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 I'm feeling good [Shinou]

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MessageSujet: Re: I'm feeling good [Shinou]   Mer 21 Mai - 0:40



I'm feeling good


Franchement, la vie était belle. Le temps était magnifique, le soleil était radieux, les oiseaux chantaient, et moi, je souriais. C'était plutôt rare d'ailleurs chez moi, parce que je préférais rester de marbre le temps d'analyser tout autour de moi. Mais là, je n'étais plus vraiment moi-même à vrai dire, à cause de ce que j'avais fumé. Je n'avais pas l'habitude, contre toute attente, je n'avais jamais touché à ça de ma vie. Ce n'était pas le côté illégal qui me dérangeait, même si j'y pensais. Ce n'était pas non plus le fait qu'on en devienne dépendant et que ça ruinait la santé, ça, à la limite, avec tous les trucs chimiques qu'on respire et mange aujourd'hui, même si j'essaie de les éviter, ce n'était pas mon principal problème. Ce qui m'emmerdait le plus, c'était bien sûr le fait que ça installait un brouillard épais et suffoquant dans le cerveau. Moi, je faisais tout avec mon cerveau, oubliant de temps en temps qu'il fallait aussi écouter son cœur et ses tripes. Je réfléchissais beaucoup, trop, et ce truc, c'était vraiment pas ce qu'il me fallait. Sauf que voilà, c'était fait et je titubais désormais dans la rue, beuglant une chanson que je n'appréciais pas plus que ça, ou du moins je n'étais plus capable de m'en souvenir, et me débarrassant de mon t-shirt. Bien sûr, je n'avais pas à rougir de mon corps, très bien fait, il fallait dire que je l'entretenais aussi. Et même si vivre nu ne me dérangeait pas, nous étions tous fait pareil, ce n'était pas l'idée du siècle que de me foutre à poil là, maintenant, tout de suite, en approche du parc avec tous ces gamins. Dans mon état, je n'avais même pas remarqué que j'avais dépassé quelqu'un que je connaissais et qui me filmait. D'ailleurs, il aurait mieux valu pour moi que ce soit n'importe qui sauf lui. Je continuai ma route, perdant mon portable au passage, ou plutôt le laissant tomber sans le ramasser. Le garçon qui m'avait repéré me rejoignit mais pour moi, il n'était pas là.

- Sergueï, arrête ça !

Oooooh, un oiseau qui paaarle ! C'était mignon. Je n'aimais pas les oiseaux. Mon sourire ne se fana pas pour autant mais alors que je voulais continuer à avancer, ignorant purement et simplement le fait qu'on veuille m'arrêter dans mon action plus que débile, je fus bien obligé de m'arrêter. Quelque chose s'était mis devant moi. Je distinguais une forme mais je ne voyais pas vraiment les traits de son visage. Je pus juste identifier que c'était un mâle humain, vu comment il me parlait. Mais qu'est-ce qu'il me voulait ? Je ne comprenais pas.

- J’ai dit, arrête Sergueï ! Du monde autour nous regarde.

Je captais juste mon nom. Il me connaissait ? Mais comme le reste ne franchit pas la barrière de mon esprit, je me désintéressais de lui, levant ma tête pour contempler le ciel. Il était toujours d'un magnifique bleu, avec les quelques nuages devant qui gambadaient tranquillement. Étaient-ils réels au moins ? Je ne savais plus trop.

- C'est beaaaauuuuu.

J'étais comme un enfant. Au moins, il avait réussi à me détourner -seulement quelques secondes- de mon objectif de départ, à savoir défaire ma ceinture pour me libérer de la chose encombrante qu'était devenu mon pantalon. Sa voix me fit revenir parmi le monde réel, ou le peu que j'en percevais. J'avais encore moins compris. Est-ce que ça venait de moi ou de lui ? J'étais loin d'être un idiot pourtant, mais c'était peut-être parce que j'avais l'impression de ne pas être totalement là. Par contre, son geste, lui, ne m'échappa pas. Je sentis ses mains se poser sur les miennes, sans doute pour les arrêter. Ce contact me ramena légèrement à la réalité. Assez pour voir qu'il essayait d'avoir un visage sévère. Il me grondait ? Je ne savais toujours pas qui c'était d'ailleurs. Un instant, je scrutai son visage, essayant de savoir qui j'avais en face de moi. Et puis sans avoir trouvé, je perdis mon sourire, essayant de l'imiter en faisant une moue qui se voulait dure mais qui était plutôt ridicule parce que pas du tout crédible.

- Ça te va pas comme ça, tu sais ?

Mes mots étaient mâchés, pas sûr qu'il comprenne tout. Mais je m'en foutais royalement. Ses mains à lui étaient plutôt froide comparées aux miennes, brûlantes. En réalité, elles étaient plutôt tièdes, mais je ne percevais pas les choses comme ça. Je retrouvai mon sourire après quelques secondes. Je me sentais bien, c'était pas ce gamin qui essayait de me donner des ordres qui allait me gâcher ça. Finalement, je quittai ma ceinture mais gardai ses mains dans les miennes, sans les serrer non plus.

- Tu veux danser, c'est ça ?! Pas sûr, suis pas bon danseur, surtout quand la route est pas droite.

Je ris en m'imaginant essayant de danser. J'allais tanguer plus qu'autre chose. Ça n'allait pas être beau à voir, ni à vivre. Je n'étais pas gêné par sa proximité. Sans doute que si j'avais eu tout mon esprit pour réfléchir, ça aurait été le cas, mais pas là. A force de le fixer, je crois que je reconnus celui qui me faisait face. Un des gars du camping, mais je ne savais plus lequel. C'était court pourtant son nom. Sergueï, réfléchis un peu, tu en es capable. Je me forçai quelques secondes avant d'avoir le mot "Toni" en tête. Ça devait être ça, mais je n'étais pas sûr. Finalement, je lâchai ses mains, récupérant mon t-shirt par terre parce que je l'avais lâché.

- Ils doivent bien avoir une fontaine ici pour aller se baigner !

Je lui collai le t-shirt contre le torse, ne lui laissant pas le choix. Il le récupérait, tant mieux, il ne le faisait pas, tant pis. J'étais prêt à repartir, toujours d'une démarche incertaine. Le pauvre, il avait pas fini d'essayer de m'arrêter, mais au moins, il fallait pas courir bien vite derrière moi pour me rattraper, et je n'étais pas si résistant que ça !
(c) Arwy

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MessageSujet: Re: I'm feeling good [Shinou]   Lun 14 Avr - 18:00

Sergueï & Antonio
Je ne savais pas vraiment ce que je faisais dans la rue, seul, comme ça. Je n’étais pas à la confrérie, je n’étais pas avec mes parents. Pourquoi ? Dans ces cas-là, c’était que généralement, j’étais avec un pote. Mais au lieu de ça, mes pas me portaient quelque part, je ne savais pas où. J’avais emporté ma caméra avec moi, je l’emmenais presque partout. Ici, il y avait des évènements bien différents qu’en Italie. Et je voulais pouvoir les capturer. Peut-être était-ce pour cette raison que j’étais sorti et que j’arpentais les rues ? Un instinct m’avait poussé à mettre le nez dehors, sentant qu’il allait se passer quelque chose. Mais quoi ? Il n’y avait rien, rien de rien ! A la rigueur, j’aurais pu filmer le couple en train de rompre devant un banc. Après tout, la vie, ce n’était pas que des moments heureux. Ces moments tristes, tous ces instants à pleurer faisaient briller tout le reste. L’être humain ne peut pas être heureux s’il ne souffre pas, c’est comme ça. Mais … les filmer dans cet évènement sans leur consentement était un manque de respect. Il y aurait eu des jours où ça ne m’aurait pas dérangé, mais là si, je ne pouvais pas le faire.
Devais-je continuer à errer sans but ou devais-je me trouver un endroit où j’étais sûr d’avoir de quoi m’occuper ? Je m’arrêtai une minute pour regarder autour de moi. Il y avait un peu de vent, mais la brise était tiède et il faisait plutôt chaud. Le ciel était bleu mais quelques nuages immaculés y flânaient tranquillement. Je reportais mon regard ailleurs, ennuyé. Et en me retournant, je vis la silhouette d’un homme avancer droit vers moi. Il ne me fallut pas plus de deux secondes pour comprendre que lui, il allait être intéressant. Il titubait à moitié, ne marchant même pas droit. Toi, tu dois avoir bu ou fumé quelque chose. J’allumai ma caméra. Quoi, ça aussi c’est un manque de respect pour lui ? Tant pis. Je changeai de trottoir avant qu’il ne me voit et me plaquai contre un mur pour être le plus discret possible. Et je le filmai.

Quand il fut à quelques mètres je moi, je lâchai un juron dans ma langue natale. Je le connaissais. Enfin, je le reconnaissais. C’était Sergueï. Notre accompagnateur lors de notre week-end camping. On ne pouvait pas dire que j’avais les meilleurs souvenirs de ma vie avec lui. Je le trouvais trop coincé et trop stricte, il ne profitait pas de la vie. Quelque chose chez lui était étrange. Je ne l’avais jamais vu dans cet état, il gardait toujours le contrôle de lui-même. Mais là, c’était à peine s’il tenait correctement debout. Un sourire béat était étalé sur son visage, c’était encore plus bizarre. Un sourire vint également orner le mien. Je ne lâchai pas ma caméra, c’était encore plus intéressant puisque c’était lui. J’allais peut-être avoir le moyen de me venger. Après tout, il m’avait privé de mon téléphone portable et il nous avait traités comme des gamins. Je n’étais pas d’un naturel méchant, c’était simplement de la mesquinerie. Peut-être que je n’allais même jamais oser me servir de ses images contre lui.
Je continuai de le filmer, veillant à ce qu’il ne capte pas ce que je faisais. Je n’osais pas bouger ni respirer trop fort. Il n’avait pas l’air violent même s’il n’était pas dans un état normal. Pour une fois qu’il n’était pas ennuyant à mourir ! Il me dépassa et je soupirai de soulagement. Maintenant, que faire ? Lui emboîter le pas ? Ou rester sagement ici en me disant que j’avais assez d’images pour l’emmerder ? Pris par la curiosité, je sortis de ma demi-cachette improvisée et commençai à le suivre à bonne distance. Il sortit son téléphone de sa poche pour envoyer un message mais le lâcha par terre. Mais ça ne l’arrêta pas, il continua son chemin. Moi, je m’arrêtai, priant pour qu’il ne fasse pas demi-tour en comprenant qu’il avait perdu quelque chose. Je retins ma respiration. Mais toujours, il faisait un pas maladroit devant l’autre. La fin de la rue arriva pour lui et il déboucha sur un parc. Je me remis en marche, faisant attention et guettant le moindre de ses mouvements.

Une fois son portable à mes pieds, je le ramassai et le fourrai dans ma poche, en compagnie du mien. Puis je repris ma marche derrière lui, veillant à ce qu’il soit toujours dans le champ de ma caméra. Certes, c’était pas vraiment bien cadré comme j’aurais voulu, mais c’était plus de l’amateur pour la situation. Je ne pouvais pas faire mieux dans les conditions. Je récupérai enfin une distance raisonnable avec lui pour le voir retirer son t-shirt. Mais qu’est-ce qu’il foutait ?! Il allait quand même pas se foutre à moitié à poil au milieu du parc ? C’est quand il se mit à beugler une chanson que je coupai ma caméra à contre cœur et la rangeai dans mon sac. Le filmer pour avoir de quoi le taquiner, c’était bien, mais pour le moment, je devais l’arrêter dans sa connerie et lui faire remettre son t-shirt et se taire. Surtout qu’il y avait des familles au parc à cette heure-là. Je pressai le pas derrière lui pour le rattraper et heureusement, j’y parvins.

- Sergueï, arrête ça !

Je l’apostrophai une fois arrivé à son niveau. Mais il ne réagit pas vraiment. Je me plaçai devant lui et constatai qu’il avait les deux mains sur sa ceinture. Je ris sans pouvoir me retenir. J’avais raison, il allait se foutre à poil. J’allais sauver son honneur. En fait, ça aussi c’était quelque chose dont j’allais pouvoir me servir dans le futur. Mes yeux remontèrent sur lui. Je ne lorgnais pas sur les hommes, je n’aimais que les femmes, mais je devais bien lire qu’il aurait pu me faire baver. Il était vraiment bien foutu. J’avais déjà pu le voir à moitié, du moins l’imaginer pendant notre week-end en pleine nature. Mais là, je pouvais vraiment observer et il était très musclé, il avait un beau corps. Mes yeux s’arrêtèrent finalement sur son visage. Ses yeux brillaient comme ceux d’un enfant et il souriait toujours comme un imbécile.

- J’ai dit, arrête Sergueï ! Du monde autour nous regarde.

En effet, je n’avais pas besoin de les voir pour savoir que les gens présents dans le parc avaient forcément remarqué sa présence. Il avait « chanté » assez fort pour ça. Je soupirai et tentai de prendre l’air le plus dur dont j’étais capable. Ce qui donna certainement quelque chose de risible, je n’avais pas la tête de quelqu’un d’autoritaire. Non merci, sinon, je lui aurais ressemblé … Il avait toujours cet air de mal à l’aise, comme s’il était malade, sur le point de vomir ou s’il avait la diarrhée. Il n’avait pas l’air de comprendre ce que je lui disais, ni même de m’écouter.

- Espèce d’imbécile ! Lui dis-je en italien.

J’allais devoir le forcer à s’arrêter. Je posai mes mains sur les siennes pour le dissuader de défaire sa ceinture. Elles étaient brûlantes. Mais bon sang, qu’avait-il pris pour être dans cet état ?
code by loverdose
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MessageSujet: I'm feeling good [Shinou]   Dim 23 Fév - 16:58



I'm feeling good


Les nuages volaient au-dessus de moi. D’ailleurs, je ne me souvenais pas que certains puissent être roses ou bleus. Ou même verts. Ni qu’ils savaient se déformer de la sorte. Non mais franchement, c’est vrai, je savais qu’on pouvait y voir des moutons ou des dinosaures, mais un mouton qui se transforme comme ça en tricératops sous mes yeux en moins de dix secondes, c’était juste … wow ! En fait, je ne savais pas trop où j’étais, je savais juste que j’avais le ciel au-dessus de ma tête, sans toit pour nous séparer. Même que lui, il était gentil, il ne changeait pas de couleur. Il restait bleu. Il y avait un gros soleil, je titubais à cause de la chaleur. D’ailleurs, est-ce que c’était vraiment à cause de la chaleur ? Oui, il faisait très beau, je me demandais même pourquoi il y avait des nuages. Mais en fait, je crois que j’avais un peu de mal à réfléchir. Qu’est-ce que je faisais là déjà ?

Birds flying high you know how I feel
Sun in the sky you know how I feel
Reeds driftin' on by you know how I feel


Je ne me souvenais pas de grand-chose en fait. Juste que j’étais à la confrérie, tranquillement, à me détendre. Pour une fois, je n’avais pas eu envie de rester enfermé dans ma chambre, ni de tirer la tronche. J’étais resté un peu avec les autres, à discuter, bien que je n’avais pas été hyper bavard non plus. Je pouvais faire des efforts mais il ne fallait pas exagérer non plus, il y avait des limites à tout. J’avais même accepté innocemment une cigarette qu’on m’avait tendue, peu méfiant. Après tout, je n’avais pas eu de problème avec mes camarades, alors pourquoi j’aurais été sur mes gardes ? Ca n’avait aucun sens. J’essayai de mettre ma main droite dans la poche arrière de mon jean mais ça ne passait pas. En fait, j’avais déjà mon portefeuille mais mon cerveau ne voulait pas comprendre que la place était déjà occupée. Je portai donc mon regard devant moi et baissai la tête, toujours déstabilisé par les nuages étranges au-dessus de ma tête.

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good


Depuis quand est-ce que cette rue n’étais plus droite ? Est-ce que je rêvais ou est-ce que le sol transpirait vraiment ? J’étais un peu perdu, j’avais l’impression qu’on bourdonnait dans mon oreille. C’était désagréable, je n’avais pas l’habitude. Je ne m’étais jamais réveillé bourré, je n’étais jamais défoncé, j’étais un type sérieux et je n’aimais pas me retrouver sans souvenir, les quatre pattes en l’air. J’aime garder la tête froide et les idées claires, alors autant vous dire que là, je n’étais pas dans mon élément. Pas vraiment …

Fish in the sea you know how I feel
River running free you know how I feel
Blossom in the tree you know how I feel


Je crois que le pire de tout, c’était que j’avais l’impression étrange d’avoir un sourire sur le visage. C’était si rare je crois que quand ça m’arrivait, ça me démangeait. Et là, c’était exactement ce qui se passait. Ça me piquait, je sentais que mes yeux brillaient, je continuer à avancer sous ce soleil aveuglant, je souriais. En temps ordinaire, je n’aimais pas ça. Montrer mes dents trop grandes pour moi, étaler ma joie comme un enfant de 5 ans, être presque hystérique devant des inconnus, très peu pour moi. Sauf que là, oui là, je crois que j’aimais ça. je sentais que ça me tirait, oui, mais je sentais aussi que ça me détendait. Alors oui, je souriais un peu comme un imbécile, comme un adolescent que je n’étais plus depuis quelques années maintenant. Mais au juste, pourquoi est-ce que j’avais ce sourire sur le visage ? Je n’en avais aucune idée. Peut-être qu’il n’y avait pas d’explication, ou peut-être que je ne devais pas en chercher plutôt.

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life
For me
And I'm feeling good


Je m’arrêtai un instant. Je ne voyais plus l’intérêt de continuer si je n’avais pas de but. Je devrais peut-être rentrer chez moi ? Je levai à nouveau les yeux vers le haut, en quête d’une réponse. Une réponse de qui ? Des nuages qui n’existaient pas sans doute.

- Je dois aller où là ?

Mais aucune réponse, je n’étais pas plus éclairé. Au pire, ça dérangeait qui que je continuer à marcher ? Personne. Au moins, ça m’occupait, non ? J’étais quelque part dans la ville, c’était déjà ça. Je ne savais pas depuis combien de temps j’étais parti de la confrérie. En fait, je ne me souvenais même plus l’avoir quittée. Pourtant, ce n’était pas si simple que ça, que de s’extirper de là-bas, si ? Il fallait descendre les marches, sans doute croiser des gens à qui il faudrait faire semblant de dire bonjour, trouver son chemin. Mais pour la dernière partie, c’était bon, je ne savais pas du tout où j’étais, alors je n’avais pas dû chercher le moindre chemin. Est-ce que des gens m’avaient vu comme ça ? Qui ? Je n’étais même pas en capacité de réfléchir aux conséquences et à ma réputation si on me voyait totalement déphasé. Mais si j’avais eu l’esprit clair, sans aucun doute, je ne me serais pas remis en marche en zigzagant de la sorte sur le trottoir, toujours sourire sur le visage.

Dragonfly out in the sun you know what I mean, don't you know
Butterflies all havin' fun you know what I mean
Sleep in peace when the day is done
And this old world is a new world
And a bold world
For me


Ça ne me menait nulle part. Mais j’avais envie de bouger. De faire autre chose que marcher, ça, ça ne m’intéressait pas. Même les zombies pouvaient faire, ce n’était pas extraordinaire. D’ailleurs, j’avais peut-être l’air d’en être un, je ne savais pas. C’était les gens qui me croisaient qui pouvaient juger de ça. Comme ça, je devais même avoir l’air plus sympathique que d’habitude. Peut-être qu’avec ce sourire, on ne m’aurait pas reconnu. Je me demandais ce qui se passerait si je croisais quelqu’un que je connaissais. Si c’était un prof ? J’étais bon pour aller voir la psychologue de l’école en mode « il faut soigner tes addictions à la drogue ». A coup sûr, ma sœur rirait, elle se foutrait de moi. Elle me trouvait souvent trop rigide quand j’étais avec les autres, bien que je fusse totalement différent quand je me retrouvais seul avec elle. Mes parents se seraient inquiété, surtout ma mère je crois, elle avait toujours un peu de mal à me voir comme un grand garçon, même si je gérais ma vie plutôt pas mal. Et mon oncle ? Mon oncle, ça ne le ferait pas rire je crois. Zenoviya, peut-être. Elle en profiterait pour m’enfoncer gentiment et je ne me défendrais même pas, alors que je hais qu’on me fasse des remarques. Je sortis mon portablepour lui envoyer un message, mais je ne voyais rien, les touches étaient beaucoup trop petites, beaucoup trop floues. Sans m’en rendre compte, je lâchai le petit objet qui heurta le sol. L’écran se fissura mais ce fut le seul dégât. Je ne le récupérai pas et poursuivis ma route.
Je voyais enfin le bout du tunnel. Enfin de la rue. En fait, elle menait à un petit parc rempli de gens. Parce que oui, c’était tellement mieux de se ridiculiser devant beaucoup de témoins. Mon pauvre Sergueï, mais qu’as-tu donc fait ? Pourquoi tu n’es pas resté dans ta chambre, comme à ton habitude ? Pourquoi tes professeurs ne t’ont pas donné un exposé de plus à faire pour occuper ton temps ? Pourquoi tu as voulu faire ami ami avec les drogués qui composent une partie de ta confrérie ? Tu étais tellement mieux à faire des concours de silence avec Harmony, même si c’était très difficile de départager qui gagnait. Au moins, tu n’as pas de problème à cause de ça.

Stars when you shine you know how I feel
Scent of the pine you know how I feel
Oh freedom is mine
And I know how I feel


En fait, je m’en fichais même de me parler à moi-même. C’était une expérience plutôt drôle, je n’avais jamais tenté jusque-là. J’aurais pu pousser le vice jusqu’à me répondre, ou pire, le faire à voix haute. Mais sans doute que je n’étais pas bien en conditions pour ça, alors je me tus, du moins pour le moment. J’approchais du parc, où des enfants jouaient, où des familles se prélassaient, où des amoureux se tenaient tranquillement la main en se promenant. Moi, j’étouffai sous ce soleil de plomb. Je savais ce qu’il me restait à faire. Ce n’était pas dans mes habitudes, mais tant pis, je n’étais plus moi-même. J’étais dans un état second et au diable si on pouvait me voir. Je retirai mon t-shirt noir, laissant apparaitre mes muscles, qui n’étaient d’ailleurs pas vraiment cachés par le tissu. J’avais une musculature assez développée et j’en étais plutôt assez fier. Pourtant, je ne faisais pas vraiment de sport. Juste un peu de musculation pour entretenir le tout, rien de bien important. Je gardai le vêtement en main, mais j’avais bien envie de le lancer en l’air, attendant presque comme un enfant qu’il me retombe sur le visage. J’aurais même pu sauter en criant « il neiiiige ! » mais non, la vie m’avait épargné ce grand moment de solitude. A la place, je préférai beugler des paroles d’une chanson que j’avais en tête, même si je ne savais pas du tout ce que c’était.

- It's a new dawn, It's a new day, It's a new life, For me, And I'm feeling good

Je n’étais pas un chanteur né à vrai dire et je venais à coup sûr d’attirer l’attention d’au moins une personne. D’ailleurs, heureusement pour moi, parce que j’étais sur le point de m’attaquer à la ceinture de mon pantalon. J’avais décidemment trop chaud, j’avais presque envie de plonger dans un glacier. Oui, je retrouver tout nu devant les gens ne me dérangeait pas, mais je doutais que ça soit l’endroit idéal pour ça et ce n’était pas vraiment mon genre d’être exhibitionniste. Vite, que quelqu’un vienne me sauver, ou je ne répondais plus de rien.
(c) Arwy

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