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 [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 4 Avr - 11:56

    Oui, elle va me laisser la regarder partir. Je sens déjà mon cœur qui se déchire dans ma poitrine tandis qu'elle s'avance vers la porte. Mais au moment où je me pense perdu, au moment où je crois que tout est terminé... Elle se retourne. Une bourrasque de vent s'infiltre dans sa chevelure rougeoyante, la faisant virevolter autour de son visage d'ange aux cœurs qui saignent. Elle pleure. Mon amour pleure et c'est à cause de moi. Elle semble calme, si ce n'est ce torrent qui lui salit les joues.

    - Apollo... Si tu restes avec elle tu nous feras souffrir tous les trois. Tu le sais, pas vrai ? Il n'y a pas de solution. Tu aimes deux filles... ça arrive. Mais même si je suis la première à tes yeux, je ne serai jamais l'exclusivité de quelqu'un. Je suis née pour n'être qu'un pion.

    Oui, je le sais. Il faut que je la quitte. Il faut que je la quitte, malgré le fait que je l'aime. Oui, j'aime Elena comme j'aime Eris, cela arrive. Mon amour pour Elena est plus concentré, plus ancré dans mon cœur... Cela fait longtemps que je l'aime, longtemps que je désire l'avoir pour moi seul. Et maintenant que c'est chose faite, je me laisse aller à un autre amour, une autre "forme" d'amour. Plus diffus, plus soudain, plus épars. Et je souffre de cette situation, mais... qu'elle sera la réaction d'Elena quand elle l'apprendra ? Elle souffrira alors bien plus que moi. Et Eris, la "seconde"... C'est ta malédiction, Eris. Toi aussi, tu souffres. Et moi, je me contente de hocher la tête sans un mot. J'ai peur de te perdre.

    Mais il n'en est rien. Tu reviens vers moi, pressée. Tu te jettes dans mes bras qui t'accueillent comme s'ils ne t'avaient plus serrée depuis des millions d'années lumière. Étreinte passionnée, baiser pressant, empreint de panique, de stress, de précipitation.

    - Je ne veux pas... je ne veux plus en être un ! Plus jamais ! Reste... reste, Apollo, à jamais, reste ! Je t'aime... je ne peux pas... sans toi il n'y a plus rien...

    Je serre son corps frêle plus fort dans mes bras, enfouis mon visage dans ses cheveux, respire son odeur jusqu'à l'étouffement. Je voudrais ne jamais plus quitter ce toit, rester ainsi enlacés avec Eris jusqu'à la fin des temps.

    - Chut, ne pleure pas, je t'aime... Je t'aime Eris, ne pleure pas. Chut, chut mon amour...

    Mots de réconfort, bien piètre consolation et pourtant... Pourtant cela suffit pour nous faire tenir jusqu'à ce que le soleil finisse de se lever. Et puis... Et puis nous rentrons, chacun de notre côté. Adieu, Eris. Mais ceci n'en est pas un. N'oublie pas que je t'aime.



End of... Darkness ?
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeVen 1 Avr - 19:21

    Je te tourne le dos, Apollo.
    J'ai le coeur qui saigne, Apollo.
    Comment veux-tu que je m'en sorte, lorsque tu es là ? Qui me protègera ? Il y a cette fille. Et si je te prends, elle me haïra.

    Un ballet ostensible, brûlant. Une danse inusable, je m’en lasse pas, de tourner et de tourner encore, je laisse mon âme tourner pour le voir, le calculer, l'observer. Si ça doit tourner au pugilat, être sûre qu’on aura l’avantage. Mais regarde-toi Eris ! T’es qu’un pantin articulé. Ça se lit dans tes yeux, tu n’as le contrôle sur rien, même si tu crois que tu l’as. En fait t’es rien que tu chiqué. Tu impressionnes personne, ma belle. Je ne vois pas que ce que tu veux me montrer. Tu es prisonnière. Une… marionnette. De quoi ? De qui ? J’en sais rien. Pitié. Dans le fond, je suis toujours aussi mal. Mes mains ensanglantées, mon visage brouillé par le bordeaux. Mes yeux pâles, le sourire légèrement déformé en une grimace moqueuse, qui n’est pas la mienne. Eris, mélange acidulé de souffrance et d’irrespect. Poison de vie. Un démon en action, violence et rage contenues en un être, deux âmes dans un corps, une lutte acharnée. Contre deux personnes à présent. Toi-même, et cette Elena. Laquelle est la pire ? La physique ou l’épurée ? En tout cas, poursuivre sa marche mentale. Inlassablement. En apparence, rester immobile. Faut que tu retiennes que tu ne te fais pas peur, poupée. Tu t'es eu par surprise. Une chose que je ne supporte pas. Fleur de désir, elle sent le feu, ardent. Fermer les yeux et se laisser aller à cette odeur, les cheveux volant autour de moi, de mon visage de porcelaine. Hurricane. Pratique de la violence, la violence intérieure. A l’intérieur de moi, un monstre de cruauté, au-dessus d’une âme candide et innocente, peureuse et pitoyable. Nous sommes deux face à toi. S’arrêter. Sentir l’odeur de ce sang, en fermer les yeux d’envie. Je ne compte plus les jours, les mois, les années de souffrance. Ouvrir les yeux à nouveau. Devant lui. Passer un doigt sur son cou, un doigt brûlant de la chaleur des Enfers. Le calme est revenu dans notre esprit. Nous sommes là pour lutter, contre une ennemie commune. Il est clair que cette fille ne saura jamais ton amie. Indépendante et instable, mauvaise et méfiante, perfide et cruelle, monstre. Monstre. Eris, tu n'es rien qu'un putain de monstre. Il dit qu'il te veut. Qu'il te gardera. Il dit qu'il te veut, et que tu n'es pas la seconde. Mais avant toi il y en a une. Désespoir. Une fleur éteinte. Une flamme ouverte. Un monde sans pitié. Ta terreur, Eris, ta terreur, qui te ronge, qui te bouffe, qui te saigne, qui t'étreins, qui te tue. Qui te ramollit. Qui va te détruire. Qui va te jeter dans les flammes. Qui va te tuer. Elle va te tuer, cette envie, ce besoin de l'avoir constamment à tes côtés. Que peux-tu y changer, Eris ? Tu ne peux pas. Tu aimerais te gifler. Les larmes ruissèlent sur tes joues, mais lorsque tu ouvres la bouche, tu es parfaitement calme.

    "Apollo... Si tu restes avec elle tu nous fera souffrir tous les trois. Tu le sais, pas vrai ? Il n'y a pas de solution. Tu aimes deux filles... ça arrive. Mais même si je suis la première à tes yeux, je ne serai jamais l'exclusivité de quelqu'un. Je suis née pour n'être qu'un pion."

    Ma voix tremble mais je me reprends. Il ne faut pas se laisser berner par de sombres artifices.

    Ce lieu pourtant si indistinct. Maître de nos peurs, de nos émotions. Noir, sur noir, tapis d'ombres glaciales. C'est plus qu'une envie c'est un besoin. Être ici. Et ne plus bouger. S'allonger dans la froideur glacée, et se laisser mourir de froid, prisonnier d'une enveloppe charnelle indomptable. Une course folle contre la montre, c'est notre propre douleur qui guide nos pas, comme un correcteur temporel indomptable. Cette recherche est morte et risible. Une pauvre sensation de mal-être, c'est tout. Et qui la procure ? Toi, bien sûre. Pauvre idiote. Plongée dans les méandres de ta propre angoisse. Pas besoin de lire en toi qu'une autre entité te domine, pauvre folle. Mais pour toi c'est trop tard. Tu n'es plus rien que son jouet. Je te plaindrais. Goût métallique, désagréable, brûlant dans ma bouche, ardent et désagréable. Mort. Détruit. Je commence à perdre patience. J'aurais aimé qu'il coule autrement, ce sang. Elena. J'aurais aimé que tu le sentes jaillir de tes jugulaires, en un flot bouillonnant et immonde, qu'il coule le long de ton être à la manière d'une chair ardente. Je veux sentir ta veine se rompre entre mes mains brûlantes, et cette hémoglobine dégouliner. Je veux voir tes derniers frissons d'agonie, dans tes yeux, les voir, plonger ton regard à demi-mort vers le mien, mes yeux noirs ou pâles quelle importance. Toutes les deux, profiterons de cette lueur triomphante. Conte à demi-caché. Sinistre médaille que la tienne. Se relever avec prudence. Toi. Immobile. Princesse de Glace. Non. Vieil Iceberg mal immergé. Déception agaçante. Quelques pas en avant. Avancer, lentement. Pensée impossible. Divine incantation. Montée vers le firmament, redescente aux Enfers, et toujours ce même regard, plein de haine et de colère. Je te déteste, je te hais. Recrudescence. Presque idiote. J'veux te voir à présent, à genoux devant moi. Je veux te voir, impuissante à mes pieds, suppliante et incapable du moindre mouvement, me demander, ivre de larmes et de pleurs, de ne pas t'achever trop lentement. Je veux voir cet air que tu affiches, sur mon propre visage. Je veux sentir tes cheveux rêches entre mes mains, tes vêtements maculés d'un sang immonde. Impromptu. Toucher le ciel, les doigts contre la surface plane, détestable environnement que celui de la peur ambiante, puanteur de l'endroit. ça pue, c'est crade. On pourrait pas rêver mieux, comme prison. Verre brisé, cadre doré. Ambiance musicale. Maestro, musique. You don't have to put on that red light... Encore une folie. You don't have to wear that dress tonight... On the air. Dans la tête, le corps, l'esprit. Dans le corps, cette sensation d'égarement mort. De disparition. Un pas, un autre, lente marche, et soudain, les pas me conduisent au point de chute. Toi. Centre de gravité. Il va falloir que tu bouges. Ma distraction, mon abolition. Canal disparate. Mort imminente. Point Zéro. Réinitialisation. Enclenchée.

    Je me jette dans tes bras sans comprendre ce que je désire vraiment. Les larmes ont dégouliné et on sali mon maquillage. Les coeurs dessinés sur mes joues saignent abondamment. J'ai mal. Si mal. Je te serre avec force dans mes bras, t'embrasse à en perdre haleine. Je ne pense pas un mot de ce que je dis, Apollo. Pas un mot, tu m'entends ? Défragmentation. Une haine. Un appel. Je la hais sans la connaître. Je t'aime, toi. Je ne veux pas. Sentir un liquide ruisseler en long torrent le long de mes yeux. La haine me dévore. Elle me bouffe, elle me tue. Elle me déchiquète. Mais l'amour que j'ai pour toi ne veut pas se retirer. Apollo. Par pitié...

    "Je ne veux pas... je ne veux plus en être un ! Plus jamais ! Reste... reste, Apollo, à jamais, reste ! Je t'aime... je ne peux pas... sans toi il n'y a plus rien...."

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeVen 1 Avr - 13:46

    La main blanche d'Eris caresse ma joue et y rencontre la larme solitaire qui y a roulé quelques instants plus tôt. Ses yeux, plongés dans les miens, reflètent tous ses questionnements, toutes ses pensées. Elle est un livre ouvert, à présent. Une nuit pour apprendre sa langue, une nuit pour apprendre à la déchiffrer de corps et d'esprit. Mais il reste tellement de monts et merveilles à découvrir ! Dans ses yeux, la rage que je lui inspire. Et moi, face à son regard, je laisse ma peur prendre le dessus. Encore une fois. Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Regrettes-tu, Eris ? Regrettes-tu cette nuit passée en ma compagnie ? Dans mes bras ? A t'infiltrer au plus profond de mon cœur ? Car moi, je ne regrette rien. La plus infime chose, ce soir, a pu être déterminante, alors si cette nuit était à recommencer, je ferais exactement les mêmes gestes, je prononcerais exactement les mêmes paroles. Et maintenant ? Maintenant, je vais assumer. Je vais assumer et je vais t'aimer au grand jour comme tu le mérites. Si tu le désires...

    - Tu pleures ? Tu ne devrais pas... car maintenant il faudra faire comme si rien ne s'était passé...

    Eris, tu es une bien douce utopiste. Comment pourrais-je à présent faire comme s'il n'y avait jamais rien eu entre nous ? A ta vue, mon visage change. Comment cacher au monde que je t'aime comme personne ne l'a jamais fait, et ne sera jamais capable de le faire à ta juste valeur ? C'est impossible. Abandonner la partie ? Non, ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. T'abandonner, seule, sur ce toit ? Jamais. M'abandonner ? Oui, Eris, c'est tout ce que je désire. M'abandonner dans tes bras veloutés à jamais, m'abandonner tout contre tes lèvres rouges, éternellement. Quelques secondes à peine s'écoulent, mais elles sont suffisantes pour que je sache.

    - Je ne pleure pas, Eris. Je suis simplement heureux. Heureux de ce qu'il s'est passé avec toi cette nuit. Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière. Tu me demandes l'impossible. Je sais à qui tu penses, mais faire comme s'il ne s'était rien passé... Non. Non, je ne peux pas. Je trouverai une solution.

    Elle s'est allumé une cigarette. Il faut qu'elle se reprenne, mais je sens que cette épreuve sera plus dure pour elle que pour moi. Dans les ennuis jusqu'au cou... Oui, peut-être le suis-je. Et alors ? Tout est clair dans ma tête. A nouveau, sa main sur ma joue. Moins doucement, sa colère monte.

    - Je... je comprendrais que tu ne veuilles pas lui faire de mal, à cette fille... alors je resterai dans l'ombre, ne t'en fais pas. Je ne t'importunerais pas. Je serais discrète, très discrète. Je ne viendrais pas à toi, j'attendrai que toi tu viennes à ma rencontre. Finalement... j'ai toujours été...

    - La seconde ?, l'interrogeai-je en plongeant mes yeux encore plus intensément dans les siens. Non, Eris, tu n'es pas la seconde. Tu ne le seras plus jamais, tu entends ? Je ne suis pas Liam.

    J'insiste sur ces derniers mots comme si ma vie en dépendait. Il faut qu'elle comprenne que je suis différent. Je ne lui ai pas caché la présence d'Elena, dès le début elle était au courant. Jamais je ne chercherai à lui mentir comme lui l'a toujours fait. Je ne suis pas lui et je ne veux pas qu'elle me considère comme tel. Je ne suis pas Liam.

    Un dernier baiser, tu te lèves. J'en fais autant, mais je ne suis plus vraiment au fait de ce qu'il se passe. Tu commences à t'éloigner, déjà. Je ne bouge pas, je veux que tu te retournes. Je veux que tu m'assènes le coup de grâce en me laissant t'aimer. Le coup de grâce de la félicité. Félicité... C'est un mot si étrange. C'est un mot qui nous va si bien. M'obligeras-tu à te regarder partir, Eris ?
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeVen 1 Avr - 11:38

    Dans l'avenir, la construction. Le rêve de cette nuit, blessant, intransigeant, mon accalmie, cette horrible accalmie. Mon existence perdue, mon désespoir, ma vie, mon règne. Enfoui à l'intérieur de mon cauchemar. Ce doux cauchemar. Je suis enfermée, enfermée dans cette salle, dans laquelle je n'ai pas le droit de sortir. Ce que j'ai fait ? Je l'ignore encore. Je ne sais pas, et je m'en fous. Sortez-moi de là, c'est tout ce que je demande. Sortez moi de cette merde dans laquelle je vis chaque jour ! Non, c'est un espace clos. C'est un espace d'enfermement. Je ne peux même plus respirer. Je ne sais pas, respirer. Je ne l'ai jamais su. J'apprendrais, lorsque je sortirais de cette salle. Je me fais chier, pour couronner le tout. Je ne sais pas où aller, que faire. Perle d'argent, dans mon corps glacé par les eaux autour de moi. Des voix, je perçois des voix. Beaucoup. Je ne sais pas. Je m'en fiche. Dans l'instant, je réfléchis. Ma petite tête. Mise en marche. Tonitruante, agonie. Dans le moment de la paix, de la terreur, de la débauche, perversité, cruauté, peur et damnation. Ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Nous réfléchissons, conversons. Je ne sais pas encore d'où vient cette voix, sans doute le comprendrais-je bien plus tard. Pour l'heure, avancer. Dans l'adversité. Avec cette combativité que nous connaissons si bien. Qui es-tu ? Pourquoi es-tu là ? Pourquoi viens-tu à moi ? Qu'attends-tu ? Comment vas-tu avancer ? Adversité. Prolongement. Dans la peur et la terreur, présenter son corps en temps que laideur qui nous est si propre. Dans notre propre vie. Un informulé. Une dent d'acier contre notre coeur lent, agonie, désespoir. Fugitif. Envolé. Opaline. Transporté. Rien ne m'attend, là où je vais. C'est une petite morte. Parce qu'elle ne va nulle part. Ce sont des cris perdus dans le vide. Ici, et pour moi. C'est la vie que nous croquons, et qui nous attrape, nous dévore. Petit à petit. Dans la peur. Dans la douleur. C'est ce qui nous définit, nous décrit. C'est ce qui nous annonce, tout. Et rien, peut-être. C'est ce qui nous montre que nous sommes capable du plus, en touchant le moins. Je veux avancer, toucher, sentir, le corps qui m'appartient, à l'extérieur de cette pièce, enfermée. Je veux tout savoir, tout comprendre, tout retenir. Dans mon adversité, ma prière, ma pièce de théâtre. C'est ma peur qui se joue, ce matin. Et dans le noir, je balance des coups, partout, contre les parois que je sens molles sous mes pieds. C'est cet effondrement que je veux sentir. Tout se déchirer. Mais je ne sais pas encore comment je vais y parvenir, y arriver. Tomber dans un escalier sans fin, et en sentir le courant d'air. Montre moi ma place, donne moi mon calmant. Aime moi, souris moi, prouve moi que tu es capable du pire, comme du meilleur. Montre moi que dans l'avenir, il y a ta mort. Et mon arrivée.

    Naissance.

    Apollo, je me serre dans tes bras comme un signe d'espérance. Je ne ressent aucune douleur, seulement cette extase qui dévore mon corps en miliers de fibres enlacées. Elles s'embrasent, elles se partagent. Vis-tu la même chose avec Elena ? Permets moi d'en douter. Le choix, c'est à toi de le faire à présent. Tu dois choisir qui a la place dans ton coeur. Qui doit rester. Qui doit partager. Je ne t'aimerai pas de la même manière qu'elle. Je ne sais pas à quel point cette jeune fille tient à toi. Mais moi, Apollo... je serais capable de me donner corps et âme pour toi. Je voudrais m'offrir. M'offrir et m'offrir encore. Fragment. Des étoiles. Plus rien. Juste l'aube qui avance. Tu crois que tu pourras t'en sortir mais autour de toi il n'y a que la douleur et le besoin de reconnaissance qui t'étreint comme une maîtresse. Apollo, aime-moi. Au moins pour ce matin, aime-moi. Aucun abandon pour cette nuit, tout du moins. Tu me serres, tu m'enlaces, tu m'étreins. Je suis véritablement ta maîtresse, ce soir, et j'assume ce rôle. Mais une question griffe pourtant mon esprit, le glace et l'envoûte. Pourquoi dois-je toujours passer en second ? Pourquoi moi, finalement, pourquoi suis-je obligée de subir la deuxième place dans le coeur d'un homme ? Sentant le corps chaud d'Apollo contre moi, les questions se bousculent dans ma tête, tandis que je l'observe s'habiller avec une sorte de lenteur calculée. Tu ne triches pas avec moi, mais pourtant je ressens cette déception comme si j'en étais le sujet absolu. Je suis le sujet d'une cruauté qui ne s'attaque qu'à moi. En second. Eris, tu seras toujours la seconde. La seconde parmi les seconds. Tu n'as pas d'avenir, tu es perdue, tu n'es plus rien. Rien que le jouet des hommes. Mon regard se fond avec celui d'Apollo tandis qu'il me donne mes vêtements. Je m'habille à la hâte, observant du coin de l'oeil ce jeune homme qui a fait de moi une femme, en cette fraîche matinée. Allumant une cigarette à la hâte, je me surprends à toussoter avec mépris. J'ai touché le septième ciel, mais à présent je redescends aux Enfers. Traversée du Styx. Dure coïncidence. Toucher macabre. Il embrasse mon front, une larme au coin de sa joue. Cette joue que je caresse avec douceur, ignorant le monstre de colère qui hurle dans ma poitrine.

    Seconde, seconde, seconde, seconde, seconde...


    "Tu pleures ? Tu ne devrais pas... car maintenant il faudra faire comme si rien ne s'était passé..."


    Seconde, seconde, seconde, seconde, seconde...


    Oui, il faudra faire comme si rien ne s'était passé. Comme si jamais Apollo Tässäon avait couché avec Eris Melody, comme si tout cela n'était qu'une triste fable. J'avais l'espoir ténu que la Voix ne serait pas mise au courant de cela. Je ne connaissais pas bien la copine officielle d'Apollo, Elena. Mais je savais que c'était une fille bien, et que lui faire cela dans son dos ne serait sans doute pas la meilleure chose à faire. Que dirait-elle, après tout ? Que ferait-elle ? Serais-je capable de me justifier ? Sans doute non, et je me devrais alors de lui faire du mal. Je suis prête à lui voler Apollo, à tout prix. Mais finalement, rien ne peut changer. J'ai toujours voulu de toi, je t'ai toujours attendu. Et au final, je n'ai comme seul résultat que la déception de m'être encore une fois laissée avoir dans une relation compliquée. Je t'attendrai, même si tu viens jamais. Nous sommes pareils, toi et moi. Et rien que pour cela, je t'attendrai. Avant de me lever, j'attrape une dernière fois ta joue, ma cigarette dans l'autre main. Tu m'aimes aussi, mais il y a tellement d'obstacles...

    "Je... je comprendrais que tu ne veuilles pas lui faire de mal, à cette fille... alors je resterai dans l'ombre, ne t'en fais pas. Je ne t'importunerais pas. Je serais discrète, très discrète. Je ne viendrais pas à toi, j'attendrai que toi tu viennes à ma rencontre. Finalement... j'ai toujours été..."


    En second
    . Mot en suspens, mais je suppose que tu l'as compris, Apollo. J'ai toujours été en second. Tirant une bonne taffe sur ma cigarette, je refoule ma rage. Je ne veux pas te la montrer. Cracher la fumée. Et déposer sur tes lèvres un dernier baiser. D'une profondeur sans égale. Un baiser que tu ne dois pas oublier, avant de la retrouver. Ne m'oublie pas, Apollo... je t'attendrai.

    Comme j'ai toujours tout attendu.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 28 Mar - 19:18

    L'accord d'Eris est mon passeport pour l'entretien charnel qui se profile à l'horizon. Elle est ma cavalière, je suis sa monture pleine de fougue. Les brides qu'elle tenait alors fermement serrées se posent sur mon cou et je démarre au quart de tour, l'emmenant avec moi dans les plaines de la félicité, les vallées du plaisir et les collines d'une lascive sensualité. Jusqu'à atteindre notre but, ensemble. La jouissance. Tant de sensations se mêlent que je ne suis plus capable de faire la différence. Une transe étrange nous retient, nous empêchant de sombrer dans l'oubli. « N'oubliez pas d'en sortir, mes enfants. » Et Eris en sort la première, calée dans le creux de mes bras. Un murmure, elle m'appelle à la rejoindre.

    - Je t'aime, Apollo...

    Elle frissonne, s'abandonnant aux dernières effluves de plaisir que je lui ai procuré. Un vent léger lèche nos peaux nues, transpirantes. Douceur. Bestialité. Force. Étreinte portée au rang des plus belles sensations qu'il m'ait été donné de vivre. Et moi... Moi, je réalise. Petit à petit. Eris, il suffit d'une nuit. Il suffit d'une nuit et tu t'abandonnes. Tu t'abandonnes à un amour incongru. Encore une fois, tu croises la route d'un homme qui... Un homme qui n'est pas libre. Mais cette fois, cela sera différent. Différent parce que c'est toi, parce que c'est moi. Parce que c'est nous. Et parce...

    - Je t'aime aussi... Jamais je ne cesserai de t'aimer. Jamais je ne t'abandonnerai, Eris.

    Mots murmurés dans le creux de son oreille. Promesse éternelle. Mon souffle caresse sa peau blanche, tandis que mes yeux se ferment. Je suis fatigué. Non... épuisé est le terme exact. Faire l'amour à Eris m'a vidé de toute énergie. Je m'y suis appliqué jusqu'au bout des orteils et du plus profond de mon âme. Vidé. Et cette grande coquille vide, peu à peu, se remplit d'Amour. Lentement, je me sens sombrer, mais je lutte. Le jour se lève. Ma main caresse le ventre de l'amante et je pose ma tête au creux de son cou gracile, imprégné des odeurs de la nuit. Je parcoure les lieux des yeux : nos vêtements sont éparpillés sur le sol, partout autour de nous. Un sourire apparait sur mes lèvres. Mon pyjama à têtes de Mickey. Malgré ce ridicule bout de tissu, Eris a voulu de moi. Veut de moi. Lentement, je me lève sans la brusquer et commence à ramasser nos affaires. Mes jambes voudraient se dérober, mais je ne me laisse pas faire. Je balade ma grande carcasse de deux mètres sur ce toit vide, où le soleil commence à réchauffer les dalles de pierres. Il chauffe ma peau, sensation appréciable. Je remet mon pyjama avant de me tourner vers Eris. Un rayon de soleil illumine son visage d'ange. Elle est si belle que j'en ai le souffle coupé. Une larme solitaire glisse sur ma joue. Pur bonheur, euphorie. Je reviens auprès d'elle et m'accroupis devant elle, encore nue. Ma main sur sa joue. Douce caresse, sourire complice.

    - Viens avec moi, il est temps de rentrer.

    Je pose un baiser sur son front avant de lui tendre ses vêtements. Je ne veux pas me séparer d'elle. Sa chambre ? Je ne sais même pas où elle est. La mienne doit être vide, Sacha ne va pas tarder à aller en cours. Et les premiers fumeurs à arriver sur le toit pour en griller une, matinale, aussi.



HJ : Désolée, c'est un peu pourri, mais mon frère a passé son temps à brailler à côté de moi --' Niveau concentration, c'est pas top :D
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 28 Mar - 12:20


    Apollo.

    Apollo.

    Apollo.

    Ton corps se serre contre le mien, je ressens cette volonté, en toi, de me faire découvrir un véritable plaisir. Il ne suffit pas de grand chose pour éprouver cela. Vraiment, pas grand chose. Entre tes bras, la fraicheur de ton corps. Sensation douce amère. Une dernière danse avant la chute. Recherche précipitée. Décadente. Ton visage si près du mien, ton souffle, tes yeux emplie de cet attachement que nous ressentons mutuellement. Quand tu veux. Quand tu le désires. Je vendrais mon âme, et rien que mon âme. Couleurs. Les mains. La peau. Contact. Une place de paradis, perdu, retrouvé, peu importe. Notre monde qui compte. Le toit, tes lèvres sur ma poitrine, ta langue sur mon cou, tes baisers, tes caresses, tes mains, ces mains, oui, ces mains... Un baiser et tout change. Je veux, oui, je veux. Mon corps tremblant. Comme une feuille frissonnante un jour de grand vent. Mais je reste accrochée, je ne tomberai pas. Mes mains sur ton dos musculeux. Un contact, un dernier. Un soupir poussé, tes lèves courant sur mon cou, légèreté, pression. Souffle. Un baiser sur mes lèvres, doux et léger. Contact. Je te veux, je t'ai toujours voulu. Je ne me le suis pas avoué. Mais je t'ai toujours voulu. Pour toujours et à jamais. Raconte moi ce rêve. Raconte moi que tu es capable de me faire endurer le bonheur. Encerclée dans ton odeur, bercée par tes caresses, la transe commence. Douce, d'abord, puis de plus en plus forte, puissante, deux caractères cherchant à s'imposer. Toi et moi. Près d'ici. Nos deux coeurs à l'unisson. Plus rien ne bouge. Vivre sans le bellâtre. Une question de survie. Ne plus me laisser avoir, plus jamais. Mais avec toi je suis sûre. Pour toujours et à jamais. Cette tendresse que je ressens, dans mon corps et dans mon coeur. Dépendance. Tu es ma drogue, ma piqure de cocaïne. Tu es mon alcool, ma dose de punch lors des soirées calmes. Tu es ma cigarette. Tu nais dans une flamme. Un instant de pure célébration. Ne m'oublie jamais, ne m'abandonne jamais. Sans toi, je n'ai plus goût à rien. Sans toi le monde n'a plus d'existence. Tu m'as redonné goût aux choses, tu as effacé les troubles de mon esprit, pour toujours et à jamais. Je n'ai plus d'avenir. Relation interne, interdite. Vol. Tu m'as volée, tu m'as gagnée. Tu ne me perdra jamais. Dans l'instant, descendre de son nuage n'est plus une priorité. Rayonner de félicité en est une. Chanter pour toi et ne plus jamais abandonner ton coeur, ton corps. Des larmes de joie brillant dans mes yeux, un ruisseau ardent de bonheur et de félicité. Se sentir pleine de vie, invulnérable. Avec toi, mon amour. Pour toujours, mon amour.

    ça te rappelle quelque chose ? Oui. C'est le Replay des entrailles de ton passé. Et tu pourrais te saigner pour les vivre encore. Tu ressens les même choses, Eris, pourquoi l'expliquer autrement ? Il te suffit de modifier quelques petits passages de ton avenir. Mais dans le présent, c'est exactement ce que tu ressens. Un Replay. Juste. Encore un. Mais...

    Je suis à toi Apollo, et lorsque tu me poses cette question, lorsque tu me dis, que tu me sous-entends que toi et moi avons notre avenir, à vie, un sourire se dégage de mon visage. J'ai déjà entendu ce discours, mais toi tu es différent. Si différent... et tandis que je caresse ton torse dénué de tout vêtement, mon corps frémit à l'entente de cette phrase. Et mon visage se fend en un sourire plein de compréhension, d'amour et de volupté. Un murmure à ton oreille, rien de plus compliqué.

    "Bonne réponse..."


    Souvenir.

    Mort apparente, signe distinctif de la peur. Une fois, puis deux, un calcul lent, une légère envie de meurtre. Pas de cauchemar, ce soir, c’est la mort qui te parle. Ce soir tu es perdue entre un lent désespoir et une agonie fatale. Cachée dans les broussailles tu attends le moment propice, princesse, aux yeux de nacre. Ce soir, tu vas connaître les délices de la vengeance, goûter à la colère et à la rage. Mais tu ne le sais pas encore. La nuit est froide, croissant de lune détourné de la réalité, baisse la tête face au soleil. Lune d’ocre blanche. Elégante et majestueuse, impétueuse mais prude. Perturbée. Distancée. Amusée. Perdue. L’enfant tient le poignard dans la main, dans ses petites mains fragiles. Elle a peur, déjà, de ce qu’elle va faire, mais elle avance quand même, à pas feutrée, l’un après l’autre. Les lumières sont allumées, dans la maison crépie de blanc. Les volets semi-ouverts, révélant un séjour élégant, des meubles choisis avec goût. Un panel de belles choses mélangées et fermées. Rien qui puisse détourner le regard vers l’enfant tapie dans l’ombre. Dix-huit ans. Et la peur dans le ventre. Avance toujours, un pas par-dessus l’autre, jamais un mot dit plus haut que l’autre, juste du silence. Elle est seule ce soir, seule dans le noir, entre les arbres qui la cachent, mais elle ne recherche rien. Elle n’a pas peur, elle ne craint rien. Elle sait qu’elle va réussir ce qu’elle a entrepris quelques semaines plus tôt lorsque le secret fut révélé. La jeune fille n’a que dix-huit ans. Ses pas sont incroyablement sûrs, pour ce qu’elle va faire. Elle ne connait pas la peur. Elle n’a pas peur de perdre quoi que ce soit. Ce qu’elle aurait pu perdre, elle l’a déjà perdu. La porte entrebâillée. Une respiration, puis une autre. Une autre, encore. Saccadée. Pressée. Désoeuvrée. Terrorisée. La Prunelle a peur. Maintenant que c’est prêt, elle a peur. Est-ce qu’elle doit le faire, finalement ? Est-ce qu’elle est obligée d’accomplir ça ? Maman, je veux pas le faire. Maman, je veux rentrer à la maison et caresser le chat, devant la cheminée. Maman, j’veux aller au cinéma avec papa, faire des montagnes russes avec mamie. Maman. Sors moi de là. Mais non, tout est vain. Maman viendra pas te sauver. T’es qu’une loque, un ramassis d’immondices. Les corps, la Prunelle les a déposés là, dans ce hangar, où leurs os reposent encore, sous le sol où nous avons la tête. Elle est entrée dans cette maison, finalement. Le couteau dans la main, la lame effilée. L’odeur de la peur et les yeux écarquillés de surprise et de terreur dans leurs deux yeux. Eux, trente ans. L’autre, cinq. Trois âmes. Tuées, égorgées, baignant dans leur propre matière vitale. Dépit amoureux. T’étais mariée avec lui, tu devais crever. Et toi, tu es de son sang. Encore pire. Les deux jeunes filles, elle a pas su quoi en faire. Alors elle les a amenées là. Leurs corps pourrissant, enterrés à même le sol, avant de construire ces endroits. Depuis combien de temps ? Cent ans, deux cent ans ? On sait pas. Et on s’en fout.

    Pour l'éternité.
    Tout oublier, tandis que mes baisers se font plus long, mes mains plus douces, plus calines, plus délicates encore, un papier fin, une rose. Une rose sur le cou, torse, ventre, jambes. Je ne m'arrêterais jamais, jusqu'à ce que tes soupirs se fassent cris de bonheur. Tu t'en délectes, tu en profites, tu es là, près de moi, avec encore quelques petites choses en trop, que je m'empresse de retirer. Aime moi. Aime moi, pour l'éternité. Aime moi, autant que tu n'as jamais aimé, aime moi. Un paradis vivant. Aime moi à en crever, avec autant de puissance que tu le pourras. Aime moi avec force, mais sans violence. Aime moi sans en abuser, fais preuve d'attention et d'affection, sans jamais déraper. Pensées confuses. Je me perds dans la brume. La brume du plaisir. Un acte, aussi profond et aussi fort que tout ce que je n'ai jamais eu. Tu es là, près de moi, et tandis que tes mains me touchent, que nos corps s'échauffent, que ma bouche frôle le moindre centimètre carré de ton corps, que tu fais de même pour moi, nous voyons. La vue, les choses, l'affection, le bonheur, la durée. Manque de sommeil, mes pensées sont trop obnubilées par ta vue, ton visage et ta voix. Tu ne pourras jamais rien me cacher, je verrais tout en toi comme un livre ouvert. Je lirais dans tes sentiments, et j'y verrais la sincérité ou le mensonge. Je comprendrais aussitôt, mon amour, je comprendrais, pour toujours et à jamais. Ta bouche, balladeuse. Lèvres, épaules, cou, poitrine, nombril. Tu es mon roi, mon prince. Tu es celui que j'ai toujours attendu, que j'ai toujours espéré sans perdre espoir. Finalement, nous avons eu de la chance. Oui, beaucoup de chance. Nos corps s'apprivoisent, se touchent, se palpent, partagent la chaleur dans le ciel de l'aube qui apparaît petit à petit. Moments. Délirants. Magiques. Féériques. Fantastiques. Modérés par le besoin d'y aller doucement, progressivement. Tu es beau, si beau, incroyablement beau. Tu es si beau, ton corps d'une blancheur de nacre, collé contre moi, second amour, cette fois je ne t'abandonnerai pas, jamais. Je ne te laisserai pas faire ce qu'il m'a fait, tu n'en auras pas le temps. Je changerai pour, toi, me ferais douce et câline comme un chaton. Mais pas servile. J'ai gagné cette manche, je n'en perdrai pas d'autres, jamais. Jamais. A présent il n'y a que toi et moi. Et sans que je le veuille dans un soupir de bonheur que tu m'offres, je te donne ces mots. Que je croyais ne plus jamais prononcer. Mais qui te sont réservés à présent. Vas-tu fuir ? Rester ? Comment vas-tu réagir ? Rien n'est plus doux que ton contact. Et dans un frisson de plaisir, je murmure à ton oreille. Mots doux. Moi aussi je t'ai dans la peau.

    "Je t'aime, Apollo..."
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeDim 27 Mar - 23:57

    Peut-être as-tu raison, Discorde. Peut-être ai-je peur. Peut-être même ne suis-je qu'un amas de peurs refoulées, de hontes cachées et de rêves brisés ? Tu viens de mettre le doigt sur cette partie de moi que je m'efforce d'oublier. Je me fais tellement honte qu'il m'est impossible d'y penser. Même de l'envisager. Mais tu l'as fait à ma place. Tout chez moi me fait peur. J'ai peur de ce que je deviens, de mon avenir, de ma relation avec toi, de mon ancien moi qui me poursuit en rêve et me martèle le crâne, me reproche de lui avoir coupé les ailes. Ma belle transformation, si assumée, en déchet sociétal... Oui, j'ai peur. Tu me fais peur. Les autres me font peur. Leur méchanceté me fait peur. Et tel Jésus, je leur tend mon autre joue. Masochisme pur et dur. Je veux trouver le bien, le bon. Tout n'est qu'horreur. Je ne suis qu'horreur. Je sème le sentier de la Mort, et la Dame Noire me suit, emportant avec elle celle que j'ai plantée. Pourquoi ces peintures sur mon visage ? Elles ne servent qu'à cacher mes peurs, à me protéger du monde autour. Le regard des autres est moins inquiétant que leurs pensées les plus profondes. Alors, j'entends tes confessions, et j'ai peur. J'ai peur de te voir si semblable à moi, Eris. Mais... Je préfère penser à autre chose. Toi qui me dis que tu ne connais pas Elena, et que tu t'en fout.

    - Nous sommes liés à présent. Tu ne peux pas m'échapper. Et je ne peux pas t'échapper non plus...

    Ta menace sourde aussi me fait peur, mais je m'y complais. Je me complais dans cette peur, je m'y roule comme un fou jouirait de se trainer dans la boue... Mes pensées les plus noires me font peur mais m'excitent en même temps. Qui suis-je donc ? Un pauvre fou apeuré par ce qu'il ne comprendra jamais. Rechercher le savoir est bien inutile. Je ne l'ai compris que récemment. Ma dégringolade scolaire est due à cette constatation. Pourquoi suis-je dans ce groupe de "grosses têtes" ? Le concept même de groupe m'effraye. Les foules, les rassemblements... Autant une personne peut raisonner sereinement quand elle est seule, autant en groupe elle se laissera entrainer par la pression et pillera, volera, arrachera, mettra le feu, tuera, saccagera, massacrera,... Horreur. Alors j'ai peur, je m'oublie au désir que j'ai pour toi. J'observe tes courbes et ne pense plus à rien d'autre qu'à l'envie dévorante que j'ai de te faire mienne. Tu souris, je t'amuse. Mais tu souffres. Tes mains sur ta poitrine, je ne les vois que du coin de l'œil, mais c'est assez pour le comprendre. Tu t'approches encore. Indécente proximité. Attirante proximité. Tu déposes un baiser si léger sur mes lèvres. Tes lèvres sont deux papillons qui se posent sur les miennes. Elles sont si légères... Un nouveau baiser, une explosion de sensations. Et encore un, veux-tu m'achever ?

    - Ça peut être long comme court. Une histoire d'un soir comme une véritable tromperie pour ta copine officielle. Mais je veux qu'il se passe quelque chose. Moi aussi je te veux...

    Pourquoi dit-elle cela ? Je suis à elle. Entièrement. Du plus profond de mon âme. Elle lie nos corps dans un baiser pressant, sa langue s'insinue entre mes lèvres à la rencontre de son aimée tandis que ses mains me serrent à m'étouffer. Je répond à son baiser avec plus de fougue que je ne l'aurais voulu et la presse contre moi. Mon désir pour elle menace d'exploser. Le ressent-elle ? Mes mains explorent sa peau blanche, sans en perdre une miette. Je délace son corset sans cesser notre baiser enivrant. Le tissu tombe le voile et laisse apparaitre sa poitrine ferme de jeune femme au teint d'albâtre. Je la presse plus en avant et nos peaux se touchent, glacées mais chaudes d'un désir impétueux. Ses mamelons durcis finissent entre mes lèvres, titillés par ma langue infidèle. Cette langue infidèle qui prononce des mots d'amour à une autre et s'en va assouvir mon désir dès que ma raison a le dos tourné... L'odeur d'Eris me fait tourner la tête, m'enivre et m'aide à m'oublier dans cet océan de passion qui nous unit. L'infidèle trace un sillon humide jusqu'au cou de la belle désirée. Mes lèvres prennent le relais et couvrent de baisers mouillés sa gorge gracile. Au milieu de ce torrent d'avide bestialité, un instant de lucidité. Elle et moi, maintenant.

    - Jamais je ne pourrai me contenter d'un soir, Eris. Jamais.

    Un murmure à son oreille, il faut qu'elle comprenne qu'avec moi, ça sera au moins pour la vie. Je l'ai dans la peau, et il m'est impossible de me dépecer. L'éternité, c'est long. Me supportera-t-elle tout ce temps ? Ou au moins jusqu'à ce que la Dame Noire me sépare d'elle. Déjà, mes lèvres se posent sur le lobe de son oreille. Je le mordille, aveuglé que je suis par mon désir irrésistible, pressant... Un râle de plaisir m'échappe, je ferme les yeux et tente de me calmer. D'abord sa réponse. Attendre.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeSam 26 Mar - 9:23


    Mon bel. Mon ange. Mon démon. Mon assassin. Mon homme. Mon prisonnier. Mon geôlier. Ma muse. Mon tendre. Mon doux. Mon violent. Mon sentimental. Mon insensible. Mon amoureux.

    Mon traître.

    Mais en fait que voulais-tu ? Tu te prends pour ce que tu n'es pas, ne crois-tu pas ? Que fais-tu, où vas-tu ? Pourquoi ris-tu, pourquoi marches tu ? Pourquoi pleures tu ? Pourquoi n'avances tu pas aussi sereinement que moi ? Dans ma tête, se défilent des idées et des idées, encore et encore. Tu as peur ? Tu n'as pas peur. Tu ne sais pas. Tu ne comprends pas. Je suis là, et je ne suis pas là. C'est toujours Eris que tu as en face de toi, pourtant tu parles à cette femme, cette créature du diable, tu parles à cette femme avec émotion et compréhension comme si j'avais changé en l'espace de cinq minutes. Peu importe. Tellement de gens ont réagi de cette manière. Instinct animal. Peur du vide. Peur de l'horizon, de l'infini. Tu as peur de tout. De toute façon, Eris, t'es qu'une pleurnicharde. Un animal allongé contre le corps svelte de l'homme que tu désires. Tu le veux, mais tu ne le veux pas. Tu ne sais pas ce qu'il te faut. L'attachement n'est vraiment pas ton fort. Tu ne sais sans doute même pas ce que c'est. Mais finalement, ne t'ais-je pas toujours intimidé, Apollo ? Je t'ai intimidé depuis que ma voix a résonné dans cette salle. Je t'ai intimidé depuis que la phrase fatale s'est échappée de ma bouche, depuis que mes lèvres ont rejoint les tiennes. Tu es comme apeuré par moi, comme intimidé. Mais que crois-tu ? Me crois tu aussi puissante et saine d'esprit que je le laisse croire ? Je suis faible, vulgaire, une enfant caché dans une coquille adulte et indestructible. J'ai façonné et bichonné cette armure depuis bien longtemps. Depuis que Liam est tombé, sans même se rendre compte de ce qu'il lui arivait. Le spectacle ne dura sans doute pas aussi longtemps que l'effet le voulait. Mais peu importe, c'était suffisant. Je t'avais fait du mal, à toi, ma seule raison de vivre. Envoûtée par le poison. Je suis le poison. Mais que crois-tu ? Même sous ma forme animale, je raisonne, jeune homme. Je raisonne et réfléchis, je ne me laisse pas avoir par quelques facéties. Te moques-tu ? Regarde, voyons, regarde. Ne te laisse pas avoir. Ne te laisse pas faire. Ne te laisse pas embarquer dans quelque stupidité atroce. Des souvenirs qui me submergent. Apollo. Oui, je pleure, Apollo. Je pleure, mais ne t'en fais pas. Dans ce corps, la coquille se brise. Elle est encore trop fine. Mais n'aie pas peur. Mes griffes sont rétractées. Je ne veux pas te faire de mal, pas à toi. Jamais. Je ne pourrais sans doute jamais. Ne sens-tu pas ? Pression abyssale. Je les revois, mes mains élégantes, courir sur les touches blanches. S'amuser, rire de mon imposture. Tu vois ? Non ? Tu ne comprends pas ? Que te faut-il ? Mourir ? Me toucher, m'attendrir ? Un dernier coup avant la chute. Mon corps se presse contre le tien, en profite. Ecoute tes Confessions. Tu as peur ? Non, sans blague. Tu as cette fille ? Elena ? Tiens donc. Etrange, je ne le pensais pas. Tu m'intéresses.Elena. Alors toi aussi tu es déjà pris. Mais je ne me laisserai pas avoir par de simples futilités. Tu as envie de moi, alors tu es à moi. A jamai. Alors, aussi fort que mes oreilles peuvent l'entendre, j'écoute ton petit discours, et je le comprends. Tu es mon miroir, Apollo. Toi et moi, nous sommes pareils, au fond. Nous avons peur du secret. Nous avons peur de ce qui peut nous engager dans quelque chose, toi et moi. Nous le craignons. Mais nous avons tous deux choisi deux voies différentes. Toi, le calme, moi la défense. Je n'aime pas les autres, Apollo Pour moi, tu en étais un, dans cette salle. Tu étais un autre, et tu m'as eue. Tu étais un autre, mais dès lors que tes lèvres ont bougé, tout a changé. Ma froideur a fondu, mon sang gelé s'est réchauffé. Mais à présent ? Tu me glaces à nouveau. Vais-je le supporter ? Vais-je continuer ? J'aimerais te répondre, mais je ne parle pas. Je comprends. Nous allons attendre, Apollo, toi et moi. Il faut attendre un peu. Pas longtemps, peut-être. Je ne sais pas. Les minutes passent, un silence s'installe. Un silence tout relatif, cependant. Magnifiscence. Oublier un instant que nous sommes ponctués de haine et de souffrance. Danser, danser, encore une fois. Et ne plus s'en aller. Ne plus jamais quitter ce toit pour rester, toujours, auprès de toi. Danse, danse, jeune princesse, douce sylphide. Une alcine féérique. Tellement élégante et belle. Elle danse. Elle s'amuse de l'imposture. Rit de sa propre stupidité. Les minutes passent, elles sont longues et silencieuses. Si douces, ces minutes, dans le silence de la nuit. Je pourrais m'endormir. Mais Apollo, en ta présence je ne peux pas. J'ai bien compris, tout compris. Amusante imposture. Délivrez moi je vous en conjure. Sauvez moi de tout ça, de mon monde, de mon avenir. Sortez moi de ce trou à rats, aidez moi. Sauvez moi. Vous le pouvez n'est ce pas ? Vous le pouvez. Mais non, vous ne le pouvez pas. Sortez moi de là. Apollo. Casse toi, reviens. Meurs encore une fois.

    "Elena ? Je ne sais pas qui c'est, et je m'en fous. Comprend-elle aussi bien que moi ? Franchement ça m'étonnerait. Nous sommes liés à présent. Tu ne peux pas m'échapper. Et je ne peux pas t'échapper non plus..."


    Sortez moi de cette merde. Putain, sortez moi de cette merde. Je sens cependant ses yeux qui courent sur mes courbes tandis que mon corps se replie sur lui-même de manière à n'en montrer le moins possible. Une observation lente de mon propre corps. Mes cheveux sont détachés, descendent le long de mon dos. Me retrouver nue est un loisir qui ne me plaît guère, il faut croire. Cela ne m'amuse qu'un temps seulement, il faut croire. Alors je m'avance, je danse, comme une princesse. Je me remets aux mains calmes et posées de cet homme qui s'éloigne, attendant un instant, un moment. Tu veux me connaître, Apollo ? Mais qui suis-je finalement ? Non, je n'ai rien à te raconter, mon ange. Je ne peux rien te dire, ce que je suis ou qui je suis. Tu aurais peur, sans nul doute. Tu t'enfuirais, ce n'est pas ce que je veux. Je suis le néant, je suis la mort. Je ne me soucie que de ma petite personne depuis que je suis enfant, il n'y en a et en aura toujours que pour ma petite gueule. Je suis une garce invétérée, mais je l'assume pleinement. Je suis si dangereuse, pour toi, trop dangereuse. Impétueuse et fourbe. Je m'amuse de l'imposture des autres, ris de leurs malheurs. Comme quand mes parents sont morts. Mon dieu, ce fut la première fois que je me pris un fou-rire comme ça. Quand ils sont morts. Je ne pouvais pas m'arrêter. Mon rire était aigre, aigu, mais c'était un rire. Je ne pouvais pas m'arrêter.C'était vraiment trop drôle. Le rire s'arrachait de ma gorge, plongeait dans mes cordes vocales, passaient mon larynx et ma trachée et se jetaient dans ma bouche pour s'échapper à mes lèvres. Si fort, ce rire, si puissant. Si fort et si mauvais à la fois. Je j'ai pas compris. Pour moi, la mort ne signifiait rien. Rien du tout. Pourquoi pleurer la mort alors que nous ne savions même pas ce que c'était ? Les fonctions vitales s'éteignent. Elles disparaissent et meurent. Elles glissent sur nous comme des fils dorés. Elles caressent du bout des doigts. Elles meurent en même temps que nous. Nous nous éteignons, une chandelle de plus qui est éteinte puis jetée dans la chambre de la Faucheuse. Des milliers de chandelles. Elles te brûlent. Elles te déchirent, te détruisent à petit feu. Tous tes gestes se font plus lents, ton regard n'est plus que vitreux. Et ta bouche reste ouverte, dans un dernier sursaut de mort et de souffrance. Tu comprends ? Non, sans doute, tu ne comprends pas. Ton air n'est plus respirable, il est vicié. C'est le dernier crachat d'un cadavre. Et pour moi c'était la tyrannie qui s'en allait en même temps que la mère qui m'avait faite naître. Tu ne m'aimais pas, Maman, papa, vous ne m'aimiez pas. Vous n'étiez que méprise et souffrance. Tu n'étais que douleur et souffrance, tu n'étais qu'une petite peine de plus. Je me redresse au calme. Je ne sens pas de douleur. C'est toujours douloureux. Toujours. S'occuper de l'identité sociale virtuelle. Tu es un homme. Identité sociale réelle. Identité sociale virtuelle. Tu es beau, tu es donc un coureur de jupons. Identité sociale réelle. Tu es d'une sensibilité à toute épreuve, mais tu as peur. Ta beauté ne t'empêche pas d'être prudent. Tu dois être apprivoisé. Tu aimes la musique, tu en prends soin comme un cadeau précieux. Tu es soigneux et attentif, tu es doux et compréhensif. Tu es si différent de ce que je croyais. Alors mon corps se relève, et te regarde, te regarde encore. Mon interprétation sociale. Mon monde social. Ma trajectoire de vie. Ma force de caractère. Le manque, ce manque. Pour trouver, une tare. Une si belle tare. Quelle ironie. Je suis une femme. Pour beaucoup, être une femme, c'est être faible. Le sexe faible. Mais que crois tu ? Je ne m'amuse plus. La liste n'est pas exhaustive. Une interprétation sociale. Une douce interprétation sociale. Et lorsque je te vois je ne réfléchis plus. Mes pupilles suivent ton mouvement, suivent ta voix, tes yeux. Ne te quittent pas. Tu es si fort et si faible à la fois. Mais j'ai un pâle sourire, lorsque mes mains se pressent contre ma poitrine. J'ai mal si mal. Une telle douleur. Bégaiement. Paraplégie. Mais je m'avance. Mes lèvres si près des tiennes. Un léger sourire qui s'échappe de mes lèvres. Tu me veux, Apollo ? Mais qu'attends-tu ? Je te veux également, je suis prête à m'offrir. Un baiser que je dépose sur tes lèvres. Encore un.

    "ça peut être long comme court. Une histoire d'un soir comme une véritable tromperie pour ta copine officielle. Mais je veux qu'il se passe quelque chose. Moi aussi je te veux..."


    Fusion des deux corps. Les lèvres qui se rencontrent, puis qui s'apprivoisent. Contact lingual. Il me semble que cela dure une éternité. Mes mains me serrent contre toi. Personne ne pourra nous trouver ici, alors qu'attends-tu ? Je ne me ferai pas avoir une deuxième fois. Tu es à elle, mais aussi à moi. Pour ce secret, Pollo. Et tu le sais aussi bien que moi.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeJeu 24 Mar - 15:14

Un jour, je t'emmènerai dans ce monde parfait, où tout n'est qu'harmonie...


Dans mes bras, Eris se reprend peu à peu. Sa peur s'enfuit, chassée à mon arrivée, par mes paroles apaisantes ou mes gestes tendres, que sais-je ? Elle se redresse un peu, serre ses bras autour d'elle. Lentement, lentement, elle reprend contenance. Ses lèvres rouges, qui un peu plus tôt découvraient les miennes, s'entrouvrent. Elle va dire quelque chose, et je prie pour qu'elle me laisse rester auprès d'elle. Toujours ? Maintenant ? Juste... un instant ? Je ne saurais le dire. Tout ce que je sais, c'est que jamais elle ne me quittera plus : mon esprit est imbibé de son être tout entier. De ses confidences, de ses yeux terrorisés, de son odeur... ses lèvres. Une nuit aura suffit... Seules nos mains peuvent encore se délier, mais pas nos cœurs.

- Apollo, je... j'ai fait une bêtise, je te demande pardon...

Dans sa bouche, mon prénom sonne comme une douce promesse, comme le plus beau de tous les cadeaux. Mais ce qui vient ensuite contredit mon impression. Pourquoi s'excuse-t-elle ? Je ne veux pas qu'elle regrette ses gestes. Je ne veux pas être le seul à les avoir apprécié pleinement ! Ses paroles me touchent plus que ce qu'elle ne peut le penser. Eris, qu'as-tu fait ? Une bêtise ? Non, tu as tenté de m'ouvrir les yeux. Et moi... moi qui ne voyais rien, à présent, je sais. Mais tu t'excuses. Si je suivais mon cœur, je...

Eris pose sa main sur la mienne, un courant électrique me parcoure l'échine. Elle plonge ses grands yeux clairs dans les miens, ne cille pas. Affronter son regard, juste... l'affronter. Ne pas bouger. Garder ma belle bravoure, absurde bravoure. D'une main, sans lâcher la mienne, elle reprend une cigarette et l'allume. Toujours ce contact entre nous. Assumer son contact, juste... l'assumer. Ne pas bouger, pas d'un pouce. Elle m'observe. Peut-être attend-t-elle une réaction de ma part ? La seule qui me vient n'est pas envisageable.

- Mais je... enfin, merde quoi... jamais je n'avais rencontré quelqu'un qui puisse éprouver les mêmes souffrances que moi... et qui comprend les miennes... qui les combat d'une manière différente... alors...

Il y a plusieurs façons d'affronter la mort, tu sais... Moi... Je ne suis pas seul dans ce cas. Dans notre cas. Je sais que je ne suis pas seul, mais je n'arrive pas à me souvenir. Qui donc... Qui donc sait ce que nous ressentons...? Soudain, l'évidence. La cruelle évidence. Le liquide noir qui jaillit dans mes veines se glace. D'où me vient-elle, cette bravoure ? Un pan de mon cœur était éteint, mais soudain il se rappelle à moi comme jamais : Lena. Son prénom clignote dans mon esprit, son visage danse devant mes yeux étonnés. C'est donc elle ! Elle qui me retient ! Sans elle... Sans Lena, les lèvres d'Eris seraient miennes depuis longtemps. Son corps serait mien... Et... son cœur ? Et moi ? A qui appartient mon cœur, à présent ? Alors, Eris, alors quoi ? Jet de fumée, paroles...

- Alors tu me plais, c'est inexorable. Tu me plais depuis que je t'ai vu en salle de musique. Depuis que j'ai vu ton regard. On ne se connait pas, mais tu me plais. Peut-être trop, pour toi.

Son regard... empli de mélancolie, mais également de tendresse et de sincérité. Le rose vient d'éclore. Elle a peur, face au monde, sans ses épines protectrices. Elle a peur, mais elle prend son courage à deux mains pour éclore et révéler au monde son parfum. Ses yeux se ferment, lentement. Sa tête glisse dans mon cou, elle pose une main tout contre ma joue, comme tout à l'heure. Quand elle m'a... embrassé. Elle y dessine des cercles tranquilles, doux. Un murmure s'échappe de ses lèvres, à peine audible.

- Pardonne-moi...

Si je suivais mon cœur, je... Je prendrais sa main dans la mienne, y déposerais un baiser avant de l'obliger à me regarder. Si je suivais ce que me dicte mon cœur, je lui promettrais monts et merveilles, utopies oniriques, harmonie. Si j'osais, j'embrasserais ses lèvres douces, j'enverrais mes mains explorer la courbe voluptueuse de ses hanches, le satiné de sa peau et la chaleur de son dos... Je respirerais son parfum jusqu'à l'asphyxie, je caresserais chaque millimètre de sa peau jusqu'à ce que le soleil se couche à nouveau, et la nuit d'après, et le jour, et la nuit... Indéfiniment. Jamais je ne me lasserais de sa présence, jamais plus je n'entendrais d'autre Voix que la sienne, jamais je ne cesserais de l'aimer.

Au lieu de quoi...

- Tu n'as pas à t'excuser, Eris... Je sais... Je sais ce que tu ressens, mais... une autre le sait également. Elena, tu ne la connais probablement pas. Elle aussi, elle a... elle s'est...

Court silence. Comment lui dire que mon cœur est tiraillé ? Que faire ? Que dire, que dire pour qu'elle sache, pour qu'elle se rende compte à quel point elle empli mon âme toute entière, à quel point celle-ci lui appartient ?

- En ta présence, j'avais oublié jusqu'à son existence. Tu fais vibrer le moindre de mes muscles, tout en moi réagit à ta personne, je t'ai dans la peau, Eris. Mais je ne peux pas, je... je suis quelqu'un de bien, aujourd'hui. J'ai trop de respect pour elle que pour... Je veux dire... Je suis avec Lena et je ne peux pas... Même si...

Même si j'en meurs d'envie. Je m'empare du mégot qu'elle tient encore dans sa main et l'envoie au loin, rageur. Bien sûr que j'en meurs d'envie ! Et cette stupide... bravoure ! Ce putain de respect des codes qui m'empêche d'assouvir cette envie dévorante ! Merde à la fin, au diable ! Au diable mes barrières ! N'ai-je pas toujours été ainsi...? Et maintenant, je me soumettrais aux règles comme un vulgaire pantin ?

- Je meurs d'envie de t'embrasser, Eris. De te faire mienne toute entière, d'apprendre ton corps comme j'ai appris ton cœur... Cette peau brulante sous mes doigts... je veux la parcourir des lèvres jusqu'au dernier centimètre carré, je veux sentir ton corps jouir sous mes mains et t'entendre gémir de plaisir...

Mes yeux sont à présent voilés de désir, je suis à fleur de peau, une caresse d'Eris et c'en est fini de moi... Nos lèvres sont trop près, bien trop près... Sans m'en rendre compte, au fur et à mesure que mes paroles s'écoulaient, j'avais resserré mon étreinte, mes mains entouraient le visage fin d'Eris, mes yeux plongés dans les siens appelaient un geste de sa part. De nouveau, je ne vois plus qu'elle. Elle seule compte, sur ce toit. Elle seule compte, depuis ces stupides auditions. Je pensais que plus rien ne pourrait bouleverser ma vie, comparé à ce que j'avais fait. Mais c'était sans compter sur la belle Eris... L'envoutante Eris.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeMer 23 Mar - 18:36


    Tu as tiré sur ma vie un trait délicat.

    Si sombre. Délicat. Un timbre de voix pincé. Je n'en peux plus, tue moi. Les larmes de peur ruissèlent sur mes joues, brulantes. Je m'amuse de ton désespoir, Eris. Tu as peur, mais pourquoi est-ce que tu as peur ? Il t'attire inexorablement. Il t'attire, et plus tu l'observes plus son corps semble être divin à voir, à toucher, à goûter. Chaque pore de ta peau réclame une caresse, Eros. Chaque chose en toi veut qu'il te touche. Et t'aime sans s'arrêter. Tu ne peux pas t'arrêter, tu ne peux pas penser à autre chose. Il obnubile tes pensées, Eris. Son visage, sa voix, son passé, ses confidences, tout. Tellement divin, il était, et il est encore tellement divin. Que sens-tu ? Oui, ton genou. Tu t'es cognée, c'est un bien joli bleu que voilà. Tu t'es cognée en tombant. Tu t'es cognée, tu t'es faite mal. Tu t'es cognée en cherchant à échapper à ton destin, à tes envies, à tes besoins primaires, animaux. Tu as besoin de lui, de son contact, de ses bras. Ne cherche pas à lui échapper, la partie est perdue d'avance, chérie. Tu ne t'amuses plus. Il est là, face à toi, s'approche et recule à la fois. S'approche, un pas, recule, trois pas. Puis quelques mains en avant, quelques doigts, quelques ongles. C'est mon monde qui se fissure une dernière fois avant de tomber. Le sommeil est de mise. Je n'en peux plus, je dois m'arrêter. Pitié aidez moi. Protégez moi de l'ombre, la lumière, c'est toi. Pour l'heure, je ne réfléchis même plus. Mes jambes ramenées contre ma poitrine, dans une position foetale de repli. La honte, voilà ce que je ressens. Une honte d'une puissance défiant toute concurrence. Je suis partie en direction de la mort, qui me frappe et me frappe encore. J'ai peur, Apollo, peur de ce que tu peux faire, dire, mais aussi de ce que moi je peux faire. Je peux avoir peur, en ais-je le droit, puis-je être terrifiée par ma propre condition ? Nous sommes apeurés par notre propre miroir. Je ne veux plus voir s'éteindre ainsi ma lumière, il est trop tard, jeune homme, homme, peu importe, trop tard en ce qui me concerne. J'aimerais, oui. Toucher de nouveau ta joue, sentir ce contact doux de tes lèvres contre les miennes. Mais non. Je ne veux pas, je m'y refuses absolument. Ne me regardes pas ainsi, je t'en prie. Comme un plaisir tendre que tu as ressenti, comme si rien d'autre n'avait d'importance, tu m'as serrée. Je n'ai pas rêvé, tu m'as serrée... Je ne peux pas. Mais j'ai aimé ça. Le goût fabuleux, sucré et fruité de ses lèvres, la tendresse, ses yeux clos, absolument tout. Qu'attendait-il de moi ? Le salut, la rédemption ? Je me battrai pour te garder. Lorsque ta main se pose sur mon épaule, que ton corps se rapproche, je reste immobile. Tu me serres dans tes bras, et aussitôt mes larmes sèchent. Tu fais preuve de tendresse. Tu as eu peur, pourtant, n'est-ce pas ? Alors je lève la tête et te fixe, essuie les dernières traces de larmes sur mon visage. Je te fixe. Dans le blanc de l'oeil. Sans s'arrêter. Je te fixe, de mon regard essayant de te comprendre. Ne retire pas ton corps du mien. Reste collé à moi. Longtemps. Il est temps de revoir le soleil, tu ne crois pas ? Mes larmes se sont arrêtées aussi vite qu'elles sont venues. Eva, reprends toi. Tu n'es pas une Esperanza pour rien tu te rappelles ? Lors de la mort de ta famille, tu as éclaté de rire. C'est donc pour pleurer comme une idiote devant cet homme que tu ne connais que sans doute depuis à peine quelques minutes ? Non, vraiment, tu es stupide. Cela frise la connerie crasse. Arrête immédiatement, reprends toi. Et sans que tu le veuilles, ta bouche qui se réouvre. Un ton tremblant, trahissant l'émotion puissante que tu ressens dans l'instant présent. Tu n'en peux plus. Tu n'en peux plus, tu ne te contrôles plus. Tu n'as qu'une envie, c'est de déverser ce flot de paroles, de cracher ton comportement, sans t'arrêter. Tu veux comprendre ce qui se passe en toi, mais tu ne vois pas, trop naïve, trop incomprise.

    "Apollo, je... j'ai fait une bêtise, je te demande pardon..."

    C'est devenu une évidence. Tu outrepasses le respect moral. A présent, plus rien n'a d'importance. Où es-tu ? Un pas après l'autre. Tu ne cille même pas. Ton regard est souffrance, mais également envie. Tu le détaille, tu n'en peux plus, tu ne peux pas t'en empêcher. Tu en as trop envie. Tu l'ignore, mais pour lui c'est comme une évidence. En lui, vibre le talent et la douceur. Ce besoin de ressentir ce contact labial te dévore, te déchire et te détruit. Tu as besoin de lui, même si tu ne l'avouera pas. Tu as besoin de cette main, posée sur ton épaule. D'ailleurs, ta main blanche et froide, blafarde, l'attrape, pour ne plus la lâcher. Tu ne l'abandonne pas. Tu as trop besoin de lui, sans doute. ça te prend les tripes, les putains de tripes. ça te chope les boyaux, ça ne veut pas t'abandonner. Tu n'en peux plus. De ta poche, tu sors un paquet de cigarettes, et tu en allumes une. La main toujours dans la sienne, l'autre près de ta bouche, tenant ce petit morceau de cancer comme une évidence. Tu aspires la fumée comme si c'était vital, la tête appuyée contre le mur. ça détend. Tu vas pouvoir te vider. Tu vas pouvoir tout lui dire. Tu l'observe, lui, et ses longs cheveux noirs, lui et ses yeux clairs, lui et ses murmures dans la sombre et apaisante ambiance de l'aube, tu aimerais ne rien avoir à oublier, tout garder pour toi. Tu aimerais pouvoir laisser entendre que tu n'as rien ressenti dans ce baiser, mais tu as fondu comme la neige au soleil. Pourquoi, Eris ? Parce qu'Apollo et toi vous êtes pareils. Vous vous ressemblez. Trop, peut-être ? Qu'en savons nous. Si seulement tu pouvais... mais d'ailleurs, tu peux non ?

    "Mais je... enfin, merde quoi... jamais je n'avais rencontré quelqu'un qui puisse éprouver les mêmes souffrances que moi... et qui comprend les miennes... qui les combats d'une manière différente... alors..."


    Un sourire ironique s'échappe de mes lèvres tandis que mon regard s'oriente vers la nuit. La lune est belle, joue à cache cache avec le soleil. La peur est dominée par la nicotine. Je tire sur cette cigarette comme si ma vie en dépendait. Caresse mes cheveux rouges, les lisse. Ne lache pas ton dos. Mais je me reprends à présent. Tes lèvres sont trop proches des miennes, ton cou également. Tu t'enfuis, mais tu restes aussi. Je vais finir par te bouffer. Et finalement je jette, dans un jet de fumée.

    "Alors tu me plais, c'est inexorable. Tu me plais depuis que je t'ai vu en salle de musique. Depuis que j'ai vu ton regard. On ne se connait pas, mais tu me plais. Peut-être trop, pour toi."

    Et bam. ça, c'est posé. Ne devrais-je pas cacher une phrase aussi compliqué, un geste aussi dur, une impression aussi rigide ? Mes yeux te le disent, comme s'ils clignotaient. Je te veux. Je te veux auprès de moi, joue moi encore de la musique. Joue moi un morceau, tes mains posées sur moi pour un moment de douceur. Mais non. Je ne peux pas. Je suis une femme, pas un robot. Tu l'as embrassé, c'est déjà trop. Rabattre en peu plus mes jambes contre ma poitrine, fumer et fumer encore, pour accepter ce que je viens de dire. Tu vas partir en courant pas vrai ? Tu vas t'enfuir. Je touche mes cheveux comme pour chercher la délivrance, mais je ne trouve rien. ça ne sert à rien de chercher. Tu as eu tort de lui avouer, Eris. Pour qui va-t-il te prendre à présent ? Ton amour pour la musique, Apollo, est le même que le mien. C'est tellement divin de voir que quelqu'un partage cet amour, aussi ardemment que moi. Les souffrances également, les douleurs et les peines. Ma main lâche ce dos, la pose sur tes jambes. Caresse ta joue du bout des doigts. Tout en toi me plait. Ton âme, surtout. Toute ton âme rien que pour moi, offre la moi. Amuse moi. Offre moi ce cadeau. Je touche cette joue, attendant une rebuffade. Il n'y a à présent que deux chemins possibles. Soit tu t'enfuis, soit tu te rapproches. J'attends, terrifiée intérieurement. Je suis si faible et si forte à la fois, tu ne vois donc rien ? Enfin, un dernier espoir avant ma fuite. Une dernière petite chose, un chemin que j'emprunte vers le salut total. Une dernière fois, approche toi, et montre moi. Dis moi que tu es belle. Dis moi que je ne me trompe pas. Je suis une femme qui sait ce qu'elle veut, mais face à toi, je ne sais rien. Ma main glacée court sur ta joue, dessine des cercles tendres. L'odeur de ton cou qui remonte jusqu'à mon nez, envahit mes poumons, créé dans mon cerveau une zone de plaisir qui ne fut jamais excitée, électrisée. Et mes yeux se ferment, tandis qu'inconsciemment, ma respiration se fait plus longue. La peur de ton visage me dévore. Je suis perdue entre le choix et la perte de mes facultés. Tu me rends chèvre. Complètement givrée. Maudite par mes propres fantasmes. Je pourrais rester des heures, là, à te contempler. Je pourrais rester des jours, assise contre toi, sur ce toit, rien que pour entendre une nouvelle fois l'accent râpeux de ta voix. Inconnu, Tässäon Apollo, tu es ma nouvelle drogue. Je ne pensais pas pouvoir revoir cela un jour, pourtant le fait est indéniable, la constatation dure. Tu as dévoré mon âme jusqu'à n'en laisser que de petits morceaux éparpillés dans le vent. Distraits par le manque de vie qui prolonge mon être. Ma main, mon bras, le prolongement de mes doigts, en contact avec cette joue inconnue mais divinement douce. Ma nouvelle drogue. Ma danse macabre. Mon héroïne. Ma terreur poussée à son paroxysme. Tu es la monture totale de mon être. Tu meurs dans la nature, tu te laisses détruire par la peur. Ton coeur court à l'aventure. Le monde perdu dans des pensées soudaines. Une mésaventure que je ne peux exprimer. Tente quelque chose, je t'en supplie. Mon fil et mon aiguille. Couds ma bouche, empêche moi de parler. Pourquoi, je n'en sais rien. Mon coeur est pris, à présent. Durci par le ressentiment, il se met à mollir, comme prisonnier. Le luxe d'être seul. La peur de vivre aux côtés d'un homme, ou d'une femme. Liam. Les souvenirs me rattachent à lui, à ma douleur, comment pouvais-je l'oublier ? Je ne peux rien oublier. Mais toi, Apollo, me le feras-tu oublier ?

    Te regarder dans les yeux. Un regard empli de sincérité. De douceur, de chagrin.

    Mais pas de regrets.

    "Pardonne moi..."

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 21 Mar - 14:38

En Finlande, il n'y avait personne. Mes mains tremblaient dans le noir de ma chambre, le hurlement incessant de mon père les accompagnant, ainsi que les coups qu'il donnait dans la porte, à bout de forces. Et puis, le silence était revenu. Le tremblement avait cessé, la lucidité s'était muée en brume opaque qui m'avait seulement ordonné de fuir. La fenêtre. Tel un chat, je m'étais évaporé dans la nuit avec toutes mes économies. Je me revoyais plongé dans cette dure réalité, mais quelqu'un essuyait mes mains... Maman ? Le fantôme de ma mère était revenu me hanter... Me pardonner, peut-être ? Ou peut-être étais-je simplement fou ? Rongé par les remords... Mon esprit glissait lentement dans l'abîme de mes torts, mais quelque chose me retenait rattaché à la réalité. Une main douce et froide qui frottait les miennes. Peu à peu, je me souvins. Eris était là. Ce n'était pas ma mère. Ce ne serait jamais plus ma mère. Le voile se leva, et le flou qui obscurcissait mes yeux disparut. Le toit. Le soleil, doucement. La lune, toujours. Eris. La main d'Eris sur ma peau, son autre main dans un bandage. Je fermai les yeux quand elle caressa ma joue, soulagé. J'allais bien, tout le monde allait bien, nous étions tous en vie. Ce n'était rien d'autre qu'une blessure. Une blessure qui guérit. Elle en a, de la chance, cette petite... Moi aussi, j'aimerais guérir. Où est la clé ? Celle qui ferme la porte à mes souvenirs ? Ah, la voilà... Clic. C'est fait. Adieu. On se reverra.

Quelle tendresse dans ses yeux... C'est si inhabituel. Son geste est doux, empreint de bienveillance. Je reconnais ce regard, malgré le fait que je ne l'ait jamais croisé dans ces yeux-là, habituellement si colères. Une petite fleur pleine d'épines, voilà ce que tu es, Eris. Une jolie rose qui ne demande qu'à s'ouvrir...

- Je ne te jugerai pas non plus, Apollo. Parfois il faut vivre avec son passé... et contrairement à moi, tu sembles parfaitement savoir fait. Jusqu'à présent tu as contrôlé la situation avec beaucoup de bravoure. Pourquoi cela changerait-il...

Un simple murmure. Pourquoi ? Parce qu'on a tous nos moments de faiblesse. La porte ne peut pas tenir indéfiniment... Un jour, les gonds finissent par lâcher. Alors, il n'y a rien d'autre à faire que d'observer l'ennemi s'infiltrer dans la forteresse. Et après, après seulement on peut tout reconstruire. Refermer la porte. Jeter la clé. Adieu. On se reverra.

Quelle tendresse dans ce baiser. C'est si inhabituel. Son geste est doux, lent, chaud... En suis-je surpris ? L'attendais-je, ce baiser ? Je ferme les yeux, instinctivement. Ses doigts se promènent le long de ma joue, les miens se serrent, le sol ne se laisse pas attraper. Il ne faut pas que je m'accroche à elle. Je devrais la repousser, mais je ne peux pas. Eris m'a envahit tout entier, je suis complètement à sa merci. Arrêt brutal. Il ne me faut pas une seconde pour ouvrir les yeux et constater la terreur dans ceux d'Eris, qui est déjà à quelques mètres de moi. La jeune fille s'est propulsée en arrière. Cruel destin qu'est le sien. Elle se lève, se met à courir à l'opposée. Je m'oblige à rester au sol. La bravoure. Oui, c'est cela, la bravoure. Reste donc là malgré l'envie qui te ronge de la prendre dans tes bras. Fais-donc ce que tu sais faire de mieux : t'ignorer toi-même...Vole en éclat, bravoure ! Elle tombe. Je me lève et cours la rejoindre, inquiet. Eris s'est repliée sur elle même, elle tremble. Bégaye. Hurle.

- Je... je... pardon je... je ne.. Je ne voulais... je ne voulais... je ne voulais pas !

Elle a peur. La rose a perdu ses épines et elle est morte de peur. Je peux la rassurer, je peux être son épine. Je la prend dans mes bras et soulève son corps meurtri de toutes parts, je la redresse et la serre contre moi. Peut-être un jour cesserai-je de m'oublier ainsi, peut-être un jour serais-je l'Homme que je désire être réellement ? Mais pas aujourd'hui. Non, aujourd'hui, je n'en ai pas la force. Je caresse ses cheveux rougeoyants et sa joue encore tâchée de sang.

- Ce n'est rien, Eris, ce n'est rien. Je suis là, je reste là quoi qu'il arrive. Calme toi, ce n'est que moi. Je ne t'en veux pas, chuuut, du calme...

Mes paroles sont aussi faibles qu'un murmure, mais c'est suffisant pour qu'elle comprenne. Qu'aurait fait l'Homme, à ma place ?

A ta place, Pollo, il aurait suivi son cœur.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 21 Mar - 13:02


    Tu as compris. Je ne sais pas comment, mais tu as compris. Comment as-tu pu comprendre ? Etais-ce aussi transparent ? Comment as-tu pu savoir l'ignominie que j'ai commise à l'égard de la famille de Liam ? Je m'appelais Eva, j'ai troqué ce nom contre Eris, et j'ai fait de ma couleur rouge une autre plus éclatante. Je voulais garder le sang que j'avais sur les mains sur la totalité de mon corps, c'était ma manière à moi de purger mes peines. Ma manière à moi de me rappeler ce que j'avais fait. Mais quelle importance ? Nous étions pareils, alors, lui et moi. Plus je l'observais, plus je le constatais. J'avais purgé mes peines par encore plus de violence, il avait agi avec plus de raison. Malgré son look il était d'une intelligence bien plus forte que la mienne. Il avait eu raison de calmer le jeu, mais il me sembla que je le ramenais lui aussi à des souvenirs plus puissants et plus durs que jamais. Je ne l'avais pas voulu, en lui racontant mon histoire, pourtant la phrase qu'il me prononça me fit parfaitement comprendre que j'en avais fait une belle. Ainsi Pollo partageait-il lui aussi une partie de mon secret. Il sait. Il sait une partie de ce que j'ai vécu, et il comprend. Je vois cependant qu'à son attitude quelque chose ne colle pas. Il est bizarre. Retirant échardes par échardes les morceaux de bois infiltrés dans ma main. Doucement, sans chercher à me faire mal. Mais depuis le temps, tu sais que je ne sens plus la douleur. Il n'y a que la douleur morale qui me touche encore. Celle des souvenirs, celle du passé, que je n'ai pas réussi à oublier, malgré tous les efforts dont je cherchais à me porter garante. Pourquoi est-ce si difficile, Apollo ? Pourquoi ne peut-on pas tout effacer, revenir au départ, sans ressentir cette chose immonde qu'on appelle communément des regrets ? Je ne voulais rien précipiter, mais la rage dans laquelle je me perpétuais à rester me rendait encore plus folle qu'à l'accoutumée. J'étais en rage de voir ce que j'avais fait, ce que j'avais osé avouer. Tout ça à cause de ces foutues auditions.

    Apollo... sans que je veuille m'en rendre compte, tu m'as tapée dans l'oeil depuis déjà longtemps. Depuis l'audition. Depuis que j'ai vu tes yeux s'écarquiller de stupeur à l'entente de ma voix. L'aimes-tu ? Comment la trouves-tu ? Est-elle suffisamment belle à tes yeux ? Admiration. Mais ce n'est pas dans le sens dans lequel tu le crois. C'est moi qui t'admire, Apollo. C'est moi qui t'admire, toi et ton calme, toi et tes plaisanteries, toi et ta légèreté, toi et tout ce que tu considères comme plus beau qu'un tout. Tu es une personne sensible. Un peu comme lui... Qui es-tu, en fait ? Es-tu réellement celui que je crois, ou caches tu toi aussi un jeu manipulateur ? Suis-je encore sous le joug cruel de quelqu'un ou n'ais-je pas d'autre solution que de t'attendre, encore et encore ? Je peux t'attendre. Je peux toujours attendre. J'ai l'impression d'avoir attendu toute ma vie... quelque chose ou quelqu'un. Je ne suis plus à une minute près, il faut avouer. Alors je t'observe, de mes yeux légèrement tristes. Mais également intrigués. Voudras-tu de moi, ou dois-je me faire une raison ? Peut-être que l'amour, ce n'est pas pour moi finalement...

    Eva. Eva Esparanza. Si je n'avais pas fait ce que j'avais fait, aurais-je eu une vie meilleure ? Aurais-je surmonté toutes ces douleurs ? Aurais-je gardé cette chose à qui je chantais des berceuses ? L'aurais-je supporté, sans Liam ? J'aurais peut-être pu le convaincre de rester à mes côtés. Mais je n'ai rien pu faire. J'étais impuissante face à sa cruauté, et à ses mensonges. J'étais impuissante face à sa trahison. J'aurais pu changer et trouver une solution, mais le voulais-je réellement ? Non, sans doute pas .Je me suis laissée aller à la démesure, et j'ai tout exagéré, comme d'habitude. Avais-je un grief ? Sans doute, ou peut-être pas. Du reste, je devais trouver une solution, et ce fut la seule qui se présenta à moi. Mais lorsque j'aperçus Apollo, assis contre le mur, tremblant du sang recouvrant ses mains, un brusque retour à la réalité m'amena à penser qu'il fallait que je réagisse. Je lui avais fait du mal sans le vouloir. Nous avions tous les deux du sang sur les mains, mais j'avais sans doute une responsabilité en plus... comment allait-elle, elle, en ce moment ? Je ne voulais pas le savoir... j'avançais de quelques pas, et m'agenouillais devant Apollo, les yeux révulsés devant le sang qu'il portait sur ses mains déjà salies par le passé. Je devais faire quelque chose, mais quoi ? De l'étui de mon violon, que je gardais toujours sur moi, je sortis un morceau de chiffon fraîchement nettoyé, et l'appliquai avec douceur sur les mains du brun, pour en effacer le sang. Mes mains passèrent lentement sur les siennes, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de traces d'hémoglobine sur celles d'Apollo. Enfin, je fis un bandage improvisé sur ma main blessée, avec ce même morceau de tissus à présent rouge marrônatre. Un sourire léger déchira mon visage embrumé de douleur. Il fallait que je dise quelque chose pour le consoler, mais quoi ? Et puis finalement, une impulsion. Une impulsion me conduisit au delà de ce que j'avais voulu faire.

    Ma main intacte passa lentement sur sa joue, sans que je le veuille. Elle la caressa légèrement, sans que je le veuille, essayant d'apaiser ses tremblements et ses souvenirs. Mes yeux se plongèrent dans les siens, les envahissant d'une lueur tendre, sans que je le veuille. Ma bouche s'ouvrit, et parla, sans que je le veuille.

    "Je ne te jugerai pas non plus, Apollo. Parfois il faut vivre avec son passé... et contrairement à moi, tu sembles parfaitement savoir fait. Jusqu'à présent tu as contrôlé la situation avec beaucoup de bravoure. Pourquoi cela changerait-il..."

    Dernière phrase murmurée. Approche lente. Des gestes mécaniques. Des gestes lents. Je ne veux pas t'effrayer. Tandis qu'avec une douceur presque incongrue mes lèvres se posent sur les tiennes.
    Sans que je le veuille.

    Mes lèvres ont rencontré les tiennes. Fusion abyssale. Une caresse labiale, douce comme une plume, si lègère. Tes lèvres, sucrées. Mon baiser, si rapide et si lent à la fois. Je n'ai rien contrôlé, rien décidé. J'ai seulement senti la pression de mes lèvres contre les tiennes, si douces. Un baiser de femme, un baiser de tendresse. Un baiser de douceur et de chaleur. La pleine lune brille, ce soir. Elle n'en finit pas. Cette caresse de mes doigts le long de tes joues. Les miennes sont en feu. Elles brûlent d'un désir charnel que je ne contrôle pas. Mes mains tremblent encore. Arrête Eris. Arrête, tu es folle. Arrête, tu ne le connais pas ! ARRETE, EVA !

    Ma conscience hurle, crie, gémit, à la fois d'une cruauté sans bornes et d'une raison inflexible. Elle hurle dans ma tête, si bien que je lâche ton visage avec une violence dont je ne me serais jamais crue capable. Je me jette en arrière, abasourdie par ce que je viens de faire. Absolument abasourdie. Terrifiée. Horrifiée. Mes yeux sont révulsés par le mépris que je ressens pour moi même. Trainée. Eris, t'es une trainée. Tu as embrassé un jeune homme que tu ne connais pas. Pourquoi ?! Pour son allure, Eris ?! Pour qui te prends tu ?! Trainée, Eris !Tu es idiote, stupide, incapable de réfléchir. Que va-t-il penser de toi ? Que tu es une trainée ! Trainée, trainée, trainée !! La voix hurle dans ma tête, me couvre d'insulte comme un poison violent. L'émotion que je ressens est d'une puissance à m'en arracher les cordes vocales. Mais au lieu de cela, je me précipite en arrière, le regard fou. Les yeux écarquillés par ma propre stupidité. M'éloigne le plus possible de toi. Je m'éloigne tellement. Si vite. Trébuche et tombe. Contre le sol. Ramène mes jambes contre ma poitrine. J'ai fait une bêtise. Une terrible bêtise. Qui suis-je ? Contrôle toi, Eris. Pitié, contrôle toi...

    "Je... je... pardon je... je ne.. Je ne voulais... je ne voulais... je ne voulais pas !"

    Phrase bégayée puis hurlée. Terrifiée, tremblante. Des larmes de terreur roulant sur mes joues. La nuit. La nuit, j'ai peur de la nuit. Toi, j'ai peur de toi. Pourquoi ais-je fait ça ? Pourquoi ? Je ne peux plus t'approcher. Je dois te dégouter. Pitié.


Ne me fais pas de mal...
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 21 Mar - 11:20

Je veux entendre. Je veux tout entendre de toi. Je suis prêt à écouter. A comprendre. Je ne te jugerai pas.

- Je vais te raconter. Tout. Ou du moins, du début, jusqu'à une partie de la fin.

Eris se cale un peu plus confortablement dans mes bras, elle frissonne quand mon souffle caresse son cou gracile. Seuls, abandonnés du monde qui nous entoure, dans une bulle. Elle raconte. Sa vie, son histoire. Sa jeunesse. La mort de ses parents. Sa joie. Liam. L'Amour. La trahison. La vengeance. Elle n'en dira pas plus. J'écoute, attentif à la moindre de ses paroles, au moindre de ses mots. Et doucement, je comprend Eris. Eva. Elle ne me dit pas pourquoi elle a changé de nom, mais je pense le deviner. Quand elle termine son histoire, le jour commence à se lever. Un instant de silence s'installe autour de nous. Seuls les oiseaux osent encore donner de la voix et troubler ce moment.

- Voilà. La suite... je ne peux pas te la raconter. Sache seulement que j'ai retrouvé le charmant couple. Et que j'ai fui l'Espagne un an après. Pour venir ici...

La fuite... Je connais cet instant de vie. Moi-même, j'ai fuis mon pays pour me retrouver ici, à Wynwood. Je n'ai pas changé de nom, cependant. Malgré la fuite, malgré la traque. Dernière chose qui me rattachait encore à ma mère... Eris et moi sommes plus proches qu'on ne peut le croire, je le sens, je le sais. Nous avons empruntés le même chemin, celui des pestiférés. Rejetés par un monde qui nous semble si cruel, nous avons choisi le chemin de la haine, de la vengeance, de la colère. Sa main serre la mienne et je ne la retient pas quand elle se lève, malgré mon envie de la garder dans mes bras, de prolonger cet instant de communion. Rageuse, sa main se serre. Elle s'abat sur une caisse de bois. Explosion. Sa main saigne. Ses yeux saignent, transpirent une douleur plus profonde que le Tartare des Enfers. Une larme ravage sa joue. Elle plonge ses yeux hagards de peine et de souffrance dans les miens.

- Comment juges-tu la folle furieuse, Apollo ? En as-tu toujours peur ?

Comment pourrais-je encore avoir peur de ce que je comprends ? La peur est plus souvent inspirée par l'incompréhension que par le savoir. Maintenant, je sais. Je n'ai plus peur de toi, Eris. J'ai peur de la mort, parce que je ne la connais pas. Je ne sais pas ce que je trouverai derrière son rideau de soie, et j'ai peur. Mais toi, Eris, je te comprends enfin. Je n'ai pas envie de me lever, mais il le faut. Je m'approche d'elle et prend délicatement sa main abimée dans la mienne. En silence, je retire une à une les quelques échardes égarées. Mes mains se remplissent bientôt du sang d'Eris.

- Ce n'est pas la première fois que nos mains sont couvertes de sang.

Je marque une courte pause, observant la chair à vif avec une morbide attention.

- La haine peut nous faire faire bien des choses qui nous changent à jamais, Eris. Un jour, j'aimerais retourner dans mon pays, en Finlande. Mais je ne peux pas, à cause de cette haine qui m'a un jour submergée plus qu'il ne l'aurait fallu. Je ne te juge pas, dis-je en prenant son menton dans ma main pour l'obliger à me regarder dans les yeux. Je n'ai plus peur de toi, d'accord ? On se ressemble plus que ce que tu ne peux le penser...

Je lâche son visage tâché de sang et retourne m'asseoir sur le sol, m'adossant au mur. Je tends les mains devant moi et les observe. Doucement, elles se mettent à trembler. Je me revois, moins de deux ans plus tôt, dans ma chambre en Finlande. Je replonge dans mes souvenirs, les yeux écarquillés d'étonnement. Pourquoi mes mains sont-elles pleines de sang ? Qu'ai-je fait ?
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeSam 19 Mar - 0:29

    Tu veux entendre. Tu veux tout entendre de moi. Mais es-tu prêt à écouter ? A comprendre ? Comment me jugeras-tu si je te raconte tout ? Non, je ne te raconterai pas tout. Je dois tout garder au fond de moi, tu n'en obtiendras qu'une infime partie. Je refuse de te laisser gagner. Il n'y a rien de plus désagréable que de se livrer complètement. De se répandre ainsi. De laisser sortir des souffrances et de ne plus jamais les laisser en paix. Comme un tiroir dont on ressort les vieux objets auxquels on tient. On ressort les vieilles pièces. On les laisse à l'air libre, et on pleure de ne plus les voir neuves, comme avant. Que perd-t-on ? Tout. On perd tout. Sa faculté de penser, son besoin de se sentir libre. On perd tout. Absolument tout. On ne laisse rien de côté. On souffre, inexorablement. Rien ne peut nous laisser de marbre. On pleure des souvenirs qui nous bouffent, qui rongent notre chair et qui ne laissent rien passer, qui se laisse dévorer et envoûter, rien ne peut être plus pur ou plus immonde encore que toutes ces immondices qu'on a laissées dans un placard en sachant qu'un jour on allait avoir une poussée masochiste pour les ressortir. La honte sur ceux qui ne font pas attention. Une terrible honte. Dans les bras confortables d'Apollo, je me pose un nombre incalculable de questions. Je le connais si peu. Je ne le connais d'ailleurs même pas. Comment se fait-il ? Comment puis-je ? Pourquoi raconter cela à un inconnu ?

    Parce que seul un inconnu sera à même de t'écouter jusqu'au bout, Eris...

    "Je vais te raconter. Tout. Ou du moins, du début, jusqu'à une partie de la fin."
    lui dis-je, me calant un peu plus confortablement dans ses bras.

    Sa voix au timbre chaud m'a arraché un léger frisson lorsque son murmure a touché ma peau. Un souffle presque brûlant d'envie de connaissance. Apollo, tu me ressembles, finalement. Physiquement je veux dire. Mais que fais-tu ? Pourquoi tiens tu dans tes bras une fille comme moi ? Pourquoi te laisses tu ainsi aller ? Mais je ne me demande plus rien. Marquant un léger temps, je finis par tout dire. J'ouvre la bouche, et je parle.

    Je lui raconte tout d'abord le lieu et le contexte de ma naissance. Je suis née à Madrid. Ma mère portait le nom d'Esperanza, et tel était mon véritable nom de famille. En vérité, je m'appelais Eva Esperanza, mais j'avais rapidement changé de nom, sans avouer à Apollo pourquoi. Nous étions riches, et très célèbres dans la ville. Ma mère, bourgeoise par excellence, appréciait de balancer tout son argent par les fenêtres pour sauver les bébés baleines et les Sauvez Willy. Je ne voyais que peu mes parents. Jamais, même. Mon père, avocat, ma mère, ministre renommée, n'étaient pas souvent dans notre manoir pour s'occuper de leur fille chérie. Enfant déjà, j'étais un véritable démon. Déjà petite, je faisais tourner le monde en bourrique, pour me venger de cette mère et de ce père trop absent. Je voulais sortir de l'infamie dont ils faisaient preuve envers moi, à savoir me dire bonjour une fois par semaine et m'offrir un cadeau bien cher sur le marché. Je n'en avais rien à faire. La plaisanterie dura quinze ans, jusqu'à mon entrée dans un lycée privé très coûteux, en Espagne. Mes parents m'avaient placée en pensionnat, pour que je cesse de martyriser ma jeune soeur Alexandra, de six ans. Je n'y pouvais rien si je méprisais ma famille. Pour moi, ils m'avaient lâchement abandonnés. Et je ne pourrais jamais pardonner une telle infâmie. Pourquoi suis-je devenue quelqu'un d'autre à présent ? Enfouis dans mon coeur, que je ne veux pas faire sortir, par peur de déplaire ou d'effrayer. Je ne peux pas me faire juger par mes actes manqués. Je ne veux pas être dévorée, rongée par la souffrance. Pourtant il est temps. De tout expliquer. De m'enfuir, de laisser faire. Je voulais partir. Mais la providence m'a dépassé, avant que je fasse le moindre geste. Je balançais tout cela d'un trait à Apollo, sans respirer.

    Je m'en rappelle encore, de cette missive express que j'avais reçu dans mon pensionnat. Elle disait que mes parents étaient morts avec ma petite soeur d'un accident de voiture. Collision. Tout le pays était en deuil, mais certainement pas moi. C'était le pensionnat qui était à présent responsable de moi, et toute la fortune qui m'avait été léguée dormait profondément dans un compte en Suisse, et ce jusqu'à ma majorité. J'avais la certitude que je pourrais m'en sortir, et si le pays était en deuil, pour moi il n'y avait pas eu meilleure nouvelle de toute ma vie que la mort de ces parents que je méprisais. Deux ans s'écoulèrent paisiblement dans le pensionnat, calmement. Jusqu'à ce qu'il arrive.

    Jusqu'à ce que tu arrives...

    Un professeur de philosophie. Je ne lui aurait pas donné d'avantage de trente ans. Mais nous nous sommes plus. Nous nous sommes si vite plus. Lui, cheveux légèrement bouclés et chatain clair, un air timide peint sur le visage qui promettait une douceur sans pareille. Liam. Il respirait la beauté juvénile dont il n'avait pas encore réussi à se débarrasser. Moi, dix-sept ans, une gamine aux allures de femme, à la tenue dépareillée aux couleurs violentes. Je n'étais pas très douée en philosophie. Je n'avais pas de raisonnement logique. Et lorsqu'il se proposa timidement de m'aider, je sentis que la brèche était en train de s'ouvrir à moi. Tout commença par des cours particuliers, donnés une heure tous les deux jours à dix neuf heures, dans la salle de permanence. Liam. Puis des promenades journalières, à midi, dans l'immense parc du pensionnat. Tous les sujets de conversation étaient traité, tous. Nous nous apprivoisions, nous apprenions à nous connaître. Il s'appelait Liam. ça lui allait si bien, Liam. Liam Nasri. Et il ne me fallut que trois mois pour que je tombe follement amoureuse de lui. Un amour qui fut réciproque. Je le voyais tous les jours. Parfois même, j'allais en cachette dormir dans sa chambre. Il m'apprit toute la tendresse de l'acte amoureux, me montra tout son attachement et son affection. Pour la première fois je me sentais aimée de quelqu'un. Et ça me plaisait. La tête pleine de projets, nous voulions avancer, plus loin, toujours plus loin.

    Mais rien ne se passa comme je le décidais. Comme nous l'avions prévu. J'écoutais cette musique.

    Il fait presque nuit. Presque, je dis bien. Une légère tache de brume envahit l'institut de Madrid. Assise sur le rebord de la fenêtre de ma chambre, je sifflote un air méconnu, de l'amour plein les yeux. Il faut que je le lui dise, il faut que je lui en parle. Je dois le lui dire. Je dois tout lui dire. J'avais peur, mais maintenant je ne crains plus rien. Je n'ai plus peur du futur, tant qu'il se déroule avec lui. Avec Liam, rien qu'avec Liam. Juste avec Liam. Je n'ai plus peur de rien autrement. Pitié, aide moi... pitié, laisses-moi une chance. Ma cigarette achevée, je glisse le long de la fenêtre et marche sur le toit de tuiles rouges, comme j'aime à le faire. Je me sens libre. Le soleil orangé du soir caresse ma peau, et me donne une apparence de princesse arabe. Je ne marche pas sur ces tuiles, je danse. Je me promène avec une sorte de plaisir que je ne dissimule pas. Une légèreté dans mon coeur. Les bras écartés. Les écouteurs dans les oreilles. Le bonheur. Et puis j'ai regardé le parking. Comme tous les vendredis soirs, Liam devait rentrer chez lui. Nous étions la veille des vacances de Noël. Il m'avait promis des choses fantastiques. Nous savions que nous n'allions pas nous revoir. Que nous n'allions pas nous revoir avant longtemps, alors nous avons fait l'amour toute la nuit précédente. Je ne lui avait rien dit, mais là j'en avais besoin. Et si je sautais d'étages en étages ? Je l'avais déjà fait. Je pourrais arriver sur le parking et l'étreindre encore une fois. J'étais si gentille avec lui. Si gentille. Je ne voulais que le combler. Et ce soir, je savais qu'il serait heureux. Oui, j'allais faire ça. J'allais descendre, lui sauter au cou avant qu'il parte, et lui dire. Comme ça il m'emmènerait avec lui, et nous pourrions...

    Quoi ?

    Je ne comprends pas. Elle. Qui est-ce ? Une jeune femme brune l'attend près de sa voiture, un bambin dans les bras. A la couleur de ses vêtements, c'est une petite fille. Oh, c'est sa soeur, sûrement. Ils ne se ressemblent pas... Ils ne se ressemblent pas du tout. Elle lui adresse un sourire tendre tandis qu'il écarte les bras en direction de l'enfant, qu'il fait à présent tourner en l'embrassant sur tout le visage. Médusée, je contemple la scène, impuissante face au spectacle qui s'offre à moi. Il tient cette petite dans ses bras comme si elle était le plus beau des trésors. Il la tient et la serre, il respire le parfum doux de ses cheveux noirs et légèrement bouclés, et j'entends ce rire léger de bambin qui résonne dans mes oreilles meurtries. Je n'ai plus de vie, je n'ai plus de croyances, lorsqu'il approche une main douce vers la femme et la passe lentement dans ses cheveux auburns... caresse sa joue foncée, ses yeux marrons en amande rieurs et incroyablement doux. Qui est-elle ? Ses lèvres se posent en douceur sur celle de mon adoré, un léger sourire au coin des lèvres. Sait elle que je suis là, sur le toit, à guetter le moindre de leurs gestes ? Sait-elle que je les observe, s'embrassant à pleine bouche, avec ardeur, tandis que je tombe à genoux, cassant sur mon passage quelques tuiles ? Les larmes jaillissent de mes yeux, tandis que ces derniers restent fixés à la vue de ce spectacle à gerber de douceur et de trahisons, de mensonges éhontés et de haine violente et virulente ? Je me tais, sanglotant seule dans le soleil couchant. Je devais me venger. Pour moi et pour lui ou elle. Peu d'importance. Je devenais une intruse. Mais j'allais me venger. Me venger oui... pour toujours et à jamais.

    Une alliance brillait depuis toujours au doigt de Liam. Mais aveugle que j'étais... Je ne l'avais jamais remarquée.


    "Voilà. La suite... je ne peux pas te la raconter. Sache seulement que j'ai retrouvé le charmant couple. Et que j'ai fui l'espagne un an après. Pour venir ici..."


    Je me lève, après avoir serré sa main dans une dernière étreinte. Une étreinte pour le remercier d'être là, auprès de moi. Et d'avoir écouté sans bailler une seule fois cette histoire. Songer à cette brune me donne envie de... d'ailleurs, pourquoi pas ?

    Mon poing rageur frappe une caisse de bois posée malencontreusement contre le mur, près de la porte. La caisse se transperce sous la pression de ma main, qui saigne abondamment, couverte d'échardes. Il me reste encore un peu de poigne, ça fait du bien. Et je me tourne une dernière fois, sans prêter attention à mes phalanges déchiquetées. Une larme de désespoir coule le long de mes joues, prenant leur source sur mes yeux écarquillés d'une douleur indescriptible. Une douleur qui ne peut pas s'effacer.

    "Comment juges-tu la folle furieuse, Apollo ? En as-tu toujours peur ?"

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeJeu 17 Mar - 22:43

Mélancolie, douce mélancolie. La bile noire d'Hippocrate... Les yeux d'Eris transpiraient la mélancolie profonde dont était imbibé son cœur. Je n'avais jamais vu autant de tristesse dans les yeux de quelqu'un, auparavant. Jamais. Il y a cette bile, mais aussi de l'étonnement. Personne ne s'est jamais intéressé à elle de cette façon. Cette vérité m'apparait comme un flash, instantanée. Eris s'infiltre au plus profond de mes tripes, sans le vouloir. Elle me prend au cœur, déverse la lave de sa personne dans ma mémoire. Il y a des gens que jamais on ne pourra oublier et d'ores et déjà, Eris en fait partie, elle est marquée au fer rouge dans cette putain de mémoire qui m'empêche de vivre ma vie normalement. Ses yeux sont plongés dans les miens et elle m'entraine avec elle dans les tréfonds de sa mémoire. Un livre n'est point aussi explicite que le regard voilé de cette fragile jeune femme. Une torpeur étrange m'envahit, je ne suis plus sur le toit depuis que j'ai plongé dans l'océan de chagrin de ses orbes claires. Quand sa voix s'élève, j'en viens à me demander où je me trouve et ce que je fais là.

- Qui je suis ? Je suis une femme brisée. Déçue.

Dire les choses à voix haute les rend plus réelles. Une larme perle au coin de ses yeux et glisse sur sa joue. Je m'avance vers elle, je veux stopper la course de cette toute petite goute, mais la main d'Eris s'en charge à ma place, rageuse. Cette petite main blanche se pose ensuite sur la rambarde glacée et serre, serre de toutes ses forces. Nos yeux ne se sont pas quittés un instant et, goute à goutes, la tristesse s'infiltre en moi. Eris continue sa confession, je l'écoute, silencieux, attentif, ému.

- Une femme brisée par un homme qui m'a trahie. Le chant est ma seule issue, je n'ai rien d'autre. Je te fais peur ? C'était l'effet voulu... Je ne veux pas qu'on me pose de questions. C'est mon secret... mais je peux au moins t'en raconter une partie. La partie visible de l'iceberg, celle que je ne cache pas. Si tu le veux, en tout cas.

Doucement, sans la brusquer, je pose ma main sur la sienne et l'oblige à quitter la rambarde. Machinalement, mon pouce masse sa paume et je l'entraine un peu plus loin, à l'abri du vent. Je m'assied par terre, fatigué d'être debout depuis tout ce temps et la tire à ma suite. Je la prends par en dessous des bras et cale son dos contre mon torse. Peut-être que je ne veux plus affronter son regard, en faisant cela ? Mais je préfère penser que ce n'est pas le cas, je préfère lui offrir le cocon protecteur que forme mon corps autour du sien, nos mains toujours liées. Cependant, je ne la serre pas, lui laissant l'opportunité de se retirer si elle le préfère. Calmement, je murmure à son oreille, puisqu'il est à présent inutile d'élever la voix.

- Vas-y, je le veux... Raconte moi tout ce que tu as en toi. Je suis là.

Oui, je le veux, comme une promesse devant l'autel, je lui promets de rester là jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus. Ou ne veuille plus. Elle seule est à présent maître de cette soirée. De cette nuit improbable de partage entre une fille que tout le monde pensait folle et moi... Apollo.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeJeu 17 Mar - 19:53

    Surprenant. Tu es réellement surprenant.

    Tout en moi n'est qu'étonnement face à ce transpositeur de sentiments. Il s'ouvre à moi comme un livre, il me projette dans un monde où la beauté ne fait qu'un avec la sensibilité. Mais que sait-il de moi ? Rien du tout. Et il l'avoue. Je lui fais peur, ce qui signifie que mes démarches sont couronnées de succès. Quand on fait peur, personne ne nous approche. A part quelques junkies ou quelques prostituées, qui viennent proposer de la dope, m'en acheter alors que je n'en ai pas, ou proposer mes services à un proxénète. Finalement, ces trois choses là me sont arrivées, et la surprise ne m'a pas vraiment traversée l'esprit. A leurs yeux, j'étais comme eux. Mais ce qu'ils ignoraient, c'était qu'en fait j'étais bien pire qu'eux. Oh oui, bien pire, sans nul doute. Tout en moi respire la cruauté et la malice, je sort de ma tombe comme d'une boite à surprise. Il me semble que rien au monde ne peut m'empêcher d'être qui je suis à présent. Sauf un regard. Ce regard. Je me sens profondément étonnée par la hargne que met Apollo à m'étudier de la sorte. Pourtant, pour l'avoir croisé, cela ne me paraissait pas être véritablement son style. Moi, l'avoir transporté ? Pourquoi ? Comment ? Non, je ne pouvais pas. Cette musique était mienne, ce jour là, et c'étaient mes propres émotions. J'ignorais qu'on pouvait ainsi en faire le transfert. Aussi facilement. Pour moi tout se joue de connaissance et d'abrutissement. Je suis la reine des connes, et j'aime ça. J'ai toujours aimé ça, être une garce. Cela me protégeait de la solitude. Cela me protégeait de la souffrance. Pour moi, c'était ce que je désirais. Je n'avais rien demandé de mieux ou de pire que ma propre vilénie, et je l'assumais avec toute la méchanceté dont je pouvais faire preuve. Qui je suis ? Tu aimerais vraiment le savoir ? Je pense qu'une fois l'information donnée, elle ne te plairait vraiment pas. Elle te sauterait à la gorge et cela en serait définitivement terminé de toi. Tu ne dois pas savoir ces choses là. Elles sont enfouies en moi, elles sont cachées et aparaissent comme par magie. Elles sont cruelles, elles sont douces à la fois. Mais par dessus tout, elles sont tellement monstrueuses que les poils de tes bras se hérisseraient de terreur, et tu prendrais tes jambes à ton cou. Je suis un monstre, voilà qui je suis. Mais serais-je un jour capable de te dire une chose pareille ? Sans doute, non. Je n'en serais pas capable. Restes-en à la femme froide. Restes-en à la tempête glaciale. Restes-en à la haine qui refroidit mon coeur et qui ne se laisse pas démonter. Restes-en là, je t'en supplie. Cela serait tellement difficile de te faire croire autre chose... tu ne sera pas dupe si je te mens. La réflexion se lit dans mon regard, tandis que je chasse ce rêve de mes pensées. Mes souvenirs jaillissent tandis que je plonge encore une fois mes yeux dans ton regard. Mes yeux qui cherchent à ne rien montrer, mais qui dans le fond expriment une mélancolie sans pareille...

    Une douceur dans les mots, dans le besoin de te sentir contre moi. Il ne suffit pas de grand chose pour éprouver cela. Vraiment, pas grand chose. Entre tes bras, la fraicheur de ton corps. Sensation douce amère. Une dernière danse avant la chute. Recherche précipitée. Décadente. Ton visage si près du mien, ton souffle délicat, tes yeux emplie de cet attachement que nous ressentons mutuellement. Quand tu veux. Quand tu le désires. Je vendrais mon âme, et rien que mon âme. Couleurs. Les mains. La peau. Contact. Elles sont douces, tes mains, quoi que tu en dise. Elle sont tendres, tes mains, quoi que tu en penses. Elles sont légères, tes mains, lorsqu'elles dansent sur mon corps en un dernier ballet, un salut honorifique. Une place de paradis, perdu, retrouvé, peu importe. Notre monde qui compte. Les draps sombres, couleurs froides, tissus bouillonnant. Un baiser et tout change. Je veux, oui, je veux. J'ai peur, mais je veux. Mon corps tremblant. Comme une feuille frissonnante un jour de grand vent. Mais je reste accrochée, je ne tomberai pas. Mes mains sur ton dos musculeux. Un contact, un dernier. Un soupir poussé, tes lèves courant sur mon cou, légèreté, pression. Souffle. Un baiser sur mes lèvres, doux et léger. Contact. Lingual. Je te veux, je t'ai toujours voulu. Je ne me le pas avoué. Mais je t'ai toujours voulu. Pour toujours et à jamais. Raconte moi ce rêve. Raconte moi que tu es capable de me faire endurer le bonheur. Encerclée dans ton odeur, bercée par tes caresses, la transe commence. Douce, d'abord, puis de plus en plus forte, puissante, deux caractères cherchant à s'imposer. Toi et moi. Près d'ici. Nos deux coeurs à l'unisson. Plus rien ne bouge. Vivre sans le bellâtre. Une question de survie. Ne plus me laisser avoir, plus jamais. Mais avec toi je suis sûre. Pour toujours et à jamais. Cette tendresse que je ressens, dans mon corps et dans mon coeur. Dépendance. Tu es ma drogue, ma piqure de cocaïne. Tu es mon alcool, ma dose de punch lors des soirées calmes. Tu es ma cigarette. Tu nais dans une flamme. Un instant de pure célébration. Ne m'oublie jamais, ne m'abandonne jamais. Sans toi, je n'ai plus goût à rien. Sans toi le monde n'a plus d'existence. Tu m'as redonné goût aux choses, tu as effacé les troubles de mon esprit, pour toujours et à jamais. Je n'ai plus d'avenir. Relation interne, interdite. Vol. Tu m'as volée, tu m'as gagnée. Tu ne me perdra jamais. Dans l'instant, descendre de son nuage n'est plus une priorité. Rayonner de félicité en est une. Chanter pour toi et ne plus jamais abandonner ton coeur, ton corps. Des larmes de joie brillant dans mes yeux, un ruisseau ardent de bonheur et de félicité. Se sentir pleine de vie, invulnérable. Avec toi, mon amour. Pour toujours, mon amour.


    "Qui je suis ? Je suis une femme brisée. Déçue."


    Je suis une femme déçue par la trahison d'un homme, et qui s'est vengée. Qui a ensuite fui. Et qui a abandonné. Mais je ne dirais jamais une chose pareille. Pour moi ce serait un véritable sacrilège. J'ai besoin de sentir une présence réconfortante près de moi, mais je la repousse à chaque fois. Je ne veux faire souffrir personne. Laissez moi vous faire comprendre, vous ne voyez donc pas ? IL n'y a pas d'avenir là ou on va ! On ne peut pas s'en sortir. Rien n'est fiché, tout est à repousser, à condamner, stupidement abandonné. Il me faut un peu de courage. Je ne vais pas m'enfuir, le sais-tu ? Mais finalement j'abandonne tout, je laisse mes affaires en place. Je ne veux pas... je ne veux pas. Je ne peux pas te dire... mon regard se transforme alors. Me voilà médiocre. Le chagrin. Le regret. Dans mes yeux ne montrant que la colère. Ne montrant que la haine habituellement. Est la preuve à présent qu'Eris Melody, la garce invétérée, a un coeur. Une larme coule le long de ma joue, je l'essuie rageusement. Mais je ne peux rien pour mon regard. Tu vas devoir supporter le poids de mon chagrin, Apollo. Tu l'as voulu, n'est-ce pas ?

    "Une femme brisée par un homme qui m'a trahie. Le chant est ma seule issue, je n'ai rien d'autre. Je te fais peur ? C'était l'effet voulu... Je ne veux pas qu'on me pose de questions. C'est mon secret... mais je peux au moins t'en raconter une partie. La partie visible de l'iceberg, celle que je ne cache pas. Si tu le veux, en tout cas."


    La main sur la rambarde. Elle est blanche. Je la serre avec force. Plus de force que je ne l'aurais cru. J'ai une crispation plus violente que jamais. Mais peu importe. Si lui ne voit pas, tout ira bien. Finalement, je n'ai jamais raconté la trahison de Liam à personne. Je n'ai jamais parlé de lui. Ni de sa femme. Ni de sa fille. Je n'en ai parlé à personne. Mais ce n'est pas mon plus grand secret...
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeMer 16 Mar - 20:24

En un instant, j'observe les traits d'Eris s'assombrir de plus en plus. Elle se perd dans ses pensées, dont l'accès m'est verrouillé. Pourtant, j'aimerais y plonger avec elle tête la première et percer le mystère Eris. Elle est intriguante et son être tout entier titille ma curiosité. J'en suis d'ailleurs assez étonné. En règle générale, je ne m'intéresse pas aux autres de cette façon. Je cherche rarement à en savoir plus que ce qu'ils veulent bien me dire. Avec elle, c'est différent. Tout en savourant ma cigarette, je ne perds pas une miette du spectacle qui s'offre à moi. Les diverses émotions qui défilent sur son visage sont comme un film dont on déroulerait la bande en accéléré, juste sous mes yeux attentifs. Quand elle secoue la tête, comme pour sortir de ses pensées que je devine morbides, j'en suis presque étonné. Je cesse de la regarder trop fixement. Pas question qu'elle remarque mon petit manège, je suis persuadé qu'elle détesterait se savoir observée de la sorte.

- Ma voix... c'est le seul pieu rattaché à mes souvenirs. Elle est douloureuse comme elle est apaisante. Je la hais.

Se laisserait-elle aller à la confidence...? Je reste là, silencieux, tentant de comprendre. Douloureuse ? Oserais-je poser une question ? Son regard m'en dissuade. Froid, glacé, de marbre. Assassin ? Elle me fixe. Eris... cherches-tu à me faire peur ? Si c'est le cas, c'est réussi. Mais jamais je ne lui avouerais. Mon visage reste impassible et je crache un jet de fumée en l'air, tandis qu'elle s'approche. C'est la première fois que je peux l'observer d'aussi près. Elle s'adoucit un peu. Son instant de folie, de haine est passé.

- Mais merci pour le compliment... d'habitude j'évite au maximum de chanter en public. Tu as vu le résultat... et s'il y a une chose que je hais plus que tout, c'est montrer ma médiocrité à tout le monde. Je suis bien mieux dans l'image de la fille qui serait prête à sauter à la gorge de tous. Personne ne m'emmerde, au moins.

- Le résultat, je l'ai vu, oui. Et tu sais ce que moi, j'ai vu ? J'ai vu mes poils se dresser ses mes bras comme jamais ils ne l'avaient fait, j'ai senti un frisson de plaisir me parcourir l'échine et mes yeux avaient envie de se remplir de larmes tellement ta putain de voix m'a fait de l'effet. Ta médiocrité est dans ta tête, quand tu chantes tu es simplement divine. C'est tellement exceptionnel que tu propulses quiconque a une once de sensibilité dans un espèce d'univers parallèle complètement délirant.

Plus je parlais, et plus je m'énervais. Je ne sais pas vraiment pourquoi. J'avais envie de la secouer, je voulais tout savoir d'elle. Qu'avait-elle fait pour se détester à ce point ? Je devinais un acte horrible, mais rien ne me ferait peur. Au fond, j'avais toujours voulu la comprendre. Je voulais comprendre le monde, je voulais croire qu'il résidait en chacun encore un peu de bon. C'est ce que j'avais toujours voulu. Si je m'énervais, c'est peut-être que je ne comprenais pas... J'écrasai ma cigarette sur la rambarde froide tout en observant Eris.

- Malgré cette sale impression que j'ai, à savoir que tu vas me sauter à la gorge, j'ai envie de t'emmerder. Je veux que tu m'aides à comprendre. Montre moi qui tu es vraiment, Eris.

Peut-être allais-je m'en ramasser une, mais ce moment était déterminant, je ne pouvais pas, ne voulais pas passer à côté. Il fallait que je sache. Et si elle cherchait à me faire taire, au moins aurais-je eu la satisfaction d'avoir osé.
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MessageSujet: L   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeMer 16 Mar - 18:09

    Ils n'ont que ça à la bouche. Ma voix. Ils ne peuvent parler que de ça. Ma voix. Ils n'ont pas d'autres histoires que celle là. Ma voix. Mais ils ne savent pas. Ils ne savent rien.

    Et s'ils avaient su, Eris ? Qu'auraient-ils dit ? Comment auraient-ils su ? Comment auraient-ils réagi, chérie ? Dans ce genre de cas de figure, il vaut mieux être ignorant, ça vaut mieux pour toi. Finalement, tu n'as rien d'exceptionnel. Tout s'est forgé en fonction de tes envies et de tes choix. Tout s'est fait en fonction de tes actes méprisables. Pour la plupart tu mériterais la taule, mais ta fuite t'a permis de l'éviter. Mais il l'avait cherché ? Non ? Si. Peut-être. On abandonne pas ainsi Eris Melody. Il aurait fallu s'attendre à quelque chose dans ce style. Il a été puni, mais pourquoi cela te trotte-t-il encore dans la tête ? Depuis le temps, tu aurais dû y faire une croix. Sur elle aussi. Le peux-tu, sur elle ? Non, tu es certaine que non. C'était il y a pas mal de temps, mais pour toi il te semble que c'était hier que tu as commis ces actes irréparables. La honte coule sur toi comme un poison, et ta voix est ton seul remède contre la corde et le tabouret. Ce n'est pas parce que tu offres aux autres une image de monstre sans cervelle que tu n'as pas de conscience. Malheureusement, toi qui ne voulais pas la montrer, c'est un peu loupé pour le moment. Il n'y a rien de plus dur que de s'enfermer dans une carapace, et jusqu'à présent, tu avais réussi à merveille. Mais maintenant que tu as chanté devant Eux, rien ne va plus. Tu t'es montrée, tu t'es ouverte, tu as déversé tes larmes, ton chagrin et ta colère aux yeux de ceux qui venaient juste pour une stupide place de chanteuse que tu ne désirais pas vraiment, de toute manière. Ils ne prennent pas les gens comme toi, il faut bien te le dire. Et le play boy près d'Apollo te l'avait suffisamment fait comprendre, par son regard courroucé et méprisant. Ils ne prennent pas des gens comme toi, ils sont trop instables. Rien qu'à ton regard, il a sans doute pensé que tu étais capable de poignarder toute la salle. Cela se pourrait fort, d'ailleurs. Il faut y voir pour y croire, comme qui dirait. Mais finalement, l'avenir seul peut avouer les péchés. Et tu n'as rien fait. Lorsque tout s'est terminé, tu as tourné les talons et tu es partie. Tu es partie, et tu y as repensé. Cette chanson est sortie de ta bouche, seule, à la manière de celle que tu viens d'entonner à quatre heures du matin, devant ce jeune homme que tu connais si mal. Si mal...

    Le canard, dans la mare, les ouistitis, dans le lit, les oursins dans les...


    Non, la ferme. Conscience de merde.

    Putain de conscience. Tu observes du coin de l'oeil Apollo, qui fume tranquillement sur la rambarde du toit. Tu restes à bonne distance, comme tu en as coutume. Tu ne fréquentes que si peu des gens comme lui. Tu aimerais, mais tu ne le peux pas. Tes rêves sont trop emprunts de souffrance. Tu aimerais le connaître plus. Tu l'observes, et tu te sens étrangement détendue par sa présence. Un des seuls à être sincère. Tu aimes ma voix. Tu aimes ce que je fais. Tu ne me juges pas, ou pas trop. Tu fais attention à mes faits et gestes, m'étudies comme toi je t'étudie. Depuis longtemps je n'avais pas étudié quelqu'un de cette manière... depuis trois ans, en fait... je secoue la tête d'un air contrarié. Mon visage reste de marbre, même si son compliment m'a profondément touchée. Mais ce rêve me laisse un goût malhabile dans la bouche. Un rêve qui me semble étrangement familier...

    La partie noire de ton esprit, Eris. Celle qui n'a pas peur de tuer.


    On a pas la même vie, toi et moi. J'observe le cadavre de l'absolue enfant des ombres, ce cadavre encore poisseux de sang. Je n'avais pas trop faim, j'ai surtout pris mon temps. Cette enfant méritait sûrement la mort. On la mérite tous. On mérite tous la mort, mais certains savent la fuir, comme toi et moi, d'autres non. D'autres apprennent à vivre autrement que par une existence normale. Ils se défendent en torturant et tuant, et putain, qu'est-ce qu'ils aiment ça... Ils aiment ça. Ils adorent ça. Elles adorent ça. La tuerie et la mort, sentir dégouliner un corps tremblant de fièvre et de meurtrissures. Mes enfants sont tous comme ça. Mes enfants, mes chers petits enfants. Mes doux petits enfants, que je fais apparaître lorsque je le désire. Rien ne me ferait plus jouir que cela. Entendre tes cris et hurlements, tandis que mes enfants te trouent le ventre pour en sortir les chairs putréfiées. Rien ne serait plus jouissif. On s'approche, la grâce à chacun de mes pas, tandis que je cherche encore une solution à tous mes soucis. Ce soir je vais m'amuser. Je suis majestueuse. L'aura se moulant autour de moi comme un manteau laissant apparaître mon corps, tout m'appartient. Tout est à moi. L'Aura peut se mouvoir, elle peut bouger, elle peut tout faire ressentir à chacun d'entre nous. Rien n'a plus d'importance que la majesté dont je sais faire preuve. Je n'ai pas plus d'ennemis que les autres, et aucun amis, chose que j'assume pleinement. Rien ne m'amuse plus que de voir les autres trembler de stupeur à la vue de ma face cadavérique et couverte d'illusions perdues. Je suis la Mort. La Mort qui s'avance et qui recule à la fois, qui connait tout et ne sait rien. La Mort. On ne peut pas tuer ce qui est déjà mort. En dévorant cette enfant, une partie de moi s'est encore déchirée, elle s'est décomposée. Le peu de peau qui recouvre ma joue semble fondre, dévoilant ma mâchoire. Oui, c'est le prix à payer. A chaque âme dévorée, un peu de mon corps se décompose. Mais moi, ça ne me dérange pas. La forme de mon corps, c'est ma marque de fabrique. Observant la Rouge qui n'en peut plus d'excitation, je tripote nerveusement le nerf optique de mon oeil pendant. Je me demande bien ce que je vais pouvoir faire. Cette fille est une vraie chatte en chaleur. T'en es une, d'ailleurs, chérie. Je ne te laisserai rien me faire, as-tu compris ? Mais je vais t'offrir ce que jamais personne ne t'a offert. Mais regarde toi ! Tu frémis comme une traînée, tu es brûlante et tu n'en peux plus. T'es une garce, une vraie garce. Inconnue, toi tu sais qui je suis, qui l'ignorerait ? Non, allons, montre moi un peu ce que tu vaux, ma chérie. Tu m'adores, tu me jalouses. Je te méprise et te traiterai plus bas que terre, ma puce. Rien n'est plus agréable que de voir ton corps s'abandonner à moi. Je vais pouvoir en faire ce que je veux. Ce que je désire de toi. Il y a bien longtemps que je n'ai pas goûté aux plaisirs charnels. La dernière fois c'était avec un cadavre. Mais on ne peut pas faire l'amour seulement avec des morts. Toi tu es vivante chérie, pas vrai ? Je vais pouvoir jouer. Tu veux jouer avec moi ? Bien sûr, je m'en serais doutée.

    Secouer la tête. Abandonner son cauchemar. Lui foutre une claque. Non, Eris, non. Hel, ce n'est absolument pas toi. On ne peut pas tuer ce qui est déjà mort. Es-tu morte, Eris ?

    "Ma voix... c'est le seul pieu rattaché à mes souvenirs. Elle est douloureuse comme elle est apaisante."


    Mon regard de glace fixe Apollo avec insistance. Un regard froid, un regard gelé. Un regard poignardant de vérité.

    "Je la hais."


    Avancer vers toi, tirer sur ma cigarette. La fumée cancérigène transporte mon corps. Finalement c'est ainsi que je me punis. Je me nourris un bon petit cancer que je ne soignerai pas. Voici ma punition. Je l'ai toujours voulu. Mais je me suis toujours accroché. Et à présent ? Plus rien n'a d'importance.

    "Mais merci pour le compliment... d'habitude j'évite au maximum de chanter en public. Tu as vu le résultat... et s'il y a une chose que je hais plus que tout, c'est montrer ma médiocrité à tout le monde. Je suis bien mieux dans l'image de la fille qui serait prête à sauter à la gorge de tous. Personne ne m'emmerde, au moins."


    Oh, tu nous fais quoi là, Eris ? Tu vas la fermer, ta gueule ?!

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeLun 14 Mar - 20:29

Eris sort une cigarette de sa poche et retire le casque qu'elle portait sur les oreilles un instant plus tôt. Si ma mémoire est bonne, elle chantait du Within Temptation. J'aimais ce groupe, à une époque. Mais j'avais un jour décidé de bannir de ma vie tout ce qui était autrefois mien et qui aujourd'hui ne pouvait plus m'appartenir. Mes goûts musicaux, entre autres. J'avais voulu changer. Finalement, ma personnalité avait repris le dessus quelques temps plus tard, mais pas ce groupe... beaucoup d'autres n'avaient pas survécu non plus. Tout comme ma mère. Soit...

Eris n'a pas l'air ravie de me voir là. Je l'ai surprise, sans doute ne s'y attendait-elle pas du tout. Normal, qu'est-ce que je fout là, à 4 heures du mat', déjà ? Je ne sais plus trop bien. Sa présence a le don de me faire perdre mes moyens. Si tant est que j'en ai eu à la base. En particulier lorsqu'elle chante... Sa voix ne m'a plus quittée depuis ces auditions où elle m'a bluffé, tant et si bien que je ne peux m'empêcher d'y penser... de penser à elle. La curiosité me pousse à me demander ce que, elle, Eris, fait sur le toit. Elle m'intrigue, cette fascinante demoiselle. J'aimerais lui poser la question, mais je préfère laisser la jeune fille briser le silence. Elle allume sa cigarette et me tend son paquet. Ses traits sont doux, fins, harmonieux. Si elle n'avait pas les sourcils froncés en permanence, elle serait ravissante.

- T'en veux une autre, mec ? C'est mon jour de bonté. Joli slip...

Comme pour me contredire, elle laissa échapper un petit rire cristallin et parut ensuite se maudire intérieurement de ce qu'elle venait de faire. Comme je l'avais imaginé, Eris était absolument à croquer - le retour du vampire ? Cet instant ne dura pas longtemps, mais j'étais déjà persuadé de ne pouvoir l'oublier. J'éclatai de rire face à son ironie et attrapai sa main avant qu'elle ne l'éloigne. Je m'emparai de son paquet et en tirai une cigarette que je coinçai entre mes lèvres.

- Merci, Eris... Tu sais, je voulais te dire... Enfin, je voulais, mais je n'osais pas. Sauf qu'il faut que je te le dise.

Elle m'interrompis en me tendant son briquet. Je mis mes mains en coupe autour de la flamme et allumai la cigarette, avant de poursuivre, un peu tendu.

- Tu m'as épaté, aux auditions. Je ne m'en remet toujours pas. Ta voix...

Je me sentais ridicule, grand dadet de deux mètres en admiration devant Eris... Je préférai me taire, jouer les groupies ne me réussissait pas. Je tirai nerveusement sur ma cigarette et soufflai un rond au dessus de ma tête. Un courant d'air balaya le toit et je frissonnai.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeMer 9 Mar - 22:48


    Je n'arrive pas à dormir. Mes rêves sont envahis de douleurs à peine marquées. J'ai du mal à dormir. Je me sens oppressée par des cauchemars qui me dévorent un à un. Je voudrais me sortir de cette merde. M'en aller, cesser de souffrir de mes souvenirs. J'aimerais ne plus avoir à connaître une douleur absolue. Je voudrais ne plus avoir cela sur la conscience. Ma douleur est incommensurable, elle ne peut plus s'en aller plus loin. J'étais une femme dominée et soumise à la fois. Je souffrais trop de devoir rentrer quand je le désirais. Je n'avais peur de rien. Je ne souffrais de rien. Je ne craignais rien du tout. Je voulais ne plus rien voir de tout cela. Mais finalement ? Qu'y pouvais-je ? Je ne pouvais rien changer à ma vie. Il est apparu aussi vite qu'il a disparu. Je n'ai pas voulu tout cela, mais je l'ai gagné finalement. J'ai cru voir de la lumière, mais elle s'est effacée avec moi lorsque j'ai quitté l'institut pour fuir mon passé. Il n'y avait pas d'avenir heureux dans notre monde de folie. Il fallait se sortir de là. Il fallait que je m'enfuie, que je cesse de penser à ces souvenirs douloureux, puisque je devais fuir ce que j'avais fait. Je devais partir, ne plus rien voir, ne plus rien espérer du monde dans lequel j'avais vécu tant d'années, dans ce petit cocon de bonheur. Je sortis dans le couloir sans dire mot, et balladeur dans les oreilles, grimpais les escaliers interdits menant au toit. J'adorais cet endroit. Depuis que je m'étais installée ici, je m'y rendais pour évacuer mes souvenirs dans la douleur. Je n'avais aucun avenir dans la fatalité, c'est pourquoi je désirais m'en sortir, et seulement m'en sortir. Échapper à cette douleur qui me dévorait les entrailles sans sourciller. M'enfuir de cet endroit abominable. Qu'est la dépression. Non, je n'étais pas faite pour cela. Ma voix résonna Acapella. Sur une musique que je te chantais, Liam. Quand tu étais auprès de moi. M'as-tu oubliée ? Oh oui, je le pense. Là où tu es, tu ne peux plus vraiment penser à moi finalement, pas vrai ? Tu n'as pas d'affirmations à faire. Ne nous abandonne seulement pas. Il n'y a pas d'autre avenir pour s'en sortir n'est-ce pas ?

    Le monde d'autrefois.

    "Lost in the darkness... hoping for a sign,
    Instead there's only silence, can't you hear my screams ?
    Never stop hoping, need you know where you are,
    But one thing is for sure, you're always in my heart !"


    Je chante sans me rendre compte qu'il y a quelqu'un pour l'instant. La tête levée vers les lumières de la nuit. Je pense, je songe. Je respire, je me détends. Je revois. Un corps lascif de femme, allongés dans un lit qui ne lui appartient pas. A ses côtés, un homme. La peau légèrement mate, les yeux expressifs. Plus expressifs que jamais. Sa main sure caresse le cou de l'enfant aux cheveux rouges. Il est plus vieux qu'elle, mais cela n'a pas d'importance. Il pose une main sur son sein, sur ses hanches, sur ses lèvres fines et douces. D'une tendresse à tomber. Il voudrait ne plus avoir à souffrir de la voir ainsi endormie. Il aimerait qu'elle se réveille pour lui offrir ce cadeau doux et tendre. Personne n'a tué personne. Là, tout le monde était vivant, et heureux. Elle aurait voulu offrir plus, mais plongée dans les limbes tendres du sommeil, elle ne peut plus avoir à connaitre la douleur de sa séparation. Elle dort paisiblement, tandis que les mains de son amant frôlent son corps d'albâtre, doucement et tendrement. Elle est si belle à ses yeux. Pour lui c'est la femme parfaite. Celle avec qui il veut finir sa vie. Oui, sa vie, si jamais il n'y en avait pas déjà eu une autre, femme, une autre femme possédant une enfant de lui. Quelle honte, en fait, de ne rien savoir de lui, alors qu'elle a vécu tant de choses en sa compagnie. Il avait bien caché son jeu, Liam. Il a bien caché son jeu. Une larme coule lentement le long du visage de la belle. De mon visage, tandis que je chante sans pouvoir respirer encore un peu. J'ai mal de cette douleur affective qui me tue. J'ai fait des choses horribles. Mais je ne regrette rien... Je ne regrette pas ce que j'ai fait.

    "I'll find you somewhere,
    I keep on trying, until my dying day...
    I just need to know, wathever has happened,
    The truth will free my soul !"


    Et finalement, je te vois. Un grand brun, sur le toit. J'ai chanté, je ne suis pas seule. Mon regard s'illumine à la fois de surprise et de colère. Toi. En short Mickey. Ah oui, tu es Apollo. Le mec des auditions, celui qui m'avait intimée de venir chanter. A quel prix, je l'ignore. Me ridiculiser devant tout le monde, sans doute, était une bonne idée. Oui, après tout hein. J'ai bien réussi à sensibiliser le gay, là. Hahahah. Quel humour, quelle fatalité. De quoi allons-nous rire aujourd'hui ? De rien. Absolument rien. Plus de mensonges. Je sors de ma poche un paquet de cigarettes, les quelques Philip qu'il me reste. Me l'allume machinalement. Rien ne me fait plus plaisir que cette clope. Enfin, oui. Je t'observe sans rien dire. Retire le casque audio de mes oreille. La musique résonne encore légèrement, avant que j'éteigne rageusement mon balladeur. Bon sang, ce que je peux être conne. Aucun sens des responsabilités. Un petit pois dans la tête, Eris, rien de plus. Il me faut un moment avant d'ouvrir la bouche, et de te parler. Je n'avais pas envie de te choquer, pas vrai. On dirait que je te fais peur. C'est la couleur de mes cheveux qui te fait cet effet, ou mon regard glacé ? Hah. Quelle humeur. Mais essayons d'être cordiale, allons. Un peu de jugeote, allons, allons !

    "T'en veux une autre, mec ? C'est mon jour de bonté. Joli slip..."

    Un léger rire s'échappe de ma gorge. Quoi ?! C'était quoi ça ?!

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MessageSujet: [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]   [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey.  [Eris] Icon_minitimeMer 9 Mar - 21:16

Récemment, j'ai remarqué qu'une sale habitude avait rejoint mon capital de base en la matière... Fumer. Je fumais de plus en plus souvent, or j'avais toujours pensé que la nicotine allait de paire avec la déprime. Apparemment, ce n'était pas le cas. Tout allait bien dans ma vie, mais cette drogue vicieuse s'était glissée sans prévenir, fourbe, dans mes petites habitudes. Sans compter le fait que je me baladais beaucoup en pleine nuit, dans les couloirs, rodant tel un vampire assoiffé de sang. Non, ça, c'est juste l'image que les gens doivent avoir de moi. En réalité, ce soir, je n'avais rien d'un vampire, jugez plutôt : cheveux plats dont les mèches molles habituellement dressées en crête victorieuse gisaient sur mon front, yeux on ne peut plus bleus - naturels - et cicatrice sur la lèvre apparente - zéro maquillage. Ah, j'oubliais... short de pyjama à l'effigie de Mickey. J'étais tellement persuadé ne croiser personne à une heure aussi tardive que j'avais pris la liberté de reléguer mes habits de lumière pour un look... indéfinissable, mais pas génial. Je poussai la porte qui menait au toit et montai les escaliers quatre à quatre, allumant ma cigarette avant d'arriver à l'air libre. Je tirai une longue bouffée, avant de mettre les pieds dehors. Je restai bouche-bée devant le spectacle qui s'offrait à moi : Miami, la belle, éclairée de toutes parts, splendide. Malgré la température ambiante un peu froide, je m'avançai vers la rambarde, pieds nus, et m'y accoudai. J'étais là depuis quelques minutes quand j'entendis la porte grincer, sourde musique accompagnant un timbre de voix qui me restait en tête depuis les auditions pour le groupe de rock. Eris ? Je fis volte-face, étonné. Une masse de cheveux rouges, c'était bien elle. Elle et moi, seuls sur le toit, 5 étages... Non, elle ne me fait pas peur à ce point. Elle me remarqua, mais je ne vis pas distinctement son visage, il faisait trop sombre autour de nous. Quoi de plus normal, à 4 heures et demi du matin ? Je toussotai, gêné. J'avais fini ma cigarette, je n'avais plus rien pour me donner une constance, si ce n'est... mon pyjama Mickey ! Oh, non !
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