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 L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]

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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Dim 21 Sep - 18:08

L'étrange histoire de
Sky Clarke
« Ça vous dit, un café ? »

Je ne répondais pas, je savais qu'il s'agissait là d'une question rhétorique. Il semblait réfléchir très sérieusement et moi, je commençais à me dire que j'hallucinais finalement. Il était face à moi, plus sérieux qu'au début de notre discussion, plus concentré surtout.

« Il n'y a qu'une seule personne que je connaisse qui soit partie à San Francisco et c'était il y a vingt quatre ans. Une fille, Lena Clarke. Mais je doute que cela vous dise quelque chose, après tout c'est une grande ville. Il serait vraiment étonnant que vous la connaissiez. Et très cocasse »

Et il lança la bombe. Clarke. Alors ça pour être cocasse, ça l'était. Lena Clarke, évidemment que je connaissais ce nom, j'avais couché avec sa fille. Pas qu'une fois en plus. Et puis, sans parler de ça, c'était tout de même pas n'importe qui sa fille, c'était ma première amourette "sérieuse" si on peut dire que je l'ai un jour été dans ce domaine.
Mais elle, elle m'avait sacrément marquée la bougresse.
Tantôt douce, tantôt énergique, tantôt blasée, tantôt passionnée... Sans cesse dans les montagnes russes avec elle. Au début, c'est excitant, ça soulève un peu le cœur mais on sent l'adrénaline grimper en flèche, on se croit satisfait. Puis, on se retrouve vite largué à côté des rails.

En y repensant, c'était drôle cette histoire. On ne s'était jamais réellement quittées l'une et l'autre. On savait juste que c'était fini, sans avenir. J'étais trop jeune, pas assez expérimentée, pas assez sérieuse et tout simplement pas prête à l'être non plus. Les histoires de couple n'étaient pas dans mes priorités, et ça n'était toujours pas le cas à l'heure actuelle. Quant à elle, elle était trop occupée, trop compliquée, trop présente et pas assez à la fois, trop mélancolique, pas assez disponible non plus. Et moi, en couple j'étais imbuvable car trop jalouse. Bien sûr, je faisais comme si rien ne m'atteignait alors que je rougissais à son approche, le moindre de ses frôlements me faisait frisonner, chaque sous entendu vaseux de sa part me rendait attardée, et les personnes qui lui tournaient autour me rendaient malade.

De là, à dire que j'en ai été amoureuse, non, pas forcément. C'était juste la première personne à laquelle je me suis attachée alors évidemment, ça rend toute chose, ça rend débile. On en apprend beaucoup sur soi et on évite de refaire les mêmes bêtises. Mais qui sait ? Si on avait eu le même âge, la même expérience, on aurait pu...

« Clarke ? Clarke... Euh... Non, enfin, c'est un nom tellement commun. Donc euh... Non, ça me dit rien de particulier. De toute façon, j'ai probablement rêvé. Merci pour le rappel, Docteur et désolée pour le dérangement. Bonne journée, au revoir. »

C'était con mais j'avais bêtement rougi en entendant son nom. Alors, c'était lui le fameux père qu'elle n'avait jamais connu ? Je ressentais une sorte de déception en me disant cela. Moi qui m'attendait à une ordure, à un type agressif, ou autre déchet de la société. Mais bon, s'il avait laissé filer une femme comme Lena, il devait être plus con qu'il en avait l'air, non ? Dans tous les cas, je m'étais sentie bien idiote d'avoir tant insisté sur sa ressemblance potentielle avec quelqu'un de ma connaissance. J'avais touché un point bien plus sensible que je ne l'aurais cru. Autant pour lui que pour moi.

Il fallait que j'en cause à Skye. Non, au contraire, je devais ignorer cette histoire et ne surtout pas lui en parler. En fait, je devais y réfléchir et c'était pour cela que je prétendais ne rien savoir lorsque le Docteur me parlait de Mme Clarke. Au départ mon ton était hésitant, j'étais surprise et puis, j'accélérais, j'en avalais presque mes mots pour finalement remercier Docteur Porter et quitter les lieux. Fissa.

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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Sam 16 Aoû - 15:07

Plus je pensais à tout ça, et plus ça m'énervait. Quoi, après tout elle était persuadée de ce qu'elle avançait, non ? Par conséquent elle connaissait quelqu'un de ma famille. Non pas que cela ait une importance particulière mais c'était suffisant pour embrouiller mon esprit, alors il fallait que je sache. Question de curiosité personnelle, un truc sur lequel je n'arrivais pas mettre le doigt. La piqure terminée, j'applique doucement un tampon d'ouate pour essuyer les dernières gouttelettes de sang. En regardant par la fenêtre, distraitement. Je regarde un peu trop la fenêtre ces temps-ci. J'aimerais bien que ça s'arrête, tout simplement parce que j'ai du mal à le supporter. Les absences, les cachotteries. Les visites qui font que parfois j'ai du mal à recevoir un élève sans rougir. Là, ce n'est pas le cas. Mais j'ai chaud. Et ce col-roulé n'a pas vraiment été choisi par gaité de coeur. Peu importe. Elle me répond qu'elle se serait souvenue d'avoir rencontré mon fils. Et oui, pour cause ; il est insupportable. Ses treize ans approchent à grand pas et il semblerait que me pourrir l'existence soit devenue sa distraction la plus plaisante. Il n'a pas supporté le déménagement. Encore un nouvel appartement, un nouveau lieu à apprivoiser au coeur d'une ville sans doute encore un peu trop grande pour lui. Et le départ d'Eva. Au profit d'une semi-solitude, de quelque chose qu'il ne comprend pas et qu'il ne comprendra jamais. Maintenant, cette jeune fille. Qui m'affirme connaitre quelqu'un. Mais qui ?

Elle vient de San Francisco. Alors que je me tourne pour ranger les affaires, je me mets à fouiller frénétiquement dans mon esprit pour trouver qui je connaitrais à San Francisco. Mais je ne vois pas. Personne de ma famille n'y a jamais été. Des amis, peut-être ? Je me tourne, regarde dans sa direction pour vérifier qu'elle ne va pas s'enfuir avant d'avoir résolu ce mystère. Mais alors que je l'observe, je sens que quelque chose a attiré son regard. Quelque chose dans mon cou. Je porte ma main à ma gorge pour constater que le col est descendu. Elle l'a vu. ET MERDE. Je me mets à rougir immédiatement. Instantanément. Et encore si elle savait. Je pense qu'elle a vu le plus gros, celui qui a été presque imprimé sur ma peau deux jours plus tôt, pour laisser une énorme marque violacée qui m'a fait râler, qui m'a fait dire "encore une semaine à mourir de chaud par ta fautre" et qui t'a fait rire. Sauf que là je ne ris plus. Parce que j'ai incroyablement honte. C'est fou de voir comme un simple regard peut me ramener aux dangers et à la honte que dirigent mes gestes. Mais peu importe. Je tente de me redonner une contenance en remontant discrètement mon col. Au moins n'a-t-elle pas vu la belle collection de marques que j'ai sur le torse, sur les bras, dans le dos. Les marques de Lloyd, des blessures qui ne partiront jamais.

Je réfléchis un moment. Ma famille, non. Et mes amis ? Avais-je des amis partis pour San Francisco ? Pendant un instant, je restais silencieux, sans qu'aucun nom me revienne. Et puis un visage. Une petite brune aux yeux verts. Lena. Oui, elle m'avait dit qu'elle partait, vingt quatre ans plus tôt, poursuivre ses études et vivre à San Francisco. Qu'elle avait vécu cette décision comme un dilemne, mais que notre séparation la soulageait ; au moins savait-elle qu'elle avait pris la bonne décision, puisqu'elle et moi ça s'était fini un peu comme ça avait commencé ; trop vite. Beaucoup trop vite pour que j'en conserve un souvenir impérissable. Lena Clarke avait été ma première petite amie. Une jeune fille gentille et douce. Mais qui buvait beaucoup trop à mes yeux. Je me tourne vers la jeune élève, le regard un peu dans le flou.

"ça vous dit, un café ?"


De toute façon j'ai besoin d'en boire un. Je me lève, me dirige vers le fond de la pièce. Installe un filtre tranquillement dans la machine, pendant que je parle. Oui, il me faut un peu d'activité, histoire d'avoir matière à réflexion. Je vais péter un câble, si je ne sais pas.

"Il n'y a qu'une seule personne que je connaisse qui soit partie à San Francisco et c'était il y a vingt quatre ans. Une fille, Lena Clarke. Mais je doute que cela vous dise quelque chose, après tout c'est une grande ville. Il serait vraiment étonnant que vous la connaissiez. Et très cocasse."


Cocasse, parce que Lena était partie depuis longtemps. Qu'elle avait essayé de me contacter, mais que ma soeur me préoccupait trop. J'avais pensé que c'était une crise d'ex qui veut revenir. Alors je l'avais ignorée. Il semblerait que je n'aurais pas dû.
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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Mar 5 Aoû - 13:56

L'étrange histoire de
Sky Clarke
Je me perdais dans mes pensées, cherchant à qui le docteur me faisait penser. Pas à Rayen, ni à Kim - certainement pas à Kim bridée jusqu'aux oreilles - pas non plus à ce branleur de Meven même s'il était aussi brun. Je fouillais dans ma mémoire, j'essayais de me souvenir de toutes les personnes que j'avais connues à San Francisco bien que je me disais qu'il n'y avait probablement pas mis les pieds, il me demandait plutôt si je connaissais des gens en Angleterre, plus précisément à...

« Mes neveux sont à Londres, si vous n'avez pas de famille là-bas, je ne pense pas que vous les connaissiez. Quant à mon fils, il est très rarement à Miami et je ne l'ai jamais fait venir ici. Je ne me rappelle pas non plus de vous avoir prise comme gardienne d'enfant... »

« Effectivement, je m'en serais également souvenue. C'est curieux quand même, cette impression. »

À Londres ! Mais... Comment pouvais-je oublier si facilement ? Maintenant j'étais persuadée de connaître quelqu'un d'anglais ou d'origine anglaise. Mais qui ? Comment pouvais-je être aussi étourdie ? Surtout là, de suite, à embêter un parfait inconnu que je devais voir seulement pour un rappel de vaccination. Ça devenait réellement gênant. Agaçant autant pour l'un que pour l'autre.

« A vrai dire, vous avez piqué ma curiosité. Vous êtes originaire d'où ? Possible que quelqu'un de ma famille vous ait croisé quelque part, bien que j'en doute. Et si c'est le cas, un homme ? Une femme ? »

« Je viens de San Francisco. J'y vivais jusqu'à l'année dernière. Vous y connaissez quelqu'un ? »

Il le savait lui aussi. Ce mystère devait et avait une réponse quelque part, peut-être même juste sous notre nez, on ne faisait que la frôler, on connaissait tous les deux ce lien mais on ne savait pas le trouver.

L'infiltration du produit dans mon sang était terminée, il appliquait le coton pour estomper la goutte de sang, le point touché puis y collait un pansement pour que je puisse partir sans laisser les bactéries de l'air s'y glisser. Normalement, je devais faire ma route et le laisser travailler, voir des cas ordinaires passer la porte sans poser de question. Mais monsieur Porter était à son tour très intrigué. Il voulait à présent, tout autant que moi, savoir.

Alors que je continuais à chercher, je scrutais avec plus d'instance le visage du docteur. Celui-ci, me tourna le dos et fit quelques pas, afin de ranger le matériel, de jeter le coton sali et de désinfecter le matériel utilisé pour le stériliser. À un moment, il tourna la tête comme pour prendre garde à ce que je parte pas précipitamment sans avoir résolu le fameux mystère de la personne qui aurait pu lui ressembler de près ou de loin. Ce court instant suffit pour que j'aperçoive un bout de peau apparaître avec le glissement du col roulé, un bout pas aussi blanchâtre que le visage. On aurait dit sur le moment une tâche de naissance mais en y regardant bien, elle était drôlement ronde et violacée.

Un suçon, voilà ce que c'était.

Enfin, qu'importe. Cela avait détourné mon attention quelques secondes. J'imaginais que cela aurait pu être suffisant pour déstabiliser ne serait-ce qu'un peu Docteur Porter. Non seulement je l'emmerdais avec mes sensations de déjà-vu mais en plus je me permettais de reluquer ses suçons honteusement cachés. Bah oui, honteusement, ça ne pouvait qu'être ça la raison d'un col roulé en été. Du coup, je ne pouvais m'empêcher de penser ce que les manches longues cachaient.

Coquinou, va !


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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Jeu 31 Juil - 15:20

Qu'est-ce que tu crois, au juste ?

L'appartement n'est pas très grand. Pour vous deux il ne l'a jamais été. Parce qu'elle a tout abandonné pour venir vivre ici, et elle s'est perdue. Dans des pensées qui l'ont travaillée pendant des années. Elle fumait beaucoup, buvait trop, aussi, ça tu l'as toujours su, pas vrai ? Maintenant il n'y a plus grand chose qui te retienne ici, à part le Golden Gate que tu peux apercevoir depuis la fenêtre de ta chambre. La clope au bec, tu te poses quelques questions. Tu as vingt quatre ans et tu es déjà orpheline, est-ce que c'est normal ? Non, c'est pas normal, c'est seulement le destin qui s'est joué de toi, parce que c'est un con tu vois, un gros salopard. Il t'a volé ton enfance, toute une partie de toi qui a pris ses racines en Angleterre, quelque part un peu trop loin. Et à San Francisco. Maintenant qu'elle n'est plus là, qu'est-ce qu'il te reste ? Même ta compagne a du mal à comprendre, mais Rachel n'a jamais vraiment été très intelligente. C'est pour sa plastique que tu l'as choisie, tu te souviens ? Tu ne l'aimes même pas. Elle est beaucoup trop stupide. La cigarette tourne entre tes doigts, ça t'évite de pleurer. Tu l'aimais, ta mère, et tu l'as aimée jusqu'à la dernière minute, jusqu'à ce que le cancer l'emporte. Hier. Et maintenant ? Oui, c'est la meilleure question, ça, "et maintenant". Parce que tu vas faire quoi ?

Tu fais un peu le point sur ta vie, parce que ça te fait du bien de te dire que c'est pas tout à fait foutu, pour toi. Tu as un travail fixe, même si c'est pas très bien payé, tu as des économies, parce que tu fais attention. Serveuse dans une boite de nuit ça n'a jamais vraiment été l'éclate, mais ça met du beurre dans les épinards. Avec l'argent que tu récoltes, tu sais ce que tu vas faire, même s'il t'en manque encore un petit peu. Tu iras en Angleterre. Parce que sous le nom de Clarke se cache quelque chose d'autre, un secret que ta mère n'a jamais voulu te révéler, même au moment de son dernier souffle. Elle a toujours dit que c'était un chic type, mais qu'elle n'a jamais pu le retrouver. Parce qu'il a coupé tout contact. Parce qu'il était plein de mystère, parce qu'il ne lui a jamais dit à elle pourquoi il était si distant. Parce qu'elle est partie vivre son rêve américain sans savoir qu'elle t'avait avec elle, dans ses bagages. Et qu'ensuite c'était trop tard. Il avait déjà changé d'adresse. Alors elle avait abandonné. Et son nom avait été tu. Toute ta petite vie. Tu sais qu'il est en vie, mais il peut être partout. Y compris là où tu ne t'y attendrais pas.

Secrètement, tu ne sais pas très bien si tu l'aimes ou si tu le hais. Il n'y a que deux personnes qui savent la vérité sur tout. Mike et Kris. Mike parce que tu le connais depuis qu'il porte des couches, ton voisin de palier, et tu l'aimes comme un frère. Kris, parce qu'elle a été ton premier flirt, pour la première fois. ça n'a pas duré longtemps, mais c'était suffisamment fort pour toi pour que tu y attaches une importance, pour que tu te livres. Tu craches la fumée par la fenêtre, songeuse. Maintenant Mike fait ses études à New York. Kris est partie à Miami et il n'y a plus que toi qui tiens la barque, déterminée, parce qu'il ne te reste plus que ça. Dans un mois, deux peut-être, tu prendras tes premières vacances, et tu partiras pour un monde inconnu, à la recherche d'un écran de fumée. Parce que c'est tout ce qu'il te reste, maintenant.

........................

Elle se laisse faire, tranquille, pendant que j'appose le vaccin sur son bras et que je lui parle. C'est presque une lubie, j'ai l'impression, celle de se rappeler où elle m'aurait potentiellement vu, et personnellement j'ai un peu de mal à comprendre. C'est une acharnée, à vu de nez. Parce que moi je ne la connais pas, c'est clair, très clair. Je ne l'ai jamais vue. Ou bien au détour d'un couloir, mais il m'est difficile de me rappeler les visages de tous les élèves de cet établissement. Et heureusement, sinon il y aurait de quoi s'inquiéter. Cela voudrait dire qu'ils font la queue à mon infirmerie et heureusement que j'ai quelques instants de répits, par moments.

« Hum non, je ne pense pas vous avoir rencontré non plus. Quant à l'Angleterre, personne dans ma famille, ni même moi, ni avons mis les pieds. Ma mère est hongroise mais elle n'a ramené que les photos de sa famille, et je vous rassure aucun d'eux ne vous ressemble. »

Cette remarque me fait sourire, un des rares sourires de la journée. Oui, je me doute bien que tu n'es pas de ma famille, jeune fille, parce que je connais tous les membres de ma tribu en angleterre. On est pas très nombreux. Deux, en fait, quatre avec mes neveux. Tu vois, ça ne fait pas vraiment de la famille rapprochée. Mes parents étaient tous deux enfants uniques, ils ont eu trois enfants. June est morte il y a un peu plus de quinze ans maintenant. Peter est toujours là, il tient la barque. Il m'appelle de temps en temps et me promet qu'il viendra me voir incessamment sous peu. Et honnêtement je n'en ai pas très envie, parce que je ne veux pas qu'il découvre certaines choses. Ou certaines personnes cachées dans mes placards. La raison du port de mes cols-roulés, par exemple. Ou le fait que mes mouvements sont un peu raides, à cause de nombreuses courbatures. Pas forcément envie qu'il en découvre la cause, d'ailleurs personne ne le sait et personne ne doit le savoir. Pete adore me chambrer, il a toujours aimé ça, mais là pour le coup je doute qu'il plaisante. Et la dernière fois qu'il s'est mis en colère contre moi j'ai fini à l'hôpital avec une côte cassée. J'avais dix-huit ans, j'étais un petit con.

« Dans le doute. Vous n'auriez pas des enfants ou neveux et nièces dans le coin ? À Wynwood, peut-être. Désolée si je vous embête avec ça, c'est comme avoir un mot sur le bout de la langue. Je n'aime pas les mystères irrésolus. »


Ah, mes neveux. Deux garçons qui ont respectivement dix sept et vingt et un ans, anglais pure souche. Fainéants aussi, il faut dire que leur père les gâte beaucoup trop. Et quand je lui fais la remarque, il me rétorque que je suis bien placé pour parler, avec un gosse qui habite à des milliers de kilomètres de moi. Elle me sourit, Krizstina, elle me sourit et curieusement ça me fait drôlement plaisir parce que la plupart des gens qui viennent ici tirent la gueule. Mais elle a ce sourire de quelqu'un qui me connait, ou de quelqu'un qui m'a déjà vu, comme si on s'était déjà parlé, comme si on s'était déjà vu. Ce regard me fait clairement comprendre qu'il y a quelque chose, oui, et qu'elle n'invente rien. Je me prends à l'observer d'un peu plus près, parce que ça a piqué ma curiosité, tout simplement. Non, elle ne m'embête pas, elle m'intrigue, parce qu'il me semble que quelque chose m'échappe mais je ne sais pas quoi. Enfin, qu'est-ce qui m'échappe plus encore que ce que je vis en ce moment ? Une vie dont je n'ai plus aucun contrôle ? Qui n'est plus régie que par le secret, pas des murmures oubliés, des secrets gardés au coin de la tête, des regards étranges au détour d'une porte, d'un couloir ? Il y aurait donc quelque chose de plus, caché dans le regard et dans les souvenirs de cette fille. En fait, je crois que j'ai un tout petit peu la trouille. Un tout petit peu beaucoup. Mais je suis aussi très très intrigué.

"Mes neveux sont à Londres, si vous n'avez pas de famille là-bas, je ne pense pas que vous les connaissiez. Quant à mon fils, il est très rarement à Miami et je ne l'ai jamais fait venir ici. Je ne me rappelle pas non plus de vous avoir prise comme gardienne d'enfant..."


Je retire l'aiguille, essuie la petite perle de sang qui goutte avec du désinfectant. Voilà, le vaccin est fait, en théorie on devrait se dire au-revoir non ? Non, parce que je sais qu'il y a quelque chose, mais quoi ? Il faut qu'elle trouve et qu'elle me dise, j'ai horreur des énigmes.

"A vrai dire, vous avez piqué ma curiosité. Vous êtes originaire d'où ? Possible que quelqu'un de ma famille vous ait croisé quelque part, bien que j'en doute. Et si c'est le cas, un homme ? Une femme ?"

C'est un peu comme un interrogatoire, comme un diagnostique. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Maintenant qu'elle a commencé, j'ai BESOIN de savoir. Tout simplement.
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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Mar 29 Juil - 13:20

L'étrange histoire de
Sky Clarke
Avant que je ne l'embête avec mes questions - étranges - le docteur m'avait demandé si je craignais les piqûres. Je lui répondais que non, j'étais plutôt du genre à faire analyser mon sang une fois par an pour un check up régulier bien que je sois en assez bonne santé. Et puis, mon père travaillant dans un laboratoire, je connaissais bien ses collègues, c'était toujours plus sympa que d'aller dans un laboratoire lambda et de se retrouver avec des secrétaires auprès desquelles il faudrait refaire un dossier et autres formalités chiantes.

Bref.
Lorsque je faisais part de mon impression de déjà vu au Docteur Porter - dites Docteur Porter dix fois d’affilée assez vite, allez-y je vous prie - j'avais l'impression de lui avoir posé une énigme digne du Sphinx. Le matin, il a quatre jambes, le midi il en a deux et le soir il en a trois. Mais non, enfin, juste que sa tête m'était étrangement familière et plus je l'observais plus je cherchais dans mon entourage et plus j'en étais sûre et certaine, il y avait quelque chose chez lui, un jenesaisquoi... Ce n'était peut-être pas lui mais...

« Honnêtement, je cherche mais je ne vous ai jamais rencontré, ça c'est certain. Vous avez de la famille en Angleterre ? »

« Hum non, je ne pense pas vous avoir rencontré non plus. Quant à l'Angleterre, personne dans ma famille, ni même moi, ni avons mis les pieds. Ma mère est hongroise mais elle n'a ramené que les photos de sa famille, et je vous rassure aucun d'eux ne vous ressemble. »

Ce n'était pas très sympa pour ma famille maternelle mais je riais en pensant à la moustache de ma tante Berta. Elle n'avait pas hérité du meilleur chez les Magyar, à commencer par le prénom. Berta. Qu'est-ce que c'était moche ! Mais elle avait aussi un gros bouton près de la bouche d'où sortait quelques poils et je m'estimais chanceuse qu'ils ne viennent jamais aux États-Unis car mon enfance aurait été atrocement perturbée si j'avais du lui faire la bise avec ce truc en pattes d'araignée frôlant ma joue lisse.

« Il n'y a que là-bas, sinon je ne vois pas. Je suis ici depuis cinq ans et je suis persuadé de ne jamais vous avoir vu. Possible que vous ayez fait erreur »

« C'est possible oui. Au pire, si je retrouve le coupable je vous préviendrais. » Lui disais-je le bras tendu, prêt à recevoir le liquide dans une veine. « Dans le doute. Vous n'auriez pas des enfants ou neveux et nièces dans le coin ? À Wynwood, peut-être. Désolée si je vous embête avec ça, c'est comme avoir un mot sur le bout de la langue. Je n'aime pas les mystères irrésolus. »

Je souriais de toutes mes dents, un visage comme le sien m'inspirait, pour une raison inconnue, de la sympathie et en même temps, cette sensation d'être près, tout près d'une réponse, ça m'agaçait autant que ça m'enthousiasmait. J'en étais de plus en plus persuadée, et je voulais savoir à tout prix, pourquoi. Pourquoi et où j'avais déjà vu quelqu'un comme lui ? Ce que je ne savais pas encore à ce moment là était que la personne que je recherchais, je l'avais beaucoup vue.

____


Deux ans plus tôt...

« Sky, tu fais chier ! Je te jure, t'as pas intérêt à le dire aux autres. »

« Tu sais que t'es mignonne quand t'es vénère ? »

« Sky ! » Insistais-je en la fixant dans les yeux, me forçant à faire un regard noir, chose que je ne maîtrisais absolument pas. Encore moins face à elle qui m'intimidait toujours. Son sourire moqueur, elle m'énervait vraiment quand elle faisait ça.

« T'en fais pas, je dirai rien. Je risquerais pas la taule pour détournement de mineure. Même si ce serait drôle de voir la tête de ta mère et de certains de tes amis. Surtout ce beau brun là que j'ai vu en soirée. Comment il s'appelle déjà ? »

« Hein ? Tu parles de qui ? » Soit elle se foutait totalement de ma tronche, soit elle parlait de quelqu'un que je connaissais pas et là, elle me posait la colle ultime.

« Quoi ? Me dis pas que t'as même pas remarqué. Ce type t'a reluquée toute la soirée, limite il te bavait sur les nichons. »

« Haha, très drôle. Mais non, j'ai rien vu. Bref. Faut que je trace, je suis censée avoir cours dans une heure. Et ma mère va me tuer parce que j'ai passé la nuit dehors... Putain. »

« C'est bon, déstresse. C'est trop pour les regrets, poulette. Au pire, tu diras à ta mère que t'étais chez ton futur mari. Je suis sûre qu'elle sera aux anges. » Elle mimait une expression attendrie, tout en mettant ses poings réunis sous son menton, imaginant une caricature de ma pauvre mère. Elle n'était pas si loin de la vérité. « Sinon, depuis quand t'es aussi pressée d'aller en cours ? Tu veux me fuir à ce point ? » Elle faisait mine d'être triste, exagérant une bouche boudeuse. Elle m'énervait à faire ça, vraiment.

« Tu m'agaces. J'ai toujours été ponctuelle en cours. Rien de neuf. »

Elle s'approchait doucement, le sourire moqueur de retour et glissais sa main dans mes cheveux - je n'avais pas de dreadlocks à cette époque - et collais son visage à deux millimètres du mien. Sky avait les yeux verts, et il ne lui était pas nécessaire d'être maquillée vu qu'ils étaient mis en valeur par sa chevelure noire à frange. Son regard était souvent pétillant comme si elle était continuellement à l'affût de quelque chose, allez savoir quoi. Mais à certains moments, je voyais autre chose que des étincelles dans son iris. Il m'arrivait d'y voir de la tristesse même quand sa bouche était souriante.

« Tu rougis ? Après ce qu'on a fait hier soir, petite coquine. »

« Ta gueule, Sky. Juste. Ta gueule. »

« Mignonne. » Encore ce regard qui en disait long et en même temps pas grand chose. Tristesse. Solitude ? Sky craignait l'abandon dans son sens large. Au fond, je savais pourquoi elle me retenait. Ce n'était pas moi qui l'intéressait mais la compagnie. Elle se saisissait de ma nuque pour un dernier baiser. Après tout, on ne savait pas quand nous allions nous revoir, dans quel contexte et si cela se reproduirait. Nous n'étions pas amoureuses, pas en couple et surtout, pas même obligées de nous retrouver un jour. Mais tout ça c'était bien avant.

Bien avant que je découvre l'identité de son père.


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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Lun 28 Juil - 21:02

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai comme l'impression d'être observé.

Bon, elle entre, elle m'adresse un sourire aimable et un bonjour cordial, elle gagne deux bons points d'un coup. Pourquoi ? Parce que c'est si rare. Je suis le rafistoleur professionnel de cette caserne, et en vérité j'avais d'avantage l'impression d'être un larbin qu'autre chose. Quand je soignais un gamin et qu'il se barrait sans dire merci, par exemple. L'instant qu'il fallut pour attraper la boite du vaccin et lui serrer la main, je la détaillais légèrement, comme ça, parce que je ne la connaissais pas. Sa particularité demeurait ses cheveux, songeais-je en observant les dreadlocks qui tombaient, longs, en cascade dans son dos. Son visage à l'air sérieux était encadré par d'épaisses lunettes, et son sourire avait quelque chose d'agréable, parce qu'il me paraissait tout à fait sincère. Voilà, les clients comme ça je les aimais bien. Ceux qui ne faisaient pas d'histoires, ceux qui ne faisaient pas de salamaleks pour une histoire de piqure ou de bobo qui saigne. Ceux qui savaient dire bonjour et merci, ça c'était un bon point, un très très bon point. Et moi ça me refaisait ma journée. Bon, pas à ce point mais j'étais relativement satisfait. S'il faisait pas aussi chaud, je pourrais considérer que c'était une journée relativement agréable. Je lui indique un siège d'un signe de la main.

Au moins, elle ne taguerait pas mon mur, elle.

"Vous ne craignez pas les piqures ?"


Une question pour la forme, purement et simplement, parce que je sais que ces demoizelles sont souvent douillettes, mais ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison. J'ai un peu de mal à réfléchir, alors que je déballe le vaccin d'une main habile. J'ai chaud, bordel, je crève de chaud. Et le pire c'est que je sais que je ne peux juste pas me fringuer autrement, en ce moment. Foutu lui. ça m'énerve. Une baignade au bord de la mer avant de rentrer ce soir ? Non, certainement pas. Parce que la chaleur n'a rien à voir là-dedans, mais depuis mes dix-sept ans je n'ais pas foutu un pied ni dans une piscine, ni au bord de la mer, et certainement pas dans la flotte, au vu et aux yeux de tous. C'était terriblement handicapant, mais peu importait. Après tout, j'avais pas choisi une baignoire dans mon appartement pour rien. Je n'aurais qu'à y balancer une cinquantaine de glaçons et hop, à l'eau et ça sera encore plus frais que la mer. C'est presque si je n'en rêve pas, là maintenant alors que je sens brusquement le regard de la jeune fille faire une fixation sur ma figure. Hm. Oui, quoi ? J'ai un bouton sur le nez, quelque chose ? J'ai horreur qu'on me regarde comme ça. Je fais mine de ne rien voir et je tire d'une boite une paire de gants en caoutchouc. Finalement, c'est elle qui donne une solution à l'énigme.

« C'est drôle mais, votre visage, j'ai l'impression de l'avoir vu, ailleurs. Mais, je n'arrive pas à me rappeler où. Ou alors, ce n'est qu'une impression, sûrement. »

Alors celle-ci c'est la première fois qu'on me la fait. Et ça me déstabilise un peu parce que je ne sais pas très bien quoi répondre. On a souvent ce genre d'impressions, non ? Moi aussi parfois, j'ai l'impression d'avoir déjà rencontré quelqu'un ou vu quelque chose, mais souvent ce ne sont que de fausses images. Dans le cas présent, je commence à comprendre dans le regard de mademoiselle Stone que ce n'est pas le cas. Elle me détaille parce que je lui dis quelque chose. Sauf que moi je ne la connais pas, cette gamine, elle n'est jamais venue. Jamais. J'avais exercé le métier de généraliste en Angleterre mais rien dans son accent ne m'indiquait qu'elle était originaire de là-bas. Et quand bien même, j'étais pas une star, moi, rien qu'un petit médecin de quartier alors où aurait-elle pu me croiser ? Quand à quelqu'un de ma famille, aucun risque. Pete a suivi sa femme en Islande pour y étudier la vulcanologie, quant à mes parents et ma soeur ils sont là où on finit tous, entre quatre planches. Reste mon fils, mais il n'est pas assez souvent venu ici pour qu'elle ait pu le croiser. En fait, il n'est venu qu'une seule fois à Wynwood, quand je n'avais pas eu d'autre choix. Alors quoi ?

Je prends son bras délicatement, y applique un désinfectant. Parce que du coup, je cherche moi aussi dans ma tête et non, rien ne me vient. Je relève les yeux vers la jeune fille, perplexe, très perplexe. Là, elle me pose une sacrée colle. Je m'autorise à lui adresser un très léger sourire, amusé par la situation présente. Oui, c'est bien une première, ça.

"Honnêtement, je cherche mais je ne vous ai jamais rencontré, ça c'est certain. Vous avez de la famille en Angleterre ?"


L'Angleterre, peut-être, ses parents auraient connu un membre de ma famille. Possible. Improbable mais possible. Mais bon, en ce moment moment de l'improbable j'en bouffe au petit déjeuner, donc à la limite ça ne m'étonnerait pas trop. Il suffit que je dise le mot "Angleterre" pour que je pense à Cassandre, à cette foutue mégère de geôlière, voleuse de fils. Je sais que j'attends la moindre faiblesse de sa part pour en récupérer la garde exclusive. Histoire qu'elle l'ait bien dans le mou.

"Il n'y a que là-bas, sinon je ne vois pas. Je suis ici depuis cinq ans et je suis persuadé de ne jamais vous avoir vu. Possible que vous ayez fait erreur."


Tout en parlant j'avais piqué la demoiselle et déversais à présent le liquide dans son sang. Au moins, ne bougea-t-elle pas à ce moment là.
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MessageSujet: Re: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Lun 28 Juil - 19:20

L'étrange histoire de
Sky Clarke
« AAAAAAAAH ! Qu’est-ce que tu fais là ? »

Je me relevais en sursaut, je venais de faire un cauchemar dans lequel j'étais attachée dans un lit puis emmurée. Pas de psychanalyse de comptoir s'il vous plaît, ça n'avait juste aucun sens et encore moins lorsqu'un raton laveur se roulait dans une piscine de chocolat.

Bref.
À mon réveil, les cauchemars n'étaient pas le seul fruit de ma panique, il y avait cette autre personne dans mon lit. Héra. Contrairement à moi, elle avait pris une chambre dans l'internat des sans confrérie. Elle m'expliqua que c'était moi qui squattait son lit et non pas l'inverse. J'avais oublié l'espace de quelques secondes. Hier, j'avais beaucoup bu comme souvent au bar avec des potes et des gens fraîchement rencontrés aussi. Donc, c'est complètement déchirée que je me suis retrouvée à quatre heures du matin, vautrée, les yeux rouges, le jean troué au genou droit, dans le lit d'Héra.

Dois-je préciser qu'elle dormait déjà ?

Ah oui. C'est vrai, elle dormait quand j'ai débarqué, rampant à moitié sur le sol, me rappelant plus de mon nom. Ça devait être mon instinct qui m'avait guidée jusqu'au pieu d'Héra. J'avais à peine articulé un bête « Bonne nuit » à une Héra qui avait ouvert un œil et l'avait fermé aussi vite sans chercher à comprendre - ou alors en croyant rêver éveillée - et je m'étais assoupie aussi vite.

Mais le lendemain matin, on avait toutes les deux péter notre câble. Une fois les esprits calmés, je me rappelais à quel point il faisait chaud, je suais dans mes vêtements de la veille, les cauchemars et la panique du réveil n'aidant pas. J'étais crade, suante, puante sûrement, la tête dans le cul. Héra avait autre chose à faire que de me ramener chez mes parents donc je devais y retourner en scooter si je voulais redevenir propre et décente.

Avant de descendre, je passais par la case toilettes, juste histoire de me passer le visage sous l'eau et de me rincer la bouche de tous résidus douteux - allez savoir ce qu'il a pu se passer hier soir - et avoir une haleine déjà moins chargée et la langue moins pâteuse. Ensuite et seulement au bout de cinq bonnes minutes, je dévalais en trombe les escaliers du bâtiment pour vite retrouver mon véhicule, faire quelques kilomètres et enfin arriver chez mes parents.

Mon père était parti travailler mais ma mère était en plein repassage dans le salon. Elle entendit la porte se fermer et me rejoignait dans le hall d'entrée avant même que je franchisse la première marche de l'escalier.

« T'étais où cette nuit ? Un nouveau petit ami ? »

« Bonjour maman. Ravie de te voir aussi. Et non, pas de petit ami pour Kris. Tu sais bien que je suis zoophile. »

« On ne peut vraiment pas parler sérieusement avec toi. »

Elle levait les yeux au ciel, soupirant, encore. Si elle savait qu'en plus de ne pas avoir de relation sérieuse, j'étais bisexuelle, elle me nierait totalement. Elle imaginait l'avenir de sa fille tracé comme le sien, mariée à un homme qui réussissait assez bien sa vie, à plier ses chemises pour qu'elles soient nickel la veille d'une nouvelle journée de travail. Mon avenir, je le voyais plutôt tracé comme celui de mon père, ayant un bon travail dans la recherche - chimie, physique - ou peut-être la médecine - mais genre chirurgicale ou dans une morgue ou mieux en tant que légiste pour aider les enquêtes policières à avancer - ou alors cadre gestionnaire, analyste économique...

Quoiqu'il en soit, je ne serai jamais comme ma pauvre mère.

« Tu diras ça à mon ami imaginaire. Désolée mais c'est pas demain que tu feras la connaissance de mon futur mari. »

Sur ces derniers mots, je laissais là ma mère, exaspérée et filais à l'étage pour retrouver ma chambre désordonnée - enfin moi j'appelle ça un bordel organisé. Je l'entendais encore malgré la porte fermée.

« Ça me dit toujours pas ce que t'as fait et où t'as passé la nuit, Krisztina Stone ! »

Sa voix fut vite couverte par la musique sortant de mon ordinateur que j'avais laissé allumé la veille. À sa place je pouvais à présent entendre Brody Dalle - Don't mess with me à fond la caisse. Pendant ce temps, je fouillais dans mon armoire à la recherche d'une tenue et de sous vêtements propres. Finalement, cela tombait sur une robe courte et fines bretelles, noire à pois blancs, des sous vêtements noirs, évidemment et des soquettes de la même couleur car je savais déjà que j'allais enfiler des bottines - noires, oui.

J'embarquais le tour à la salle de bain ou je me dépêchais, enchaînant douche, brossage de dents, habillage, maquillage, courais jusqu'à ma chambre, chargeant mon portable sur mon ordinateur, parcourais mes mails, encore un de Rayen, quelle surprise, ajoutant de la musique sur mon téléphone, regardais un épisode de Doctor Who. À midi, je descendais de ma tour pour me préparer un petit quelque chose à manger, rien de bien folichon juste de quoi me remplir le bidou, un sandwich beurre de cacahuètes et gelée de groseilles et un sandwich blanc de poulet, moutarde, cornichons, piments verts et oignons rouges. Je mettais le tout dans une assiette pour emmener ça dans le salon, m'installer devant la télé qui diffusait des âneries. Je regardais à moitié, ça me faisait plus un fond sonore qu'autre chose.

Après avoir fini mon court repas sur la fin d'un témoignage d'une nana refaite jusqu'à l'os, je disais à ma mère que ce soir je dormirai à la maison et j'en partais précipitamment comme pour éviter d'entendre sa réponse tant attendue. Avec moi, un petit sac en bandoulière, blanc, dans lequel j'avais, entre autres, une petite boîte. Boîte que j'avais laissé à l'abri de la chaleur de l'humidité.

Cette boîte abritait un produit dans une seringue.

« Bonjour, mademoiselle. Installez-vous, c'est pour un rappel de la grippe, je crois-bien. »

Après la route en scooter pour retourner dans le campus, j'avais un peu traîné à plage puis, sur les coups de deux heures de l'après-midi, j'avais rejoint l'infirmerie où se trouvait uniquement le médecin scolaire, Dr Porter. Il était prévu qu'il me fasse un rappel de vaccin, j'avais pris rendez vous et m'étais procuré le dit produit. En arrivant, je le saluais et lui tendais la boîte.

« Bonjour docteur. Oui, c'est bien ça. Tenez. »

Un instant, j'observais Dr Porter. Il était vêtu, couvert dirais-je même, des pieds jusqu'au sommet du cou, il aurait pu être emballé dans une couverture en laine ce serait pareil. Il devait crever avec cette chaleur. Alors que je m'attardais sur son col roulé, mes yeux glissèrent vers son visage. Il semblait pas avoir morflé même si son regard disait tout le contraire mais surtout, surtout, ce qui me perturbait était que son visage m’avait l'air familier.

« C'est drôle mais, votre visage, j'ai l'impression de l'avoir vu, ailleurs. Mais, je n'arrive pas à me rappeler où. Ou alors, ce n'est qu'une impression, sûrement. »



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MessageSujet: L'étrange histoire de Sky Clarke. [Kris]   Dim 27 Juil - 12:53

Il fait atrocement chaud.

Dans cette infirmerie, c'est intenable. Parce que je dois être l'un des rares membres du personnel à ne bénéficier ni de ventilateur ni de quoi que ce soit susceptible de me permettre de vivre dans ce canyard, sinon de survivre. Mais je me suis fait une raison, après tout. Et puis c'est un peu de ma faute. J'ai un col-roulé. Oui, mais je n'ai pas vraiment le choix, je suis obligé de le mettre. Le problème c'est qu'un col-roulé à quarante degrés, premièrement ça fait suspect, et deuxièmement pour ce qui est du rafraichissement, on repassera. Lorsque le gardien me demanda à six heures du matin pourquoi j'étais habillé comme en hiver, avec foulard et t-shirt à manches longues, j'avais bredouillé une excuse prétextant une fièvre légère qui me donnait des frissons. Oui, j'étais déjà tombé malade en pleine canicule et on ne sent pas qu'il fait chaud. Un léger sourire me rappela cet épisode où j'avais passé trois jours à l'intérieur, le chauffage à fond et trois pulls sur le râble plus deux couvertures, brûlant de fièvre alors que mon fils se baladait en maillot de bain, suppliant pour que je l'emmène au bord de la mer. Sauf que là tout de suite, je n'ai pas de fièvre. J'ai juste CHAUD. Et le seul moyen pour que je ne fonde pas là maintenant tout de suite, c'est d'abord de me tremper toutes les demi-heures la figure d'eau froide, puis de faire un éventail improvisé avec une ordonnance. Super sérieux.

Il est deux heures de l'après-midi. Je fume une clope, dehors. Les élèves passent, les uns après les autres pour aller en cours et je les regarde. Je me dis que bien des choses ont changé, en un an, à commencer par eux. Il y en a qui partent, comme la petite Nina dont je m'étais occupé l'année dernière. Et il y en a d'autre qui restent. D'autres encore qui vont débarquer, avec de nouvelles maladies inventées, de nouvelles choses, de nouveaux prétextes susceptibles de les empêcher d'assister aux cours. Et moi je suis toujours là, le vieux père de 43 ans, qui traine sa bosse dans son infirmerie en soignant les bobos et en engueulant les faux malades. Bien sûr que des choses ont changées. Déjà, je ne traine plus comme avant, je COMMENCE à me faire des relations ; Et l'autre changement radical demeure mon déménagement dans le centre de Miami, dans un duplex à peine plus petit que la villa que je partageais avec Eva. Mais cet épisode est bel et bien terminé. Je termine ma clope, l'écrase dans le cendrier. En théorie je ne devrais pas fumer devant les gamins mais j'aime bien les regarder sortir de cours, rire entre eux, ou se disputer, c'est un peu comme être au cirque. Sauf qu'on est dans la cage aux fauves. J'aurais bien aimé qu'il y ait des barreaux, mais que voulez-vous.

Ah et bien sûr autre changement notable : je ne viens plus sans foulard autour du cou, et certainement pas en manches courtes. Même en plein été. JAMAIS.

Je rentre, en priant intérieurement pour que la journée passe vite. Les infirmières ont été sympas. Elles m'ont passé un brumisateur, et j'avoue que ça fait un bien fou, j'ai l'impression de revivre. Elles rient chaque jour à cause de moi parce qu'elles ne comprennent pas pourquoi je ne mets pas un t shirt normal par une chaleur pareille. Ahahah mesdames, si vous saviez. Si elles pouvaient voir l'état de mes bras, elles comprendraient. Parce que les petites taches rondes et brunes qui se baladent sur tout le haut de mon corps c'est pas de naissance, 'voyez ? C'est Lloyd. Il fumait beaucoup cet homme, et comme il n'avait pas de cendrier, ma peau a fait office. Hors de question de le montrer. Quand au col fermé sur mon cou... ça c'est une autre histoire, et je n'ai pas du tout l'intention de la raconter.

Un oeil dans mon carnet de rendez-vous, et... Ah oui un vaccin. Fiouh. Enfin un truc un peu plus calme que le soin des bobos de tout le monde. La personne qui avait demandé ce rendez-vous, je ne la connaissais pas. Une nouvelle ou juste une jeune fille en pleine santé ? Dans tous les cas, cela fait plaisir. On toque à la porte et on entre.

Donc, son nom est Krisztina Stone. Elle entre, aimable, et je me dis qu'enfin, je n'aurais pas affaire à une pénible. En espérant qu'elle ne fasse pas de chichis pour une bête aiguille. Mais cela j'en doute. Déjà parce qu'elle se tient droite, parce que son regard est sérieux, renforcé par une épaisse paire de lunettes ; ensuite parce que si elle n'est jamais venue, ce doit être parce qu'elle est loin d'être une chochotte. Enfin... ENFIN.

"Bonjour, mademoiselle. Installez-vous, c'est pour un rappel de la grippe, je crois-bien ?"
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