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 J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]

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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Mer 20 Aoû - 14:34

Tu écoutes, les yeux grands ouverts. Pour moi rien ne peut égaler ça. Rien, strictement rien. Parce que tu es beau Arsène, sous la chaleur du soleil américain, tu es beau et tu détonnes un peu. Parce que ta vie elle est ailleurs, parce que je ne t'imagine pas là, je t'imagine au soleil couchant, sur les bords d'un fleuve, une clope au bec et la guitare à la main, à jouer des airs connus de toi seul. Je t'imagine un peu comme un ermite, un homme sans attache qui ne vit que pour lui, qui ne connait le bonheur qu'au travers d'un ciel rose, je t'imagine beau et chemise ouverte, les yeux pleins de promesses, le regard plein d'une envie de vivre qui te ligote le ventre et t'empêche de réfléchir à autre chose que ce besoin auquel tu aspires : la liberté. Liberté chérie. As-tu eu un autre rêve que celui de voir ta famille à nouveau réunie ? As-tu eu une autre envie que celle de toucher les rêves du bout des doigts, que celle de sentir un parfum sur ta peau, le parfum sauvage d'une nature volée, as-tu seulement rêvé à une nouvelle existence ? Voilà ce que j'aime chez toi, moi qui ais passé ma vie à survivre dans une prison de verre, dans un monde où l'apparence était le seul destin, dans une vie pleine de barrières et de miradors, quand ton seul espoir résidait dans le seul fait d'espérer encore. Je t'imagine cheveux au vent dans une clarté morte, pendant que je parle et que tu écoutes, que ton regard se voile au fur et à mesure. Tu vois Arsène, je n'ai jamais rien espéré que le bonheur des autres, en oubliant le mien parfois, en oubliant que je n'ai pas vaincu mes cauchemars et mes chimères et que la seule chose qui me tienne debout c'est trois verres le matin, un cachet l'après midi et une bouteille le soir. Et toi, c'est quoi qui te fait tenir debout ?

Spasmodiquement, presque brutalement tes mains m'attrapent de nouveau et me serrent contre toi. Je me sens déjà chez moi, là, entre tes bras, je me sens m'envoler là, à côté de toi sur les bords du fleuve, ma voix fausse se mêlant aux accords tranquille de ta guitare. Je nous imagine un peu tous les deux avec une bouteille de Tequila, là sur le bord, les pieds dans l'eau, à savourer la tiédeur du soir. Parce que c'est l'odeur que porte ton corps, c'est l'odeur de quelque chose de nouveau et d'inconnu, c'est l'odeur de quelqu'un qui porte la douleur un peu comme un poison. C'est celle qui aspire à vivre autre chose, quelque part, plus loin. Ta voix brisée par l'émotion murmure des paroles de miel, elle dit mon prénom et dit merci. Elle dit que tu as peur, que tu as toujours eu peur, et que tu ne voulais pas y aller tout seul. Je m'échine, un instant, à m'imaginer à quoi ressemble ta mère. Je me fais une idée d'une jeune femme mexicaine à la peau caramel, aux grands yeux chocolat comme les tiens. Un petit nez, des cheveux longs, un corps fin et longiligne, une petite poitrine peut-être, je ne sais pas. J'imagine une femme au sourire magnifique, à l'accent chantant dans des contrées lointaines, loin, si loin de tout ce que j'ai connu, si loin de Paris, si loin d'ici, si loin du monde dont je sais les moindres détails à base d'alcool, de drogue et de baise. Parce que les Parisiens ne connaissent que ça. Les autres, ils étalent le peu de culture qu'ils ont, comme un minuscule bout de confiture qu'on cherche à étaler sur une grande tranche de pain, pour montrer, seulement qu'ils sont plus intelligents que nous, pauvres riches qui ne vivent que dans le faste et le luxe, sans rien chercher à voir d'autre que l'Amour de l'instant, au travers de boissons et d'hommes, plus stupides les uns que les autres. Alors je me contente de te serrer contre moi. Tranquillement. De profiter de l'instant. N'importe qui nous croiserait, voudrait croire que nous sommes deux amants. Mais c'est bien plus chaste que ça, tellement chaste. Il y a l'amour du moment. L'amour de l'inconnu. L'amour de ce que nous ignorons, tous les deux, l'un de l'autre.

"De toute façon si tu n'avais pas voulu que je vienne je me serais attachée à ta voiture pour venir quand même. C'est un peu plus fort que moi, j'en ai besoin, tu vois."

Besoin, c'est le mot, besoin de ressentir le renouveau, besoin de conquérir, besoin d'aimer une vie qui n'est pas la mienne, pour m'évader. Ta question s'échoue entre tes lèvres et ça me bloque un peu. Tu veux savoir pourquoi ? Parce qu'on est deux âmes un peu vagabondes, même si on est pas du même monde. Parce que je n'ai jamais connu que le faste. Jamais la liberté. J'ai connu tout ce qu'une gosse de riche peut connaître, tout ce qui peut l'écarter de la vraie vie. D'un geste, je te tourne le dos et je soulève mon T-shirt. Il y a une marque sur le côté droit de mon dos, juste sous le soutien gorge. Deux marques rondes, marrons, qui ne s'effaceront jamais. On pourrait prendre ça pour des taches de naissance, mais moi je sais parfaitement d'où ça vient. Et crois-moi il n'y a rien de drôle là-dedans. Il y a tout pour déplaire. Ce ne sont pas des choses rigolotes. Moi je préfère rire avec toi. Pour oublier justement. Ceci est sans doute la pire de mes humiliations. Je te laisse le temps de voir, et abaisse à nouveau le vêtement, me retournant pour te faire face.

"ça, c'est des crampons. J'avais neuf ans, j'ai demandé à mon père s'il pouvait me lire une histoire avant d'aller au lit. Il était bourré. J'ai vu ça dans ses yeux. Je me suis retournée pour courir jusqu'à ma chambre mais il m'avait déjà jeté sa chaussure. J'ai gardé la marque des crampons, je sais pas pourquoi. Mais voilà pourquoi je me sens aussi proche de toi."


Oui, ça peut paraître un peu bizarre, il faudrait que je t'explique un peu mieux. Je vais tenter de le faire. Attends. Je vais essayer d'être plus claire.

"Chez moi à part l'argent, l'alcool et la violence on ne connait rien d'autre. Quand je t'ai rencontré je me suis tout de suite sentie fascinée par ta vie. Parce qu'elle n'est pas facile mais elle est différente de la mienne. Je voulais m'engouffrer dans la brèche."


Je te regarde droit dans les yeux. Je ne veux plus vivre avec eux. Je veux vivre ce que tu vis toi.

"A toi tout seul tu représentes une liberté que je n'ai jamais eue. La vraie vie, celle où on a rien mais où on peut s'autoriser d'être heureux. Chez moi le bonheur il est éphémère. Pour moi ton sourire c'est un peu ma MDMA."


Et c'est sans doute notre différence qui me pousse chaque jour un peu plus vers toi.
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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Dim 17 Aoû - 14:24

J'ai vu ta mère sur chatroulette
Héra ∞ Arsène

 Je le savais.

Que tu en rajouterais. Que t'allais pas baisser les bras, parce qu'on ne te dit pas non, à toi. On ne te refuse rien, à toi. Tu domines ton monde, Héra ; la tête haute et le port altier, tu domines ton monde de terres arides. J'aimerais que ta mère te voie, qu'elle voie comme tu es belle quand tu combats. J'aimerais qu'elle voie la lueur victorieuse que je crois déceler dans tes yeux ; parce que tu sais que je suis coincé. Je vais finir par accepter, tu le sais ; on ne te dit pas non, à toi.  « Je t'ai dit que ça ne servirait à rien de discuter. » Ton bras autour de mes épaules, c'est le poids du bonheur. C'est la distance qui nous bouffait qu'on a fini par avaler, c'est l'amitié qui est déjà là, tu sais, bien profonde, bien ancrée ; l'amitié qui prend forme. Ta voix est ferme, elle ne laisse rien au hasard, elle scelle mon destin. Tu me fixes et j'ai envie de disparaître, de rétrécir, devenir petit petit petit, un minuscule grain de poussière qui survole tes cheveux, une particule d'oxygène que tu respires pour faire partie de ton tout.  « Au moins, j'aurais essayé ». Plus je te regarde et plus ma volonté m'échappe, démone, libère moi de ton emprise que je puisse penser. Hors du cadre, hors de la boîte, hors de toi.

 « J'ai de l'argent qui me pleut sur la figure, Arsène.Tu crois vraiment que je devrais le garder pour m'acheter des fringues, du parfum ou du maquillage, ou quoi que ce soit d'autre ? Pour mon plaisir égoïste ? Tu crois que je serais capable de me regarder dans la glace après ça ? » Tu devrais, Héra, le plaisir n'est pas égoïste. Et si tu ne peux plus te regarder dans la glace, je serais ton miroir ; tu verrais ce que je vois. Tu verrais comme tu es belle, dans mes yeux et ceux du monde ; tu verrais comme tu brilles de l'intérieur, ça s'échappe par tous les pores de ta peau. T'es pas un ange, t'es plus que ça. « C'est pas de la pitié, tu comprends ? Tu dois y aller, et je suis ton amie, donc je dois t'aider. Dis-toi que je te paye pour changer ma vie autant que tu reconstruis la tienne. » Que veux-tu que je répondes à ça ? Que je voudrais que tu m'emmènes visiter le monde ? Que rien n'aura la même saveur si je te laisse ici, derrière moi ; si je te quitte encore pour deux longs mois ? C'est étrange, tu vois, j'ai pas envie de te laisser, pas même une minute.  « Parce que si tu ne vas pas là bas tu vas vivre un cauchemar. Et j'ai pas envie de te voir faire ça. Si tu fais la gueule je ne pourrais plus sourire moi non plus »

Ca me prend à la gorge. Ca coince quelque part, là. Je suis plus quoi dire, t'as bloqué mes mots, tu vois, t'as bloqué mes mots avec les tiens. Ca me touche, ça me tord les entrailles ; et si tu perds ton sourire, le monde s'éteint. « Héra... ». Je sais pas quoi dire. Je sais pas quoi dire d'autre parce là, tu me coupes le souffle. Ca s'embrouille dans mon esprit, j'ai envie de te dire oui, non, allons y, reste là. J'ai envie de te prendre dans mes bras, alors je le fais, voilà. Je te serre fort, y'a ton corps contre le mien et je respire l'odeur de tes cheveux, je suis bien, tu sais, j'ai pas envie de te lâcher. Restons comme ça et oublions le reste du monde, ça n'a aucune importance, tout ce qui compte c'est toi, moi, maintenant.  « Merci » Je murmure et te relâche, j'ai peur de te briser. « Je... Je sais pas quand je vais y aller, tu sais. Je vais sûrement devoir rater des cours, partir plus de quelques jours. Je me sens mal d'accepter, mais... La vérité, c'est que j'ai pas envie d'affronter ça tout seul. Si ça tourne mal, si je retrouve pas ma mère, j'ai pas envie de devoir affronter la déception seul. Et si je la retrouve, je sais que j'aurais envie de partager mon bonheur. J'aurais envie de partager mon bonheur avec toi, et pour tout te dire, maintenant que je t'ai retrouvée, j'ai pas envie de te lâcher. »

J'ai peur que tu disparaisses encore. Qu'il n'y ait plus rien pour me rattraper, rien à quoi me raccrocher. Je soupire, je souris, je vis. « Ok, Héra. On part tous les deux » Le voilà, mon assentiment, la voilà, ta victoire. Et cette lueur dans tes yeux qui me fait vaciller, j'en perd ma logique, mes barrières.  « Comment ça se fait que je me sente aussi proche de toi ? On est complètement différents... »... et pourtant. Je m'arrête là, j'arrête de parler, je me contente de te regarder et sourire. On est différents. Diamétralement opposés. Je suis l'huile et tu es l'eau, je suis lourd et tu es légère, je suis sale et tu es la pureté, tu vois, la source de vie. Les gens comme moi ne vont pas avec les gens comme toi. Mais quand vient le soir, pour que le ciel flamboie, le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ? »

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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Sam 16 Aoû - 22:06

Tu vois, ça s'allume et ça s'éteint dans ton regard, comme des étincelles qui viennent et qui disparaissent, comme l'étrangeté qui perdure et que je n'avais pas eu l'occasion de voir, même malgré une caméra performante. En revanche, j'ai su voir la douleur, Arsène, la douleur la vraie, cachée sous un sourire magnifique, cachée derrière une volonté de vivre son bonheur comme jamais. Parce que vous n'avez rien mais vous croquez le peu comme ça, pour profitez de chaque miette de votre vie comme si c'était la dernière, parce que vous ne savez pas ce que c'est, posséder. Comment être malheureux quand on a pas grand chose à perdre ? Mais le départ de ta mère a sans doute du te laisser un goût amer dans la bouche, un goût très amer, le genre de choses qui ne partira jamais. Tu sais que ça me fait mal ? Parce que tes yeux manifestent un chagrin et un déboussolement tellement important que ça me donne envie de les peindre de toutes les couleurs, seulement pour voir si ça peut te donner l'air un peu plus joyeux. Ils s'humidifient, tes yeux, et ça me fait frissonner. De quelque chose, mais je ne sais pas de quoi, parce que je n'arrive pas à définir quelle émotion traverse ton regard. Tu vois, c'est difficile de te connaitre, et si facile à la fois. Et c'est tellement étrange et effrayant que je pourrais presque esquisser un mouvement de recul. Mais je n'en fais rien. Je te regarde, seulement. Je te regarde parce que j'étais sérieuse, tu vois ? Je t'emmènerai au Mexique.

Ta voix voilée m'appelle et me dit que bien sûr, je viendrais avec toi. ça me fait sourire, mais légèrement seulement, parce que je sais que tu n'as pas fini, que tu dois refuser, maintenant, parce que je sais que tu vas refuser. Mais tu sais comment je fonctionne, non ? On ne me refuse rien à moi. On ne m'a jamais rien refusé. Et ce n'est pas toi qui vas commencer. Et tu refuses, voilà. Pour plusieurs raisons. Parce que tu ne veux pas me mêler à ça, parce que tu dis que tu dois gagner cet argent par toi-même, parce que tu as peur que mon frère vienne. Parce que j'ai mes propres problèmes, aussi. Mais de quels problèmes tu parles qui ne pourrait être soigné par un voyage auprès de toi, espèce d'idiot ? Malgré moi ça me fait rire, oui rire parce que tu es si bête, toi et tes principes, comme tous les mecs, évidemment. Je tire sur ma cigarette, recrache une fumée nauséabonde qui disparait en long volutes. Je sais que tu as envie d'accepter. Ta main attrape une feuille, roule une cigarette avec des gestes précis. Tu évites mon regard, et tu dis non. Tu essayes de rire, et ça marche parce que ta bêtise est contagieuse, elle est drôle et elle me fait partir, tu vois ? Partir. C'est tout ce que je te demande. Accepter une aide, pour une fois. Les amis servent à ça, non ? J'attends que tu allumes ta clope et que tu redresses la tête pour te regarder droit dans les yeux. Mon bras t'attrape, fait le tour de ton épaule, et je pose ma tête contre toi, comme ça un peu bêtement. Parce que toute cette distance nous a empêchés de faire ça. Juste ça. On est si différents, toi et moi. Qu'est-ce qui peut bien nous rapprocher autant ?

"Je t'ai dit que ça ne servirait à rien de discuter."

Ma voix est un peu plus ferme, un peu plus sèche même si j'y mets les formes, parce que je veux te faire comprendre que je ne plaisante pas et que rien ni personne ne pourra me faire changer d'avis. Il y a tellement de raisons qui me poussent à te dire que je DOIS le faire, et surtout que je le veux. C'est vital autant pour toi que pour moi, tu sais ? C'est vital parce que mon oxygène il est là, je le respire à chacune de tes paroles. J'ai cru étouffer sans toi, tu le sais ? Sans te voir, sans rire et sans te parler. Alors quoi ? Je devrais te laisser trimer pendant des mois, des années alors que l'argent me coule dans le bec tout cru, comme ça ? Tu es idiot si tu le penses. Je te fixe, sans ciller. Tant de fierté m'énerverait presque.

"J'ai de l'argent qui me pleut sur la figure, Arsène. Tu crois vraiment que je devrais le garder pour m'acheter des fringues, du parfum ou du maquillage, ou quoi que ce soit d'autre ? Pour mon plaisir égoïste ? Tu crois que je serais capable de me regarder dans la glace après ça ?"


Comment peux tu penser que je devrais garder ça, sans m'en mêler ? Je ne peux pas. Je ne peux juste pas. Je me redresse, jette la cigarette dans la cour. Pas question de te laisser refuser cette fois. C'est trop important. Tellement important.

"C'est pas de la pitié, tu comprends ? Tu dois y aller, et je suis ton amie, donc je dois t'aider. Dis-toi que je te paye pour changer ma vie autant que tu reconstruis la tienne."


Je te souris, maintenant, un vrai cette fois. Tu dois comprendre.

"Parce que si tu ne vas pas là bas tu vas vivre un cauchemar. Et j'ai pas envie de te voir faire ça. Si tu fais la gueule je ne pourrais plus sourire moi non plus."


C'est dit sous forme d'humour, mais il y a des choses cachées, là dedans. C'est important pour toi, alors ça l'est pour moi. Je veux que tu retrouves ta mère. Je veux que tu sois heureux. Je me foutrais de savoir que c'est grâce ou à cause de moi. Tout ce qui compte c'est le sourire. Un sourire d'Arsène, c'est un si grand rayon de soleil.
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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Sam 16 Aoû - 19:25

J'ai vu ta mère sur chatroulette
Héra ∞ Arsène

 « Commence à faire tes recherches tout de suite »

Y'a un temps de latence. Quelques secondes pendant lesquelles je ne comprends pas ce que tu veux me dire, tu sais, quelques secondes où mon esprit déconnecte. Mais je te regarde dans les yeux, tes yeux si bleus, si clairs, qu'ils m'aspirent vers des contrées inconnues, des paradis oubliés. J'ai envie de me laisser porter par le courant que ton regard entraîne, par les remous qu'ils provoquent en moi, là, dans mon ventre. J'ai envie de boire tes paroles et de croire à tous tes mots comme à des paroles saintes, Héra, mais j'ai peur que mon esprit ne me joue des tours. Je te fixe, essaie de déchiffrer cette lueur inconnue qui danse dans ton regard. J'ai envie d'y croire, à cette petite flamme qui s'y allume. Mais tu ne me laisses pas le temps de formuler ma questions, mes questions, celles qui se bousculent dans mon esprit et transforment mes pensées en cataclysme.  « Et discute pas, Arsène. Tu n'as pas voulu que je t'offre un voyage en France mais il faudra m'attacher très serré pour que je renonce à t'emmener au Mexique. Aussi vite que possible »

Je vais discuter. Tu le sais. Ton sourire est rêveur, le mien est triste. J'ai envie d'accepter, de te prendre dans mes bras et de te faire tourner, tourner, tourner jusqu'à ce qu'on s'envole tous les deux. J'ai envie de faire le tour du monde avec toi, de faire le tour de la vie. Mais j'ai surtout envie que tu sois à mes côtés, maintenant, après, quand je trouverais ma mère. J'ai envie que tu sois celle que je remercie, celle qui accueillera mon sourire quand je prendrais ma mère dans mes bras. J'ai envie de tout ça, mais je n'accepterais pas. Par fierté, par lâcheté, je ne sais pas. Mes yeux se remplissent de larmes. Ni de joie, ni de tristesse ; juste des larmes qui sont là parce qu'elles attendaient de sortir depuis des mois, elles attendaient mon signal pour s'échapper. Mais je les en empêche, elles ne sortiront pas devant toi. Pas aujourd'hui, pas maintenant, pas alors que tu me prouves que tu tiens à moi, que l'amitié, c'est aussi ça. Trouver les mots, savoir quoi faire. « Héra... » J'ai envie de te dire non, laisse moi, c'est ma vie, mon problème. Mais t'en fais partie, t'es là, t'es plus qu'une image, maintenant ; t'es un univers entier qui s'ouvre à moi.  « Avec moi dans tes bagages, bien entendu, si tu acceptes ». Je souris, un tout petit sourire qui fleurit au coin de mes lèvres.  « Tu sais très bien que si jamais je dois foutre le camp d'ici, mon seul bagage, ça sera toi. Et tes chaussures. » J'espère bien que tu le sais. Mais je te le dirais dans une langue qui n'existe pas encore, si je le devais. « Mais je peux pas accepter. Je peux pas prendre ton argent alors que je peux travailler pour en avoir, j'ai pas le droit de te demander ça. Retrouver ma mère, c'est mon problème, j'ai pas envie de t'entraîner là dedans. Toi aussi t'as des problèmes, et puis, imagine qu'au moment où tu es au Mexique avec moi, Nicolas débarque à Miami ? »

C'est faible, d'enrôler ton frère là dedans. C'est bas et ça doit sûrement te montrer que je n'ai aucun argument pour refuser. Parce que des arguments, j'en trouve pas. Aucun. Y'a rien qui me passe par la tête, là, quand je cherche pourquoi je ne peux pas. Je ne peux pas, c'est tout, c'est comme ça. J'ai envie et je me sens mal d'oser imaginer te laisser faire. J'ai pas été éduqué comme ça, tu vois. Mes parents m'ont toujours dit qu'on devait mériter ce qu'on a, qu'on devait travailler pour faire ce dont on a envie. J'ai pas envie de retrouver ma mère, j'en ai besoin. C'est vital. A quel degré de mérite doit-on associer le besoin ?  « J'apprécie, j'apprécie énormément ton offre et j'ai envie d'accepter, mais je peux pas. » J'attrape mon tabac pour ne pas croiser ton regard, je me roule une cigarette pour ne pas t'attraper les mains et la place sur mes lèvres pour ne pas changer d'avis. « Au pire, je vendrais un rein pour payer le billet d'avion. Qui a besoin de deux reins, hein ? » Vaine tentative d'humour pour détendre l'atmosphère, l'atmosphère à l'intérieur de moi qui transforme le vent en tornade et détruit tout sur son passage. Ta gueule, Arsène.

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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Jeu 14 Aoû - 14:21

Hé, tu sais à quoi ça tient une amitié ?

C'est un fil ténu, tu vois ? Comme une envolée lyrique. Qui danse entre tes paupières. C'est un monde nouveau qui s'ouvre, qui se jette sur l'inconnu, parce que tu en étais un Arsène, tu en étais un et maintenant tu sembles comme accroché à mes poumons, pour me permettre de respirer. Parce que ta vie est si différente de la mienne, parce que tout nous oppose mais tout nous rassemble, aussi. Parce que tu me fascines, toi et ta musique, tes yeux noisettes et ton teint mat, toi et ta voix qui rit et chante à la fois, toi et ton regard qui semble partir ailleurs, quelque par où je n'ai pas accès, ou du moins pas assez et j'aimerais, tu vois, j'aimerais beaucoup. Il y a des choses que tu ignores de moi, toi aussi mais elles ont si peu d'importance en comparaison de ce que tu sais, de ce que tu dois savoir, parce qu'il faut que tu en aies conscience, tu vois ? Il faut que tu le saches. Parce que je ne te lâche pas, physiquement je veux dire. Tu sens bon, et ta présence me rassure. J'en avais plus qu'assez de me retrouver dans une fosse aux lions, incapable de me sortir la tête de l'eau. Il fallait que ça s'arrête. A un moment ou à un autre. Que ça se calme, qu'on arrête de jouer. Que tu traverses l'Atlantique comme je te l'avais proposé. Mais finalement c'est moi qui l'ais fait et nous voilà. A discuter, comme ça, comme si on s'était toujours fréquentés alors que moi je te regarde, les yeux ouverts bien grands pour ne pas en perdre une miette, presque sans ciller, les oreilles oubliant le bruit et les rumeurs alentours pour n'écouter que le son de ta voix, celle qui me rassure en me disant que mon frère sera là. Bientôt. Qu'il viendra me voir et que si non, toi tu seras là pour me protéger. ça me fait sourire un peu comme une idiote, un peu comme une niaise. C'est le pouvoir que tu as sur moi, en quelque sorte. Et ça me fait sourire.

"Et comment tu vas faire, avec tes petits bras musclés ? C'est plutôt moi qui vais devoir distribuer les coups de talons dans l'oeil pour te protéger !"
C'est dit avec un clin d'oeil, un regard affectueux. Parce qu'il faut bien rire un peu avant de passer à des choses vraiment sérieuses.

Tu parles de ta famille avec une sorte de voile dans les yeux, mais tu en parles librement et cela me suffit, tu vois ? Tu en parles suffisamment librement pour que j'aie l'impression de voyager, moi aussi, dans la chaleur du Mexique, quelque part entre des pensées oubliées et un monde imaginaire. Parce que j'ai très peu voyagé dans ma vie, si ce n'est dans ma tête. Le monde, je ne le connais pas ou bien une version tronquée, en plastique, quelque chose qui est si loin de toi que j'ai besoin, tellement besoin de me rapprocher de la réalité à travers tes besoins et tes envies. C'est physique, j'ai besoin de sentir que tu es là, que tu seras toujours là malgré les difficultés, malgré cette famille qui s'est déchirée. Parce que tu vois, Arsène, à toi tout seul tu représentes la vie, la vraie celle que j'ai toujours voulu vivre. Mais je n'ai jamais sauté le pas. Toi, tu n'as pas eu le choix. Et je sais que tu aimerais quelque chose de meilleur pour toi, mais voilà. C'est un truc salaud, le destin. Je ne sais pas qui l'a inventé, mais il aurait pu s'abstenir. Parce que maintenant, qui te protègera, qui te sauvera ? Qui s'occupera de toi quand Annie ne sera plus là ?

Et puis ça me prend un peu comme un coup de pied au cul. Pourquoi rêver d'une vie sans la concrétiser ? Pourquoi te laisser, là, galérer dans la fange alors que je pourrais te faire faire le tour du monde en claquant des doigts ? Non, il en est hors de question, ça ne va pas se passer comme ça. Tu as refusé la première fois, mais là je me battrai. Bec et ongles. Parce que je veux ton bonheur, parce que le mien dépend de ton sourire. Parce que je veux venir avec toi, tu vois ? Pour me sortir de ce carcan. Pour m'échapper. Je tire une clope de ma poche, l'allume. Je fume un peu trop. Je bois beaucoup aussi. Et je consomme des trucs, mais je sais que tu ne m'en voudras pas. Parce que je suis borgne. Mais au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

"Commence à faire tes recherches tout de suite."

Je te jette un regard indéchiffrable. Ou alors si. On peut seulement y lire de la volonté. Je ne souris plus parce que ce n'est plus le moment. Je ne te serre plus dans mes bras parce que l'euphorie est passée. Et je me retrouve deux mois en arrière, à demander des nouvelles de ta famille. Je n'aurais jamais cru connaitre chez toi un tel bouleversement. Mais c'est arrivé, et pas par hasard, pas vrai ? C'est arrivé parce que tu as si peu de chances, et j'en ai tellement. Alors on pourrait partager un peu, tu en penses quoi ?

"Et discute pas, Arsène. Tu n'as pas voulu que je t'offre un voyage en France mais il faudra m'attacher très serré pour que je renonce à t'emmener au Mexique. Aussi vite que possible."

Un petit sourire se dessine sur mon visage. Un peu rêveur. Malgré l'angoisse.

"Avec moi dans tes bagages, bien entendu, si tu acceptes."
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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Dim 3 Aoû - 23:07

J'ai vu ta mère sur chatroulette
Héra ∞ Arsène

J'ai l'esprit en ébullition, mon cerveau éclate pop pop pop cellule par cellule. Ca pétille et part dans tous les sens ; Oh Héra, qu'as-tu fais de moi ?

J'essaie de refouler tout ce qui se passe en moi, là, profondément ; toute cette émotion qui finira par me faire exploser. Je suis Caligula en guerre contre Neptune ; moi aussi je combats la volonté des dieux. De la déesse. Héra qui est comme un rêve, Héra qui est réelle, et ça me fout en l'air. Je comprends pas et merde, allons-y pour l'incompréhension. Allons y pour la surprise, j'attendais ça fébrilement. J'en tremblais d'attendre quelque chose qui me ferait sourire, j'en chialerais presque mais mes yeux sont trop occupés à briller. Tu me fais briller les yeux, démone ; et les tiens perdent leur éclat. Un peu, juste assez pour que ça me frappe : tu t'inquiètes pour moi. T'es pas seulement cette riche paumée rencontrée au hasard à travers un écran, t'es plus que ça. T'es là. Physiquement, moralement ; t'es là et j'en ai les jambes qui tremblent. Reprends toi, garçon.

Héra m'entraîne vers un banc et c'est plus son sourire que je suis que sa main, sa main qui tient la mienne et que j'ai plus envie de lâcher. Là, tout de suite, tu me fais tenir debout ; et ne me lâche plus jamais s'il te plaît. J'avais pas réalisé que j'étais seul, je suis insouciant ; j'avais pas compris que l'histoire de ma famille m'avait perturbé. Et toi t'arrives avec tes belles chaussures et ton odeur ; tu me prends par la main et ça m'donne envie de chialer. De craquer. Merde, c'est ça, l'amitié. Merci.  « Ben Miami pour une française c'est l'exotisme, tu vois ! Et puis c'est un parc-à-biatchs, alors autant te dire que ça a plu à ma mère quand je lui ais dit que j'allais faire "une école au soleil" elle a craché le blé tout de suite. ». Je souris comme un idiot, d'une oreille à l'autre et les dents bien visibles. Tu m'fais rire quand tu parles de ta mère. J'ai pas le temps d'ouvrir la bouche, tu continues déjà,  « J'ai proposé à Nicolas de me suivre mais il est resté en France avec mon père. Dommage, c'était le seul allié qu'il me restait dans cette famille de maboules. » Héra me serre contre elle , elle en a peut-être autant besoin que moi. Je reste là et j'écoute nos cœurs qui battent presque à l'unisson ; je suis cliché, je suis niais, tant pis. Je suis connecté à cette fille que je le veuille ou non, elle fait partie de ma vie. Ma vraie vie, maintenant. J'aurais aimé te dire que ça s'arrangera. Que ta famille de maboules, c'est pas le centre du monde. Que ton frère t'aime, que tu l'aimes ; et que c'est tout ce qui compte. Et peu importe le reste du monde, peu importent les autres ; peu importe l'argent, les barrières. On s'en fout, tu sais. J'aurais aimé te dire que si la tienne est folle, je serais ta famille. Je remplacerais pas ton frère, jamais j'oserais, jamais je pourrais. Mais je te prendrais la main quand t'as besoin, je te sourierais quand tu es triste, je te montrerais le monde et ses merveilles et tu verras, Héra ; la vie est belle. Notre vie sera belle comme toi. « Il viendra sûrement te rendre visite » ; je souris. J'y vais, je me lance ; on largue les amarres Cap'tain.  « Puis si t'as besoin d'alliés, je suis là. On dirait pas comme ça, mais je suis fort, hein ! Je te protégerais des connards, du malheur et heu... des abeilles, tiens! » Je rigole intérieurement parce que ça n'a aucun sens. Mais on s'en fout, non ? On s'en fout du sens du reste du monde quand nous, on a un sens.

 « Je sais que c'est pas jouasse, mais j'aimerais savoir. Ta mère, tu auras l'occasion de la revoir ? Tu pourrais aller au Mexique ? ». Non, c'est pas jouasse. Mais qui s'en soucie ? Pas moi. Salina, j'ai envie de la revoir. J'irais au bout du monde pour la serrer dans mes bras, lui dire que je l'aime. Qu'elle me manque, que ma vie n'a plus de sens depuis que ma famille a éclaté. Que ma différence me semble insurmontable depuis qu'elle n'est plus là pour me dire que tout va bien. Depuis qu'elle est trop loin pour me prendre dans ses bras quand je panique, pour me sourire avec amour quand j'ai envie de tout quitter, pour m'expliquer patiemment quand je ne comprends pas. Ma famille me manque et j'en crève à petit feu.  « Je suis là pour ça. J'aurais voulu aller au Texas, à El Paso, où mon père vivait. J'aurais été assez près de Juarez pour retrouver ma mère, parce que je pense qu'elle est retournée là. Juarez ou Mexico, je sais qu'elle a toujours voulu y aller et elle a une cousine là bas. Mais Annie pense que l'immigration me surveille et c'est logique, ils doivent sûrement surveiller les familles des émigrés pour s'assurer qu'on essaie pas de les ramener. Comme si c'était un crime... » Je soupire et je pense à ma mère qui serait heureuse de rencontrer Héra. Je lui en ai beaucoup parlé. Comment j'aurais pu faire autrement ? Moi qui ne pensais qu'à faire de la musique, je me suis mis à passer des heures derrière mon ordinateur. Des heures où ma ma mère, mon père et Annie s'inquiétaient. Ils pensaient que je me renfermais mais non, je m'ouvrais. Je m'ouvrais à Héra, la France, une autre vie. Je m'ouvrais au monde et c'étaient les meilleurs moments de ma vie, en dehors de la musique.  « Mais j'irais. Dès que j'ai un peu d'argent, je prends ma voiture, un sac à dos, et j'y vais. Même si ça me prend des semaines. Je ferais des recherches sur Internet, j'appellerais où je peux pour avoir des renseignements et dès que j'ai une information qui me paraît correcte, j'irais. Sans réfléchir. Ca doit être la seule chose qui m'importe, maintenant. Aller au Mexique et retrouver ma mère ». Et un jour, Héra, quand j'aurais les moyens, je t'emmènerais. Je te prendrais par la main et je te montrerais le monde, mon monde.

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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Jeu 31 Juil - 14:07

Tu souris, mais je sais pas je sens que ça sonne faux, qu'il y a quelque chose, là, qui ne te permet plus ni de réfléchir ni de sourire parce que ta vie elle a été faite d'échecs, de cruelles déceptions. Et toi, doux brun exotique, j'ai l'impression de te connaitre par coeur alors que je te vois pour la première fois, alors que mes bras te serre et que ton coeur rejoint le mien. Il n'y a rien de mieux que ça, rien de mieux qu'une étreinte pour tout comprendre, et tes yeux sont beaux, tes cheveux sont doux, ta voix chante, ce rire gras me fait éclater, moi aussi, en millions de morceaux, comme ça, paf parce que je me dis que j'ai enfin rencontré quelqu'un qui saura coller, là, un sourire sur mon visage pendant longtemps, très longtemps, tu comprends ? Mais là ce sourire je le reconnais pour l'avoir vu longtemps derrière ton écran, c'est quelqu'un qui veut cacher sa peine par le bonheur, qui est ici parce qu'il n'a pas d'autres choix. Tu ne rentres pas dans les codes, ici, tu es totalement autre chose, là, autre part. Ici ils sont stupides, ils se vantent, mais ils ne savent rien et ça me plait, parce que moi aussi j'ignore tout, tout de ce qu'est la vraie vie, la vraie souffrance, la vraie déprime. Toi ta vie elle n'a pas été facile, toi tu n'as jamais été riche, toi tes parents triment pour survivre mais tu vis entouré d'une bulle d'affection que je n'ai jamais connue, moi et mon fric, moi et ma mère que je hais, mon père que je méprise, mon frère que j'aime mais qui est loin, si loin.

Tu blagues sur ma mère et ça me fait rire, parce que tu as tout compris. Parce que ma mère c'est une pièce vide, intérieurement et extérieurement, toute en plastique parce qu'elle a peur de mourir, et la vieillesse lui rappelle que l'échéance n'est pas loin. Alors elle s'est fabriquée une image au prix d'une laideur sans nom, jalouse de la beauté de sa fille, jalouse sans doute de son intelligence, parce que cette conne est lion d'avoir inventé l'eau chaude. Et toi tu l'as très bien compris tout ça, parce que pour me sortir la tête de l'eau tu es un véritable champion, un mec en or, tu comprends ? J'espère que tu te rends compte de ton importance, Arsène. Tiens, Arsène, je crois que j'adore ce prénom parce qu'il sort d'outre-tombe, il est aussi bizarroide que le mien, encore une ressemblance. Un jour on oubliera presque ces retrouvailles parce qu'on passera toutes nos journées comme ça, tu vois ? Toutes nos journées à se retrouver pour raconter des idioties, ou des choses un peu plus sérieuses, au choix, mais à force de se voir on en oubliera l'incongruité de la situation. C'est ça le bonheur. Ne pas se rappeler et vivre encore des moments comme ça, quand je te serre dans mes bras, quand tu me lâches doucement avec un rire, un faux rire parce que je me demande ce que tu fais là. Toi qui avais une vie ailleurs.

Je comprends, parce que même si tu parles de ça sous forme de blague mon visage se décomposent et mes yeux s'ouvrent plus grand. Toutes ces émotions d'un seul coup ça me donnerait presque envie de chialer. Ajoute à cela un regard troublé, un regard presque paniqué. Parce que je me rends compte que tu es ici pour une seule raison : ta vie de famille est brisée. Il ne te reste plus rien d'autre que cette gentille mais vieille femme, qui peut s'en aller d'un instant à l'autre et qui doit être loin de toi maintenant. Et maintenant que tu n'as plus qu'elle tu dois être rongé par la peur, parce que les derniers remparts de bonheur que vous aviez se sont brisés, pour vous rappeler que vous êtes des gens qui n'ont pas eu de chance. Et je hais le monde entier à cet instant. Parce qu'ils ne savent pas qui tu es, moi non plus sans doute, est-ce que je connais ta nature profonde ? Non, j'ai découvert ton personnage au travers d'un doux sourire, d'un visage rieur et d'une mine pleine de joie, dissimulant comme un palimpseste ce que tu aurais voulu changer dans ta vie. Mais déjà tu reprends du poil de la bête, comme pour me faire oublier ce que tu viens de dire mais ça reste, tu vois, ça reste parce que je hais le monde à ta place. Tes lèvres se déposent encore sur ma joue et ça me fait rosir de plaisir parce que je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi, jamais. Et ça fait un bien tellement indescriptible que je ne saurais même pas quoi te dire pour te consoler.

Tu es content, content et tu as du mal à y croire alors je t'adresse un sourire doux, à mon tour, qui a perdu cette lueur de folie parce que je comprends, maintenant, je commence à comprendre. "Viens, on va se poser." Je t'entraine par la main jusqu'à un banc, m'assois sur le dossier, les pieds sur le siège et j'allume une clope. Le tout avec un sourire vissé sur la gueule parce que j'aurais du mal à esquisser une autre expression, maintenant que tu es là. "Ben Miami pour une française c'est l'exotisme, tu vois ! Et puis c'est un parc-à-biatchs, alors autant te dire que ça a plu à ma mère quand je lui ais dit que j'allais faire "une école au soleil" elle a craché le blé tout de suite." Si tu veux, je t'en donne un peu, comme ça on pourra faire sortir ta mère de là, qu'est-ce que tu en dis ? Je n'oserai jamais poser cette question mais j'ai tellement envie, envie de te donner tout ce que j'ai pour que ta chienne de vie soit meilleure, tellement meilleure.

"J'ai proposé à Nicolas de me suivre mais il est resté en France avec mon père. Dommage, c'était le seul allié qu'il me restait dans cette famille de maboules."


Je tire sur cette clope parce qu'elle me ramène au réel, tu vois, à une autre vie tellement plus fun, tellement plus simple que celle que nous vivons et j'attrape tes épaules, te presse contre moi parce que oui, merde oui. ça fait longtemps qu'on se parle, longtemps qu'on voulait le faire mais qu'on a jamais pu parce qu'un putain d'océan nous séparait, alors maintenant que tu es là j'ai bien envie de profiter un peu de la marchandise, Arsène. Ton nom me fait penser à Arsène Lupin, je sais même pas si tu connais. Ce gentleman cambrioleur qui vole aux riches pour donner des bijoux à quelque femme malheureuse, je l'ai toujours eu à la bonne ce héros des temps modernes. Par contre le film est nul à chier, mouahahah. Mais je suis sérieuse maintenant, parce que ça sert à ça les amis, à parler de choses qui fâchent. Et j'aimerais soulager cette peine que je sens, presque palpable, contre moi.

"Je sais que c'est pas jouasse, mais j'aimerais savoir. Ta mère, tu auras l'occasion de la revoir ? Tu pourrais aller au Mexique ?"


Et bim, les pieds dans le plat mais il me connait. Je suis du genre directe. Très directe. Je te lâche, te regarde dans les yeux, la clope au bec. Tu m'as manqué. Il manquait juste ça, ce rayon de soleil. Même s'il est un peu terni par les épreuves, je m'en fous, tu vois. Je m'en fous complètement.
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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Mer 30 Juil - 23:57

J'ai vu ta mère sur chatroulette
Héra ∞ Arsène

Ca tient à quoi, une relation ?

J'aimerais comprendre. J'aimerais comprendre parce qu'Héra est là, Héra est tangible et ça me rend fou. Ca me perturbe, ça m'angoisse ; ça m'angoisse d'une façon tellement agréable que j'en oublie tout le reste. Y'a cette phrase qui tourne dans ma tête, « elle va se rendre compte que j'suis pas comme les autres, elle va se rendre compte que j'suis pas comme les autres, elle va se rendre compte que j'suis pas comme les autres » ; la rengaine d'un fou. C'est facile d'avoir l'air normal derrière une caméra, même cinq heures d'affilée ; c'est facile. Et puis merde. Elle le sait que je suis différent des autres ; c'est juste qu'elle sait pas tout. Je m'en fous ; j'en ai rien à faire, je m'en branle.

J'aimerais comprendre pourquoi je m'en branle qu'elle me connaisse par cœur, qu'elle puisse dessiner mon âme du bout des doigts. C'est vrai ; fais-toi plaisir Héra. Connaîs-moi, je crois que j'attends que ça. J'attendais que ça. Y'a que Nicholas qui connaît ma face cachée, que Nicholas qui peut m'en parler. Mais Nicholas c'est pas pareil, Nicholas c'est comme un frère pour moi ; et toi Héra, t'es quoi pour moi ? J'crois que là, tout de suite, t'es le bonheur. Ouais, dans cette cour presque déserte et sous cette chaleur moite, Héra, t'es mon bonheur. Et ça me fait crier encore plus fort, je suis une gamine de 12 ans devant les One Direction. C'est l'effet que ça me fait de te voir là, tu me transformes en chose stupide, mais je t'en veux pas. Dis moi, horrible déesse, c'est ça l'amitié ? Te parler des heures sans jamais m'en lasser, attendre la prochaine fois que j'entendrais ton sale rire et les histoires plastifiées de ta mère, de ta vie . Ta peau qui m'effleure pour la première fois et pourtant j'ai l'impression que t'es tatouée dessus depuis des lustres ; que ta place, ma place, notre place, c'est cette cour affreuse et nos cris déplacés. Tu me tripotes les bras et ça m'fait rire. Ca m'fait rire parce que c'est incongru que tu me touches, tu sais. J'aurais pas été plus étonné de voir tous les dieux descendre de l'Olympe et me toucher le bras.

 « Je me suis inscrite ici pour échapper à Miss Silicone. Et toi ? Je te croyais à New York, je ne savais pas que tu venais en Floride... »

Je souris encore, parce que pour échapper à Miss Silicone je serais allée en Papouasie ; et qu'elle est venue là, à Miami. On fuit tous à Miami. La planque parfaite, là où on n'irait pas chercher. Miami c'est le QG des fous, des gens qui se cachent, des gens qui fuient, de ceux qui sont pas comme les autres. Je souris mais j'ai les lèvres qui tremblent, un peu ; parce que je force sur mon sourire, un peu. J'aimerais être à New York, mais je ne serais pas là. Mais j'y suis, là, devant Héra ; alors je force encore sur mon sourire, juste un peu, assez pour qu'il paraisse crédible. J'espère.  « Elle a pas dû s'étouffer avec son botox ; à mon avis elle est partie en vacances fêter ça et tout le plastique dans son corps a fondu au soleil. Comme du fromage fondu, mais en vachement moins bon ». C'est bête et méchant mais c'est un peu la marque de fabrique de la mère Delacroix ; et je sais qu'Héra m'en voudra pas de parler comme ça. Sa mère, j'ai appris à la connaître à travers les yeux de sa fille, les longues discussions qu'on a eues sur sa vie, ses envies, ses rêves, et sa mère. Omniprésente et plus plastifiée qu'une carte de crédit, j'aime pas cette femme.

 « T'as eu des ennuis pour venir t'emmerder ici, ou tu avais juste très très envie de me voir ? » Héra me prend encore dans ses bras, ses talons qui s'agitent sur le sol, tic tic tic, à chaque petit pas. Je la serre, fort, pour pas qu'elle parte. Qu'elle reste là, dans mes bras. Ca sent bon, ses cheveux qui me chatouillent le nez ; elle sent meilleur que ce que j'avais imaginé. Y'a des traces d'alcool dans son haleine mais y'a des traces de THC dans mon sang, ça s'équilibre. « T'apprendras ça sur l'Amérique, mais y'a que les américains blancs riches qui votent républicain qui ont pas d'emmerdes », je dis dans un sourire. J'lui ai déjà parlé de ma mère, ouais, j'lui ai déjà parlé de ma famille. Salina. Walter. Annie. Elle les connaît pas procuration, et j'm'en branle d'en parler avec elle. J'me branle de beaucoup de choses, là, parce qu'Héra, j'avais vraiment très très envie de la voir. Je l'aurais rejoint en France si j'avais osé accepter son argent ; mais jamais, jamais je l'aurais fait. Alors tant mieux, qu'elle soit là. « Ma mère est repartie au Mexique. On lui a pas vraiment laissé le choix, alors mon père est devenu fou. Maintenant il est habillé en orange et il a plein de colocataires. Et moi j'vis avec Annie », je soupire. Ma voix faiblit, je suis minable  « Elle est gentille, Annie, ouais, elle est gentille... ». Je m'arrête sur ma lancée parce qu'Héra, je la fais rire. C'est mon boulot de type rencontré par hasard sur Chatroulette. Et je compte bien l'assumer jusqu'au bout. « Mais BORDEL, je suis CONTENT de te voir!. Une autre bise sur la joue, tu l'as bien mérité. « C'est fou de te voir ici. Pourquoi t'as choisi Miami ? Sur toutes les cours de lycée du monde, il fallait que je te trouve dans celle là. J'arrive pas à y croire ». J'arrive pas à y croire mais je sais que la réalité va me rattraper, parce que je vais passer du temps avec elle. Beaucoup de temps. Et un jour, j'me dirais « Je vais voir Héra », et ça sera normal. Et ça fait du bien.

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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Dim 27 Juil - 16:33

J'ai tellement de mal à y croire que j'ai l'impression d'avoir la berlue.

Ton sourire illumine ton visage, mec, il est beau ce sourire, ce sourire qui m'a faite rester devant un écran pendant des heures, apprendre l'anglais, apprendre une autre vie, celle qui m'est inaccessible, celle dont j'avais toujours rêvé. Je ne sais pas si c'est pareil de ton côté mais mes joues rosisent lorsque tu fais claquer, paf, comme ça, un bisou énorme sur ma joue avec ton gros rire de type qui a perdu son cerveau, et c'est ça que j'adore chez toi. Je crois que je peux déjà te considérer comme un ami alors que concrètement c'est la première fois que ma peau te touche, mais déjà je sais que je ne pourrai plus me passer de ça. De ce rire, de ces cris qui retentissent dans toute la cour, qui me donnent envie de hurler ma joie moi aussi. Parce que ta présence, ici elle m'ouvre des horizons, des horizons de fou furieux. Elle me donne envie de péter un câble, de t'étouffer à force de te serrer dans mes bras parce que j'ai cherché un bol d'air, dans cet endroit à la con, un bol d'air qui me permette de respirer et te voilà, comme par enchantement. Alors qu'un océan entier faisait barrière, je te retrouve en Floride alors que tu ne viens pas du tout d'ici et putain mais tu fois quoi là ?! Deux mois sans te parler, ça m'a suffi pour reprendre un rythme de croisière en matière de bibine, mais maintenant que tu es là je sais que ça va aller mieux. ça ne peut qu'aller mieux.

Je te relâche et tu cries toujours entre deux éclats de rire. J'adore cette insouciance, cette impression que rien ne peut t'arriver parce que tu es heureux, parce que le bonheur ça ne s'achète pas, ça se vit. Et toi tu sais ce que c'est, vivre un bonheur plein, entier, parfait. Malgré des problèmes qui auraient mérité que tu sois malheureux toi non. Tu as choisi la voie de l'optimisme, c'est tout à ton honneur. Moi, je suis plus dans la retenue parce que mes chaussettes ne me vont pas, et que je ne sais pas trop comment me libérer d'un carcan de pensées sombres qui viennent comme des virus infecter mes neurones même quand je n'ai aucune raison de m'en faire. Mais là, toi, espèce de con tu es devant moi et je crois que ça me suffira pour aujourd'hui. On ira courir ensemble. Picoler ensemble, fumer, on se promènera dans la rue, on verra des gens bizarre et on rira à s'en faire péter les côtes, parce que j'ai besoin de ça et je sais que tu es capable de m'offrir, et moi je te donne quoi ? Un sourire aux dents parfaites, ça s'arrête là. Mais on vient de deux mondes si différents que ça se complète, tout simplement. Et quand tu me demandes si je te suis mon rire reprend, plus gras et plus dégueulasse encore, un "honhonhon" grailleux continu qui me donnerait presque honte. J'ai horreur de mon rire mais bon, tu l'as déjà entendu maintes et maintes fois.

Je prends le temps de me calmer avant de te répondre, je te tripote un peu les bras, comme ça, j'ai presque envie de me pincer pour vérifier si c'est bien vrai, tout ça, ou si je vais me réveiller dans mon lit à l'internat, le visage défait, le crâne retourné en mille morceaux par une terrible gueule de bois. Mais non, non je ne rêve pas tu es bien là. Alors je prends une grosse inspiration parce que j'ai encore envie de te sauter dessus mais qu'on est dans un endroit civilisé, bordel de merde. Hé, le type de Chatroulette. Tu m'as manqué.

"Je me suis inscrite ici pour échapper à Miss Silicone. Et toi ? Je te croyais à New York, je ne savais pas que tu venais en Floride..."

Je comprends, soudain, parce que derrière ton sourire immense, tu n'as pas une vie facile, d'après le peu que tu m'en as dit. Et tant pis, tant pis parce que je veux tout savoir de toi. Ami de mes deux, foutu joueur de mandoline. Tu peux m'emmener rêver encore, dis ?

"T'as eu des ennuis pour venir t'emmerder ici, ou tu avais juste très très envie de me voir ?"
dis-je avec un clin d'oeil. Oui, c'est moche ici. Je t'avais dit de venir en France. Je t'aurais offert le voyage à l'oeil, billets d'avion, une piaule immense à ta disposition chez moi, des boites et des sorties à foison dans Paris. Mais tu n'as pas voulu un centime. Et pour ça tu fais CHIER. Et je te fais encore un câlin, perchée sur mes talons aiguille parce que l'étincelle de folie que j'attendais, elle est là. Et mon coco, tu risques de m'avoir sur le râble encore un bon moment.
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MessageSujet: Re: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Ven 25 Juil - 2:28

J'ai vu ta mère sur chatroulette
Héra ∞ Arsène

Salaud d’soleil. Ses rayons qui me brûlent les rétines et me tapent sur les nerfs ; ça m’emmerde. Miami, ça m’emmerde. C’est plat, chaud, rempli de corps dénudés et de touristes en moule-bite fushia ; avec le gras du bide qui leur fait de l’ombre aux genoux. Sourire, clic, flash, photo ; on remballe et on recommence quinze mètres plus loin. Ca m’emmerde et je m’emmerde, c’est pas ma ville, pas ma vie. Imposture.

Miami, ça m’emmerde ; mais je crois que j’y étais destiné. Le destin, quelle connerie. Pas envie d’y croire à ce truc ; pas envie d’me dire qu’une corde est déjà tendue et que j’ai qu’à la suivre. Je suis pas funambule. Le destin, c’est comme le Père Noël. T’y crois quand t’es trop naïf pour comprendre que c’est tes parents qui t’achètent tes G.I Joe’s ; quand t’es trop con pour calculer que tes choix font ta vie. Ouais, t’as beau pas croire à un truc ; ça finit par te tomber dessus. Et t’es comme un con, quand ça t’arrive. Je le sais, j’y suis. Mon moment de réalisation : le destin, c’est peut-être le hasard. Parce que cette voix qui crie « EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEH », cette grande blonde qui court vers moi ; je la reconnais instantanément. C’est le hasard qui l’a mise sur mon chemin, mais c’est peut-être bien le destin qui l’y remet.

Héra. Un nom de déesse et le comportement d’une banshee. Mon hasard. Ca remonte à des mois. Un joint, un ordi, l’ennui ; chatroulette qui s’impose. Pas d’inspi pour composer, chatroulette ça passe le temps. Seins, pénis, pénis, pénis, pénis, seins, pénis, gros dégueu qui se touche, pénis, seins, gros dégueu, gros dégueu, gros dégueu, pénis, pénis, pénis, Héra. J’apprends à la connaître, on parle, on se confie, et puis plus rien. Depuis deux mois. Héra, je l’ai cherchée. Je l’ai attendue. Rencontre fortuite mais rencontre importante ; j’en ai pas deux des comme elle. Et j’en veux pas deux, je veux Héra. Deux mois sans nouvelles, c’est deux mois de trop. T’as ta vie, ta routine, ta musique, tes amis. Tu la rencontre. T’as l’occasion de respirer un air d’ailleurs, tu la lâches pas. Et ta vie se désintègre, t’as besoin de ton bol d’air ; mais elle a disparu. Deux mois et j’croyais qu’elle avait enfin eu le courage d’étouffer sa mère avec ses implants fessiers.

Et la voilà. Pas l’temps de réaliser, elle est déjà sur moi. Elle rigole et me demande ce que je fous là ; et je peux rien faire d’autre que la serrer dans mes bras. Fort. Elle est là, tangible ; caméra ou pas, ça change rien. Elle sent bon et j’ai envie de lui dire, mais à la place je lâche un huehuehuehuehue pathétique. Mon rire a pris des amphets, le sien ressemble à celui d’un vieux texan qui aurait jamais mué.

« HERA PUTAIN BORDEL C’EST PAS VRAI ! » Je hurle mais je m’en fous. Je lui claque un baiser sonore sur la joue, là, bam, prends mon affection dans la gueule. J’crois que j’arrive à articuler que je suis au lycée ici ; mais j’ai des hurlements plein le cerveau, je m’entends plus penser. « Mais TOI, qu’est-ce que tu fous là ? Tu… T’as… BORDEL ! » Ca y’est, je perds la raison. J’ai l’cerveau en compote, impossible de réfléchir ; pas moyen de trouver une raison plausible à sa présence. Elle était inaccessible, piégée dans un écran ; on était séparés par un océan et y’a plus que le vide entre nous. Un vide plein d’incompréhension et de questions que j’arrive pas à formuler. Je suis paumé dans mon cerveau. « Tu m’as suivi, ou quoi ? ». Impulsivité, je peux rien dire d’autre. Je suis juste heureux et ça s’voit, y’a ce connard de soleil qui se réfléchit sur mes dents. Miami, ça m’emmerde ; mais pas toujours.

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MessageSujet: J'ai vu ta mère sur Chatroulette [Arsène]   Ven 25 Juil - 1:20

Il y a des gens, comme ça, qu'on rencontre au détour d'un couloir. Dans une caféteria. Au milieu d'une foule, pendant un concert, dans une salle de classe. Il y a beaucoup de façons de rencontrer des gens, et pour la plupart les intéressés estiment que leur propre rencontre est incongrue, toujours. Même si en fait c'est d'un banal affligeant, d'un bateau presque comique tellement c'est nul. Je suis de ces gens-là, à penser que ma rencontre à moi s'est faite de manière totalement random. Un truc de dingue auquel j'aurais jamais pensé. Sauf que dans mon cas c'est vrai, parce que dans celui des autres ça ne l'est pas. Je n'ai jamais cru aux rencontres sur internet. Pour moi, il est obligatoire de se voir pour avoir une relation stable et durable. Derrière un écran, ça peut sonner faux, un smiley peut vouloir dire tout autre chose. Je n'ai jamais voulu de ce genre de rencontres, et pourtant ça m'est tombé dessus, paf, sur un coin de la caboche parce que je n'ai pas vraiment eu le choix. C'est arrivé par le plus grand des hasards, un hasard qui a poussé la porte d'un monde nouveau, celui dont j'avais toujours rêvé. Un monde de liberté, sauvage et sans contrainte. Celui où la beauté n'a strictement aucune importance, où c'est l'amour qui prévaut. Au-dessus de tout le reste. Et moi, je savais quoi de l'amour, au juste ? Quoi, sinon rien ? Ben rien, tout simplement. A part l'amour de mon frère, et encore, seulement lorsqu'il ne décidait pas de claquer la porte de la maison, en me laissant toute seule avec une timbrée qui croyait qu'"imperceptiblement" était un mot que j'avais inventé. Comme quoi, il fallait vraiment s'attendre à tout.

C'est drôle que je pense ça maintenant. Ca faisait deux mois que je n'y avais pas songé. En fait, je pense qu'il me manque un peu. Parce que je suis dans cet endroit, toute seule, oui, il me manque, clairement. J'en ai marre de devoir faire des pieds et des mains, dégainer un sourire de poufiasse pour me faire des copains alors que je n'ai qu'une envie c'est me faire la malle, purement et simplement. J'ai juste envie de me barrer. Tant pis pour le reste. Tant pis pour tout ce qui compte, tout ce qui ne compte pas. Je pense à lui parce que lui il ne s'est jamais pris la tête avec moi, jamais. Et ça me fait descendre un verre. Puis un autre. Mon ordinateur s'est perdu avec mes bagages, à l'aéroport. Et le temps que j'en commande un autre avec un clavier azerty, ben j'avais encore un bon moment à me bouffer les doigts dans l'attente d'un éclat de rire spécial. D'un grand et beau sourire. Fait chier quoi. Franchement, fait chier.
Alors je me lève, après mes trois verres de teq règlementaires, parce que c'est ça qui me fait tenir à dix heures du matin, au lever. Je sors, parce que je me dis que rien ne peut être pire que cette piaule provisoire, sans ordi, sans le droit de fumer. Il me faut une clope. Alors j'attrape mon sac à main, mes Philip et je me casse de cette chambre maudite. J'en serais presque à regretter la connerie congénitale de la vieille, et son faux cul. Oui, son faux cul, au sens le plus strict du terme. Tu lui touche les fesses, ça fait un bruit de caoutchouc, promis.

J'atteins la cour à grands pas, m'assois sur un banc. J'ai l'habitude d'être toute seule, quand Carry est absente. Je sais qu'elle a d'autres potes et donc autre chose à foutre. Et moi je m'emmerde, clairement. L'Australien boiteux est pas là, lui non plus, il me manque un peu. On aurait pu boire ou fumer ensemble. Je tire une clope de mon paquet, l'allume avec un zippo. Je trouve ça super classe, le zippo, même si ça donne à la première latte une odeur d'essence pas franchement agréable. Tant pis. Je regarde en direction de la porte du hall. Je m'emmerde. Oui je sais, je l'ai déjà dit, mais je le répète pour souligner l'intensité de l'ennui. Je fais déjà du shopping tous les jours, je me suis faite envoyer chier par une pionne parce que je ramenais trop de vêtements et qu'il fallait pas déconner, non plus. Heureusement qu'elle a pas trouvé le coup de canif dans le matelas, et son contenu. Parce que là pour le coup je risquais gros.

Tiens, il me dit quelque chose, lui.

Bon, déjà il a une démarche rigolotte, parce qu'il marche comme un jem'enfoutiste. J'aime bien, ça me plait. Il a les cheveux courts, un visage atypique. Et il sourit. Et...

OH MERDE.

Je sais que c'est lui. Il est un peu loin mais je sais que c'est lui. Ca me parait complètement dingue. Deux mois que je ne lui ai pas parlé, entre le déménagement et l'arrivée à Wynwood, je n'ai pas pu le choper, il avait sans doute autre chose à foutre, lui aussi. Mais je suis sûre que c'est lui, je ne peux pas me tromper. Un type qu'on rencontre sur Chatroulette, ça s'oublie pas. Ah, comment j'en suis arrivée là ? Je m'explique.

Je m'emmerdais déjà en France. Quand mes potes se relevaient tout juste de leur gueule de bois de la veille et refusaient de sortir. Il me fallait bien un moyen de tuer le temps non ? Alors j'étais allée sur ce site en me disant que je pourrais rire un peu, pour une fois. Et franchement j'avais que moyennement rigolé. Parce que je ne voyais que des bites. Et les bites, ben c'est pas ce qu'il y a de plus drôle, entre nous soit dit. Quand elles sont petites, à la limite ça me fait rire. Mais comme je m'ennuyais, je faisais des expériences. Je cherchais à délimiter la taille de chacune d'entre elles, et ensuite je demandais. Puis je me barrais. Et je recommençais. Quand je tombais sur des nichons, je zappais. Les lesbiennes, ben c'était pas du tout mon truc, clairement. A la limite je préférais voir des berlingots. Deux heures plus tard, j'avais remplie deux feuilles de pronostiques dans ce genre. Jusqu'au moment où je ne tombais non pas sur un zizi, mais bel et bien sur un mec. Un vrai mec, le menton posé sur sa main droite, un air aussi ennuyé que moi sur le visage. Et on a discuté. Comme ça. Un joint à la main chacun. Et ce type, Arsène, ben il m'avait éclaté. Complètement. Lui parler c'était comme se droguer, ça me faisait aller ailleurs. Retrouver l'âme d'enfant que je n'avais jamais eue. Et autant dire que ça me faisait un bien fou.

Je l'avais perdu de vue, mais je lui avais promis de le recontacter. Et il était là, devant moi ce couillon. Un peu éloigné, mais je savais que je ne pouvais pas me tromper. C'était ce genre de rencontres véritablement incongrue. Le genre de truc qui fait péter les câbles. Et je l'ai pété, mon câble.

Je me lève, comme une furie, la clope à la main, et je me mets à courir avec mes talons aiguilles. Dans sa direction. Les bras écartés. Les cheveux en bataille.

"EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEH !!!!"


Oui parce que sur le coup j'ai pas pensé à t'appeler par ton nom. Je trébuche, je me redresse, je cours encore et PAF, je me jette sur toi parce que finalement, te voir derrière une caméra ou en vrai, pour moi c'est pareil. Sauf que là je peux sentir un véritable contact. Qui me fait rire comme une bossue, d'un rire gras et dégueulasse. Je te serre fort pour être persuadée que c'est bien toi. Mais oui c'est toi. Putain de couillon, c'est toi.

"ARSENE BORDEL ! Mais qu'est-ce que tu fous là ?!"
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