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 Wheelchair and freedom getting along. (Shane&Arsène)

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MessageSujet: Re: Wheelchair and freedom getting along. (Shane&Arsène)   Jeu 23 Oct - 0:05

C’est décidé, j’arrête de boire.

Et j’arrête cette putain de routine qui me mène, soir après soir, à finir dans un bar ou dans un autre, et à terminer mes journées de la même façon. C’est lassant, mais j’y peux rien, je reviens toujours à cette bonne vieille habitude. C’est peut-être mon destin, qui sait, de crever un verre à la main. Peut-être que, quoi que je fasse, le destin se charge lui-même de me conduire, inlassablement, jusqu’au comptoir poussiéreux d’un bar ou jusqu’à l’ambiance électrique d’une boîte de nuit. Bref, un endroit où on boit des coups jusqu’à plus soif. Sauf que le destin, ça n’existe pas.

Mais le talent, ça existe. Et me mettre des caisses, c’est probablement mon plus grand talent en ce triste monde. Avec ma faculté pour faire ce qu’il me plaît et mépriser les gens. Il y a bien le dessin qui est un peu plus productif … et encore, il ne me sert qu’à m’évader un peu, sans que ça ne dure très longtemps. Alors je continue à user de mon talent, et tant pis pour mon foie. Je sors, je bois, j’attrape des meufs quand j’ai de la chance, puis je rentre quand j’en ai assez. Mais ce « assez » s’estompe bien vite le lendemain venu, et ça recommence. Quelle merde. La porte des toilettes pour hommes grince subitement, et me sort de ma torpeur. Adossé grossièrement contre le mur, j’ouvre les yeux – du moins, ce qu’il en reste – et regarde un vieux pénétrer dans la pièce, complètement bourré lui aussi. J’ai vaguement l’air d’un attardé là, avachit sur le sol, blanc comme un cul et les yeux défoncés.

L’entendre pisser à deux mètres de moi me réveille passablement, esquissant une grimace lorsque l’odeur de pisse me remonte dans le nez. Faut que je sorte d’ici, ça commence à fouetter sérieusement. Tous mes sens se réveillent, et dans un effort surhumain, je parviens à me remettre sur mes pieds. Je tourne vaguement les yeux vers le vieux bourré pour le voir la bite à l’air, somnolant contre le pissoir, la tête contre le mur. J’hésite à rire ou à vomir lorsque je claque la porte derrière moi. C’est un mur que j’ai l’impression de prendre en pleine gueule lorsque de la musique electro retentit à nouveau dans la vaste et sombre pièce, et le beat assourdissant semble traverser chaque partie de mon anatomie. Je me dirige spontanément vers le bar, et ma démarche mal assurée prouve que je suis loin d’avoir dessaoulé. Je m’accoude grossièrement sur le bar, et m’apprête à commander un nouveau verre – par principe – lorsqu’on me tape sur l’épaule et que je me retourne sur un mec m’adressant la parole. Je comprends rien à ce qu’il dit, et surtout je me rappelle pas le connaître – mais peut-être l’ai-je rencontré ce soir, après tout je ne me rappelle de rien. Je lui réponds par un grognement vague, et discerne un regard pétillant dans ses yeux tandis qu’il me tend sa main et dépose un truc dans la mienne. Je force sur mes yeux pour scruter la paume de ma main, et reconnaît une petite pilule bleu marquée d’un dauphin. Je sais ce que c’est, mais con comme je suis à cette heure, je ne comprends pas directement qu’il me propose un taz, autrement dit un cachet d’ecstasy. Je finis néanmoins par l’avaler à l’aide d’une vodka.

Une bonne heure plus tard, c’est inconsciemment que je quitte le comptoir sale du bar pour les lumières de la piste de danse. J’ai rarement ressenti une aussi agréable sensation que cette montée subite de chaleur, qui s’imprègne dans mon ventre et se propage jusque dans ma tête. L’excitation monte en flèche, et j’affiche désormais un sourire franc et évocateur, évocateur d’un bien-être superficiel mais bien présent. Tout se passe très vite, je danse, je bois un coup, je mets une main au cul d’une meuf, elle me gifle, je danse, je danse … et je me retrouve sur le seuil de la discothèque, en train de raconter je-ne-sais-quelle connerie à un videur. Ma veste sur l’épaule, j’emprunte une rue au hasard, et quelque fois, je tourne sur moi-même, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Je percute un mur, puis un autre, puis un lampadaire, et une poubelle. Peu importe, tout va bien. Infiniment bien. Jusqu’à ce que, les yeux en l’air, je ne remarque pas la silhouette face à moi et la percute de plein fouet. Je sens la fraîcheur du trottoir, et relève la tête, réalisant que je suis couché à même le sol sur un gars d'environ mon âge. Mal à l’aise, je me retire aussitôt mais sent une légère douleur à une côte.

Un sourire sur le visage, je débite « Excuse mec ! je t’avais pas vu. J’regardais pas où j’allais, du coup je t’ai pas vu, excuse mec ». Puis vient le petit claquement de dents, que je ne calcule pas. Je n’ai qu’une envie : débiter des conneries, m’amuser, et ce mec pourrait être mon ami, qui sait ?

« Tu fais quoi seul tout, gros ? T’étais dans la boîte ? Je t’ai jamais vu ici. D’ailleurs, t’as l’heure ? J’ai aucune idée de l’heure qu’il est. J’ai pas de montres. Mais je m’appelle Shane White. Toi, c’est quoi ton nom déjà ? »

Je m’allume une clope et tire deux taffes dessus avant de la balancer négligemment par terre et de suivre le regard de mon nouvel acolyte, Arsène. Il semble captivé par un édifice de l’autre côté de la rue, et après quelques laborieuses secondes, je reconnais à une pancarte qu’il s’agit d’une maison de retraite.

« Mec, tu fais quoi ? T’attends l’ouverture pour faire un coucou à mamy ? Je peux venir, hein ? Au fait, c’est un joint que tu fumes ? »
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MessageSujet: Wheelchair and freedom getting along. (Shane&Arsène)   Mer 23 Juil - 2:24

Wheelchair & Freedom
Shane ∞ Arsène

Mon crâne va pas tenir. Je le sens au bord de l'explosion, je sens tous ces impacts devenir une fissure prête à craquer. Mon cœur rate un battement sur deux et je crois que j'en ai rien à foutre ; j'ai bien l'impression que je crève de l'intérieur. Je suis un ballon dégonflé sur un terrain miné, un tas d'algues emporté par les vagues, je suis le roi de mon monde et le gueux de l'univers, ouais, je suis minable et pathétique et dans un sale état. Je suis défoncé. Sacrément perché, la musique qui fait vibrer mes globules rouges et le reste de mon corps qui n'existe plus. Faut que je sorte. Tous ces corps qui me frôlent, c'est comme s'ils me brûlaient. A chaque pas que je fais vers la sortie de la boîte, la gravité se fout de moi. Je suis attiré vers le sol et l'instant d'après c'est comme si un nuage me portait dans ses bras. Les nuages n'ont pas de bras mais ils ont dû prendre les miens, parce que je les sens plus. Ils ont du mal à pousser la porte et je pense que mes oreilles se sont évaporées aussi parce que je l'entends pas se fermer derrière moi. J'entends à peine le videur me demander si ça va ; je dis oui je vais bien, non j'en sais rien, à plus tard.

L'air frais. L'odeur de pisse froide à peine dissimulée par celle des poubelles. Je suis le vent, je suis une tornade, je tourbillonne et je tourne tourne tourne sur moi-même. Et je vomis. C'est douloureux, ça brûle les yeux et pique la gorge ; ou le contraire. Je sais plus, le monde tourne à l'envers et l'univers est sans dessus sans dessous, je suis plus bas que terre. Non, je suis à terre et je rampe, ça m'écorche les genoux et la dignité. Tant pis garçon, ravale ta fierté et le reste de gerbe qui s'agglutine dans ta gorge. Dégueulasse. Debout. Un pas après l'autre, jambe gauche jambe droite et ça part comme sur des roulettes ; je suis reparti. Je chancelle et je sais pas si c'est ma vue ou le temps qui est saccadé. Je sais pas si c'est mes jambes ou la vie qui avance au ralenti mais je parcours des années lumières. Juste cinq cents mètres, en fait. Distorsion dans le secteur spatio-temporel, Cap'tain ; il est déjà 4h du matin. Un banc à tribord, matelot ; je m'y étale. Je suis du nutella sur du pain rassis, mais bordel c'que je suis bien. Tu vois, ça va mieux ; tes yeux déconnent plus et ton corps reprend ses droits, t'as plus la gerbe mais t'as toute ta tête. Fallait juste vomir à l'air frais, auto-félicitations garçon. Je fête ça avec un joint, tiens.

C'est peut-être une mauvaise idée mais c'est la seule que j'ai. Ca va l'faire. Mes mains ne tremblent plus quand je roule et, tiens, j'ai retrouvé mes petits doigts. Je croyais les avoir perdu. Je regarde le bâtiment d'en face, avec toutes ses fenêtres qui m'observent. On dirait que ça respire, ce bordel. Cette maison de retraite décrépie qui habrite des vieux décrépis, ça fait mal au cœur. On devrait repeindre les murs en rose pour égayer la fin de vie de ces pauvres gens ; mais les murs sont d'un beigasse dégueulasse avec les lampadaires qui leur jettent leur lumière orange en pleine face. Les murs n'ont pas de face ; j'ai bien envie de leur en dessiner une. Un gros visage souriant qui tire la langue et fait des fucks avec les yeux, et des cheveux roux qui partent dans tous les sens et des tatouages de gang. Ouais, mais je saurais même pas dessiner du vide. J'ai la tête dans un nuage de fumée et j'aimerais bien faire un tour en fauteuil roulant. J'aimerais bien faire le tour de Mars sur les genoux d'un vieux en fauteuil roulant en fait. Je serais bien, et lui aussi.

Je me lève en tirant sur mon joint. Tu sais quoi, maison de retraite, je te volerai bien un vieux en fauteuil roulant pour aller dans une fête foraine. J'ai bien envie d'arracher de tes couloirs malsains une grand-mère pour l'emmener danser et lui rappeler ce que c'est d'être jeune. Tu sais quoi, maison de retraite, je crois que je vais faire ça. Je vais te dépouiller des cadavres ambulants que tu caches pour les transformer en brins d'herbe, en fleurs, en nuages. Je vais les rendre heureux même pour un instant, mais t'en fais pas, maison de retraite, je te les ramènes à l'heure pour leurs cachets.

Ouais. Mais en attendant, je suis juste planté devant un bâtiment à fumer un joint. Il est 4h du matin et je suis seul dans les rues, mais patience, maison de retraite, j'arrive.
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