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 *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)

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MessageSujet: Re: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Dim 2 Nov - 22:10

- Et où cette fameuse vague t’a-t-elle emporté ? Quelle contrée la France peut se vanter d’avoir conquis par tes soins ? Pour ma part, j’ai rajouté à sa liste de territoires, ceci, cela et encore cela. »

Toujours sur le cheval, le paysage sublime continuait d'imprégner ma rétine de voyageur. Ecoutant les mots de Siegfried nous continuons notre dialogue, comme si de rien était. J'avais l'occasion de parler un peu de ma vie de vagabond. Je ne suis pas narcissique de base, mais j'ai toujours aimé parler de mes voyages ou entendre les histoires des autres à propos des leurs. Je parlais donc avec un intérêt prononcé et aussi fort que possible pour couvrir le bruit des sabots de Miracle.

"Je ne sais pas où elle m'emmènera, je verrai de quoi demain est fait. Pour l'instant elle me porte sur un cheval vers une douche bien chaude et un toit, c'est déjà pas si mal je trouve !"

Marquant le tout d'un rire joyeux je reprenais la parole en essayant de me tenir aux épaules du jeune garçon pour ne pas tomber.

"Et bien j'ai fait tout le nord du pays déjà, une infime partie de la Bretagne, mais je déteste cette région. J'ai fait toute la partie des Vosges, j'y allais souvent voir des amis la bas, après j'ai fait le Sud naturellement et j'étais de passage à Bordeaux une fois, mais j'ai pas eu le temps de visiter. La Savoie naturellement, histoire de faire un peu de Snowboard dans ces vastes montagnes. En bref j'ai voyagé quasiment partout dans le pays, avec à chaque fois le lot d'anecdotes qui va avec. Je te raconterai à l'occaz si t'es intéressée. Puis bien sur tu t'en doutes, je connais Paris et ses banlieues comme ma poche."

Nous continuons donc notre escapade, c'est la que le français me proposa, ou plutôt m'imposa la vitesse de pointe de Miracle. Ce moment de jouissance me valu quasiment la vie, mais je n'en retiens au final que le vent contre mon visage et beaucoup de sensations fortes. C'est décidé, un jour je me ferai une balade moi aussi, en solo, ou accompagné pourquoi pas par Siegfried, histoire d'en profiter pleinement. Nous arrivions donc dans l'immense ranch dont il m'avait parlé. Je restais impressionné par l'édifice, à tel point qu'une fois le pied au sol, j'en oubliais ma faim et ma mauvaise hygiène de vie du moment. J'étais un peu comme un gosse, ouais je pense que c'est exactement mon état d'esprit du moment. Je m'étais trouvé un pote, français en prime, j'avais un toit, j'allais bouffer et en prime prendre une douche, que du bénef. Mon regard se posa alors sur une blonde, plus âgée que nous deux je pense, ainsi qu'un vieux bonhomme qui représentait selon moi l'archétype même du sheriff de saloon.

La dégaine du parfait cowboy avec une voix imposante. La jeune femme s'adressa alors à Siegfried et immédiatement mon attention bugua (ouais nouveau verbe xD) complètement sur la première phrase. J'avais donc raison, mon pressentiment était le bon, il n'allait pas bien. Après je ne connaissais pas le degré de son mal être mais comme je me laisse à penser, il en parlera si il en a envie. J'écoutais cependant avec une attention non dissimulée sa réponse jusqu'à ce qu'on en vienne aux présentations. Je remerciais chaleureusement les deux personnes pour leur hospitalité dans un Anglais maintenant retrouvé.

"Enchanté, je m'appelle Maël Page. Merci de m'accueillir chez vous."

Une fois cela fait, la jeune femme, Connie de ce que j'ai retenu dans les présentations, proposait que nous allions à la cuisine. C'est ce moment que choisit mon ventre pour me rappeler que lui aussi il existait, et que je l'avais zapé ! Je continuais cependant à profiter de la vue que j'avais face à moi pendant que mon ami du jour laissait Miracle à la blonde. Je restais ainsi quelques secondes puis je me décidais enfin à briser ma curiosité pour lui demander le pourquoi de sa venue ici.

J'avais quand même pris des gants, miracle, d'ordinaire je suis plus bourrin, mais la je sentais quand même que j'allais en territoire glissant, simple question de respect. A en voir sa tête je comprenais que mes pensées étaient véritablement fondées. Il n'allait pas bien, et la question du pourquoi résonnait encore dans ma tête, mais lui semblait peu avare de parole sur le sujet, du coup je me contentais d'accepter sa proposition d'en parler plus tard car j'avoue, j'ai la dalle, et j'ai envie d'une douche, je suis plus à cinq minutes près.Ni plus ni moins je ne cherchais plus à savoir ce qu'il avait, je m'étais contenté d'un simple.

"Okay, on en parle plus tard alors, mais te prends pas trop la tête, t'en parlera quand t'auras envie d'en parler."

Suite à ça nous montions dans ce qui semblait être sa chambre, c'était un luxe que je n'avais plus connu depuis longtemps, moi qui vivait comme un marginal, ce genre d'endroit me manquait parfois. Enfin, un seul me manquait, car j'aime ma vie de vagabond insouciant. Le seul endroit qui me manquait était ma petite chambre que j'avais à la cité Pierre Montillet, dans mon quartier du 93. Y'avait pas grand chose, comme cette chambre spacieuse, juste ce qu'il fallait pour m'assurer mon confort. Un lit, une armoire, un bureau, une télé, bref tout ce qu'il y a de plus standard, mais c'est le seul endroit que je considère vraiment comme ma "maison". Posant alors mon énorme sac à dos, Siegfried me proposait d'aller à la douche et je m'exécutais immédiatement.

De son côté il partait faire ses affaires. J'en profitais pour ouvrir mon énorme sac et en sortir mes affaires. Des boxers que j'avais déjà mis et que j'avais pas encore pu laver, je pense les laver à la main et les laisser sécher ici avant mon départ, ça pourra toujours être pratique, avoir les boules au chaud c'est toujours plus agréable. J'ouvrais ma trousse de toilette et en sortait un unique rasoir que j'avais déjà utilisé une fois pour ma barbe et une fois cela fait, je prenais mes changes direction la douche. Je n'avais pas encore pu profiter de la vue qu'offrait la chambre, mais je me dis que j'aurais tout le temps pour ça ce soir. Une fois sous l'eau, je ressentais cette jouissance extrême à cause de la chaleur, j'y restais plusieurs minutes, abusant clairement de l'hospitalité que l'on m'offrait. J'en profitait pour me raser, laver mes cheveux, bref la totale.

Une fois tout cela fait je m'étais habillé et séchant alors mes cheveux j'entendais la voix de compère français me signalant que le repas était arrivé. Vêtu alors d'un simple et jean et d'un T-shirt noir, je sortais de la dedans revigoré, rasé de près, approximativement coiffé, mais avec une dégaine nouvelle. Limite méconnaissable à cause de cette barbe de Crusoé que j'avais abandonné, mais au moins je faisais enfin mon âge !

"Putainnnn ça fait du bien ! Merci vieux, je revis la !!"

Une odeur saisissante me prit alors le nez, et mes yeux se posèrent sur le plateau repas qu'il venait de me ramener. Je le remerciais chaleureusement, me dirigeant vers celui-ci, je faisais un peu comme chez moi pour le coup, mais toujours en étant un minimum respectueux. J'avais d'ailleurs ranger mes affaires utilisées dans mon sac et rendu une salle de bain aussi propre que je l'avais trouvé. Question d'éducation, ma mère me défoncerait si elle me savait impoli chez les autres. Une fois devant le plateau, on entendait mon ventre crier famine et le sourire aux lèvres je m'adressais au jeune homme.

"Tu serais une femme je t'aurais déjà demandé en mariage ! Merci pour le repas, vraiment ! Je crève la dalle !!"

Je ne me faisais pas désirer plus longtemps, dévorant littéralement ce que j'avais sous la dent. A un moment j'en étais presque à m'étouffer tellement j'avais mangé vite, du coup j'avais du avaler en hâte de l'eau, tapant sur ma poitrine pour faire couler le tout. Continuant donc mon repas avec entrain, j'engageais de nouveau la conversation avec mon compère en repensant aux livres que j'avais vu sur le bureau.

"Tu lis GOT ? C'est bien la série avec des consanguins tout ça non ? Un nain qui se tape des putes et une meuf la, Daenerys qui passe la moitié de son temps à se faire taper dedans ? Je connais que vite fait, ça donne quoi ?"

Ouais on était entre couilles maintenant donc pas la peine de faire dans la dentelle, j'avais entendu parler de cette série, en bien d'ailleurs, époque médiévale tout ça, le droit de jupon et tout ce qui va avec, du coup je me demandais si lui pouvait m'en parler un peu. Si je me fais chier un soir, je pourrais toujours lire ça à défaut d'avoir un manga sous la main. Pour ça, ma petite passion cachée reste un problème, j'ai rien à lire aux USA.. Une vraie galère. Enfin, mon repas disparaissant à une vitesse ahurissante mes yeux se posaient sur la fenêtre qu'il y avait non loin de nous et je voyais les longues trainées de neige à perte de vue. C'est ainsi que je pris la parole le plus naturellement du monde.

"Je sais que tu veux pas trop en parler, et qu'apparemment c'est pas une histoire très joyeuse, mais quand je regarde par la fenêtre de ta chambre, j'arrive pas à me dire qu'ici tu es malheureux. Bien au contraire. Quand je vois ce qu'il y a dehors, je me dis qu'ici au moins, tu peux peut être oublier un peu cette histoire, ou alors pas forcément l'oublier, mais juste apaiser ta douleur un peu plus. Après ce genre de coin peut être à double tranchant, des fois tu te sens bien, et des fois terriblement seul."

Je constatais que j'avais parlé un peu trop du coup je reprenais, une mine excusée se dressant sur mon visage.

"S'cuse je parle un peu trop, c'est juste que depuis que je t'ai vu, j'ai l'impression que t'es vraiment pas au top de ta forme. Après je sais qu'on se connait pas donc y'aura aucune galère si jamais tu veux pas parler du pourquoi. Sache juste que parfois, ça fait du bien de vider un peu son sac. Puis on est entre nous la, entre français. Perso je sais pas pour toi mais ça me fait un bien fou de parler dans notre langue, l'anglais c'est gentil deux minutes mais après ça fait vite chier ..."

J'avais ponctué le tout par un sourire, j'arrivais déjà à la moitié de mon repas, mais je calmais un peu ardeurs, profitant maintenant du moment présent, et c'était un moment précieux.
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MessageSujet: Re: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Mar 16 Sep - 21:07

Un rire fragile mais amusé franchit les lèvres de Siegfried tandis que les derniers mots de leur précieuses langues communes s’évanouirent dans l’air glacial d’Arizona. Toute la peine ressentie le matin même parut disparaitre. Sa bouche se détendit en un sourire sincère et heureux sans savoir pourtant que le parisien deviendra bien vite un ami proche. Non encore mieux : son premier ami. Il n’en a jamais vraiment eu dans son enfance. Ce loup solitaire et timide préférait  sa seule compagnie à celle des autres lorsque celle-ci lui semblaient trop toxiques. Au fond de lui, la compagnie des enfants qu’il gardait ne lui suffisait pas. Bien entendu qu’il adorait la spontanéité d’un bout de chou mais sa vie n’était pas dans les barbies et autre playmobiles. Il voulait connaitre des jeunes de  son âge. Des gens qui avaient le même  âge, des copains avec qui il partagerait un morceau de chemin, des amis qu’il accompagnerait jusqu’à la fin de leur combat, quelqu’un qui partagerait sa vie. Pendant très longtemps, il pensait être né pour rester un enfant et garder ceux des autres mais son esprit, loin d’être résigné, s’était rebellé. Non. Ta place est autre part. Continue d’aimer les enfants mais des gens de ton âge, nombreux, t’attendent quelque part. Les enfants que tu  gardes grandissent et n’ont plus besoin de ta protection. Laisse les partir et lance toi.
Curieuse façon de l’éjecter dans la vie, la vraie. Le destin, curieuse chose immatérielle l’avait éjecté d’un territoire connu d’un bon coup de pied dans le cul. Les débuts ne furent pas faciles. Perdus dans les rues immenses de Los Angeles, il avait plus d’une fois du fuir des prédateurs. Il avait eu peur. De nombreuses fois en tout cas.  Comme cette nuit où aucun hôtel ne voulait l’héberger, même en échange d’un travail quelconque. Il du rester dehors, comme un chien errant et dormir sous un pont humide, une nuit de pluie. De pluie ? Non  une véritable tempête. Il avait froid et maudissait ce dieu que  tant de gens vénéraient.  Dieu n’existe pas car un être considéré comme bon et honnête ne pouvait pas faire une telle chose à un gamin comme lui. Non, Siegfried croyait au destin, et rien qu’au destin. Au moins, cette entité mi-ange, mi démon avaient habitué de nombreuses  personnes à sa cruauté et sa générosité.
Puis un jour, une immense forêt dont l’entrée annoncait le Ranch de Clint. A 30 Kilomètres. Trente kilomètres. A pied ? Oui parce qu’il n’était plus à ça prêt. Et tant pis s’il se perd en forêt ou si les loups le dévoraient. Autant mourir dans ce décor médiéval plutôt que sous un pont. Le destin donnait des airs de prince cruel aux idées tordues mais ses raisons nébuleuses en valaient largement la peine.
La preuve aujourd’hui.
 
« OOOHHHH la scène ! Putain si on m’avait dit que je rencontrerais un français dans ce trou paumé !! Comment ça fait plaisir ! »
 
Leurs rires s’entrelacèrent. Une tape sur l’épaule amicale qui se transforme en serrement de main. Siegfried l’avait attrapé avant que son nouvel ami ne l’a reprenne. Il semblait la serrer entrer ses doigts gelés comme pour remercier l’infiniment grand pour ce cadeau fabuleux, un cadeau qu’il attendait depuis des jours, des mois… Non des années ! De longues années qui paraissaient des décennies. Ses mains restèrent sur celle de Maël. Il aurait voulu hurler un immense « merci ». La douleur de ce matin s’apaisa bien vite. C’était stupide, mais il pensa que Zach avait fait un vœu pour son anniversaire, mais pas pour lui-même, non. Pour son grand frère qu’il n’a pas vu depuis des années. Il ne le saura sans doute jamais mais c’était une manière comme une autre de voir les choses.
Siegfried lâche la main du voyageur, sans cesser de rire. Parler français, voilà une chose qui le  replongeait dans ses souvenirs. Carcassonne. Ses tours, ses rires, ses festivals. Parfois, il parlait seul dans sa chambre isolée. Sa langue est une fierté  pour lui, et elle le restera. Il écrivait des lettres aussi pour son frère. C’était le seul contact qu’il pouvait avoir avec son jeune frère. Il soignait ses mots, ses expressions et embellissait ses phrases pour ne jamais oublier qu’il venait d’une France autrefois si raffinée. Son frère lui répondait avec la même vivacité. Pourvu qu’elles ne soient jamais découvertes !
Mais parler le français, sentir ces mots inscrits dans le sang,  lui fit un bien fou.
Maël lui raconte ses origines. Paris. 93.
 
« Comme je t’ai dit, je viens de Paris, enfin du 93, Blanc-Mesnil exactement. Je pense pas quetu connaisses, puis, vaut mieux pas en fait ! 
- Oui, le pays des voitures qui brulent ! »
 
Il avait lancé cette blague sans réfléchir. La banlieue du 93 était connue pour cette concentration de violence et d’insécurité. Mais peu importe  d’où venait Maël, il était là. Sans le savoir, sa présence apportait une immense dose de réconfort au jeune cavalier qui maudissait le matin-même le destin de l’avoir abandonné si vite.  Mais il se surprend à s’excuser. Pardon de t’avoir mal juger. Je comprends maintenant.
Ils s’empressent de grimper sur le cheval qui réclama d’un geste brutal de la tête qu’il voulait lui aussi rentrer. Siegfried grimpa  le premier. Sa main se tendit vers  celle de Maël qu’il tira avec force. Comme  il ne semblait pas habitué à grimper d’aussi grands animaux, Siegfried le guida en lui expliquant comment grimper sur un cheval. Mets le pied dans l’étrier. Là, voilà. Hisse toi. Le cheval à des muscles et peut supporter plus de poids que ça. Ta jambe passe au dessus de l’arrière train. C’est bon.
 
« Accroche toi à moi pour ne pas glisser. Ce n’est pas confortable… mais tu oublieras ça bien vite parce que ce soir, tu dormiras dans un lit bien chaud avec un bon repas, une longue, très longue douche bien comme il faut et des visages amicaux. »
 
Son enthousiasme avait remplacé  son visage triste. A présent, il voyait plus de beauté à ce paysage endormi sous une nappe de neige brillante. Il passa Miracle au trot. Vivement la chaleur d’un feu de cheminée !
Tous deux continuèrent leurs conversations sur leurs origines et leur raison ici. Le hasard. Du moins presque. Les origines de sa présence ici lui étaient encore assez douloureuse.  Mais tôt ou tard, il finira bien par délier la langue. A plusieurs reprises, le jeune homme manqua de glisser sur le côté. Siegfried tapota sa propre épaule gauche de la main droite et lui ordonna avec gentillesse de se  tenir à l’épaule. Maël obéit et répond à sa question :
 
« Honnêtement je ne sais pas.  J’ai toujours rêvé de partir et faire le tour du monde, du coup je ne me suis jamais posé la question. Je ne sais pas si j’ai un but ou pas en fait. Je me laisse porter par la vague on va dire. L’insouciance de la jeunesse on va dire ! J’étais ici pour voir des amis d’enfance au début puis les usa sont un pays magnifiques, du coup j’ai décidé de partir visiter ses contrées tout simplement ? »
- Et où cette fameuse vague t’a-t-elle  emporté ? » Demanda Siegfried d’une voix amusée en souriant. « Quelle contrée la France peut se vanter d’avoir conquis par tes soins ? Pour ma part, j’ai rajouté à sa liste de territoires, ceci, cela et encore cela. »
 
Il pointa son bras dans différentes direction, couvrant d’un geste une zone immense. Ces arbres sont à moi, ces plaines également et tout ce qui y vit également. Dans mes rêves uniquement mais c’est déjà bien. Je rêve que toute cette nature soit à moi. Je serais sur que personne viendra détruire cette terre magnifique.
Siegfried éclata d’un rire amusé. Pour quelqu’un ayant balancé son téléphone  contre un arbre un instant plus tôt, il ne s’en sortait pas trop mal. Il goutait une joie qu’il attendait depuis un long moment. Certes, les chevaux et les quelques collègues lui avaient apporté de la joie mais il lui manquait quelque chose. Quelque chose d’énormément important.
Les grandes pattes de Miracle arrivent sur le petit sentier et déjà la haute bâtisse du ranch apparait au bout du chemin. Siegfried sent quelque chose fourmiller dans ses mains. Il se retourne vers Maël.
 
« Accroche-toi. Je vais te montrer que Miracle a du coffre dans les  pattes. Tu es prêt ? »
 
Il n’attend pas la réponse que déjà ses talons donnent le signal à Miracle de se lancer dans un galop soft mais secouant tout de même ! L’animal traversa le long sentier qui bordait les deux prés servant de territoire de jeu des chevaux. Tout au bout, l’immense maison qui servait de logement au propriétaire.  A droite, l’hôtel confortable qui accueillait les âmes perdues comme lui et les voyageurs épris d’amour pour la nature. Derrière, les longues écuries. L’endroit était assez grand pour jouir de tout ce qu’il fallait pour  assurer des cours d’équitation et le bien-être des chevaux. Il était bien tombé en tout cas. 
Miracle s’arrêta devant la grande maison. Clint discutait avec sa fille, Connie, une jolie blonde de 30 ans tout ce qu’il y a de plus banal. Tous deux se tournèrent en voyant le cavalier français arriver avec un de ses semblables. Siegfried mit pied à terre et se tourna vers eux, tout sourire.
 
« Tu as l’air d’aller mieux toi. » constate Connie, un sourire aux lèvres. L’air frais t’a fait du bien. 
- Oui, on peut dire ça. J’ai… emmené Miracle en promenade.
- Bien. Et… »
 
Son regard se promena sur le jeune homme qui se tenait près du cheval. Clint et sa fille se dirigèrent vers lui, prêt à faire les présentations.  Certes, on ne voyait personne dans les environs en cette période de vacance mais ce n’était pas  une raison pour rejeter toute vie venant se présenter à eux. Clint représentait le parfait cliché du Shériff, dans les films de Cow boy : air tranquille, stetson vissé sur la tête et grosse voix pour se faire entendre. Nul doute qu’en le voyant, on pouvait se sentir écrasé par sa présence. Il était le chef ici. Le Sheriff. Mais il n’avait rien d’un monstre et appréciait la compagnie de ses semblables. Siegfried présenta Maël à Clint et Connie.
 
« J’ai trouvé Maël au détour d’un chemin, perdu. Je me suis dit qu’il pourrait rester un peu au Ranch. Pour la nuit.
- Tu as bien fait, répondit Connie, bon allez dans la cuisine tous les deux. Nous reparlerons plus tard. Je vais m’occuper de Miracle. »
 
La jeune fille et son père se dirigèrent vers les écuries tandis que les deux garçons restèrent seuls. D’ailleurs, Siegfried sourit légérement en observant Maël regarder autour de lui, comme s’il voulait tout voir en même temps.  Dommage  qu’il ne puisse voir cet endroit que sous cette couche blanche nacrée. Tout avait l’air si fantomatique alors qu’en saison chaude, cet endroit demeurait vivant nuit et jour. Il voulut l’entrainer à l’intérieur mais Maël prit les devants. Arrêtant de jauger l’endroit, il s’approcha du jeune languedocien qui se tut. La question tomba, ce qui le mit dans l’embarras. Il sentait son regard sur lui, se darder de curiosité. Sentait-il que Siegfried cachait quelque chose au sujet de sa présence ici. Durant un court instant, il fut tenté de tout lui dire. Tout ? Non, pas vraiment. La honte pesait encore sur lui. Tout ce qu’il s’était passé en juillet dernier lui avait brulé tout ce en quoi il avait toujours cru. Et puis, il voulait profiter d’un peu de chaleur amicale et non se plaindre de sa situation familiale désastreuse.
 
« Dis-moi, comment t'as atterri ici de ton côté ? J'veux dire, pourquoi être passé de la France au USA ? Envie d'aventure ou tu avais une raison particulière de vouloir venir bosser dans ce trou paumé ? »
 
Pour toute réponse, il n’eut droit qu’à un sourire triste, suivit d’un haussement d’épaule exprimant toute la lassitude possible. Il semblait sur le point de le dire. Il en avait besoin après tout. Atrocement besoin. Mais pas dans l’immédiat. Il ouvrit la bouche et murmura doucement :
 
« Ce n’est pas vraiment joyeux comme histoire. Je te raconterais plus tard, parce que pour le moment, t’as besoin de manger et te reposer. Allez… »
 
 
Sa chambre se tenait dans le grenier de la maison de Clint. Ce dernier lui avait accordé avec une générosité qui laisserait n’importe qui sans voix, cette grande chambre qui donnait une vue superbe sur les prés des chevaux. Cette pièce se situait dans un grenier insonorisé et isolé du reste de la maisonnée afin de garantir l’intimité de la famille. Siegfried ne se sentait point offusqué, bien au contraire. Le contact avec Clint et sa famille lui avait fait du bien, mais parfois, la vue de ces embrassades familiales lui donnaient la nausée et lui rappelait qu’à présent, il n’était plus qu’un jeune adulte devant se démerder tout seul.
A tord bien entendu.
Isolé dans ce recoin confortable, il passait parfois son temps libre à écouter sa musique, regarder la télé sur le vieil appareil datant des années 90 et lire. D’ailleurs, les romans célèbres de Game of thrones reposaient sur une petite étagère sur le mur au-dessus de son lit. Son petit univers entreposé ça et là lui permettait de garder la tête froide.
Les affaires de Maël avaient rejoint les siennes. D’ailleurs, avant de lui laisser l’occasion de se reposer dans ce lit confortable, Siegfried avait encouragé son nouvel ami de prendre une douche.
 
« Tu sens le fauve, sérieusement. Hop à la douche. »
 
Pendant ce temps, Siegfried s’était faufilé dans la cuisine et fouillait dans le frigo à la recherche d’un repas potable. Il trouva son bonheur très vite : De grosse cotelette énorme qu’il fit cuire avec une bonne marinade. Pendant que Maël redécouvrait les joies de l’eau bien chaudes, le réconfort d’une serviette propre ainsi que le plaisir de se raser, Siegfried s’occupait de lui garantir un délicieux repas. Il n’était pas un grand cuisinier mais après avoir gardé des gosses pendant deux ans, il avait les bases du parfait marmiton en mains. Et il fallait avouer qu’il fallait montrer aux parisiens que le Languedoc Roussillon était une région aussi raffinée que celle du centre, na mé ho !
Une bonne demi-heure plus tard, il monta les escaliers, les mains occupées par un grand plateau qu’il posa sur le bureau de sa chambre. Cotelette, salade, cruche, pain, légumes, tout y était.
 
« Maël ! Le repas de votre excellence est prêt. » dit-il en toquant à la porte.
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MessageSujet: Re: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Ven 12 Sep - 11:59


Manteau de Maël

- A ta place, je serais paniqué. Je me répète, mais… tu es cinglé ! »

Cinglé ? On me l'a souvent dit durant mes longues escapades. Ici je sentais que ça n'avait rien de méchant, d'ailleurs, ça ne l'a jamais été. Mes potes m'ont toujours connu comme étant un marginal, un vagabond, aimant partir ça et là, n'aimant pas rester au même endroit trop longtemps. Depuis que j'ai acquis ma fortune, j'avoue que j'ajoute une part d'insouciance encore plus grande à ma personnalité. Je peux me permettre d'aller ça et là sans penser au lendemain, sans me dire que la réalité va venir me rattraper pour que j'aille payer des factures. Pour que j'aille en cours ou je ne sais où. Je ne peux que louer cet avantage de la richesse. Elle me permet d'ailleurs de marcher dans ce froid et ce paysage enneigé au coté de ce jeune garçon. Enfin je dis jeune, on doit vraiment avoir le même âge vu ses traits juvénile. Moi on me pense plus vieux parce que j'ai une dégaine de clodo, mais je m'en fous un peu de mon apparence. J'aurais le temps de faire le beau plus tard, même si la je cracherais pas sur une douche bien chaude et un boxer propre. Oui je me vois mal me changer comme ça en plein froid. Non merci. Je regarde alors la jeune homme puis me mêlant à son rire je dis d'une voix enjoué.

"Allez, que serait l'aventure sans un peu de piment ! Puis au moins je fais des rencontres ! La preuve !"

Bien sur je ne suis pas encore conscient que je viens de rencontrer un des visages les plus important de ma vie. Je m'étais par la suite présenté à lui, par politesse et convivialité, je trouvais ça logique d'ailleurs. En tout cas j'étais heureux qu'il m'offre l'hospitalité pour la nuit. Il n'y a qu'en Amérique qu'on voit ça, en France on m'aurait probablement laissé crever la gueule ouverte tellement les mentalités sont peureuses et restreintes. C'est ce que j'aime dans ce pays, le contact humain n'y est pas du tout le même, j'en ai encore la preuve avec Siegfried, de son prénom. Connotation allemande non ? Je ne vais pas me perdre de nouveau dans une question de ce genre, je préfère directement lui demander de quel pays il vient, car son accent est j'avoue, déplorable. Après il parle bien Anglais, je le comprends, il me comprend donc l'accent on s'en tape ! Nous marchions dans le froid hivernale et mon regard se posait souvent sur Mustang, c'était son prénom. Je ne m'y connais pas en équitation mais j'aime les bêtes. Je n'ai d'ailleurs que peu fait de balade à cheval, de un parce que je n'en avais pas l'occasion, excepté au Texas, et de deux car je préférais souvent faire un autre sport que celui-ci. Je ne juge pas l'équitation et ses pratiquants, ils aiment leur passion, c'est le principal. Me concernant, je trouve ça sympa mais je n'en ferais pas tous les jours. Après sur le dos d'une bête pareille, ça n'a rien à voir avec un poney ça c'est sur ... Le jeune homme se mit alors à rire, ce qui me sorti pour le coup de ma rêverie passagère puis il prit la parole d'un ton enthousiaste dans une langue que je ne connais que trop bien.

« Je viens de Carcassonne. De Haute-Garonne. »

Mes yeux s'écarquillèrent, je voyais le jeune homme aussi enjoué que moi pour le coup. Je pris alors la parole d'un ton tout aussi amusé, mais heureux.

"OOOOHHH la scène !!! Putain si on m'avait dit que je rencontrerais un français dans ce trou paumé !! Comment ça fait plaisir !"

Je parlais en Français, tout comme lui en fait, j'en avais profité pour lui mettre une tape amicale sur l'épaule, rien de violent, juste pour lui signaler ma joie mutuelle. Entendre le doux son de mère patrie me rappelle quelque part ma lointaine vie de banlieusard du 93. Je me revois en flash jouant au foot sur le city stade de Blanc-Mesnil avec mes potes Omar, Arno, Yaya et toute la clique sous le soleil d'été. On ne partait pas en vacances nous, on avait pas trop les moyens, mes parents ça allait, donc parfois on allait dans le sud ou moi chez mes potes, mais sinon, j'aimais me rappeler ses précieux moments passé la bas. Ils me permettent de me rappeler d'où je viens et surtout qui je suis vraiment. C'est pour ça que l'opulence de ma richesse est parfois freinée par ces pensées et j'en suis heureux.

"Comme je t'ai dit je viens de Paris, enfin, du 93, Blanc-Mesnil exactement, je pense pas que tu connaisses, puis, vaut mieux pas en fait !"

Je riais de bon coeur avec le jeune homme, je remercie mon road trip et ma chance de m'apporter ce genre de sentiment au fond de moi. De la joie, une nouvelle rencontre, une nouvelle expérience. La vie vaut la peine d'être vécue, définitivement. Nous marchions donc toujours en direction de mon lit d'un soir quand Sieg, oui son nom complet est trop long pour moi, m'expliqua le pourquoi de sa présence ici.

« Je cherchais un boulot et j’ai trouvé le ranch. Par pur hasard, comme toi. Mais je te propose de grimper sur Miracle. J’ai froid et nous irons plus vite au ranch. Viens ! »

"Excellente idée ! J'avoue que je caille moi aussi."

Je ne relevais pas le fait que lui aussi soit ici "par pur hasard" car je me doute bien que ce n'est pas vraiment le cas dans le fond. L'endroit est trop reculé, trop isolé pour qu'on atterrisse ici par hasard. Je pense qu'il a ses raisons, mais le froid et ma retenue, ou plutôt mon sixième sens, me dise de ne pas poser la question. Avec son aide je monte alors sur la bête, je positionne du mieux que je peux mon sac pour ne pas que Miracle se prenne tout le poids, même si je pense que ce n'est rien pour lui. Je m’agrippe ensuite la où je peux et nous voila en route. Je manquais à plusieurs reprise de tomber, je dois avouer que ça n'avait rien d'un poney, mais à un moment je réussissais à me positionner de sorte à ne pas finir au sol piétiné. Sieg se tourna alors vers moi pour prendre la parole, il me demanda si mon voyage avait un but ou si c'était un fresstyle total. Excellente question, oui, vraiment. Je ne me la suis moi même jamais posé en fait. Pourquoi je faisais tout ça ? Pourquoi j'étais parti faire ce tour du monde ? Je n'ai toujours pas la réponse à cette question en fait. Enfin, je ne l'ai qu'en partie, du coup je ne suis pas évasif pour un sou, mais je ne suis pas très précis non plus. Je parlais suffisamment fort pour qu'il m'entende.

"Honnêtement je ne sais pas. J'ai toujours rêvé de partir et faire le tour du monde, du coup je ne me suis jamais posé la question. Je ne sais pas si j'ai un but ou pas en fait. Je me laisse porter par la vague on va dire."

Le vent me glaçait les mains du coup je marquais une petite pause de quelques secondes puis je repris la parole.

"L'insouciance de la jeunesse on va dire ! J'étais ici pour voir des amis d'enfance au début, puis les USA sont un pays magnifique, du coup j'ai décidé de partir visiter ses contrées tout simplement !"

Je manquais de perdre l'équilibre dans ce moment de détente et me rattrapait un peu comme je pouvais. Je voyais alors au loin, du moins ça se rapprochait à une vitesse considérable de nous une grande bâtisse. Je devinais rapidement que c'était mon logement d'un soir. Miracle nous amena jusqu'à lui et je descendais sans trop de mal. J'étais vraiment congelé en fait, mais ça m'avait fait un bien fou. J'avais une sorte d'euphorie qui montait en moi, me faisant la fatigue, la faim et le reste. Je regardais alors Sieg, je ne lui parlais qu'en français maintenant que je savais qu'il était de chez moi. Au diable l'anglais ! Mes yeux se baladaient un peu partout, dévisageant l'endroit, je tournais limite autour de moi avec mon gros sac. Laissant Sieg s'occuper de Miracle je m'approchais de lui et lui demandait d'une voix intriguée.

"Dis moi, comment t'as atterri ici de ton côté ? J'veux dire, pourquoi être passé de la France au USA ? Envie d'aventure ou tu avais une raison particulière de vouloir venir bosser dans ce trou paumé ?"

Je me mouille pas trop, mais vu que je venais de me faire un nouveau pote, je pense du moins, autant en savoir un peu plus sur lui. J'ai dans l'idée qu'il est pas la par "pur hasard" comme il a si bien dit.
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MessageSujet: Re: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Sam 23 Aoû - 23:57


   
Arizona sous une fine couche de glace

   
Siegfried/Maël ▽ Deux voyageurs se croisent au détour d'un chemin. L'un cherche un abri pour la nuit. L'autre est en quête de compagnie. Ils vont trouver beaucoup plus que ça.  
« Salut ! Je ne cherche pas spécialement un ranch, je cherche plutôt un coin ou je pourrais me reposer un peu ! Et si la tu me dis que y'a rien à quarante bornes à la ronde, je suis un peu dans la merde ! Tu ne sais pas si y'a une ligne de train ou une ville la plus proche ? »

Siegfried ne sut pas s’il allait sourire en retour ou carrément éclater en sanglots. Il choisit l’option première, de peur que l’inconnu ne prenne ses jambes à son cou et ne se perd dans les bois environnants. Ce ne fut pas un sourire vraiment joyeux mais il fallait reconnaitre que voir quelqu’un de si souriant –malgré une situation alarmante – lui était agréable. Comment fait-il pour rester si détendu alors qu’une nuit dehors le tuerait ? La morsure du froid était mortelle à cette époque de l’année. Sur, ils n’étaient pas en Alaska, mais l’hiver est sans pitié. Siegfried acquiesça et répondit simplement :

« Le ranch. Juste le ranch. Cet endroit… » Siegfried fit un mouvement ample du bras «… est… disons, vide. Il n’y a qu’une longue route qui relie à une petite ville à dix kilomètres. Et encore. Sinon, il n’y a que la forêt. Un lac… et… des animaux. »

Mal à l’aise, il était mal à l’aise. Il s’efforçait de garder une voix neutre. Le vide. Tout est vide. Si au départ il voyait la beauté de la nature, aujourd’hui elle avait disparue à ses yeux. Ce lac aux reflets bleus et argentés n’était plus que glace et froideur. Les arbres aux feuilles de tous les verts possibles s’étaient vus arrachés leur cape verte pour affronter les basses températures. Mieux, les animaux dormaient dans leurs petits terriers. Si ça se trouve, certains mourraient durant leur sommeil tiens. Il se sentait comme un vendeur travaillant dans une agence de voyage qui tentait tant bien que mal de vendre un séjour en Syrie. Oui monsieur ! Tout va bien là bas, juste quelques bombardements mais rien de dangereux, votre hôtel est loin des conflits. Tout au pire, vous entendrez des gens crier. C’est tout.
Pieds à terre, Siegfried se tordait les mains. Il souriait tout de même malgré une émotion encore présente. Une petite ( ?) rencontre ne lui ferait aucun mal. Bien au contraire. Ces derniers mois, malgré une forte présence dans les écuries et les terrains de cours, il ne s’était rapproché de personne. Juste quelques filles de gros clients qui s’ennuyaient dans ces trous perdus. Histoire de passer le temps et d’augmenter son expérience du « corps à corps », le jeune homme avait invité les jeunes filles dans un coin des écuries pour explorer leurs anatomies. Il était prêt à tout pour oublier certains souvenirs mais ceux là lui collaient à la peau comme une horde de sangsue vampiriques. Mais à part ces filles qui ne restaient que quelques jours au Red Mustang, il n’arrivait pas à s’ouvrir aux autres. Conny, la fille de Clint, lui avait déjà fait la remarque, les rares fois où ils s’étaient vus. Sourit un peu et le monde entier s’ouvrira à toi.
C’est ce qu’il décida de faire avec l’inconnu. Ce dernier n’avait pas l’air paniqué. Siegfried n’osa pas s’imaginer dehors, dans ce froid glacial avec pour seule arme une lampe torche, un sac à dos et une tente mal pliée. Il commençait à gelait. La preuve, l’inconnu commença à s’agiter histoire de réchauffer le corps. Mais sa curiosité s’intéressa d’abord à Miracle. Siegfried avait posé sa main sur son encolure et caressait le poil du cheval qui fermait paresseusement les yeux, adoucit par ce simple contact. Siegfried finit par lui offrir une nuit dans une chambre confortable. Après tout, Clint le laisserait ramener un « nouvel ami ». Si ce dernier le rendait plus sociable, il aurait carte blanche. Et surtout, laisser ce pauvre voyageur dehors reviendrait à signer un contrat avec la grande faucheuse, qui elle, contrairement au jeune français, était avide de nouvelles rencontres.

« Sérieux ?
- Bien sur, répondit-il avec un sourire timide.
- C'est sympa mec ! J'avoue que je commence à congeler sur place et que je désespérais de trouver quelque chose avant la nuit.
- A ta place, je serais paniqué. Je me répète, mais… tu es cinglé ! »

Ce n’était pas dit méchamment, loin de là. Une pointe d’admiration s’entendait dans sa voix. Il fallait être dingue pour sortir de chez soi et de se lancer dans une telle expédition. Surtout seul. Il devait être original celui là. Original. Mais sympathique. En le regardant de plus près, il se rendit compte que cette aventure devait durer depuis plusieurs jours à en juger par sa barbe qui lui donnait un style à la Robinson Crusoé. Ou alors il était sans abri et en avait marre des grandes villes où chacun regardait sur soi. Hum, il avait vraiment la tête d’un sans-abri mais il n’allait pas juger.

« Au fait, moi c'est Maël, Maël Page. Ravi de te connaître. »
Ce à quoi il répondit par un vrai sourire. Il tendit sa main et serra fort la sienne en répondant :
« Siegfried Wade. Ravi également. » Mais en serrant sa main, il réprima un frisson. Que ses mains sont glacées ! Il ne répondit pas immédiatement à la suite de la phrase. Il laissa un temps, décidant une bonne fois pour toute que le voyageur ne passera pas une heure de plus dans ce froid.
- Belle bête en tout cas.
- Ho. Oui, murmura t-il, c’est un mustang. Il est sage aujourd’hui. Son nom c’est Miracle. »

Les deux futurs compagnons de voyage reprirent alors le chemin inverse. Miracle n’en fut pas fâché, bien au contraire. Il émit un hennissement bas mais énergique, signe que cette promenade était bien trop froide pour lui. Un silence suivit cette petite marche. Siegfried avait mis ses mains dans les poches. Dans l’une d’elle, ses doigts étreignaient l’extrémité des rênes. Miracle marchait à gauche afin qu’il puisse discuter tranquillement avec le voyageur qui se trouvait à présent à sa droite. Le jeune homme parla à nouveau d’une voix joyeuse et insouciante. Maintenant qu’il y pensait, l’accent de Maël ne lui était pas étranger. Malgré un excellent niveau d’anglais, Siegfried ne s’y trompait pas. Cet accent ne lui était pas inconnu. Ils avaient pratiquement le même bien que le sien soit plus marqué. Il se faisait peut-être des idées… avec ce coup de fil, il était prêt à imaginer n’importe quoi de rassurant, histoire de se sentir moins seul.

« Dis à en croire ton accent t’es pas américain j’ai tord ? »
Siegfried se tourna vers lui. Ils avaient pensé à la même chose en même temps ? Quel hasard. Un pâle sourire étira ses lèvres. Non, il n’avait pas tord. Il hocha doucement la tête d’un petit signe négatif.
- Pour ma part, je suis pas d’ici. Je débarque de Paris, et toi ? Comment t’as attéri ici ? »

Siegfried ne répondit pas immédiatement. Il n’en crut pas ses oreilles en fait. Il se tourna vers lui et voulut répondre mais déjà le voyageur posa d’autres questions :

« Tu vis au Ranch du coup en voir ton cheval ? j’ai fais un saut y’a quelques mois quand je trainais du côté du Texas dans un Ranch, j’avais aidé quelques temps, ça me rend nostalgique quand je te vois avec… »

Et fana de la nature et des chevaux en plus ? Faisait-il de l’équitation ? C’était la première fois que le carcassonnais rencontrait un type de son âge qui ne s’intéressait pas forcément qu’aux jeux vidéos et au dernier portable tout droit sorti de la cervelle des concepteurs d’Apple ou de Samsung. A vrai dire, il ne s’était jamais entendu avec les gens de son âge car dans sa vie, il n’y avait pas forcément les dernieres marques à posséder – sa mère ne roulant pas sur l’or- ou encore les derniers potins des stars ou ce genre de truc. C’était superficiel. Il préférait de loin monter sur un cheval et passer du temps avec ces bêtes magnifiques tout droits sortis de l’imaginaire d’un dieu créateur. Il se souvenait de la première fois qu’il avait vu un cheval en vrai. C’était lors d’un spectacle équestre. Les acteurs chevauchaient de grands chevaux et scandaient des textes épiques. Putain c’était juste une expérience extraordinaire. C’était… Ha oui, une jeune actrice qui tenait le rôle principal. Il craquait énormément sur ses cheveux blonds tirants sur le roux et ses petites tâches de rousseur. Mais surtout – et là cette image est resté à jamais gravée dans sa mémoire – son allure d’amazone lorsqu’elle chevauchait son cheval. Aurait-il l’air d’un prince s’il grimpait sur cet animal ? Il n’avait guère plus de dix ans lorsqu’il s’approcha de cette amazone et de son cheval. La jeune fille, qui avait dans les quatorze ans lui avait proposé de caresser son cheval. Il ne s’était pas fait prier plus longtemps. La jeune fille était descendu pour se mettre à son niveau et avait commencé à lui parler de sa passion pour l’équitation.
Et depuis, il savait que le sport équestre représenterait une grande partie de sa vie. Il se sentait vivant lorsqu’il mettait le pied à l’étrier. Sa mère avait travaillé dur pendant quatre ans pour lui payer ses leçons. Quatre ans au bout desquels, il dut arrêter, sa mère étant trop externuée pour continuer à se saigner pour ses « caprices », disait-elle. Alors il entra au lycée pendant un an, loin des histoires tout droit sorti du Moyen-âge pour moisir au milieu de ce tas de sales mômes qui ne pensaient qu’à la dernière réplique de Nabilla « nan mais allo quoi… ! ». C’était si FUTILE ! Il n’avait jamais rencontrer quelqu’un qui aimait autre chose que les futilités du quotidien.
Personne ? Si ! Ce type qui marchait à ses côtés à présent. Quelqu’un qui semblait prendre de gros risques pour vivre d’intenses émotions. Prendre un sac à dos et traverser 30 putains de kilomètre dans la neige et le froid ! Personne ne ferait ça. Il aimait la nature ? Ils étaient deux.
Siegfried sourit doucement en y pensant. Mieux, il éclata d’un rire vraiment amusé. Quel hasard ! Quelle coincidence ! Il n’y avait RIEN dans les alentours ! Toute cette nature vide de présence humaine. Ils auraient pu prendre milles chemins différents mais non. La fortune a été clémente sur ce coup là et a décider de leur donner un petit coup de pouce. Tandis que l’un souhaite juste un peu de chaleur et d’un toit au dessus de sa tête, l’autre réclamait la présence de quelqu’un qui pourrait le comprendre. Les circonstances les avaient amenés à croiser la route de l’autre. Un français ! Il le savait. Il ne s’était pas trompé. Il posa sa main sur l’épaule de Maël et la serra un peu, le forçant à arrêta sa marche. Non, il fallait rentrer tout de suite. Il releva les yeux vers lui et le regarda dans les yeux, chose qu’il a toujours eu du mal à faire dans cet univers trop étroit pour lui. Il lui répondit alors dans leur langue commune :

« Je viens de Carcassonne. De Haute-Garonne. » Il se mit à rire. Les larmes et la déception furent mis de côté par cet instant si insolite. Deux français perdus au milieu de nulle part ! Comment est-ce possible ? Il décida de passer volontairement la deuxième question. Y répondre signifierait un nouveau plongeon dans les sinistres souvenirs. Ces derniers hantaient les nuits du jeune cavalier. Sa bonne humeur n’était pas encore vraiment présente. Mais elle sortait timidement de sa petite cachette, tel un rongeur farouche. Maël n’y était pas pour rien. Discuter avec un natif de son pays lui fit du bien. Reparler français lui rappelait les rues de sa ville natale, une cité aux allures médiévales : Carcassonne. Haaaa que cette vie lui manquait… les promenades printanières dans les jardins du Calvaire caractérisé par un sentier en forme d’escargot bordé de murets et de nombreuses espèces végétales. Les nuits estivales chaudes dans la cité médiévale et son festival annuel où de nombreux arts étaient célébrés tels que la danse et le théatre. Les dégustations de vins sur une terrasse d’un café, une journée d’automne. Et enfin la vue magnifique de ces hautes tours enneigés et spectrale un matin d’hiver. Il ne regrettait pas d’être né dans cette ville enchanteresse. Fier de ses origines, Siegfried avait appris la langue régionale, le languedoc. Il aimerait revenir en France, mais à l’heure d’aujourd’hui, ce n’était pas possible. Pas encore.
Siegfried émit encore un léger rire amusé. Timide, certes. S’il savait combien cette rencontre allait apaiser ses tourments, il aurait sauté de joie et trépigner comme un fou. Mais comme il ne s’appelait pas Cassandra et n’avait pas de don de voyance, il n’en fit rien. Heureusement, sinon Maël se sauverait en courant.



« Je cherchais un boulot et j’ai trouvé le ranch. Par pur hasard, comme toi. Mais je te propose de grimper sur Miracle. J’ai froid et nous irons plus vite au ranch. Viens ! »

Et il grimpa sur Miracle sans attendre la réponse de Maël. Il attrapa la main de ce dernier afin de l’aider à s’installer derrière lui. Bon, il devrait tenir sur l’arrière train de Miracle mais ils n’étaient pas loin du ranch. S’égarer en forêt était très facile. Clint l’avait prévenu des dangers. Les arbres se ressemblant tous, il pouvait arriver que le randonneur imprudent s’éloigne des repères et se perde au milieu de cette forêt trompeuse. Ses mollets se pressèrent légèrement contre les flancs de l’animal qui comprit le message : Maison !
Siegfried surveilla l’allure de son cheval. S’il s’agitait de trop, le voyageur se retrouverait une jambe cassée et donc dans l’incapacité de continuer sa route vers… vers où d’ailleurs ?

« Ton voyage a un but ou tu te la joues freestyle ? » demanda t-il en tournant la tête vers lui. C’était plus facile pour discuter.
► 

   
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Ven 22 Aoû - 12:38


Manteau de Maël

J'enfouis mes mains bien profondément dans mes poches, ma capuche sur la tête me permet de ne pas sentir le froid glacial. A chacune de mes respirations on pouvait voir clairement la fumée se dégager de ma bouche. J'avais pourtant entendu dire qu'en Arizona il faisait relativement chaud, il faut croire qu'à cette période et surtout aujourd'hui, ce n'était pas le cas. Qu'est ce que je faisais ici ? Un peu tout et un peu de rien à la fois. Depuis plusieurs mois maintenant je parcours le monde, et mes pas m'ont amené doucement vers les Etats-Unis. De base en vacances chez les Young, je n'y avais fait qu'un saut, et j'avais remonté, mon sac sur le dos, peu à peu les différents Etats. En ce mois de février me voila donc perdu dans un coin paumé de l'Arizona, et j'ai beau marcher, marcher, je ne vois rien aux alentours.

C'est assez pénible dans la mesure où un peu de repos ne me ferait pas de mal pour le coup. J'aimais mon style de vie, au final je me sentais libre, libre comme personne. Hier j'étais à un endroit, ce matin en me levant je ne sais pas où mes pas me guideront mais je verrais bien. Pour l'instant, malgré le fait que je sois millionnaire, je dois dire que je n'ai pas beaucoup utilisé cette fortune, en tout cas pas pendant mon road trip. Que serait l'aventure dans un cinq étoiles ? Elle perdrait totalement de son charme. C'est pour cela qu'avec mon énorme manteau, mon jean et mes chaussures montantes (CLICK) usées par de longues heures de marche, le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas la dégaine du millionnaire standard. Ajoutez à cela une vilaine barbe de plusieurs jours, oui définitivement, j'ai la gueule du baroudeur. Je revendique ce titre. Mon séjour aux USA avaient été ponctué de rencontre ça et là, j'avais parfois dormi chez l'habitat, parfois à contre coeur dans un motel miteux parce que je n'avais pas le choix. J'ai travaillé aussi, histoire de m'occuper un peu, car oui, je m'ennuie. Je m'ennuie profondément. J'ai toujours pensé que la richesse me permettrait de toujours combler le vide que je ressens mais non, ceci étant je préfère chialer en jaguar qu'à pince. Quoique la, je suis à pieds, ils sont en compote, ça doit faire des heures et des heures que je marche.

Je suis malgré tout de bonne humeur, un peu fatigué, mais cela n'est pas gênant. Je m'octroie tout de même une pause, sortant un réchaud de mon sac de voyage que je trimbale toujours sur mon dos, et je sirote un chocolat chaud, observant le paysage s'offrant à moi. Ma rétine s'imprègne de ses moments qui sont extrêmement précieux pour moi. Pourquoi ? Parce que je ne sais pas de quoi demain est fait mon ami, je ne sais même pas si je serai encore en vie, je ne sais pas non plus si je pourrais encore observer ces magnifiques décors. Je reste assis la une bonne demie heure jusqu'à ce que mes fesses gelées me rappelle de me bouger. Je range le réchaud dans mon sac, vérifiant que le bouchon est bien vissé, puis d'un geste vif et puissant, je remets mon sac qui pesait son poids tout de même sur mon dos. Cette pause me fit du bien, un grand bien même. Je repartais donc, la dégaine lourde à cause de mon sac mais requinqué, vers la prochaine ville. Les heures défilaient, je crois que je m'étais définitivement paumé, j'avais beau lire ma carte, je n'y voyais rien, du coup je laissais mes pas me guider, j'allais bien tomber sur quelqu'un ou quelque chose dans ce bled paumé à un moment. Plusieurs minutes s'écoulèrent encore quand ENFIN, par je ne sais quel miracle, je croisais un passant. Il s'adressait à moi, j'enlevais alors ma capuche pour lui signaler mon visage, et par politesse aussi. Il était perché sur un cheval et s'était mis à me vouvoyer, marqué une pause, puis me tutoyer. A première vue on devait avoir le même âge, même si ma barbe négligé avait le don de me veillir quelque peu pour le coup.

"Salut ! Je ne cherche pas spécialement un ranch, je cherche plutôt un coin ou je pourrais me reposer un peu ! Et si la tu me dis que y'a rien à quarante bornes à la ronde, je suis un peu dans la merde ! Tu sais pas si y'a une ligne de train ou une ville la plus proche ?"

Je posais la question malgré tout avec le sourire. Oui ça ne servait à rien que je pleurniche de toute façon ça n'allait pas changer ma situation. J'ai toujours voulu vivre ce genre de chose, donc je le vis à fond maintenant. L'étranger descendit de son perchoir, je l'observais se frotter les mains, ce qui me rappelait qu'il faisait quand même bien froid. Je me dandinais légèrement sur place à cause du vent, mes mains enfouis dans les poches de mon manteau. L'inconnu me répondit alors une phrase qui était censée, me rassurer je crois, oui c'est ça !

"Allez je suis plus à 10 bornes près maintenant !"

Pour le coup j'affichais un sourire et un rire accompagnait le tout. j'observais aussi l'imposante bête près de lui, mère nature nous offre décidément un spectacle magnifique. L'animal semblait attacher à lui en tout cas, je ne m'y connais pas beaucoup en équitation, mais c'est sur qu'une balade à dos de cheval, dans ses longues contrées d'Arizona, ça doit procurer des sensations prodigieuses. J'aimerais vivre ça si j'ai l'occasion. Enfin, mes problèmes ne semblaient pas résolus, si il n'y a rien à 30 kilomètres à la longue, je suis un peu, beaucoup dans la merde. J'ai beau avoir une tente sur moi, simple précaution, vu le froid, je vais déguster. Le jeune garçon me fit alors une autre proposition qui attira naturellement mon attention. Enfin mon corps réagissait d'instinct et mon esprit encore plus. J'observais cependant deux choses. Son accent, il n'avait pas l'air d'être américain, et surtout l'émotion de sa voix. Je remarquais sur les traits de son visage des traînées humides. Je ne me formalisais pas plus que ça, avec ce vent glacial et sur le dos d'un cheval, logique d'avoir les yeux en pleure. A l'entente des mots du garçon, un large sourire illumina mon visage, j'avoue ne pas pouvoir refuser une telle opportunité dans l'état actuel des choses.

"Sérieux ? C'est sympa mec ! J'avoue que je commence à congeler sur place et que je désespérais de trouver quelque chose avant la nuit."

L'observant, j'enlevais alors mes mains de mon manteau, puis mon gant droit et lui tendait ma main pour le saluer.

"Au fait, moi c'est Maël, Maël Page. Ravi de te connaître. Belle bête en tout cas."

Disais-je à l'attention de l'imposant cheval à qui j'adressais une caresse. Nous entamions alors une légère marche, parce que rester sur place n'était pas ce qu'il y avait de plus réchauffant. J'étais intrigué par son accent. Pour ma part je l'avais depuis le temps maintenant, grâce à mon père notamment puis surtout au fait que je suis ici depuis plusieurs mois, donc à ce niveau aucun problème. Bien sur, si on tend bien l'oreille, on entend quand même que je ne suis pas un natif et que j'ai encore du travail à faire. Je regarde donc le jeune garçon et sa monture, son accent déplorable, on est pas 36 nations à l'avoir. On est même des prodiges pour massacrer cette belle langue qu'est l'anglais.

"Dis, à en croire ton accent t'es pas américain j'ai tort ? Pour ma part je suis pas d'ici, je débarque de Paris, et toi ? Comment t'as atterri ici ?"

J'avais continué à parler en anglais naturellement, car je n'étais pas sur qu'il soit vraiment français. Puis l'air con si il est pas de chez moi ... Je déteste me taper ce genre d'affiche. Enfin, j'avais dans l'idée de lui demander pourquoi il était ici lui aussi, mais je préférais doucement attendre sa réponse. Le regardant de nouveau, quelque chose m'intriguait. Le mec semblait pas dans son assiette. Le pourquoi je sais pas, peut être que je me fais des idées aussi. Faut dire qu'avec la fatigue tout ça, je m'imagine peut être des choses. Préférant mettre ça de côté parce que je voulais pas passer pour un gros lourd indiscret, j'engageais la conversation avec lui, histoire de pas faire le mort.

"Tu vis au Ranch du coup à en voir ton cheval ? J'ai fait un saut y'a quelques mois, quand je traînais du côté du Texas dans un ranch, j'avais aidé quelque temps, ça me rend nostalgique quand je te vois avec ... Comment il s'appelle au fait ?"

Je ne le savais pas encore, mais ce mec que j'avais en face de moi, allait devenir une des rencontres les plus importante de ma vie. Étrange comme parfois la vie est faite non ?
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MessageSujet: *~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)    Mer 20 Aoû - 1:51

Arizona. Un état comme un autre pour certains, une nouvelle maison pour lui. Depuis maintenant quatre mois, Siegfried avait élu  domicile dans une chambre du ranch d’un éleveur de mustang. Février 2013 avait timidement pointé le bout de son nez. Les derniers mois avaient été difficiles… il ne parlait pas encore parfaitement anglais mais Clint, son « supérieur » était content de son travail avec les chevaux. Il devait ainsi s’occuper des 21 chevaux présents en ces lieux. Bon, pas à lui tout seul évidemment. Le ranch avait quelques dix ou quinze employés afin de nettoyer les chambres, préparer les chevaux pour les ballades et s’occuper des cours d’équitation. Siegfried s’occupait des ballades. Le ménage, ce n’était pas son fort bien qu’en cas d’absence d’une des femmes de ménage, Clint l’y forçait.
Le ranch, appelé affectueusement « Red Mustang » accueillait toute sorte de vacanciers, de la petite famille standart, deux adultes et deux enfants aux hommes d’affaires venus offrir un petit week end à leur clients. Et ces derniers étaient plutôt nombreux… Beaucoup étaient assez riches pour s’offrir de beaux et grands chevaux. Après tout, Clint faisait un élevage de ces chevaux typique de Cow boy. Et le prix était au plus fort…
Néanmoins, le ranch avait un congé annuel de un mois durant l’hiver. Celui de février. Du premier au 28 (et parfois le 29), le ranch était fermé. Les employés regagnaient leur pénate et bénéficiait d’un repos bien mérité… Sauf Siegfried. Il n’avait que 17 ans et, bien qu’émancipé, Clint ne voulait pas laisser un gosse seul dans un appartement. Aussi, il pouvait  rester au ranch et aider à l’entretien des chevaux. Il se réveillait tôt le matin et faisait quelques heures… puis l’après-midi, il passait la bride à Miracle, son cheval préféré et partait pour de grandes ballades dans le coin.

Mais ce jour là, rien n’allait. Ce 17 février devait être l’anniversaire de son jeune frère, Zach, qui fêtait ses onze ans. Il s’était levé avec LA boule au ventre, celle qui annonçait une journée grise. La neige tombait  au dehors et confirmait cette triste ambiance. Le jeune homme avala un ou deux biscuits mais rien de plus. Transit par une impatience dévorante, il se dépêcha de mettre son blouson brun à col de vieille fourrure grise et son écharpe en laine bleu ciel. Les premiers pas dehors furent difficile car la température était très froide. Sans doute 4 ou 5 degrés. Il se dépêcha de traverser la cour et de se réfugier  dans l’écurie afin de préparer Miracle. Ce jour-là, il ne voulait voir personne. Les mains étrangement tremblantes, le français installa la selle et la bride et monta l’animal. C’était partit pour une virée en forêt.
Miracle pouvait se considérer comme le mustang préféré de Siegfried. Sa robe couleur noisette s’accordait avec sa robe et sa crinière noire d’ébène. Mais ce n’était pas son pelage qui plaisait autant à Siegfried mais son caractère aux apparences calmes avait de quoi tester la patience de n’importe quel cavalier. Miracle avait ses jours. Et fort heureusement, ce jour là en était un bon. Siegfried n’avait aucune envie de se battre. Il avait déjà une lourde négociation à faire au téléphone. Il monta sur l’animal en murmurant en français :

« Miracle. Si tu pouvais être sage aujourd’hui, je t’en serais reconnaissant. »

Il n’avait pas eu l’occasion de parler sa langue natale depuis des mois. Son français avait hiberner ses longs mois. Parfois, Siegfried se  réveillait en sursaut la nuit et se mettait à parler à voix basse, se rassurant de savoir que non, il n’avait pas oublié sa langue mère. Un curieuse supertition l’avait  pris en fait. Par conséquent il parlait aux chevaux. En français.
Siegfried passa le pied à l’étrier et monta sur Miracle. Prêt pour la promenade. Siegfried s’élança donc dans la vallée à travers laquelle il avait coutume de se promener. Mais le cœur n’’était pas à la ballade. Une fois éloigné du ranch, il se savait seul. Sa main attrapa le téléphone portable et composa le numéro de son père, le seul moyen pour lui de  contacter son jeune frère.
« Résidence Wade, j’écoute » Répondit une voix claire et froide.
«  Salut, c’est Siegfried. »
Silence. Ce n’était pas étonnant. La dernière fois qu’ils avaient parlé, c’était au 31 octobre et cela s’était mal passé. Son père… ou ce qu’il en restait, lui avait raccroché au nez après lui avoir demander de ne plus JAMAIS appeler chez lui. Quatre mois avaient passés. Il voulait lui parler.
« Non, ne raccroche pas, s’il te plait », le pria t-il « je veux lui parler. Il a anniversaire aujourd’hui. Je veux lui parler. ». Il n’aimait pas le supplier. Mais… cela faisait quatre mois !
« Je t’ai  déjà dit non, Siegfried. Zach est trop occupé de toute façon.
- Je veux juste lui souhaiter un bon anniversaire. Je ne lui ferais rien, merde ! » Soupire. « Ecoute, il me manque. Beaucoup. Et je veux lui parler parce TOUS les ans, j’ai été là, MOI. Près de lui. A lui souhaiter une bonne année, un joyeux Noël etc ! Toi t’étais où pauvre connard !? »
Il avait flanché, c’était fini. Il s’était promit ! il s’était PROMIS, de rien dire de tel ! Mais cet homme qu’il avait appelé « papa » toute sa vie l’avait trahit. D’ailleurs, il raccrocha tout net. Siegfried se retrouva seul, comme un idiot sur son cheval, le téléphone à la main.  Téléphone qui ne lui servait plus à rien. Il le rangea dans sa poche en tremblant et soupira… il passa sa main dans les cheveux, se demandant comment il était arrivé dans une telle situation. Après toute ces années, il se retrouvait seul. Certes, les chevaux et le ranch l’aidait à garder la tête hors de l’eau mais c’est tout juste. Il renifla, baissa la tête et fit avancer son cheval mais son téléphone tomba sur le chemin enneigé. Agacé, il mit pied à  terre et  le ramassa. Soudain, il fut pris d’un accès de rage et le balança contre un putain d’arbre, en gueulant un fort « ENCULE » dans un bon français raffiné qu’on pouvait entendre à un bon kilomètre à la ronde. L’émotion fut trop forte et il se sentit affalé contre le cheval. Sa main caressa lentement l’encolure du cheval qui se laissa faire. Cela l’aidait à se calmer mais rien ne pouvait l’apaiser. Le cheval le laissa faire, sentant que son jeune maitre avait besoin de calme. La présence de l’animal avait ce don de calmer sa colère. Mais cela pris une bonne dizaine de minutes avant que Siegfried ne remit place sur la selle. Il continua sa promenade qui n’avait rien de plaisante.
Il essuya quelques larmes avec son écharpe mais on pouvait encore voir quelques petites trainées humides sur ses joues. Il rentra la tête entre ses épaules et frotta ses mains. Il faisait si froid… partout. Ici et  dans sa tête.
Il fit marcher son cheval longtemps. Il s’en fichait du froid. Il n’avait même pas envie de rentrer. La fille de Clint était rentrée et passait son temps avec ses parents. Voir cet étalage d’amour filial le rendait MALADE. Aussi, il préférait rester ici, dans ce paysage froid et naturel.
Miracle continua son chemin mais au détour d’un chemin, Siegfried vit un… un marcheur ? Mais quel fou ! Autour du ranch, il n’y avait presque rien. L’endroit était pour ainsi dire, vide. Il soupira et héla le nouveau venu.

« Si c’est le ranch Red Mustang que vous cherchez, il… » commença t-il. Mais il stoppa net. Le type avait le même âge que lui. Il se reprit donc et rajouta… « Si tu cherches un ranch, c’est fermé pour la saison jusqu’au 1er mars. Tu  es cinglé… ! Y’a rien à 40Km à la ronde. ».

Il se gratta la tête et se frotta les mains. Sa voix était restée calme. Il affichait cependant un sourire timide. Il descendit de son cheval et se mit au niveau du mec. Il avait parlé en anglais. Néanmoins, son accent ne faisait aucun doute, son accent trahissait ses origines françaises. Ses yeux fatigués ne quittaient pas ceux de l'étranger. Il n'avait pas l'air mauvais... sans doute un amoureux des promenades qui s'était égaré.

"Bon, j'exagère. 30 km. Il fait froid..."
rajouta t-il. Miracle semblait de son avis. Il poussa Siegfried du museau pour rappeler sa présence. Le jeune français sourit un peu, bien qu'il n'en avait pas envie. On pouvait encore sentir une vive émotion dans sa voix. Mais c'était un inconnu. Il n'allait tout de même pas choper la première épaule pour pleurer dessus tout de même ! . "Tu vas attraper la mort, mec. Tu ferais mieux de rentrer avec moi."
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*~* Arizona, sous une fine couche de glace *~* (Maël)
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