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 Le Cycle de la Vie [Ki]

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MessageSujet: Re: Le Cycle de la Vie [Ki]   Lun 13 Oct - 23:44

Le Cycle de la Vie


Vivre la naissance d'un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle




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HRP : désolé, je ne peux pas me relire, ni éditer mes fautes ( dans l'immédiat ça lag trop ) et désolé du temps de réponse.
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MessageSujet: Re: Le Cycle de la Vie [Ki]   Sam 16 Aoû - 5:13



Le Cercle de la Vie – Ki


Ki et moi étions à l’hôpital pour l’événement que nous attendions maintenant depuis des mois –plus pour moi que pour lui-. C’était le moment, le jour où notre bébé allait naître. D’un côté, j’étais pressée de le tenir dans mes bras, enfin. Et puis j’étais de plus en plus fatiguée, lourde, j’avais du mal à tout faire. Mais d’un autre côté, j’avais peur. C’était facile d’être enceinte, je n’avais rien à faire pour lui, simplement manger et me reposer. Mais à partir de maintenant, je devrai le nourrir, je devrai le changer, je devrai veiller chaque seconde à ce qu’il soit bien. Allais-je être une bonne mère ? J’avais tellement peur de ne pas être à la hauteur. Et si jamais je lui faisais du mal sans le vouloir ? Si je n’arrivais pas à subvenir à ses besoins ? Si, pire encore, il n’était pas en bonne santé par ma faute ? A chaque échographie on m’avait dit que tout allait bien pour lui, mais depuis un mois, ça pouvait bien avoir changé. Je ne m’étais pas sentie plus mal pourtant, juste fatiguée et lourde. Mais j’avais quand même peur que quelque chose n’ait pas été et que du coup ça joue sur sa santé.
On m’avait installée dans une chambre, me demandant de me changer et me branchant sur tout un tas de capteurs. Ils servaient à vérifier le déroulement de l’accouchement, et l’état de mon bébé. Si quelque chose se passait mal pour lui, s’il avait le moindre problème, ils devaient pouvoir le détecter pour intervenir rapidement. J’avais peur qu’au dernier moment il y ait un imprévu, alors je croisais les doigts pour que ça n’arrive pas. J’avais tenu presque neuf mois sans le moindre incident, alors que j’avais travaillé et que j’avais vécu des événements stressants. Les dernières heures n’allaient pas tout effacer.

Ki finit par prendre ma main pour me rassurer. Je ne savais pas lequel de nous deux avait le plus peur. J’avais bien vu qu’il n’était pas rassuré. Avait-il peur des hôpitaux ? Beaucoup de gens craignaient ces endroits. Je n’appréciais pas spécialement d’y aller, je n’avais pas de bons souvenirs avec les hôpitaux. Mais je savais que c’était mieux que j’y sois pour accoucher. J’étais même un peu rassurée, on pourrait prendre soin de notre fils s’il y avait quelque chose, et de moi par la même occasion. On pourrait me montrer comment m’y prendre avec lui. J’avais pris des cours pour me préparer, comme toutes les femmes enceintes, mais j’appréhendais quand même le moment de tout faire pour de vrai. Je demandai à Ki de rester avec moi, j’avais peur, très peur. Oui, je savais qu’il se sentait mal, ça se voyait, impossible de passer à côté, mais j’avais besoin de lui à mes côtés, là tout de suite. Il eut un mouvement de recul, ce qui me serra le cœur. J’aurais dû me taire, je lui avais fait encore plus peur. Mais malgré ce mouvement de recul, il ne dit rien. Il inspira profondément et resta calma, gardant toujours le silence. Je tentai alors d’appliquer mes exercices de respiration. Ki en fit de même à côté de moi et si je n’avais pas été aussi nerveuse, j’en aurais souri. Je le regardais faire, constatant qu’il était au moins autant stressé que moi, si ce n’était pas plus. Il avait déjà commencé à faire une sorte de crise d’angoisse tout à l’heure, je me demandais s’il n’allait pas recommencer. Il avait vraiment l’air mal ici. Les yeux braqués sur son visage, je l’analysai. Il transpirait à grosses gouttes, il s’était déjà essuyé le front mais ça n’avait pas arrêté les gouttes suivantes de perler sur son visage. Je n’avais pas idée de tout ce qu’il subissait pour rester avec moi. Je finis par retirer l’une de mes mains de la sienne pour la porter à son visage. Délicatement, je poussai sa franche pour qu’elle ne lui retombe pas dans les yeux, et pour qu’elle lui tienne moins chaud. Je le fis fermer les yeux. Mon geste le calmai-t-il ou faisait-il remonter ses angoisses ? Non, ses traits semblèrent se détendre légèrement. Je brisai le silence, lui avouant que j’espérais qu’il lui ressemblerait. Il rouvrit les yeux pour les braquer sur moi, surpris.

- Qu'il me ressemble ...

Je soutins son regard, souriant comme je pouvais, avec tendresse. Oui, j’espérais que notre bébé aurait les mêmes traits que son père. Je voulais qu’il lui ressemble. Je ne savais pas pourquoi, le physique d’un enfant ne devait pas importer. C’était notre enfant, ça ne changeait rien. Mais je voulais qu’il lui ressemble quand même. Enfin, si ce n’était pas le cas, ce n’était pas grave. Mais j’aurais été heureuse qu’il prenne de son père. Je voulais qu’il existe quelque part la continuité de Ki, qu’une fois qu’il serait parti, un autre transmettrait cet héritage. Je finis par hocher la tête, ses yeux toujours dans les miens. Puis je murmurai un petit « Oui. Il sera aussi beau que toi. » Ki rompit le contact entre nos regards pour s’approcher de moi et m’enlacer. Comme il l’avait déjà fait, il posa son menton sur le haut de ma tête, et je me retrouvai le visage contre son torse. Ses doigts glissèrent dans mes cheveux, et je passai mes mains autour de lui sans le serrer pour autant. J’aimais le sentir contre moi. Je sentais les battements de son cœur qui allaient à vive allure. J’adorais ça. Quand je me blottissais contre lui, si je sentais son cœur accélérer, je me disais que c’était parce qu’il se sentait bien là, avec moi. Qu’il m’aimait et que je lui faisais cet effet. Nous restâmes ainsi quelques secondes avant que Ki ne me remercie et embrasse le haut de ma tête. Il se détacha de moi et je le laissai faire, même si je n’aurais pas refusé qu’il reste contre moi. Je ne sus que répondre, et le silence retomba.
Une infirmière finit par repasser dans la pièce et je lui demandai de l’eau. Elle me servit et je vidai rapidement le verre. Je me sentais un peu mieux, moins anxieuse. Du moins, toutes mes angoisses avaient reflué grâce à la présence de Ki. Oui, à la prochaine contraction ça allait revenir, mais pour le moment je me sentais mieux. Il brisa le silence pour me poser une question à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Il voulait savoir si je serais revenue si je ne l’avais pas croisé par hasard dans cette épicerie. Je réfléchis à la réponse que j’allais lui donner. Oui, je serais revenue, très certainement. Seulement, je n’aurais pas eu la force de revenir aussi tôt. J’aurais attendu. Certainement après la naissance, trop lâche pour l’affronter tout en étant enceinte. Je lui aurais présenté son fils sans rien attendre de sa part, juste pour qu’il le connaisse. Il m’aurait juste fallu le temps de calmer cette honte et ces remords qui me cuisaient depuis mon départ. J’avais eu du mal à m’exprimer, je me sentais encore très coupable. J’avais toujours les larmes au bord des yeux quand n évoquait ma fuite. Ki lâcha un simple « Je vois. » sans commenter plus que ça. Il ne me regardait même pas, je me sentis encore plus mal. Je ne pouvais pas laisser le silence s’installer, aussi je repris la parole, lui avouant que je n’aurais pas dû partir et que j’espérais qu’il me pardonnerait. Moi, je ne me l’étais toujours pas pardonné et je n’allais certainement jamais y arriver. Il baissa la tête, ne me regardant toujours pas. Il n’avait pas l’air très bien non plus, comme depuis tout à l’heure. Peut-être que ma réponse avant empiré les choses. Hésitante, je finis par lui demander s’il allait bien, lui disant que s’il voulait sortir il le pouvait. J’avais peur et je ne voulais pas rester toute seule mais je voulais encore moins le forcer à rester à mes côtés s’il n’en avait pas envie. Mes mains étaient agrippées aux siennes pourtant, je ne pouvais pas m’en empêcher. Il s’en défit doucement et je crus qu’il allait partir sans rien dire de plus. C’était de ma faute s’il ne restait pas, je n’avais pas répondu comme j’aurais dû. Mais contre toute attente, il ne partit pas. Il me dit juste quelque chose qui me fit très mal.

- Tu serais revenue trop tard.

Oui, je sais que je serais revenue trop tard. Mais comprends-moi Ki ! Tu crois que j’ai fait ça pour m’éloigner de toi par plaisir ? Tu crois que ça m’a fait du bien de partir ? Tu crois que j’ai simplement pris des vacances ? Une année sabbatique et on reprend le cours normal de notre vie ? Tu crois vraiment que j’aurais pu revenir comme ça, en m’excusant simplement d’être partie ? Pardon mon chéri, y’avait des bouchons, j’ai pas pu revenir avant. Je sais que je serais revenue trop tard. Mais si le destin ne m’avait pas forcé la main, je n’aurais jamais eu le courage de te regarder dans les yeux et de te demander pardon. Tu sais ce que c’est de mourir de honte pour un choix qu’on a fait –ou pas fait- ? Je suis sûre que oui. Je baissai la tête moi aussi, les larmes de plus en plus insistantes. J’avais vraiment envie de pleurer, je me sentais sale et laide pour tout ce que je lui avais fait subir. Je déglutis.

- Pardon … Lui dis-je avec des sanglots dans la voix.

J’allais certainement continuer à lui demander pardon jusqu’à la fin de notre vie. Un bruit attira mon attention et je reconnus l’infirmière, qui venait de nouveau me voir. Elle m’annonça qu’elle allait m’examiner et s’exécuta. Je la laissai faire en silence, bien que gênée. Elle nous informa alors de mon stade de dilation : quatre cinq centimètres. Presque la moitié. Allez, j’avais déjà fait la moitié du chemin, ne restait plus que l’autre. Et la dernière ligne droite. Puis elle s’adressa à moi, m’indiquant que je pouvais avoir la péridurale si j’avais trop mal, mais que dans ce cas je ne pourrais plus me lever du lit. Ça tombait bien, je n’avais pas l’intention de partir de là dans la minute. Pour l’instant, j’avais surtout mal, et il ne me serait pas venu à l’idée de faire une petite promenade. Je hochai la tête pour signifier à l’infirmière que j’avais compris. Pour le moment, pas de péridurale, j’étais encore capable de supporter la douleur, même en étant très douillette. Mon regard capta Ki qui se mit en mouvement à côté de moi, se levant. J’eus encore peur qu’il ne s’en aille, dérangé par l’infirmière. Mais il se positionna près de ma tête, passant ensuite sa main dans mes cheveux. Je fermai les yeux un instant, me laissant porter par son geste. Je les rouvris pour le regarder, il était inquiet. Je lui souris faiblement.

- Alors mademoiselle vous allez devoir pousser maintenant.

Je tentai de faire ce qu’elle me demandait, l’expression de Ki changea encore, mais il continua à caresser mes cheveux, me donnant les forces dont j’avais besoin. Elle me réexpliqua comment faire, comme lors de mes exercices. Mes contractions étaient désormais plus rapprochées, et plus douloureuses qu’au début. Elle demanda à Ki de se changer et de mettre une tenue d’hôpital. Les choses s’accéléraient donc ? J’eus de nouveau une contraction, grimaçant à cause de la douleur. Ki me caressait toujours les cheveux, ce qui me rassurait. Encore heureux qu’il était là, je ne savais pas comment je ferais sinon.

- Ça va aller Shin. Je suis désolé. C'est vraiment douloureux ?

Je secouai la tête pour le rassurer. Pourquoi s’excusait-il ? Ce n’était pas de sa faute. Je tentai de le rassurait en lui souriant tendrement –ce qui donna quelque chose d’un peu ridicule vu la tête que j’avais-.

- Pourquoi désolé ? Lui demandai-je intriguée. Tu n’as rien fait. C’est douloureux, mais ça va aller, hein ? C’est normal. Je crois que je vais demander la péridurale.

Se sentait-il vraiment coupable ? Comme si c’était lui qui provoquait ces douleurs. J’essayais de me raisonner en me disant que sans les contractions, je ne pouvais pas faire naître mon bébé. C’était comme ça que la nature procédait. Des millions de femmes étaient passées par là avant moi, à commencer par ma mère lors de ma naissance. Dans quelques heures, j’allais enfin pouvoir le tenir contre moi, j’allais pouvoir caresser ses petites mains, contempler son petit visage de nourrisson. Le temps commença alors à s’écouler, coupé de temps en temps par Ki ou moi. Le plus souvent par moi, d’ailleurs, lors d’une contraction. Je faisais tout ce que je pouvais pour me contrôler et pour ne pas lui montrer que je souffrais, mais il n’était pas dupe. Tant pis. C’était normal si j’avais mal, c’était comme ça. Ca l’inquiétait pourtant, je m’en rendais bien compte. Au bout d’un moment, quelqu’un revint enfin dans la chambre, et à bout, je demandai la péridurale. J’avais voulu tenir jusqu’au bout, mais je n’y étais pas parvenue. La péridurale, en principe, était là pour diminuer la douleur, voire l’effacer complètement. Beaucoup de femmes la refusaient de peur de perdre également les sensations. Mais une péridurale bien faite n’effaçait que la douleur et uniquement la douleur. J’attendis un petit moment avant que quelqu’un ne vienne me la faire, et juste avant qu’on me la fasse, Ki s’éclipsa pour aller aux toilettes. Ainsi donc, son angoisse était revenue. Je ne dis rien, pourtant je commençai à stresser encore plus sans sa présence. Une fois la péridurale faite, je me retrouvai de nouveau seule. Je m’appliquai alors à respirer calmement pour déstresser. Encore quelques minutes et tout irait mieux Shin, tu peux bien tenir jusque-là. Et après un petit moment et deux nouvelles contractions, la douleur s’estompa enfin. Je pus respirer un peu mieux. Je n’avais presque plus mal, même si je sentais encore un élancement. Ki finit par revenir vers moi et je le regardai en souriant. Il s’assit à côté de moi.

- Ça va mieux ? Je t'ai ramené une bouteille d'eau fraîche.

Je regardai la bouteille. Il avait les cheveux plus humides que tout à l’heure, certainement qu’il s’était passé de l’eau sur le visage. Il avait repris quelques couleurs, même s’il restait dans l’ensemble encore très pâle. Je le remerciai simplement, commençant à sentir la fatigue me tomber sur les épaules. Oui, je me sentais mieux, je n’avais presque plus mal et il était revenu. J’étais un peu plus sereine. Je regardai Ki récupérer sa serviette et verser de l’eau dessus. Puis il s’approcha encore de moi pour l’apposer sur mon front.

- Désolé, je me suis déjà essuyé avec mais j'ai rien de mieux sous la main.
- C’est parfait comme ça. Lui dis-je en souriant. Merci. Je me sens beaucoup mieux.

Ki finit par s’asseoir à côté de moi. Puis nous nous mîmes à attendre que les choses avancent un peu plus. Là encore, l’un ou l’autre brisait le silence qui devenait angoissant. Il me fit remarquer plusieurs fois que le bébé semblait ne pas vouloir sortir, ou me demanda si je pensais que c’était pour bientôt. A plusieurs reprises, je lui indiquai que je le sentais donner un petit coup, même si ça restait rare, ou une contraction un peu plus longue que les autres. J’étais pourtant incapable de faire un pronostic sur le moment de sa naissance. La plupart du temps, je gardai sa main dans la mienne pour me rassurer et sentir sa chaleur. J’eus quelques gestes de tendresse pour lui lors de l’attente, ça me rassurait, et ça semblait le rassurer aussi. Je passai mes mains dans ses cheveux, j’embrassai ses mains faute de pouvoir me redresser pour avoir ses lèvres, je lui souris chaleureusement –du moins comme je pus-. Jusqu’à ce que je sente que je perdais les eaux. C’était donc que ça n’avait pas déjà eu lieu. Surprise, je prévins Ki qui sortit dans le couloir pour faire passer l’information. Du monde arriva et on me donna des consignes à suivre. On m’installa alors complètement. Je n’avais plus le temps de réfléchir à rien. Mon cœur se mit à bondir encore plus dans ma poitrine. Je me laissai guider, faisant ce qu’on me demandait de faire. Je cherchai Ki du regard pour trouver un soutien dans ce flot de paroles effrayantes. Il n’était pas plus à l’aise que moi. Finalement, on me demanda de pousser lorsque j’avais des contractions et je hochai la tête pour indiquer que j’allais le faire. Lorsque Ki prit ma main dans la sienne, je ne pus m’empêcher de m’y accrocher avec désespoir. Je paniquai lorsqu’il la lâcha et tournai vivement la tête vers lui. Il était encore plus pâle que tout à l’heure. Il se recula et on finit par lui ordonner de sortir.
Je le regardai disparaître, je n’avais pas envie qu’il parte. Ki, reste avec moi ! Reste ! Je peux pas le faire sans toi, je suis rien sans toi. Mes yeux se remplirent de larmes et je dus me contrôler pour ne pas pleurer devant tout le personnel médical qui s’occupait de moi. Si elles lui avaient demandé de sortir, c’était pour une bonne raison. Ça faisait déjà des heures que Ki était avec moi dans cet hôpital et j’avais compris avant même de rentrer qu’il en avait peur. Je ne pouvais pas le forcer à rester avec moi s’il se sentait mal. Pourtant, j’aurais voulu qu’il soit avec moi, j’avais peur, encore plus sans lui. On me demanda toujours de pousser au moment des contractions, et je finis par me concentrer sur cette tâche. Pousser lors des contractions. Notre fils finit par s’engager, je ne saurais décrire cette sensation. J’étais fatiguée, j’avais chaud, je transpirais à grosses gouttes. J’appliquais mes exercices de respiration et pourtant j’avais l’impression d’être à bout de souffle entre chaque poussée. Combien de temps ça dura ? Je ne saurais vous dire, j’avais l’impression qu’il était suspendu dans cette pièce. Jusqu’à ce que je sente enfin la délivrance, la sortie de mon bébé. Ce fut plus que douloureux et je ne pus m’empêcher de gémir, même si je me contins un peu. Et l’instant d’après, on était en train de le poser sur moi, tout contre ma poitrine. Je sentis mon cœur battre encore plus vite, encore plus fort. Je me sentis très fatiguée, mais je relevai quand même les bras sur lui pour le tenir. Je pleurais sans vraiment me contrôler, et il se mit à en faire de même. Je baissai la tête pour le voir et mes yeux se posèrent sur sa petite tête. Je ne voyais que son crâne pour le moment, mais j’étais déjà inondée d’amour pour lui. J’avais donné vie au fils de Ki. Je l’avais fait. Voilà, j’étais mère.
Je commençai à me sentir un peu nauséeuse aussi, perdue dans cette agitation. Tout n’était pas terminé pour moi, je devais encore expulser le placenta. On me laissa un peu de temps pour faire connaissance avec mon enfant, puis on se pencha vers moi.

- Je vais chercher le papa pour couper le cordon.

Je ne réagis pas, trop occupée à essayer de voir ce bébé posé sur moi. J’entendis la sage-femme proposer à Ki de couper le cordon et il le fit les mains tremblantes. Il était toujours aussi pâle, à croire que sortir de là ne lui avait pas fait du bien. Je relevai la tête vers lui, des larmes toujours dans les yeux et lui souris. Après quoi une des femmes récupéra le bébé, le couvrant d’une couverture avant de le mettre dans les bras de Ki en le félicitant. Je l’entendis lui demander de la suivre, ils allaient procéder aux mesures. Poids, taille, vérification que tout allait bien. A côté de moi, on m’encouragea à continuer mon effort pour le placenta. Maintenant que mon petit était parti, je me concentrai de nouveau. Une fois que tout fut fini, on me nettoya un peu et on me recouvrit pour me transférer dans une autre chambre. Je n’attendis pas très longtemps avant que Ki ne fasse son retour. Je ne lui laissai pas le temps de parler avant de lui poser la question qui me brûlait les lèvres.

- Il va bien ?

Ki me répondit. Oui, notre fils allait bien. Il était en bonne santé, aucun signe qu’il y avait un problème. Nous finîmes par être interrompus par l’entrée d’une infirmière poussant le berceau transparent du bébé. Il portait son premier pyjama choisi par Ki et moi. Je la regardai passer, un sourire fatigué aux lèvres. L’infirmière me sourit elle aussi. Il avait les yeux ouverts, ses petits bras s’agitant lentement au-dessus de lui. Il ouvrit la bouche et je le regardai faire émerveillée.

- On dirait qu’il a faim. Me dit gentiment l’infirmière. Vous voulez l’allaiter ?
- Oui. Dis-je en hochant la tête.

Elle s’arrêta juste à côté de moi et me fit signe de me redresser. Ki s’approcha pour placer un second oreiller dans mon dos afin que ça soit plus confortable pour moi. Je le remerciai tendrement et l’infirmière se pencha pour prendre le bébé dans ses bras. Je dégageai ma poitrine avant qu’elle ne l’installe contre moi. Je plongeai dans ses yeux, émue. Me voyait-il ? Reconnaissait-il sa mère ? Est-ce que ma voix ou mon odeur lui étaient familières ? J’avais encore les larmes aux yeux.

- Il faut le laisser faire tout seul comme un grand, vous verrez, il finira par trouver votre mamelon. Vous pouvez lui parler aussi, il reconnaît votre voix et ça le rassure.

Je lui offris un sourire pour la remercier et elle se recula un peu. Elle resta néanmoins dans la pièce, juste au cas où. Après tout, elle savait ce qu’il fallait faire ou ne pas faire, elle pourrait me conseiller. Je baissai la tête sur mon fils pour l’admirer. Je n’étais pas fan des nourrissons pourtant, mais là c’était différent, c’était le mien. Je jetai des coups d’œil à Ki de temps en temps, cherchant une réaction de sa part.

- Coucou Kyang Ja. Finis-je par dire. Encore un petit effort, tu y es presque !

Ma voix était douce, remplie d’amour. Je continuai à lui parler, lui faisant remarquer à quel point il était minuscule et léger. C’était troublant. Je crois que beaucoup de gens ont cette impression lors de la naissance d’un enfant : ils sont vraiment petits et ont l’air fragiles. Après une petite demi-heure et suite aux conseils de la jeune femme, le petit accrocha enfin mon téton et referma la bouche dessus. Je sursautai, surprise, lorsqu’il commença à téter. C’était … Je n’avais pas de mots. Je commençai à bailler, fatiguée par la journée que je venais de passer. Ki était toujours là, il ne semblait pas plus en forme que moi. J’eus des contractions durant l’allaitement, c’était un peu douloureux mais apparemment normal. La tété prit fin et mon copain décida de s’en aller pour me laisser me reposer. Avant qu’il ne parte, je l’interpellai.

- Attends ! Il s’arrêta, je plongeai dans ses yeux. Merci. Merci d’être resté avec moi. Passe une bonne nuit.

J’aurais eu bien plus à lui dire mais lui comme moi étions fatigués. Il disparut et l’infirmière replaça le bébé dans le berceau. Elle me félicita encore et me conseilla de me reposer. Dans les heures qui allaient suivre, il y aurait d’autres tétés, je devais reprendre des forces. Je me lui demandai à boire et une fois réhydratée, je me recouchai correctement dans le lit. Je me tournai sur le côté pour voir cet enfant que je venais d’avoir. Paisible, il avait déjà refermé ses grands yeux noirs et semblait dormir. Toi et moi nous serons liés pour la vie, mon fils … J’espère que je serai à la hauteur. Pardonne-moi si ce n’est pas le cas, s’il te plaît. Pardonne-nous de t’avoir fait si tôt alors que nous n’étions pas prêts. Je fermai les yeux moi aussi et ne tardai pas à m’endormir, exténuée. Ma peur était passée au second plan, effacée par l’excitation de la naissance. Mais bientôt, elle reviendrait, plus prenante encore.
Nous avions fait un enfant. Nous étions parents.

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MessageSujet: Re: Le Cycle de la Vie [Ki]   Mar 12 Aoû - 17:51

Le Cycle de la Vie


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MessageSujet: Re: Le Cycle de la Vie [Ki]   Sam 2 Aoû - 18:12



Le Cercle de la Vie – Ki



Ce matin, je ne me sentais pas très en forme. Oui, à mesure que ma grossesse avançait, j’étais de plus en plus fatiguée et je n’arrivais même plus à me rendre à tous mes cours. Mais là, c’était différent. Je m’étais préparée au bal de promo, moi qui n’aimais pas tellement ça. J’avais mis du temps à trouver une robe qui rentrait dans le thème, et que je pouvais porter en étant enceinte de huit mois et demie. Elle ne m’avait pas coûté trop cher, et j’avais pu me l’offrir grâce à l’argent que j’avais mis de côté. Depuis que j’étais revenue, Ki payait certaines choses, et je pouvais épargner un peu. J’évitais de le laisser tout payer, je ne voulais pas être dépendante de lui, et après tout je ne voyais pas pourquoi je ne devais pas participer. Je participais à mon échelle, puisque je n’avais que la bourse. J’étais assez gênée de ne pas avoir autant de revenus que lui, mais je n’avais pas tellement le choix. Et puis … J’avais pu m’acheter la robe, tout comme j’avais pu m’acheter du nouveau matériel de dessin. Prochainement, je visais du matériel de peinture, mais ça coûtait plus cher, j’allais devoir attendre un peu. Le lycée faisait une option qui m’intéressait, et pour ça, il aurait fallu que je m’offre un ordinateur ainsi qu’une palette graphique. Pas la peine de préciser que pour l’instant, ce n’était pas du tout dans mes moyens, alors j’allais mettre de l’argent de côté et me débrouiller toute seule.
Au dernier moment, avant de me préparer pour le bal, j’avais fini par avouer à Ki que je me sentais fatiguée et qu’il valait mieux qu’on reste là. Il était soulagé, il n’était pas tellement partant pour la soirée et n’y allait que pour me faire plaisir, de toute façon. Mais j’aurais voulu profiter e lui une dernière fois. D’ici deux semaines, nous serions parents, c’était l’occasion ou jamais. Je ne lui avais pas dit qu’au-delà de la fatigue, je ne me sentais pas bien, barbouillée et bizarre. J’avais pensé que c’était ma grossesse qui me mettait dans cet état, c’était normal à ce stade. Oui, dans mon esprit, il y avait eu une seconde de réflexion « et si le bébé allait bientôt arriver ? » mais je l’avais chassée.

Et voilà que le lendemain, cette sensation n’était pas partie, je ne me sentais pas vraiment mieux. Je n’avais pas beaucoup dormi, j’avais de plus en plus de mal à dormir. Je pris un bain pour me détendre un peu, et ça marcha. Je n’avais pas réussi à avaler un petit déjeuner digne de ce nom non plus. Ki se leva très peu de temps après, et j’allai vers lui dès que je le vis apparaître. Je me collai à lui et l’embrassai. Depuis notre discussion sur le bébé, deux semaines après mon retour, j’avais besoin de contacts avec lui. J’avais besoin de le sentir contre moi, de sentir sa présence rassurante le plus proche de moi. Il fallait que je le touche et que je vérifie qu’il était bien là, avec moi. D’un côté, c’était aussi comme si j’essayais de me faire pardonner en le cajolant. Je ne pouvais pas me retenir, c’était plus fort que moi. Et Ki ne me rejetait pas, ce qui me faisait énormément de bien. A côté de ça, entre nous il n’y avait que ces gestes de tendresse. Ki m’enlaçait lorsque nous dormions, il m’embrassait longuement, mais ça n’allait jamais plus loin, malgré tous mes efforts. Une fois, si, nous avions été plus loin, mais il s’était arrêté, incapable de quoi que ce soit. Je me demandais si je lui faisais encore envie. N’étais-je pas une chose immonde, enceinte ? Il y avait un contraste entre ses paroles et ses actes, et je n’arrivais pas à lier les choses correctement. Je me disais que c’était à cause de cette grossesse et que les choses iraient peut-être mieux après. J’espérais.
Je lui demandai s’il avait bien dormi, alors qu’il venait de poser sa main sur mon bras.

- Oui plutôt bien. Et toi ? Tu sens bon.

Je lui souris tendrement.

- Pas vraiment. Finis-je par avouer. Je sors tout juste de la salle de bain. Ajoutai-je à son dernier commentaire.

Il devait s’en douter, je sentais le shampoing et le savon, et mes cheveux n’étaient pas secs. Je passai ma main dedans pour appuyer mes propos et pour les replacer de chaque côté de mon visage. J’avais toujours cette fâcheuse manie de jouer avec mes cheveux, que ce soit pour placer une mèche derrière mon oreille, les faire revenir en arrière ou juste passer ma main dedans pour les démêler. J’avais quelques tics comme ça, la plupart concernant mes cheveux, les autres mes vêtements ou mes doigts. Je finis par m’éloigner de lui pour le laisser respirer un peu. Je savais qu’il lui fallait son temps pour se réveiller complètement, et qu’il ne fallait pas trop le brusquer. Sans compter qu’il était encore assez tôt. J’entrepris alors de faire du tri dans mes dessins. Durant mon absence, Ki avait gardé toutes mes affaires sans en jeter une seule. Pourquoi ne pas les avoir mises à la poubelle ? Ou les avoir rendues à mes parents ? Dans ma lettre, je lui avais largement fait comprendre que je ne reviendrais pas, que je ne pouvais pas revenir. Il était le seul à savoir la vérité sur mon départ. Il aurait dû être en colère, il aurait dû jeter tout ce qui m’appartenait. Mais il ne l’avait pas fait. Pour quelle raison ?
Je récupérai ma pochette et me mis au travail, me remémorant chaque dessin comme une partie de moi. Je finis le travail en fin de matinée et ce fut au moment où je décidai de retoucher une de mes « œuvres » que les évènements s’accélérèrent. Une douleur aigue s’empara de mon ventre, et je compris très rapidement qu’il s’agissait de contractions. J’en avais eues dernièrement, ce qui était normal puisque j’arrivais à terme, mais pas des douloureuses. On m’avait appris que si ça devenait douloureux, je devais me rendre à l’hôpital, même si je n’avais pas encore perdu les eaux. Là-bas, ils décideraient de ce qu’il fallait faire. Moi, je sentais très bien les contractions, c’était différent de d’habitude, et je savais très bien que c’était le moment. Peut-être que je me trompais, après tout je n’avais jamais vécu cette situation, mais j’avais le sentiment que c’était pour maintenant. J’appelai Ki du mieux que je pus, m’y reprenant à deux fois avant qu’il ne vienne. J’étais déjà debout quand il passa le pas de la porte, à me tenir le ventre. La douleur avait un peu reflué, mais elle était toujours là, tapie, en attendant la prochaine vague.

- Qu'est-ce qu'il y a Shin ? L’entendis-je dire avec nervosité.
- Je crois … Je crois que je vais accoucher. Il faut qu’on aille à la maternité.
- Accou ... cher ? Tu es sûre de toi ?

J’hochai la tête en grimaçant. Oui, j’étais sûre de moi. C’était une sensation inédite pour moi. Ça ne ressemblait pas aux mouvements du bébé, qui se faisaient de plus en plus rares, ni aux contractions normales que j’avais depuis peu. Sans oublier le fait que j’avais mal. Et comme en plus j’avais du mal à supporter la douleur, c’était encore pire. Il finit par aller récupérer le sac contenant mes affaires ainsi que quelques vêtements propres pour le bébé et je commençai à aller vers la porte. J’avançai plutôt lentement à cause de la douleur, et il me rattrapa rapidement. Je ne savais pas lequel de nous deux était le plus paniqué, mais Ki devait avoir une petite avance sur moi. Il m’aida à sortir du bâtiment et je me reposai sur lui sans broncher. Ki avait toujours cette habitude de prendre soin de moi avec de petites attentions dans le genre, et ce depuis que nous vivions dans la même chambre. C’était pire depuis que j’étais revenue, enceinte. J’aimais bien qu’on s’occupe de moi, c’était reposant, mais je ne voulais pas qu’il fasse tout à ma place. Mais là, je le laissais faire, fatiguée si j’en faisais de trop. Je le laissai me soutenir, bien contente qu’il soit là pour moi. Nous arrivâmes lentement et silencieusement devant les grandes grilles de l’école et il m’arrêta pour appeler un taxi. Il y parvint assez rapidement et m’aida à monter. Une fois dans le véhicule, il indiqua notre destination. Il sa main sur la mienne et me regarda dans les yeux, me demandant si j’avais toujours mal.

- Ou … Oui, mais un peu moins.

Mes doigts se refermèrent sur les siens et je ne pus le lâcher. Je commençai à avoir peur. Les contractions allaient revenir, de plus en plus régulièrement, de plus en plus douloureuses. Je finis par le lâcher quand l’une d’elle me secoua de nouveau, et je posai mes deux mains sur mon ventre. Combien de temps depuis la dernière ? Je tentai de garder mon calme le plus possible, et de rester plus ou moins silencieuse. Pas la peine de hurler, ce n’était qu’une douleur, et Ki comme le chauffeur avaient compris que oui, j’allais accoucher, et oui, j’avais mal. D’ailleurs, notre conducteur s’adressa à moi, me demandant si c’était un garçon ou une fille. Je me forçai à lui sourire avant de lui répondre.

- Un garçon. C’est un garçon.

Je relevai le regard sur Ki. Un petit garçon, comme Papa. Papa qui était complètement paniqué, en train de vérifier les affaires qu’il y avait dans le sac. Ce sac, je l’avais déjà vérifié une ou deux fois, il ne manquait rien, j’en étais certaine. Amusé par notre situation, le chauffeur s’adressa cette fois à Ki, lui assurant que nous les femmes étions plus solides que nous en avions l’air, et que malgré les apparences nous étions capables de faire face à un accouchement. Lui avait trois filles, ce qui signifiait que sa femme avait vécu trois accouchements. Et moi, combien en vivrai-je ? Serait-il notre seul enfant ? Non, j’en voulais d’autres. Plus tard, mais je voulais d’autres enfants, c’était certain. Ki lui répondit, crispé, et je me contentai de garder le silence, concentrée sur ma respiration, ma douleur et mes sensations. Le silence retomba, et le stress de Ki dût monter d’un cran, si c’était encore possible. Il avait l’air dans un état pire que moi, et si je n’avais pas eu aussi mal, j’en aurais ri, je me serais peut-être même moqué gentiment.

- Voilà les futurs parents, on est arrivé ! Bon courage Mademoiselle.

La voiture s’arrêta, Ki paya le chauffeur en le remerciant. Je le remerciai à mon tour et descendit avec l’aide du père de mon bébé. Etrangement, il s’arrêta en se tournant vers l’hôpital, complètement bloqué. Il avait les yeux braqués sur le bâtiment, et semblait refuser d’avancer vers lui. Nombreux étaient les gens qui avaient peur des hôpitaux, et je ne savais pas qu’il en faisait partie. Je me doutais encore moins que ça provoquerait ce genre de réaction de sa part. Trop poli pour le presser, je me contentai de le regarder, attendant qu’il soit prêt à avancer. S’il tardait trop, alors je lui laisserais le temps d’être prêt et j’irais seule. Puis en silence il inspira et se remit en route. Nous pénétrâmes à l’intérieur et nous dirigeâmes immédiatement vers l’accueil. J’expliquai alors à la situation, lui faisant rapport de mon terme de grossesse, de la fréquence des contractions, de mes coordonnées et de tout ce dont elle avait besoin. Elle effectua alors ma prise en charge et m’indiqua la chambre qui m’attendait. Pendant ma discussion, Ki agrippa fermement mon poignet, me faisant sursauter. A ce stade, c’était plus qu’une simple peur de l’hôpital. Valait-il mieux qu’il sorte et qu’il attende la fin de l’accouchement ? Non, j’avais besoin de lui moi. Si pour le moment je restais calme, je ne savais pas combien de temps ça allait durer. J’avais peur moi aussi. Mais si je perdais la face, qui serait assez calme pour nous deux ? Je respirai calmement et me dirigeai vers le service qui me concernait. En chemin je fis une pause, prise par une nouvelle contraction. Elles étaient espacées de combien de temps ? Dix, neuf, huit minutes, pas plus. Une fois dans la salle, l’équipe médicale prit soin de moi, m’installant sur une table, me banchant à tout un tas de trucs, vérifiant que le bébé se portait bien. Ils ne s’inquiétèrent pas trop, visiblement tout allait bien.

Ki était encore tremblant et transpirait beaucoup. Je voyais qu’il faisait d’énormes efforts pour être là, avec moi. Alors, il m’aimait vraiment, il tenait assez à moi pour se contrôler et rester dans un hôpital ? Je découvrais cette peur dont je n’avais pas connaissance, et j’étais plus qu’émue de voir qu’il prenait sur lui pour rester à mes côtés. Pour que cette peur se manifeste de façon aussi physique, elle devait être très forte. Moi aussi j’avais peur, mais ça se voyait beaucoup moins. J’étais aussi excitée à l’idée que d’ici quelques heures, mon bébé serait là. Ça faisait des mois que je le protégeais jalousement et que je faisais tout pour qu’il naisse en bonne santé. L’heure de notre rencontre était venue.
L’infirmière qui nous accompagnait remarqua elle aussi que Ki n’était pas bien, et l’interpella, lui demandant s’il allait bien. Sa réponse me surpris. Il lui répondit qu’il ne voulait pas mourir. Mais enfin Ki, tu n’es pas là pour ça, au contraire. Ce n’est pas la mort qui arrive, mais la vie. J’eus la conviction encore plus mordante que quelque chose n’allait pas, et qu’il avait vraiment du vivre une mauvaise expérience dans un hôpital. Elle lui tendit de quoi boire, lui assurant que tout allait bien pour lui comme pour moi. Il s’appliqua à respirer et je me contrôlai un maximum pour qu’il ne panique pas lors des contractions suivantes, et il se calma finalement. Au moment où elle lui proposa d’aller prendre l’air, j’eus peur qu’il accepte, et qu’il me laisse seule, mais il refusa. Mon cœur battait dans ma poitrine, je ne voulais pas qu’il parte maintenant. J’avais peur pour mon accouchement, et j’étais inquiète pour lui. Je voulais qu’il reste là avec moi, au moins pour le moment, le temps d’être rassurée. Il prit ma main dans la sienne.

- Ca va bien se passer.

Je relevai la tête vers lui, un tout petit sourire crispé sur le visage. Puis j’hochai la tête et émit un accord à peine audible, rien qu’un son, même pas un mot. Je déglutis et tentai de contrôler ma voix.

- Reste avec moi s’il te plaît …

Mes deux mains étaient à présent fermées sur la sienne et je me forçai à ne pas les serrer. Pour l’instant, ça allait, mais d’ici quelques minutes, j’aurai encore une contraction. Je tentai de me remémorer les exercices de respiration que j’avais appris. Il fallait aussi que je me détende un maximum. Je pensai à ce bébé qui venait de choisir son moment pour naître. A quoi allait-il ressembler ? De qui de nous eux allait-il prendre le plus ? Je l’avais déjà dit, je voulais qu’il ressemble à Ki, mais serait-ce le cas ? De toute manière, peu importait la tête qu’il aurait, c’était notre enfant, il serait forcément le plus beau bébé du monde à mes yeux. Serait-il en bonne santé ? Il n’y avait pas de raison pour qu’il ne le soit pas. Il naissait avec un tout petit peu d’avance, mais pas assez pour que ça ait un effet sur sa santé. A ce stade, tous ses organes étaient en place et en mesure de fonctionner. Les deux petites semaines qu’il nous restait servaient à le faire grandir encore un peu. J’observai les traits fins de Ki. Son visage était inquiet, crispé, paralysé par quelque chose. Des gouttes de sueur perlaient à ses temps, ses cheveux étaient humides à leur racine. D’un geste tendre, je retirai une de mes mains de la sienne et la levai, tremblante, vers son visage. Je repoussai ses cheveux pour qu’ils ne lui tombent pas dans les yeux et passai mes doigts fins le long de sa joue gauche.

- J’espère qu’il te ressemble. Lui avouai-je.

Ma main finit par quitter son visage pour retomber sur mon ventre rebondit où se cachait le « il ». Je n’avais pas vraiment mangé depuis hier soir et la faim ne m’atteignait même pas. Cependant, j’avais un peu soif, ma gorge était sèche. Je profitai un instant que l’infirmière soit de retour vers moi pour vérifier les informations sur le bébé.

- Excusez-moi, je pourrais avoir de l’eau aussi s’il vous plaît ?

Elle me répondit qu’elle m’apportait ça tout de suite et s’éloigna pour aller me chercher ce que je lui avais demandé. Elle revint quelques secondes après avec de l’eau et je la remerciai avant de vider le verre. Elle le récupéra et s’éloigna de nouveau. Ma seconde main tenait toujours fermement celle de Ki, à moins qu’il ne l’ait retirée, je ne savais même pas. J’avais toujours des contractions, douloureuses, espacées de quelques minutes. Combien de temps ça allait durer ? Est-ce que j’avais perdu les eaux sans m’en rendre compte ou est-ce que la poche ne s’était pas encore rompue ? Je ne savais même pas, j’étais complètement focalisée sur Ki et mes contractions quand j’en avais. Il était toujours nerveux, comme si c’était lui qui était sur le point d’accoucher, et intérieurement ça m’amusait. Mais je n’étais pas disposée à lui faire la remarque, peut-être plus tard, pour le moment j’avais mal, et j’essayais de me détendre. Il finit par me poser une question qui m’étonna : serais-je revenue si nous ne nous étions pas rencontrés par hasard, ce fameux mois de février ? Je déglutis, réfléchissant à une réponse.

- Je crois … je crois que oui. Peut-être pas tout de suite … peut-être que j’aurais attendu d’avoir la force … de te faire face. Mais je crois que je serais revenue. Je baissai le regard vers mon ventre pour désigner notre fils. Je l’aurais emme … né avec moi pour qu’il te rencontre. Oui, je crois que je serais revenue. Je marquai une pause, le regardant droit dans les yeux. S’il savait comme je m’en voulais ! Je t’aime de trop pour t’abandonner toute ma vie. Il m’aurait juste fallu … du temps … avant de revenir. Mais je serais revenue.

Ma voix s’éteignit. J’avais envie de pleurer, comme à chaque fois que j’évoquais ce sujet. Je baissai les yeux et ajoutai d’une voix toujours mal assurée.

- Dans le fond … je n’aurais jamais dû partir. J’espère que tu me pardonneras un jour.

L’infirmière gardait un œil sur nous, veillant à ce que tout se passe bien de mon côté. J’espérais qu’elle attribue mes larmes à la douleur. Elle pouvait nous entendre parler, mais il y avait peu de chances pour qu’elle comprenne le coréen. Les appareils autour de nous donnaient toujours les informations dont ils avaient besoin, je n’y comprenais rien. Mais s’ils ne s’affolaient pas, c’était que tout allait bien. Bébé souffrait-il lui aussi ou étais-je la seule ? J’espérais qu’il n’avait pas mal, même s’il n’allait certainement pas s’en souvenir. Plus le temps passait, plus j’étais nerveuse à l’idée d’avoir encore plus mal. D’ailleurs, une nouvelle contraction ne tarda pas à me faire me courber un peu, douloureuse. J’appliquai mes exercices de respiration pour me calmer, il fallait que je garde le contrôle. J’allais bientôt avoir droit à la péridurale, la douleur allait bientôt partir. Je jetai un coup d’œil à Ki, toujours pâle comme un mort. Je me demandais lequel était dans le pire état. Inquiète, je le questionnai à mon tour.

- Ki, ça va aller ? Je … j’ai peur mais si … Tu peux sortir si tu veux. Je ne veux pas te forcer … à rester …

Je lui fis un sourire contrit. Mes gestes étaient en total désaccord avec mes paroles, puisque ma main s’agrippa à la sienne et mes doigts s’enlacèrent avec les siens. S’il voulait partir, je ne le retiendrais pas, mais je voulais sentir sa peau contre la mienne avant.


HRP : Hum, c’est pas bien long et bien avancé sur la fin, tu me dis si ça va pas :P

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MessageSujet: Re: Le Cycle de la Vie [Ki]   Ven 25 Juil - 17:33

Le Cycle de la Vie


Vivre la naissance d'un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle




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MessageSujet: Le Cycle de la Vie [Ki]   Sam 24 Mai - 7:45



Le Cycle de la Vie – Ki



Samedi vingt-quatre mai. Lendemain du bal de promo. Bal auquel je devais aller avec Ki, mais auquel je n’avais finalement pas participé. Pourtant, j’avais tout prévu. Et même si Ki n’était pas partant pour cette soirée, je me disais qu’il allait finir par l’apprécier. Ça allait être notre dernier moment rien que tous les deux. J’avais envie de profiter un peu de lui, je ne savais pas ce que l’avenir nous réservait. Je devais accoucher d’ici une dizaine de jours et rien ne serait plus comme avant à partir de ce moment-là. J’avais réussi à trouver une robe qui rentrait dans le thème, qui n’était pas trop chère et que je pouvais porter malgré mon ventre énorme. J’avais eu du mal à la dégoter, en plus. Alors pourquoi je n’étais pas allée à la soirée ? Parce que finalement, hier, je ne me sentais pas très bien. J’étais barbouillée et fatiguée, plus que d’habitude. Et je savais qu’il était plus prudent pour moi de passer la soirée à me reposer plutôt qu’aller à un bal de promo. Je m’étais couchée relativement tôt après avoir passé un petit moment devant la télévision. J’avais eu du mal à dormir. Pour justifier l’annulation de la soirée, j’avais simplement dit à Ki que j’étais fatiguée et qu’il était plus prudent de rester dans la chambre. J’avais minimisé, en gros. Pas besoin de l’inquiéter. J’avais pu voir que ma décision l’avait grandement soulagé. J’avais l’impression qu’il avait encore du mal à accepter le regard que les autres portaient sur nous, et je le comprenais parfaitement. C’était difficile d’entendre les murmures des élèves sur mon passage, qui s’insurgeaient à cause de mon jeune âge. Ils ne comprenaient pas qu’à mes yeux, ce bébé n’était pas juste le résultat d’une bêtise. Oui, à la base, il y avait de ça. Mais après le résultat de la bêtise, il y avait eu les longues heures de réflexion, les pleurs, les doutes, la peur, les prises de décisions et enfin les retours en arrière. Cet enfant, ce n’était pas une erreur, je l’avais accepté en moi et j’avais décidé de lui donner naissance. Seule sa conception était une erreur de notre part, pas le reste. Donc finalement, il était bien content que nous n’allions pas au bal.

Depuis que nous avions enfin discuté du bébé, Ki et moi avions repris une vie à peu près normale. Il veillait toujours autant sur moi, si ce n’était plus. Et nous ne faisions plus comme si je n’étais pas enceinte. J’étais contente, même s’il avait encore du mal, même s’il avait peur, même s’il n’était pas emballé par cette naissance. Il m’avait accompagnée pour acheter ce dont nous avions besoin pour l’accueillir. Je me sentais beaucoup mieux, même s’il avait encore un comportement réservé par rapport à cette grossesse. Je me sentais bien avec lui, c’était tout ce qui comptait. Pour le reste … ça allait venir avec le temps. Il n’y avait qu’une chose qui me mettait mal à l’aise, c’était le poids que j’avais pris. Mes kilos apparus n’étaient pas uniquement le bébé, mais aussi du poids à côté. A quoi allais-je ressembler après l’accouchement ? Pour l’instant, on ne voyait que les rondeurs d’une femme enceinte, mais après ? Après, quand j’allais encore avoir un ventre superflu et des hanches plus larges qu’à l’origine ? Est-ce que j’allais toujours plaire à Ki comme ça ? J’avais déjà l’impression que mon corps le dégoûtait, qu’est-ce que ça allait être après ?

Je chassai cette idée de ma tête en portant ma tasse de thé à mes lèvres. Tirée de mon lit très tôt dans la matinée, peu après six heures, je m’étais résignée à essayer de manger quelque chose même si j’avais l’estomac noué. Mais seule ma tasse de thé passait ce matin, le reste refusait de rester. Je ne m’acharnai pas en me promettant de réessayer de prendre un petit déjeuner dans une heure. Après tout, peut-être que mon estomac avec juste besoin d’être un peu plus réveillé. Je filai prendre un bon bain chaud en attendant, histoire de me détendre. Je ne savais pas si Ki était réveillé ou non, s’il allait se lever bientôt. Cependant, je tentai de faire le moins de bruit possible pour ne pas le sortir de son sommeil s’il y était encore. Une fois posée dans l’eau, je me prélassai tranquillement. Je posai mes mains sur la peau nue de mon ventre, tendue. Il ne restait que quelques jours avant la naissance. Nos derniers jours de liberté, d’après ceux qui nous entouraient. A partir de maintenant, et dès que notre fils poussera son premier cri, nous serons des parents avec un engagement à vie envers lui. A cette idée, mon cœur s’emballa dans ma poitrine. J’avais peur d’être une mauvaise mère pour lui. J’étais tellement pressée de le tenir dans mes bras alors que son existence aurait dû me terrifier. Si on m’avait dit il y a un an ce que je serai aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru. A l’époque, j’étais encore avec Ethan, simplement amie avec Ki et mon couple battait de l’aile. Et seulement douze mois après, j’étais sur le point d’accoucher de Ki. Ce qui me perturbait le plus, c’était l’intensité de mes sentiments pour lui. Et la vitesse à laquelle tout ça avait été. Je m’étais donnée à lui dès le premier jour, alors qu’il était ma première expérience. Ce jour-là, avait-il pensé que j’étais une fille facile ? Que se passait-il dans sa tête quand il repensait à cette première fois qui symbolisait une quantité de choses impressionnante à mes yeux ? Je ne regrettais rien, j’étais heureuse d’avoir vécu tout ça avec lui. J’avais ouvert les yeux bien trop tard. Il avait fallu qu’il reparte en Corée, à des milliers de kilomètre de moi, et que sa mère le descende plus bas que terre pour que je réalise enfin. Je ne savais même pas comment j’étais tombée amoureuse de lui, quand était-ce arrivé ? A quel moment mon cœur s’était-il attaché au sien, délaissant mon copain de l’époque ? L’aimais-je vraiment ce fameux jour en Corée, ou est-ce que mes sentiments étaient apparus après ? Je ne savais même pas répondre à toutes ces questions, je ne savais rien. Je n’avais qu’une seule et unique certitude. Aujourd’hui, je l’aimais bien plus que tout. Ce bébé en était la preuve absolue, même s’il n’en avait pas du tout conscience. Je ne savais pas si un jour il allait le réaliser, mais je l’espérais. C’était un sujet que je n’allais pas aborder avec lui.
Après de longues minutes passées dans l’eau chaude, ma boule au ventre s’estompa légèrement. Je me sentais mieux, plus sereine. Je me lavai lentement, gênée dans une partie de mes mouvements. En parlant de mouvements, je sentais le bébé très peu bouger dernièrement. Il paraissait que c’était normal, c’était parce qu’il avait très peu de place maintenant. Mais de temps en temps, il me donnait quelques coups ou se retournait. C’était des sensations totalement inédites qui m’émerveillaient à chaque fois. Cette vie qui prenait racine en moi pour finalement éclore à l’air libre me fascinait. Après m’être rincée et avoir essoré mes cheveux, je sortis précautionneusement de l’eau. Je me séchai sans tarder, appliquai de la crème hydratante sur ma peau, puis m’habillai. Je me regardai dans le miroir. Est-ce que je me maquillais ou est-ce que ça ne servait à rien ? Comment Ki me préférait-il ? Me trouvait-il jolie au naturel ? Ne détestait-il pas quand je me maquillais ? J’avais tellement de mal à entrer dans sa tête, encore plus depuis mon retour. Il m’avait dit … il m’avait dit que j’étais encore plus belle qu’avant, quand il m’avait revue après ma disparition. La seule différence, c’était mon ventre déjà impressionnant à ce moment-là. Le pensait-il toujours ? Etais-je vraiment belle dans ses yeux, ou l’avait-il dit pour me faire plaisir ? Ki n’était pas du genre à dire ce qu’il ne pensait pas, ni à embellir ses pensées. Et pourtant, je doutais de ces paroles. Quand je me regardais, là, je voyais une jeune femme bien trop jeune pour être enceinte, un gros ventre rebondi, et des courbes différentes d’avant. Et quand je m’attardais sur mon visage, je voyais surtout de grosses cernes de fatigue. J’avais de plus en plus de mal à dormir, j’étais gênée par ce ventre. Et en début de semaine, j’avais été réveillée par une alarme incendie. Ki s’était éclipsé au lieu de retourner se coucher avec moi et je n’avais pas posé de questions. Mais j’avais été incapable de me rendormir, supportant tout juste de rester seule au lit sans savoir où il était. Je ne m’étais rendormie que quand il était revenu, ce qui n’avait pas arrangé ma fatigue. Finalement, je sortis de la salle de bain sans m’être maquillée, après avoir terminé ma toilette.

Ki s’était finalement levé. Quelle heure était-il ? Je ne savais même pas combien de temps j’avais passé dans l’eau, à ne rien faire. J’allai vers lui avec un grand sourire. Je me collai contre lui et l’embrassai tendrement. Ce genre de petites attentions, je devais les initier, Ki n’était pas toujours démonstratif. Encore moins depuis que j’étais revenue. Mais je savais qu’il m’aimait, alors peu importait.

- Tu as bien dormi ? Lui demandai-je doucement.

Il me répondit, et je finis par me décoller de lui. Je profitai qu’il soit levé pour retourner dans la chambre, récupérant une pochette contenant mes dessins. Une fois cette pochette en main, je me dirigeai dans le salon pour m’installer dans le canapé. J’allais trier un peu tout ça, décider de ceux que je devais retoucher, colorer ou garder tels quels. J’avais passé pas mal de temps à dessiner lors de mes heures d’ennui. Surtout ces dernières semaines, j’avais eu de plus en plus de mal à suivre les cours et il m’était arrivé de rester sagement dans ma chambre au lieu de me déplacer dans les salles de classe. Dans l’ensemble, j’essayais de louper le moins possible, mais parfois la fatigue l’emportait. Et puis je savais pertinemment que j’allais recommencer mon année, si je ne le voyais pas maintenant, je le verrais plus tard. Je devais faire attention à moi, encore plus à mesure que mon accouchement approchait. Je commençais à stresser à propos de ça. Comment ça allait se passer ? On disait que l’accouchement était douloureux, plus que ce qu’on pouvait imaginer. Allais-je supporter cette douleur sans devenir folle ? J’étais douillette de nature. Combien de temps allais-je tenir avant de fondre en larme ou de crier ? Et Ki, serait-il à mes côté ? M’accompagnerait-il jusqu’au bout, tenant ma main au moment où notre enfant allait enfin naître ? J’avais peur de ce moment, mais je l’attendais aussi avec impatience.
Pour arrêter de penser à ce moment, j’ouvris ma pochette, installée sur la table basse. Dans mes derniers dessins, il y avait principalement des animaux. Mais aussi quelques paysages et quelques rares personnages. Il y avait aussi de très vieux dessins, faits avant que je n’arrive à Miami. La plupart de ces travaux, personne ne les avait jamais vus. J’en avais montré quelques-uns à Ayase, d’autres à Ki. Et puis … Je ne me cachais pas lorsque je dessinais. Mais je n’avais fait d’exposé à personne en les présentant un par un. C’était un peu mon jardin secret. La porte était ouverte, mais je n’allais certainement pas installer une pancarte pour l’indiquer devant. Je commençai alors mon travail de tri, souriant à certains dessins, qui m’évoquaient des souvenirs. Par exemple ce petit tigre qui se cachait entre les pattes de sa mère. Je l’avais fait le mois dernier alors que j’étais au parc. Je me forçais à sortir à la vue de tout le monde, même si c’était désagréable. Ça faisait du bien de prendre l’air. Ce jour-là, j’étais assise dans l’herbe avec mes feuilles et quelques crayons. Non loin de moi, il y avait une mère avec son petit garçon, il devait avoir quatre ou cinq ans. Il allait jouer dans les installations prévues pour, sous le regard bienveillant de sa mère. Il n’était pas le seul enfant, d’ailleurs. Et de temps en temps, quand il se sentait intimidé par un autre petit, il retournait près de sa mère pour se cacher. Et toujours, elle l’encourageait à y retourner, lui expliquant que les autres n’allaient pas lui faire du mal, au contraire. J’avais trouvé ça très touchant et tellement mignon. Comment mon fils allait-il se comporter avec les autres enfants ? Serait-il timide, n’osant pas aller jouer avec d’autres ou serait-il ouvert ? Ou encore méchant ? Non, je n’espérais pas le dernier cas. Il m’avait donné l’image d’un petit tigre qui n’osait pas lâcher sa mère pour aller explorer le monde. J’avais donc fait ce dessin en souriant et en jetant de nombreux coups d’œil à cette mère et son fils. Lorsque j’étais repartie, j’avais eu du mal à me relever, et elle était venue m’aider. Cette femme m’avait félicitée pour ma grossesse, chaleureuse, et m’avait souhaité beaucoup de bonheur. Rares étaient ceux qui ne me jugeaient pas ou qui ne laissaient rien transparaître. Elle avait été d’une gentillesse incroyable avec moi, à travers un simple geste et quelques mots. Je mis ce dessin sur ma pile des animaux, passant au suivant. Ce travail s’annonçait long, je passais une bonne poignée de secondes minimum sur chaque feuille, me remémorant les circonstances de ces dessins. Certains n’étaient qu’un vague souvenir, mais d’autres étaient encore très ancrés en moi. Comme cette falaise ou ce ruisseau. Ils faisaient partie d’une série de paysages que j’avais pu voir dans ma vie et qui m’avaient fait rêver. Je les avais reproduis selon mes souvenirs, m’évadant par la même occasion. J’aurais aimé y retourner. Rien qu’une fois, pour retrouver la solitude que j’avais aimée là-bas, me ressourcer tranquillement. Un jour, peut-être. Je jetai un coup d’œil au plus récent dessin que j’avais, terminé hier. Je ne le trouvais pas très original, c’était une sirène sur un rocher. On la voyait de dos, et elle me représentait. Je n’oserai jamais le dire à quelqu’un, mais elle me faisait penser à moi, seule par moment. Bien sûr, j’avais Ki et mes amis, mais il m’arrivait de me sentir seule dans mon combat. D’un côté, c’était peut-être parce que j’étais seule à porter cet enfant. J’étais sa seule mère, la seule qui avait donné son corps pour lui permettre de vivre. Et si j’étais aussi la seule à l’aimer toute sa vie ? Si Ki ne venait jamais à l’aimer comme son fils ? Je n’étais pas sûre d’arriver à le supporter, malgré tout mon amour pour lui. Devrais-je un jour choisir entre mon enfant et son père ? Ça serait un cauchemar. Je passai au dessin suivant, triant toujours silencieusement. J’avais presque fini en fin de matinée lorsque je tombai sur des dessins datant de mes années dans le Tennessee. C’était principalement des personnages, comme cette jeune femme qui se fondait avec l’eau, ces elfes représentant les quatre éléments ou encore cette combattante. Quand je les regardais, je pouvais voir les progrès que j’avais faits depuis cette époque. Ces dessins me faisaient sourire. Derrière eux, il y en avait encore quatre ou cinq et je finis faire ce premier tri.

Satisfaite de moi, je récupérai un dessin que j’avais spécialement mis de côté pour le retoucher. Je saisis mon crayon entre mes doigts, me penchant très légèrement pour prendre appuie sur la table. C’est à ce moment-là que je ressentis une violente douleur. Je me pliai un peu plus en gémissant. Ça, c’était une contraction ou je devenais folle. J’avais déjà eu des contractions de temps en temps, mais ce n’était pas douloureux. Sauf que cette fois, si. Je lâchai mon dessin, le laissant retomber sur la table et posai mes mains sur mon ventre. C’était maintenant. Notre fils venait de décider qu’il allait pointer le bout de son nez. Je me levai précipitamment.

- Ki !

Où était-il ? La douleur s’estompa un peu et je tentai du mieux possible de reprendre mes esprits. Oui Shin, tu vas accoucher, alors respire et garde ton calme. Il fallait que je prévienne Ki et que je récupère mon sac d’affaires pour la maternité. J’appelai une seconde fois Ki, ça ressemblait plus à une longue plainte qu’autre chose. Il apparut soudain, paniqué. Je m’appliquai à respirer lentement.

- Je crois … Je crois que je vais accoucher. Il faut qu’on aille à la maternité.

Je me tenais toujours le ventre. Mon cœur commençait à battre à tout rompre. Si Ki n’était déjà pas assez paniqué comme ça, ça empira. Il alla s’emparer de mon sac dans la chambre, maladroitement, stressé. Et finalement, nous passâmes le pas de la porte. Quand elle se referma, je marquai une légère pause. Allez Shin, à toi de jouer, tu peux le faire.

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