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 Go astray. ||Carry♥

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MessageSujet: Re: Go astray. ||Carry♥   Mer 20 Aoû - 15:01

Comment avais-je pu en arriver là ? Comment avais-je pu en être réduite à cela ? Mais la vrai question était, pourquoi ? C'est vrai, ce jour là, j'avais une irrépressible envie de sortir, de prendre l'air, de voir autre chose que les quartes murs de ma chambre, mais en aucun cas, je n'avais mis les pieds dehors pour faire ce que je m'apprêtais à faire. Jamais, pour ce soir là, je n'étais sortir dans l'optique de boire ... Boire et me défoncer ... Les deux seules choses qui m'aidaient à aller mieux en ce moment précis, les deux seules choses qui me permettaient de m'évader, d'oublier. D'oublier ces foutus événements qui me tombaient sur le coin de la figure. Les seules possibilités que j'avais pour ne pas y penser, pour m'offrir un peu de répit. C'est malheureux de l'admettre mais grâce à ça, je m'en sortais, je me sentais bien pendant un temps, puis je devais recommencer quand tout revenait, quand la réalité refaisait surface. Et puis, à un moment, j'avais un minuscule éclair de lucidité bienvenu grâce auquel je sortais du bar où je me trouvais ou encore grâce auquel je rangeais dans un tiroir le petit sachet et la bouteille que j'avais acheter spécialement dans un but précis. Oublier.
J'étais pitoyable, nulle. J'étais une mois que rien, une merde. N'était-ce pas ce que j'étais vraiment ? Une incapable, une merde dans un bas de soie, une mauvaise herbe dans un champ de belle plante, une tâche d'huile ou de sauce sur un chemisier blanc propre. J'étais ce dont on n'avait jamais voulu. Que ce soit mon père, ou les autres. Une indésirable. Une intruse. Celle dont on ne veut pas.
Souvent j'avais pensé à Héra et à son fort penchant pour l'alcool qui je crois, frôlait passablement l'alcoolisme. Et jamais, je ne m'étais rendu compte que ça l'était. Jamais je n'avais essayer de voir plus loin que le bout de mon nez, que moi même. Je m'étais toujours dis que cette fille aimait boire comme beaucoup de jeune et que ça s'arrêtait là, mais il avait suffit que ça m'arrive à moi, pour que j'envisage, que je comprenne et raisonné autrement. Héra avait peut être des problèmes si elle buvait autant. N'était-ce pas la raison pour laquelle je remplissais mon gosier de boissons alcoolisées ? Peut être que c'était pareil pour elle, mais qu'est-ce que je pouvais en savoir, moi ? La petite blonde, je ne la connaissais qu'en surface, et elle comme moi n'étions pas trop du genre à nous confier, nous plaindre. Alors en parler, sans doute encore moi. Et si ça nous aurait fait du bien ?

En attendant, j'était là, assise, le cul dans le sable à accepter l'alcool d'un inconnu torse nu, déjà bien entamé. Qu'est ce que je disais hein ... Pitoyable. Je marchais tranquillement le long de la plage, la tête vide et les yeux perdu sur l'horizon quand je l'ai aperçu. Je m'étais approchée pour vérifier s'il était vivant ou non. Je me serais sentir beaucoup trop coupable si, le lendemain, j'aurai lu dans les journaux qu'un cadavre avait été retrouvé le long de Miami beach. C'était la moindre des choses, d'ailleurs. Enfin, c'était la raison pour laquelle je croyais avoir agis. J'avais donc préféré m'assurer qu'il n'était pas mort. Et ce n'était pas le cas. J'avais été rapidement rassurée, et ce, grâce à sa réflexion. Il était bel et bien vivant, en pleine forme, ou presque. Suivant ses "ordres", j'avais accepté de rester, de me taire et de boire et je m'étais donc assise à ses cotes. Je m'étais tut un simple instant avant de lui apprendre qu'en général, les gens qui venaient seuls sur la plage, une bouteille d'alcool pour seule compagne, qu'ils soient homme ou femme, étaient des gens qui avaient des problèmes. J'avais reposé le récipient après y avoir vu quelques gorgées. Sage décision même si je savais parfaitement que je serai tentée d'y boire à nouveau et que pour me débarrasser de cette tentation, je céderai. Il m'avait demander de me taire, chose que je n'avais pas fait et c'était bien pour ça que je n'attendais pas de réponse de sa part et je n'en avais pas l'air. Mon ton totalement désintéressé, n'en réclamait pas, donc je n'aurais pas été étonné qu'il garde le silence. C'était mon truc ça. Faire comme si j'en avais rien à faire, jouer à la fille qui s'en fou, la fille que rien n'intéresse. C'était ce que j'avais toujours su faire le mieux. C'était ce que j'étais, une pure et simple "je m'en foutiste" mais des fois, j'avoue, ça changeait. Des fois, je changeais et j'avais envie de savoir comme cette fois ci sur la plage malgré que ça ne s'entendait pas ni ne se voyait sur mon visage. D'ailleurs, m'avait-il seulement regarder à ce moment la ? Savait-il seulement à quoi je ressemblait ? Je n'en savais rien, parce que, s'il me regardait, moi, je le contentais de fixer le ciel virant à l'orange/rouge. Je ne sentais pas de regard sur moi ou autre, juste le souffle léger du vent dans mes cheveux et c'était tout. J'étais concentrée sur l'immensité liquide et le soleil couchant qui se trouvaient devant moi quand il déclara sur le même ton que le miens : « En général, les gens qui viennent ici seuls, et qui acceptent l'alcool d'un inconnu, c'est des gens qui ont des problèmes. Ca tombe bien, non ? On a déjà un point commun. » Bien joué. Je devais avouer, c'était une bonne réplique qui d'ailleurs, m'avait arraché un sourire qui ne se voyait pas temps que les cheveux cachaient mon visage. D'une main, je dégageais mes joues de la couche brune qui les obstruait et le retournait vers l'inconnu qui me tendait la bouteille. La saisissant, j'avalais deux nouvelles gorgées, m'arrêtais et reposais l'alcool une nouvelle fois.

«Ouais, t'as raison ! Un point commun, même si ce n'est pas le meilleur, c'est suffisant pour que je puisse faire autre chose que boire et le taire, selon toi ? »

Bien évidemment que c'était suffisant, sinon, il n'aurait sans doute même pas pris la peine de me répondre et d'ajouter son petit commentaire. Il n'aurait pas non plus pris la peine de préciser que, suite à se mettre minable, il préférait le faire avec une belle qu'il désignait du doigt. Il avait raison. Parfaitement raison. Et suivant son bras tendu, je scrutais pour la énième fois ce magnifique paysage tandis que lui se concentrait plutôt sur moi. Je n'avais remarqué cela que lorsque j'avais tourné de nouveau ma tête ers lui. En fait, je pouvais carrément voir que toute son attention se portait sur ma poitrine. J'aurai pu trouver la situation gênante, mais pourquoi faire ? Qu'est-ce que ça pouvait me faire qu'il me fixe la, ou dans le blancs des yeux ? On était entre gens à problèmes, et il était déjà bien amoché par l'alcool. En fait, il était presque entièrement pardonné, disons. Insistant légèrement, il lui fallu quelques petites secondes pour se rendre compte de ce qu'il faisait et que je l'avais remarqué. Visiblement légèrement gêné, il finit par regarder un peu plus haut que l'emplacement de mes seins et s'excusa en rigolant et bu de son rhum. Il m'expliqua vaguement qu'il trouvait son geste déplacé et me proposa une cigarette pour se faire pardonner ... "Je ne fume plus .." fut ma seule réponse, même si j'aurai largement pu ajouter que je touchais à tout le reste .. Je ne veux plus fumer, mais ce n'est pas pour ça qu'il s'en empêche lui. D'ailleurs, il sort de son sac à dos un paquet de filtres et autres cochonneries qui sur le coup, me rappel d'horrible, souvenir, qui me rappel la chute terrible de mes seize ans. J'avais failli y passer, et je ne voulais plus risquer le coup .. Quelle hypocrisie, franchement. Je me disais ça, alors que je m'étais remise à boire et à me droguer ... Hypocrite, voilà ce que j'étais. Une hypocrite. J'y pense, je me dis que je ne suis que ça, une hypocrite quand l'élan de gentillesse dont fait preuve l'inconnu m'interrompt.
« Je m'appelle Arsène, au fait. D'habitude je suis pas aussi triste, ni pervers, mais faut croire que l'alcool a le don de me dénicher de nouveaux talents »
Un léger sourire étire mes lèvres. Il était vraiment gentil, à moins que je ne me trompe complètement et que ce soit l'alcool qui lui donne cet aspect, mais il n'avait pas l'air du mauvais garçon. L'alcool et la drogue ne fait pas des gens biens, des gens mauvais. Sauf quelque fois. Toujours était que je me surprenais. Depuis que j'étais assise là, avec lui, je n'avais pas montrée une once de méchanceté, ce qui m'épatais. Étonnant, vraiment ...

«Carry Chainsaw ... Future étudiante en journalisme et multimédia, alcoolique et droguée à l'occas' ... Comme dans pas très longtemps si tu me laisse ta bouteille sous le nez ... -soupir- Oh et puis ... Tant pis ... »

À peine avais-je fini ma phrase que je lui prenais la boisson et faisais parvenir le liquide à ma bouche. J'adorais ça, même si je savais tout le mal que ça pouvait me faire, j'adorais. Une gorgée, puis deux et trois. Je n'avais plus envie de m'arrêter, je n'en avais plus la force. Un peu comme lorsqu'un vampire s'abreuver à la gorge d'un humain. Il pense pouvoir se contrôler, mais c'est impossible. Il en a trop besoin, il trouve ça trop bon. Alors il cède, et il tue. Il tue comme l'alcool peut me tuer ... C'est triste, tout comme le sourire qu'esquisser mes lèvres pendant que je bois. J'avais juste besoin et envie de boire. De boire à ne plus en pouvoir, à ne plus me souvenir de rien ... De boire à en mourir. Oui ... J'y pensais. Je me disais que si je mourais peut être que mon petit frère qui n'avait encore rien vécu vivrait ... J'y croyais dans les moments de démence. Ça m'arrivait. Puis j'y réfléchissais et je ne trouvais rien d'autre à me dire qu'idiote. En plus, mon organisme supportant assez bien l'alcool, il m'aurait fallu en boire le double pour que j'en crève, pour que je disparaisse ... Connasse.
Je ne sais encore comment, je me stoppais, je posais comme précédemment cette foutue bouteille dans le sol et je m'essayais la bouche avec ma main, toujours cette lueur de désespoir dans le regard. J'étais perdue.
Tristement, je ramenai mes jambes jusqu'à mon buste, les entouraient de mes bras et calai ma tête dessus. J'étais bien, comme protégée. Comme seule. Sauf que ce n'était pas le cas, il y avait lui. Toujours, il était la, à me regarder. Je tournai alors mon visage vers lui et plongea mes yeux noisettes dans les siennes avant de demander, d'un ton vide, sans vie : «Alors ... Puisqu'on est là ... Qu'est ce qui te pousse à faire ça, hein ? J'te préviens, me parle pas de peine de cœur parce que, crois moi, c'est pas une raison valable, mon gars ...»
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MessageSujet: Re: Go astray. ||Carry♥   Sam 16 Aoû - 18:06

Go astray
Carry ∞ Arsène

Mon étrange invitation ne semble pas poser de problème au promeneur solitaire. Maladroitement, ses fesses rejoignent les miennes sur le sable, éjectant quelques grains sur ma cuisse. Je retire ceux qui sont accrochés à mon jean, mais les grains restés collés à mes doigts refusent de partir. Tant pis. J'essaie tant bien que mal d'effacer les quelques larmes qui ont coulé sur ma joue et ne quitte pas la mer des yeux. J'avais prévenu que je ne voulais pas parler. C'était dans le contrat, mais après avoir attrapé la bouteille de rhum et en avoir ingurgité trois rasades, l'inconnue brise le silence.  « En général, les gens qui viennent ici seuls, avec de l'alcool ou de la drogue, c'est des gens qui ont des problèmes ». Je souris aux vagues. C'est une belle entrée en matière, une de celles qui ne méritent pas d'être ignorées. Je m'empare de nouveau de la bouteille, tourne la tête vers la nouvelle venue. J'avale une gorgée, deux, trois ; je la regarde fixement dans les yeux. A voir sa mine fatiguée et déconfite, elle a l'air d'en connaître un rayon niveau problèmes.  « En général, les gens qui viennent ici seuls, et qui acceptent l'alcool d'un inconnu, c'est des gens qui ont des problèmes » Nouvelle gorgée qui me brûle la gorge. J'ai même pas envie de boire. Juste envie d'avoir la sensation que tout va bien.  « Ca tombe bien, non ?  On a déjà un point commun » Je lui tends la bouteille ; trinque avec moi belle brune.

Reprends toi, Arsène. Ne te laisse pas aller. Ne t'appitoie pas sur ton sort, tu ne le fais jamais. Redresse toi, reprends la vie du bon côté comme tu sais si bien le faire. J'ai besoin d'être triste. Un peu. Pas longtemps. J'ai besoin de ces quelques minutes, celles qui me permettent de me vider de toutes mes émotions et de retrouver le sourire. Le sourire que j'offre à Héra, celui qu'elle réussit à faire naître en moi juste en me regardant. J'aurais dû l'appeler au lieu de venir seul sur la plage, à attendre le coup de fil de mon père. Trop tard. Et je n'ai pas envie d'être un poids pour elle, pas envie qu'elle oublie mon sourire, pas envie... Pas envie qu'elle me prenne pour un con. Mon regard se pose de nouveau vers ma nouvelle camarade de beuverie solitaire et triste. De grands yeux verts qui donnent envie d'y plonger. Une chevelure noire qui descend jusqu'à de frêles épaules. Jolie. Et a priori pas effrayée à l'idée de partager une bouteille avec un sombre inconnu, torse nu face à l'océan.L'ensemble me plaît, j'oublie un peu mon père, je le relègue dans une boîte au fond de mon cerveau anesthésié.  « Et puis quitte à boire tout seul comme un trou, je préfère le faire avec une belle vue » Je désigne la plage, l'océan, le ciel qui s'assombrit et le soleil qui rougit peu à peu ; mais mes yeux ne la quittent pas. Elle, et le relief de sa poitrine. Je m'y attarde un instant, juste assez pour en profiter sans en avoir l'air. Je m'en rends compte, je pense qu'elle aussi, j'éclate de rire et tente de m'étouffer avec une gorgée de rhum. « Pardon, je sais pas pourquoi j'ai fais ça. C'était maladroit, et déplacé. Je t'offre une cigarette pour me faire pardonner ? »

De mon sac à dos posé à ma gauche, je sors mon tabac, mes filtres et mes feuilles. J'entreprends de rouler ma cigarette et j'essaie encore de me rattraper.  « Je m'appelle Arsène, au fait. D'habitude je suis pas aussi triste, ni pervers, mais faut croire que l'alcool a le don de me dénicher de nouveaux talents » Puis j'avale une nouvelle gorgée de rhum, comme pour prouver mes dires.
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MessageSujet: Re: Go astray. ||Carry♥   Mer 13 Aoû - 17:34

Franchement, j'en avais marre. Je ne savais pas vraiment ce qui se passait tout en le sachant parfaitement. J'étais désorientée, perdue et faible. J'étais malade, ou du moins, c'était ce qu'il me semblait. Cette sensation, d'étouffement et ces vertiges n'étaient pas seulement du à la fatigue, je n'étais pas dupe. En fait, cela fait deux ou trois jours -je n'en étais pas sûre- que j'étais cloîtrée entre quatre murs, dans mon lit, seule en proie à des sueurs froides puis aux bouffées de chaleur. C'était insupportable, et si ça ne pouvait être que cela ! Je ne dormais plus. Enfin ... Je n'avais pas l'impression de dormir. Il m'arrivait de somnoler quelques minutes ou au contraire d'être happée complètement par la fatigue, mais à mon réveil, je n'allais jamais mieux. Il n'y avait pas une fois, un matin où j'allais bien et mon humeur s'en voyait atteinte considérablement. J'étais devenue encore plus méchante, plus imbuvable que d'ordinaire. C'était chiant d'être enfermée, pénible. Je ne voyais personne depuis deux jours, si ma notion du temps était bonne et je n'avalais rien depuis au moins autant de temps. Mais ça ne me manquait pas. Manger et voir les autres n'avaient jamais été dans mes plans de vies, dans mes priorités. J'avais toujours été seule alors, c'était mieux comme ça, vraiment. Non pas que de refiler mon virus ou ma fièvre à deux ou trois abrutis qui m'approcheraient m'inquiétais. Loin de la. Non ... Enfait, j'en avais besoin, j'étais bien isolée, j'étais mieux pour réfléchir, pour penser, j'en avais besoin. J'avais envie de rester seule. Seule avec moi même et en ce moment, ma chambre était l'endroit idéal. Beh ouais. Mikah avait disparu et je ne partageais plus ma chambre avec lui. Je n'avais d'ailleurs plus aucune nouvelle, et ça m'était bien égal.
J'avais pas plus que cela d'affinités avec ce jeune, je ne faisais que dormir dans la même pièce, et la, je me retrouvais seule. Tant mieux.

Un jour, okay. Deux jours passaient encore, mais trois, non ! Je n'en pouvais plus. Même en piteux état il était hors de question que je reste dans cette chambre plus longtemps. L'air n'y était plus respirable et la simple vue par la fenêtre ne me suffisait plus. Je voulais sortir et respirer un peu, mais bien évidemment, il avait fallu que je prenne cette décision aux alentours de dix sept heures trente. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'avais rien fait d'autre que dormir. Félicitations Carry ! Bien joué, vraiment. Quelle conne! C'était la seule chose à laquelle j'avais pu penser quand mes yeux s'étaient posés sur l'écriture lumineuse rouge qu'affichait le réveil. Non, en fait ce n'était pas seulement la. Ces jours ci, il n'y avait pas un instant -ou il était rare-, une seule fois où je ne trouvais pas un moyen pour me rabaisser, me dénigrer. Ah pour ça ! J'étais bonne hein ! J'étais même très douée ! Y'avait pas à chier. En même temps, y'avait qu'à me regarder quoi. Regarder ma façon de marcher, regarder ma façon de regarder les autres. Regarder ma façon de m'habiller et regarder le nombre de gens qui m'entoure. Ces gens la, je ne pouvais même pas les compter sur les doigts d'une main. J'étais pitoyable. Oui, c'était le mot. Mais je m'en tapais ... J'en avais toujours eu rien à foutre, alors pourquoi ça changerait maintenant ?
Je broyais du noir, je repensais à tout ce qui faisait de ma vie une erreur, une merde, un enfer. Je repensais constamment à mon frère toujours dans le coma, à mon autre frère sans doute en dépression depuis qu'il est rentré en Australie, à mon ... Père qui a pourri ma vie et qui à fait de moi, ce que je suis.... Je repensais à ma mère ... Cette pauvre femme, qui doit être tellement déçu de moi ... Et ça, ça me répugnait, ça me brisait le cœur et je ne pouvais rien y faire, j'étais la seule responsable de cela. Juste moi. C'est moi qui suis tombée dans la drogue et l'alcool, c'est moi qui ait fuguée, et qui me suis démerder pour venir jusqu'ici et là je regrettais ? Non ... Ce n'était pas du regret. Je n'étais pas ce genre de personne à éprouver ce sentiment, loin de la. J'en avais marre de me questionner autant, et rester dans ma chambre n'aidait en rien, il fallait que je sorte.

J'étais dans un état ... Horrible. Mon reflet dans le miroir aurait largement pu servir dans un décor Halloween mais je m'en foutais. Mon apparence ne m'avait jamais inquiété et ça n'allait sûrement jamais être le cas, alors ... J'avais décidé de prendre un douche avant d'envisager la suite de la soirée. J'allais un peu mieux, oui. Moins de vertiges et moins de fièvre. J'avais cependant toujours un déséquilibre léger, que je tentais de maîtriser tant bien que mal sur le chemin de la douche. Et une fois sous l'eau chaude, j'avais compris que c'était ce qu'il me fallait. Le jet d'eau sur ma peau me faisait un bien fou, raison pour laquelle j'y étais restée une bonne demi heure. C'était rafraîchissant et motivant. J'étais plus enthousiaste à l'idée d'aller dehors, après ça.
N'étant pas désireuse de traîner cinquante ans devant le placard où j'entassais mes vêtements, j'avais opté pour la stratégie du hasard qui consistait à piocher sans prêter une réelle attention, quelque chose qui me tombait sous la main. Résultat simple. Salopette et débardeur moulant. Avec ça, on m'aurait largement laissé rentrer en boîte mais je n'en avais pas envie. Depuis un moment d'ailleurs. Les discothèque et autres n'avaient jamais été vraiment mon délire et encore moins ces temps ci alors, j'avais préféré aller respirer un peu d'air matin sur la plage. Le soir il n'y avait pas foule, seulement quelques bandes et encore .. Ça dépendait.
Je n'avais besoin de rien, si ce n'était de mon téléphone et de mon casque qui à la réflexion ne m'avait pas semblé si indispensable que ça et que j'avais donc laissé à l'intérieur.

Ce soir là, j'étais particulièrement étonnée par la tranquillité des rues de Miami. C'était calme et silencieux, à l'exception des rues où s'agglutinaient marchands et touristes, bien entendu. Déjà, dans le brouhaha que je traversais, je percevais le bruit des vagues qui s'échouaient sur le sable. Mais ce ne devait être que mon imagination, mon idéal. Ce que je ressentais vraiment, c'était une migraine atroce qui parcourait ma tête en une barre transversale qui partait de l'arrière de ma tête et venait buter sur mon front. D'un geste répétitif, je ne cessais de masser mes tempes d'une mains tandis que l'autre pensait mollement dans la poche de ma salopette. Les gens étaient trop bruyants. Je n'avais qu'une seule envie, sortir de là.
En quelques enjambées et deux ou trois bousculades légères, je parvenais au bout de la galerie et débouchait sur le bord de mer. Enfin ! D'un pas lent, je rejoignais le trottoir d'en face en traversant la route sans même prendre la peine de vérifier qu'aucune voiture arrivait ou la couleur du feu. Si on m'écrasait, ça ferait des vacances à tout le monde. Et voilà ! Encore un fois, pensées de dépressive. Il fallait vraiment que j'arrête.

Par chance, une odeur que j'adorais, vint me chatouiller les narines. Une odeur de sel, l'odeur de la mer. C'était bon. J'adorais vraiment ça. Ça me changeait de l'air irrespirable de ma chambre.
Désireuse de profiter un maximum de l'air frais, j'inspirais à plein poumon. C'était bon. Ça me rappelait l'Australie, l'océan, le surf.
J'allais mieux. D'être sortie m'avait fait du bien et au final je me disais que c'était une bonne idée. Plus rapidement que je ne l'aurai voulu, puisque ça trahissait mon impatience, je retirais mes Birk noirs et les prenaient dans ma main.
Un pas après l'autre, je glissais mes orteils sous le sable. J'aimais.
Le ciel s'obscurcissait de plus en plus, tandis que je me longeais la côte.
Je regardais tantôt l'horizon, tantôt devant moi, quand mes yeux bruns se posèrent sur ce qui ressemblait à un corps. J'avoue, sur le coup je m'étais que peut être il était mort, mais quand je le vis porter à sa bouche une bouteille, j'avais compris et m'étais trouvé stupide. C'était qui ? Je me le demandais vraiment et j'avais envie de savoir. Qui était-il ?

Un mec. Obligé. Cheveux court, plutôt fin, visiblement mignon, ou peut être pas du tout. Au pire pas grave. En m'approchant, je m'étais dis que je ne m'arrêterais pas, mais quand j'étais arrivé près de lui, devant son corps inerte, j'avais fais le contraire de ce que je voulais. À peine mon avancée stoppée, il ouvrait la bouche et m'offrait ou m'ordonnait -selon le point de vue- deux choses : soit je restais, je buvais mais je me taisais, soit je traçais ma route. Dommage pour lui, je n'étais pas de celle à qui on donne des ordres.
J'avais envie de rester, de boire mais pas de me taire. Enfin, si, mais pas vraiment. J'avais envie de lui demander des choses dont j'ignorais le but. Je ne savais pas quoi lui dire mais ce type j'avais envie d'en savoir un peu plus que la marque d'alcool qu'il buvait.
D'un geste plutôt maladroit, je posais mes fesses sur le sol, attrapais la bouteille et but trois gorgées avant de la reposer.
"En général, les gens qui viennent ici seuls, avec de l'alcool ou de la drogue, c'est des gens qui ont des problèmes."
Je ne le forçais pas à répondre, et encore moins à me dire ce qui lui arrivait. On ne se connaissait ni d'Adam, ni d'Eve, alors c'était pas mes affaires et puis, ça ne me ressemblait pas de faire ça, de m'intéresser aux autres, mais peut être que je devrais changer, m'ouvrir .. Voir un peu plus loin que le bout de mon nez, qui sait ...
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MessageSujet: Go astray. ||Carry♥   Mar 12 Aoû - 19:00

Go astray
Carry ∞ Arsène

Ma poche vibre. 1,2,3,4,5,6. Plus rien. Il a compris que je répondrais pas. J'attends cinq minutes, je compte les secondes, je sais qu'il va rappeler. Il a droit à deux appels. Deux, une heure en tout. Maximum. J'ai pas envie de lui parler. Pas maintenant, alors que je sens la vodka et le THC se battre dans mes veines. Je sens mon cœur battre partout dans mon corps, j'ai les orteils au bord de l'infarctus. Ma poche vibre de nouveau ; je frôle la crise cardiaque. Je sors mes doigts du sable, mais ça change rien : les grains sont collés à ma peau. Je suis en sueur. J'attrape mon téléphone à la troisième vibration, le colle au hasard sur ma joue. Prions pour qu'il soit dans le bon sens. Sa voix résonne dans mon oreille, on dirait qu'il crie dans une grotte, y'a de l'écho, o,o,o,o.

 « Arsène ? Pourquoi tu n'as pas répondu du premier coup ? »
 « Désolé, P'pa. J'avais pas entendu le téléphone »

Il soupire, sait que je mens. Il doit sentir mon haleine à travers le portable, il soupire encore. Je l'imagine se tenir la base du nez du bout des doigts, déçu dans son uniforme orange. J'ai envie de lui demander pardon, mais à quoi bon.

« Tu as bu, fils ? Tu es où ? Annie est là ? »
 « Oui, à la plage, non »
« Il faut que je vous parle, à tous les deux »
 « Tout de suite ? »
 « Ou maintenant, si tu préfères »

Je souris ; j'ai un goût de sel sur les lèvres, je sais pas si ça vient de mes larmes ou de l'océan. Il a utilisé la phrase que ma mère utilisait quand elle voulait qu'on fasse quelque chose, tout de suite, maintenant. Je sais qu'il appelle à propos d'elle. Je le sens. Sa voix est faible, fatiguée ; c'est pas seulement à cause de la prison. C'est parce que sa femme a disparu, qu'on n'a plus de nouvelles. C'est parce que son fils se bourre la gueule à longueur de journées. C'est parce que la femme à qui il a confié son fils perd petit à petit la mémoire. C'est parce qu'il est en prison et pas là, à me serrer dans ses bras, à me dire que tout ira bien. Annie est là, lui non. Je n'ai pas envie de lui parler, je n'ai plus envie d'entendre sa voix misérable me dire à quel point je lui manque, à quel point il aimerait être près de moi.

 « Tu devras rappeler demain, papa. Je suis loin de chez Annie, en trente minutes j'aurais pas le temps d'y être. Rappelle demain soir. J'y serais. A plus tard, Papa, bon courage »

Je raccroche, jette mon téléphone dans le sable. « Bon courage ». N'importe quoi. J'ai besoin de boire, de fumer, de partir, loin, loin, loin, là bas, ne pas revenir. J'ai envie d'aller en Europe à la nage juste pour ne plus penser. Y'a personne sur la plage, le soleil se couche à peine, c'est silencieux, c'est vide.

Tu le sens, le vide ? Tu l'entends, le silence ?

Il n'y a plus que ça, autour de moi. Vide silence vide silence vide silence, ad vitam aeternam. Le silence et le néant à mes côtés, en moi ; je suis le néant, le vide et le plein, le tout et le rien. J'ai envie de hurler juste pour briser ce silence, ça m'émiette le cerveau. J'arrive pas à réfléchir sans bruit, donnez moi six cordes que je puisse accorder mes pensées. J'en prendrais quatre si il faut, et un do-ré-mi-fa-sol-la-si-do à emporter, s'il vous plaît.

Y'a une bouteille de rhum intacte dans mon sac, je l'attrape du bout des doigts. En tailleur à deux mètres de l'océan, j'ai du sable dans les vêtements, des larmes pleins les yeux et le rhum qui me brûle la trachée. Je suis bien. Enfin, je suis pas mal. Moins mal. Ne manque que ma guitare et je serais au paradis des peines perdues, là où les malheureux se croient heureux. Utopie. Utopie, Utopie, c'est joli comme mot. C'est rond, ça roule dans la bouche ; on dirait un bonbon. C'est rose et sucré mais si t'en manges trop, t'as mal aux dents. Ta gueule, Arsène. Contente toi de boire, mon vieux. Fais comme d'habitude. Dis toi que t'en as rien à foutre, que la vie, c'est pas plus important que la mort ; joue les moines tibétains et ferme la.

J'en suis à ma sixième gorgée de rhum, je la fais passer avec une clope. Ca m'arrache la gorge, ça me donne encore plus chaud. J'enlève mon t-shirt, là voilà, j'suis bien. Si j'avais pas peur de me noyer, j'irais plonger un coup. Mais mauvaise idée. Quelle idée de venir à Miami hein ? Quelle connerie. J'aurais mieux fait d'aller directement au Mexique, j'aurais crevé de chaud de la même façon. New York me manque, ses odeurs de pisse froide et de poubelles chaudes. T'es atteint, Arsène. T'as l'océan devant toi, la plage à tes pieds ; et tu penses aux odeurs de poubelles chaudes. Pauvre idiot.

Du coin de l'oeil droit, je vois une silhouette s'approcher. Elle s'avance, j'ai l'espoir qu'elle va passer sans me voir mais là voilà qui s'arrête. A quelques pas de moi. Sans lever les yeux, j'articule quelques mots.  « Je sais pas qui tu es, ni ce que tu veux, mais j'ai pas envie de parler. Si tu veux rester, j'ai du rhum. Tu t'asseois ou tu pars, mais tu restes pas planté là. »
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» Rosie ♛ It's unfortunate to go astray, but there was worse than losing his way, is to lose its reason to move forward.

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