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 C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]

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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Lun 11 Aoû - 22:41


Et soudain... le portable de Shin vibra. Elle venait de recevoir un message vidéo, sur Skype. Quand elle cliqua sur le bouton " play ", le visage souriant de Nobu apparut à sa vue. Le nippon avait appris la nouvelle par Maeko, évidemment... et avait décidé d'envoyer un petit message aux jeunes parents, pour les féliciter.

" Annyeonghaseyo chingu ! " s'exclamait Nobu en remuant la main face à son écran de portable, en direct de l'autre bout du monde où il apprenait les langues depuis de nombreux mois. " Maeko m'a appris la nouvelle, félicitations à vous deux ! "

Diable, que c'était compliqué de parler seul devant son ordinateur, en sachant qu'on a que 3 minutes pour enregistrer un message alors qu'on aimerait avoir 3 heures pour s'étaler sur tout le bonheur et la joie qu'une naissance représente.

" J'espère que tu te portes bien, Shin, que l'accouchement n'a pas été trop difficile...? J'aimerais beaucoup être près de vous, pour vous féliciter de vive voix et prendre ce bon vieux Ki dans mes bras, haha... enfin, il prendrait sans doute la fuite, pas vrai ?! "

Le japonais laissa échapper un rire, et ses yeux se plissèrent malicieusement. Il repensait à tous les moments passés en compagnie de Ki, et cela lui manquait. Ici, il avait des amis, mais aucun qui ressemblait de près ou de loin au coréen.

" N'oubliez pas de m'envoyer une photo, je n'ai pas encore vu la bouille de votre bébé ! Mais je ne doute pas qu'il doit être magnifique, avec une maman aussi jolie ".

Nouveau sourire, Nobu avait toujours trouvé Shin particulièrement belle. Assortie à la beauté toute particulière et discrète de Ki, le bébé ne pourrait être qu'adorable.

" Je viens de passer à la poste pour vous faire parvenir mon cadeau... j'espère qu'il arrivera dans les temps ! J'ai demandé un transfert en express, mais bon, on ne sait jamais ", poursuivit le nippon, en donnant un coup d'oeil sur le côté.

La minuterie ! Il ne lui restait que quelques secondes pour conclure son message et l'envoyer aux heureux parents.

" Bref, tout ça pour dire que je vous félicite, je suis super heureux pour vous ! Je vous embrasse, portez-vous bien tous les trois. Vous me manquez... et soyez sages, vous avez tout le temps pour lui faire un petit frère ! Kiseu ! "

Le message se stoppa. S'ils le souhaitaient, ils pouvaient le visionner de nouveau... tel était tout l'intérêt d'un message vidéo.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Lun 11 Aoû - 22:14



C’est ainsi que sa vie commença – Les proches

Ayase était la première à me visiter, la première à voir mon enfant hormis son père. Lorsque je la vis entrer, un sourire étira mes lèvres et je la saluai avec enthousiasme malgré ma fatigue. Je la serrai dans mes bras quand elle vint me faire la bise et elle en fit de même. Elle déposa un sac à côté de mon lit avant de s’intéresser au bébé. Il dormait dans son berceau, paisible. Il n’avait que quelques heures et il était tellement calme, autant fatigué que moi par sa naissance. Elle le trouvait adorable, ce qui me toucha. Elle me demanda son prénom et j’expliquai alors à mon amie que nous avions choisi un prénom signifiant « événement heureux » dans notre langue. Elle me répondit que nous avions eu raison de l’appeler comme ça, et que ça lui allait très bien. Ki avait été d’accord pour lui donner ce nom, alors que nous aurions pu choisir n’importe quoi d’autre. Dans le fond, s’il n’était pas désiré, il n’était pas un événement heureux, si ? A mes yeux, il l’était pourtant. Et à ceux de Ki ? Je n’étais même pas sûre. Et j’avais peur de lui demander. Je ne lui posais pas de questions parce que j’avais peur qu’il me dise qu’il ne m’aimait pas, qu’il n’aimait pas cet enfant et qu’il restait avec moi juste par respect et parce qu’il assumait ses responsabilités. Ne valait-il mieux pas que j’élève notre enfant seul plutôt qu’avec Ki, s’il ne m’aimait pas ?
Je souris à mon amie tout en chassant mes mauvaises pensées. C’était un beau prénom malgré tout ce qu’on pouvait en dire, moi je l’aimais. Elle s’éloigna alors du berceau pour me donner un sac contenant quelques cadeaux pour le petit. Je la remerciai, gênée, et regardai ce qu’il y avait à l’intérieur. C’était adorable de sa part, j’étais d’autant plus touchée puisque je savais qu’elle n’avait pas beaucoup d’argent. Je déposai la peluche avec mon petit bout et le contemplai un instant. Puis je profitai du fait que j’étais levée pour aller boire un peu, invitant ma meilleure amie à s’asseoir sur le lit. Lorsque je revins, je pris place à côté d’elle et lui demandai comment elle allait.

- Eh bien ça va et toi ? Tu dois être fatiguée, je ne vais pas te déranger trop longtemps pour que tu puisses te reposer.

Je posai les yeux sur mon fils en souriant. Elle était gentille Ayase, elle pensait à ma fatigue. A sa place, j’aurais eu envie de lui poser mille et une questions sur la grossesse et le bébé malgré ma timidité. Etant proche d’elle, j’aurais osé lui demander tout un tas de choses, dès l’instant que j’aurais senti qu’elle était à l’aise avec sa grossesse. Mais nos rôles étaient inversés et c’était moi qui avais eu l’enfant, donc les réponses. J’étais fatiguée mais contente d’avoir de la visite, surtout de la voir elle. Elle était l’une des premières à avoir su que j’étais enceinte, seul Ki le savait avant elle. Elle avait tout de suite bien pris la nouvelle, et après avoir su que Ki avait mal réagi, elle était fâchée contre lui. Ça m’avait touchée, même si je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Ki avait besoin de temps, ne plus lui parler pour ça n’allait pas l’aider, au contraire. Je levai la main et d’un geste je lui fis comprendre qu’elle pouvait rester, elle disait n’importe quoi.

- Oui, je suis fatiguée, mais je ne le sens pas trop. Je suis … encore sur mon petit nuage ! Lui expliquai-je. Enfin, il doit être encore plus fatigué que moi, petit bonhomme. Tu peux rester autant de temps que tu veux, je suis contente que tu me rendes visite, au contraire !

Aya et moi nous mîmes à discuter toutes les deux, de tout et de rien. Nous parlâmes assez bas pour ne pas réveiller le bébé qui dormait paisiblement. J’en aurais bien fait de même malgré ce que j’avais dit à mon amie, je baillai plusieurs fois. Je me sentais bien à discuter avec elle, ça m’évitait de penser à tout ce qui me faisait peur. J’avais peur que malgré tout, Ki ne s’intéresse jamais à cet enfant, ne l’aime jamais. J’avais peur qu’il finisse par en avoir marre et par du jour au lendemain, sans un mot. J’avais peur qu’il m’abandonne, moi qui avais besoin de lui. J’avais peur de ne pas savoir être une bonne mère pour Kyang Ja. J’avais tout simplement peur de tout, de notre futur à tous les trois. Au bout de plusieurs minutes, et malgré nos chuchotements, je finis par voir les petits bras du petit s’agiter dans les airs, signe qu’il était réveillé. J’en informai mon amie qui pourrait alors faire plus ample connaissance avec lui. Elle répéta qu’il était calme, ce qui était vrai. Pas de cris, pas de pleurs. Ça allait certainement venir. Je ris légèrement. Selon elle, nous avions de la chance qu’il soit ainsi silencieux.

- On verra bien s’il le reste ! Lui dis-je amusée. Si ça se trouve dans une semaine il ne s’arrêtera plus de pleurer. Ou alors il y a un problème, tu crois qu’il y a un problème ?

Ma voix n’était pas inquiète, mais un peu plus sérieuse. Et si, effectivement, il y avait un problème ? Non, c’était normal, il était calme parce qu’il était fatigué. Après tout, c’est dur de naître, non ? Il n’avait même pas une journée, il lui fallait le temps de prendre des forces. En attendant, il contentait de s’agiter, remuant ses bras de manière saccadée. Parfois il grimaçait, mais il ne pleurait presque pas. Nous allions voir d’ici les prochains jours et prochaines semaines. Et puis il n’était pas calme du tout avant sa naissance, il bougeait beaucoup. Aya se leva pour se rapprocher du berceau, et je la laissai faire. Elle se pencha légèrement et attrapa son poing en lui parlant. C’était mignon. Elle se présenta à lui, lui disant qu’elle était contente de le rencontrer. Il se contenta d’ouvrir le poing et d’essayer de s’accrocher à ses doigts par réflexe. Je me levai aussi pour me rendre à côté d’elle, admirant mon bébé.

- Tu verras, Ayase est très proche de papa et maman, tu la verras souvent. Elle est très gentille, tu vas l’adorer.

Il cligna des yeux, ayant entendu ma voix. Etait-il capable de la reconnaître, moi qui lui parlais souvent avant sa naissance ? Qu’entendait-il, au juste ? Entendait-il juste une voix familière, une musique qui le berçait depuis un moment déjà ? Ou juste du bruit qui l’intriguait ? A son âge, il ne distinguait certainement rien de plus qu’un son, peut-être sentait-il que c’était un son familier quand c’était ma voix. Il finit par réussir à attraper le doigt d’Ayase et referma sa petite main dessus, avec sa petite force ridicule à côté d’elle. Je souris immanquablement à cette scène.

- Je crois qu’il t’aime bien, affirmai-je à ma meilleure amie. Tu veux le prendre dans tes bras ?

A ma question, Aya sembla hésitante, comme si elle n’osait pas, elle avait peur. Moi aussi j’avais peur de lui faire du mal quand je le prenais dans mes bras. La première fois que je l’avais allaité, j’avais tellement eu peur de le laisser tomber au bout d’un moment, ou de ne pas le placer au bon endroit et de lui faire mal. J’avais peur de ne pas le tenir assez fermement, ou de laisser sa tête retomber de trop, ou au contraire de trop la relever. Avant qu’elle ne puisse refuser, je secouai la tête en souriant et pris la parole.

- Je t’aiderai si tu veux ! Juste quelques minutes, tu verras, tu voudras plus le lâcher après.

Je ne lui laissai pas le choix et l’invitai à s’asseoir sur le lit, ce qu’elle fit après avoir récupéré son doigt. Je me penchai doucement vers le berceau pour récupérer le nourrisson qui s’y agitait toujours. Je fis attention au moment de le soulever, m’étonnant encore de sa légèreté. Il était vraiment tout petit, c’était troublant. Je le calai bien comme il fallait contre moi et m’assis à mon tour, juste à côté d’elle. Je me tournai vers elle et lui demandai de faire de même.

- Regarde, mets tes bras comme moi, je vais l’installer. Après, tu as juste à faire attention à tenir sa tête pour qu’elle ne tombe pas, comme ça.

Je joignis le geste à la parole et déposé Kyang Ja dans ses bras une fois qu’elle fut prête. Je m’assurai qu’elle tenait bien sa tête, ce qui était le cas, et finis par lâcher complètement mon fils. Je lui laissai quelques secondes pour se faire à la situation et réagir. Ce fut à ce moment que quelqu’un frappa à la porte, me faisant tourner la tête vers cette dernière. J’invitai la personne à entrer, me demandant si ce n’était pas Ki qui revenait me voir. A ma grande surprise, ce fut une asiatique qui entra. Mais pas n’importe laquelle. La jeune fille que j’avais vue en compagnie de Nobu, à l’époque où il sortait avec Ayase. Autrement dit, la fille avec laquelle il avait trompé mon amie. Mais que faisait-elle ici ? J’écarquillai les yeux, plus que surprise. Puis je me repris, la saluant.

- Euh … Bonjour …

Je ne connaissais même pas son nom, c’était dire. Qui était-elle ? Et pourquoi était-elle là ?
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Sam 9 Aoû - 0:01

La jeune femme avait appris un peu par hasard, que Shin avait accouché. Elle avait donc décidé d'aller rendre visite à son amie le lendemain afin de ne pas la fatiguer plus le jour de l'accouchement. Elle en avait donc profité pour aller acheter quelques vêtements et babioles pour le nouveau-né. Le lendemain, elle était partie voir son amie, mais par respect pour Shin et le fait qu'elle devait être fatiguée, elle n'y était pas allé tout de suite, elle avait attendu un peu. Une fois arrivée à l'hôpital, la jeune femme demanda le numéro de la chambre de la coréenne.

Elle était alors montée à la chambre, avait toqué à la porte et avait attendu la réponse de la jeune femme. Lorsqu'elle avait reçu l'accord de Shin pour entrer, c'est ce qu'elle fit. Elle la salua en souriant et la bonne humeur de Shin quand elle la salua en retour, lui fit chaud au cœur. J'allais ensuite vers elle pour lui faire la bise et elle me prit dans ses bras. Je la pris donc aussi dans les miens et la serrait doucement. Elle déposa ensuite le sac contenant ce qu'elle avait acheté, à côté du lit et s'approcha timidement du nouveau-né pour ne pas risquer de le réveiller. Après quelques instants à le regarder, elle demanda à sa meilleure amie comment il se nommait. Elle lui répondit et expliqua à la nippone la signification de ce prénom.

« Vous avez raison, ça lui va très bien. »

Elle ne resta pas très longtemps près du berceau, ne voulant pas prendre le risque de le réveiller. Elle en profita donc pour donner à Shin les cadeaux qu'elle avait achetés pour Kyang Ja. Shin semblait apprécier, ce qui fit plaisir à la jeune femme. Quand elle lui dit qu'elle allait lui donner la peluche, la japonaise hésita à l'empêcher de se lever pour qu'elle s'en occupe, mais elle ne voulait pas réveiller Kyang Ja en mettant la peluche et le temps qu'elle se décide, Shin était déjà au berceau. Shin lui proposa ensuite de s'asseoir sur le lit, la prévenant qu'elle allait boire. Aya se contenta d'hocher la tête et sourit en faisant ce que son amie lui avait demandé. Elle revient quelques minutes plus tard et lui demanda comment elle allait.

« Eh bien ça va et toi ? Tu dois être fatiguée, je ne vais pas te déranger trop longtemps pour que tu puisses te reposer. »

Elles se mirent ensuite à discuter toutes les deux de tout et de rien. Après quelques minutes, le petit Kyang ja se réveilla et ce qui surprit la jeune femme ce fut qu'il ne se mit pas à pleurer. Il se contenta de fixer droit devant lui en agitant ses petits poings. Shin lui fit alors remarquer que Kyang Ja était réveillé. La jeune femme hocha alors la tête en souriant. Elle se pencha alors un peu pour voir ce qu'il faisait dans le berceau.

« Il a l'air d'être vraiment calme. Il est adorable. »

Elle avait fini par craquer pour ce petit bout de chou. Shin avait de la chance qu'il soit calme comme ça. Elle espérait pour elle et pour Ki que ça continuerait. Elle aurait presque voulu le prendre dans ses bras, mais elle avait trop peur de porter ce bébé qui venait à peine de naitre. Il était encore trop fragile selon elle. Peut-être que d'ici quelques mois, elle demanderait à Shin de pouvoir le porter.

« Vous avez quand même de la chance d'avoir un enfant aussi calme. »

Elle sourit doucement à Shin et se leva avant de se diriger de nouveau vers le berceau. Elle fit un signe de la main au petit et lui sourit avant de prendre son petit poing dans la main pour le saluer.

« Coucou Kyang Ja. Je suis Ayase, contente de te rencontrer enfin petit bout. »
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Ven 8 Aoû - 16:14



C’est ainsi que sa vie commença – Les proches

J’allais enfin bientôt sortir de là. Me reposer me faisait du bien après ce que je venais de vivre, mais je ne faisais rien de mes journées et je m’ennuyais. J’avais déjà lu une poignée de bouquins et je n’avais pas dessiné depuis mon accouchement. Bien sûr, des fois, il m’arrivait de passer de longues minutes à regarder mon nouveau-né dormir, mais ça ne tenait pas occupé pendant une semaine. Alors au bout de quatre jours, j’avais déjà envie de sortir. J’avais envie de retrouver Ki, de retrouver notre chambre à tous les deux, avec notre enfant. Il était mal à l’aise en ces lieux et se forçait à venir me rendre visite tous les jours, ce qui était touchant mais je me sentais gênée. Heureusement que j’avais encore des visites pour me tenir compagnie.

J’étais en train de lire, comme souvent, lorsque quelqu’un frappa à ma porte. Je l’invitai à entrer sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller Kyang Ja. Je me demandais qui ça pouvait être. Ki était déjà passé. Il y avait bien Jun qui était venu deux ou trois fois, aussi. Ou quelqu’un d’autre. Après tout, j’avais quelques connaissances à qui j’avais envoyé les faire-part de naissance. Je mémorisai la page de mon livre et le posai, fermé, sur la table de chevet. La porte s’ouvrit au moment où je jetai un coup d’œil au petit afin de vérifier s’il dormait toujours. A chaque visite, c’était un truc que je faisais, comme si le regarder allait le faire se rendormir si jamais il avait été réveillé … Une jeune femme aux bras chargés de cadeaux pénétra dans la pièce, et je finis par reconnaître Leahna. Je n’aurais jamais cru devenir amie avec la chef des Sigma Mu, mais c’était bien le cas. Elle faisait partie de ces gens qui ne me crachaient pas dessus parce que j’avais un enfant à dix-huit ans. Non, au contraire, j’avais compris à son contact qu’elle était pressée que le bébé naisse, elle aimait les bébés. Elle déposa ses cadeaux, je me redressai dans le lit.

- Bonjour Shin, comment tu vas ? Tu es magnifique, tu as bonne mine.

Elle ne me laissa pas le temps de répondre, juste celui de sourire, et me tendit un bouquet de fleur. Je le récupérai en poussant une exclamation, mais la laissai tout de même parler.

- J’ai plusieurs cadeaux pour toi, je ne savais pas quoi prendre, donc j’ai pris tout. J’espère que tu ne m’en voudras pas.
- Salut Leahna ! Finis-je pas m’exclamer. Merci, c’est gentil, il est superbe. Je me sens encore fatiguée mais ça va, et toi, tu vas bien ?

Leahna me tendit aussi une corbeille de fruits ainsi que des chocolats. Elle m’avait vraiment gâtée. Quand elle disait qu’elle n’avait pas su choisir, elle disait vrai. Je rougis, gênée par tant de cadeaux et la remerciai chaleureusement. Elle m’expliqua qu’elle avait pris les fruits pour la vitamine et les chocolats pour le moral, ce qui me fit légèrement rire.

- Pareil pour les cadeaux de ton fils, je ne savais pas quoi prendre, donc j’ai pris tout ce qui me plaisait, j’hésitais sur trop de trucs.

Elle récupéra un certain nombre de cadeaux et j’ouvris de grands yeux en me rendant compte de tout ce qu’elle avait pris. Elle avait dû se ruiner pour nous offrir tout ça.

- Mais Leahna, tu es folle ! Lui dis-je. Fallait pas lui prendre autant de choses ! Merci beaucoup, c’est très gentil.

J’ouvris délicatement tous les présents pour Kyang Ja. Il y avait un assortiment de petits vêtements dans les tons verts avec des petites grenouilles dessus, ce qui était adorable. Le cadeau suivant était un petit pyjama blanc, avec des petites oreilles. Encore des chaussettes grenouilles toutes mignonnes, des chaussettes éléphant, et trois doudous : un éléphant, un ourson et un lapin. C’était tellement adorable tout ce qu’elle avait pris ! Je pliai les vêtements à côté de moi et me décidai à sortir de mon lit pour déposer ses nouveaux doudous avec lui. Il commençait à y avoir plus de doudous qu’autre chose dans son berceau, encore deux jours comme ça et il ne rentrerait plus avec. Leahna s’intéressa à mon fils et je me levai de mon lit pour m’approcher également de lui. Elle se mit à lui parler tout doucement, tandis qu’il gesticulait, se réveillant probablement. Elle passa ses doigts sur son visage et je la regardai faire, un regard bienveillant porté sur eux. Elle enchaîna, lui disant qu’il était adorable et paisible. Puis elle s’adressa à moi.

- Il est vraiment trop mignon. Il a l’air tout calme. Il ne pleure pas trop ? Quand il y a trop de bruit peut-être.

Je couvai mon enfant du regard, puis posai les doudous à côté de lui, en compagnie de ceux déjà présents. Je les alignai précautionneusement et relevai la tête vers Leahna.

- Non, c’est vrai qu’il est très calme, il ne pleure pas. C’est parce qu’il est encore fatigué ! Ris-je. Il est un peu plus bruyant seulement quand il a faim. J’espère qu’il restera calme comme ça au moins la nuit.

Kyang Ja bougea à nouveau, et mon amie continua à lui parler. Elle lui raconta alors que lorsqu’il serait plus grand, il se rendrait compte qu’elle lui avait fait plein de cadeaux avec lesquels jouer, ce qui me fit rire. Jun lui avait dit quelque chose de similaire. Les gens qui m’étaient proches étaient tellement adorables avec mon fils, j’étais émue. La chef des Sigma Mu se redressa au moment où il ouvrait de grands yeux, la fixant silencieusement. Enfin, c’était dans sa direction qu’il regardait, mais à son âge il ne pouvait la distinguer correctement. Elle me demanda alors si on allait lui parler uniquement en anglais. Je secouai la tête en signe de négation.

- Non, on va lui parler en coréen aussi. Ki et moi … quand on est tous les deux on ne parle qu’en coréen, alors on lui apprendra la langue aussi. Il aura la chance d’être bilingue.

Je passai moi aussi une main sur la joue de mon fils, puis sur le haut de son crâne. J’étais toujours étonnée par son crâne qui n’était pas encore complètement fermé à l’arrière. A la naissance, les os de la boîte crânienne n’étaient pas complètement soudés, il fallait donc faire encore plus attention à leur tête.

- Et le papa, comment il le prend ? Il est heureux de la bouille de son petit ange ? Moi j'en suis pas encore là, quand je vois la maturité de Dwight, parfois ...
- Oh bah tu sais, Ki … Il a eu du mal à s’y faire. Je passai une main dans mes cheveux, mal à l’aise. Ce bout de choux n’était pas prévu. Mais bon, je suis sûre qu’il l’aime, la petite bouille de son fils, il est tellement mignon !

Je parlais plus pour moi que pour elle. Ki n’était pas des plus démonstratifs depuis la naissance de Kyang Ja. Il l’avait tenu dans ses bras, oui, il l’avait déjà changé, mais il ne s’extasiait pas devant non plus. Ki était plus en retrait par rapport à sa naissance, ou du moins il montrait moins ses émotions. Il y avait juste eu cette fois lors de la visite de sa famille, quand il avait catégoriquement refusé que sa mère prenne son petit-fils dans les bras. Après réflexion, je voyais ce refus comme une protection, Ki avait un lien très particulier avec sa mère. Sa mère … Dans le fond, c’était un peu grâce à elle si nous étions ensemble. Si elle n’avait pas voulu me mettre en garde, si elle ne m’avait pas dit du mal de Ki, je n’aurais certainement pas fait un pas vers lui pour lui montrer qu’il n’était pas un monstre et que je tenais à lui. Peut-être que nous nous serions mis ensemble plus tard, peut-être pas. Mais les événements étaient là : l’intervention de sa mère m’avait poussée dans mes retranchements et m’avait ouvert les yeux sur mes sentiments pour Ki. Bon, après, elle n’était pas responsable de ce bébé, seuls Ki et moi l’étions. Entre elle et Ki il y avait une relation plus que particulière, et je me sentais toujours mal à l’aise quand je me retrouvais entre eux.
Kyang Ja agitait ses bras dans le vide par mouvements saccadés, et je posai mon index dans sa paume droite. Automatiquement, son réflexe fut de refermer sa main sur mon doigt, ce qui me fit sourire.

- Vous avez encore le temps avant de penser au bébé. Dis-je à Leahna. Et puis peut-être qu’en avoir un ferait mûrir Dwight ?

Je connaissais très peu le copain de Leahna. Je connaissais plutôt son frère, Dwaine. Et je ne l’aimais pas vraiment. Lui, il me jugeait pour ma grossesse, c’était un emmerdeur de première. Il ne s’était jamais demandé tout ce que j’avais vécu pour en arriver où j’en étais, les combats que j’avais menés, parfois même contre moi en personne. J’avais dû partir, vivre seule et subvenir seule à mes besoins. J’avais travaillé alors que j’étais enceinte. Et malgré la honte, malgré les remords, malgré la tristesse, j’étais revenue pour Ki, parce que je l’aimais plus que tout et que je ne pouvais repartir une seconde fois. C’était difficile d’assumer tout, de garder la tête haute sous les regards des gens. Heureusement que j’avais des gens comme Leahna, et non comme son beau-frère. D’un coup, Kyang Ja lâcha mon doigt et secoua de nouveau sa main dans le vide. Je regardai l’heure, il n’allait pas tarder à avoir faim, si ce n’était pas déjà le cas. Les heures de tété n’étaient pas encore complètement fixées et régulières, il n’avait que quatre jours après tout.

- Tu veux le prendre dans les bras pendant qu’il est réveillé ?

Normalement, il n’allait pas se mettre à pleurer si une inconnue le prenait dans ses bras, c’était déjà arrivé et il était toujours très calme dans ces moments-là. Il devait savoir que ce n’était pas sa mère, un bébé sentait ces choses-là, non ? Je savais qu’elle ne serait pas brusque avec lui, et qu’elle ne risquait donc pas de l’effrayer. Je me penchai au-dessus du berceau pour le prendre précautionneusement dans mes bras, veillant à bien tenir sa tête. Il était tellement léger … Si je devais avoir un regret, ç’aurait été celui de ne pas lui avoir permis de grossir plus. Mais ce n’était pas de mon ressort, j’avais fait tout mon possible pour qu’il soit en bonne santé. Ce qu’il était, mais il n’était pas gros pour autant. Je finis par déposer délicatement mon fils dans les bras de mon amie, et le lâchai finalement. Je passai une main sur sa tête chaude, il avait les yeux grands ouverts devant lui.

- Il est tellement petit … Commentai-je. Et dire qu’on a été aussi petits que lui. Viens t’asseoir, ça sera plus facile.

D’un geste de la main, j’invitai mon amie à prendre place sur le lit et m’assis juste à côté de la place que je désignais. J’étais encore fatiguée et j’évitais de rester debout pendant de longs moments, c’était plus reposant de s’asseoir ou même de s’allonger, même si c’était ennuyant à mourir. Je passai une main dans mes cheveux ondulés, les démêlant au passage, bien qu’ils n’étaient pas emmêlés. Je repris la parole pour aborder un sujet totalement différent, tandis qu’elle avait toujours le bébé dans les bras.

- Sinon, comment se passe la fin de ton année ? Avec la naissance de Kyang Ja, je ne pourrai pas passer les examens, mais comme j’ai loupé plein de cours, je redouble, alors ça ne sert pas à grand-chose de les passer. Ça me donne quelques semaines de vacances supplémentaires.

Il restait moins de trois semaines de cours. Je le savais depuis le moment de ma réinscription à l’université : j’allais repasser ma première année, et en vue de la date de la naissance prévue, j’aurais du mal à passer mes examens dans de bonnes conditions. J’en avais discuté avec le nouveau proviseur et nous avions convenu que j’étais dispensée de cours à partir du moment où mon enfant serait né. Je comptais néanmoins récupérer les cours loupés sur quelqu’un d’autre pour pouvoir les travailler à mon rythme pendant les vacances. Je savais que l’année prochaine serait compliquée, puisque maintenant que j’avais un enfant, il fallait que je m’en occupe. Je n’étais pas toute seule dans cette histoire, mais Ki avait sa carrière qui allait être lancée, et plus de responsabilités que moi. Alors j’étais prévoyante et j’allais m’avancer sur mes cours.
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Sam 2 Aoû - 17:13

Depuis une dizaine de minutes maintenant, Leahna tournait dans les rayons d’un magasin de maternité. Passant de temps en temps sa main dans ses cheveux blonds, afin d’écarter ses mèches de sa vue, elle s’arrêtait tous les 50 centimètres et prenait soin de regarder chaque jouets et accessoires pour bébé. Elle avait eu plusieurs mois pour le faire et pourtant, c’était le jour-J, le jour de la naissance du bébé de Shin qu’elle se décida à faire ses achats. Alors qu’elle était en train d’hésiter sur deux coloris dans les petites chaussettes pour bébés, une vendeuse vient à sa rencontre afin de lui proposer son aide, Leahna lui expliqua son dilemme : « En fait, j’hésite entre orange et bleu. Orange ça peut facilement aller pour les petites filles, non ? Et Bleu c’est très stéréotypé pour un petit garçon… Ou alors je prends vert ? » Tout en exposant son hésitation, Leahna réfléchissait tout haut. La dame lui répond alors « Ben prenez les deux ». La jolie blonde fixait la dame et laissa échappé un léger rire « Oui et si j’hésitais sur 5 couleurs, vous m’aurez dit de prendre les 5, c’est logique. Bon je vais prendre les vertes, juste pour vous contrarier un peu ». Au fur et à mesure qu’elle avançait dans les rayons, son panier se remplissait à vue d’œil au point qu’elle n’avait plus la place, pas même pour une petite peluche qui la faisait littéralement craquer. Elle fut donc obligée de charger sa main libre et une fois qu’elle eut terminé, elle se dirigea vers la caisse avec hésitation en voyant un joli éléphant tout doux. Elle déposa son panier pleins de jouets et laissa échapper un « Je reviens ». Elle s’empressa d’aller chercher le coup de cœur qu’elle venait d’avoir, et puis finit par se concentrer sur la dame qui emballait tout dans des emballages cadeaux cartonnés. Lorsque le tout fut empaqueté, Leah pinça les lèvres, songeuse « Excusez-moi, ça vous dérangerait de m’aider à porter tout dans ma voiture, parce qu’honnêtement, je crois que je vais galérer ». Une fois tous les cadeaux dans la voiture, Leahna prit la direction de l’hôpital, dansant au volant de sa voiture au rythme de la musique que diffusait la radio. Lorsqu’elle trouva une place où se garer, c’était toujours le même problème : Comment porter tous ces paquets jusqu’à la chambre de Shin ? Elle ne se gêna pas à demander de l’aide à un infirmier qui passait par-là et celui-ci acceptant Ils partirent tous les deux afin d’apporter tous les cadeaux à la jeune Alpha Psi. Devant la chambre, Leahna frappa et lorsqu’elle fut autorisée à entrer, elle passa la porte avec beaucoup de difficultés : ses cadeaux prenant beaucoup trop de place pour que tout le monde passe en même temps, elle réussit néanmoins à rejoindre le lit de Shin sans trop de bruit ni de casse, pour ne pas réveiller le petit garçon qui dormait. Elle déposa ses cadeaux à ses pieds afin de s’avancer pour saluer Shin : « Bonjour Shin, comment tu vas ? Tu es magnifique, tu as bonne mine. » Leahna lui adressa un sourire puis lui tendit dans un premier temps, un joli bouquet de fleur : « J’ai plusieurs cadeaux pour toi, je ne savais pas quoi prendre, donc j’ai pris tout. J’espère que tu ne m’en voudras pas » Elle lui tendit ensuite un panier avec un assortiment de fruits et enfin un autre panier rempli de chocolat. Leahna s’installa au pied du lit en regardant la jeune maman « Les fruits c’est pour que tu récupères des forces. Ca va te faire une cure vitaminée et … Le chocolat c’est pour vous aider à récupérer psychologiquement » ponctua-t-elle d’un sourire. Elle se rappela ensuite qu’elle était venue avec plusieurs autres cadeaux pour le nouveau né « Pareil pour les cadeaux de ton fils, je ne savais pas quoi prendre, donc j’ai pris tout ce qui me plaisait, j’hésitais sur trop de trucs ». Leahna se pencha vers le sol pour attraper tous les paquets et les déposais sur le lit de Shin, de sorte à ce qu’elle puisse les attraper un à un et les ouvrir. Enfin, elle pu se focaliser sur le petit garçon. Elle s’approcha délicatement du berceau et admira l’enfant qui ouvrait ses petits yeux « Coucou toi ». Tout en s’adressant au bébé d’une voix à peine audible et douce, elle glissa son doigt sur la petite bouille toute mignonne du petit garçon et continua « T’es tellement adorable et t’as l’air tellement paisible ». Leahna se retourna vers Shin « Il est vraiment trop mignon. Il a l’air tout calme. Il ne pleure pas trop ? Quand il y a trop de bruit peut-être » Elle continuait ensuite à observer le petit être qui remuait légèrement dans son berceau et reprit à l’attention du bébé « Quand tu auras l’âge de comprendre, tu verras que je t’ai apporté une montagne de cadeaux avec lesquels tu pourras jouer ». Leahna se redressa une bonne fois, prise d’une interrogation quant à la langue qu’allait parler Kyang Ja, et s’éloigna du berceau pour revenir près de Shin « Vous allez lui parler en quelle langue ? Juste anglais ? » Elle tourna de temps en temps la tête vers Kyang Ja et puis eut une pensée pour Ki « Et le papa, comment il le prend? Il est heureux de la bouille de son petit ange? Moi j'en suis pas encore là, quand je vois la maturité de Dwight, parfois...»


Les cadeaux que Leah offre à shin:

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Les cadeaux que Leah offre à Kyang Ja :roll: :

Un , deux (choisis la couleur que tu veux haha) , trois, quatre, cinq, six , sept
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Ven 18 Juil - 23:34



C’est ainsi que sa vie commença – Les proches

Aujourd’hui, les parents de Ki venaient me rendre visite. J’étais très stressée à l’idée de les revoir, dans ces circonstances. Il y a neuf mois, je venais les visiter comme amie de Ki, colocataire proche de lui, mais certainement pas comme future mère de son premier enfant. Seule sa grand-mère … Seule sa grand-mère avait pu apercevoir que finalement, il y avait plus que ça entre nous, sans deviner toutefois que nous allions faire une grosse bêtise. Etait-ce une lubie de sa part et le hasard avait fait qu’elle avait raison ? Ou avait-elle réellement vu ce que nous, nous n’avions pas vu ? Elle aussi serait là. J’étais rassurée de savoir qu’elle accompagnerait les parents de Ki, elle était moins dure qu’eux. Elle avait grondé son petit-fils, mais elle avait bien pris la nouvelle, elle acceptait facilement ce bébé. Elle était celle qui semblait avoir le lien le plus fort avec mon copain.
Toujours était-il que j’étais très anxieuse. Je ne savais pas ce qu’ils allaient me dire, je ne savais pas comment ils allaient se conduire avec notre fils. Oui, nous nous avions été irresponsables, mais lui il n’y était pour rien. J’avais la majorité des responsabilités, Ki quelques-une, Kyang Ja aucune. Il n’était qu’un nourrisson qui n’avait pas spécialement demandé à être là. On ne pouvait pas le punir maintenant qu’il l’était.

Ki m’avait prévenu, il viendrait peu avant quatorze heure, heure de rendez-vous avec ses parents. Il arriva comme prévu, me saluant avant d’aller ouvrir la fenêtre. Il avait cette habitude que je ne comprenais pas. Je sentais qu’il n’aimait pas les hôpitaux, qu’il s’y sentait très mal. Mais je ne savais pas pourquoi, il ne m’en avait jamais parlé. Et je n’osais pas lui poser la question. Y avait-il de mauvais souvenirs ? Avait-il fait un séjour dans un hôpital, au point de ne plus vouloir y mettre les pieds ? J’aurais voulu qu’il soit un peu plus proche de moi, pas forcément beaucoup, mais qu’il ne se contente pas de rester loin, à sa fenêtre. S’il pouvait juste passer ma main dans ses cheveux, par exemple, ça me rassurerait, j’avais peur. Mais je voyais qu’il n’y arrivait pas. Et je ne savais pas pourquoi.
Je tenais notre bébé dans les bras, il venait de finir de manger et j’avais eu le temps de me rhabiller. Je savais que je ne devais pas l’y habituer, mais je l’avais gardé dans les bras pour le regarder s’endormir. Allais-je m’en sortir avec lui une fois sortie ? Et dans quelques années ? Ki serait-il toujours à mes côtés pour me soutenir ? Allons-nous être heureux tous les deux ? Quoi que je fasse, j’avais l’impression de ne pas réussir à faire sourire Ki, à le rendre plus heureux. J’échouais dans tout ce que je faisais. Je profitais de sa présence pour aller mieux, il me donnait sans s’en rendre compte et moi, je ne lui donnais rien. Mon visage était baissé sur celui de ce fils que je venais d’avoir, un sourire béat l’illuminant. Je n’étais pas objective, je le trouvais trop mignon.

- Mes parents ne devraient pas tarder.

Il jeta un œil à sa montre et je ne lui répondis pas, me contentant de déglutir. Sa présence avait fait descendre légèrement mon stress, ses paroles l’avaient fait remonter. Ses parents allaient bientôt arriver. Comment est-ce que ça allait se passer ? Me ferais-je engueuler moi aussi ? Allaient-ils me dire, eux aussi, que j’étais une irresponsable pour être tombée enceinte et encore plus pour avoir pris la fuite ? Je savais tout ça. Je savais aussi que j’avais fait beaucoup de mal à Ki en m’en allant comme ça. Allaient-ils me le reprocher ? Ki n’avait jamais rien dit, se contentant de répéter que j’avais eu mes raisons de partir, m’en voulait-il ? Comment pouvait-il ne pas m’en vouloir ! Je lui avais caché que j’étais enceinte de lui, merde. Je ne comprenais même pas comment il avait pu accepter que je revienne. M’aimait-il vraiment ? Oui, sinon il m’aurait rejetée, non ? Ou m’acceptait-il seulement parce que j’étais enceinte ? Et maintenant que j’avais accouché, c’était quoi la suite ? J’avais peur de l’avenir qui nous attendait. Moi je voulais rester avec lui, je l’aimais. Mais je n’étais même pas sûre que mes sentiments étaient réciproques. Il le montrait tellement peu. Et malgré tous mes efforts, je ne parvenais pas à lire dans ses pensées.

- Il a fini de manger ?

Il regardait le petit, moi je le regardai lui. Je voyais qu’il allait mal, je sentais qu’il était mal. A chaque fois qu’il venait, une petite voix en moi me disait « fais-le partir, tu vois bien qu’il souffre » mais moi je me sentais tellement mieux quand il était là que je ne le faisais pas. J’étais lâche. Je serrai Kyang Ja doucement dans mes bras, veillant à ne pas le réveiller, lui qui venait de s’endormir.

- Oui, il a fini. Il n’a pas mangé beaucoup, peut-être qu’il va vite redemander.

Je fis une moue gênée. Il était déjà arrivé qu’il réclame pendant que quelqu’un était là. Si c’était Ki, ça ne me gênait pas trop, après tout c’était son père, il savait à quoi ressemblaient mes seins … Mais lorsque ça avait été Jun, son meilleur ami, ça n’avait pas été la même chose. J’étais mal à l’aise au possible, je lui avais même demandé de se retourner le temps d’installer le petit. Chose qui n’avait pas servi à grand-chose, il m’avait regardée sans aucune gêne, profitant du spectacle. Jun n’était vraisemblablement pas du tout pudique, et jamais gêné par quoi que ce soit. Je n’avais pas mal pris son indiscrétion, mais elle m’avait mise très mal à l’aise.
Le silence retomba sur nous deux, je ne savais pas quoi lui dire de plus, de plus en plus anxieuse par le temps qui me rattrapait. Bientôt l’impact … Je n’eus pas le temps d’enchaîner sur une autre pensée qu’on frappa à la porte. Mes yeux quittèrent celui que j’aimais pour découvrir son père ouvrant et entrant. Il s’excusa et une deuxième voix se fit entendre. Je l’avais entendue plus souvent, et il y avait moins de temps : sa grand-mère. Elle demandait où il se trouvait à son petit-fils, et poussa une exclamation en posant les yeux sur mon fils, que je tenais toujours contre moi. Mon cœur se mit à battre à tout rompre. Ils étaient là. La grand-mère continua sur sa lancée, s’avançant vers moi et me disant qu’il était magnifique. Je lui souris timidement quand elle remonta les yeux vers moi. Jyang Ja ouvrit de grands yeux à cause de bruit, remuant un tout petit peu, comme pour s’étirer. Le pauvre venait d’être réveillé. Il ne se mit pas à pleurer pour autant, chose que je pus apprécier. J’étais déjà dans une semi-panique, s’il avait fallu qu’il pleure, ça aurait empiré les choses. Mais non, il resta calme, se contentant de cligner des yeux comme il le faisait à chaque fois que quelque chose se passait autour de lui. Tentait-il de nous distinguer ? Il n’avait que quelques jours, il me semblait qu’à cet âge les nourrissons ne voyaient pas très bien. Alors, mon fils essayait-il de rendre sa vision plus nette, afin de voir ce qui faisait autant de bruit ? La grand-mère de Ki tendit ses mains vers moi et, comprenant le message, je lâchai le petit de mon bras gauche. Elle attrapa ma main en me parlant.

- Félicitation ça n'a pas été trop dur ? Tu as fait du beau travail, maintenant repose-toi bien et laisse Ki faire le boulot ...

Je lui souris timidement. Si ça avait été dur ? Sans mentir, si. Je m’étais préparé, on m’avait prévenue que ça allait être long et douloureux. Mais même préparée, je ne m’étais pas attendue à ça. C’était une douleur au-dessus de ce que nous connaissions en temps normale, et elle m’avait rappelée ce fameux jour, il y a quelques années. Ce n’était pas la même chose du tout, mais ce souvenir était venu me rendre visite. J’avais eu un accouchement très calme, un accouchement dont toutes les femmes rêvaient, surtout pour un premier enfant. Une simple péridurale, quelques heures d’attente, bien que douloureuse, et enfin mon enfant dans mes bras. Donc ça avait été dur, oui, mais pas trop. Et puis, tout ça avait été oublié à la seconde où j’avais pu le serrer contre moi, le sentir respirer et l’entendre pleurer. Le fils de Ki. Je secouai la tête, toujours en souriant faiblement.

- Non non, ça a été. Ça a juste été … douloureux.

Je fis une pause, tournant ma tête vers Ki, puis enchaînai de nouveau. Je reportai mon attention sur sa grand-mère, mais je m’adressais à l’ensemble de sa famille.

- Merci beaucoup d’être venus.

Mon sourire s’effaça quand une dernière voix se répercuta dans la pièce. Sa mère me dit bonjour, s’avançant vers moi. Je soutins son regard une seconde, lui répondant à mon tour un « bonjour » et baissai la tête, intimidée. Sa mère … C’était un peu grâce à elle si nous étions en couple. Peut-être que si elle n’avait pas décidé de me parler de son fils, je n’aurais jamais eu le déclic pour comprendre mes sentiments, ni le courage pour les dévoiler. Ce jour-là, j’avais senti une certaine hostilité envers lui, hostilité qui le faisait souffrir. Qu’avait-il fait à sa mère pour qu’elle vienne en personne me parler de lui, il y a un an ? Pourquoi était-elle venait aujourd’hui si elle le considérait comme elle me l’avait dit ? Sa mise en garde n’avait fait que nous donner un coup de pouce. Etait-ce un mal ou un bien ? Regardez la situation d’aujourd’hui, était-ce mieux ainsi ou aurais-je dû écouter sa mise en garde ? Non. Je ne regrettais pas. J’aimais Ki, sincèrement, même s’il avait peur de cet enfant, même si j’avais l’impression que ses sentiments n’étaient pas réciproques. Je ne pouvais rien y faire, je l’aimais, c’était comme ça. Je sentis la grand-mère de Ki se rapprocher encore de moi, me lâchai la main et tendant les bras vers Kyang Ja. Notre échange fut silencieux, et je la laissai prendre mon enfant. Elle souriait tout ce qu’elle savait, son sourire s’étalant sur l’entièreté de son visage. Elle semblait émerveillée par ce petit bout de chou, contrairement à Ki et ses parents, bien plus réservés. Elle ne cessait de parler, de faire des compliments sur ce bébé très calme et adorable selon elle. Puis elle se dirigea vers le père de Ki, en le qualifiant de « grand-père ». Le terme me ramena à la réalité. Oui, ils étaient grands-parents maintenant. Tout comme mes parents. Et Ki et moi, nous étions père et mère. J’avais un enfant. La grand-mère ajouta, certainement à mon intention, qu’il n’était pas grognon comme il en avait l’air. Je les regardais en silence, ne sachant trop quoi dire. Nous étions tous des pions uniques, seulement liés par cette vieille femme débordante d’amour.

Enfin, l’homme accorda un peu d’attention à celui qui était désormais son petit-fils. Il sourit en lui tenant la main, ce qui me fit sourire à mon tour.

- Pour une fois que grand-mère ne dit pas de bêtise, tu es tout à fait à croquer Kyang Ja.

Je le remerciai intérieurement du compliment. Evidemment qu’il était à croquer ! Mais bon, j’étais sa mère, je n’étais pas objective. Pour moi, c’était le plus beau bébé du monde, et il serait le plus bel homme au monde, aussi. A égalité avec son père. Vision un peu trop rêveuse, vous ne trouvez pas ? La grand-mère, toujours proche de son fils, lui proposa de le prendre dans ses bras. Il s’insurgea après qu’elle l’eut qualifié de « gamin », mais finit tout de même par prendre son petit-fils. J’étais toujours silencieuse, intimidée par cette famille que je ne connaissais pas, et envers qui je me sentais coupable. J’avais gâché la vie de leur fils, non ? La mère de Ki s’approcha à son tour. Elle était certainement celle qui me faisait le plus peur. Son père m’effrayait, elle elle me terrorisait. Il s’adressa au bébé, le saluant, me faisant oublier une seconde. De son côté, la grand-mère de Ki lui parlait, je pus distinguait ses paroles, alors qu’elle s’extasiait –encore- sur sa beauté de nouveau-né. Jusqu’à ce que la voix de la mère de Ki brise le bruit ambiant.

- Je peux le prendre ?
- NON !

Je regardai Ki, très surprise. Je savais qu’entre lui et sa mère, il y avait quelque chose, mais je ne pensais pas qu’il irait jusqu’à refuser qu’elle prenne Kyang Ja dans ses bras. Il répéta « non » tout doucement en reculant. A mesure que le temps passait, il semblait de plus en plus mal, et moi je commençais à l’être de le voir comme ça. Aurai-je un jour le courage de lui demander pourquoi il y avait cette tension avec sa mère ? Un échange s’engagea lorsque son père lui demanda ce qu’il disait, et qu’il répéta qu’il ne voulait pas. Je me sentais mal à l’aise, mon cœur battait toujours beaucoup trop vite. J’avais l’impression d’être de trop, extérieure à la scène qui se déroulait sous mes yeux. C’était irréel. Ki se retrouva contre le mur, sa mère s’avançant lentement vers lui. Elle finit par poser sa main sur son visage en lui demandant des explications. D’un geste tendre, elle replaça sa frange en continuant à lui parler. Je ne comprenais vraiment rien, elle avait un comportement tout à fait singulier. Je ne lui avais parlé qu’une fois dans ma vie, une seule fois, et notre échange n’avait pas vraiment été normal. J’avais compris ce jour-là que cette mère avait de la rancœur pour son fils. Neuf mois après, je ne savais toujours pas pourquoi, je n’avais toujours pas trouvé le courage de lui en parler. Au final, elle se tourna vers moi, pour me demander directement si elle pouvait tenir son petit-fils dans ses bras. Je sortis enfin de ma léthargie, mon sourire ayant de nouveau disparu. Elle avait cet effet sur moi. Je souriais de manière constante, sans vraiment m’en rendre compte, mais sa présence effaçait tout sourire tellement elle était impressionnante. Je voyais bien que Ki ne voulait pas qu’elle le fasse, mais moi je n’avais pas la force de refuser.

- Oui … euh oui, bien sûr. Lui répondis-je d’une petite voix. Vous pouvez le prendre.

Elle le berça doucement, lui qui était resté calme pendant tout ce temps. Il était tour à tour somnolant puis réveillé, dérangé par les présences inconnues. Pourtant, il restait silencieux, comme s’il n’avait pas peur, ou comme s’il n’avait pas envie d’exprimer sa peur. Que se passait-il dans sa tête ? Comment s’organisaient les pensées d’un nouveau-né ? Sentait-il que ces personnes étaient de son sang, de sa famille ? La mère de Ki confirma les paroles de tout le monde avant elle : c’était un bébé magnifique. Elle pensait que j’allais bien m’en occuper, peut-être même de trop, c’était mon premier enfant. Serait-ce le seul ? Ki voudrait-il avoir d’autres enfants, dans quelques années ? Me quitterait-il, devais-je refaire ma vie avec un autre ? Non, je n’en avais pas envie. C’était lui que je voulais, peu m’importait ce que je devais subir. Tant qu’il voulait encore de moi, tant qu’il y avait ce quelque chose qui faisait qu’il restait avec moi –et j’espérais que c’était de l’amour-, j’étais prête à tout endurer pour lui. C’est à ce moment-là qu’elle évoqua un nom qui m’était inconnu, et qui m’intrigua énormément. Ki Suk. Qui était-ce ? Je me rappelai que Ki avait un frère, dont j’ignorais tout. Etait-ce à lui qu’elle faisait référence ? C’était plus que probable, pourquoi parlerait-elle d’un autre enfant ? Je me forçai à sourire, crispée. Je ne comprenais toujours rien à ce qu’il se passait autour de moi, j’étais complètement perdue. C’en fut trop pour Ki, qui s’échappa dans la chambre après nous avoir dit qu’il allait aux toilettes. Nous ne parlions pas énormément, pas des choses importantes comme nous aurions dû, mais je le connaissais suffisamment pour voir qu’il se sentait très mal. C’était une des pires fois où je l’avais vu dans cet état. La première fois, c’était l’été dernier, ce jour où sa mère m’avait prise à part pour me parler. En comparaison, aujourd’hui c’était moins violent, mais quand même. Le point commun ? Sa mère. Et moi. Que se passait-il ? Je ne savais rien. Elle décida finalement de le reposer dans son berceau, me félicitant à nouveau et me conseillant de prendre soin de mon enfant. Je lui souris faiblement.

- Merci … Je prendrai soin d’eux deux.

Je baissai la tête vers le petit, qui fermait déjà les yeux, sentant son lit autour de lui. Il n’y avait pas que du fils dont je devais prendre soin, son père aussi. Si Ki avait été encore là, je l’aurais fixé avec la même tendresse que je fixais Kyang Ja, mais il n’était pas revenu. Son père, qui était redevenu silencieux revint vers moi, me tendant un sac. Je le récupérai en le remerciant, puis regardai ce qu’il y avait à l’intérieur. Ils avaient acheté plein de choses pour lui, dont une veilleuse, des couverts et même des affaires pour le bain. J’étais touchée qu’ils m’offrent quelque chose malgré le fait que j’aie saccagé la vie de leur fils. Il me félicita à nouveau, au nom de toute la famille. Je le remerciai à nouveau, incapable d’en dire plus. Puis son visage se ferma légèrement, et il reprit la parole.

- Shin ? J'aimerais rencontrer tes parents. Ki m'a dit que tu ne voulais pas les en informer mais il n'a pas su me donner plus de détails. Si mon fils se contente d'informations vagues ce n'est pas mon cas. Si vous voulez être pris au sérieux tous les 2 cessez de faire les ENFANTS ! Tu comptes faire comment pour élever cet enfant en même temps que tes études ? Hein ? Vous ne vivez pas dans un conte de fée, l'argent qui vous permettra de survivre vous le prendrez de quelqu'un ayant sué pour l'avoir ! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec tes parents, ni pourquoi visiblement vous êtes en froid tu as certainement d'excellentes raisons mais il serait temps d'arrêter de fuir vos responsabilités. Vous comptez l'élever avec quel argent cet enfant ? hum ? C'est avec MON argent que vous allez l'élever, j'estime que le minimum serait de m'expliquer le problème.

La panique s’empara à nouveau de moi, comme à chaque fois qu’on évoquait mes parents. Au fur et à mesure qu’il parlait, l’eau embua mes yeux, j’avais envie de pleurer. Je ne pouvais pas en parler … Je ne pouvais pas lui dire ! J’avais tellement honte. J’aimais cet enfant, j’aimais Ki, j’étais heureuse d’être mère, et si c’était à refaire je le referais certainement. Mais j’avais quand même honte d’être tombée enceinte comme ça. Je ne parvins pas à parler, la grand-mère coupant son fils pour le réprimer. Pour elle, il aurait dû attendre avant d’avoir cette discussion avec moi. Mais maintenant ou plus tard, les réponses restaient les mêmes, la douleur aussi. Je ne pouvais pas en parler à mes parents. Surtout maintenant que tout était fait, que j’avais accouché et que j’avais assumé ma responsabilité. Certainement pour ne pas être importuné plus longtemps, il demanda à sa mère et à sa femme de sortir, ce qu’elles virent non sans les contestations de la vieille femme. Avant de partir, elle tenta de me rassurer, mais c’était peine perdue. J’étais tétanisée. Il reprit la parole, et j’entrai en apnée.

- Tu comptes passer le reste de ta vie avec Ki ? Tu en es certaine ? C'est vraiment ce que tu veux ? Où comptez-vous vivre ? Avec quel argent ? Quel travail ? Comment tu vas faire pour tes études ? Tu n'as pas la moindre réponse à m'apporter tout comme Ki, n'est-ce pas ?! Oui c'est énormément de pression sur vos jeunes épaules au lieu de vous amuser comme les jeunes de votre âge vous devez déjà tremper dans le monde des adultes. Si la réponse est en Corée alors il serait peut-être temps de réfléchir au mariage, vous ne pensez pas ? On n'élève pas un enfant en étant mère célibataire en Corée, ça revient à se suicider. Tu ne connais peut-être pas bien les mœurs en Corée comme tu es partie jeune mais si tu comptes vivre avec Ki en Corée, le mariage est la seule solution !

Ses paroles me surprirent et j’écarquillai les yeux. Je tentai de me défendre, maladroitement.

- Je … je … oui je veux … enfin, je sais que lui … Moi je suis prête à …

Je ne finis pas ma phrase, incapable d’aller plus loin. Oui, je voulais passer le reste de ma vie avec lui, s’il le voulait. J’étais prête à tout pour lui, ou presque. Mais ce n’était pas aussi facile que ça, n’est-ce pas ? Ki avait plus de distance vis-à-vis de moi. Il avait déjà très mal pris ma grossesse, il ne voulait pas de ce bébé, il n’était pas prêt pour ça. Alors parler de nous marier et de passer le reste de nos vies ensemble … C’était peut-être un peu trop rapide pour lui. Il n’était pas prêt non plus, et peut-être que moi avec.

- J'en ai déjà parlé avec Ki et comme tu dois t'en douter, il n'est pas particulièrement hum enchanté à cette idée. J'ai dû mal à le comprendre et il ne répond jamais vraiment à mes questions ... j'ai honte même moi son père je ne le comprends pas alors qu'un simple ami en est capable. Il a réussi où j'ai échoué. Je n'ai même pas été capable d'être un père pour lui, il a fallu que ce soit un autre qui prenne ce rôle. Cet enfant est ... particulier peut-être qu'avec toi comme avec son meilleur ami par le passé il s'ouvre plus ... j'en sais rien je l'espère. Quoiqu'il en soit, je pense que Ki n'abandonnera pas facilement ses rêves pas même pour le bien de cet enfant, ni pour toi. Je ne veux pas paraître grossier ni cruel mais il est temps d'ouvrir les yeux. Ki est mature pour son âge, on lui donnerait facilement 6 ans de plus mentalement bien qu'il n'ait que 18 ans, c'est un garçon sérieux, il prendra soin de toi, de son enfant je n'ai aucun doute là-dessus, il a un sens des responsabilités très présente... CEPENDANT ce n'est encore qu'un enfant, un enfant capricieux et gâté et je ne veux pas qu'il s'enferme de nouveau par sa propre volonté dans une cage. Je veux son bonheur ... il n'a que 18 ans. J'ai demandé à Ki de réfléchir mais il en va de même pour toi, réfléchis bien, réfléchis très attentivement à ce que tu veux ou ne veux pas pour toi et cet enfant !

Ses paroles me firent mal, très mal. Elles ne confirmaient que ce que je pensais, mais c’était douloureux. Qui avait des rêves, et il était prêt à tout pour les atteindre. Je ne m’attendais même pas à ce qu’il les sacrifie pour moi, je savais qu’il ne le ferait pas, et je ne voulais pas qu’il le fasse. S’il pouvait juste … s’il pouvait juste m’accepter à ses côtés, alors je resterais une ombre silencieuse, sans jamais rien lui demander de plus. J’avais besoin de sa présence plus que tout, et tant pis si je ne devais avoir que ça, je saurais m’en contenter. Je bredouillai quelque chose, le rouge aux joues, tout en tripotant mes doigts.

- Je … Ki n’est pas … Je ne veux pas qu’il fasse … des sacrifices. Je sais ! Je sais que je ne suis … qu’une imbécile … Mais moi aussi … mais aussi je ne veux que son bonheur.

Un sanglot s’installa dans ma voix, je ne savais plus quoi faire ni quoi dire pour me défendre. Je n’avais toujours rien dit concernant mes parents. Alors je tentai de chasser la honte de mon regard, puis relevai la tête pour regarder le père de Ki droit dans les yeux.

- Mes parents … ne savent pas où je suis. Je sais que vous voulez comprendre mais … mon père, il … il leur ferait du mal …

Sur la fin de ma phrase, ma voix se fit presque inaudible, étouffée par la nervosité et les sanglots. Tu ne crois pas exagérer un peu, Shin ? Il leur ferait du mal, tout de suite les grands mots. Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse maintenant qu’il est né et déclaré ? Qu’est-ce que tu veux qu’il leur fasse ?!

- Kyang Ja est mon petit-fils dorénavant, je ne le laisserai pas tomber et je ferais mon possible pour qu'il ait une vie heureuse. Il en va de même pour toi ... le jour où tu feras partie de notre famille.

Il parlait encore du mariage. Ki n’était pas prêt pour ça, il le savait, je le savais. Il lui avait demandé, et il avait compris que pour le moment ce n’était pas possible. Pourtant, il sous-entendait clairement que nous devions nous marier pour faire avancer les choses, comme si c’était indispensable pour prouver que nous étions responsables. Bon, pour le moment nous avions plutôt montré que nous ne l’étions pas, sinon ce bébé ne serait pas là. Mais nous allions nous rattraper, hein Ki ? Dis-moi que ça va aller et que tu seras avec moi, je n’ai besoin que de toi. Je baissai la tête, à court d’arguments. Enfin, comme si j’en avais eus …

- Repose-toi bien. Je ne suis pas ton ennemi, je veux votre bonheur et particulièrement celui de Ki.
- Mer … ci.

Il me laissa alors seule avec mes larmes menaçantes, Kyang Ja dormant paisiblement à nouveau. Je restai allongée dans mon lit, pensive, Ki n’étant toujours pas revenu. Avions-nous un avenir ou tout se finirait-il aussi vite que ça avait commencé ? Je voulais avoir espoir, parce que moi je voulais rester avec Ki. Non, ce n’était pas un conte de fée, je m’en étais rendue compte depuis longtemps. Si ça en avait été un, je n’aurais pas eu cet enfant, je serais toujours en Corée, couverte par l’argent de mon père. Mais j’estimais que si nous voulions rendre la vie plus belle, avec un effort, nous pouvions le faire. Pas la transformer en conte de fée, non, mais l’améliorer, la faire briller. Après un temps qui me sembla interminable, mon copain refit enfin son apparition, me demandant s’ils étaient partis je hochai la tête pour lui répondre, ravalant mes derniers sanglots avant qu’il ne s’aperçoive de quelque chose.

- Désolé ... pour tout à l'heure.

Il était toujours mal à l’aise, mais il avait l’air de se sentir mieux, il avait repris quelques couleurs. Je lui souris tendrement, réchauffée par sa présence à mes côtés dans ce moment de doute.

- Ce n’est pas de ta faute. Estimai-je.

Il enchaîna en m’informant qu’il allait devoir me laisser lui aussi, il avait un entraînement. Il s’approcha doucement du berceau où dormait paisiblement son fils. Je le regardai placer les peluches autour de lui, le cœur gonflé par ce geste tendre. Ça n’arrivait presque jamais, Ki n’était pas démonstratif, encore moins avec cet enfant. Il toucha sa joue du bout du doigt en souriant. Peut-être que tout n’était pas perdu, peut-être qu’il aimait déjà son fils mais qu’il ne savait pas comment le montrer. Je le laissai faire, silencieuse, imprimant ces magnifiques images dans ma mémoire.

- Vivement que vous sortiez d'ici et que vous rentriez.

J’ancrai mes yeux au siens, souriant. L’ombre menaçante de sa famille pesait moins lourd sur mes épaules, et sa présence permettait de la tenir éloigner loin de moi.

- Oui, je commence à m’ennuyer à ne rien faire de mes journées !

Il se tourna pour se diriger vers la porte. Comme à son habitude, il ne me dit pas vraiment au revoir, il n’eut aucun geste envers moi. Pas de geste tendre, pas de geste froid, pas de geste neutre, rien. Est-ce que je le dégoûtais toujours ? Il s’arrêta avant de franchir la porte et se tourna une dernière fois vers lui. Interloquée, je tentai de lire sur son visage, mais il était inexpressif. Puis il me posa une question qui m’assomma à moitié de surprise. Il me demanda pourquoi je l’aimais. Pourquoi je l’aimais ? Il y avait plein de petites raisons et pas de raison particulière. Je l’aimais, c’était comme ça. Je déglutis, prête à répondre, réfléchissant furieusement aux mots que j’allais employer.

- Je t’aime parce que … tu es attentionné, tu as toujours été là pour moi … alors que moi, je t’ai abandonné. Tu es attachant … tu es gentil, tu es naturel. Tu m’as … fait retrouver mon équilibre, mon chemin alors que j’étais perdue. Je t’aime parce que … Je t’aime parce que tu es Ki Beom Lee … tout simplement.

Je me sentais stupide. Tellement stupide ! J’étais plus démonstrative que lui, mais j’avais dû mal à faire mes aveux. Je l’aimais parce que je l’aimais, c’était tout. Déjà que je ne m’en étais pas rendu compte avant comme une idiote. A partir de quand j’avais commencé à avoir des sentiments pour lui ? Etait-ce ce qui m’avait poussée à quitter Ethan ? Pourquoi me posait-il cette question ? J’avais tellement envie de lui retourner, mais différemment. Pas de lui demander pourquoi il m’aimait, mais tout simplement s’il m’aimait. Il ne me l’avait jamais vraiment dit, et son comportement n’était pas clair. Je ne devais pas douter de lui, mais comment faire si je n’avais aucun indice ? Je ne demandais pas grand-chose, pas même qu’il me le dise clairement, mais au moins qu’il me le fasse comprendre. Une fois, rien qu’une fois, pas une de plus. Je saurais me satisfaire de ça. Mais j’avais besoin de savoir si mes sentiments étaient partagés, et si je n’avais pas vécu tout ça pour rien. Mais oui Shin il t’aime, sinon il ne serait pas resté avec toi ! Ce bébé lui fait peur, ce n’est pas pour lui qu’il est là, mais pour toi. Arrête de douter de ses sentiments, respire et avance, c’est ce que tu dois faire maintenant.
Oui, maintenant tu as un fils avec Ki Beom Lee, et tu dois être responsable. Ki s’était éclipsé une fois que j’avais fini de parler, et je commençais déjà à me sentir seule. Je me tournai vers le berceau de Kyang Ja, posant mes deux mains à plat sur mon oreiller, y ajoutant ma tête ensuite. Il dormait toujours, finalement cette visite ne l’avait pas tant marqué que ça. Si seulement je pouvais en faire de même.
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Ven 27 Juin - 12:16


Ki et Shin



".


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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Lun 16 Juin - 14:25



C’est ainsi que sa vie commença – Les proches


Je l'avais fait. J'avais mis au monde mon enfant. J'étais à présent mère. Ce mot, lourd de sens, faisait encore battre mon cœur quand j'y pensais. Je n'avais même pas dix-neuf ans que j'avais un enfant, un enfant non désiré à l'origine. Je connaissais son père depuis un an seulement, et il y avait bien des choses que je ne savais pas sur lui. Et pourtant ... Pourtant, je venais de lui donner un fils, et j'en étais heureuse et fière. J'avais peur, c'était certain, et lui aussi. Mais quand j'avais posé mes yeux sur cet enfant, j'avais réalisé à quel point j'avais fait le bon choix. Peut-être que les gens autour ne le voyaient pas comme ça, peut-être que Ki non plus n'était pas d'accord, mais moi je le pensais. J'étais heureuse d'avoir eu un enfant de lui. Oui, dire que je n'aurais pas préféré que ça arrive plus tard serait mentir. C'aurait été mieux pour tout le monde, qu'il arrive plus tard, dans d'autres conditions. Que ça soit volontaire. Or, c'était arrivé comme ça, personne n'y pouvait rien. Surtout pas cet enfant. il était là, et je l'aimais tout autant. Les gens avaient du mal à comprendre comment c'était possible ... Mais c'était très simple, en fait. J'avais porté cet enfant. Dès l'instant où j'avais pris conscience de sa présence, et surtout où je l'avais acceptée, j'avais commencé à tisser un lien avec lui. Un lien incassable. Je l'avais senti bouger, parfois me réveiller ou même me faire mal. Chaque seconde de vie en moi, je lui avais donné, sans concession, faisant sacrifice de moi-même pendant quelques mois. Je n'étais pas de ces mères qui faisaient des enfants histoire de dire. Ca m'était tombé dessus comme ça mais j'avais accepté au lieu de me battre contre cette réalité, faisant d'elle un cauchemar. J'avais saisi cette chance offerte par le destin. D'après les médecins, mon accouchement s'était bien passé. Il n'y avait eu aucune complication, pas même a plus petite, j'allais bien et mon enfant aussi. La seule petite chose qu'on pouvait me reprocher, c'était qu'il était un peu petit pour un bébé né presque à terme. Mais ça ne jouait pas sur sa santé, et au final, ce n'était qu'un détail.
Lorsqu'on avait posé tout contre moi mon fils, j'avais pleuré. Comme à peu près toutes les mères quand elles donnent naissance. Je l'avais senti sur moi, sur ma peau et on plus à l'intérieur de moi. J'avais entendu sa voix, qui s'exprimait pour la première fois. Et quand ses yeux et les miens s'étaient rencontrés, là, j'avais réalisé le poids de ce que je venais de faire. Ca m'avait terrifiée, entre autres choses. Ki devait avoir encore plus peur que moi. Moi, j'avais eu le temps pour accepter ma grossesse, lui il avait tout subi en même temps. Non seulement il m'avait revue après ma fuite digne des plus lâches mais en plus, il avait dû faire face à ce ventre monstrueux auquel il ne s'attendait pas du tout. Sans oublier le fait que c'était moi qui avais porté cet enfant, et qui avais fait le choix de lui laisser une chance dans la vie. J'espérais, oui, j'espérais de toute mon âme qu'il allait finir par l'aimer et par complètement accepter son existence. Ce n'était pas facile, mais je voulais qu'il y arrive, j'en avais besoin.

La nuit avait été plutôt mouvementée. J'avais décidé d'allaiter mon fils et pour ça j'avais dû me réveiller plusieurs fois pour le faire. Au final, ma fatigue n'était pas partie, bien au contraire. Mais j'étais encore euphorique de sa naissance, alors je tenais le coup. La matinée s'était déroulée normalement, entre deux petites siestes. Puis un peu avant midi, j'avais reçu ma première visite. Ayase. Elle était entrée après que je lui ai dit de le faire, me redressant dans mon lit. Quand je la reconnus, un large sourire s'étendit sur mon visage, malgré la fatigue toujours présente.

- Coucou Shin-san.
- Aya ! M'exclamai-je. Je suis trop contente de te voir.

Elle s'approcha de moi pour me faire la bise et j'en profitai pour la serrer dans mes bras, plus qu'heureuse de la voir là. Elle déposa les sacs qu'elle avait dans la main à côté du lit, après s'être tourné vers le berceau. Je souris et la laissai faire. Pour le moment, il dormait, mais il pouvait très bien se réveiller. J'avais déjà l'impression qu'il avait un sommeil plutôt léger. Mais quand il se réveillait, il ne pleurait pas, il était très calme. Toujours en souriant, je regardai ma meilleure amie découvrir mon fils.

- Il est vraiment adorable. Il s'appelle comment ?

Je décidai d'encore me déplacer sur le lit, m'asseyant sur le bord afin de laisser de la place à Aya.

- Kyang Ja. On a décidé de lui donner un nom Coréen. Ca signifie "événement heureux" dans notre langue.

Ayase finit par se retourner vers moi, laissant Kyang Ja du regard, certainement par peur de le réveiller. Puis elle reprit ses sacs en main, m'annonçant qu'elle avait quelque chose pour lui. Je ne pus m'empêcher d'être très touchée. Je savais qu'Ayase n'avait pas beaucoup de moyens, mais elle avait quand même dépensé de l'argent pour la venue de notre enfant. C'était une très belle attention de sa part. Je la vis sortir de ses sacs deux petits body ainsi qu'une peluche. Je poussai une exclamation de joue en découvrant les petits body tout mignons. J'aimais l'humour qu'il y avait dessus, mais pas sûr que Ki apprécie autant, lui qui avait dû mal à accepter cet enfant. J'attrapai la peluche entre mes mains, la caressant en souriant. C'était un magnifique panda roux, un animal tout à fait mignon, de la taille d'un gros chat.

- Oooh, merci, c'est trop adorable. Attends, je vais le mettre avec lui.

Je me levai doucement, m'approchant du berceau puis déposai le panda roux à côté de sa tête, veillant à ne pas le réveiller au passage. Je récupérai ensuite mon verre d'eau sur la table de chevet pour aller le remplir.

- Tu peux t'assoir sur le lit, je reviens, je vais boire.

Je levai le verre en la regardant puis filai dans la salle de bain. Je remplis une première fois le verre, le buvant d'une traite. Puis je le remplis une seconde fois, ne le vidant qu'à moitié. Enfin, je m'observai dans le miroir. J'avais les traits tirés, des cernes. J'avais vraiment l'air très fatiguée. Mais c'était normal. Hier encore, à la même heure, j'étais en pleines contractions. Je posai le verre et inspectai mon corps. C'était bizarre de ne plus sentir mon bébé bouger, de n'avoir plus que le vide. Il n'était plus là mais dans la pièce d'à côté, tranquillement endormi. Je soupirai à cause du poids que j'avais pris et qui était resté là, bien en place. J'allais devoir me remettre en forme après ça. Et si ... Et si je ne plaisais toujours pas à Ki, comme ça ? Si je ne lui faisais plus envie, jamais, à cause de cette grossesse ? Je chassai cette idée, je n'avais pas envie de me miner le moral maintenant. Je vidai mon verre et le remplis une dernière fois, le ramenant plein dans la chambre. Je m'assis sur le lit à côté de mon amie, après un coup d'œil à Kyang Ja pour vérifier que tout allait bien.

- Sinon, comment tu vas toi ?

Elle me répondit et nous engageâmes la conversation, veillant à ne pas parler trop fort pour ne pas réveiller le petit. Ca me faisait du bien de la voir, même si j'étais encore fatiguée et que je baillais de temps en temps. Après quelques minutes, et malgré nos efforts, le fils de Ki se réveilla, étirant maladroitement ses petits bras, poings en l'air. Je l'observai un instant, guettant sa réaction. Peut-être qu'il allait se rendormir. Mais non, il ouvrit ses yeux, regardant droit devant lui comme le faisaient les nouveaux nés. Je ne me levai pas pour le moment, espérant qu'il se rendormirait tout seul et qu'il ne se mettrait pas à pleurer, bien qu'il pleurait très peu.

- Tiens, regarde, il est réveillé ! Glissai-je à Ayase en pointant le berceau du doigt.


~~~~~


Ki était passé ce midi pour manger avec moi et voir comment j'allais. Il n'était resté qu'une heure ou deux à tout casser, j'aurais voulu profiter de sa présence plu longtemps. Mais il était visiblement très mal à l'aise. A cause de quoi ? Déjà hier, au moment de rentrer dans l'hôpital, il avait eu une sorte de mouvement de recul, du moins je le percevais comme ça. Il craignait quelque chose. Etait-ce tout simplement la naissance du bébé, cette rencontre avec son enfant, ou les hôpitaux d'une manière générale ? Beaucoup de gens avaient peur de ces endroits, car ils représentaient la vie mais aussi la mort. Nombreux étaient ceux qui en avaient un mauvais souvenir, derniers instants avec un proche disparu. Concernant Ki, je ne savais pas si c'était ça ou autre chose. Certaines choses concernant sa vie, passée en particulier, m'étaient encore inconnues. Je comprenais, s'il se sentait mal, il ne pouvait pas rester toute la journée avec moi. Mais c'était vrai que ... j'aurais bien aimé sentir sa présence un peu plus longtemps avec moi. C'était rassurant de le savoir à mes côtés. Ki était donc parti après le repas. Je lui avais raconté, fatiguée, qu'Ayase était passée me voir et qu'il l'avait loupée. Malgré ma fatigue, nous avions discuté un long moment, nous extasiant toutes les deux sur cette petite vie qui venait de commencer. Elle était vraiment très contente pour nous, même si Ki n'était pas aussi heureux que moi de cette naissance.
J'avais donc décidé de me reposer après le départ de Ki. J'étais encore fatiguée par ce que je venais de vivre. C'était tellement étrange de me dire qu'il n'était plus là, à l'intérieur de moi, en train de dormir paisiblement, protégé par moi-même. Je ne sentais plus son poids ou les mouvements qu'il pouvait encore faire. Mais s'il n'était plus en moi, il était maintenant dehors, existant cette fois de manière encore plus réelle. Je pouvais le voir, observer son adorable visage. Je n'étais pas fan des nourrissons d'ordinaire, je trouvais les enfants mignons à partir de quelques mois. Mais c'était mon enfant, et quand je le regardais, j'aimais ce que je voyais. Je le trouvais adorable, le plus beau bébé que j'aie vu. Mais j'étais sa mère, je n'avais pas un point de vue objectif. J'aimais ses petits yeux qui regardaient encore dans le vague, bridés comme les miens et ceux de son père. J'aimais ses petits doigts qui s'attachaient à nous quand on les touchait, ses petits poings serrés quand il dormait. Mais je ne pouvais pas passer tout mon temps à l'admirer, je devais me reposer un peu, les dernières vingt-quatre heures avaient été épuisantes pour moi. J'avais fermé les yeux, somnolant tranquillement, sombrant peu à peu. Je fus réveillée par quelqu'un qui frappait à ma porte. Comme j'étais encore en train de somnoler et non de dormir profondément, j'ouvris immédiatement les yeux, les braquant d'abord sur Kyang Ja pour vérifier qu'il était toujours là et que tout allait parfaitement. Il n'avait pas ouvert un œil, lui dormait bien apparemment. Je priai mon visiteur d'entrer et mes yeux se braquèrent sur lui quand il ouvrit la porte en s'excusant. Un sourire fatigué prit place sur mon visage lorsque je reconnus Jun, le meilleur ami de Ki. C'était encore incroyable de me dire qu'ils se connaissaient depuis des années et qu'ils se retrouvaient ici sans le savoir. Peut-être qu'il était là pou renouer contact avec Ki ? Peu importait, j'étais très heureuse pour eux deux, ils allaient pouvoir se retrouver.

- Coucou. Comment ça va ? Ki n'est pas là ?

Jun prit le soin de murmurer pour ne pas réveiller le bébé. Il ferma la porte derrière lui et demanda où était le petit. Je tournai la tête vers le genre de berceau dans lequel il se reposait tranquillement. D'ici, je le voyais parfaitement, et la vue de son visage me fit encore plus sourire. J'étais fière de le regarder et de me dire que c'était mon fils, que je l'avais porté pendant neuf mois, que j'avais fait du bon boulot puisqu'il était en bonne santé bien que plutôt petit, et que mon rôle jusqu'à la fin de ma vie serait de veiller sur lui. c'était mon fils ! Le mien, celui de Ki, le nôtre. Parfait mélange de nous deux. Jun s'approcha et arrivé juste devant le berceau, il se pencha pour observer Kyang Ja. Je le laissais faire, le regardant. Puis je lui répondis, à voix basse moi aussi.

- Non, Ki et les hôpitaux ... c'est pas trop ça. Il est rentré à la confrérie. Et tu sais, moi, je suis plutôt fatiguée. J'étais en train de me reposer quand tu es arrivé. Mais je suis contente, je suis vraiment contente ...

Oui, j'étais contente. C'était tout ce qu'il y avait de plus terrifiant, surtout quand je suis arrivée et qu'on m'a prise en charge. Et puis c'était aussi tellement douloureux. La dernière fois que j'avais ressenti quelque chose de pareil ... Je devais avoir une douzaine d'année et un couteau planté dans le dos. Ce n'était pas vraiment la même douleur, mais en comparaison de l'intensité, c'était à peu près ça. Mais ma perception et ma réaction fasse à ça n'étaient pas du tout la même. Dans le passé, je m'étais battue pour vivre, je m'étais battue contre un autre homme. Lui ou moi. Là, c'était le contraire. Je m'étais battue non pas pour moi mais pour mon enfant, pour qu'il naisse bien. Dans les deux cas, le point commun était que la douleur était comme un rappel de la vie. Mais malgré tout, j'étais heureuse d'avoir vécu ces moments. Avec le recul, je me disais que c'était une étape nécessaire à la vie. Je n'étais pas prête à recommencer demain, c'était certain, mais un jour, oui, je voulais d'autres enfants. De Ki.
Les secondes s'écoulèrent, lentes, silencieuses. Je ne savais pas trop quoi dire, mon esprit repartait de nouveau dans ce monde de brume qui m'appelait. Si je me laissais faire, j'allais me remettre à somnoler, chose que je ne voulais pas vraiment sachant que j'avais de la visite. Et je ne voulais pas demander à Jun de partir, j'étais très contente de le voir ici. Je l'appréciais beaucoup, encore plus depuis que je savais qu'il connaissait Ki depuis des années. Il ne m'avait pas jugée, ou alors il ne l'avait pas laissé paraître, et nous avions passé un très bon moment le jour de notre rencontre. Il était gentil et naturel. Il releva le regard vers moi en souriant.

- Je crois qu'il a tout pris du père, le pauvre.

Je le vis rire et je ris avec lui pour toute réponse, comprenant qu'il plaisantait. En regardant Kyang Ja comme ça, j'étais incapable de dire s'il ressemblait plutôt à Ki ou à moi. Je n'étais pas une fine observatrice, et je trouvais qu'il n'avait pas vraiment de trait remarquable de l'un de nous deux. Chez certains bébés c'était flagrant, mais là pas du tout. Il nous ressemblait et ne nous ressemblait pas en même temps. Et puis ... Nous changions en grandissant. Peut-être qu'adulte, il ressemblerait plus à l'un de nous qu'actuellement. Jun me tendis des sacs pastiques qu'il avait à la main et que je n'avais pas remarqués.

- Félicitation ! Beau travail, c'est un joli bébé. J'ai acheté 2/3 trucs, j'espère que tu les auras pas en triple.

Je souris, touchée par l'attention et tendis la main pour récupérer les sacs. Je les posai sur mon ventre en me redressant légèrement. Je n'étais ni allongée ni assise, mais un mélange entre les deux. J'allais regarder le contenu des sacs quand il me tendit autre chose. Je poussai une exclamation de surprise, les yeux brillants. Il avait eu la délicatesse de me ramener des fleurs. Il m'indiqua qu'elles étaient pour moi et je récupérai le bouquet de rose entre mes mains. J'eus le réflexe de sentir leur parfum, elles sentaient très bon. J'aimais beaucoup les fleurs. Mais je n'avais jamais vraiment eu l'occasion d'en recevoir.

- Merci, lui dis-je en souriant, c'est adorable. Elles sont très belles. Je les ferai mettre dans un vase quand une infirmière passera par là. Voyons voir ce que tu as apporté d'autre.

Je déposai le bouquet de fleur sur la table de chevet à côté de moi non sans les avoir senties une dernière fois et récupérai les sacs. J'en sortis trois petits cadeaux pour le bébé. Je poussai encore une exclamation, attendrie. Il avait pris un doudou, une petite guitare et un hochet adorables.

- Oooh, c'est trop mignon. Attends, je vais lui mettre le doudou.

Je me décalai pour pouvoir déposer le doudou à côté de lui, tout en veillant à ne pas le réveiller. Il avait déjà avec lui la peluche d'Aya et je me fis la réflexion qu'il allait finir par avoir trop de peluches avec lui. Je rangeai les deux autres cadeaux dans les sacs et les déposai à côté de mon lit avec les petits body d'Ayase. J'étais touchée de voir qu'on pensait à lui faire des présents, même s'il avait déjà tout ce qu'il lu fallait à la confrérie.

- Le moral ça va ? Parait qu'après l'accouchement, les femmes ressentent le baby-blues. Et Ki, il doit être aux anges ?

Jun me souriait toujours, devant le berceau de Kyang Ja. Quant à moi, je baillai, comme pour répondre à sa première question.

- Pour l'instant ça va, je suis contente d'avoir accouché, regarde comme il est mignon. Je suis juste très fatiguée. Ki, euh ... oui, il est content.

Menteuse. Ki aurait préféré ne jamais avoir cet enfant. Mais ça, je ne pouvais pas le lui dire. J'espérais toujours que Ki finirait par aimer son fils même s'il n'était pas désiré. Et qu'il finirait par être heureux de sa naissance. Jun reporta de nouveau son attention sur mon enfant, et je souris devant ce tableau. Il était mignon comme tout. Même Ki ... Même Ki n'avait pas porté autant d'intérêt à son fils, du moins pas de cette manière. Mais je le comprenais. Lui il était le père, ça serait sa responsabilité jusqu'à la fin de sa vie, il n'avait pas encore tout encaissé. Jun était un ami, ce n'était pas son enfant. Je tentai de chasser la comparaison de leurs comportements de ma tête. Il fallait encore laisser du temps à Ki, c'était normal, c'était comme ça, je n'y pouvais rien. En attendant, je devais profiter de mon copain comme de mon fils, et faire vivre chaque moment. Kyang Ja commença à remuer dans son berceau, et Jun s'exclama qu'il était en train de se réveiller. Si je ne me trompais pas, il n'allait pas tarder à avoir faim. Il commença à émettre des petits bruits, sortes de grognements de nourrisson. Je me décalai pour pouvoir vérifier que tout allait bien. Il avait les yeux grands ouverts, apparemment braqués sur Jun, et continuait à remuer. Je me décidai à le prendre dans mes bras avant qu'il ne se mette à pleurer. Ca le calma très rapidement, et je passai mes doigts sur son petit visage. Je l'observai un instant, fière de tenir mon fils dans mes bras. Puis je reportai le regard sur Jun, qui nous regardait. Une idée me traversa l'esprit.

- Tu veux le prendre dans tes bras ? Lui proposai-je.

Il accepta et je lui expliquai rapidement comment le tenir correctement. Je le déposai délicatement dans ses bras, veillant surtout à bien placer sa tête. Jun s'était assis et je m'assis à côté de lui. Il avait l'air un peu maladroit bien qu'il maîtrisait plutôt pas mal. Hier, quand je l'avais tenu dans mes bras pour la première fois, vraiment tenu comme ça, je ne savais pas du tout comment faire. J'étais plutôt maladroite, j'avais peur de le casser tellement il était fragile. Il était petit pour un bébé presque né à terme, même s'il était en bonne santé. Et il ne bougeait pas beaucoup, était très calme. Ca m'avait vraiment fait bizarre de pouvoir le serrer contre moi pour la toute première fois.

- Il va pleurer de nouveau à tous les coups.
- Mais non, tu vas voir, il est très calme. Regarde, tu vois, il te dit rien.

Je souris, assise à côté de lui. Kyang Ja ne dit rien, ne pleurant pas, se contentant de remuer un peu. Il ne connaissait pas Jun, mais ça avait l'air de bien se passer. Et puis il n'y avait pas de raison pour qu'il se mette à pleurer, sauf s'il avait vraiment faim. Et encore, il fallait le faire patienter. Peut-être que pour l'instant il était calme parce qu'il venait tout juste de naître et que dans les jours à venir il se mettrait à pleurer. Mais depuis hier soir, tout allait bien. Je regardais toujours la scène devant moi, souriant comme une bienheureuse. Jun était vraiment trop mignon. Il se mit même à lui parler, comme il l'avait fait le jour de notre rencontre. Il lui demanda s'il se souvenait de lui, et lui avoua être enchanté de le rencontrer. Je ris légèrement quand il lui dit qu'il devait être sage avec moi mais réveiller Ki la nuit. Si jamais Kyang Ja se mettait à pleurer dans la nuit, j'allais certainement être debout avant Ki ... Il ne fallait pas le réveiller trop brusquement, il avait besoin de sa dose de sommeil. Jun prit délicatement sa main entre ses doigts, entraînant un réflexe de la part du bébé, qui s'accrocha à son doigt. Il continua à lui parler, lui confiant qu'il lui avait acheté plein de choses et qu'une fois qu'il serait plus grand, il pourrait dire que "Tonton Jun" était le meilleur. L'appellation qu'il se donna m'émue, il était trop adorable. Il se mot à rire de ce qu'il venait de dire, surprenant mon fils au passage, qui ouvrit des yeux encore plus grand. Mais Kyang Ja ne se mit pas à pleurer pour autant, braquant son regard droit devant lui. Que voyait-il, au juste ? J'avais lu quelque part que les premiers jours de la vie, on ne voyait rien, ou du moins on ne distinguait pas les choses. Il continua son discours, s'étonnant qu'il soit un bébé très calme, et lui conseilla de pleurer, c'était comme ça qu'on se faisait respecter. Non merci, c'était très bien comme ça, qu'il reste calme. Continuant sur sa lancée, Jun se mit à le bercer doucement, relevant la tête vers moi pour s'insurger qu'il soit toujours aussi calme. Je ne savais pas trop quoi dire, n'osant pas le couper dans sa rencontre avec mon bébé. Ils étaient trop mignon tous les deux, bien que Kyang Ja n'était pas vraiment actif.

- Arrête de me fixer comme ça, c'est gênant ! En plus, je suis sûr tu vois strictement rien ! Alors fais pas comme si tu distinguais mon visage personne y croit.

Il rit de nouveau tandis que je les surveillais un sourire sur les lèvres. Le petit porta sa main minuscule à sa bouche et se mit à la sucer. Les bébés avaient souvent ce réflexe, même dans le ventre. La preuve en était que sur ma deuxième échographie, il suçait déjà son pouce, habitude qu'ils avaient tendance à garder après la naissance. Jun passa sa main sur son visage, ce que je trouvai très attachant. Il était vraiment trop mignon avec lui.

- J'ai l'air con non ? On dirait un vieil oncle gaga.

Je ris doucement, toujours assise à côté de lui, ne quittant pas mon fils des yeux.

- Mais non, t'es juste trop mignon avec lui ... Mais c'est vrai que tu fais un peu gaga. Me moquai-je.

Mon bébé émit un bruit suspect et je le fixai pour vérifier que tout allait bien. A chaque fois, j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose alors qu'il s'exprimait juste. J'avais peur qu'il souffre, qu'il soit en train de faire je ne savais quelle réaction. Mais non, tout avait l'air d'aller bien. Jun lu annonça qu'il me le rendait et après lui avoir déposé un baiser sur le front, il le remit soigneusement dans mes bras. Je récupérai cette toute petite chose en souriant. Cette rencontre s'était très bien passée.

- Alors Bébé, tu le trouves comment Tonton Jun, il est gentil hein ? Lui murmurai-je.

Je passai mois aussi mes doigts sur la peau toute douce de son visage, souriant comme si j'étais devant la huitième merveille du monde. Il avait ses yeux braqués sur moi cette fois, mais je ne savais toujours pas ce qu'il voyait et ce qu'il ne voyait pas. Jun récupéra le hochet à ses pieds et le secoua devant mon bébé mais rien n'y fit, il restait concentré sur moi. Ce que mon ami ne se retint pas à remarquer, confirmant ce qu'il m'avait dit le jour de notre rencontre : dans la vie d'un petit garçon, il n'existait que sa maman. Il remit son point dans sa bouche, comme un appel à quelque chose. Je me doutais qu'il avait faim, c'était ce qui l'avait réveillé, mais j'étais trop gênée pour lui donner le sein devant Jun. Alors je le faisais attendre, en espérant qu'il se montrerait impatient une fois Jun parti. Jun se leva du lit, ce qui me surprit légèrement mais je me forçai à ne pas sursauter pour ne pas faire peur au bébé.

- Je te chanterais des berceuses si tu veux. Hey mais il va être bilingue à la naissance voir trilingue en faite si Ki lui parle aussi en japonais.
- Oui, un petit mélange de cultures ! Répondis-je en faisant risette à Kyang Ja. Enfin, après, ça dépend combien de temps on reste ici, mais je suppose qu'on n'attendra pas vingt ans pour retourner en Corée. Je sais pas trop, j'aimerais finir mes études et puis ... peu importe, ça ne doit pas trop t'intéresser.

Je lui souris maladroitement, comme pour m'excuser d'avoir réfléchi tout haut devant lui. Je voulais que notre fils ait un mélange de cultures, qu'il prenne des Etats-Unis comme de la Corée. Mais pour ça, il devait avoir un pied dans chaque pays, non ? Mais Ki et moi ne pouvions pas vivre en Corée et aux Etats-Unis en même temps. D'un côté, je voulais rester à Miami le temps d'avoir mon diplôme puis retourner dans mon pays, celui avec lequel j'avais recommencé à tisser des liens l'été dernier. Mais de l'autre côté, j'avais peur de prendre le risque de rester ici. Plus je passais de temps ici, plus je risquais de croiser mes parents. Ils n'habitaient pas à Miami même, et avant que je disparaisse, ils y allaient rarement. Mais on ne savait jamais. Le destin nous avait bien remis Ki et moi sur le même chemin alors que j'avais pris soin de nous séparer. S'il s'appliquait à lui apprendre le japonais pour qu'il ait un bagage, c'était encore mieux. De nos jours, savoir parler plusieurs langues était un gros avantage. Machinalement, je caressais toujours la joue de mon bébé, occupé à téter son poing faute de mieux. Jusqu'à ce que Jun m'adresse encore la parole, ce qui me sortit de mes pensées.

- Je crois qu'il a faim.

Je clignai des yeux en observant mon fils, sachant pertinemment qu'il avait raison. Il ne pleurait pas pour réclamer, mais il était de plus en plus réveillé et je sentais qu'il attendait avec impatience l'heure de manger. Je relevai la tête pour regarder Jun. Il était immobile, attendant la suite des évènements. Je ne pouvais pas faire attendre mon enfant plus longtemps, je ne voulais pas qu'il se mette à pleurer. Mais j'étais trop gênée pour faire quelque chose devant Jun. Je sentais son regard sur moi, et j'étais vraiment mal à l'aise. J'espérai qu'il s'en rendrait compte de lui-même mais ça n'arriva pas, je dus donc lui demander de se retourner le temps que j'installe Kyang Ja. Ca me demanda un gros effort, moi la timide. Je m'empressai de donner au bébé ce qu'il voulait et cette fois je ne pus m'empêcher de sursauter. Je n'avais pas encore l'habitude de lui donner le sein, après tout, il n'était né qu'hier, et c'était une sensation plus qu'étrange. Je n'aurais pas su comment le décrire si on me l'avait demandé.

- Il en a de la chance ce bébé !! J'aimerais bien être à sa place !

Je ris, très gênée. Puis je me lançai à répondre, me disant que je ne pouvais pas rester coincée comme ça toute ma vie, ce n'était que de l'humour, et rigoler sur le sujet ne me ferait pas de mal.

- Chacun son tour, t'as eu ta chance quand tu es né ! Et puis il aurait plus rien après ...

Je me résolus à indiquer à Jun que c'était bon, même si par pudeur je n'aurais pas refusé qu'il reste retourné tout le temps du repas du bébé. Quand il me fit de nouveau face, il braqua son regard sur moi, ou plutôt sur mon fils. Cette fois, mes joues rougirent et je ne pus rien faire pour le cacher. Je lui souris timidement, ne sachant pas vraiment quoi lui dire de plus. Je baillai, sentant la fatigue me retomber lentement dessus. Mais je ne voulais pas le virer de ma chambre, j'étais contente qu'il soit là. Il s'approcha encore de moi, me demandant s'il était glouton. Si c'était encore possible, j'aurais plus rougi. Mais j'avais atteint mon maximum. Je n'arrivais pas à retirer cette gêne pour la mettre de côté, même mon visage était crispé à cause de ça.

- Euh ... Je sais ... Je sais pas. Bégayai-je.

Un bébé ça mangeait souvent, non ? Il avait besoin de prendre des forces, après tout, il venait tout juste de naître. Et puis il n'était pas très grand, il avait encore plus besoin de se nourrir. Je baillai une nouvelle fois, incapable de me retenir. Quant à lui, Jun m'avoua que c'était bizarre de se dire qu'il était lui aussi passé par là. J'hochai la tête pour confirmer. J'avais moi aussi été une petite chose fragile dans les bras de ma mère. Ma mère ... Que ressentait-elle à l'heure actuelle ? Comment vivait-elle avec ma disparition ? Avait-elle compris que j'avais tout orchestré ou croyait-elle qu'on m'avait fait du mal ? Etait-elle malheureuse ou heureuse de se dire que plus jamais elle ne me verrait ? Pour dire la vérité, mes parents me manquaient. Atrocement. Même s'ils représentaient un énorme poids pour moi, poids que je ne voulais pas récupérer alors que j'avais réussi à m'en débarrasser. Le pire, c'était mon frère. Je m'entendais plutôt bien avec lui. Nous n'étions pas les frères et sœur les plus proches du monde, mais nous avions tout de même eu nos moments de complicité. Parfois ... Parfois, j'avais été tentée de lui avouer la vérité, de lui donner rendez-vous et de me montrer avec ce ventre accusateur. Mais je n'avais jamais réussi, en lâche que j'étais. J'avais bien trop peur qu'il ne révèle tout à nos parents et que les évènements s'accélèrent. Alors je gardais le silence, coupant tout lien avec ma famille. C'était une des raisons qui tendaient ver un "ça serait bien de rentrer en Corée le plus vite possible". Ma famille était trop près de moi, c'était trop dangereux pour notre équilibre. Et puis ma famille ... Maintenant, ma vraie famille, c'était mon fils et son père, non ? Je clignai des yeux en réalisant que Jun m'avait posé une question à laquelle je n'avais pas répondu. Me reprenant, je lui lançai d'une voix perchée :

- D'ici quelques jours je suppose. Tout s'est bien passé et il est en bonne santé mais il est un peu petit alors je ne sais pas vraiment. Mercredi ou jeudi je pense.

La fatigue me rattrapa encore, me rappelant combien j'avais envie de dormir et à quel point ce que j'avais vécu hier était épuisant. Sentant que le silence retombait et que je n'allais pas tarder à m'endormir, Jun me dit quelque chose que je trouvai adorable, et qui menait à la fin de sa visite.

- Un jour moi aussi, je serais papa. J'espère que j'aurais une petite fille.

Je le regardai me sourire, lui rendant, comme à mon habitude. Puis je soupirai, rêveuse.

- Je vais croiser les doigts pour toi alors ! Moi aussi j'aurai une fille, et elles joueront à la poupée ensemble. Mais en attendant, je dois m'occuper de mon Petit Prince pour que plus tard, il puisse protéger sa petite sœur ...

Je baissai la tête, admirant ce visage paisible. Il avait arrêté tout mouvement, se concentrant uniquement sur mon sein. Il était mignon à croquer. Je relevais la tête vers Jun juste au moment où il me dit au revoir, me souhaitant de bien me reposer et souhaitant un bon appétit à Kyang Ja. Je ris légèrement quand il s'adressa au bébé de cette manière.

- Merci d'être venu Jun, et merci pour les cadeaux ! Je suis contente de t'avoir vu, ça m'a vraiment fait plaisir. On se revoit quand je serai sortie.

Je pris le risque de lever ma main libre pour le saluer, souriant plus franchement que pendant les dernières minutes. Quand il referma la porte, je reportai mon attention sur le seul autre être vivant dans cette pièce, qui semblait apprécier le repas.

- Il a l'air de bien t'aimer dis-donc ... Bon, tu finis de manger et maman retourne dormir, d'accord ?

Je ris toute seule dans ma chambre, me sentant à mon tour idiote de lui parler, à l'instar de Jun. Après un moment à téter, Kyang Ja décida qu'il était repu et rejeta mon sein en baillant. Je me couvris sommairement la poitrine afin de le remettre dans son petit lit, caressant au passage le doudou et la peluche qui lui avaient été offerts. Je me levai afin de dégourdir mes jambes, passai aux toilettes et allai boire un peu. Enfin, je me rhabillai correctement avant de retourner m'installer dans mon lit. Le temps que je fasse tout ça, mon bébé s'était déjà rendormi, visiblement satisfait de son repas. Je me recouchai paisiblement, baillant une dernière fois, et fermai les yeux une fois la tête posée sur l'oreiller. Puis je m'endormis presque immédiatement, comme si Morphée attendait ce moment avec impatience, ne me faisant pas patienter avant de venir m'étreindre.


~~~~~


Deuxième nuit après mon accouchement. Elle s’était passée plus calmement que la première. J’avais été fatiguée par ma première journée en tant que mère, et j’avais beaucoup plus dormi. Le lundi matin, je me réveillai donc après quelques heures de sommeil, calme. La première chose à laquelle je pensai fut mon enfant. Automatiquement, je braquai mon regard vers le berceau pour le voir dormir. Je restai un moment comme ça, prenant le temps d’être vraiment bien réveillée. Puis je me levai lentement. Je me préparai sans me presser, puisque Kyang Ja dormait encore et que personne n’allait passer vérifier que tout allait bien pour le moment. Si je me sentais moins fatiguée, j’avais encore l’impression d’être toute engourdie, de me sentir lourde et le corps en léthargie.
Le temps passa naturellement. Ki me rendit visite dans la journée, comme il l’avait fait hier. Puis il s’en alla après une heure ou deux, me laissant de nouveau seule avec notre fils. Il allait toujours bien, mangeant à intervalles réguliers. C’était toujours autant bizarre pour moi de lui donner le sein, je n’avais pas encore vraiment l’habitude. Je flottais encore à moitié sur mon petit nuage, je venais d’avoir un enfant. Quand j’y repensais, c’était vraiment étonnant de voir l’évolution que j’avais accompli par rapport à ma grossesse. Il y a sept mois … Si on m’avait dit que j’aurais été aussi heureuse d’accoucher, je ne l’aurais pas cru. A l’époque, j’étais complètement perdue, j’avais peur, j’étais en colère contre moi-même pour l’erreur que j’avais faite. J’arrivais à peine à accepter le fait que là, à l’intérieur de moi, il y avait un amas de cellule qui prenaient lentement forme et vie humaine. J’avais trop honte pour en toucher le moindre mot à Ki, qui pourtant était le père de ce bébé en formation, et j’avais pris mes décisions toute seule. J’avais emprunté de faux chemins, faisant demi-tour au dernier moment, complètement perdue. Puis finalement, mes choix m’avaient menée ici. Les six derniers mois de ma vie, je les avais passés à accepter, à apprendre à connaître et à aimer cet enfant. Après tout, j’allais mettre au monde l’enfant de Ki, n’était-ce pas une idée qui me séduisait ? C’était incroyable tout l’amour que j’avais accumulé pour eux deux. Les deux hommes de ma vie. Porter le deuxième avait fait grandir mon amour pour le premier. Mon amour pour le premier avait fait grandir mon amour pour le deuxième. C’était comme ça.

En fin de journée, quelqu’un frappa à ma porte et je l’invitai à entrer. J’étais en train de lire, et Kyang Ja en train de remuer tranquillement dans son berceau, réveillé, mais sans demander à manger pour autant. On m’avait expliqué qu’il n’avait pas besoin que je le fasse téter dès qu’il était réveillé, il fallait qu’il en manifeste l’envie. Après, c’était à moi de lui amener des horaires plus réguliers si j’en avais envie, mais pour le moment je ne voulais pas. Je préférais le nourrir quand il en avait envie –besoin-, puisque ça marchait bien comme ça. J’invitai mon visiteur à entrer et je distinguais une ravissante jeune femme que je ne connaissais pas vraiment. J’avais posé mon livre sur ma table de chevet, mémorisant la page à laquelle je m’étais arrêtée. Elle hésita un instant avant de refermer la porte derrière elle. Je me redressai un peu, tandis qu’elle prit la parole.

- Salut… Désolée tu ne me connais surement pas. Je suis Nina. J’étais chef des Eta et… Par sympathie pour Ki, à la base, j’ai voulu venir vous féliciter et vous apporter des petits cadeaux.

Nina … Nina Palmer, si je ne me trompais pas. Je le connaissais de vue et de nom, elle était très populaire dans l’établissement. Et puis elle sortait avec Nathan, à l’époque je lui avais donné quelques conseils, lorsque nous nous parlions. Elle avait l’air hésitante, timide. Elle s’approcha de moi et je lui répondis en souriant.

- Merci, c’est très gentil de ta part ! Hum … Tu as loupé Ki, il est parti tout à l’heure, mais je lui dirai que tu es passée.

Elle s’approcha du lit en me tendant quelque chose. Je distinguai alors un adorable doudou ainsi qu’une adorable peluche. Finalement, elle me tendit quelque chose pour moi aussi : une boîte de chocolats. Je ne savais pas trop comment réagir. J’adorais le chocolat, c’était un de mes pêchés mignons. Mais en même temps … Ne valait-il pas mieux éviter toutes les sucreries pour le moment, le temps de retrouver un poids qui me satisfaisait mieux ? Oh et puis zut, ce n’était qu’une boîte, et c’était pour me féliciter. Après tout, je venais d’accoucher, c’était un gros effort que j’avais fait. J’avais bien droit à un peu de réconfort. Même si mon plus gros réconfort c’était de pouvoir tenir mon petit garçon dans mes bras, et de le serrer contre moi. Je la remerciai et récupérai les objets tandis qu’elle tournait son regard vers le berceau. Elle demanda si elle pouvait, certainement s’approcher, et je lui répondis un petit « oui » en souriant. De son côté, il avait refermé ses petits yeux, décidé à dormir de nouveau. Nina s’approcha de lui, souriant timidement. Elle lui caressa la joue d’un geste tendre, geste que j’appréciai.

- Il est vraiment trop mignon, il ne pleure pas trop ?
- Non, il est très calme pour le moment. Mais si ça se trouve c’est le temps de prendre des forces, et après il sera terrible ! M’exclamai-je en riant légèrement.

Nina s’éloigna de Kyang Ja et reprit la parole.

- Je suis désolée, je pourrais dire que les jouets viennent aussi de Nathan, mais ça serait mentir. Je crois qu’il ne sait même pas que tu as accouché, je ne sais même pas s’il te connaît… Il est pas très… maternité, bébé, tout ça. Donc on va dire que ça vient juste de moi et de ma maman, vu qu’elle m’a demandé de tes nouvelles tout à l’heure, comme si on… se connaissait.

Je pris un instant pour réfléchir. J’avais donc raison, elle était la copine de Nathan. Il y avait longtemps que je ne lui avais pas parlé. Notre lien était plus qu’étrange, et au final, il avait été une connaissance de passage. J’avais pu l’aider à un moment où il en avait eu besoin, au lieu de réagir à son comportement avec violence. J’étais contente. Quant à sa maman … Il me semblait que c’était une prof du lycée, Anna Palmer. Je lui souris, encore et toujours.

- Je connais un peu Nathan mais … il ne devait pas savoir que j’étais enceinte, il y a très longtemps que je ne l’ai pas vu. Tu remercieras ta maman de ma part, c’est très gentil. Tu pourras aussi lui dire que tout va bien pour le bébé et moi.

Je la vis sortir quelque chose de sa poche, puis reconnus un téléphone. Elle venait visiblement de recevoir un message. Elle le rangea après y avoir jeté un coup d’œil, puis s’approcha de nouveau de moi. Elle s’excusa de devoir partir et me conseilla de me reposer. C’était une visite plutôt express. Mais je sentais depuis qu’elle avait posé les yeux sur Kyang Ja qu’elle était légèrement mal à l’aise. Peut-être qu’elle aussi avait du mal avec les bébés ? A notre âge, les enfants n’étaient pas notre première préoccupation, et nombreux étaient ceux qui étaient un peu maladroits avec. J’attrapai la petite peluche qu’elle avait apportée pour lui et la regardai.

- Bonne fin de soirée Nina ! Lui dis-je en relevant la tête. Merci d’être venue, et n’hésites pas à repasser, si tu veux parler à Ki.

Elle était très populaire au lycée, elle avait la réputation d’être une fille de caractère, sûre d’elle. Pourtant, j’avais eu l’impression d’avoir quelqu’un d’autre en face de moi. Mon fils la mettait-il dans cet état ? Elle avait l’air très gentille, en tous cas, et j’étais touchée qu’elle soit venue nous apporter quelque chose. Je me levai de mon lit pour déposer ses cadeaux avec ceux d’Aya et de Jun. Encore deux jours comme ça et il ne rentrerait plus dans le berceau tellement il y aurait de peluches et de doudous … La boîte de chocolat était restée sur le lit, et je l’ouvris, m’asseyant à côté. J’en goûtai un premier puis un deuxième, refermant la boîte avant de ne plus être raisonnable. Ils étaient très bons. Le petit s’était visiblement rendormi, et j’en profitai pour me réinstaller dans le lit, ouvrant de nouveau mon bouquin. J’allais lire un peu, en attendant qu’il se réveille pour demander à manger.



HRP : - A tout le monde : Je suis désolée pour la niaiserie de premier au dernier mot.
- Aya : A toi de voir si tu veux continuer et finir ou juste continuer ^^
- Kiwi : J’crois que j’avais rien à te préciser, mais c’était pour le plaisir de t’ajouter à mon hors rp :roll: Ah si ! Pressée de voir la réponse de Ki :3
- Ninou : Maintenant, faudra qu’on se fasse un rp, ou une autre visite si tu veux (pensée de dernier moment XD). Désolée, j’ai pas ajouté grand-chose, mais ça fait une semaine que je suis sur cette réponse, j’ai été un peu vidée par Jun et Aya ><

Je précise également avoir glissé un indice dans le coin.
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Mar 3 Juin - 22:19

Cette journée avait été particulièrement calme aussi bien en cours qu’en option. J’avais une après-midi légère, voir même vide alors que la matinée avait été normale. Après le temps de midi, Nathan m’avait prévenue qu’il avait des trucs à faire à sa confrérie. N’ayant plus ces occupations, j’avais, pour le moment, beaucoup plus de temps libre. Sachant que ma maman était elle aussi en congé cette après-midi, j’avais décidé de lui rendre visite dans le simple but de lui parler de tout et de rien. Chez elle, elle profitait du soleil floridien pour corriger ses copies, ou du moins celles de ses élèves. J’esquissai un léger sourire et elle me le rendit en retour, me demandant comment j’allais. Si on mettait de côté le stress pour les examens, j’allais bien. Je m’asseyais sur un des transats, pas loin de la table où elle était installée et finalement, je n’avais rien à lui dire. Elle me demandait si j’avais des nouvelles d’Aryan, parce qu’apparemment, elle n’en avait pas beaucoup. Aryan était grand, il faisait un peu ce qu’il voulait et il n’avait pas de compte à rendre. Il n’en avait jamais vraiment eu d’ailleurs, contrairement à moi. J’imaginais que c’était parce qu’il était un garçon et moi une fille ou tout simplement parce que j’étais la plus jeune. Une bonne dizaine de minutes s’écoulaient avant que la voix de ma maman ne se fraie un chemin jusqu’à mes oreilles « Tu as des nouvelles de cette jeune fille de ton année, qui a accouché ? » Sur le coup, je ne voyais pas trop de qui elle parlait. Des filles enceintes, il y avait Mahina et la copine de Ki, que je ne connaissais absolument pas. « Je ne vois pas de qui tu parles, maman ». D’une voix toujours aussi calme et douce, elle donnait plus de précisions « Mais si, tu sais, une petite asiatique toute mignonne ». Effectivement, je voyais, mais juste de vue. Je connaissais un peu plus Ki pour avoir fait des missions avec lui. Je le connaissais de vue pour avoir partagé un moment dans un parc, mais ça s’arrêtait là. D’une voix à peine audible, je répondis à la question de ma mère « Non. Je n’ai pas de nouvelle. Je ne la connais pas, tu sais. Je connais un peu le papa, pour avoir fait des missions de chefs avec, mais je ne les connais pas personnellement ». Je ne savais même pas comment elle, était au courant de ça, bien que je soupçonnais le directeur. Je repensais à ce que ma mère m’avait demandé sur cette jeune fille. Une partie de moi se demandait comment avait-elle pu garder ce bébé et l’autre l’enviait presque. Voyant qu’Anna me fixait, je comprenais que, sans même lui parler, elle lisait en moi comme dans un livre ouvert. J’avais pas envie d’entrer sur ce terrain avec elle, avec personne en fait. Je ne voulais pas me remémorer des souvenirs que j’avais dû oublier pour avancer, je n’avais pas envie de faire un retour en arrière alors que j’avais mis beaucoup de temps pour arriver plus ou moins à aller de l’avant. Esquivant comme d’habitude, je me levais et annonçais mon départ à ma mère « Tu t’en vas déjà ? Mais Nina, tu viens à peine d’arriver » Je pris plusieurs secondes avant de me retourner, stoppée devant la porte donnant sur la terrasse « Je sais. Mais j’ai des trucs à faire… » Je fis quelques pas avant qu’elle ne m’adresse à nouveau la parole « Tu sais Nina, tu ne pourras pas toujours fuir cette discussion. A un moment il faudra que t’en parles, c’est pas un crime et tu n’y es pour rien » encore une fois, j’attendais plusieurs secondes pour répondre. Elle avait compris mon malaise, mais il était hors de question que je rentre dans ce genre de discussion. Pas avec elle. Préférant ne pas penser à ce qu’elle me disait, je me contentais de lui répondre « Je ne vois pas de quoi tu parles, maman » et finis par quitter la maison.

Dans la voiture, je réfléchissais à ce qu’elle me disait, à ce que je devais faire ou du moins penser. Pour moi, je ne savais plus faire grand-chose, mais je savais que remettre la faute sur les autres n’était pas la meilleure idée. Peut-être que je devrais aller voir cette fille et la féliciter, comme j’aurais probablement voulu qu’un jour on me le dise à moi ? Peut-être que je devais encourager Ki, par sympathie « entre chef » ? Peut-être que voir cette inconnue heureuse et lui souhaiter le meilleur pour elle et son bébé allait m’aider, voir m’enlever un poids. Peut-être. Je mis la clé de contact à ma voiture et m’engageais sur la chaussée en direction d’un magasin de jouet pour enfant. C’était ce même magasin où Salma m’avait trainée pour chercher les jouets de son futur bébé. A peine 2 semaines de ce que j’avais vécu, elle avait eu la merveilleuse idée de me trainer dans ce genre de magasin. A peine entrée, les vendeuses me regardaient. J’étais toujours autant mal à l’aise, comme si sur mon visage, il était écrit quelque chose qui mettait les gens en pitié. Passant devant un miroir, je me regardais, comme pour m’assurer que non, rien n’était écrit. C’était tellement stupide comme réaction, mais tellement réconfortant. Je me trainais jusqu’aux rayons où se trouvaient les jouets. Avec beaucoup d’intensité dans le regard, je les observais un à un sans trop savoir lequel choisir. Finalement, mon choix se porta sur deux jouets : une peluche et un doudou.

Devant l’hôpital, j’hésitais un instant avant de sortir de la voiture, me demandant toujours si j’allais pas me faire passer pour une débile. Elle ne me connaissait pas, avec un peu de chance, Ki serait là et peut-être même qu’il comprendrait mon geste. Je soufflais une bonne fois, puis ouvris la portière pour quitter le parking et rejoindre l’entrée. A l’accueil, je m’adressais à la réceptionniste « Bonjour, je pourrais avoir le numéro de la chambre de Shin, en maternité » La demoiselle me regardait « Shin comment ? » Je grimaçais, je n’en avais aucune idée. « Euh, je dois dire que je n’en sais rien. Je sais juste qu’elle a accouché il y a quelques jours » La jeune fille pianotais sur le clavier de son ordinateur et me donnais le numéro de la chambre « Vous avez de la chance que ce ne soit pas un prénom courant ». J’adressais un dernier sourire à cette fille et puis me dirigeais d’un pas de plus en plus lent vers le service des nouveaux nés. Plus j’avançais dans le couloir et plus je m’approchais de la chambre. Mes yeux restaient fixés sur les numéros et lorsque ce fut le bon, j’hésitais. Puis frappais avant d’entrer. La maman était allongée sur son lit. J’hésitais un instant, puis ferma la porte derrière moi.

« Salut… Désolée tu ne me connais surement pas. Je suis Nina. J’étais chef des Eta et… Par sympathie pour Ki, à la base, j’ai voulu venir vous féliciter et vous apporter des petits cadeaux »

Je m’approchais doucement du lit de la maman et lui tendait le doudou, la peluche et finalement, une boite de chocolat

« Je suis désolée, je ne sais pas ce qu’on donne à une nouvelle maman, donc j’ai été chercher du chocolat, j’espère que t’aimes bien » lui demandais-je avec un sourire hésitant.

Mes yeux se posèrent ensuite sur le berceau dans lequel dormait le bambin. Inconsciemment, je m’adressais à sa maman, montrant le berceau du doigt, je demandais la permission pour m’en approcher « Je peux ? » . J’avançais ensuite vers le berceau, toujours avec autant d’hésitation. Il était trop mignon, mais je ne voulais pas le prendre. Je préférais le laisser dormir paisiblement et de toute façon, je ne me sentais pas capable de le prendre. Normalement, c’était les bébé qui avaient peur des étrangers, là c’était l’inverse : c’était moi qui avais peur de lui. Je m’adressais ensuite à Shin « Il est vraiment trop mignon, il ne pleure pas trop ? » Je me contentais juste de lui caresser la joue puis, m’écartais.

« Je suis désolée, je pourrais dire que les jouets viennent aussi de Nathan, mais ça serait mentir. Je crois qu’il ne sait même pas que tu as accouché, je ne sais même pas s’il te connaît… Il est pas très… maternité, bébé, tout ça. Donc on va dire que ça vient juste de moi et de ma maman, vu qu’elle m’a demandé de tes nouvelles tout à l’heure, comme si on… se connaissait »

Finalement, mon portable se mit à vibrer dans la poche de mon jean. Voyant le texto de Nathan, je comprenais qu’il était peut-être temps que j’y aille et surtout, que je laisse l’alpha psi se reposer. Sans prendre la peine de répondre, je replaçais mon téléphone dans ma poche. Je m’approchais de Shin et esquissa un léger sourire toujours remplit de ce malaise qui ne me quittait plus depuis ce matin

« Je suis désolée, je dois y aller. Essaie quand même de te reposer et prends soin de toi »

J’adressais un dernier sourire à la jeune asiatique, puis quittais la chambre pour retourner sur le parking afin de récupérer ma voiture et redevenir la Nina sûre d’elle, comme les autres jours.
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Ven 30 Mai - 16:57



C'est ainsi que sa vie commença.


    Jun & Shin & Kyang ja♥




.
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MessageSujet: Re: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Sam 24 Mai - 10:51

La jeune femme avait appris un peu par hasard que sa meilleure amie avait accouché. Quand elle l'avait su, elle avait tout de suite voulu lui rendre visite pour avoir de ses nouvelles et savoir si tout c'était bien passé, mais quand elle vit l'heure qu'il était, elle se rendit compte que les visites étaient terminées, ça ne servait donc à rien qu'elle y aille tout de suite, mais elle se promit d'y aller le lendemain à la première heure. D'ailleurs, son colocataire arriva peu de temps après qu'elle ait appris la nouvelle. Ils n'étaient toujours en très bons termes, mais elle savait qu'il était ami avec Shin et Ki, donc elle devait laisser la relation qu'elle avait avec lui de côté et le mettre au courant.

« Adam. Shin a accouché tout à l'heure »

Elle lui avait dit ceci en étant folle de joie et ça devait s'entendre dans sa voix. Pour une fois elle discuta ensuite un peu avec son colocataire pour lui expliquer qu'elle comptait y aller le lendemain matin et qu'il pouvait y aller avec elle si il voulait.

Le lendemain la jeune nippone s'était levée de bonne heure et était tout de suite partit se préparer dans la salle de bain. Une fois sa douche prise et quand elle fut habillée, elle descendit à la cuisine de la confrérie pour se préparer quelque chose à manger. Alors qu'elle mangeait, elle se dit que Shin devait avoir besoin de se réveiller. Elle regarda alors l'heure et décida de remettre sa visite à plus tard, d'abord, elle allait acheter des cadeaux pour le bébé.

Elle quitta alors la confrérie et partit en ville où elle commença à se promener dans différentes boutiques où elle était susceptible de trouver des affaires pour bébé. Elle savait que Ki avait largement les moyens d'offrir pleins de vêtements et de jouer à son fils, mais elle voulait quand même offrir quelque chose au nouvel arrivant. Après quelques heures de shopping et alors qu'elle avait acheté plusieurs choses, elle prit le bus pour se rendre à l'hôpital. En arrivant, elle demanda le numéro de la chambre de son amie, à l'accueil puis elle prit l'ascenseur. En arrivant devant la chambre, elle frappe en espérant ne pas réveiller Shin, il était presque midi, mais peut-être qu'elle était vraiment fatiguée et qu'elle dormait encore. Lorsqu'elle entendit qu'on lui disait d'entrer, la jeune japonaise ouvrit la porte et entra en souriant.

« Coucou Shin-san »

Elle se dirigea vers la jeune femme et lui embrassa la joue avant de tourner son regard vers le petit berceau transparent du bébé. Elle posa les sacs à côté du lit de son ami et s'approcha du bébé.

« Il est vraiment adorable. Il s'appelle comment ? »

Elle le egarda en souriant avant de retourner vers son amie. Elle reprit les sacs et les posa à côté d'elle.

« Ce n'est pas grand-chose, mais j'ai acheté quelques petits trucs pour le bébé »

Elle sortit alors de ses sacs un body blanc suivit d'un autre bleu foncé et enfin une peluche. Elle laissa la nouvelle maman les voir. Elle espérait que les bodys soient à la bonne taille, au pire, elle pourrait toujours lui mettre plus tard si ils étaient trop grands.
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MessageSujet: C'est ainsi que sa vie commença [Les proches]   Sam 24 Mai - 7:50



C’est ainsi que sa vie commença – Les proches

Dans la chambre, tout est calme. La jeune mère est tranquillement allongée dans son lit, tandis que le temps s’écoule. Elle peut être en train de dormir, en train de lire ou en train de rêvasser, les yeux dans le vide ou sur son bébé. Elle a de longs cheveux châtains, qui ondulent de chaque côté de son visage. Son visage, d’ailleurs, est marqué par des cernes de fatigue. Mais pas seulement. Il est aussi envahi par un immense sourire, omniprésent. Elle a toujours eu l’habitude de sourire, depuis qu’elle a réalisé qu’elle avait survécu au lieu de mourir, depuis qu’elle a compris qu’on lui offrait cette seconde chance. Comme ça, elle a l’air très sereine, même si on fond d’elle elle a peur. Ses yeux bridés, couleur chocolat, se posent régulièrement, et avec bienveillance, sur le fils qu’elle vient de mettre au monde. Quand elle est réveillée. Quand elle dort, oui, elle a effectivement l’air paisible.
Quand à ce bébé, lui aussi dort, tout le temps. Sauf quand sa mère le nourrit. Ses petits yeux eux aussi bridés sont fermés presque en permanence. Ses petits poings sont fermés, comme s’il combattait déjà sur un ring. Autour de son poignet droit, un petit bracelet de maternité. On peut y lire une inscription en bleu « Lee Kyang Ja, 24/05/2014 ». C’est un nourrisson plutôt calme, qui pleure peu, sauf quand c’est l’heure de manger.

Cette jeune fille, c’est Shin Bae, qui vient de donner naissance à son premier enfant. Son fils, Kyang Ja. Pour le moment, elle se repose, ça a été un effort difficile. Elle a souffert, ça oui, mais elle est tellement heureuse. Chaque fois qu’elle pose le regard sur cet enfant, sur l’enfant de Ki, une étincelle de fierté y brille. Malgré ses peurs, malgré sa peine, malgré sa situation, son bébé était en bonne santé. Elle avait réussi à tenir jusqu’au bout de sa grossesse ou presque, et ils allaient bien tous les deux. Elle en était plus qu’heureuse. Elle n’avait pas eu une grossesse compliquée, tout s’était très bien pensé malgré tout, mais on ne savait jamais, tout pouvait arriver, même au dernier moment. Et en début de soirée cet enfant qu’elle attendait patiemment depuis plusieurs mois et dont elle prenait soin avait poussé son premier cri.
Elle ne restera que quelques jours, le temps pour elle de reprendre des forces, et le temps pour son bébé d’être prêt à affronter le monde. Mais elle n’était pas toujours seule. Parfois, le père de ce petit garçon était avec elle, la soutenant. Quand elle le regardait, elle avait toujours autant peur qu’il rejette son fils, qu’il ne l’aime pas. Mais elle se forçait à penser à autre chose. Tout irait bien, ça allait venir. Et des fois même, il n’y a pas qu’eux. Leurs amis leur rendent visite, venant voir la bouille de cet enfant et venant féliciter les jeunes parents. Elle était contente de voir du monde, et d’avoir des présences rassurantes, qu’elle aimait, auprès d’elle. Chaque visite la préparait à affronter le monde elle aussi, à sa sortie. Et là, elle pourra tenir son enfant dans ses bras et dire au monde entier « c’est mon fils et je l’aime bien plus que ma propre vie ».



HRP : - Répond qui veut, dès l’instant qu’il connait Shin ou Ki et qu’il sait que Shin a accouché (donc il pourrait l’avoir appris par des rumeurs …).
- Privilégiez les mini-rps, soyez gentils avec moi ._.
- Il est interdit de jeter le bébé par terre, de le tenir la tête en bas et de s’en servir comme éponge. Merci.
- Enjoy o/
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