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 You're a troublemaker ... (Sammy *-*)

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Jeu 11 Déc - 12:43



Samuel & Shin



Etait-elle vraiment nécessaire cette conversation ? Non, évidemment. Et pourtant, je continuais à perdre mon temps ici, sur cette vielle banquette à moitié usée, à garder le contact visuel avec mon interlocuteur, faisant abstraction de tout ce qu’il se passait autour. Le temps qui passe, les aiguilles de l’horloge qui font leur bout de chemin, les clients qui venaient et partaient dans le bar, ceux qui étaient trop curieux et avaient arrêtés de manger pour nous épier… Tout. Comme si une bulle s’était formée autour de nous, avec l’impossibilité de s’en échapper pour l’instant. Mais comme toute chose a une fin, il allait bien falloir à un moment donné que je ferme ce débat qui au fond était inutile, puisque j’avais l’impression de causer à un sourd. Un malentendant, qui au fond acquiesçait bêtement mais comprenait tout de travers, et finirait par oublier. Parce que oui, je savais qu’il finirait par oublier, parce qu’il en avait rien à foutre, et qu’il gardait ce petit sourire en coin pour montrer qu’il gardait la face, alors qu’il était clairement en train d’imploser. Ce qui ne voulait clairement pas dire que je maitrisais la situation. Tout ce que je continuais à faire était d’exposer mon point de vue, mais j’étais à l’abri de rien, et surtout pas d’un type imprévisible comme il semblait être. Il se retenait, ça se voyait, mais le coup finirait sans doute par partir si je continuais à le chercher, comme je le faisais actuellement. Et dire que tout partait d’un simple verre de bière…

Il y avait une sorte de tension qui prenait possession de l’atmosphère, la rendant on ne peut plus désagréable, et pourtant on ne pouvait deviner que je pouvais être mal à l’aise, ou quoique ce soit d’autre. Et puis au fond, je ne l’étais pas, pourquoi devrais-je l’être, cela n’aurait fait que prouver que j’étais un incapable, puis après tout j’avais été le premier à venir, le premier à ouvrir ma gueule, j’allais pas me rabaisser maintenant, ça n’avait aucun sens. Mais si c’était ce qu’il voulait, il pouvait se fourrer le doigt dans l’œil, bien profondément. Je n’aimais pas chercher des noises, mais une fois lancé, j’avais trop de fierté pour me laisser démonter, et surtout il ressemblait fort à ces gosses de riches qui peuplaient mon lycée en Corée, et à force de mauvais souvenirs qui remontent, je ne pouvais me rabaisser à lui, comme une vengeance personnelle, et dommage c’était tombé sur lui, mais il fallait bien qu’un jour ces couillons payent, et même s’il n’y était pas vraiment pour quelque chose quant aux évènements qui m’étaient arrivés ultérieurement, il méritait tout autant qu’eux, puisqu’il n’avait pas cette éthique du respect, et rien que pour ça je ne le supportais déjà pas.

« Livre audio. » Mon sourire se fige. Arrogant, de surcroit, mon discours passe pour une thèse à la Kant, et ne lui fait aucun effet. Bof tant pis, j’aurais juste gaspillé de la salive pour rien, mais bon je ne cache pas que ça me fait chier, et que ses remarques ne sont pas que du vent : ça m’énerve. Et je commence à me demander ce qui fonctionne avec lui, si ce ne sont pas les paroles gentilles toutes douces, dois-je vraiment aller jusque là ? Commencer à jouer les salauds ? Non, je n’en suis pas un, et je ne veux pas me rabaisser à son niveau, ça non, je ne veux pas montrer un Shin que je ne suis pas. J’ai certes souvent été traité comme de la merde, mais je me suis promis de jamais me mettre à leur niveau et refaire ce que je juge de puéril, lâche et inutile. Mais bon dans le cas actuel, j’avais l’impression que je n’allais pas avoir le choix de le tacler verbalement, puisque rien n’allait l’en empêcher. Les politesses ne semblant pas être de rigueur dans son éducation, je n’allais pas me priver de lui faire part des miennes.

« - Crois-moi, tu risques très vite de le perdre ton calme. Tu fais le fier, tu affiches un calme olympien, mais je te fais chier, allez dis-le, tant qu’on y est, je t’emmerde et t’aimerais bien le fermer mon clapet. Mais tu préfères, par fierté, rester calme. Soit c’est ton choix, mais je te parie que tu ne tiendras pas. Je peux être très virulent quand je veux. »

Ou têtu comme une mule, au choix.
Quand j’étais borné sur une idée, j’avais parfois bien du mal à m’en décrocher, comme si je ne pouvais m’y résoudre tant que je n’avais pas eu la satisfaction recherchée. Je suis quelqu’un de fier, arrogant aussi, je l’avoue. Bon pas tout le temps, et surtout pas à un stade qui dépasse l’entendement et nécessite entre autre à mépriser les autres. C’était plus une arrogance personnelle, pas mécontent de son talent, et un peu trop confiant, par conséquent. Mais bon, nous semblions être deux dans la situation, trop fiers pour se laisser aller, trop orgueilleux pour admettre une défaite et vouloir se rendre. Une bonne vieille guerre entre deux chefs ronchons, incapables de se pardonner, remettant sans cesse la faute sur l’autre. Aucun moyen de les réconcilier. Tout comme ici. Aucun moyen de nous entendre. Jamais.

« - Ce serait mentir que te dire que je n’aimerais pas voir ça. Je serais curieux de voir ce dont tu es capable, mais comme apparemment tu n’es pas d’humeur assez exécrable, j’imagine que le hasard d’une prochaine rencontre me permettra d’y assister, puisque malgré moi je sais que je suis condamné à devoir revoir ta tête de con. C’est triste, mais c’est toujours comme ça que ça se passe. »

Ben oui, je n’étais pas dupe, je savais qu’en plus j’allais me farcir ce trou du cul à Wynwood. La chance n’est pas toujours de son côté, et cette fois-ci elle n’était du côté de personne. Puis lui comme moi n’avions pas particulièrement envie de se revoir autour d’une tasse de thé, auquel cas celle-ci finirait en plein dans sa tête. Liquide brulant ou non, la prochaine fois n’allait pas être aussi calme et retenue qu’aujourd’hui. Ca je pouvais vous le garantir. Encore là je supporte son sourire de triomphe, mais demain, après-demain, après-après-demain et tous les autres jours de l’année, aucune chance que j’arrive à rester zen. Il finira bien un jour ou l’autre avec un œil au beurre noir, je peux vous le garantir.
Mais en attendant ce doux moment, je souris.

« - C’est ton choix. Si tu préfères te faire chier assis sur ce banc, je ne vais pas t’en empêcher, et si je n’avais pas autre chose à faire je serais resté ici jusqu’à ce que tu daignes en avoir marre. J’ose imaginer que monsieur le roi du monde ne pourra pas tenir indéfiniment. »

Il était clair que maintenant, l’issue de cette conversation arrivait à grands pas, avec mon départ comme drapeau blanc –signe de paix, ici provisoire-, pour la simple et bonne raison que j’avais d’autres chats à fouetter, sans quoi j’aurais tenu le pari. Mais la vie ne marchait pas comme ça, et au final ça m’arrangeait, l’odeur de tabac qui monte au nez, ce n’est pas très agréable.
La conversation continue, toujours sur le même ton de provocation, et on tourne en rond. Il juge ma répartie, mais la sienne est catastrophique, pour ne pas dire complètement à chier. Il déblatère la même chose depuis trois paragraphes plus haut, et je m’ennuie. Oui, je m’ennuie. Il est ennuyant.

« - Et sinon toi, à part jouer le disque rayé, tu sais quoi faire d’autre dans ta vie ? »

Ton sec, regard noir. Je le provoque.

« - Non parce qu’au cas où tu l’aurais pas remarqué, tu répètes juste trente fois la même chose depuis toute à l’heure. Tu changes juste la formulation, ce qui en soi pourrait te rendre moins chiant, mais ce n’est pas le cas. Donc tu vois niveau répartie, je pense que t’es pas le mieux placé pour l’ouvrir, à moins que je me trompe et que t’aies quelque chose de plus constructif en réserve que « de toute façon je vais rester calme, si tu crois que je vais te faire ce plaisir, nia nia nia. » ? »

Bien évidemment, c’était purement du foutage de gueule, mais j’allais pas continuer à l’écouter dire la même chose, comme s’il était en proie à vouloir me faire du bourrage de crane. Or, il n’est pas une affiche de propagande. Je le regarde, et on peut lire de la colère dans mes yeux. Mais bon, ce n’est pas de ma faute, il joue avec mes nerfs, je joue avec les siens.

En même temps, il fallait avouer que ce petit con ressemblait fortement à celui qui m’avait provoqué, il y a de ça quelques années, quand je résidais encore en Corée. Et dès lors, je n’avais plus aucune considération pour les gars de son genre qui se crois tout permis, sous prétexte que quelque chose les fait chier, qu’une petite leçon de morale ne les concerne pas parce qu’ils n’en ont pas besoin… Il était comme ça, et me reprochait d’être un vieillard qui conte ses histoires aux autres, tentant de diffuser la paix. Et bien peut-être que c’était un peu trop imagé, mais dans le fond si je pouvais changer certaines personnes ça ne pouvait pas être plus mal. Il ne se rend pas compte du mal qu’il fait autour, et ça me tue. Je ne peux pas rester là sans rien faire, alors que pour sa petite personne il serait capable d’en gâcher d’autres.

« - Ces leçons universelles comme tu le dis mon coco, toi elles te font chier, parce que t’es qu’un gros connard égocentrique qui se prend pour le nombril du monde. Tu ne t’imagines même pas à quel point j’ai envie de te coller mon point dans ta gueule en ce moment, mais je ne le fais pas. Pourquoi ? Parce que j’ai pas envie de me rabaisser à un type qui assume fièrement d’être un bourreau. Je refuse de donner de l’importance à un type qui ruine la vie des autres. Toi tu t’en fous, toi tu ne vois pas le mal que tu fais autour puisque t’y prends pied. Mais j’espère vraiment qu’un jour tu creveras de tes putains de remords en voyant ce que t’as fais, parce que crois-moi, un jour ça te retombera sur le coin de la gueule et j’espère être là pour te voir pleurer. Ca arrivera. Toi tu crois que non, mais je te jure que ça arrivera. »

Je sortais de mes gonds, clairement, mais trop de mauvais souvenirs en moi remontaient pour me contenir. Etre fier de martyriser les autres, être fier de se dire que cette pauvre personne mettra fin à ses jours parce qu’on la harcèle en permanence. Non, ça je ne pouvais pas cautionner. Jamais.

« - Alors content ? Je me suis emporté ? »

Je me rassois sur mon siège, et bois un coup pour me calmer. J’avais lâché ce que j’avais sur le cœur. Lui ça ne lui fera aucun effet, mais moi ça me libère. Vraiment. Seulement, alors que je reprends mes esprits, il surenchérit, et là je ne réponds plus de rien.

« - En quoi ça te regarde à la fin ? »

Je plante mon regard dans le sien. Il est sérieux.

« - Oui ce n’est pas sur moi que t’as renversé le verre. Oui ce n’est pas moi qui aie été visé. Oui je suis un chevalier au grand cœur, si ça peut faire plaisir. Mais ce qui me regarde c’est de voir à quel point cette putain de société va mal et qu’il faudrait tous être égoïstes et ne regarder que dans son propre verre ! Non je ne suis pas ce crétin qui regarde le mal se passer autour de lui sans agir, non je ne suis pas ce salaud qui va photographier quelqu’un en train de souffrir, puisque c’est ce que tout le monde préfère faire. Y a un principe qu’on appelle « aider », mais ce mot doit bien t’échapper. Si y a bien un truc dont j’ai horreur, c’est ces gens qui s’en prennent aux autres. Et je devrais les laisser, sous prétexte que ce n’est pas mes affaires ? Je devrais laisser une fille se faire violer dans la rue, parce que ça ne me regarde pas ? C’est peut-être exagéré, mais c’est la même chose. Si tu crois que je vais rester les bras ballants sans rien faire, tu te fourres les doigts dans l’œil. Et tu sais pourquoi ? Parce que je possède un truc que toi tu sembles pas avoir, j’ignore même si tu connais ce mot : la solidarité ! Alors vas-y dis-moi que je prêche comme Mère Teresa, que je suis l’Ange Gabriel, cites moi toute la Bible si ça te chante, mais je m’en contre fous, j’ai un cœur, de la compassion, je suis humain. »

Je ne rajoute pas : ce qui n’est pas ton cas, et me tais simplement, le laissant continuer à déblatérer des paroles qui m’agacent toutes autant qu’elles sont. Je n’arrive plus à vouloir accorder un peu de respect à ce mec. On continue sur quelques amabilités, ses connaissances en coréen qui me clouent le bec deux secondes. Je songe à partir, pour de bon, j’en ai marre, j’ai eu ma dose, et je l’ai assommé de discours, qu’il aura oublié dans deux secondes. Mais ça aura été nécessaire, j’ai pu vidé mon sac. Je le laisse parler, je ne réponds que brièvement à chaque fois, je pense qu’on peut s’arrêter là, j’ai eu ce que je voulais, son prénom, pour pouvoir bien m’en souvenir. Il fallait qu’il souffre, mais plus tard. Pour l’heure, je devais partir.

« - Bon, tu ne m’excuseras pas Samuel, mais je vais te laisser, je crois qu’il vaut mieux pour nous deux qu’on s’arrête là, sinon je vais vraiment devoir abimer ton visage, et ça serait dommage que la tronche d’un lycéen qui se prend pour Sauron soit totalement défigurée, ça ferait moins crédible. Je ne te dis pas au revoir, j’aimerais te dire adieu, mais je suis sur qu’on va se revoir, et le jour où ça arrivera, planques-toi, c’est un conseil. »

C’est tout ce que je lui dis, avant de m’éclipser du bar, énervé, il fallait que je me calme, et la musique serait le seul remède.  


Crédit ♥
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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Sam 6 Sep - 16:21

You're A Troublemaker...
Shin Young Hae *-* & Samuel Steevenson.





J'avais bien conscience de vivre à ce moment là, un moment tout à fait unique et pour ne pas dire privilégié, c'est une confrontation comme on en voit peu souvent qui se déroulait dans ce bar banale, ce midi là, une confrontation d'une intensité rare mais qui pourtant ne débordait pas, qui ne déborderait pas, là était tout le secret. Prenez deux personnes, dans l'exact situation, déjà une telle conversation n'aurait pas eu lieu, pas dans le bar du moins, normalement, après avoir jeté le contenu de ma bière au visage du serveur, j'aurai du me faire virer sans plus aucun discours et même me faire bannir du bar pour un bon moment voir même pour toujours. Or là un hasard que je n'expliquais pas avait fait que le fait de jeter mon verre à la tête de ce serveur n'avait pas constitué quelque chose d'assez grave ou important pour que je puisse me retrouver exclu de ce bistrot, car j'étais encore bel et bien là à discuter avec mon cher interlocuteur. Oh il y a d'autres détails pour le moins « surnaturels » dans notre histoire, je pense que personne de vraiment sensée ne se serait risquée à venir m'interpeller avec des leçons de morale préfabriquées par l'Education Nationale alors qu'il avait eu sur le moment une démonstration de jusqu'où mon tempérament, pour le moins très houleux et désagréable je le conçois peut me porter, surtout les jours où je ne demande qu'une chose, qu'on me laisse tranquille dans ma bulle, que l'on ne vienne pas me déranger et que je sais que le moindre petit détail serait susceptible de me faire dégonder. Passons enfin sur le calme extraordinaire qui nous caractérisait à ce moment là, est ce que vous avez déjà vu çà ? Est ce que vous avez déjà vu deux rivaux se fixer avec autant de retenue et de calme ? A part dans un western de Sergio Leone. N'allez pas croire que je fais des métaphores plus ou moins bonne pour le plaisir, parce que la scène de western pourrait tout aussi bien décrire notre altercation, une atmosphère calme mais que l'on sait extrêmement pesante et chargée de ressentiment et de tension, deux adversaires se regardant droit dans les yeux, n'osant pas lâcher le regard de l'autre, car ils savent que le premier à détourner les yeux serait le perdant du duel, la main au dessus du colt prêt à jaillir, voilà tout l'enjeu de cette scène qui briserait la tension, qui ferait éclater le mur, en bref qui tirerai le premier coup de revolver. Le truc c'est que ça peut durer très longtemps, et d'autres facteurs peuvent intervenir, par exemple un des deux cow-boy pourrait très bien se faire virer du saloon parce que le barman se souvient subitement que ce dernier à jeté sa choppe de bière sur le serveur, ça mettrait court à la situation mais cela signifierai l'échec de ce dernier et croyez moi il ne pouvait pas se le permettre.

Donc oui nous étions en pleine scène de western et ce bar était un peu notre saloon, nous étions face à face et pour le moment nos répliques tombaient sur un ton égal, personne ne surpassant l'autre, on ne faisait que donner le ton pour le moment, chacun jaugeant son vis à vis, voir de quoi il est capable avant de vraiment faire feu, avant de vraiment attaquer, mais là était tout le dilemme, quand fallait-il attaquer ? Fallait-il attaquer tout court ? Est ce qu'au final aller trop loin et sortir la réplique qui mettrait à terre l'adversaire ou tout simplement en venir aux mains ne serait pas une forme de défaite ? Non bien sûr qu'il ne fallait pas en venir aux mains, quand à la réplique qui tue, celle qui mettait fin au débat, celle qui mettait KO l'adversaire, celle qui vous permet de faire jeu set et match dans une finale de Grand Chelem je m'en réservais l'usage mais je devais attendre encore un peu, je n'en savais pas encore assez sur lui, sortir une grande phrase, pleine de verve ne servirai à rien maintenant je risquais de tomber à côté et ça aurait l'effet d'un coup d'épée dans l'eau, non comme dans un western il fallait que je trouve le moment fatidique, le moment idéal pour asséner ma dernière réplique et je savais que plus nous parlions plus le moment approchais, je devais attendre, rester aux aguets car il pouvait tout aussi bien me l'asséner cette réplique, cette réplique à laquelle on ne trouve plus rien à répondre, celle qui vous fait baisser la tête et qui vous fait quitter la salle en regardant vos pieds, pas question de subir un tel affront, surtout pas aujourd'hui. Bien sûr qu'il y a des fois où j'essaye de me comporter gentiment ou je ne me laisse pas emporter par ma ferveur de toujours vouloir avoir raison mais pas aujourd'hui, aujourd'hui il n'y avait aucune gentillesse qui tenait, j'étais en rogne, je ne demandais qu'à être tranquille et il était venu me déranger, tant pis pour lui il allait devoir subir ma mauvaise humeur et mon mécontentement, même si il m'entraînait dans un débat philosophique dont je n'avais rien à faire, j'allais répliquer phrase par phrase, démonter son argumentation, de façon la plus diplomate possible, du moins j'allais essayer.

Nous étions embarqués sur un débat sur ce que c'était que de se rebeller, pour lui je ne savais pas ce que c'était, enfin du moins je n'avais pas saisis sa vision de voir les choses, bon sang ce qu'il pouvait être rasoir ce mec, pourquoi il me disait tout çà ? Avait-il un soudain besoin compulsif de rependre sa bonne parole dans son entourage, fallait-il pour avoir la paix que je rentre dans sa vision de voir le monde ? Non ça serait bien trop facile et puis j'étais sûr que si subitement je me rangeais de son côté il trouverait encore des choses à me dire, à croire que ce mec a lu toutes les grandes œuvres philosophiques et qu'il s'amusait maintenant à me ressortir mot pour mot les phrases les plus importantes que des mecs ont déjà écrites avant lui. C'est un peu facile à mon goût de s'appuyer sur ce que les gens on déjà fait mais passons, loin de moi l'envie de l'assommer à mon tour avec de la morale, il le faisait si bien tout seul que si les gens dans le bar nous écoutaient ils tomberaient de sommeil à essayer de déchiffrer ce qu'il racontait, nan décidément ce mec est bien barbant comme il faut. Ceci dit je n'allais pas laisser couler comme si il n'avait rien dit, si je n'allais pas me lancer dans des grandes dissertations comme notre Kant des temps modernes, car contrairement à ce que pourrait croire la charmante Soraya Muños je n'avais pas la vocation de devenir un Khi Omicron plus tard. « Mec sérieusement j'ai l'impression d'écouter un livre audio quand je t'écoutes je te jure que ça fait peur, j'en ai pas grand chose à faire de ta façon de voir ce que c'est la rébellion, tu peux garder pour un devoir de philosophie, si tant est que le prof ne s'endorme pas avant la fin de ta copie. Tu veux savoir comment je me rebiffe ? Et bien je pense que juste pour t'embêter, n'y vois là aucune animosité mais je pense que je vais rester calme et vraiment essayer de ne pas m'endormir pendant ta leçon Sigmund Freud. » Je souris à sa métaphore de volcan, après la philosophie j'avais le droit à de la géologie, j'en avais de la chance aujourd'hui, je décidais de sécher les cours et pourtant je me farcissais ce mec qui semblait sortir tout droit de l'école de professeur, tout ce que j'aime. Est-ce que j'étais ce fameux volcan dont-il parlait, en quelque sortes oui, j'avais ce tempérament bouillant et explosif, imprévisible aussi mais de là à faire une comparaison, contrairement à ce qu'il avançait je pense que quand je vais exploser, pour reprendre ce terme, on me voit arriver d'assez loin, généralement on sait quand il faut se mettre à l'abri avec moi. « Je reconnais que je peux être assez dévastateur quand je le veux, mais crois moi si je dois exploser puis ce que tu sembles apprécier le terme, si je dois exploser donc tu me verra arriver de très loin, mais comme je te le disais je ne te ferai pas ce plaisir, enfin je veux te voir craquer avant moi, et dans ce cas j'ai peur que ton petit test ne se solde par un échec. » dis-je en haussant les épaules, prenant un air faussement attristé avant de retrouver mon éternel sourire, étiré sur mes lèvres.

Pourquoi est ce que je restais là à l'écouter déblatérer sa diatribe alors qu'il me saoulait profondément ? Parce que j'amusais à le voir faire ses grands airs, des grands airs qui ne semblaient qu'impressionner que lui-même, oui même si il m'énervait il arrivais quand même à me faire rire intérieurement, c'est aussi ça qui m'empêchai de sortir de mes gonds. « Oh mais ça ne me dérange pas d'attendre, au contraire j'ai tout mon temps, n'envisageant pas de retourner en cours cet après-midi et comme je n'ai pas grand chose à faire d'autre je pense que je vais rester ici jusqu'à ce que tu ai enfin compris que ta résistance est vaine et que tu finisse par disparaître de ma vue, mais je t'avouerai quand même que le plus tôt sera le mieux. »

Non je ne m'énervais pas, pas encore du moins, j'étais serein et je gardais le contrôle de mes nerfs, par contre je n'aimais pas du tout cette façon qu'il avait de me juger du regard, cette façon de me regarder comme si il cherchait tout les défauts que je pouvais avoir selon lui et les quelques qualités aussi, c'était comme si il était passé de la simple observation à quelque chose de poussé, une sorte de passage aux rayons X qui m'agaçait, je n'allais pas lui faire remarquer bien entendu, je me livrais à peu près au même jeu, à la différence prêt que je ne cherchais pas vraiment ses défauts, mais plutôt ses faiblesses, des points faibles que je pourrais exploiter, oui je sais que c'est quelque chose de pas très moral, mais je ne suis pas connu pour la jouer très très fair-play avec les gens, je suis connu pour jouer des crasses aux gens qui se dressent sur mon chemin, mais soyons réalistes quelques secondes je n'étais pas le seul dans ce monde, qui n'a jamais joué des coudes et fait de coups bas pour mettre un adversaire hors d'état de nuire ? Même le plus vertueux des hommes ne pouvait pas se vanter d'avoir une vie sans bavure, sans ombre, je suis même sûr que le Monsieur Parfait en face de moi, malgré ses grands airs de philosophes du dimanche soir, avait des parts de sa vie qu'il aimerait cacher aux yeux du monde, personne n'est parfait, j'étais bien placé pour le savoir, personne. « Sinon tu vas me reprendre sur le sens des mots à chaque fois que je parle ou alors tu as un peu de répartie parce que sinon il est clair que je perd mon temps, et franchement tu n'es pas tendu, pourtant je te sens sur le qui-vive, prêt à bondir et à perdre tes nerfs juste pour la satisfaction de me voir me tromper ou abandonner, après je peux me tromper. »

J'aime cette façon qu'il essaye de me comprendre, si il savait qui j'étais, si il savait que cette discussion entre lui et moi n'était qu'une once de ce dont j'étais capable, je ne lui montrais que le minimum de ce que pouvais être Samuel Steevenson, je pouvais être pire, bien pire, si je voulais je pouvais me montrer méchant et là j'étais pas sûr de pouvoir m'arrêter. « Mais bien sûr que je l'assume, et c'est même bien pour ça que je continue à être comme ça, si je n'assumais pas être méchant j'aurai arrêté depuis longtemps. Et oui avec des mecs qui se la pètent à jouer les grandes âmes comme toi ça m'éclate d'être gratuitement méchant si ça peut te faire fermer ta bouche et que je n'ai plus à supporter tes incessantes leçons, franchement tu t'écoutes parler ? On dirait que tu as déjà 50 ans, faudrait que tu atterrisse un peu, que tu arrête de bassiner tout le monde avec tes leçons universelles, ça t'arrive de t'amuser parfois ou alors tu passe tout ton temps dans une bibliothèque ? » D'accord je haussais le ton mais au bout d'un moment le ton ne pouvais pas rester courtois indéfiniment, d'accord je pouvais rester calme longtemps, mais à la fin c'est plus de la comédie qu'autre chose et je préférais montrer qui j'étais vraiment que de me murer plus longtemps dans ce personnage, après il allait avoir une vision très négative de moi, mais je m'en foutais, ce ne serait pas le premier, ni le dernier d'ailleurs, qu'il pense ce qu'il veut de moi, ça ne m'empêchera pas de dormir sur mes deux oreilles cette nuit. Et le voilà qu'il me fait un grand sourire maintenant, comme si il pensait avoir gagné une grande bataille, je levais les sourcils d'un signe d'ennuis et je jetais un regard à montre, pour lui signifier que ses petits discours commençait à me peser.

Je comptais dans ma tête la prochaine réprimande qu'il allait me faire, on arrivait sur le terrain de la patience, comme quoi certes je n'étais pas patient mais que je ne devrais pas me défouler ainsi sur les gens, qu'il fallait du respect pour les gens, limite il me prendrait pour un analphabète et un illettré. « Si tu ne te prenais pour un chevalier au grand cœur est ce que tu serais ici entrain de me faire la morale ? Alors oui je ne suis pas patient, je dépasse souvent les bornes et je suis désagréable avec les gens et alors ? En quoi ça te regarde à la fin, ce n'est pas sur toi que j'ai vidé mon verre, alors tu sais que tu aurai pu faire comme tout le monde autour de nous, ne rien dire et rester dans ton coin je te jure que ça aurait été mieux et puis chacun sa façon de voir les choses, moi à la fin les mots ne suffisent plus, l'acte me semblait plus propice et tu vois çà a fonctionné ils ont enfin remarqué que j'attendais depuis des plombes, désolé que çà ne rentre pas dans ta conception de voir les choses, on ne peut pas tous se comporter comme l'archange Gabriel. »

Je savais que dans très peu de temps maintenant un de nous deux allaient se lever pour quitter le bar et laisser l'autre dans ses réflexions, je ne savais pas encore qui se serait, personnellement je pouvais tenir encore longtemps et en face de moi le gars semblait ne pas se fatiguer, enfin même si nous aucun de nous ne s'énerve il y a bien un moment où nous allions commencer à tourner en rond, à réutiliser les mêmes arguments, ce sera signe qu'il faut couper court, mais bon pour le moment on en était pas là, pour le moment nous nous répondions du tac au tac comme une partie de ping-pong endiablée et sans nous essouffler. J'essaye de suivre tout ce qu'il me raconte mais depuis tout à l'heure il me débite ses leçons j'avoue que je perd le fil dans tout cet amas de niaiserie et de bons sentiments, j'en deviendrai presque gentil, je me demandais juste quand il allait allumer un cierge et prier pour le salut de mon âme, à mon avis vu au train où on était partis ça ne saurai tarder. « Sur ce point je ne peux pas dire que tu as tort, c'est sur que la fierté joue pas mal dans le fait que toi et moi nous sommes toujours là à échanger des amabilités comme des super potes. Mais avoue qu'en plus de ta fierté tu es super content de pouvoir déverser ton flot de parole incessant sur moi pour voir quand est ce que je me tire ou au choix que je te colle un taquet, tu peux continuer et voir quelle solution je choisirai, ou comme je le disais tu peux aussi partir. »


Au moins j'avais réussi à lui la faire boucler pendant quelques temps quand j'avais parlé coréen, petite victoire sur lui dont je pouvais être fier, pour une fois que mon satané cousin me servait à quelque chose, il faudrait que je pense à le remercier, ou pas d'ailleurs, pendant des années j'ai été atroce avec lui, ce n'était pas aujourd'hui, que j'allais commencer à être gentil avec lui, en fait ce mec me faisait penser à Bae, le même caractère, ce même petit air moralisateur qu'il avait l'air si fier d'arborer. « Oh tu sais je ne dirai pas que d'apprendre le coréen ne me sert pas, regarde avec toi ça m'a permit d'avoir un peu le silence ne serait ce que quelques secondes, c'est tout bénef' pour moi au contraire. Mais j'accepte tes compliments, je ne suis pas avare la dessus. »

Il faut le reconnaître, ce mec a des nerfs hors du commun, n'importe qui, placé devant une tête de mule pendant cinq minutes, à se faire traiter de moralisateur et d'envoyé du destin aurait déjà décampé, mais lui il reste, il s'accroche et j'admirai au moins çà, très peu de personnes arrivaient à me tenir tête, même Mc Coy qui était une forte tête pétait des câbles monstrueux en ma présence. Bon j'étais loin d'aller lui serrer la main pour ça mais je devais quand même saluer le fait qu'il était un peu plus imperméable que les autres à mes remarques et à mes sarcasmes. « Moi je paris plus sur la malchance, ce serait le destin la conversation serait sûrement un peu plus agréable, mais bon on peut pas tout avoir, le cour de philo et un bon professeur. » Je repris mon sourire « Oh mais tu sais je les connais très bien aussi mes leçons de maternelle seulement moi j'ai décidé qu'elles ne dicteraient pas ma vie, je les garde dans un coin de ma tête mais je ne les laisse pas m'influencer, libre à toi par contre de les suivre comme un petit mouton, il faut bien que des gens se plient aux règles, je suis content pour toi si tu es heureux dans cette situation. » lui assénais-je en rigolant. Il était hors de question pour moi que quelqu'un me dicte ma conduite, je vivais comme bon le semble et c'est pas parce que le Jésus nouvelle génération me dit que ce que je fais est amoral que je vais écouter tout ses boniments et me ranger dans la file des joyeux petits moutons, très peu pour moi.

« Oh mais tu sais le cynisme est mon moyen de communiquer je n'y peu rien et puis moi je trouve bizarrement que çà sonne si bien, en plus çà me permet d'entendre ta si jolie voix me faire des reproches et ça, ça n'a pas de prix. » lui dis-je alors qu'il saluait ma réplique après que j'eus consulté de SMS de ma mère, prétendant ne pas avoir entendu ce qu'il disait. Ensuite il me proposais un morceau de son hot dog, j'acceptais avec le sourire, lui prouvant que je n'étais pas qu'un être asocial et bougon. «  A toi aussi Professeur Spinoza, et non c'était un merci des plus sincères qui ne cache absolument rien d'autre que la profonde gratitude que j'éprouve à ton égard. »

Je pris le temps de manger le morceau de hot-dog qu'il m'avait offert, profitant de ce petit instant de silence, le temps défilait nous rapprochant de la fin de notre confrontation, il reprit la parole, se présentant me laissant même la possibilité de se venger. Charmante perspective, que je n'exploiterai que si j'en avais vraiment l'utilité. « Enchanté Shin, moi c'est Samuel Steevenson, Senior à Wynwood, la bonne nouvelle c'est qu'on devra se supporter au lycée que jusqu'à la fin de l'année » lui déclarais-je avec un grand sourire hypocrite, main tendue vers lui, comme un dernier acte de provocation avant que la guerre soit définitivement déclarée entre nous.

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Mer 23 Juil - 17:27



Un conflit aigu et logique, qui se résout de façon explosive, voilà l'essence des Echecs ▬ Vainstein

Vous trouvez que j’abuse ? Bizarrement moi non, je commence seulement à m’amuser, vous n’allez quand même pas me stopper dans ma lancée, alors que j’étais en voie d’enfin vraiment l’emmerder. Ca se voyait, malgré son sourire de vainqueur, qu’il était en train de craquer, de se fissurer comme une vulgaire feuille. Mais il était bien évident, qu’il allait encore se défendre un peu, question de fierté.

En tout cas, si nous devions analyser la situation d’un œil extérieur, il serait probablement intrigué par notre conversation des moins banales. Un certain froid glacial régnait, et créait une ambiance tout à fait tendue, et on craignait fort à avoir à entrer en collision avec nous. C’était un duel, un face à face je dirais où seule la logique, et la maitrise de soi serait maitre du jeu. Mais derrière ce rempart de glace, qui jette littéralement un froid au bar entier, se cache un véritable choc des titans. Deux personnalités de feu, qui crée une opposition contradictoire, mêlant la froideur à l’amusement. Et dans le cas présent, j’étais plus en état de me déclarer comme celui qui mettait l’ambiance, tandis que mon interlocuteur était de marbre, lançant des piques tout aussi cinglantes les unes que les autres, ayant pour but de m’atteindre là où ça fait mal. Mais l’avantage était qu’il ne me connaissait pas, et que par conséquent, il risquait fort de ne jamais trouver comment me faire chuter. Peu de personnes y étaient parvenus et il n’allait pas faire partie de ceux-là.

Son regard, si ça avait été possible m’aurait probablement grillé et fusiller sur place, comme si deux mitraillettes avaient pris la place de ses deux iris. Toute l’aura qu’il dégageait empestait la haine et la colère, tandis que je semblais aussi détendu qu’après avoir pris de la drogue. Le sourire au visage, pas la moindre once d’emportement, j’aimais à le voir se débattre pour ne pas clairement péter un câble et me coller son poing en pleine tronche, parce qu’il était clair, vu la tension qu’il ne rêvait que de ça, mais que pour je ne sais quelle raison il se retenait. L’envie de ne pas passer pour un colérique peut-être ? Trop tard, à mes yeux il en était déjà un. Même si ok dans l’histoire j’ai un peu ma part de responsabilités, je cherche la petite bête et je suis sur le point de la trouver. Après comment tout cela allait terminer, je l’ignorais encore. Au fond de moi j’espérais m’en sortir au moins intact, mais les spasmes ne se contrôlaient parfois pas, et je ne pourrais éviter le contact physique si je continuais à jouer avec le feu.

Si jamais ma mère avait été là, elle m’aurait sans doute supplié de revenir vers elle, me sommant d’arrêter de tels enfantillages, et d’éviter de m’attirer des ennuis, parce que c’était ça en réalité sa pire crainte : qu’il m’arrive quelque chose de grave et qu’elle ait à me perdre. La plupart du temps, je la regardais avec un sourire bienveillant, comme une promesse comme quoi je lui reviendrais sain et sauf, ce qui était le cas à chaque fois, cela va s’en dire, mais elle avait toujours cette crainte que je m’en aille trop vite, et que plus jamais elle ne puisse me tenir la main. Mon père, quant à lui, aurait probablement regardé d’un air hautain. Soit celui-ci signifiait qu’il me considérait comme de la vermine, et que par conséquent il ne souhaitait pas me connaître, soit pour voir de quoi j’étais capable, me poussant à me mettre au dessus de tout pour n’avoir ne serait-ce qu’un peu de son attention, parce qu’il ne fallait pas que je sois un moins que rien, que ça ternisse à sa réputation. Et dans la situation présente, je l’imaginais déjà parti depuis longtemps, trop peu fier de son propre fils qui lui a déplu sur toute la ligne. Mais que voulez-vous que je vous dise ? Il n’était pas là, et malgré ça, j’essayais encore de m’imaginer ce qu’il pourrait bien penser de moi s’il me voyait à l’heure actuelle. Déjà qu’il tolérait peu de choses venant de moi, que je me prenne la tête pour une raison tout à fait stupide, il m’aurait très probablement déjà tiré l’oreille depuis longtemps.

Mais tout ça me faisait divaguer, et j’en oubliais totalement ce qu’il se passait vraiment, et je ne devais pas montrer le seul signe de faiblesse, qui pourrait certainement lui profiter. Malgré son air de gros colérique bourrin instinctif, il avait cette petite lueur de malice, comme quoi il devait probablement ne rien laisser au hasard, tel un joueur d’échec qui bluffe pour faire un échec et mat inattendu digne de ce nom. Et là, il allait se frotter à ma tour, puisque je n’avais pas déployé toutes mes cartes, et j’étais un très bon joueur de stratégie, sans pour autant me proclamer maitre en la matière non plus. Il fallait laisser le suspense planer, quitte à lui montrer un petit air simplet, naïf qui pourrait l’induire en erreur, et lui faire croire que j’ai mes limites, et qu’il pourra facilement avoir ma reine, mais pour ça, il fallait que je tienne encore le coup, en trouvant la situation risible, et en n’hésitant pas à le charrier, quitte à passer pour le débile de service. Mais comme on dit, tout plan a sa stratégie, maintenant à voir si la mienne sera infaillible ou pas.

Tandis que nous étions livrés à un jeu de regard, où nous tentions mutuellement de nous déchiffrer, il réagit enfin. Mon but était de voir s’il n’était pas qu’un de ces blocs de glace sans la moindre once de réaction. Mais quel être humain se laisserait faire sans broncher ? Au bout d’un moment on finit indubitablement par craquer, et je voulais voir comment il allait se débrouiller, si le chieur de service que je pouvais être continuait à le titiller. « Non, je crois que tu as mal compris où je voulais en venir. » Dis-je alors qu’il croyait que je le considérais presque comme un Sigma Mu. « Se rebeller n’est pas forcément égal d’un acte délibéré de rébellion, qui est destiné à démontrer son refus de l’autorité, et sa position face à une société régie par des règles qu’on renie. Disons que dans le cas présent, c’est plus une démonstration de ta personnalité, voir tes réactions, comment tu te rebiffes face à ça. » Il avait pour la moitié mal interpréter mes dires. « Je ne dirais pas ça comme ça, mais en gros oui, j’attends de voir ce dont tu es capable. Parce que j’ai l’impression que tu es un peu ce volcan en fusion, qui menace d’exploser à tout moment, sans vraiment qu’on puisse prédire l’événement, tu vois ? Bon après c’est peut-être une façon pour moi de te tester aussi. » La comparaison était certes un peu poussée, mais suffisamment imagée pour qu’il comprenne où je voulais en venir, puisque pour le moment j’étais d’humeur provocatrice, et pas le moins du monde énervé. En même temps c’était une perte de temps, je ne voyais en aucun cas l’intérêt à me prendre la tête pour ça, ça me divertissait plus qu’autre chose. « Je pense que dans ce cas, on va rester tous les deux très longtemps à se regarder dans le blanc des yeux. Je m’énerve très difficilement, et je pense que beaucoup se seraient déjà arrachés les cheveux en ta présence, mais comme tu vois je me porte bien. Dommage pour toi, pas vrai ? T’es tombé sur de la mauvaise herbe résistante. » Et c’était pas totalement faux. Une véritable sangsue. Mais ça n’arrivait que rarement. D’habitude je ne cours pas au cul des gens, je n’en ai pas grand chose à faire, mais dans des situations exceptionnelles je sais parfaitement montrer que je suis là. Mais ça je pense que je n’avais pas besoin de parler pour qu’il s’en rende compte, j’étais déjà assez tenace pour qu’il sache que je n’allais pas partir gentiment, même s’il me disait s’il te plait.

Dans un sens, j’avais bien peur de dire qu’il ne devait pas être franchement doté d’une grande politesse. Non pas que cela signifie qu’il soit mal éduqué, mais plus par simple esprit de contradiction, pour montrer qu’il s’en fout, et qu’il a du répondant, et que donc il faut un minimum le craindre. Oui bon ça il n’est pas le seul, et des types comme lui j’en ai vu à la chaine, ils sont tellement nombreux, que je n’aurais jamais assez de doigts pour les compter tous. Personnellement, j’ai toujours été suivi par mes tuteurs depuis tout petit, et un bonjour mal articulé me donnait le droit à un coup sur les doigts. Politesse, bonnes manières étaient de rigueur dans mon milieu de coincés, et je n’osais imaginer si ce type avait été amené à fréquenter ma famille. Une chose était déjà sure, il se serait fait recadrer, et pour tout dire, je ne pensais pas que ça soit une mauvaise chose. L’amabilité était bien plus agréable, et rendait la société plus fluide et moins oppressante qu’elle ne l’était déjà. Et c’était grâce à des gens comme lui, que la vie pouvait parfois être un véritable enfer. Mais bon, vous allez me dire : il faut de tout pour faire un monde.

« Parce que d’après toi j’ai l’air d’être tendu ? On ne doit pas avoir la même vision de ce mot. Mais soit. » Sur le coup, j’avais du mal à imaginer que je renvoyais l’image d’un mec complètement stressé et angoissé, au point de paraître aussi tendu qu’un string, mais bon je m’en fichais un peu, puisque je savais éperdument que ça n’était pas le cas. « Au moins, t’assumes, je dois avouer que c’est un grand pas en avant. Mais si tu le sais ? Pourquoi tu continues à te la jouer grand méchant loup ? Ca t’éclate ? Ou parce que tu trouves la vie trop ennuyeuse pour aller emmerder le monde gratuitement ? Franchement ça m’intéresse, parce que personnellement je ne vois pas l’intérêt. » Dis-je tout en sirotant dans ma paille, m’accoudant contre le dossier de ma chaise, puis verre en main, je continuais : « En tout cas, t’aurais moins l’air d’un constipé chronique si tu te détendais, et te la jouais pas gros dur. Mais bon, c’est toi qui vois. » J’arborais désormais un grand sourire, parce qu’il fallait bien que je lui montre que son comportement m’amusait. Oui ça m’amusait. Il était censé me faire peur ? Vraiment ? Je ne voyais pas en quoi il était effrayant, malgré ses piques qui auraient pu faire pleurer n’importe qui. Seulement, je ne voyais pas l’intérêt d’être touché, et ça me faisait une bien belle jambe pour tout avouer.

Néanmoins, cette conversation avait une part de mystère qui me donnait cette envie inexplicable de rester pour découvrir ce qui m’attirait tant. Et au fond, je savais qu’il devait penser la même chose, sinon il se serait tiré depuis bien longtemps, énervé par un type lambda qui passait par là. C’était quelque chose de pas vraiment descriptible, mais nous semblions avoir un but, et au fil de la conversation celui-ci semblait s’éclaircir, comme si nous étions vraiment destinés à nous rencontrer un jour. Comme si Dieu cherchait à ce qu’on se défie. Peut-être devais-je être en manque de compétition ? Qui sait, seul l’avenir nous le dira. « Mon cher ami ? Hm, c’est plutôt mal, je trouverais ça presque mignon à dire vrai, et puis si tu le proposes, pourquoi pas. » Dis-je en haussant les épaules naïvement, alors qu’il était clair que ça voulait dire en d’autres mots : tu t’es incrusté, tu crois trop qu’on est potes, ok on va jouer comme ça. Du moins, je le percevais ainsi. « Chevalier au grand cœur, c’est pas le terme que j’emploierais, plus quelqu’un à qui ça pose pas problème de patienter, ce qui n’est pas ton cas, mais après t’es comme ça, que peux-t-on y faire. Après oui, je suis d’accord, l’attente quand elle se fait longue devient peu supportable, mais est-ce vraiment une raison valable pour s’énerver comme tu l’as fais ? Je ne pense pas. Après au cas où tu l’ignores il y a bien des façons beaucoup moins agressives de faire comprendre que l’attente est inacceptable. Notre langue est quand même assez riche pour trouver une façon moins rentre dedans de s’exprimer. Mais bon après à quoi bon, t’as pas l’air de comprendre que le respect c’est mutuel, et que bien souvent quand il n’est pas mis de rigueur, l’effort n’est pas réciproque. » D’accord, j’avais promis arrêter de faire la leçon, mais je savais qu’au fond j’avais eu un peu tort, je lui avais fais comprendre, mais il n’avait pas été des plus agréables non plus, et j’osais imaginer qu’il aurait pu tout simplement partir pour éviter toute embrouille, mais son côté impulsif en avait décidé autrement en ce jour. Il fallait que je me le mette dans la tête, si je voulais en finir pour de bon avec mon côté moralisateur un peu trop présent. Mais bon, c’était aussi ma façon d’être, et je n’allais probablement jamais changer ça.

« Franchement ? Tu n’as toujours pas compris pourquoi je m’acharne ? Je te croyais moins bête que ça. » Dis-je taquin. Les persuasions, surtout venant de lui avaient l’effet du vent, et bien que j’ai eu l’envie une demie seconde d’éxécuter ses ordres et m’en aller pour retourner vaquer à mes occupations, le simple fait d’imaginer lui obéir me passait au-dessus du cigare. « Certainement que tu l’ignores, mais j’ai une fierté que je tiens à conserver, et je pense que tu devrais être le premier à comprendre ça, une des raisons pour laquelle tu ne te lèves pas toi-même pour partir. Oui, certes on n’est pas aidés comme ça, mais l’ego, on n’aime pas trop quand il est touché, pas vrai ? » Si y avait bien une chose que j’avais réussi à vraiment apprendre sur lui, au fil de toute cette conversation, c’est qu’il avait sa fierté, un égo un peu exacerbé, et que par conséquent, tout comme moi, on ne se laisserait pas avoir. On pourrait rester ici toute la journée si ça nous chantait rien que pour montrer à l’autre qu’on n’est pas faible, du genre à se laisser marcher sur les pieds. Et je ne pensais pas me tromper à ce sujet. Après, je n’étais pas psy, ou même psychanalyste, mais à force d’observer les gens autour de moi, j’avais fini par développer une certaine faculté me permettant de découvrir quelques failles, et avoir des coups d’avance sur l’interlocuteur. Mais là c’était différent, puisqu’il semblait avoir la même façon de procéder, ce qui me déstabilisait quelque peu, sans pour autant que ça se transparaisse.

En tout cas, ça n’avait pas suffit pas entièrement me déstabiliser, sauf quand il m’avait cloué le bec en parlant coréen. Faut dire que je m’y attendais pas, trouver quelqu’un qui parle coréen ici, c’est pas chose facile. Certes, il avait un accent qui m’avait valu de tendre l’oreille, mais au moins il avait fais aucune faute, et ça m’avait agréablement surpris. Oui, surpris en bien, parce qu’il avait des choses encore à cacher, et donc je n’étais pas au bout de mes surprises. Cependant, je ne pouvais m’empêcher de lui poser la question, comment avait-il appris cette langue quelque peu atypique, et franchement pas simple pour un étranger, rien que pour la prononciation. « Oh je vois. Intéressant comme histoire. Comme quoi, t’es pas du genre à te laisser marcher dessus, au point d’apprendre une langue qui te servira probablement à rien pour fermer le clapet aux autres. Au final, tu me dirais c’est une motivation comme une autre. En tout cas chapeau. » J’étais sincère, mais pas au point d’aller lui lécher les pieds après ça. Il m’avait peut-être pris de court, mais ce n’était pas une raison pour croire que je le vénérais etc. Je savais que je finirais par le piéger, mais il fallait encore que je tâte le terrain pour savoir comment vraiment m’y prendre. Aucun faux pas ne serait toléré à partir de maintenant, je le savais, et il allait falloir que je sois sur mes gardes. Et c’était là que ça devenait intéressant. Vous vous souvenez de ma théorie étrange sur la partie d’échec. Cette dernière touchait à sa fin, et la moitié des pions avaient déjà été balayés du plateau, et ça représentait en quelque sorte nos coups restants. Je savais qu’il allait falloir à un moment ou un autre que ça cesse, mais vu l’emplacement des pions, et de la tournure de la conversation, l’échec de l’un ou l’autre se rapprochait à vue d’œil, et si je voulais être celui à déclarer Echec et Mat, il fallait que je pense, et que je vois au-delà de mon futur coup, et prévoir les siens. Autant dire, qu’il est rare de faire face à une conversation aussi logique et stratégique, mais celle-ci me donnait clairement l’envie de rester pour en voir le dénouement, que ça lui fasse plaisir ou non. « Faut bien remettre la faute sur quelqu’un. » Dis-je simplement en parlant du destin. « J’ai bien hésité à dire que c’était un coup de malchance pour toi, mais je trouve que dire que c’est le destin ça sonne mieux. Evidemment, j’y crois pas plus qu’à l’existence de Dieu d’ailleurs. » Non croyant, non pratiquant, je trouvais la religion d’un pathétique. Après je respectais ceux qui avaient la foi, mais qu’on ne me force pas à adhérer à ça. « Et non je ne suis pas un envoyé de je ne sais où, et ces choses apprises à la maternelle comme tu dis, tu ne sembles pas les connaître, pourtant j’imagine qu’entre Seoul et ici les cours inculqués doivent être équivalents, ou c’est juste que depuis toujours t’es disposé à faire la sourde oreille ? » Bon d’accord, j’y allais un peu fort, et je l’avais dis sur un ton quelque peu sec, mais je ne faisais que rendre la monnaie de sa pièce, et il était fini le temps où mon sourire niais parlait pour moi, et me rendait totalement insensible à toutes remarques. Je voyais que plus on s’éternisait, plus j’avais de mal à garder le calme olympien dont je faisais preuve plus tôt. « Tu sais le cynisme ça te va à la perfection, mais quand tu te forces ça rend vraiment mal, je t’assure. » dis-je lorsqu’il me demanda de répéter. « Cependant joli effort, je ne manquerais pas de m’en souvenir » Continuais-je sur le même ton sarcastique que le sien. Suite à quoi, je lui tendais mon hot dog, qu’il ne refusa pas. Sur le coup, j’avais imaginé son contenu déversé sur mes vêtements, mais il semblait plus enclin à continuer à jouer au gros dur insensible, en acceptant ma requête. Du coup, tout en gardant un sourire sur le visage, je découpais un morceau du sandwich que je plaquais sur sa main, qu’il avait tendue vers moi. « Tiens. Bon appétit monsieur sourire. » Lui dis-je, avant d’engloutir la fin de mon hot dog, puisque je l’avais déjà bien entamé juste avant. « Et félicitations, j’ignorais que tu savais dire merci, ou c’est parce que tu caches encore quelque chose ? » Ce qui ne m’étonnerait pas, au contraire, ce pourquoi je me tins prêt à faire face en cas de dérapage. Le temps défilait, et je savais que nous étions à la porte de la fin, et que donc j’allais bientôt partir, ou qu’il allait le faire, c’était la surprise. Ce pourquoi, je profitais des derniers instants pour m’adresser à lui. « Et au cas où l’idée de te venger te viendrais, moi c’est Shin. Senior à wynwood. Et non ce n’est pas parce que je suis maso que je me présente, mais plus pour que tu te souviennes de moi. » Dis-je provocateur, même si je savais qu’il ne risquait pas d’oublier ce midi en ma compagnie.
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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Mar 17 Juin - 0:29



You're A Troublemaker-Shin ♥
 


Imaginez vous un lac en plein hiver, un lac entièrement recouvert d'une fine couche de glace, fragile et friable. Ajoutez à tout çà une bonne couche de brouillard et je pense que ça suffit à imager la situation actuelle. Non je ne suis pas entrain de vous décrire un tableau dans un grand musée, qu'est-ce que vous croyez ? En plus je ne supporte pas çà les musées, c'est remplit de gens tout le temps et j'arrive généralement pas à m'intéresser à cause de la trop grande masse de choses qu'il y a à voir mon cerveau a du mal à tout intégrer, et aussi parce que globalement dans un musée je m'ennuie à mourir. Je préfère les plus petits lieux, les galeries d'art par exemple et particulièrement celles qui exposent mes photographies mais çà c'est une autre histoire. Si je donne cette image comme exemple c'est pas pour le plaisir de faire des métaphores, c'est juste pour illustrer la situation actuelle entre ce mec et moi. Oui c'est çà, une couche de glace instable sur un lac, tout les deux nous testions le terrain, personne n'osant faire un geste brusque de peur de rompre la glace, mais à un moment l'un de nous allait craquer et là glace cassera, à ce moment-là tout allait dégénérer. Du moins c'est comme que je voyais la situation, d'une façon moins imagée bien-sûr mais cet exemple résumait bien la vision que j'avais de notre conversation. Mais pour l'instant tout semblait « bien se passer », enfin pour le moment personne n'avait décidé de coller son poing sur la figure de l'autre, je sais que si ça devait arriver je ne lui ferai pas le plaisir de donner le premier coup. Je dois avouer que d'habitude mes interlocuteurs ont toujours tendance à s'énerver très rapidement devant mon arrogance ou mon manque de réaction, mais là avec ce mec, c'était différent, il était plus calme que les autres et ça aurait du m'énerver, mais non au contraire, je commençais à être plutôt curieux de ce garçon en face de moi. Vous savez que j'aime analyser les comportements des gens, ma mère dit même que je pourrais faire un très bon psychologue, j'aime analyser, mais lui il était différent des autres. Plus difficile à lire, la façon qu'il a de ne pas réagir à mes remarques, de rester calme à des phrases qui aurait fait hurler n'importe qui, çà me déstabilisait un peu, et curieusement ça me donnait envie de le pousser encore un peu pour voir comment il allait se comporter, pour voir si il allait finir par craquer, hurler ou tout simplement partir parce qu'il ne me supporte pas ou parce qu'il ne trouve aucun intérêt à la conversation. Personnellement je pariais sur la dernière solution, nous étions arrivés trop loin dans notre conversation pour qu'il s'énerve vraiment, si il avait du le faire ça aurait été au début, maintenant qu'il était calme et serein je le vois mal exploser tout d'un coup et m'en coller une, ou alors je ne comprenais vraiment pas la personne qui j'avais en face de moi.

En fait je crois que si il y a un de nous deux qui s'emportera le plus facilement ça sera moi, il faut dire que je partais avec une petite longueur d'avance sur le tableau de l'énervement puis ce que depuis hier je suis dans un état de nerf constant et ce n'était pas prêt de passer si je continuais à discuter avec ce type. Je ne sais pas pourquoi je porte autant d'importance à tout ce que me dis ma mère, pourquoi ça me touche toujours autant après tant d'années. Elle seule arrive à me faire ressentir de la culpabilité pour tout ce que « je fais de mal », et les messages qu'elles m'envoient pèse comme du plomb dans la poche de ma veste, m'empêchant de totalement me concentrer, m'empêchant d'être totalement serein. Je suis sur que ce mec en face de moi savait que de simples textos de ma mère suffisaient à me faire flancher, rigolerait beaucoup. Et je n'étais pas prêt à lui faire ce plaisir. Au pire je craquerai un bon coup et je lui crierai dessus avant de partir, mais lui montrer que je flanche parce que ma mère arrive à me faire sentir coupable, jamais, je préférai encore qu'il me balance son soda à la tronche.

Alors comme ça il s'attendait à ce que je réagisse, à ce que je « me rebelle »[i], alors comme çà lui aussi il jouait à ce petit jeu là, de voir comment les gens se comportent pour pouvoir agir ensuite, cette conversation devenait définitivement de plus en plus intéressante, et il fallait définitivement que j'invite ce mec à jouer aux échecs un de ces jours, quelque chose me disait que je n'étais pas sûr de gagner si l'on faisait une partie. Un léger sourire vint se plaquer sur mes lèvres, montrant que je reprenais de l'assurance. « Alors c'est comme çà que tu me vois ? Un rebelle ? Ce mot ne me qualifie tellement pas, pas plus qu'il ne qualifie les Sigma Mu, mais c'est un autre débat. Tu attends donc que je m'énerve un bon coup ? Ce serai te faire trop plaisir de te montrer que tu as raison, alors je crois que je vais rester là, assis bien tranquillement à regarder combien de temps, toi tu vas t'énerver, personnellement je ne te donne pas plus de cinq minutes. » Au fond de moi je savais que c'était plutôt à moi que je donnais cinq minutes avant de totalement m'emporter. Je pense pouvoir bluffer assez bien pour lui faire croire que je ne suis pas déjà à bout de nerfs et que sa présence n'arrangeait rien les choses. Il me rappelle un peu Mike Harper, une autre rencontre haute en philosophique qui avait eu le don de me rendre encore plus antipathique. Quoi que Mike a pour avantage d'aimer lui aussi la photographie, c'est un sujet dont on pouvait discuter de temps en temps sans nous crier dessus, alors qu'avec ce garçon je ne pense pas que quelque chose de positif puisse exister un jour entre nous et croyez moi ça m'allait parfaitement comme çà. Il me testait, c'est çà qu'il faisait, il me testait, et j'en faisais de même de mon côté, notre discussion était de plus en plus intéressante de seconde en seconde. Le voilà maintenant qui se moque de moi, je le faisais rire, la belle affaire, qu'il rigole tant qu'il veule, ce genre de détail m'importe peu au final, je sais ce qu'il veut, je sais qu'avec ses piques il veut que sortes de mes gonds, que je m'énerve et que je lui prouve que je ne sais pas me tenir, çà lui ferait plaisir, j'en suis sûr, dommage pour lui, mais ce n'est pas parce qu'il avoue que je le fait rire que j'allais m'énerver. « Mais je suis totalement détendu, vraiment, c'est toi qui monte sur tes grands chevaux alors que je ne t'ai absolument rien fait. Pour ce qui est du rôle du grand méchant je le tiens déjà et je l'assume totalement si ça peut te rassurer, au moins je suis content de te faire rire, c'est déjà quelque chose de gagné dans notre journée à tout les deux. » dis-je avec une pointe d'ironie dans la voix. Je savais à présent qu'il était partit sur sa lancée et qu'il n'allait pas s'arrêter ainsi, il allait me jeter les nombreuses amabilités qu'il avait rayon et il allait faire une erreur, c'était toujours comme çà, la hâte et la colère mènent toujours à l'erreur il ne me fallait plus qu'attendre qu'il se trompe dans ses dires, je souriais d'avance.

« Mon cher ami, tu permet que je t'appelle mon cher ami, si tu t'es parmi de venir me parler c'est qu'on doit être de sacrés potes tout les deux » dis-je avec un petit rire que je savais agaçant. « J'ai bien conscience que ce n'est pas un restaurant de luxe, je suis peut-être agaçant mais je ne suis pas aveugle tout de même je ne m'attendais pas à un grand repas arrosé d'un vin onctueux, mais cela ne veut pas dire que c'est une justification pour faire attendre les clients pendant une heure. Peut-être que toi, chevalier au grand cœur, tu es d'accord pour poiroter pendant des heures mais moi pas, c'est comme ça je n'ai pas de patience, quand je suis arrivé là, c'était précisément parce que je savais que je n'aurai pas à subir le genre de discussion que nous avons là tout de suite, mais je vois bien que ça aussi c'est peine perdue. »

En disant tout cela je remarque que mes doigts se sont remis à marteler la table en rythme, signe chez moi que je commençais à m'emporter et qu'il fallait que je fasse redescendre la pression. J'avais beau rester froid et de glace ses paroles m'atteignaient quand même, je ne suis tout de même pas un glaçon sans sentiments, je cache juste mes ressentis pour ne pas trop découvrir de moi-même. Je pris deux grandes respirations et je plongeais mon regard dans le siens alors qu'il reprenait la parole. J'hésitais à pousser un bâillement, mais je me contentais juste de continuer de le fixer alors qu'il parlait.

« Si je n'arriverai pas à te convaincre qu'est ce que tu fais encore ici à m'écouter parler ? Sérieusement ça sert absolument à rien. Et si tu estimes que tu es dans le tort, part ce que tu es dans le tort à venir me faire des leçon. Maintenant que tu proposes de chuchoter, laisse moi te proposer autre chose : tais toi, lève toi et marche vers le bar, une autre table ou encore mieux vers la sortie. Ça te va ? »

Non bien sûr qu'il n'allait pas partir maintenant, surtout pas après que je lui ai proposé, je soupire. Après tout j'aurai peut-être du supporter deux heures de mathématiques à me prendre la tête avec Hoffman que de venir ici, mais ce qui est fait est fait et je n'allais pas me dégonfler maintenant. Il voulait rester, très bien il allait devoir supporter ma mauvaise humeur et mes sautes d'humeur. Qu'il reste, mais qu'il ne se plaigne pas après que je suis quelqu'un de méchant et d'immoral, il n'avait pas qu'à venir me déranger en premier lieu. Et voilà que je commençais à perdre de nouveau mon tempérament. Je fermais les yeux quelques secondes, m'imaginant un plateau d'échec, les deux jeux posés sur les cases, les deux joueurs, lui et moi, chacun regardant le jeu sur le plateau, jetant parfois des coups d'oeuils à l'autre pour se jauger. Il allait faire une erreur, il fallait qu'il en fasse une, de cette erreur dépend ma victoire dans cette partie. Je devais être attentif. Je rouvrais les yeux et me remet à fixer mon vis-à-vis.

Techniquement il avait déjà fait une erreur, avouer ses torts, grande erreur tactique qui peut faire tourner tout le cours de la discussion. Si je décidais de ne pas trop appuyer sur cette erreur, c'est que ce ne sont tout simplement pas mes méthodes, je voulais une erreur plus flagrante, le confondre dans ses jugements, lui montrer qu'il a tort mais avec panache. Et je n'eus pas longtemps à attendre. En effet, après qu'il eu très gentiment commandé un hot-dog, pour me narguer sûrement, ce dernier me mit au défi de lui parler en coréen. Ce qu'il ignorait c'est que le coréen, j'avais appris à le parler plus ou moins bien, au fil des années à fréquenter mon cousin Bae. Je peux dire que ma tirade en coréen a eu le don de scotcher le garçon en face de moi. Mon éternel sourire arrogant vint se plaquer sur mes lèvres alors que celui ci demandait où et pourquoi j'avais appris le coréen tout en disant que la prochaine fois il se tairait. Je ne pu retenir un petit rire. « Pourquoi j'ai appris le coréen ? Oh pour une raison très simple mon cher ami, pour emmerder mon cousin qui estimait que j'étais pas capable d'apprendre sa langue natale. Ça te va comme explication et au fait, pourquoi dire que la prochaine tu taira ? Tu ne veux pas prendre de l'avance et commencer maintenant ? »

D'accord c'était cassant et légèrement méchant, mais ma patience arrivait à ses limites et si on continuait sur ce terrain j'allais tout bonnement exploser et personne ne voulait voir çà, vraiment pas. « Le Destin ? Voila que maintenant tu me sors le destin pour justifier ta présence ici ? Tu en as d'autres de comme çà ? Bientôt tu vas me sortir que tu es un envoyé de la divine providence. Et comme tu le dis tu avais envie de manger tranquille et tu gâches ta salive, alors qu'est ce que tu fais encore à me réciter les leçons de morale que tu as du apprendre en classe de maternelle. » Ceci dit il avait raison en disant que ses remarques me faisait un certain effet et c'est normal, personne ne peut rester totalement impassible quand on vous envois plein de critiques au visage, que vous les jugiez justes ou non, personne ne supporte çà et je suis certain que ce garçon n'appréciait pas non plus ce que je lui disais. Par exemple le terme [i]« boule de glace »
qu'il utilise à mon encontre, bien sûr que ce n'est qu'une pique de rien du tout mais une pique ajoutée à une autre, puis à une autre çà fait un peu beaucoup à supporter au bout d'un moment. Surtout que lorsqu'il me sortait cette remarque je recevais un nouveau message de ma mère qui eu encore le don de me remuer. Pour ne pas perdre consistance je feignais de ne pas l'avoir entendu, lui demandant de parler un peu plus fort, ce qui était un peu en contradiction avec ce que lui avais demandé plus tôt. « Non mais je ne reviens pas sur mes paroles c'est juste que j'ai peur d'avoir loupé quelque chose d'extrêmement important dans ton joli discours et çà je m'en voudrait grandement, déjà que je suis une boule de glace il ne faudrait pas que je passe pour quelqu'un d’inattentif tu ne crois pas ? » dis-je, le sarcasme plaqué sur chaque mot. Il me proposa un peu de son sandwich, je levais un sourcil étonné. « Et bien, si ça peut te faire partir plus vite pourquoi pas ? Merci » dis-je en tendant la main, une expression presque amicale sur le visage, ne laissant rien présager de ce que je pourrais faire ensuite.

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Mar 3 Juin - 14:26



Un conflit aigu et logique, qui se résout de façon explosive, voilà l'essence des Echecs ▬ Vainstein

Présentement, la question était de savoir ce qui aurait pu se passer, si je m’étais tout simplement tu et aurais commandé sagement sans aller voir cet énergumène bruyant pour le réprimander. Certainement, que je mangerais sagement, seul avec moi-même avec en bruit de fond son horrible voix, son ton de reproche, sa manie de se prendre pour Dieu et donc de réclamer les droits d’être servi à la vitesse de la lumière. Oui, ça se serait passé comme ça, si je n’y étais pas allé, j’aurais quand même eu le droit à ses protestations, et quitte à ce que j’ai à le subir, je préférais encore que ça soit face à quelqu’un, et pas tout seul comme un cinglé qui cherche la compassion d’autres clients dans ce bar. Compassion qu’il ne risque d’obtenir de personne vu sa réaction, et son manque de savoir vivre en présence d’autrui. Du moins, j’osais pas espérer que ça soit le cas tous les jours, ou alors c’est qu’il était un énervé chronique et je plaignais son entourage, si entourage il y avait.

En tout cas, c’est face à ce genre de réflexion que j’avais fini, malgré moi, par me mêler de ses petites affaires. Certes, c’est pas mon genre, mais comme c’est souvent le boulot des curieux et que j’en suis un, j’imagine que j’y suis un peu pour quelque chose aussi, mais ça m’amuse de le voir, se tortiller à hurler à qui veut bien l’entendre que je suis Superman avec des yeux bridés. Et finalement, je me demandais si je ne prenais pas un plaisir à être venu l’emmerder dans sa mauvaise humeur, alors que je m’étais levé avec une de ces formes. Pourtant, ça n’était pas vraiment dans mes habitudes d’aller faire chier mon monde par pur plaisir, sans réel motif, parce que je savais que même si j’avais envie qu’il se calme il le ferait jamais, du coup c’était histoire de passer le temps plus qu’autre chose finalement.

Le jeune homme s’emporte, tandis que je fais preuve d’un calme olympien, il ne semble pas content qu’un gars dans mon genre soit venu lui faire quelques remarques déplaisantes à son égard. Mais ça il avait vite fini de me le faire comprendre, pourtant je continuais, parce qu’il me testait au fond, et que malgré mon côté gentil, pacifiste et tout le reste, je n’étais pas du genre à me laisser marcher sur les pieds non plus, et je n’hésiterais pas s’il venait à pousser le bouchon trop loin, ce qui me semblait fort probable en vu de son état actuel. Comme s’il était un bouchon de champagne prêt à se répercuter sur le plafond, à cause de la pression, et parce que je l’aurais poussé à bout, comme les petites bulles dans la bouteille qui se condensent.

Mais pour le moment, rien de tout ce que je peux bien raconter ne fait effet, bien que je m’y sois attendu dans le fond. Qu’est-ce qu’un mec comme lui allait gagner à devenir raisonnable du jour au lendemain parce qu’un inconnu était venu lui faire la morale ? Rien du tout, et je ne cherchais pas à le faire, et ce serait certainement un miracle d’ailleurs qu’il finisse par abdiquer. Mais il semblait au dessus de tout ça, comme s’il était transparent et que mes paroles le traversaient sans avoir le moindre impact, ou du moins le seul était de ne pas hésiter à me répondre et en rajouter pour que je puisse à mon tour démontrer que je n’étais pas qu’un agneau gentil et doux, mais aussi quelqu’un de franc, parfois blessant. Certes, je n’aimais pas avoir à jouer la carte de la méchanceté, ce n’était pas dans mes habitudes, mais si quelqu’un ne m’aimait pas, je lui faisais vite comprendre que c’était réciproque, et étant un peu rancunier, je rendais toujours à l’autre ce qu’il m’avait fait. En pire, ou pas.

Du moins, pour le moment, il ne semblait pas trop s’intégrer à ce que je pouvais appeler une conversation, jusqu’à ce que je commence à aller trop loin pour lui, et qu’il commence à me faire comprendre qu’il n’allait pas se laisser prendre des leçons de morale en pleine face de ma part. Enfin on y était, enfin un semblant de réaction, et rien que pour ça je gagnais, même si vu son air enragé, j’allais m’en prendre plein la gueule, mais j’y était préparé et je n’avais pas peur, oh ça non, je n’ai que rarement peur, et certainement pas d’un frustré de la vie comme lui.

Non justement, j’attendais que ça que tu réagisses, dis-je sur un ton des plus sereins. C’était surtout que je me demandais quand tu allais enfin un peu te rebeller, alors je ne suis pas surpris le moins du monde. Et pour ce qui est du reste, ne t’en fais pas, je ne m’attendais pas à ce que mes paroles te procurent de la sympathie, dis-je avec un grand sourire.

Le grand méchant loup sortait de sa tanière petit à petit, et semblait vouloir montrer ses dents. Peut-être pensait-il que ça aurait le moindre impact ? Il se trompe. Je suis loin de fuir devant un colérique dans son genre. Des gens méchants et durs, j’en ai connu toute ma vie, qui me haïssait pour des raisons encore bien obscures pour moi, alors lui un simple lycéen de Miami, il n’allait pas risquer de me faire fuir, me faire peur ou même pleurer, ça il pouvait toujours rêver. C’était pas le premier avec qui je me querellais et certainement pas le dernier, alors s’il pensait pouvoir me tirer des larmes des yeux en jouant au gros dur et en sortant l’artillerie lourde niveau verbal, il pouvait se fourrer le doigt dans l’œil bien profond.

Pourtant, je restais curieux de savoir ce qu’il allait bien pouvoir dire et faire pour éjecter le sangsue que j’étais de sa table. Bien sur qu’à un moment j’allais partir, lui foutre la paix, et retourner vaquer à mes occupations comme si lui et moi nous n’étions jamais rencontrés, mais pas tout de suite, c’était bien trop drôle de voir son visage déformé par la colère pour partir de suite.

Et détends-toi, sérieux, tu fais peur à voir. Promis, si tu arrives comme ça le jour d’une audition pour jouer le rôle du méchant, tu l’as sans hésiter, mais perso ça me fait plus rire qu’autre chose, finis-je même par dire moqueur.

Et c’est la que ma bonne conscience, le petit ange en robe de chambre qui vient me dire de cesser avant qu’il soit trop tard, or j’étais lancé, et bien décidé à suivre un instinct, un peu fou et irraisonné, plutôt que de jouer à l’enfant sage. Trop tard, il m’avait cherché.

Ah non, je n’imagine pas non plus ce que ça serait, appuyais-je en secouant la tête. Par contre ce que t’oublies c’est qu’ici on est pas dans un restaurant cinq étoiles ou les serveurs font tout et rien pour le client, c’est qu’un petit bar de fortune, et je suis même pas sur que ce soit vraiment un serveur, enfin bref, tu t’attendais à quoi en venant ici ? De la qualité digne d’un chef de renom ? Un service de qualité comme on voit à la télé ? Je pense que tu aurais du plus te renseigner avant de t’aventurer ici. Lui dis-je. Mais par curiosité, t’as attendu combien de temps, que je rigole un peu, pour voir si tu es vraiment aussi capricieux que je me l’imagine actuellement ? Je marquais une pause, sirotant mon soda. Et je ne cherche rien de particulier en fait. Au début, je cherchais juste le silence, mais maintenant j’hésite, dis-je pour le narguer.

En ce jour, j’avais choisi la carte de l’amusement, et je tournais au ridicule tous ces dires, comme si je me moquais catégoriquement de son autorité, comme si rien ne m’atteignait et que je trouvais que c’était rien qu’une blague. A voir si ça allait le déstabiliser, mais j’imaginais bien que non, il n’avait pas l’air si con, alors je m’attendais à bien pire venant de lui.

De toute façon, tu perdrais ton temps à me convaincre, mais bon comme je ne suis pas non plus borné à ce point, je suis d’accord pour dire que je suis dans le tort aussi, ça te va ? Demandais-je. Par contre, je ne vois pas en quoi j’ai haussé le ton pour que tu puisses affirmer que j’ai atteins ton décibel au niveau de la voix, je ne fais que discuter, et tu me réponds, donc je ne suis pas seul à m’égosiller, comme tu sembles le prétendre. Mais soit, je peux chuchoter si tu veux, continuais-je moqueur.

Bien sur, dans le fond il n’avait pas totalement tort, je lui répétais sans cesse à quel point son comportement n’était pas des plus exemplaires, mais quand bien même je n’étais pas aussi détestable que lui, du moins j’espérais que ça soit le cas. Cependant, je n’étais certainement pas prêt à m’arrêter là, ou du moins, de suite. Peut-être que dans quelques minutes j’en aurais marre et je partirais comme j’étais venu, sans demander, sans prévenir, avec une discrétion légendaire, mais je n’étais pas encore rendu à cette fin, sachant que partir voudrait dire que j’avais perdu, que j’étais lâche, et jamais ô grand jamais je voudrais qu’il puisse se l’imaginer, alors quitte à être pot de colle, je préférais encore être celui qui le ferait partir. Mais là encore, il viendrait me faire comprendre que je suis à sa table, sa place, et que par conséquent, j’étais celui à faire la démarche, mais ça encore, je n’étais pas sur de vouloir lui accorder sa faveur malgré toutes ces argumentations qui me mettaient toutes en tort.

Au final, je profitais pour commander un hot-dog, alors qu’un silence de mort s’était installé entre nous. Plutôt agréable d’ailleurs, pourquoi ne pouvions-nous pas continuer ainsi ? Parce que j’en avais choisi autrement, croyant bon que montrer le bon exemple le ferait une fois de plus partir sur les chapeaux de roues, parce qu’au final, j’avais eu ce que je voulais, mon repas, et lui rien, si ce n’est la peur qui se lisait sur le visage du pauvre serveur qui avait du se changer pour éviter de puer la bière et d’être tout collant. Celui-ci n’avait pas daigné trop s’approcher du garçon face à moi et était reparti en courant vers les cuisines, suite à quoi je le défiais de me parler en coréen. Bien sur, dans ma tête il était impossible qu’il s’en sorte avec cette langue du bout du monde, mais il venait de clairement me clouer le bec, me faisant bloquer pendant cinq minutes en l’entendant me déblatérer une phrase dans ma langue d’origine. Certes avec un accent de merde, qui m’avait fait tendre l’oreille à plusieurs reprises, mais il avait réussi, et je devais avouer que j’étais sur le cul.

Impressionnant, qui l’eut cru, finis-je par articuler. Dis-moi d’où t’as appris cette langue –oui je faisais clairement mine de ne pas avoir entendu son ordre- parce que bon faut le vouloir apprendre le coréen. D’autant plus que c’est pas ici que tu vas en avoir besoin… Enfin bon, surprenant, la prochaine fois je me tairais, mais en même temps comment aurais-je pu deviner que tu saches parler une telle langue ?

En fait, je n’en revenais pas. C’était surtout ça, alors même si j’avais à moitié compris ce qu’il m’avait demandé, j’étais pas prêt à m’exécuter jusqu’à ce qu’il m’ait répondu, même si je doute qu’il fasse gentiment après tout ce que je lui avais dit et fais subir, mais bon, l’espoir fait vivre, et si je lui faisais comprendre que je partirais après ça, peut-être qu’il finira par faire l’effort monumental de me souffler une réponse, mais ça encore, je doutais fort que ça arrive, vu qu’il avait l’air plutôt vexé d’avoir été jugé trop vite, mais ça encore il parlait, mais il me connaissait pas non plus.

Paraîtrait-il que c’est le destin… Commençais-je. Mais rassures-toi, j’ai rien demandé en venant ici, je pensais pouvoir manger dans un silence des plus agréables, mais au final je suis là, et pour je ne sais quelle raison je me sens obligé de venir te secouer un peu. Certes, ça m’a l’air inutile, et j’ai l’impression de gâcher ma salive pour rien, mais quand je vois que ça te fait un minimum d’effet, j’imagine que je n’y perds pas tout non plus au change. Mais promis, une fois mon hot dog fini, je veux bien faire l’effort de m’en aller, j’ai malheureusement des choses de prévues, et je ne pourrais pas te tenir compagnie davantage.

Comme si ça allait l’attrister de savoir que j’allais partir, au fond de lui il devait certainement se dire « Enfin », je le voyais bouillonner de joie intérieurement.

En fait, de mon côté, j’avais imaginé te fatiguer toi, mais bon, faut croire que certes au bout d’un moment je vais en avoir marre, de tenir tête à une boule de glace, parce que je me rends compte que je perds mon temps à discuter avec un type antipathique. Mais rassures-toi, j’ai décidé d’arrêter de prêcher la bonne parole, vu que je vois que ce qui a de l’effet, c’est te lancer des petites piques. Je marquais une pause. Et pour répondre à ta question, je ne sais pas ce que je veux, dis-je tout en mordant dans le hot dog qu’on venait de me rapporter.

Il était d’ailleurs très bon, et en voyant mon interlocuteur concentré sur autre chose, je continuais à réfléchir sur un peu tout. Et je me demandais sérieusement ce qui m’avait pris pour jouer au pot de colle de première et emmerder un type comme lui lors de mon repas. Fallait croire que je m’ennuyais de trop et que comme j’étais encore seul au monde ici, il fallait bien que je me trouve une occupation. Pas la plus intelligente, certes. Enfin, je continuais à lui parler, et il finit par me demander de répéter.

Ah bah tiens, c’est bizarre, maintenant je ne parle plus assez fort, dire qu’il y a deux minutes encore tu me suppliais presque de baisser le ton. Enfin bref, t’en veux ? Demandais-je en pointant mon hot dog, voyant qu’au fond il n’avait toujours rien à manger. Ce n’était pas de la gentillesse, ni du sarcasme, je ne saurais même pas vraiment définir ce que mon geste signifiait vraiment, mais en tout cas, je l’imaginais déjà me renvoyer le sandwich en pleine figure, c’était tout vu.

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Lun 26 Mai - 18:21



You're a Troublemaker-Shin ♥
 


The Game is On...
Sherlock Holmes.


L'année dernière quelqu'un m'a demandé si j'avais un jour pensé à comment je serai si pour une fois j'étais gentil avec les autres, si pour une fois je ne pensais pas qu'à moi. Intéressante question, très intéressante même, je lui ai répondu que j'y réfléchirai en lui précisant tout de même de se mêler de ses affaires, que les choix que je fais ne le regardent en rien. Pour dire la vérité, cette question m'a plus interpellée que je ne le montrai, en effet, à quoi je ressemblerai si je faisais un peu passer les autres avant ma personne et que, pendant quelques temps je ne me montrai pas comme un gosse égocentrique qui passe son temps à critiquer tout le monde et qui essaye de se faire remarquer, si pendant un temps je cessais d'être le manipulateur que je suis. Et bien imaginons un peu, Samuel Steevenson sympa avec son prochain, l'ange Steevenson, rien que ces quelques mots sonnent faux vous ne trouvez pas, mais passons, déjà moi gentil et aimable et sympathique ça ferait changer un détail de mon physique ce détail c'est mon sourire, tout le monde connaît mon sourire, ce sourire forcé qui tient plus du rictus, une expression de satisfaction, se sourire se changerait en quelque chose de plus doux, de plus sincère et croyez moi cela représenterait déjà un grand changement. Et puis si j'étais sympathique avec les gens il faudrait que je leur dise des choses aimables, que je les écoutes, que je sois attentionné que je prenne du temps pour eux et ça serait quelque chose de très dur pour moi. Donc voilà ce que serait Samuel Steevenson gentil, un garçon avec un joli sourire qui dit tout le bien qu'il pense du monde et je ne peut pas m'empêcher de voir dans ce joli tableau un peu fleur bleue une bonne dose d'hypocrisie. Non moi j'ai choisis une autre option, oh une solution totalement égoïste j'en conviens, celle de tout faire pour tirer mon épingle du jeu, la solution consistant à profiter de toutes les situations pour qu'elles tournent à mon avantage, la solution d'observer avant d'agir, d'étudier toutes les possibilités avant de parler, alors je passe peut-être pour quelqu'un de froid, de calculateur et de désagréable, tant pis, je sais à quoi m'en tenir c'est le choix que j'ai fait pour ma vie et je l'assume totalement.

Néanmoins il y a certaines personnes qui ont un certain pouvoir sur moi, je ne vois pas d'autres termes que pouvoir, vous pouvez croire qu c'est un mot un peu fort mais non, certaines personnes sont capable de me faire changer du tout au tout en juste quelques instants c'est quelque chose de vraiment incroyable. La première personne c'est ma mère, je vous ai déjà dit que les rapports entre mes parents et moi sont plutôt houleux, avec mon père les choses sont simples, on ne sait tout simplement pas communiquer de l'un à l'autre donc nous parlions le moins possible au risque de déclencher une troisième guerre mondiale dans la salle à manger, avec ma mère c'est autre chose. Elle fait des efforts pour moi et moi je n'en fais absolument aucun, parce que ma mère elle a le don de me montrer la personne que je pourrais être si j'étais plus aimable avec les gens, elle me montre une autre facette de moi que je n'aime pas, elle est comme un miroir pour pour moi je peux vous dire que le reflet que j'aperçois ne me fait pas toujours sourire. Elle seule a le secret pour me faire sentir coupable pour tout ce que je fais de travers, je sais que que ce n'est pas son but, qu'elle aimerai que je passe plus de temps avec eux, que je me calme un peu, mais rien n'y faisait, je n'arrivai pas à changer et je n'en ai pas l'envie. Et puis il y a Olivia, elle voit vraiment qui je suis sous toutes mes couches de sarcasmes, elle ne voit pas tout au premier degré et elle ne me blâme pas pour un oui ou pour un non, çà fait un bout de temps que je ne l'ai pas vue, depuis qu'elle est partie faire son tour du Monde, dernièrement elle était au Pérou je crois, pour tout vous dire elle me manque énormément.

Pourquoi je vous dis tout çà ? Peut-être parce que ce jour-ci j'avais encore moins envie que d'habitude d'être un gentil garçon, peut-être qu'aujourd'hui, les leçons de morales de ma mère m'influençaient beaucoup plus que je ne souhaiterai l'avouer, et que par dessus tout ce n'était décidément pas le jour pour qu'on me fasse attendre dans un bar et qu'un inconnu vienne me faire la morale sur mon comportement. Bien sûr j'aurai pu l'écouter et ne rien dire en retour, lui faire comprendre que j'avais saisi le message et que cela ne se reproduirait plus, mais non, je ne fonctionne pas comme çà, il faut toujours que j'essaye d'avoir raison, c'est plus fort que moi, je voyais déjà la scène se profiler, ce garçon et moi allions débattre, sur nos points de vues jusqu'à ce qu'un de nous deux soit saoulé et parte de ce bar, reste à savoir qui de nous deux serait saoulé le premier, tout ce que je sais c'est que je peux jouer très longtemps à ce petit jeu.

Il y a une chose que ce mec semble ne pas avoir compris par rapport à moi, la psychologie inversée ça ne fonctionne pas sur moi, les petites leçons de morales ça ne prend pas, il peut me critiquer tant qu'il veut je ne céderai pas une once de terrain, si chez certaines personnes le fait de se faire engueuler suffit à faire taire chez moi ça ne fait qu'attiser mon irritation et augmenter mon envie de prendre le dessus sur la conversation. « Sérieusement mec tu crois que je vais rester là à t'écouter à me donner des leçons, sans rien dire ? Désolé mais tu es tombé sur la mauvaise personne, mais je te laisse encore le choix d'abandonner tout de suite avant qu'on se mette vraiment à discuter, mais j'imagine que de tu vas pas me lâcher de si tôt. Pour ce qui est du fait que tu aurais pu sympathiser avec moi et que tu n'aime pas la façon dont je me comporte je m'en fiche totalement saches le, j'ai appris à ne pas me chagriner de ce qu'on pense de moi, tu ne sera pas une exception parce que tu parles un peu plus fort que les autres. »

Dites que je suis borné, que dans un sens j'ai tort de m'acharner comme çà alors que dans un sens il a raison de me reprocher le fait d'avoir jeté le contenu de mon verre sur ce serveur, mais quelque chose m'agaçait chez mon interlocuteur, le fait qu'il se sente obligé de venir me faire la leçon, ce côté justicier qu'il dit ne pas avoir mais qui pourtant semble bien présent puis ce qu'il est là en ce moment-même à me faire la morale comme si j'étais un gosse de cinq ans surpris à avoir fait une bêtise en plein cour, mais étant donné que je ne me laisse déjà pas faire par les professeurs ce n'est pas ce mec qui allait faire exception à la règle. Ma pique sur ses vêtements ne lui plaît visiblement pas, ce qu'il me répond en retour me plaît encore moins, il y a des choses que je n'aime pas du tout que l'on insinue sur moi. « Je ne demande aucunement que tout le monde me ressemble, je ne veux même pas imaginer ce que ce serai, mais j'aime juste qu'on mette moins de trois heures à venir me servir dans un resto et surtout éviter que quelqu'un vienne me faire la morale en se la jouant superman. Peut-être que tu te sens investis de cette mission et je suis très content pour toi, vraiment, seulement je n'ai aucune leçon à recevoir de toi. Tu cherches quoi au juste, tu veux me voir péter les plombs en public, que je me mette à gueuler pour montrer à tout le monde que je suis complètement fou c'est çà ? Désolé mais tu n'y arrivera pas, je vais rester bien ici calmement jusqu'à ce que tu vois que je suis un cas désespéré sur lequel ton numéro de grand justicier n'a aucun effet. Après si tu as du temps à perdre, tant mieux pour toi mec. »

Et j'espère qu'il va se décider à perdre patience rapidement, je n'ai pas toute la journée pour me perdre dans une discussion aussi stérile que çà sur le bien et le mal, j'avais l'impression d'entendre le sermon d'un prêtre à la messe, au temps où mes parents m'y traînait le dimanche matin quand j'étais tout petit, il te fais des grands mots, ce qui n'empêche sûrement pas que lui aussi de son côté il en fasse des conneries, et je suis sûr qu'il ne s'en vante pas, il me prend pour un caliméro et un petit roi, ce n'est pas le premier mais je suis presque certain qu'il n'est pas mieux que moi, de toute façon si les gens crient c'est pour cacher le fait qu'ils ne sont pas mieux, juste pour pointer le doigt sur quelqu'un d'autre. « Je ne cherche aucunement à essayer de te convaincre que j'ai raison, c'est peine perdue, en fait j'essaye juste de passer une journée tranquille mais visiblement c'est trop demander, pour ce qui est du klaxon, je ne pense pas me tromper en disant que ça doit bien faire un quart d'heure que tu exprime ton mécontentement et que tu brailles à quel point tu me trouve détestable, c'est fou comme les gens sont prompt à critiquer alors qu'au final ils ne sont pas mieux, commence à baisser d'un ton et peut-être que je ferai un effort. » dis-je avec un sourire satisfait, il voulait discuter, très bien, j'allais le contredire point par point.

Alors qu'un silence de plus d'une minute s'installe entre nous, un véritable miracle croyez moi, mon interlocuteur en profita pour commander un hot-dog au serveur qui visiblement n'avais pas l'air ravi d'approcher à moins de 20 mètres de moi, il a peur de quoi sérieusement, je n'ai plus rien dans mon verre. Il commanda donc sa nourriture et profiter pour glisser une petite blague de bas niveau sur moi, puis se croyant victorieux il me demande si je vais pleurer, à çà je hausse un sourcil ne préférant même pas relever sa vanne. Je lui demande si il est sourd, si il ne m'a pas entendu quand je lui ai dit de partir, il me répond qu'il n'est pas sourd, juste coréen, avant de me mettre au défi de lui redire tout çà en coréen. Je fis semblant de ne rien dire lui laissant croire qu'il avait gagné cette bataille, cela fonctionna, il me demanda si j'avais perdu ma langue. Ce dernier ignore surtout que mon cousin adoptif étant coréen, j'ai depuis quelques années, appris les bases de sa langue natale. Alors souriant doucement, je lui ai répondu en coréen avec un léger accent américain.

« Dommage pour toi mais il se trouve que je comprends et parle le coréen, alors oui je veux bien te le répéter encore une fois, peux tu te casser s'il te plaît ? Ou au moins aller à une autre table parce que tu me saoule vraiment. » Puis je repris en anglais. « Voila, maintenant ça t'apprendra peut-être à ne pas avancer de telles affirmations aussi rapidement et avoir des préjugés sur la personne que tu as en face de toi. Tu ne sais rien de moi, ni de ce qui a fait que j'arrive ici aujourd'hui et qui hélas m'a fait croiser ton chemin. » Même après avoir dit çà, je sentais mon portable dans ma poche s'alourdir, comme si le SMS de ma mère avait un poids, ou alors c'est la fameuse culpabilité que je ne veux pas exprimer en public ? Peut-être, toujours est-il que ça n'arrange pas du tout mon état d'esprit, surtout que mon vis à vis me refais un énième cour sur la gentillesse, on dirait qu'il n'a que ce couplet là en rayon, sauf que moi je n'ai pas envie d'être gentil avec les autres, il ne l'a toujours pas comprit ? Ce n'est pas parce qu'il va me marteler ses beaux discours que je vais tout d'un coup reconsidérer toute ma vie, être gentil et mielleux, aller offrir des fleurs à mère ou bien sortir deux compliments sincère à mon cousin ou alors un nouvel appareil photo à monsieur Harper, qu'est ce qu'il espère au juste ?

« Tu veux quoi ? Franchement tu veux quoi ? Tu as quand même bien compris que tu n'arriverai à e faire changer d'avis, ni changer tout court alors pourquoi tu t'acharnes ? Tu t'es dit tiens y'a un méchant garçon je vais pas le lâcher jusqu'à ce qu'il voit enfin la grande vérité, qu'il faut être bon dans la vie ? Désolé de te dire que je ne fonctionne comme çà, alors tu peux me sortir tes boniments pendant trois heures, que ça ne changera pas, éventuellement tu te fatiguera et tu me laissera tranquille. » dis-je en espérant qu'il comprenne et qu'il parte manger son hot-dog autre part.

Un nouveau silence s'installa entre nous deux, comme si chacun de nous deux cherchait ce qu'il allait dire ensuite, comme une trêve entre deux assauts. Je n'oserai pas prétendre que la personne en moi est stupide, je suis même convaincu, il a des arguments et il sait les exposer, il est réfléchit et ne s'emporte pas, je pense même que je pourrais apprécier grandement jouer une partie d'échecs contre lui, ça serait très intéressant et beaucoup plus enrichissant que notre discussion actuelle, il faudrait que je lui propose un de ces jours. Mon regard resta planté dans le siens, sans rien dire, je cherchais juste à deviner à ses expressions ce qu'il allait me dire, comment il se sentait, je faisais comme d'habitude en somme, j'observe pour mieux répondre. Inconsciemment, mes doigts se mettent à marteler doucement le bois de la table en rythme, signe d'impatience chez moi, il tardait à me répondre et ça jouait sur mes nerfs, autant je sais écouter et observer les autres, autant ma patience face au silence est très très courte, soit il répondait rapidement soit c'est moi qui prenait les devants et personne n'a envie de m'entendre à nouveau péter littéralement les plombs au milieu du restaurant. Je poussais donc un long soupir pour lui notifier que j'attendais impatiemment qu'il prenne la parole. Mon portable vibra alors dans ma poche, je savais déjà ce qu'il disait mais je le sorti néanmoins pour lire ce qu'il disait. « Samuel, je sais que tu n'aime pas ces dîners mais ton père et moi y tenons vraiment à ce que tu y sois. Que dis tu du week-end prochain ? ». Il me fallu un long moment pour que les mots aient un sens pour moi, pourquoi fallait-il qu'elle en remette une couche. Je tapais un rapide « je verrai » avant de remettre le portable dans ma poche, n'étant pas sûr que le garçon en face de moi ai repris la parole je lança ou cas-où : « Excuse moi mec tu disais ? Non parce que tu parles tellement bas que je ne comprend absolument rien quand tu parles. A moins que ce ne soit le fait que j'en ai absolument rien à faire de ce que tu penses ou que tu puisses me dire. En fait, ouai ça doit être totalement çà ! » dis-je mesquin, mon sourire retrouvé, le message de ma mère totalement oublié. The Game is On, que le meilleur gagne...

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Lun 5 Mai - 20:41



Un conflit aigu et logique, qui se résout de façon explosive, voilà l'essence des Echecs ▬ Vainstein

La question que je me pose toujours, c’est : est-ce que si j’avais fais autrement, j’en serais arrivé là ? Et si le destin était programmé pour nous faire arriver toujours au même but quoiqu’on fasse au final ? Si je n’étais pas venu dans ce bar, est-ce que j’aurais quand même du subir la voix de ce demeuré qui se plaint du service ? Je l’ignore mais j’aurais préféré ne jamais avoir à faire face à ce genre de situation. Et au final, j’aurais du continuer ma route, plutôt que de m’arrêter dans ce bar pittoresque, qui ferait presque rebrousser chemin les plus courageux.

L’intérieur n’est pas très sur, et fait peur à voir. Un bar quoi, et puis j’ai pas vraiment l’habitude de ce genre de lieu déplorable et insalubre ou de vieux loubars viennent s’asseoir à la même table quotidiennement pour manger le menu du jour accompagné d’une bière. C’est disons par manque de choix que j’en suis réduit à fréquenter ces lieux. En Corée, vous n’avez aucune chance de tomber dans un buibui aussi pitoyable et repoussant, accueilli par l’odeur de l’alcool, qui vous assomme. C’est fort désagréable, mais me direz-vous, vu dans le luxe dans lequel je vivais, je ne pouvais pas connaître ce mode de vie. Et même si j’avais pu rêvé d’une vie normale, celle que j’ai eu m’a trop consigné, et rendu exigeant, si bien que je pourrais presque me comporter comme cet énergumène colérique. Seulement, faut croire que la différence d’éducation est là, et j’ai toujours su bien me tenir, quelles que soit les circonstances. Même si je n’étais pas patient, même si je n’étais pas indulgent, même si je ne tenais pas en place, même si. Bon ok, vous avez compris le message, en somme, un self control.

Et puis en même temps, faut en avoir quand on est issu d’une famille aussi impressionnante que la mienne, parce que vous avez pas le droit à vos coups de gueule ou petits caprices quand vous êtes gamins, parce que de l’affection vous en recevrez plus de votre domestique que de vos propres parents, c’est dire à quel point se comporter comme un enfant est proscrit dans cette religion. Alors oui, c’est pas une religion, mais presque, quand on voit les règles qui régissent toute une famille, le mode de vie, limite il faut prêcher sur le St Graal des PDG et de l’argent, mais non merci, c’est pas vraiment de mon ressort aimer le superflu, parce qu’au fond, avec ce que moi je fais à côté, j’ai pas besoin d’argent, parce que c’est pas lui qui vous achètera votre talent. Si tu sais pas chanter, tu ne sauras jamais chanter, et avoir un million sur ton compte n’aidera en rien, et ça les gens ont tendance à l’oublier par chez moi.

Tous en costar à longueur de temps, la tenue doit être irréprochable vingt-quatre heures, sur vingt-quatre. Pas un faux pas, sinon tout est noté, et on vous ressortira votre gaffe pendant les cinq prochaines années. Et ça j’ai du jouer au gamin exemplaire, même dans les pires situations, qui étrangement étaient toujours rendues publiques par mon père pour être sur que je me tienne à carreau et acquiescent gentiment et docilement. Doux comme un agneau en apparence, mais quand je pouvais le voir en tête à tête, ce qui était rare étant donné qu’il avait toujours son président, ou associé, ou je ne sais trop quoi à ses côtés, je lui sortais mes quatre vérités, mais comme d’habitude il faisait la sourde oreille, et répétait qu’il fallait bien ça pour que j’aie un parfait avenir dans l’entreprise. Entreprise que je ne reprendrais jamais, et il le sait puisque désormais je suis ici, bien que j’ai peur qu’un jour il vienne me chercher, ou plutôt vienne me faire chercher par ses toutous pour que j’y retourne le jour où son état sera critique, à moins qu’il ponde un petit frère entre temps, mais soyons francs, il a plus trop l’âge. Qu’il se démerde un peu, il le fait pourtant avec brio, sans avoir jamais mon avis, il ne peut que bien s’en tirer. Je lui fais confiance là dessus, au moins une chose d’ailleurs, parce qu’en terme d’amour, je lui fais pas confiance le moins du monde.

Il répète sans cesse ô combien il aime ma mère, mais je vois bien que c’est du foin. Les parents de mon père, et ceux de ma mère ont conclu un marché, je suis pas aveugle, ni même débile, deux entreprises fructueuses, rien de mien qu’un accord à l’amiable, autrement dit un mariage, parce que bon dans mon milieu, parler de mariage, c’est plus conclure une affaire qu’autre chose, ce pourquoi je suis loin de me préoccuper de tout ça. La musique reste la seule chose avec le sport qui rythment ma vie actuellement, et me donnent goût à cette dernière, l’amour on verra plus tard, parce que si jamais on venait à apprendre que j’avais une petite amie, elle serait passée au crible fin. Déjà, si elle est pas riche, elle peut virer, et ça je ne supporterais pas qu’une fille ait à supporter mes problèmes de famille.

Enfin, tout ce blabla pour en revenir au fait que la vie est malgré tout ce qu’on peut en dire une fatalité. On nait, on vit, on meurt, et on choisit pas vraiment ce qu’on fait. Du moins, on nous donne l’impression d’avoir le choix, avec l’histoire du libre arbitre, ou plutôt une utopie que l’homme s’est lui même fondé pour se donner de l’espoir, mais au fond, on finit toujours pas faire face à notre destin qu’est la mort, ou tant d’autres choses. Et les paramètres sont nombreux. Je fuis mon statut social, mais je ne pourrais pas le faire indéfiniment, autant en profiter.

Mais aujourd’hui, je suis face à un de ces aléas de la vie, un grincheux qui a décidé d’embêter son monde, et d’insulter une tiers personne qui n’avait surement rien demandé pour avoir le droit à de la bière sur son costume. Au début, je m’étais dis, laisse passer Shin, mais quand j’ai vu comment il s’était défoulé sur le pauvre serveur, il avait fallu que j’intervienne. Je ne prétends pas me prendre pour un justicier, mais j’aime bien aller taquiner ces égos sur pattes, les faire redescendre un peu sur terre. D’ailleurs il me toise, son regard est noir, et il doit me haïr d’avoir pris place face à lui. Je l’énerve, comme une mouche qui virevolte sans but, sauf que tant qu’il ne m’aura pas dégommé à coup de tapette, je continuerais à lui tourner autour. Je suis pas quelqu’un qui cherche les problèmes d’habitudes, je suis pacifiste, et plus verbal en règle générale, mais là j’avais besoin de recadrer un peu son éducation.

▬ Ecoute mec, si t’as eu une journée de merde, c’est pas de notre faute à nous, tu sais, alors baisse d’un ton, et évite de refouler tes nerfs sur le premier venu, c’est vraiment pas beau. Tu vois, pendant un quart de seconde j’aurais pu vouloir sympathiser avec toi, mais déverser son verre sur ce serveur qui a rien à voir avec ton attente, c’est pas franchement le genre d’action que je laisse passer, à la rigueur que t’ailles te plaindre en cuisine, ou ne rien faire et tout simplement te tirer, mais ton linge sale tu le laves en famille, d’accord.

Je maintiens son regard, oui je n’ai pas répondu à ses questions, c’est volontaire, je laisse mijoter, et je suppose que dans deux trois minutes j’aurais le droit au merveilleux surnom de super héros ou je ne sais quelle autre absurdité, mais après c’est mon droit, je ne donne qu’un avis, posé, calme, sans provocation, et c’est un lieu public, je m’assois ou je veux, et je pourrais presque le suivre partout rien que pour le voir déformer sa gueule d’ange.

▬ Qu’est-ce qu’elles ont mes fringues ? Elles sont pas à ton goût, c’est parfait, je suis pas vraiment du genre à chercher à attirer les mecs, du coup, faudra aller voir quelqu’un d’autre. Et puis bon, c’est pas comme si tout le monde devait adopter ton style vestimentaire, est-ce qu’un mec comme toi supporterait qu’on te ressemble en tout point ? Hm quoique d’un coup j’en doute, après tout je ne te connais pas comme tu dis.

Je faisais mine de réfléchir, alors qu’au fond, je ne réfléchissais pas du tout, je ne voyais pas trop l’intérêt de me démener dans des grands débats profonds avec un type qui aboie plus qu’il pense. Pourtant, il n’a pas l’air d’être du genre stupide le bonhomme, juste qu’il a du certainement se passer quelque chose pour qu’il dégénère, et je voulais voir jusqu’à quel point il pouvait gueuler fort.

Et voilà, je me fais qualifier de super justicier, que vous avais-je dis… Devin ? Moi, non, mais lui il est prévisible. Et d’ailleurs qu’il me demande de me barrer ne m’étonne pas du tout, enfin faut dire, qui voudrait subir la pression d’un pauvre bridé paumé de la vie comme moi. Sauf qu’il ne me connaît pas, et je ne le connais pas. Je ne suis pas là pour le juger, en fait c’est pas mon but, parce que j’ai horreur qu’on se plonge dans la catégorie préjugé, et cliché typique.

▬ Oh pauvre petit Caliméro, monseigneur a été contraint d’attendre une micro seconde, et il nous fait son caprice de Roi mécontent, tu veux que je te dise quoi ? Que tu as raison ? Tu te trompes. Et non je ne me prends pas pour un super justicier, juste quelqu’un qui veut en manger en paix, sans avoir à supporter un klaxon dans l’oreille droite, et le klaxon en l’occurrence c’est toi. Puis j’aime pas trop quand on gueule sans raisons valables, parce qu’au fond, tout le monde ici attend, et le seul qui ouvre sa bouche c’est toi, y a donc un problème tu crois pas ?

Je marquais une pause, reprenant une gorgée de mon soda, et vit un serveur revenir vers nous avec une bière, et un calepin. Le même, changé, tout timide, je me tourne vers lui.

▬ Un hot dog, s’il vous plait, et pour le monsieur en face, si c’est possible une dose de bonne humeur.

Le serveur repart gêné, et moi je soutiens le regard du jeune homme. Oh je ne suis pas fier de ma blague pourrie, si c’en est une, après je ne connais pas l’humour des américains, mais c’est plus une phrase pour envenimer la situation.

▬ Et comme nous sommes dans un lieu public, et que la place sur laquelle je suis assis ne porte pas ton nom, je vais rester là. Tu vas faire quoi maintenant ? Pleurer ?

Je restais d’un calme olympien, face à ce grand dadais nerveux, prêt à exploser à la moindre remarque de ma part. Je ris intérieurement, je ne lâche pas le morceau facilement, et je reste le plus serein du monde.

▬ Et non, je ne suis pas sourd, mais coréen, alors essaie pour voir de me le dire dans cette langue, et peut-être que je comprendrais.

Et la je me moque, parce que savoir parler coréen, c’est pas donné à tout le monde, faut déjà vouloir apprendre cette langue qui semble sorti de nulle part, parlé par que quelques asiatiques du monde, alors demander ça à un type comme lui, c’est comme lui demander de me parler chinois, fin ça revient au même sérieusement, sauf que s’il se met à me causer coréen, je pense que je risque fort de perdre la face, parce qu’il m’aura bien pris au dépourvu.

▬ Bah quoi, t’as perdu ta langue ?

Je ne devrais pas faire ça, parce que la je tend consciemment le bâton pour me faire battre. Je sais que c’est pas la meilleure chose, mais il a bien besoin de quelqu’un pour se faire les nerfs celui-là, et tant qu’à faire plutôt que ça soit sur moi, que sur un pauvre serveur, qui d’ailleurs m’apporte sagement mon hot dog et repart au pas de course, pétrifié.

▬ Tu vois, quand on est aimable, on a plus de chance d’obtenir ce qu’on veut rapidement, ça sert à rien d’y aller comme un bourrin.

Je souris, imperturbable, sans la moindre once de cynisme, et croque dans mon hot-dog.
© By Halloween sur Never-Utopia

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MessageSujet: Re: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Lun 28 Avr - 15:34



Your A Troublemaker-Shin♥
 


« Wanna be a troublemaker, wanna be a troublemaker, wanna be a trouble maker ♪♫ » Green Day

Une journée à Wynwood High-School peut rapidement devenir un enfer très rapidement, même pour moi. Il suffit que quelques détails se mettent en place pour bien vous pourrir la journée. Vous le savez, mon caractère est quelque peu spécial, je ne suis pas vraiment connu pour ma franche sympathie envers mes compagnons, mais n'exagérons rien, si je suis un garçon antipathique, manipulateur avec une forte tendance à la curiosité mal placée, je ne suis pas le plus expressif de mes confrères, j'agis plus dans le dos des gens, des coups bas en somme. Mais il arrive à certaines occasions que je mette de côté mes principes et que je laisse mes sentiments l'emporter sur ma raison, il suffisait qu'on m'énerve suffisamment et à ce moment généralement je ne répond plus de rien, vous ne m'avez jamais vraiment vu en colère et je vous envie, vous n'avez pas envie de voir à quoi ressemble la colère froide qui est la mienne. En fait je crois que je ne suis pas habitué à me mettre vraiment en colère, généralement, je fais en sorte que toutes les remarques que l'on peut faire à mon sujet, et il y en a croyez moi, me passe au-dessus sans me toucher, mais parfois certaines paroles sont plus blessantes que d'autres et arrivé à un niveau de saturation, je relâche tout, et les personnes se trouvant dans mon entourage à ce moment là en faisait souvent les frais.

Pour commencer un petit résumé de ma soirée de la veille, j'étais convié à rentrer chez mes parents pour un de nos fameux de dîners tous ensembles. Je déteste ces dîners autant que je les redoute. Mes parents et moi, toute une histoire, le contact n'est jamais vraiment très bien passé, et en quelques sortes ils arrivent toujours à me faire me sentir coupable pour toutes les conneries que je peux faire, pour mon comportement au lycée. Ces dîners vous l'aurez compris sont autant un calvaire, pour moi que pour eux, trois longues heures à nous regarder dans le blanc des yeux, échangeant des banalités, n'osant pas aborder les sujets importants, eux ils ont peur de ma réaction et moi je crois que j'ai peur de leur dire que je m'excuse pour tout ce que j'ai pût faire. Ces soirées à la maison de mes parents me mettent dans un tel état de nerf que pendant trois jours de rang, je serai du genre à abattre le lycée à grand coup de bulldozer. Et ce message de ma mère, après que je sois parti « Merci d'être venu Samuel, tu sais on tenait vraiment à ce que tu sois là. » Merci maman, tu voulais me faire vraiment me sentir coupable c'est chose faite, maintenant laisse moi, j'aimerai pouvoir dormir avec la conscience la plus tranquille si possible.

J'ai dormi, pas assez d'après mon corps, pas assez bien d'après mon cerveau, c'est donc dans un état de relative fatigue physique et mentale que je me suis réveillé, toutes les bonnes conditions pour moi, pour passer une très bonne journée. Avis de tempête sur Wynwood High School, Miami, la tornade Samuel Steevenson débarque droit sur vous, allez tous dans vos abris si vous ne voulez pas vous retrouver pris dans les dommages collatéraux. C'est après avoir pris trois cafés et passer une bonne demie heure dans la salle de bain et le même temps à choisir mes habits que je suis sorti de mon appartement pour rejoindre le lycée, pour une autre journée de cour, un autre journée à jouer le personnage de Samuel Steevenson, joueur d'échecs à échelle humaine, un coup coup d'oeuil à mon emploi du temps m'indique effectivement que cette journée allait être longue. Histoire en première heure, chimie avec Swensson, anglais avec Monsieur Cobb et encore Monsieur Swensson en biologie, puis sport et deux heures de physique avec Hoffman pour finir la matinée.

Vu l'état dans lequel je me trouvais, je pensais que je n'allai même pas me donner la peine de paraître désagréable, cela valait mieux je pense, le moindre truc de travers suffirait à me mettre encore plus en rogne. Bon d'accord, le seul repas avec mes parents ne suffisait pas à me mettre dans cet état que je qualifierai de pré-apocalyptique, il y avait aussi ce voyage dans les Everglades, quatre jours en enfer à s'extasier devant des arbustes, des plantes et des coccinelles, le rêve en somme, sans parler de l'énorme tempête qui a bien faillit inonder tout les chalets. Comme je vous le disais, c'est une accumulation d'événements qui au final finissent par avoir raison de mes nerfs.

J'arrivais donc au lycée, ne prenant même pas la peine de prendre mes livres dans mon casier, quelques feuilles de papier et un stylo devraient faire l'affaire pour trois cours. Au pire j'arriverai bien à piquer les notes de quelqu'un dans la journée. Le cour de chimie se passa relativement rapidement, je ne dirais pas que je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer, mais en tout cas je n'interrompis pas le professeur avec mes habituelles questions intempestives, je devais en effet ne pas me sentir super bien, d'habitude je ne manque pas de faire des remarques sur chaque détail du cour que je ne trouve pas à mon goût, pas aujourd'hui. Vint le cours d'anglais, c'est sans surprise que Monsieur Cobb nous annonça qu'il allait interroger trois personnes au hasard dans la classe, vous devinez sur qui la main du sort s’abattit, ma pomme. C'est avec toute la mauvaise volonté du monde que je me suis donc rendu au tableau pour réciter une leçon que je n'avais pas préparée et dont je me fichais éperdument, ce que ne manqua pas de remarquer le professeur. Tant pis j'aurai une mauvaise note et alors ? Ah oui, je suis sensé jouer le gentil élève, tout sage, un brun hypocrite, désolé mais pas aujourd'hui. C'est avec un ennui non feint que je rejoins le deuxième de cour de Swensson, comme prévu son deuxième cour me passionna tout autant que le premier, à la différence prêt que cette fois-ci, je ne prenais pas de note, je griffonnais formes sur le papier, histoire de me donner une contenance et de faire croire que je prenais bel et bien le cour en notes.

Quel ne fût pas mon soulagement quand Swensson nous relâcha enfin, mon sac à dos rejoignis mon épaule en un éclair et sans plus un discours, je sortais avant tout le monde de la salle de classe. Vint le cour de sport qui m'apporta un peu de détente comme à chaque fois, faire du sport sortais le temps d'une heure, toutes mes idées noires. Deux heures de cours me séparaient de la pause du midi, deux heures de physique avec Monsieur Hoffman, comme d'habitude, notre jeu de ping-pong verbal se mit en place dès la première heure, mais à petit-feu, je n'avais pas le cœur à lutter contre Hoffman aujourd'hui, ces deux heures furent assez floues, jusqu'à ce que la cloche sonne la pause de midi.

Pas question de manger à la cafétéria ce midi, direction un snack, hors de Wynwood. En passant dans le couloir principal, j'entendis des notes plaquées sur un piano dans la salle de musique, un sourire s'afficha sur mon visage, j'allais sécher les cours cet après-midi pour faire de la photographie, je demanderai à Hoffman de m'excuser pour mon absence en mathématiques, cela fonctionnerait peut-être. Un embouteillage se créait déjà devant la porte de sortie, tout les étudiants se bousculaient pour sortir du lycée. Sans gêne je bousculais les personnes devant moi pour me frayer un chemin vers l'extérieur : « Punaise mais barrez vous, j'ai pas que ça à faire moi ! ». En jouant des coudes je réussi à m'extirper de la masse d'élèves et je me dirigeais d'un pas décidé vers le centre ville, plus énervé que jamais.

Je me mis en quête d'un endroit où j'étais sûr que personne du lycée viendra me chercher, mon choix se porta sur un petit bar snack, pas endroit lequel je me rendais d'habitude, loin de là, mais ça ferait l'affaire. En entrant dans le bar une odeur de graisse et de bière m'assaillis, je plissais les narines et me dirigeai vers le bar commandant une bière, et demandant une table. On me servit et on m'indiqua une table pas encore débarrassée dans un coin du bar. Je m'y rendis et m'installais, commença alors une des plus longues attentes de ma vie. Je sortis, mon portable, le déverrouillait, l'écran affichait encore le message de ma mère, envoyé la veille, une boule se forma dans ma gorge, la culpabilité m'attaquait de nouveau, en même temps qu'une certaine rage, je n'aimais pas me sentir comme çà, ça me prenait littéralement aux tripes.

Une demie-heure, une demie-heure que j'étais arrivé et aucun serveur n'était venu prendre ma commande, je me mis à taper frénétiquement du bout des doigts sur la table, cinq autres minutes passèrent avant que ma patience eut atteint ses limites, quand le serveur passa, je lui, criais, peut-être un peu plus fort que prévu : « Non mais c'est quoi ce taudis franchement, çà fait une demie-heure que je poirote à cette table ! Il faut faire quoi ici pour être servit ?! » Ceci-dit, d'un geste rageur je saisis mon verre et lui jetait le contenu à la figure. Le serveur se retrouvait totalement couvert de bière, de la tête aux pieds, un grand sourire satisfait se plaquait sur mon visage. Faire ce que je venais de faire, m'avais totalement détendu, une grande satisfaction m'emplit comme si j'arrivais à dénouer la tension de mes nerfs. Le serveur lui partit de se réfugier en cuisine, pitoyable, il n'osait même pas répondre, manque de répartie peut-être, manque de courage sûrement. Il ne fallut pas longtemps cependant, pour que mon humeur retourne dans le rouge, un jeune homme vint se placer à ma table, me demandant si j'avais fini de pousser ma gueulante. Qu'est ce qu'il me veut, je le connais pas ce type, comme si j'en avais quelque chose à faire de ce qu'il pouvait penser de moi. Et puis son air je te critique tout en buvant tranquillement mon soda comme si de rien était m'énervais au plus haut point, j'eus soudain l'envie de réitérer mon action et de lui verser son soda sur la figure pour le faire taire, peut-être que là, il décidera de me laisser tranquille et quelqu'un se déciderait enfin à venir me servir. Toujours est-il que ce mec en face de moi décidait de se la jouer gros dur et plonger son regard dans le miens, comme si il essayait de m'impressionner.

« Ecoutes mec, je te connais pas, tu ne sais pas qui je suis et je ne sais même pas pourquoi tu viens me parler, tu n'as rien d'autre à faire, genre je sais pas, t'acheter des fringues descentes ? Je connais une boutique qui fais des soldes pas loin. » Visiblement il n'avait pas vraiment l'air de vouloir partir, j'allais devoir donc le supporter, très bien si c'est qu'il voulait, il ne connaissais pas encore mais quelque chose me disait, qu'il n'allait pas tarder à regretter d'être venu me parler, si ce n'était pas déjà le cas. « Qu'est ce que tu cherche sérieusement, tu te prends un super justicier ? Tu viens me dire que c'est pas bien ce que je viens de faire et que je devrai aller m'excuser auprès de lui ? Et bien tu sais quoi ? Je sais que ce n'est pas bien et j'en ai absolument rien à faire, il l'a cherché, il n'avait qu'à venir plus tôt. Et si tu ne veux pas subir le même sort je te conseille de te casser rapidement, compris. »

Mais il ne bougeait pas, il était toujours là, verre de soda en main et cet air de défi dans le regard, on aurait dit un Sigma Mu en proie à une intense réflexion à la prochaine réplique cinglante qu'il allait sortir. Je passais une main devant ses yeux, plus agacé que jamais. « Ohé tu m'a entendu, je t'ai demandé de te casser, tu es sourd ou bien ? » A croire que oui et qu'il n'était pas prêt de me lâcher de sitôt.

HRP:
 

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MessageSujet: You're a troublemaker ... (Sammy *-*)   Dim 27 Avr - 21:39



Un conflit aigu et logique, qui se résout de façon explosive, voilà l'essence des Echecs ▬ Vainstein

Se lever de bonne humeur c’est primordial, et malheureusement c’est bien une des seules choses dont je suis incapable de faire ; me lever de bonne humeur. J’avais beau essayé toutes sortes de méthodes pour éviter mon irascibilité passagère du matin, mais rien à faire, j’avais toujours autant envie de frapper la moindre personne qui m’adressait la parole le matin, alors que le réveil avait eu son effet sur moi deux minutes plus tôt. J’avais horreur de ça, que cette stupide machine se mette en route, alors que j’étais tranquillement en train de dormir, et qu’il venait tout casser. Alors évidemment, les gens de mon entourage avaient finis par s’y habituer, et restaient silencieux, mais j’avais changé d’environnement depuis peu, je n’étais plus en présence de ma famille, mais bien de vingtaines d’autres étudiants, que je regardais avec un regard noir. Au moins, j’étais sur qu’aucun n’oserait venir voir quelqu’un avec une tête pareille. Enfin, je n’étais jamais à l’abri de rien, il y a toujours des petits curieux détestables qui viennent fourrer leur nez là où il ne faut pas. Mais jusqu’à présent, c’était un sans faute.

J’avais pris un café, ma foi pas trop dégueulasse, et deux trois tartines de nutella avant de remonter dans ma toute nouvelle chambre de l’internat de Wynwood. J’arrivais tout juste de Corée, après une conversation houleuse avec mon paternel, et je n’avais pas encore l’habitude du mode de vie américain, mais paraît-il que je m’adapte vite, ce n’était qu’une question de temps. Par chance, et finalement je remerciais mon imbécile de père d’avoir voulu me formaliser à l’apprentissage de l’anglais, langue dite universelle, et j’avais donc pas trop de mal de ce point de vue, ce qui était un avantage considérable pour un étranger qui débarque comme une fleur au beau milieu de l’année. J’avais d’ailleurs quelques prédispositions à l’italien également, grâce à ma mère, et même si techniquement j’étais italien, vu le détail de mon acte de naissance, j’étais bel et bien coréen, et j’en étais fier. Je tenais par ailleurs à le souligner.

Ma chambre était dans un état bien pitoyable avec des cartons à moitié ouvert et un souk monstre. J’avais horreur du rangement, et ça allait me prendre des semaines avant que je daigne changer tout ça de place. Tout ce que j’avais déballé, c’était mes fringues, mes partitions, mes tenues de sport et hip-hop, bref le strict nécessaire, enfin de quoi m’en tirer jusqu’à ce que je n’ai plus le choix de faire un grand tri dans tout ce foutoir. Je soupirais, m’étalais sur mon lit, et attrapais la télécommande de ma chaine Hi-Fi enclenchant le son à fond. La musique, c’était ce qui je crois, m’aide à mieux canaliser mon trop plein d’énergie, bien sur quand je chante et que je danse, j’y mets tout ce que je peux, je me donne à fond dans ce que je fais, mais je maitrise, tandis qu’en dehors, on me qualifie de vraie pile électrique. Faut dire aussi que je ne tiens pas en place, et j’ai horreur de l’ennui, je le fuis, et je trouve toujours quelque chose à faire quand il me nargue du doigt. Ne rien faire, c’est ce qu’il y a de pire.

Du coup, au bout de cinq minutes, je sautais (mec à droite) du lit, éteignant au passage ma radio, attrapa deux trois partoches, et à l’aide d’un plan que je m’étais procuré la veille, je déambulais dans les couloirs de Wynwood à la recherche de la salle de musique dont on m’avait parlé à mon arrivée. Etrangement dès qu’il avait parlé d’une salle de musique, je m’étais complètement fichu du reste, n’écoutant que d’une oreille le reste des explications. On me distrait facilement, j’ai parfois des problèmes de concentration, mais c’était comme ça avec moi. On pouvait me parler d’un truc très intéressant, puis si je jugeais qu’un détail alentour m’intriguait plus, j’en devenais totalement désintéressé de la conversation initiale, comme quoi il m’en faut peu. Non pas que je sois complètement débile, au contraire, mais je suis quelqu’un d’assez versatile, et surtout curieux, du coup je peux changer de sujet sans qu’on me le demande, je cherche pas à avoir tous dans les détails, je me fie à l’essentiel, c’est pour ça qu’en cours je suis loin d’être un élève exemplaire, je m’y emmerde plus qu’autre chose.

Après avoir fais au moins le tour trois fois du bâtiment, je finissais par tomber sur la dite salle, et m’installa sans plus attendre sur le tabouret du piano, pour m’exercer, et continuer l’apprentissage du morceau que je composais actuellement. Une petite ébauche, rien d’impressionnant en soi, mais une grande fierté, car cela fait parti de mes premières compositions, et un peu perfectionniste, je m’y attelais toujours avec ardeur. Face au piano, je laissais mes doigts glisser sur les touches, faisant entendre une douce mélodie, qui passait de calme à rythmé pour la partie du refrain. Il y avait encore quelques couacs, mais armé de mon crayon, je modifiais les notes à ma guise et réécrivais sans cesse certains passages trop fades.

Et en tout, ça m’avait pris deux heures de retaper toute une mesure, n’étant jamais vraiment satisfait du résultat. Et la faim avait fini par l’emporter, m’obligeant à quitter cette salle pourvue d’instruments de toute sorte. Je finissais par regagner ma piaule, bazardant mes partitions sur le lit, avant d’attraper mon porte feuille, et sortir me balader dans les rues de Miami à la recherche d’un petit endroit calme et paisible pour manger. Je n’étais pas très en confiance avec la nourriture de la cantine, certes ils ne s’étaient pas ratés sur l’expresso, mais j’avais peur pour la suite des évènements. Et c’est donc par peur d’une intoxication, que j’avais décidé de choisir la solution la moins risquée.

Au bout de quelques minutes à comparer chaque endroit, je m’engouffrais dans un bar, qui servait aussi bien nourriture que boisson, ce qui me convenais au fond, parce que je n’aimais guère me cantonner à ce dont j’avais eu l’habitude en Corée, c’est-à-dire les restaurants étoilés, où une tenue irréprochable est conseillée. J’en avais assez de jouer au bourge coincé du cul, et voulais être comme tout le monde, du coup ce déménagement en Amérique serait probablement le meilleur nouveau départ qu’on pouvait m’offrir. Je m’installais à une table, et commandais pour commencer un soda, typique, et analysais en détail ce que nous proposais le menu, bien changeant de la nourriture typique coréenne. C’était plus une sandwicherie qu’autre chose au final.

Alors que je sirotais dans ma paille, la boisson que m’avait apportée deux minutes auparavant le serveur, mon portable vibra, et d’un geste vif, je touchais l’écran pour décrocher. Ma mère.

▬ Alors Shin ? Comment s’est passé ton vol ? Tu es bien installé ? Tout se passe bien ?
▬ Cesse de t’inquiéter comme ça, tout va très bien, je ne suis plus un enfant. Et je suis bien installé, les américains sont un peu bizarres, mais je m’y habituerais, tu me connais, je suis débrouillard, je vais leur en mettre plein la vue.
▬ C’est bien mon fils, ça. Je suis désolée, je dois te laisser, je te rappellerais dans la soirée, passe une bonne journée, bisous.
▬ Bisous à toi.

Sans mentir, ça faisait au moins la vingtième fois qu’elle m’avait appelé depuis mon arrivée, pour toujours poser les mêmes questions. Je pouvais comprendre son appréhension, j’étais loin de toute ma famille, je connaissais personne ici, mais avec le temps, j’avais fini par apprendre à me gérer, et j’avais le don pour m’adapter, il me fallait juste du temps. J’avais confiance en moi.

Alors que je prenais ma commande, un steak-frites, ce qu’il y a de plus basique, j’entendis une voix s’élever derrière moi. Un client mécontent probablement. Alors qu’au début je songeais ne pas me retourner, en entendant ses jérémiades j’avais fini par céder, et je me trouvais désormais comme un des nombreux spectateurs du coup de gueule que nous poussait le jeune homme en public. Puéril. Enfant pourri gâté. Il venait de clairement protester contre le serveur, qui le faisait trop attendre à son goût. Alors oui, qu’on ait du mal à prendre son mal en patience, je le conçois, mais qu’on en vienne à insulter un pauvre serveur, qui au fond, n’y étais décidément pour rien, je ne saisissais pas. Et il se donnait en spectacle, protestant, jusqu’à carrément jeter à la figure du jeune homme le contenu de son verre. Alors là, ça allait trop loin. Je suis pas du genre à me mêler de ce qui me regardait pas, et encore moins me jeter dans la gueule du loup, mais j’avais horreur qu’on s’en prenne aux autres pour des raisons aussi futiles et puériles que ça. Ce pourquoi, quand le serveur s’en alla tout chose, je saisissais mon verre, et vint m’installer en face du garçon.

Ce qu’il y avait d’étrange, c’est qu’au premier coup d’œil il pourrait paraître sympathique, mais quand il avait commencé à élever la voix, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il devait être un vrai petit con prétentieux celui-là. Sans pour autant m’énerver sur lui, je préférais y aller en douceur. J’avais horreur des prises de bec, et je traitais ça avec calme et sérénité, bien que mes pics puissent être cinglants.

▬ C’est bon, il est calmé le jeune homme, il a fini de pousser sa gueulante ?

Lui lançais-je alors, plantant mes yeux dans les siens. Ce n’était pas de la provocation, ou presque pas. Et je continuais de siroter mon soda l’air de rien, un bras accoudé contre ma chaise, tout en gardant un contact visuel, et un sourire malicieux. Peu importe comment il allait réagir, j’étais pas ce mec qui perdait les pédales face à un péteux comme lui, et de bonne humeur ou pas, je trouvais ça anormal qu’un pauvre mec ait à subir ses problèmes personnels, on ne passe pas ses nerfs sur quelqu’un sans une raison valable.

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You're a troublemaker ... (Sammy *-*)
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