AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Hey petits padawans, n'oubliez pas de voter pour WU par ICI et gagnez des points ! Vous pouvez aussi venir poster des mots d'amour sur BAZZART et sur PRD
Les inscriptions pour l'event Halloween sont ouvertes ! Venez faire vivre un des moments les plus terrifiants à vos personnages en vous inscrivant ici

Partagez | 
 

 L'enfer, c'est les autres > Sieg

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité

Invité



MessageSujet: Re: L'enfer, c'est les autres > Sieg   Sam 18 Oct - 3:21

« Hum…. Ouai. Ca va. Il est encore au milieu de ma figure. » Ca c’est pour le nez. Faut bien répondre hein. Silence ou presque. Azraël donne l’air de s’en foutre de sa présence. Ma foi, c’est très bien comme ça. Mieux que si l’un des deux n’ose dire un truc qui pourrait enflammer le débat. Mais de toute évidence, le pire est passé pas vrai ? Les deux ont compris l’erreur et le malentendus, alors rien n’est à recommencer. De plus, chacun connait la folie furieuse de l’autre et aucun ne veux retenter le coup. C’est défoulant, mais ça laisse des traces. Beaucoup de traces. Parfois, il laisse des larmes couler dans la discrétion de la nuit. Personne ne les voie ni ne les entend, car elles sont silencieuses. A mesure, que les jours passent et se rapprochent d’une nuit fatidique, les nuits deviennent moins agréables et plus terribles. Lui, là, ce type qui vit dans sa chambre, il a réveillé quelques angoisses qui font mal. Fort heureusement, ces trois nuits d’absences, il n’a rien vu, ni entendu des sommeils mouvementés du français. C’est tant mieux, parce qu’il a besoin d’être seul.
Les réponses d’Azraël se font courtes et laconiques. Il ne veut pas parler. C’est un fait… mais Siegfried hausse les épaules. S’il ne veut pas, il ne veut pas. C’est ainsi. Et puis, il a vraiment une tête de tueur qui vient de connaitre une perte énorme. C’est le genre de type qu’il ne vaut mieux pas faire chier… testé et approuvé.
Les paroles commencent à s’échanger. « Je ne pouvais pas rester ici. Ca va mieux maintenant. » dit-il d’un air absent. Oui, c’est évident. « Ouai, je vois. Je comprends. Enfin, façon de parler. » « Je serais pas là ce soir » « Comme tu veux. Fais juste gaffe. Je te couvre… ». Il ouvre sa penderie et choisit un peu ce qu’il mettrait. Il va manger avec Elena à midi et autre part qu’à la cafétéria. Que mettre, que mettre ? Il réfléchit tandis qu’Azraël s’habille aussi. Un silence caractérise leur échange. Au fond, cela a toujours été ainsi. Aucun des deux ne va plus loin : ils ne sont pas vraiment fait pour s’entendre. Ou peut-être que si mais leurs secrets les empêchent de parler trop ouvertement. Enfin, côté secret, celui de l’américain n’a plus lieux d’être. Sauf si t’en as d’autres. Celui de Siegfried est encore sagement dissimulé sous ses couvertures. Personne ne doit le voir. C’est sans doute pour ça qu’aucun des deux ne fait d’effort pour l’autre. Trop solitaires ou simplement conscients qu’une chambre d’adolescents est une porte ouverte vers une espèce d’intimité secrète. Dans tous les cas, ils ne parlent pas. Juste un peu. « Tu sais, je suis désolé que tu te sois retrouvé au milieu » « Pas de soucis. » Vraiment ? Cette incartade lui a causé deux nuits de cauchemars mais ce n’était pas de la faute d’Azraël. Si seulement cet hold-up n’avait pas eu lieu, il aurait décidé de parler et non de se  battre. Oui, il aurait parler. Il serait resté dans cette chambre et aurait répondu à chaque question d’Azraël jusqu’à ce qu’il soit rassuré. Mais voilà, les choses ne sont jamais ce qu’elles doivent être. Ils parlent encore un peu mais bien vite, la discussion tourne court. L’un se barre en vitesse et l’autre reste, toujours pensif devant ses fringues.
 
Une semaine passe. Une et demi, peu importe. Il s’absente deux ou trois fois. Non, en fait plus. Kyle ne va pas du tout bien en fait et confie son fils plus que de raison. Ollie s’endort le soir dans son lit pendant que Siegfried s’installe dans le hamac au dehors, dans la nuit fraiche. Les jours passent et le pousse de plus en plus vers l’inévitable. 31 octobre. Cette horrible date censée amuser Les états-unis. Non, pas lui. C’est une soirée terrifiante où les fantômes du passé sortent de leurs tombeaux pour hanter les vivants. Lui-même a son fantôme. Il est là, de plus en plus. Et c’est angoissant. Penser à cette soirée qu’il passera dans les rues de Portland le met dans un état proche de la catalepsie. Alors il se couche dans ce hamac et fixe l’infiniment haut, un verre de vin à la main. Oui depuis un petit moment, il se met au vin. Sans doute pour se rappeler ses origines raffinées. C’est une façon comme une autre de se détendre. Ollie dort dans sa chambre et lui, rêve à des lendemains plus doux. Parfois, Ollie vient le voir et se couche dans ses bras et fixe le ciel avec lui. C’est reposant. Cette présence répare l’immense blessure qui met tant de temps à refermer…
Il avait besoin de quelqu’un comme lui. Au fond, il n’avait pas besoin de job en fait, lorsque la nana lui avait donné le numéro Porter. C’était juste… juste une messagère, un truc du genre. Il avait besoin de quelqu’un et il l’avait trouvé, enfin. Il ne cherchait pas à remplacer Zach. Pas du tout… sinon il aurait rejeter Ollie car tous deux ne se ressemblent pas. Juste… le gamin lui a plue. Pleins d’espiéglerie et d’une espèce de jalousie maladive qui tendait à le rendre angoissé. Calme toi gamin… personne ne t’abandonnera. J’ose simplement espérer que tu ne m’abandonneras pas, toi.
Siegfried recouvre Ollie d’une couverture et passe une main dans ses cheveux. « Mon père, il va pas bien. Tu sais pourquoi ? Il est malade ? On peut le soigner au moins ? » Hésitation. Il ne peux rien dire alors il se tait. « Je n’en sais rien… les adultes ont leurs humeurs. » « Tu mens. » « Non je ne mens pas. » « Si. Tu mens. Tu sais ce qu’il a, il a dû t’en parler. » «  Je ne suis au courant de rien. Mais si c’est grave ou important, il t’en parlera quand ça ira mieux. Ou du moins, lorsque le moment sera venu. Tu seras le premier à être mis au courant. » « J’espère que tu n’es vraiment pas au courant. Ca me ferait du mal que tu me mentes,toi. » « Ce ne serait pas de gaieté de cœur. Allez… il faut que tu dormes » « J’ai du mal. » « Hum, allez détend toi. ». Il fait une petite moue adorable. Il lui sourit en retour en murmurant « Non, pas de Skyrim. Tu es fatigué. Dors. » Ollie finit par s’endormir, mais Siegfried reste éveillé, comme saisi par l’effroyable sensation de tromperie.
 
Puis Ollie repart chez sa mère. Siegfried revient à la chambre et retrouve Azraël. « Tiens, salut. ». Il s’avère que l’américain avait dormi dans la chambre depuis plusieurs nuits. Il suffit que l’un soit là pour que l’autre l’évite. C’est un chassé-croisé.  Ils sont silencieux comme des tombes et se frôlent comme deux fantômes. C’en est pratiquement gênant mais allez donc. Il se repose dans sa chambre et pour quelques nuits, il prie pour que la nuit se passe bien et qu’il ne réveille aucunement Azraël. D’ailleurs, il semble mieux se porter. Parfois, ils se croisent  dans les couloirs alors qu’en règle général, il n’est pas très assidu. Mais les circonstances expliquent cette situation.
Puis un soir, alors qu’il se prépare à faire le mur pour rejoindre Elena, Azraël reste dans la  salle de bain. Longtemps. Très longtemps. Lui, ça l’agace parce qu’il doit se préparer pour le petit restau promis à sa belle. Il s’est coiffé correctement. Plus de masse informe sur la tête, mais des cheveux doux et brillants ramenés en arrière. Cela lui donne une mine moins fatiguée. Ses traits sont moins crispés et, O joie, personne ne lui fait la remarque « T’as passé une mauvaise nuit ? ». Fin bref. Il attend devant la porte de la salle de bain, l’épaule accoudée contre la porte. Il soupire et demande « Steuple, je suis en retard, j’ai besoin de la salle de bain. » Pas de réponse. Ho, ho… « Hum… ca va  au moins ? » « Au poil ! » Ha bah enfin. « Bon je suis légérement en retard à mon rencard, donc si… » BAM. Il tombe. Par terre. Bon, en gééral, c’est par terre qu’on tombe. Loi de gravité tout ça. Et bon, il se retrouve par terre. Bon, la porte est ouverte au moins. Pourquoi faut-il toujours qu’entre eux deux, il y ait une chute, un coup de poing ou autre ? Bon, laisse tomber. Il veut se relever mais avant, ses yeux se dirigient vers Aza qui tient le jet d’eau et… « Si tu fais ça… » comment Siegfried mais VOILA hein. C’est bien connu, tu vois quelqu’un de bien coiffé et prêt pour une petite soirée en amoureux, tu détruits tout. Bordel. Il se prend l’eau en pleine figure. Tout est mouillé hourra, et y’a plus de gel dans le pot. Il grogne « J’avais un rencard, enfoiré ! ». Alors pour se venger, il se lève et chope le jet d’eau qu’il tente d’orienter vers la figure du colocataire qui aurait pu être mort de rire. Bon alors, mettons deux mecs un peu con, qui se bagarre dans la salle de bain. Y’a de l’eau et de la peinture, tout le monde est content. Ils se bagarrent comme deux gosses et non comme deux animaux enragés pour cette fois. Les grognements se transforment en éclat de rire. Tous deux sont complétement sales. Et Siegfried regarde l’état de son tee-shirt auparavant tout propre. Azraël sourit, un air moqueur « Héhé, tu fais un superbe arc-en-ciel. » « Mon sobriquet, c’est Rainbow Dash en même temps, alors c’est dans le thème. » Nouveau jet d’eau en pleine figure. La salle de bain est… humide. Oui, c’est le propre d’une salle de bain mais là c’est exceptionnellement humide. Y’a de l’eau dans le bac à douche, sur les murs, par terre, au plafond, sur les miroirs, bref partout. Eux aussi, sont trempés. Ho et le téléphone sonne dans la chambre. Le sien, car on reconnait la musique de Skyrim. Elena sans doute. Hum… « Bon, la belle va attendre parce que je sors pas comme ça. T’es chiant, sérieux ! ». Il fait mine de s’énerver mais il ne l’est pas. Les petites bagarres comme ça, ça l’amuse. Et… heum… faut admettre que c’’est assez inattendu. Enfin bon, le surveillant cogne à leurs portes. Sans doute croit-il qu’ils se jettent dessus. Siegfried a envie de mimer un bon gros fuck à travers le mur mais il se retient. Sait-on jamais. Il se relève et regarde l’état de son tee shirt. Il l’enlève alors, laissant transparaitre d’innombrables cicatrices du au hold-up et le jette à la figure d’Azraël. « Tu as le droit de le laver. Cadeau. ». Puis son regard s’oriente vers les couleurs qui envahissent la salle de bain. « Mais d’où ça vient ça en fait ? T’as fais quoi à ton sac… ? » Il attrape l’objet du bout du doigt et constate l’ampleur des dégats. Peinture. Couleur… ha oui. Parait-il que monsieur fait de l’art urbain dans les rues. Bombes de peinture, hm ? Le surveillant semble partit. « Il  s’est barré. S’il voit  l’état de la salle de bain, on est mort. » Nettoyage. Bon, c’est bâclé parce qu’un homme ne fait PAS le ménage. C’est laid un homme qui fait le ménage. Quoi cliché ? Et puis c’est chiant de nettoyer, steuplait. Alors ils font le principal  et parlent encore. Leur petite bagarre les forcent à parler. Les langues se délient un peu et bon, comme ils en ont pas assez, l’un des deux prend le jet d’eau et… rince encore l’adversaire et c’est repartit.
Les garçons, sont… Heum… idiots. Très idiots. Un peu trop même. Et bon, cette petite mascarade c’est mauvais pour les blessures parce que mine de rien, il a une petite fêlure à la côte. Alors il se lève en gémissant en chuchotant un « Okay, t’as gagné. On renettoie et on va se coucher. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité



MessageSujet: Re: L'enfer, c'est les autres > Sieg   Mar 14 Oct - 18:52

« Je te demandais comment allait ta main. »

... Je le regarde avec les yeux morts et il ouvre la bouche pour répeter. Non ca va ta gueule, j'ai très bien entendu. Tu crois quoi ? Oh, elle est au mieux de sa forme, vraiment, c'est tellement la joie quand vous ne pouvez faire que la moitié des choses courantes ! Elle te salue, mais pardon, vu qu'elle réagit plus très bien, elle fait un peu n'importe quoi, c'est pour ca, le doigt d'honneur. Elle t'aime bien ma main, elle veut bien te dire bonjour de près. De très près même. Et si je t'en collais une ? Tout ca me trotte dans le cerveau, ca passe derrière mes yeux, ca les anime peut être un peu, brievemment, comme un soufflé. Et ca retombe. Je n'ai pas bougé d'un pouce, je n'ai encore rien répondu. Je l'observe, mon coloc, l'inconnu avec qui je partageais ce dortoir sans que ca me pose de soucis, juste comme ca. On avait l'entente cordiale et silencieuse, surtout silencieuse. C'était le pied. Pourquoi est-ce qu'il a fallu qu'on se cause, ce matin là ? Mais c'est pas de sa faute de toute façon. Je l'aurais quitté dans tout les cas. Parce que je ne suis pas une ombre de placard. Ca me fait me marrer ca tient. C'est sur que là, je suis au mieux de ma forme, je rayonne comme un petit soleil ! Sans blague. Je me sèche les cheveux, déjà pour ne plus le voir et puis pour me donner le temps. De réflechir. Je sais même pas si j'ai envie de lui parler. Je ne ressens ni l'envie ni le besoin de le cogner. Toute envie, tout besoin m'a quitté. Mais justement, je ne crois pas que j'ai envie ou besoin de lui parler non plus.

"... ca va".

C'était un brin aggressif comme ton peut être. Je ne maîtrise pas ce genre de choses. Et honnetement j'en ai rien a foutre. Si ca te plait pas, t'as qu'a sortir, parce que tu sois là ou pas c'est du pareil au même. Des fois, brievemment, j'ai envie de t'arracher les yeux, parce que je sais que tu l'as vu. Parce que tu m'y fais penser bien malgré moi. Mais voilà, je me contente de me tirer. Faut dire, ca fait 5 jours maintenant. Et ca fait cinq jours que j'ai envie de me pendre. Je me dit que ca doit être fun, un peu comme de faire de la balancoire. Non non, c'est pas de ta faute, pas de ta faute, tu t'es trouvé pris en sandwich dans une histoire sordide. Mais bon, c'est quand même toi qui l'a plantée cette putain de fourchette. C'est ta faute si ma main a eu la taille d'un melon pendant deux jours, ta faute si j'ai mal dès que je bouge les doigts et si je suis incapable de fermer totalement la main. Je sais bien que ca cicatrisera totalement, mais c'est pas encore le cas. Donc... donc ta gueule ? Mais non, toi t'attend une réponse, la voilà, ca va, elle est toujours là. Je compte pas te raconter mes petits malheurs. Rend toi compte, c'est comme si je te demandais : "et toi ton nez ?"

Ben oui je te le demande. Après tout, parait qu'on a enterré la hache de guerre.

« Tu es parti longtemps… » Silence. Oui, je sais. J'ai rien a dire là dessus. DE toute façon je ne me rappelle pas bien des trois jours, parce que je suis dans le brouillard. J'ai beaucoup fumé, escaladé aussi, tagué, pas dormi. Et je me suis reveillé blotti contre un brasero eteint au milieu de clodos que je ne connaissais pas. Pourtant j'en connais déjà un paquet. Je suis rentré à l'internat, j'ai pillé mon placard de gateaux, vidé mes bombes vides dans la poubelle, embarqué les pleines et je suis reparti. Je ne suis revenu que pour l'entrevue avec le dirlo, sale, les fringues constellées de taches de peinture.

« J’ai dit au surveillant que tu te reposais chez ta… « tante ». ». Je l'observe sans rien dire. Il m'a couvert. "T'étais pas obligé." Non, vraiment pas. Mais tu l'as fait quand même. "Merci." Ca manque de conviction. Mais en fait, je m'en balance un peu tu vois ? Parce que plus rien n'a d'importance. J'ai découvert que la vie pouvait être belle. Mais ca c'était juste une découverte, un état passager. Le retour à la case départ est plus brutal que je l'aurais cru. J'observe mes mains, toutes propres. Je me suis lavé de haut en bas. Faut dire aussi... Hier, j'ai erré, erré. Sans but et sans raison, je me suis dit qu'en marchant assez vite je semerais les cris, les cauchemards et le remord. L'envie totalement irrationnelle d'arreter cette situation et de le supplier de revenir. Je ne le supplierais pas, jamais. Même si des fois quand je vois un type grand et émacié, son image se superpose, même si des fois j'ai mal de son absence a m'en faire péter les plombs, parce que je les sens, ses caresses souvenir, et elles me font mal, elles me donnent envie, envie de lui et je ne l'ai plus, et ca me rend fou, désir et frustration, ca me fait hurler aussi, de rage contre moi même, et ca me fait fumer, ca me fait courir, ca me fait partir, ca me fait sombrer. Parce que tout vaut mieux que ca. Tout plutot que son ombre projetée sur le mur de mes fantasmes. Tout, même les cris.

Je ne sais pas exactement pourquoi je te parle. Parce que j'en ai tellement rien a foutre de tout, en vrai. Mais je te parle quand même, un peu comme si c'était obligé, une sorte de nécessité. "je ne pouvais pas rester ici.Ca va mieux maintenant" C'est un demi mensonge. Ca ne va pas mieux et ca n'ira plus mieux. Mais je supporte de le croiser, même si ca me donne envie d'hurler. Maintenant, ca va. Je vais juste finir par m'effondrer, crever parce que je manque tellement de sommeil. Ca me permet de reposer les pieds par terre, le fait que tu me parles, comme ca, alors je m'habille. Mes gestes, ils sont aussi rapides que ceux d'un grand père atteint d'arthrose. "Je serais pas là ce soir" Y'a pas de besoin spécifique de te le préciser. Je l'ai jamais fait. Pourquoi alors ? Je sais pas, l'interet que tu as manifesté ressemblait vaguement à de l’inquiétude. Perds pas ton temps bonhomme. "Tu sais je suis désolé que tu te sois retrouvé au milieu." Ca aurait pris fin de toute facon. Parce que je ne suis pas d'accord pour vivre dans l'ombre, pour vivre caché. Même si, en définitive, la condamnation est bien lourde.

J'ai envie de te demander comment il va, ca me brule la langue. Puis je m'affaisse. Parce que ca ne servirait à rien, il est tout à fait innaccessible maintenant. Alors je discute encore un peu avec toi, et je me casse. Ce jour là, j'essaie, j'essaie vraiment de suivre les cours, mais j me tire la matinée a peine écoulée. Un appel de mon tuteur qui me donne rendez vous dans un bar en ville me force a ré-apparaitre. Il ne joue pas au con, parce qu'il me connait, et qu'il ne veut pas me perdre dans la nature. Il m'engueule, il me rappelle tout ce qui est en jeu, et ca le fait un peu flipper je crois, quand il se rend compte qu'en fait, là, maintenant, je m'en balance. Alors il me secoue, et comme je ne réagis toujours pas, il me tire une gifle. Puis je dois l'appeler. Tout les jours. Au moins une fois chaque soir. Oui oui, c'est ca, je le ferais. Vieux con.

Alors voilà. Je reprend le train-train du lycée, je suis les cours. Je deserte moins la nuit, des fois je dors là. Dans tout les cas, je suis là tout les soirs. Le lendemain soir ou je te souhaite bonne nuit et ou je me reveille en sursaut, ou je termine dans la salle de bain. Toi, tu toques. Tu demandes si ca va. "Ouais, au poil" Ca me fait grimacer. C'est un sourire affreux que j'adresse au miroir. Et j'ouvre. Parce que je suis pas un putain d'Emo et je me taille pas les veines a la petites cuillère. Si je veux me foutre en l'air Sieg, déjà je verifierais que je suis seul, et puis je pense que j'irais plutot m'allonger sur les rails du métro. 30 kilomètres de barbaque étalée. Ca, ca correspond assez a mon caractère d'exalté. Toi t'étais vraisemblablement appuyé contre la porte, parce que tu te casses la gueule a l'interieur. Et puis je sais pas trop pourquoi, le jet d'eau, il te part dans la tronche. Je rincais mon sac, le bac a douche est plein de peinture. Ca termine en baston, les deux dans le bac a douche essayant d'asperger l'autre. Ton t-shirt blanc, il se tache de bleu, d'orange, de vert. "Héhé tu fais un superbe arc en ciel." Et ca me tire un sourire, fatigué, mais un sourire quand même.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité



MessageSujet: Re: L'enfer, c'est les autres > Sieg   Sam 4 Oct - 23:28

Revenir en haut Aller en bas

Invité

Invité



MessageSujet: L'enfer, c'est les autres > Sieg   Mer 1 Oct - 0:29

Dis, toi. Tu as déjà quitté quelqu'un ? Dis, tu saurais me dire, toi, comment on fait pour ne plus être amoureux ? C'est vrai quoi, on est dans un lycée, et les histoires d'amour, ca va, ca vient. Ils se jurent tous un amour éternel, et ils se quittent, se mettent avec le voisin, puis échangent les partenaires. Je ne suis pas vieux jeux. Je crois que c'est le monde qui est trop avant-gardiste pour moi. Comment on fait pour e plus aimer ? Dis, tu le sais ca ? Je voudrais, si tu savais, je voudrais que ca ne me fasse pas pleurer sans arret. Déjà, parce que je ne suis pas quelqu'un qui pleure beaucoup d'habitude, et que je suis trop surpris et passablement mal préparé. On dit bien que la veuve éplorée se vide de toute l'eau de son corps quand son mafieux de mari décède, mais parle-t-on du nez irrité, rouge et douloureux à force de se moucher, des yeux si gonflés qu'on y voit plus rien ? Dit on que les larmes sont en définitive comme un coup de poing ? Parle-t-on de cette impression de se noyer, a force de renifler, à force de sangloter a ne plus pouvoir respirer, a force de ne plus rien y voir ?

Parle-ton de cette boule qui vous monte dans la gorge et qui vous attrape par là, qui fait mal, mal, qui ne lâche pas, qui vous retourne l'intérieur ? Oui, sans doute. On en parle. On loue l'amour pour ce qu'il a de fou, en bien comme en mal. L'amour n'est pas une vertue, c'est un vice. Et les gens le savent. Ils aiment se vautrer dans le vice. Personnellement, je crois surtout qu'ils n'y plongent pas tout entier, mais qu'ils aimeraient bien. Un peu comme on voudrait devenir le héros de son roman préféré. Mais, on le voudrait parce que c'est impossible. Certains voudraient l'amour avec un A majuscule, Arsenic bonjour, et je voudrais désapprendre à aimer. Il y a des choses, comme ca, qu'on met longtemps à apprendre correctement, mais qu'on ne peut pas oublier. Par exemple, on ne peut pas oublier de savoir compter. C'est impossible, j'ai déjà essayé plein de fois, ca ne marche pas. On ne peut pas oublier son alphabet, son prénom, la couleur du sirop de grenadine ou comment c'est cool de faire de la balançoire. Ah, oui. Parce qu'il y a tout ce qui est psychique, bien sûr, dans ce qu'on ne peut pas oublier. Comme... Comme quand tu t'agites dans ton sommeil et que tu murmures le nom de ton fils, quand tu parles contre tes cauchemards et qu'ils s'épanchent à ton malheur sans que je puisse intervenir.

Comme quand tu dis mon prénom, avec cette intonation si particulière, comme ton prénom à toi, je peux pas l'oublier ca, ni ca ni toute ta putain d'histoire, ni ton jeu de double-face au lycée, ni comme quand ton sourire il me réchauffe alors que tu fixes ma nuque, comme quand tu dis "hé, passe ce soir" ou quand tu ne dis rien, mais que tu me l'écris. Comme quand tu te met soudain à lire ton livre à voix haute, parce que je ne dit rien depuis un moment, et que, comme ca, tu meubles notre silence. Mais il y a aussi le physique, tu vois ? On oublie pas ce que ca fait de glisser les doigts dans le sable, ce que ca fait de s'immerger totalement dans l'eau, la sensation qu'on éprouve quand on se brûle ou quand on se mord la langue. Et je peux pas oublier comment tes mains elles venaient se poser dans le creux, là, juste après mes hanches, parce que ce creux se souvient du poids de tes mains, et ta barbe de trois jours qui rappait contre mon ventre, et tes dents sur mes lèvres et sur ma peau, mon corps à ton empreinte, tu m'as marqué comme un bout de bois, et ca aura beau disparaitre, les traces, ca reste dessous. Comment on peut désapprendre à aimer sans oublier ? Dis ? Parce que te détester ca ne marche pas non plus. Je te détestais avant de t'aimer. Après tout, nous deux, on a commencé en se tapant dessus pas vrai ? Alors. Comment on fait ? Tu m'inspires une foule de sentiments négatifs, tu ne peux pas savoir à quel point. Parce que je parlais à un autre pour lui demander s'il savait comment on fait pour ne plus aimer, et que c'est à toi que je m'adresse maintenant, parce que ca te suffit pas, que je t'ai dans la peau, faut aussi que je t'ai en insèrt dans la caboche. T'es là, en image fixe derrière les paupières, je te vois en battements de cils. Tu entrecoupes ma réalité, tu t'immisces dans mon présent. Alors que tu es du passé. Non ? Non. SI. Si, et pourtant. J'ai beau me dire que t'es con, irresponsable, pathétique, ridicule, stupide, j'ai beau me dire ca et te trouver tout un tas d'autres qualificatifs aussi reluisants, ca n'empêche rien, rien du tout. Je me dit juste que personne n'est parfait. Ou je me surprend à t'aimer encore plus pour tout tes défauts. Si ce n'est pas... Lamentable. Oui, c'est le mot.Tu me rend lamentable. L'amour, ca rend lamentable. Ca rend con, avec un sourire tellement stupide ou tellement de larmes qu'on à le visage qui gonfle, ca rend laid, l'amour, ca rend laid. JE NE VEUX PAS T'AIMER. Je ne veux pas. Et toi, là, grand inutile, tu ne donnes pas de solutions, tu ne dis rien parce que toi, toi tu dors, et t'as bien de la chance. J'ai envie de me lever, d'aller jusqu'à ton lit et de te foutre un coup de pied pour que tu te réveilles. Comme ca je serais pas le seul débile à fixer le plafond en espérant qu'il va me tomber sur la tête. Mais je le fais pas. Parce que mine de rien, je t'ai déjà tapé dessus pour rien. Et même que, si je m'étais abstenu, je ne serais pas en train de pleurer sur un plafond moche. Parce qu'elles coulent les larmes, je suis un homme-fontaine. Je suis sûr qu'elles vont se creuser prématurément, les rides de la tristesse, sur ma face. Je serais un petit vieux plus vite.

Non, t'entend rien, parce que t'es loin. Parce que... J'éttouffe un cri dans mon coussin, parce que Siegfried dort, parce que personne ne doit entendre ca, personne ne doit voir ca, parce que je te vomis par tout les pores de la peau, trop plein de toi que je suis. Mon corps se bat, il t'évacue comme on évacue une maladie, et je me délite pendant que tu me quittes. Sauf que je pars avec toi, incapable que je suis de te lâcher. Alors je me défais. Je suis lépreux, mon amour, je suis lépreux et je me sème peu à peu. Je me perd. Et je me redresse, je quitte la chambre, sans bruit. Comme toutes les nuits depuis maintenant une semaine et demie. La première, tu ne m'as pas vraiment vu. Puis j'ai erré tout court pendant 3 jours. 3 longs jours. Et je suis revenu. Et je suis reparti. J'ai fini par rentrer, c'est vrai. Parce que j'ai été convoqué, et toi aussi. On a été punis. Et la punission est effective depuis deux jours. Nous sommes mardi. L'administration a bien vu qu'on avait pété les plombs. Ils nous ont donné suffisament de travail pour nous casser les pattes. Mais je suis endurant, et puis au delà de ça, je ne dois pas, je ne dois surtout pas dormir. Parce que je sais ce qui va se passer si je ferme les yeux, et que ca n'arrivera pas, simplement parce que je ne dormirais pas, ou en tout cas pas de mon plein grès. En 7 putains de longs jours, j'ai dormi 4 fois, et les 4 fois, j'ai entendu... Je l'ai entendue. Elle qui s'était tue si longtemps, elle est revenue, les yeux blancs, et elle gratte la terre, elle crie, elle crie toutes les nuits. Quelquefois, j'ai l'impression de l'entendre crier les yeux ouverts, mais je secoue la tête et c'est comme si c'était une mauvaise blague. Ca m'arrive parfois, de fermer les yeux et de les rouvrir 20 minutes plus tard. Et de ne pas l'avoir entendue. Je sais juste que j'ai dormi, ou que je suis tombé dans les pommes. Ca m'aide a tenir pour le reste du temps ou je dors en rêvant.

Elle a pas de sens, la vie. Je suis là, assis sur mon lit, et la serviette pend devant mon visage. L'eau dégouline de mes cheveux jusque dans mon dos mais je m'en balance, parce qu'il y a cette vérité, cette implacable vérité qui fait que j'ai beau etre a poil, posé sur le bord de mon matelas, je ne bouge pas d'un pouce. Ma vie n'a aucun sens. Rien ne sert à rien. Il n'y a pas de but, que dalle. C'est comme ca, du bruit, beaucoup de bruit puisque je suis doué pour en faire, et rien de plus. Je sais pas tellement si tu m'as parlé, cette première semaine, puisque je n'étais jamais là. Et lundi. Et mardi. On est mercredi matin, et l'internat se réveille, moi je me demande si tu m'as déjà parlé avant parce que je me rend compte que t'es en train de le faire maintenant, tu di quelque chose, mais je n'entend pas, comme si t'étais derrière un mur. JE M'EN FOUS LAISSE MOI MERDE !

"...quoi ?"
Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: L'enfer, c'est les autres > Sieg   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'enfer, c'est les autres > Sieg
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» " L'enfer, c'est les autres" Sartre (Dhaaarc ! DDF ? :3)
» L'enfer, c'est les autres. ❖ Mathou
» C.Brooklyn, New-York City - L'enfer, c'est les autres
» PRIAM; « l'enfer, c'est les autres. »
» L'enfer, c'est les autres, enfin surtout ceux d'en bas ~

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Wynwood University :: Our memories :: Our Memories :: Rps à archiver :: RPs abandonnés-
Sauter vers: