; ce qui ne le gênait pas autre mesure. Le jeune homme n'avait pas besoin de beaucoup dormir pour se sentir bien – quatre, cinq heures tout au plus, au-delà il estimait que c'était une grave perte de temps. Et comme il se levait en même temps que le soleil et que le soleil ne se levait guère que vers huit heures en cette saison, Kenneth était convaincu qu'il avait dormi trop longtemps – ce qui l’agaçait un peu, même s'il était soulagé d'avoir tout de même pu trouver le sommeil après s'être longuement posé des questions sur … sur quoi déjà ? C'était pour cela qu'il n'aimait pas trop dormir – quand il se réveillait d'un long sommeil, il lui était impossible de se rappeler à quoi il avait pensé.

Quoi que, certaines fois – comme celle-ci -, ce n'était pas un mal. Cela lui permettait de se facilement se débarrasser des pensées parasites qui l'envahissaient et qui seraient capables d'aspirer sa bonne humeur comme une sangsue sucerait son sang ; et pareil à une sangsue, ces pensées ne lui feraient mal qu'une fois ôtées de la plaie indolore qu'ils avaient fait dans son corps ou dans son esprit. En l'occurrence, ce matin-là, Kenneth n'arrivait pas à se rappeler de toutes les questions qu'il s'était posées, de toutes les pensées tristes ou nostalgiques qu'il pouvait bien avoir eu – et tant mieux. Le jeune homme s'approcha de la fenêtre de sa chambre pour regarder au-dehors, encore vêtu d'un long tee-shirt blanc et d'un pantalon de jogging qui lui servait de pyjama.

Comme d'habitude, il faisait beau. Bien trop beau. Beaucoup trop beau – pour cette période de l'année. Mine de rien, on était en Décembre, et chez lui, en Angleterre, il faisait sans aucun doute, comme chaque année, un froid de tout les diables. Peut-être même neigeait-il. En tout cas, il y avait forcément du brouillard – songeait-il en souriant, imaginant Sarah se rendant à ses cours de comédie dans le brouillard, habillée d'un gros pull en laine et emmitouflée dans une grande écharpe ; il y avait toujours du brouillard à Londres, surtout en hiver. Mais ici, à Miami … il faisait toujours beau. Le soleil était toujours très haut dans le ciel et il faisait toujours chaud, à tel point qu'on se demandait si ceux qui y vivaient connaissaient le sens du mot « froid », « neige » ou encore, tout simplement « hiver » … d'ailleurs, Kenneth avait été lui-même dans ce cas, avant de déménager à Londres quatre ans auparavant. A présent, il était revenu, et il devait s'y habituer.

Kenneth eut envie d'aller courir un peu. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait un bon jogging ; entretenu ce grand corps mince et musclé, qu'il s'était forgé non sans difficultés à l'époque où il avait besoin d'être imposant, de faire peur même, de ne plus se laisser faire. A cette époque, il avait quinze ou seize ans, il s'était fait brutalisé par les plus grands du collège, et n'avait plus l'intention de se laisser faire de la même manière au lycée. Et à cette époque, son père venait de mourir – il en voulait au monde entier ; alors il s'était forgé un corps d'acier, raffermi ses muscles bien maigres et décidé d'arrêter de souffrir à cause des autres.

Au fur et à mesure des années, il avait arrêté le sport, ne pratiquant plus que le jogging chaque fois qu'il en avait l'occasion, et la nage une fois par semaine à la piscine municipale de son quartier. Mais il s'intéressait toujours au sport, à l'effort, à toutes les exercices qu'il fallait bien faire afin de plaire et de demeurer en forme. Il s'y intéressait … de loin en tout cas. Il ne manquait jamais The Game entre Harvard et Yale chaque année, et suivait avec plaisir les courses de chevaux ou les matchs de soccer en Angleterre.

Mais il ne pratiquait guère plus beaucoup le sport lui-même, et cela l'attristait quelque peu. Même s'il essayait de faire attention à ce qu'il mangeait et à s'entretenir un minimum, il avait toujours quelque part la sensation dérangeante et légèrement gênante de ne jamais en faire assez. Kenneth s'approcha de la grande psyché qui ornait un des murs de sa chambre et tâta ses muscles bandés afin de se renseigner sur la nature et surtout la quantité d'efforts à fournir afin de regagner une carrure solide et des bras d'acier comme il se les était forgés. Avec une certaine satisfaction, il arriva à la conclusion que le travail à fournir ne serait pas si important – il avait toujours des biceps solides et puissants, malgré les muscles de son ventre qui, eux, se faisaient plus discrets ; souvenirs sans aucun doute des fêtes, et surtout de la soirée de Noël avec sa petite sœur, où, malgré le fait qu'ils n'avaient été que deux, avaient mangés comme quatre – beaucoup trop.

Pourtant, Kenneth s'était juré de ne reprendre qu'une seule fois de la dinde, et de la savourer – c'est que cette bestiole avait prit largement de son temps libre afin de se faire cuire tranquillement. C'était assez incroyable, quand on y pensait, le temps qu'il fallait pour préparer correctement cet animal qui, au fond, n'était guère qu'un très gros poulet. Qui plus est, pour deux personnes … les restes de dinde s'entassaient encore dans le réfrigérateur, si bien que parfois les Xander se demandaient s'ils n'allaient tout simplement pas la resservir telle quelle pour le réveillon du Nouvel An – en admettant qu'ils aient quelqu'un avec qui partager leur repas.

Instinctivement, Kenneth se mit de nouveau à penser à Sarah. Evidemment … pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'il pensait à quelque chose, il pensait à sa chère et tendre Sarah ? Cela le rendait fou de savoir qu'il ne pouvait jamais penser à quelqu'un d'autre qu'elle – tout autant qu'il était fou d'elle. Mais c'était ainsi. Il avait eu le coup de foudre pour elle, et réciproquement – et pas un jour, pas une heure ne passait sans qu'il ne pense à l'amour de sa vie qu'il avait laissé derrière lui en Angleterre ; mais il ne pouvait rien faire qu'attendre. Attendre que sa vie, ou que la vie en général lui fasse un signe, lui envoie un signal positif que la vie de Kenneth allait pouvoir changer. Que celle de Sarah allait pouvoir changer – que la vie, que l'envie, que l'avenir qu'ils partageaient allaient pouvoir changer. Mais d'ici là … - il devait se ressaisir et essayer de penser à autre chose.

Kenneth poussa un long soupir d'ennui et alla se poster à la fenêtre de sa chambre en se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire de sa journée. En tout cas, il ne voulait pas rester ici, dans cette chambre bien trop grande pour qu'il y reste dormir tout seul – ni dans cette maison, qui, aujourd'hui plus froide que l'hiver, lui rappelait parfois trop de mauvais souvenirs. Quelque fois, il pensait d'ailleurs à quitter pour de bon cette maison qui les avait vus grandir, lui et Jane, et se trouver un appartement sympathique près de la mer – mais il se résignait, car l'actuel état de leurs finances ne leur permettaient pas de faire ça. Et puis cette maison était plutôt pratique quand, à deux, on voulait passer des heures sans se voir – chacun dans un couloir, ou dans une chambre, diamétralement opposés par rapport à l'entrée qui servait aussi de salon. Sans compter que la maison regorgeait de souvenirs, bons comme mauvais, et Kenneth ne se donnait pas le droit de les déranger.

Il décida finalement de ce qu'il allait faire – un bon jogging, bien revigorant, très utile pour se refaire les muscles en même temps que de se vider la tête des pensées qui l'encombraient. Kenneth prit son portable, son débardeur noir fétiche, un jean large et se dirigea vers la salle de bain pour se laver et se préparer.

Il ressortit de la salle de bain vêtu d'un jean large grisâtre, d'un débardeur noir maintes fois reprisé, et d'une paire de Doc Martens flambant neuves – car faire du sport oui, mais avec élégance, comme toujours. Il avait ébouriffé ses cheveux mi-longs exprès, pour se donner un air faussement négligé ; Kenneth adorait le contraste entre sa tenue, toujours parfaitement ajustée, et les airs faussement nonchalants de sa coiffure – certains s'accordaient à dire que cela faisait partie de son charme. Lui disait uniquement que cela était son style.

Tout en allant pour sortir de chez lui, il passa devant Jane, fort affairée sur la table du salon à résoudre l'énigme compliquée d'un exercice de maths – fichus devoirs de vacances, bien entendu. Les devoirs, c'était comme les mauvais voisins et les petits chiens teigneux ; dès qu'on croyait aller là où on ne pourrait jamais plus les rencontrer, ils revenaient – et en nombre, le plus souvent. C'était pour cela que Kenneth avait horreur des caniches, entre autres. Il vit sa petite sœur lui lancer un regard plein d'espoir – Kenneth se mit à sourire.

- Désolé Jenny, moi non plus les maths c'est pas mon fort !
s'écria-t-il en riant.

Jane le regarda avec un air de chaton triste – comme elle le faisait lorsqu'elle était enfant, pour l'attendrir chaque fois qu'elle lui demandait quelque chose. Kenneth ne put s'empêcher de rire une fois de plus.

- Allez, aide-moi s'il te plaît …
lui demanda-t-elle en souriant, j'hésite entre passer à l'exercice suivant et utiliser le théorème de Chuck Norris …

Kenneth s'esclaffa, et, tout en continuant à courir sur place pour s'échauffer, lui fit signe d'une geste de la main de lui montrer sa feuille : il l'observa pendant une seconde, puis la lui rendit sans rien dire, avant de signifier d'un signe de tête qu'il ne pouvait pas l'aider. Les équations, ce n'était vraiment pas son fort. Lui, il avait toujours préféré les sciences moins théoriques ; la biologie, la physique … le sport aussi, qui, quand on y réfléchissait bien, constituait une science à part entière. Une science du corps comme l'était la biologie, mais bien moins théorique et, surtout, bien plus douloureux pour les jambes. Kenneth fit signe à sa sœur et s'en alla courir dans les rues déjà bondées de Miami.

Après une bonne demie-heure de jogging, il décida de sortir des sentiers battus et s'engagea dans l'un des nombreux espaces naturels qui bordaient la ville ; la forêt, en l'occurrence, là où il savait qu'il pourrait trouver le calme nécessaire pour faire ses exercices tout en se détendant au son du vent dans les feuilles et au bruit mignon des petits animaux de la forêt – en espérant ne pas croiser un alligator sortant de l'eau pour aller voir un peu comment se passait le dehors, mais il n'y avait aucun risque en cette saison. Déjà un peu essoufflé, Kenneth s'adossa à un grand arbre pour se reposer un instant et reprendre son souffle. Son regard se porta sur la petite rivière qui coulait là, paisiblement entre deux arbres. Il s'en approcha lentement – l'eau devait être tellement pure, filtrée, épurée ainsi par les roches de la petite cascade qu'on voyait se profiler un peu plus haut sur une colline – forcément très plate, puisqu'on était en Floride. Et l'eau était tellement fraîche ! Kenneth s'en aspergea légèrement le visage avant de reprendre sa lente course dans la forêt.

A un moment, il vit un petit ravin devant lui, pas très large ni très profond, pas très impressionnant – le tout dernier échelon de la chaîne alimentaire des ravins, en fait, qu'il pensait pouvoir facilement passer en sautant par-dessus. Si lui, Kenneth Xander, n'arrivait pas à passer par-dessus ce ravin minus, alors il n'arriverait à rien d'autre. Il prit une légère inspiration et s'élança ; bien mal lui en prit.

Son pied droit heurta la grosse racine d'un arbre, qui dépassait fourbement d'un petit lopin de terre qui cernait le fossé. Kenneth poussa un cri de douleur alors qu'il retombait assez lourdement et la tête la première sur le sol, qui heureusement était ici constitué de terre humide et d'herbe molle … mais salissante. Le jeune Xander resta un instant étendu sur le ventre, ne sachant pas trop s'il fallait qu'il rit ou qu'il pleure. Rire, parce qu'il s'était, disons-le bien, rétamé comme un enfant trébuchant sur un caillou. Et comme un enfant qui tombe, Kenneth était à la fois partagé entre le rire et la gêne ; pleurer, parce qu'il avait forcément dû se faire mal quelque part. A défaut d'être très glorieuse, sa chute avait eu quelque chose d'impressionnant.

Kenneth poussa un gémissement alors qu'il poussait sur ses deux mains pour se relever, et se posa avec difficulté pour reprendre son souffle et se remettre de ses émotions. Par réflexe, il sortit son téléphone de sa poche, pour voir s'il n'était pas cassé, et éventuellement aussi pour appeler les secours s'il en avait besoin.

Mais il n'y avait pas de réseau – comme dans un vieux cliché de film d'horreur ou de thriller dans lesquels des joggeuses blondes sexy de trente ans se font agresser par des tueurs en série vêtus de masques moches et armés d'un grand couteau. Kenneth poussa un soupir en espérant que quelqu'un vienne l'aider à se révéler – ou au moins à s'inquiéter de sa santé. Par dépit, il demanda en criant :

- Hé ho ! Il y a quelqu'un par ici ?


Mais il ne précisa pas qu'il avait besoin d'aide, ne cria pas au secours – il était trop fier pour cela, et rien que le fait de se trouver dans cette situation où il avait besoin d'aide lui faisait un peu honte.
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