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 Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)

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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Ven 25 Oct - 23:41

KYLE

Mon acte, à défaut d'être moral, eut l'effet escompté.

Je n'avais pas eu le choix. Il m'avait touché. Or, c'était la limite à ne pas franchir. M'insulter, m'humilier, ou me rendre ridicule, n'avait strictement aucun poids sur moi. J'avais la chance de faire partie des rares personnes qui connaissaient leur valeur propre, sans pour autant s'en vanter. Je connaissais la mienne. J'étais un petit médecin scolaire sans prétention, qui vivait dans une grande maison avec sa copine et trois gamins. J'avais un boulot fixe, je payais mes impôts, et mes distractions quotidiennes se limitaient à lire quelques livres de mon terroir natal et d'écouter un peu de musique. Je ne sortais pas, ou peu. La dernière fois que j'avais décidé de suivre mes amis, j'avais découvert qu'une élève du lycée accomplissait chaque soir le travail sordide de strip teaseuse dans une boite mal famée pour payer ses études. Cela avait un peu tendance à donner le dégout des sorties, non ? Et puis ce n'était décidément pas mon truc, il ne fallait pas chercher plus rien. Je savais que j'avais une vie de retraité, peu d'amis, et j'assumais le tout avec un calme olympien. Après tout, je n'étais pas trop le genre de type à aller courir la gueuse sans but aucun que celui de faire frétiller sa quéquette et donner un sens à sa vie. Mais me toucher... ça c'était une autre paire de manches.

Je ne le supportais pas, tout bonnement et tout simplement. J'y songeais, en soignant le gamin, qui semblait décomposé et dépassé par les évènements. Il ne pouvait pas le savoir. Oui, mais son affront avait eu l'effet qu'il voulait. Il m'avait eu, il m'avait mis en colère. Simplement en me touchant. Avait-il cru que la peinture était responsable de ma disgrâce ? Peut-être, comment aurait-il pu deviner que c'était le simple contact de sa main chaude d'enfant qui avait provoqué chez moi un véritable choc électrique ? Moi même, j'ignorais totalement pourquoi un contact physique avec un inconnu me faisait un tel effet. On me prit souvent pour un ignoble mufle malpoli lorsque j'avais refusé une main tendue. Je ne parlais pas de ce problème, parce que je n'en connaissais pas l'origine. Je n'avais pas été abusé dans mon enfance, ni durant tout le reste de ma vie, alors je ne voyais pas vraiment ce qui avait pu provoquer chez moi un tel traumatisme, une telle phobie du contact physique. Pire encore, c'était que ce contact, j'y étais confronté à chaque fois que j'auscultais mes jeunes patients. La différence, c'était que je ne ressentais pas la moindre gêne. Le contact était nécessaire et professionnel, et je m'arrangeais pour qu'il dure le moins de temps possible, et chose non négligeable, c'était moi qui le provoquais. Je touchais le premier. Voilà la différence première et profonde. Azraël avait déclenché le contact. Et la bombe du même coup.

Et merde. La lumière.

J'étais presque nez à nez avec le garçon lorsque survint une coupure de courant, qui ne dura que quelques secondes. Secondes qui lui suffirent à s'accrocher à ma main presque sporadiquement, violemment. Elle tremblait. C'était une main qui avait peur. Une main chaude et douce, encore maculée de peinture. Second contact. L'avait-il fait exprès ? Non. C'était le noir qui avait provoqué cette réaction. Pas de chance, ma main tenait l'instrument de sa douleur à ce moment-là, à savoir une paire de ciseaux. Le gamin avait dû s'entailler. Je ne trouvais même pas la force de retirer ma main, trop choqué par ce qu'il m'arrivait une fois de plus. En l'espace d'une heure, Azraël avait commis deux erreurs majeures ; il m'avait touché deux fois sans mon autorisation. Personne n'avait encore jamais fait cela. Personne n'avait encore jamais réussi à me faire autant sortir de mes gonds. Cette fois ci pas question d'alcool, de vengeance ou de quoi que ce soit, dans la mesure où le geste était involontaire ; pourtant, je pouvais sentir ma propre main trembler, elle aussi, avec une violence presque inouïe. Le souffle court, je me mis à prier avec ferveur pour que la lumière revienne, pour que je puisse enfin trouver la force de détacher ma peau de la sienne, et reprendre mon travail comme si rien ne s'était passé. Comme si je n'étais pas profondément choqué, troublé et furieux de ce contact si étrange et fascinant. Il fallait que je me calme. Il fallait que la lumière.

Enfin, lorsque la lumière réapparut, je pus apercevoir le visage de mon bourreau involontaire. Il avait les yeux grands ouverts, la main légèrement entaillée par les lames des ciseaux. Et terrorisé avec ça. Aussi terrorisé que moi. Mais je supposais que ce n'était pas mon contact qui l'avait fait frémir, mais bien la noirceur d'encre de l'infirmerie qui s'était retrouvée plongée dans la pénombre pendant quelques secondes. Ni lui ni moi n'étions capable de dire le moindre mot, cherchant sans doute une respiration réspective à reprendre, un mot à prononcer pour briser la tension malsaine qui m'unissait à lui. Mais je ne trouvais rien. Trop éberlué et choqué pour dire le moindre mot. Pas assez bien dans mes baskets. Voire même fou de peur. De peur du contact de ce petit con.

Enfin la pression sur ma main se relâcha. Il avait fait ça violemment, prestement, comme s'il venait de recevoir une décharge. Les yeux fixés sur son dessin sur le mur (un motif tellement étrange que j'avais du mal à comprendre ce que c'était, à part deux tours dessinées grossièrement) il porta son doigt blessé à ses lèvres, sans me jeter le moindre regard. Je profitais de ce petit instant de répit pour recouvrer une respiration à peu près normale. Finalement, il se tourne, et mon travail reprend, méticuleux, dans le silence le plus total et le plus angoissant. Mes mains se posent délicatement sur ses bras et son visage, appliquent doucement et précisément les compresses et pansements. Il n'y a pas la moindre once de violence dans mes gestes. Cela contraste violemment avec l'épisode précédent de l'alcool sur son coude. Est-ce que je tente de me racheter par ces gestes doux ? Je l'ignore moi-même. Je veux seulement en finir, qu'il aille se coucher et vite.

A peine terminais-je qu'il se leva. Je savait qu'il n'irait pas se coucher tout de suite. Pour le plaisir de faire chier, peut-être. Il s'appuya contre le mur et regarda à l'extérieur, calmement. Et silencieusement, voilà qui faisait du bien. Toujours assis sur ma chaise, je me surpris à l'observer un peu plus amplement. Il y avait dans le regard d'Azraël Trophime quelque chose que je n'arrivais pas à discerner, quelque chose de troublant. Quelque chose qui ne cadrait pas du tout avec ses "fonctions" de RK. Il y avait quelque chose qui me laissait sous-entendre que derrière le visage poupin et les muscles de l'adolescent, il y avait un mal caché, et du rêve, beaucoup de rêve. Je n'y avais pas fait attention, mais sa remarque sur les étoiles filantes m'auraient sans doute fait tiquer si je n'avais pas été aussi grincheux d'avoir foutu une bonne nuit de sommeil en l'air. Mais j'étais plus calme. Et plus perturbé par la situation présente. Alors sa phrase me revint. Quel voeu pourrais-je bien faire ? Je brisais le silence, après de longues minutes interminables d'échange de regards. Il fallait que le jour vienne, et vite.

"Ma soeur t'aurait dit son voeu. Jouer dans un groupe de Rock et devenir une star."

June, ma June. J'avais décidé de devenir médecin en ta mémoire. Pour soigner toutes ces jeunes filles qui avaient souffert, comme toi. Pour aider ces enfants qui n'avaient rien connu d'autre que la douleur. Je voulais les empêcher de mourir. Les empêcher de finir comme toi, amaigrie à faire peur, étendue dans un lit d'hôpital, la respiration tellement fine qu'on ne l'entendait et la voyait à peine. L'anorexie t'avait prise, la maladie, la souffrance. Je ne commettrais pas une seconde fois la même erreur. Un voile passa devant mon regard, un quart de millième de seconde. Pourquoi avais-je lâché cette phrase ? Il ne faisait aucun doute que ce petit con s'en servirait contre moi.

"Mais je ne suis pas un rêveur. Et j'ai déjà tout ce que je veux. Pas besoin de faire le moindre voeu, je n'ai rien à demander."


La richesse, la beauté, le luxe, le faste, tout était trop fort, trop idiot, et trop désuet pour éveiller un tantinet mon intérêt. Mon voeu à moi était de finir ma vie dans la même situation que maintenant. Taciturne, mais heureux. Je tentais de recouvrer un minimum de contenance. Mais c'était loin d'être simple, avec un tel énergumène à mes côté. Un garçon tellement complexe.

"Tu devrais t'installer un peu plus confortablement. J'ai des bouquins dans mon bureau, et j'avais l'intention de me faire un caf. Tu n'as qu'à me demander ce que tu veux, excepté sortir d'ici avant demain matin. Crois-moi, pour ta santé je dois vérifier si tout va bien."


Je savais que ce genre de gentillesses étaient peine perdue. Mais j'avais fait un effort. Voilà quelque chose que Lucifer ne me reprocherait pas, lorsque je viendrai pointer en Enfer.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Ven 25 Oct - 5:02

AZRAËL

Je le regarde retirer son pull sans rien dire. Il a posé ses mains aux doigts longs, aux doigts fins, ces mains de medecin sur le bas du pull et il le retire d'un geste ample. Un geste de danseur. J'assiste. Mon regard n'en perdant cependant pas une miette. Il était incroyablement doux, ce pull. Intriguant. Cet homme. Désagréable, Mauvais, Pas aimable, Désobligeant, Discourtois, Brutal, mais intrigant. Et Intéressant. Cet homme là porte des majuscules et en change comme certains changeraient de chemise. Ou oteraient leur pull.
Ce n'est pas noir dessous, mais c'est encore dans la gamme du gris. Du blanc au gris. On ne dirait pas un médecin. Des vêtements de "jeune", un foulard. Il les supporte, ses rides, au moins ? Ses peines et ses amours, il les supporte, ou il les oublie ? Mon regard ne le lâche pas, et j'ouvre les doigts, soupoudrant le sol de gaze blanche. Je ne la regarde pas tout d'abord. Intriguant, intéressant. Une curiosité, cet homme. Déplaisant.

C'est vaporeux, et ca volète jusqu'au sol bien gentimment. Un ballet de plumes, qui attire mon regard une seconde. J'ai le regard-papillon. Un rien m'attire, un rien m'amuse. Il faut vivre. Il faut vivre pleinement, entièrement, à chaque seconde, il faut être extrême, ridicule, absurde, il faut crier, se déhancher, vibrer, exploser. Cet homme est une anti thèse de moi même, et de la conception toute jeune encore que je me fais de l'existence. Toi, le glaçon. Toi, je frigidaire. Toi, l'incompréhensible bloc au regard éteint. Magnifique. Il va s'énerver, crier, me renvoyer me coucher, que sais-je. Je suis tout impatient de voir. Et c'est la vérité. Ce type me sort par les yeux et m'impatiente tout à la fois. Intolérable. J'en prends mon parti. Fascinant. Il est fascinant.

Je l'approche, je le touche, c'est dur et etonnament chaud sous ma paume alors que j'appuie, et que j'étale de la couleur sur ce trou noir, et cane bronche pas, ca ne repousse pas, ca ne réagit pas même. Même pas. Il reste de marbre. Froid comme un glaçon. Je le regarde sans comprendre. Sur le coup, je pourrais m'indigner, et s'il restait de marbre, me mettre à pleurer. Rien ne me fais chialer, mais peut être, peut être que quelq'un de mort, peut être qu'un mort-vivant y arriverais. Après tout, Celui-là m'a déjà énervé. J'ai pas de passé, j'ai pas d'avenir. J'ai l'instant présent. Très fort. Violemment. J'ai le désir de son regard comme on attend la punition, comme on attend la harangue. Comme un masochiste. Déjà. Quelques minutes, une grosse poignée. Déjà.

Mon petit médecin. L'emploi du "mon". Déjà. Ne te pose pas de questions. Ennemi ? Quoi donc. Ce n'est rien. Rien du tout. Un cafouillage de passage, un bruissement, et rien de plus.

Première entrevue forcée, et je l'espère dernière. Je suis désapointé. J'étais sur de taper juste en posant mes mains sur sa petite personne. En souillant sa nobre altesse avec de la couleur, pire, de la peinture, et mieux, mon propre sang. Et le voilà qui reste figé comme une statue. Il n'y a que ses yeux qui bougent, par delà la chaire dure. Ses yeux s'agitent dans leur orbites et le trahissent : ca respire là dessous. Même si sa respiration s'est bloquée. Oh. C'est cela alors. Il ne respire plus. C'est la seconde avant, la seconde qui précède l'acte. La seconde avant l'orage. Déjà, on sent l'electricité. C'est a cette seconde là que j'ai la conviction d'être allé trop loin. Et ca me fait tout de même sourire. Il a réagit. Mon coeur a bondit en réponse. Mon corps entier réponds au sien, ils ont leur propre dialogue semble-t-il, le malaise qui s'exprime sur nos visages, la colère ou le reste ne les concerne pas. S'il avance, je me tend, si c'est moi, c'est son corps qui recule. Ils dansent et nous, nous regardons de loin. Adulte sans enfance, homme-enfant en recherche de naïveté contre homme désabusé. Homme endormi.

"Bon. ça y est, tu as fini ?"

"Cesse donc tes caprices d'enfants". Mais je suis un enfant, ne vous en déplaise. Je suis et ne serait jamais enfant. Je ne suis pas et ne serais jamais homme. Le ton dénie l'affirmation. L'affirmation qui dit "tu me fatigues, je suis las". Sa voix est blanche comme un couperet. C'est de la colère froide. Je m'abstient de répondre. Même si ca me brûle la langue. Je n'ai pas peur. Trop de colère. Trop de tension. Trop de ce qui se passe ici, ce qui n'a pas de nom. Je ne peux pas avoir peur. Pas vraiment. J'attends. J'observe. Fascinante créature qui me surplombe. Dégoutante, mais fascinante. Comment peut on être aussi mort ? Je vois son grand corps se raidir, c'est l'iceberg qui hemerge. Je vois sa main renverser la fiole sur la compresse, du coin de l'oeil, parce que mon regard est plutôt dirigé vers son visage. L'odeur frappe mes narines d'un coup. Il a déjà bougé.

Je ne comprends vraiment que lorsque celle-ci s'écrase sur mon coude eventré. Ma bouche s'ouvre mais je ne crie pas. Je n'expulse pas un son. Je sursaute comme si la foudre avait frappé, mon corps entier bondit. Et mon visage perd encore un peu de couleur. Sur le coup je ne sens rien, pourtant mon corps réagit par reflexe. Je me suis levé par reflexe, comme actionné par un fil, et mon corps heurte le sien. Je trébuche en tentant de m'éloigner de lui. Ses longs doigts enserrent mon coude et pressent la brûlure contre mon coude. J'ai l'impression qu'on m'arrache la peau une seconde fois.

"Il va falloir que tu comprennes qu'ici ce n'est pas toi qui décide. Et que si je te dis de dormir ici pour te rétablir, alors tu te rétablira ici, et sans discuter, compris ?"

Je ne réponds rien à ce qu'il me crache à la figure, comme abattu par la foudre. Ses doigts se desserent et je lui arrache mon bras avec une force que je n'aurais pas soupconnée. L'instinct de conservation, encore. Mon souffle est court, et je suis furieux. La douleur grille mes neurones une à une. Une.A.Une. Ca se calcine dans un coin de mon cerveau. Ce type m'a fait mal. Je met du temps à réaliser, et j'entends bien qu'il me parle, mais je n'écoute pas.

"...C'est ça que tu veux ?"

... Je ne réponds rien. De toute façon, je ne sais même pas de quoi il me parle. Ce que je sais, c'est que le bas de mon visage pique et me démange, que là ca ne saigne plus. Ce n'est pas désinfecté mais tant pis. Et ca ne fait quasiment plus mal, parce que tout mon corps est concentré à un seul endroit. Ca.Brule. Ce n'est pas la première fois que je me fais mal, et certainement pas la dernière. Ce n'est pas la blessure la plus grave que je me soit faite. Ca ne m'empêchera pas de retourner grapher demain. Et après demain. J'en ai besoin, soudainement, c'est maladif. Il a l'air d'attendre une réponse. Je tourne les yeux vers lui, parce que je regardais les deux tours.

"Oh, pardon, vous me parliez ?"

Ca pique vraiment. PUTAIN. J'ai envie de planter mes dents dans ma main pour m'empêcher de crier, et les larmes me viennent aux yeux sans couler. Le défaut avec l'alcool, c'est que ca ronge la plaie à trop forte dose, et comme c'est à vif, autant dire que le steack commence à cuire. C'est radical pour l'écoulement du sang, mais cotériser la plaie, on ne fait plus ça depuis le moyen-âge. Mes mains se mettent a trembler. Je serre les poings. Mon regard brille de larmes retenues, et ce ne sont ni des larmes de peur, ni des larmes de douleur. C'est la rage que ce type m'inspire. Moins de 5 minutes en sa précence. Je suis un être pacifique. Et je veux, JE VEUX lui faire la peau. Je ne le toucherais pas. Se serait trop simple, en vérité. Je vais en faire le tour. Je vais faire le tour, mon grand. Et je taperais là ou ca fait mal. Je n'ai jamais frappé quelqu'un. Pas que l'occasion m'ai manqué. Ni le larron. Seulement, moi, je sais ce que le mot "violence" veut dire. Je sais ce que "douleur" signifie. Et je ne suis pas dispensaire de cette mane là. Le terrorisme, je le laisse aux autres.

"Maintenant tu vas être sage. Tu vas poser tes fesses sur cette chaise, tu va me laisser soigner ces plaies correctement, et tu ira dormir.Si tu ne respecte pas ça, tu le regretteras, tu peux en être sûr."

Je m'assois. Lentement.et je le regarde. Pas de regard arrogant ou insolent, je le regarde vraiment. Ca ne m'empêche pas de l'insulter mentalement. J'ai l'air d'avoir abandonné. Mais ca suffit. Je l'ai fait sortir de ses gonds, et je sais que j'ai remporté une petite victoire. Il me semlble avoir perdu quelque chose dans la partie. Un peu de mon intégrité peut être. Ce type m'a fait du mal. Je n'ai pas trouvé mon maître, loin de là, mais il semblerait que j'ai tout
de même trouvé a qui parler.

Il se poste de nouveau à mon niveau et avance la main pour poursuivre. J'ai un mouvement de recul tout à fait naturel vu ce que ce sagouin vient de faire. Lui ne reculle pas. Ma main saisit son poignet. Et je serre. Impossible d'avancer ou de reculer. Tu m'as fait voir ta poigne, je te prête la mienne. J'imprime dans ta chair. Une douleur pour une autre. Même si toi, ce que tu as l'air de craindre, c'est le contact en lui-même. Ca t'as apparement rendu fou. J'ai mal.

"Si c'est pour refaire ce que vous venez de faire, je me passe de soins."

Ce n'est pas une question. Aucun cri, aucune voix ni aucune loi ne me retiennent et ne me retiendront jamais. Pas a 19 ans, pas en embrassant l'âge adulte. Les études n'ont pas d'importance. Seul, l'art est important. Vivre et retranscrire, et dire encore et encore, toujours la même chose, le même message, la mpême mission du souvenir. Il.n'y.a.que.ca. Impossible de m'empêcher, de me clouer. Il faudrait une surveillance de chaque instant, une colle qui durerait nuit et jour. Et encore, je prendrais la poudre d'excampette à l'heure des repas. Ce qui me retient, c'est la promesse a papy-vicious. Il ne voulait pas la prison, alors j'en ai choisi une d'un autre genre. Aucune sorte d'importance. A l'arrivée, une prison reste une prison. A trop me pousser, il me faudra chercher a me transformer en Oudini.

Je le relâche. Cobaye, jamais. Caliméro non plus. Martyr, je n'y tient pas. Et puis de toute façon, il m'a déjà puni. Mais cela ne suffit pas. Il faudrait que je courbe l'échine. Que je ploie. Tout souple que je suis, je ne suis pas sur de l'être assez pour lui. Il avance de nouveau la main et attrape mon bras d'aurorité. Je ne me dérobe pas, je le laisse faire, et sa poigne se raffermit pourtant, comme si j'allais fuir. Je ne veux pas aller très loin, je le surveille, mon regard sur lui, près et chargé. Je refuse qu'on me fasse mal.Surtout pas lui. Je le déteste. DETESTE. Tendu comme la corde d'un arc, je subit les coups d'archers. Il administre du bout des doigts. Je le laisse faire, ma main libre enserrant l'accoudoir. C'est lui qui prend pour le reste. Je ne décroche pas un seul mot. Il y a comme une boule au niveau de ma gorge. J'ai de nouveau 11 ans et ma mère vient de m'engeuler. J'ai envie de pleurer. Une envie incontrolable. Et je ne pleure pas. Je ne sais plus pleurer depuis longtemps.

Il est a un pas, et la lumière tremble, un bruit de grésillement, tremblote, s'éteind. NOIR. IL FAIT NOIR. BORDEL ! Court-circuit d'une seconde, COURT-CIRCUIT, et un sursaut encore ! Ce soir, je suis le marsupilami, et je serais bien capable de fuir dans le noir. Le noir nous tombe dessus sans prévenir, et je panique. Je serre ce qui me tombe sous la main, c'est la sienne qui tient le ciseau. Il retire les peaux mortes et vivantes, les peaux en lambeaux sur mes coudes, quand le noir tombe. Je sers les doigts sur cette main, se poignet, ca coupe, ca brule, mais c'est vivant, et la lumière evient. J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche. La dame brune à décidé de venir se frotter à nous. J'ai peur de son profil d'oiseau de proie. C'est le frisson de la douleur sur le lit de mes cauchemards, qui entrent par la fenêtre.
Terrorisé.

Par le noir. Pas Obama, non, le noir NOIR, le noir vraiment noir, noir comme un trou, noir comme sous la porte du placard dans la chambre d'enfant. J'ai peur de ce noir là. Quant à Porter, il est une sorte de terroriste. Qui ne me terrorise pas. Non, qui me chamboulle. Mon monde tremble sur ses fondations, et je n'ai pas assez d'yeux pour tout voir, et un coeur assez grand pour accepter. Mieux vaut détester.

Mon visage figé ne dit rien, il n'y a que mes yeux. Qui fixent le gribouilli. Les deux tours. La trace semble retranscrire le passage d'un avion. Inexact. Je connais le point d'impact exact. Que voulez vous, on ne se refait pas. J'ai lâché brusquement, et porté les doigts à mes lèvres. Je ne le regarde plus. L'entaille sur les ciseaux n'est pas profonde, à peine une petite coupure. La lumière chiche de l'infirmerie me semble belle, soudain. Mon regard cours et s'enchante d'un rien. Même le blanc sale des murs de l'infirmerie me semble superbe. Cette lumière morte de néons, cette lumière d'hopital, dedans d'ambulance. Mon visage ne dit rien, moi non plus. Rien, plus rien. Dans ma tête, c'est clair. C'est "tu" pour toi. Et je ne peux pas t'appeler Kyle, ca me semble beaucoup trop familier. Je ne pourrais jamais. Je ne peut pas t'apper "monsieur" pour autant. J'ai toujours pris un infini plaisir à découper ce mot pour m'imprégner de son sens, et je ne désire rien d'autre que de l'employer souvent. Cependant cela démontre de ma part une certaine reconnaissance. Or, Portman n'est a mes yeux pas reconnaissable.

Tu n'as pas gagné, j'ai perdu. Ca suffit. Si ta main s'attarde de trop je la chasse. Et je pense. Je m'en irais si tu éteinds la lumière. Moi, le noir, j'ai jamais pu. C'est peut être pour ca que je peux pas t'encadrer.
Tu termines de poser les pansements après ce qui m'a semblé une eternité. Enfin, tes mains me quittent. Mon corps se relâche un peu -a peine- et j'ai conscience d'avoir été changé en planche. Je me lève et m'étire, te tourne le dos. La fenêtre. Il fait un noir d'encre. Je m'accoude au mur en silence. Ne compte pas sur moi pour m'allonger, fermer les yeux et savoir que tu m'épie. Tu as gagné, je me tais, et c'est le silence qui bouffe tout l'espace. Oppressant et horripilant silence. Mais gagné un round ne veut pas dire gagner la guerre. La guerre, nous venons tout juste de la déclarer.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Ven 25 Oct - 1:02

KYLE



Et voilà, ma sentence a l'effet prévu.

Aussitôt que je lui dis qu'Emeric sera la victime principale de son méfait, le visage du gamin se décompose. Il passe par toutes les teintes de l'arc-en-ciel avant de virer au pâle fantôme, comme si je venais de lui annoncer un mort dans sa famille. Loin de me déplaire, ce spectacle était un vrai régal pour moi. J'étais heureux de constater que j'avais tapé dans le mille en le punissant de cette manière. C'était, après tout, bien trop simple de lui coller la punition habituelle, nettoyage, colle, toussa. Je ne punissais quasiment jamais les élèves, ou seulement lorsqu'il y avait un manque de respect flagrant. En général, je me débrouillais pour que cela leur passe toute envie de recommencer. Or, avec Azraël, j'avais tapé dans le mille ; il ne ferait donc pas exception à la règle. Je pris une sorte de malin plaisir à observer son jeune et joli visage devenir un masque de peur et de laideur. Il me faisait moins flipper ainsi. De cette manière, il redevenait le sale gosse lambda, le petit chieur qui était venu m'emmerder à deux heures du matin. Et qu'il le reste, cela serait parfait pour tout le monde. Je savais que je n'étais pas prêt d'oublier cette nuit. Certainement pas. Pas après l'humiliation que j'avais l'intention de lui faire subir. Mieux encore, je faisais d'une pierre deux coups. Depuis l'épisode Trevor Seyton, j'avais une certaine morgue envers toute la communauté des Kappa en général. Alors si je pouvais foutre un peu les boules au chef même de la Confrérie, je n'allais certainement pas me gêner.

Finalement, le gamin eut une réaction assez inattendue. Il éclata tout bonnement et tout simplement de rire.

Je passais quelques instants à me creuser la tête pour comprendre l'origine exacte de cette marrade si soudaine, mais rien ne me vint. Je ne comprenait définitivement pas pourquoi ce rire si soudain, pourquoi cette hilarité si... Flippante. Je préférais l'élève apeuré à l'élève névrosé. Mais au moins, une chose était certaine ; si je m'en doutais un petit peu, maintenant j'étais certain qu'il avait un pet au casque. Et un gros. Il faudrait peut-être que je l'oriente vers un psychiatre, nan ? Non, je n'allais peut-etre pas pousser la vilénie jusque là. Après tout, qu'avait fait ce gosse à part taguer mon mur et me faire chier en pleine nuit ? Oui, après tout, c'était déjà bien trop. Bien trop pour un petit médecin que moi, qui n'aspirait qu'à la tranquilité et à la sérenité. Or, là, dans le cas présent, il m'était difficile de me sentir serein face à cet hurluberlu. Bien au contraire. Il me foutait les boules, putain. Il fallait que j'invente autre chose. Au pire, je pouvais le ramener dans sa piaule ? Non. Il avait perdu trop de sang pour que je prenne ce risque. Peut-être que son délire était dû à un manque d'irrigation du cerveau. Du moins, l'espérais-je pour lui.

Puis il ouvrit sa bouche.

Sa putain de sale petite bouche. Apparemment, il n'était que moyennement d'accord que je le garde en observation. Pour autant, je ne lui laissais pas le choix, et il devait bien se mettre à l'idée que cela ne m'enchantait pas des masses non plus. Je n'avais pas le choix, c'était d'ordre médical. Hors de question de lui faire risquer des troubles alors que je pouvais le surveiller durant la nuit pour être tranquillisé. Même si pour cela je devrais supporter les crises d'un adolescent de base qui se prenait pour le roi du monde. Il me sembla rapidement que c'était un signe distinctif de ces cons de sportifs. La puissance sans neurones. C'était joli ça. Il faudrait que je le retienne. Alors que je réfléchissais le gamin se dirigea vers son oeuvre, et remit une bonne couche sur ses mains.

Oh.
Pu.
Tain.
Il avait osé.

Cet espèce de petit salopard avait osé. Je l'avais vue au ralenti. Sa main. Sa putain de main. S'écraser avec conviction et ardeur sur mon torse, et donc mon nouveau pull en cachemire tout neuf. Le putain d'enfoiré. Comment avait-il osé ?! Ma respiration s'accéléra, sous le coup de la colère. En plus il m'avait touché. Je n'aimais pas qu'on me touche. Je supportais le contact de mes enfants, de ma copine, mais celui des autres était difficile, lorsque ce n'était pas dans le domaine professionnel. Serrer une pogne ou faire la bise était pour moi une épreuve, alors me faire toucher comme ça ? Mais où se croyait-il ? Un frisson de dégout s'empara de moi alors qu'il passait sa main sur mon visage. La surprise me laissa un long moment interdit, incapable de faire le moindre geste. Ou si. Un tout petit. Celui de vider la fiole d'alcool à 70 degrés sur la compresse que je tenais dans ma main. L'odeur écoeurante se répendit un peu plus qu'elle ne l'était déjà. J'ignorais si le gamin avait vu mon geste ou non, et pour l'heure je m'en foutais pas mal. Je faisais une fixation sur tout le reste. Il m'avait touché. Il. M'avait. Tou. Ché.

Il allait me le payer.

Alors qu'il se rasseyait, tout heureux de son forfait, je me mis à réfléchir. Ici, l'adulte, c'était moi. J'avais la quarantaine, et des petits cons de ce type, j'en avais déjà vu une sacré pelletée. Alors quoi, allais-je avoir peur ? Peur de ce sale môme ? Ou allais-je me comporter en adulte ? Je pris quelques secondes, nécessaires à Azraël pour déchiqueter minutieusement une compresse de gaze qu'il éparpilla sur le sol. Une nouvelle oeuvre d'art. Je me fichais de mon pull, du pressing, de ce que cela impliquerait. Il m'avait touché. C'était la limite que je m'étais fixé. Aucun élève ne me toucherait, absolument aucun. Et certainement pas un garçon. Quelle horreur, putain ! Je le laissais terminer son petit discours, ainsi que sa phrase enfantine. Je profitais de cet instant de répit pour retrouver un semblant de calme, puis retirai mon pull pour cacher un peu la misère. Un T shirt rayé gris, tout ce qu'il y avait de plus classique. Et pas taché, par miracle.

"Bon. ça y est, tu as fini ?"

Je m'approchais de la chaise du garçon. Debout face à lui, je semblais le dominer, même si je savais que je n'avais pas autant de muscle que lui. Mais j'avais des gestes souples, presque félins. Et méticuleux. Je ne ratais jamais mon coup. Ce fut sans doute ce qu'Azraël comprit lorsque ma main fonça sur son coude droit et y plaqua la compresse pleine à essorer d'alcool brulant. Je sentis une réaction, et je gardais pourtant l'objet trempé fermement plaqué contre son bras. Cela relevait presque de la torture, mais je n'avais pas le choix. Tout en gardant ma main pressée sur lui, je lui fis face, le regard luisant de fureur.

"Il va falloir que tu comprennes qu'ici ce n'est pas toi qui décide. Et que si je te dis de dormir ici pour te rétablir, alors tu te rétablira ici, et sans discuter, compris ?"

Je relâchais enfin la pression, furieux contre moi-même. J'avais perdu mon calme. Et c'était un défaite. Mais c'était la seule solution que j'avais vu pour lui faire comprendre que je n'étais pas une tapette. Je me reculais, lui laissant le temps de récupérer. La douleur devait être absolument atroce.

"Si tu continues sur cette lancée, j'appelle un pion, et il te tiendra pendant que je te ferai une injection de sédatif. Tu dormira comme une pierre pendant 24heures et je pourrais te soigner tranquille. C'est ça que tu veux ?"

J'avais bien d'autre menace dans ma besace, mais celle-ci était convaincante et véridique. J'utiliserai l'autre dans un cas extrême. Si par exemple il me collait une beigne. Pas question de me battre avec un étudiant. Pour finir radié ? Je n'étais pas fou. Mais cela me démangeait sérieusement de lui coller une bonne baffe entre les deux yeux pour lui faire comprendre de quel bois je me chauffais. J'avais été un bagarreur moi aussi, je savais ce que ça faisait. Cela pourrait peut-être vite revenir, si on ne prenait pas son jeune âge et ses muscles en compte.

"Maintenant tu vas être sage. Tu vas poser tes fesses sur cette chaise, tu va me laisser soigner ces plaies correctement, et tu ira dormir.Si tu ne respecte pas ça, tu le regretteras, tu peux en être sûr."

Il n'était plus question de nécessité médicale mais de fierté. Il m'avait touché. Et c'était intolérable.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Jeu 24 Oct - 23:29

AZRAËL

La tête que tire le médecin en rentrant est épique. Même si j'ai envie de lui arracher les yeux. Un graffiti ne veut rien dire. C'est ce que je me répète. Personne ne fera le lien, et ça ira très bien comme ça. Personne est grand, et personne est un peu con. Il voit la dégradation et s’arrête là, ça fume par les oreilles de personne. Tant mieux. Je ne l'ai pas fait pour lui, ce gribouillis immonde. C'est sur que ça doit le faire tortiller du cul. Et vu ce qui y est planté, il doit prendre son pied. J'admire mon oeuvre avec un désintérêt total. Je ne vois pas bien ce qu'on peut me faire subir pour ça d'effrayant. Je suis un homme stupide, et ce n'est pas le cas du médecin. Il me jauge et ses yeux prennent un aspect métallique qui devrait me mettre en garde. Je plane à vingt milles.

"Aie au moins la décence de ne pas me déranger pendant que je t'examine. Tu m'as fait lever en pleine nuit parce que tu as voulu faire le mariole sur la façade du lycée, je te rappelle. "

"Vous parlez de décence en me manipulant, ca prête à confusion. Je vous ai jamais demandé de vous lever. Je vous signale."

Oui, oui, on peut dire que je cherche. Mais ses mains sur ma peau font se serrer les miennes autour des accoudoirs, et une puissante envie de le frapper me démange. Je repense à l'immeuble, à la chute. Mon corps s'en rappelle très bien. Un frisson me prend. Cette fois, j'ai vraiment failli y passer. Je sens encore la douleur cuisante, le crépis qui mord la chaire malgré le tissu, qui déchire. J'ai quelques lambeaux de peau en décorum.

"Kyle Porter. Et je ne suis pas vraiment d'humeur à faire un voeu."

M. Constipé me fait redescendre sur terre. Je n'en était pas loin de toute façon. Je me suis changé en ancre, tombé au fond de l'océan, et on peut dire que je suis sous pression. Rien qu'un peu.

"Dommage. Vous auriez pu souhaiter que ca se termine vite. J'essayais seulement de meubler le silence"

Vas te faire foutre. Ca c'est le sous-titre. J'essaie d'être civile, t'as décidé que non. Tant mieux. Ta tronche me revient pas. Je surveille ses faits et gestes -oui oui, après tout il est en train de me tripoter QUAND MEME- et grimace en voyant la dose d'alcool qu'il verse la dessus. Je suis bien tenté de lui demander pourquoi il ne me verse pas ca directement sur les bras et la figure, mais un instinct de conservation primaire me conseille de la fermer, et pour une fois, j'obéis. Il plaque la compresse, et je serre les dents. Je ne le regarde pas, mes yeux se portant sur un point fixe. Je compte.  

"Courage. C'est qu'un mauvais moment à passer."

Je compte. Gros con. Ca te va bien de dire ça.

"J'avais remarqué."

Bon ok je suis carrément sarcastique, mais MERDE. "Courage". Et puis quoi encore ? Tu vas me border, maman ? La hache de guerre, fallait pas la sortir quand j'ai tenté de l'enterrer. Je le vois désigner quelque chose, et mon regard suit le sien pour se poser sur les deux tours. Je compte toujours.

"Tu vas passer la nuit ici, en observation, et c'est moi qui resterais de garde. Demain matin tu repartiras en cours, avec une autorisation de l'infirmière. Quant à ton chef d'oeuvre..."

J'ouvre la bouche pour répondre dès qu'il commence à parler et la referme aussitôt. Il n'a pas fini de causer, et même si j'ai très envie qu'il se taise, ma mère m'a toujours dit qu'il était extremement impoli de couper la parole à qui que ce soit. Et même si j'ai pas envie d'être poli avec ce type, je suis un peu chez lui, alors je me la ferme beaucoup. Cependant, je ne compte pas passer la nuit avec lui. Et puis quoi encore ? Tu veux pas que je te taille une pipe, pendant qu'on y est ? Toute la nuit ? Il est a peine deux heures du matin. Quelques pansements et je suis d'attaque. Il parle du retour au cours, puis de ma frasque. Là, il marque une pause dramatique. Et comme un con, je retiens mon souffle. Suspendu a ses lèvres, comme on dit. Le pire, c'est que c'est vrai. J'angoissais pas, mais lui, il arrive à faire se dresser les poils de les avants bras (ceux qui restent malgré l'épilation gratuite).

"...Le surveillant de cette nuit ira demain matin remettre un mot de ma main à ton chef de Confrérie, qui viendra nettoyer ça, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Évidemment, il saura que tu es le responsable."

J'ai viré au blanc. Si je me fous devant le tag, hop ! On le voit plus, parole.
Il y a dans le regard de ce vieillard une lueur. Une lueur étrange, à la fois fascinante et terrifiante. Tout à la fois bourreau et médecin, insensible et sadique. Il doit se demander ce que je fous chez les Rk, entre mon gribouilli plein de sang sur son mur tout immaculé, et mon physique de gringalet. Torse nu, on comprends encore : les muscles y sont. J'ai un corps taillé par la vitesse et l'escalade, un corps souple, et vêtu, je ressemble simplement à un gamin. On m'a ainsi fait. Je ne m'en suis jamais plains. Je suis sûr qu'il se pose la question. Moi aussi. Emeric va sans doute vouloir me tuer après avoir nettoyé mes conneries. J'imagine la scène -parce que je ne peux pas m'en empêcher- et je ne peux m'empêcher de sourire en entendant la sentence. Puis je me met carrément à rire. C'est nerveux. Ca sort irrépressiblement, sans que je puisse le retenir. C'est un rire chaud, rond, et ca fait du bien. J'échappe aux mains du médecin. J'imagine Emeric qui frotte mes frasques et cette idée m'emplit autant d'horreur que d'amusement. Je ne connais pas le Pacha du Harem, pas encore, mais j'ai dans l'idée qu'on fait mieux, comme introduction.

Porter m'observe, son coton imbibé d'alcool et de sang -le mien, décidément ce type aime ca-, de petits -tout petits- cailloux, ou plutôt fragments de murs à la main, et je m'apaise. J'ai encore le souffle court.

"... Vous êtes sérieux ? Vous voulez que je vous regarde dans le blanc des yeux jusqu'à l'aube ?"

Je ne nie pas. Le tag est de moi. J'assume la paternité de mes conneries, sauf face aux flics. Et si les RK doivent m’émasculer pour ça, qu'il en soit ainsi. Mais passer encore 5 heures en compagnie de macho-man, qui en plus d'être in regardable, en plus de me mettre mal à l'aise, en plus est une belle ordure... Non. Emeric me semble moins dur à supporter que ça. Et ca transparaît clairement dans mes paroles. Je ne suis pas vraiment soigné, a peine a-t-il eu le temps de désinfecter mon bras. Mais je n'ai aucune envie de retourner sur cette chaise. Je me sens soudain désagréablement vulnérable. Je décide à cette seconde même que je le déteste. Ca me fait sourire, moi qui n'ai jamais haï personne. Je ne crois pas que je le hais. Je le déteste juste. Pour le moment.

Et je pose une main sur le mur, là, sur le tag. Je la laisse descendre et ce qui n'est pas sec s'étale sous le geste. Et me tartine les doigts. Je m'avance, et ma démarche fluide ressemble un peu à celle du chasseur qui fond sur sa proie. Je ne le calcule pas. Je ne calcule pas non plus cette montée en puissance, cette colère, qui ressemblerait presque à du désir. Ma main se pose sur le costume tout en noir de Porter, au niveau de sa poitrine, et je l'essuie avec une grande nonchalance. Oui. Je viens de ruiner ton beau costume. Sang, bleu, rouge, jaune, et que sais-je encore. La mixture du monde sur ta veste de dandy. J'en rêvais, et je l'ai fait. Je ne recule pas. Insolent. Puisque tu as décidé de me pourrir la vie, je ne vais pas te louper.

""L'observation" vous plait ? J'espère que oui, vous en avez après tout pour toute la nuit. Encore que vous pourriez me laisser partir. Je suis un personnage turbulent."

Je retire ma main. Il n'y a pas de raisons à ce geste. J'éclate la petite voix en pensée. Cette pute a suggéré que je voulais le toucher. J'ai senti la poitrine du médecin se lever et s'affaisser plus vite. En colère sans doute ?

"Oh, votre beau costume. Navré."

Je lui tapote affectueusement la joue. Vas-y, frappe moi si tu l'oses. Je me laisse tomber sur le fauteuil, devant lui. Ses longues jambes sont presque contre les miennes et son regard tombe comme un couperet sur moi. Je le soutient, la tête levée vers lui. Insolence. J'ai attrapé une compresse, et m'évertue à la réduire en confettis. Le regard de Porter parle de renvoi, de bureau de direction, et ça me va tout à fait. Si tu ne me renvoie pas, bonhomme, je viendrais taguer ton infirmerie toutes les nuits. Insolence affronte Rigidité.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Jeu 24 Oct - 16:41

KYLE

Il y a dans le regard de ce gamin une lueur. Une lueur étrange, à la fois fascinante et terrifiante. Ce mélange subtil de mépris et d'intérêt, comme si, en un seul regard, mon cerveau avait été sondé de long en large par les yeux inquisiteurs d'un jeune homme couvert de sang. Il y avait quelque chose qui ne me plaisait pas et que j'adorais à la fois. Je compris rapidement pourquoi. C'était le regard de June. Elle aussi regardait les gens de cette manière, méfiante et fascinée à la fois par certaines personnes, comme si dans ses yeux on avait pu lire une intelligence forte et agressive, quelque chose que je ne pouvais qu'à peine toucher du doigt, moi, le petit médecin qui avait choisi d'aider la gente scolaire pour une question de fierté et d'intérêt général, en dépit d'un certain confort qui m'aurait permis d'offrir à Cassandre une vie de rêve. Pour autant, je n'avais pas beaucoup de soucis à me faire. Je savais qu'une masure me suffirait. Ce n'était pas la question. Il me regarda, et le temps de ce regard sembla durer une éternité. C'était comme si la terre cessait sa rotation le temps qu'il m'inspecte. Je n'étais pas très courageux, dans l'âme. Et il me faisait peur. Ces prunelles me faisaient vraiment peur. J'avais besoin de me rassurer en me disant que cela ne serait jamais pire qu'un homme éventré au bord d'une route, qu'un médecin légiste devrait dépiauter. Une paire d'yeux, que j'allais vite oublier, j'en avais la certitude. Ou du moins, je me persuadais à le croire.

Ma main se mit à trembler.

Sur ordre du gamin, je finis par le lâcher, soulagé que ce soit tombé pile au moment où le tremblement commença. A ma réplique, il émit un soupir d'ennui. Oui, j'étais l'emmerdeur de service, ici. Je rafistolais tout le monde, et personne ne me remerciait. J'en avais vu défiler, des sportifs de cette confrérie, la machoire fracturée ou le nez en sang. Ils repartaient jouer sans dire le moindre mot, seulement soucieux de savoir si ce nez cassé allait altérer leur pouvoir sexuel auprès des filles. A cela, j'avais tendance à les rassurer ; les gonzesses avaient pour habitude de choisir toujours les pires blaireaux en guise de compagnons. Elles semblaient s'y complaire. Lorsqu'on était un homme bien, on avait peu de chance de trouver la femme de sa vie ; il fallait se transformer en gros plein de muscle pour parvenir à séduire. La vie était une sorte de grosse plaisanterie, me dis-je en accompagnant à l'infirmerie. Une plaisanterie dans laquelle je surnageais, et dans laquelle le petit semblait se complaire. Il était d'ailleurs bien maigrichon pour un RK.
Tiens, en parlant de plaisanterie.

En entrant à l'infirmerie, je fus accueilli par un spectacle aussi original que désagréable ; un tag. Sur le mur de MON infirmerie. Un espèce d'embrouillamini insipide de peinture et de sang, que le jeune homme avait sans doute fait juste avant que j'arrive. Une oeuvre dont il pouvait être fier. Il avait fait ça pour me faire chier, non ? Ben c'était réussi. Mon premier réflexe fut de décider de le faire nettoyer une fois que j'aurais soigné ses blessures. Puis finalement, me vint une autre idée. Je jetais un regard désabusé à sa fresque alors que je m'apprêtais à prendre bien soin de son petit corps tout cassé, sans dire le moindre mot. En fait, cette proximité me gênait. Le silence aussi. Un silence pesant, qui régnait dans l'infirmerie. Un silence qui me glaça rapidement. On ne percevait que le bruit régulier de sa respiration et la mienne, paisible et presque imperceptible, tant je me retenais de ne pas haleter tellement je me sentais tendu. Je n'aimais pas travailler de nuit. D'habitude il y avait toujours une infirmière pour me seconder durant mes gardes, mais là j'étais seul, complètement seul avec ce gamin. J'aurais sincèrement aimé qu'il y ait quelqu'un d'autre dans la pièce à cet instant. Pour autant, je n'en bâclais pas mon travail, et m'attelais à l'observation des plaies du garçon, après lui avoir demandé son identité et son âge. Azraël Trophime, donc, un nom pour le moins original. J'avais noté sa présence ainsi que ses blessures, là, sur mon carnet. J'étais tout à fait en mesure de soigner ses plaies. Et je m'y attaquais tranquillement. Après tout, j'avais la nuit devant moi, et si je pouvais lui retirer quelques secondes de sommeil rien que pour l'emmerder un peu, je n'allais pas m'en priver. Après tout, il m'avait fait lever, et il avait saccagé le mur de mon infirmerie ; quelques minutes de moins à pioncer n'allaient certainement pas atteindre ma culpabilité.

L'examen de ses coudes et de son visage me révéla, pas chance, des blessures superficielles. Le visage, ça pisse, mais heureusement ce n'est pas très grave. Pour autant, il avait perdu beaucoup de sang. D'un geste souple, j'attrapais le bas de son visage avec délicatesse, pour en observer les dégats. Je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas cette proximité. Je n'aimais pas ce garçon, j'en avais décidé ainsi. Il cumulait les erreurs avec moi. Trop proche, trop familier, trop étrange, trop... Fascinant. Horriblement fascinant. La remarque qu'il fit me provoqua l'effet d'une décharge électrique. J'en avait assez. Epiait-il donc le moindre de mes faits et gestes ?!

"Aie au moins la décence de ne pas me déranger pendant que je t'examine. Tu m'as fait lever en pleine nuit parce que tu as voulu faire le mariole sur la façade du lycée, je te rappelle. "


Allez hop, emballé c'est pesé. Je n'allais quand même pas me laisser gaver par un gosse, si ? Finalement, son regard se dirigea vers la fenêtre. La nuit était claire, c'était vrai. Au moins avait-il choisi une belle nue. Heureusement sans doute. Si en plus il avait plu, j'aurais été d'humeur sacrément revêche. Plus que maintenant, je veux dire. Si encore c'était possible. Parce que m'horripiler plus que cela il fallait le faire. Trevor Seyton était au dessus du lot évidemment. Il était dans mon top 5 des personnes que je haïssais, et méprisais. Loin devant. Un ange passa, et puis il reprit la parole. Il avait un timbre étrange. Ou alors, j'avais des halu. Quant à mon voeu... A vrai dire je n'en avais aucun, à part celui de retourner me coucher le plus vite possible, et c'était déjà grillé. Il faudrait que je passe toute la nuit à le veiller. C'était vraiment énervant. En faisant la moue, je me levais, puis me dirigeais vers ma table de travail pour attraper l'attirail. Désinfectant, compresses, pansement, attelle. Je soupçonnais une entorse au poignet. Autant l'empêcher de faire du sport un moment, si seulement ça pouvait le faire rager.

"Kyle Porter. Et je ne suis pas vraiment d'humeur à faire un voeu."


Le ton était donné, au moins. S'il n'avait pas compris, c'était qu'il était bouché. Ou qu'il avait décidé de m'emmerder, au choix. Je repris place face à lui, puis appliquais soigneusement une bonne dose d'alcool sur la compresse, que je plaquais sur son coude gauche. Délicatement. M'énerver n'était pas une raison suffisante pour que j'apprécie de le torturer. Et vu comme le mur avait râpé ses coudes, il devait avoir sacrément mal.

"Courage. C'est qu'un mauvais moment à passer."


Finalement, je désignais son oeuvre d'art du menton, de manière à ce qu'il se retourne pour la voir aussi.

"Tu vas passer la nuit ici, en observation, et c'est moi qui resterais de garde. Demain matin tu repartiras en cours, avec une autorisation de l'infirmière. Quant à ton chef d'oeuvre..."

Tsadam. Suspense.

"...Le surveillant de cette nuit ira demain matin remettre un mot de ma main à ton chef de Confrérie, qui viendra nettoyer ça, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Évidemment, il saura que tu es le responsable."


Je savais qui était le chef des RK. Un jeune homme du nom d'Emeric, au caractère bien trempé. Je comptais sur lui pour faire passer à Azraël l'envie de recommencer ses conneries sur le mur de mon infirmerie. Et sans doute n'aurais-je pas pu trouver meilleure punition que celle-ci, dans le cas présent. J'en ressentis presque une petite once de fierté. Sans me rendre compte qu'en le punissant, je me vengeais moi-même de mon propre trouble.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Mer 23 Oct - 18:51

AZRAËL

HRP : (Comme promis, je te réponds avant tout les autres. T'es ma priorité absolue maintenant e.e)

Lumière. La pute me grille la cervelle. Déjà que c'était vide là dedans. Le poisson rouge gis au fond du bocal. Ca fume par les oreilles. Douleur, et les étoiles toutes colorées qui m'éclatent devant les yeux. J'ai déjà tourné les talons, je tâche de retrouver mon chemin. On me fauche en pleine fuite, je manque me casser la figure. Et la pression sur mon bras, et la vague odeur de sang, et ma bouche assechée. Ca pique. Je lève la main à mon visage par reflexe, les yeux plissés comme ceux d'un petit chinois, tout éblouis que je suis, et tourne les yeux et le buste vers celui qui vient d’agripper mon bras. Je ne peux pas ignorer la présence de cette poigne là, qui m'a tout à fait stoppé dans mon élan. Ses doigts me brûlent.

Je le regarde sans rien dire une seconde. Cet enfoiré est plus grand que moi, et plus costaud. Mais ca, ce n'est pas vraiment très compliqué. Il a l'air viril. Je décrète à cet instant même qu'il est gay. Pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas. Il me tient par là ou ca fait mal, il a le culot d'être plus grand, et en plus il nous la joue beau ténébreux, avec son physique de macho-men. Non, franchement... sa poigne puissante tombant pile, enserrant mon avant bras scalpé. Par un poil a l'endroit ou tu me tient, plus de peau non plus. Je grimace. SALAUD !

"Minute. T'as l'intention d'aller quelque part ?"

"Vous pourriez pas commencer par me lâcher ?"

Ok, c'était pas vraiment gentil-gentil comme ton. Mais je suis pas vraiment gentil-gentil alors osef. Mais en même temps, ce type, je lui ai rien demandé. Et j'ai jamais dit que je faisais don de mon sang. Lui en a plein la main. Ca avait a peu près séché, et maintenant ca pisse de nouveau. Franchement, bravo. Ca applaudit a tout va sous ma caboche.
Je le regarde avec mes yeux noirs de jeune malappris. Si je pouvais mitrailler d'un regard, ton corps serait une passoire, monsieur-le-médecin-scolaire.

Un grand singe en costume, voilà ce qu'il est. 40 ans bien tassé, le visage marqué. Elles sont lourdes tes rides du rire, celles qui encadrent tes yeux de type froid-et-constipé. T'as presque l'air d'avoir mal en posant ton regard sur moi. Mais j'peux comprendre, un balais dans le cul, ca doit faire mal. Ouais, voilà, le premier apercu, c'est ça. Le genre de type qui s'étouffe dans ses propres règles. Le genre de type que je méprise profondément. A dire de faire attention, ou je ne sais quel serait tes conseils. Je te tutoie naturellement, parce que dans ma tête, tu ne mérites pas mon respect. Sous m caboche, tu es chez moi, et chez moi, le respect et les notions courantes n'ont plus court. Je suis obligé de reconnaître qu'il n'est pas si moche que ça, et que s'il ne faisait pas "frigidaire" vu la tronche qu'il tire, je pourrais même admettre que ce type là a de beaux restes.  Un dandy des temps moderne, croque-mort tout en noir. J'ai envie pendant une breve seconde d'éssuyer mes mains constellées de peinture jaune, bleue, orange, rouge, constellées de peinture et de sang sur sa tenue immaculée, et trop sombre. C'est vrai quoi. Se fringuer en noir en pleine nuit, j'trouve ca suspect. Comme les rides au coin de ta bouche. A force de rire ou de tirer la tronche ? Ou peut être parce qu'au cours de ta vie de grand-père, t'es passé un peu trop souvent d'une expression à l'autre.

Il me fixe comme si j'allais me tirer en courant. Je ne suis pas débile, ou en tout cas pas totalement :maintenant que je sais qui tu es et toi aussi, se serait un peu stupide de se barrer. Je tiens pas à me faire étriper par mon parrain, merci bien. Dans ma secte mon groupe, je suis sûr qu'on pratique encore le fouet. Oh, peut être pas tout le monde, mais l'autre barge a l'air de ceux qui n'hésiteraient pas à faire un exemple. Merci mais non merci. On dirait qu'il a compris. Le petit sourire en virgule, là, le petit sourire sur le côté. Putain, je connais même pas ce type et j'imagine des trucs débiles. Ok, il m'a fait mal, sa gueule me revient pas mais j'ai même pas passé 20 secondes en sa présence, alors du calme.

Du calme, petit Jedaï. Son sourire fond comme neige au soleil. Tant mieux, j'aime mieux quand papy-coincé fait la tronche.

"Non parce que, si tu veux, je suis un peu là pour toi, alors tu vas faire demi-tour et m'accompagner pour que je te soigne, d'accord ? Histoire que je ne me sois pas levé pour rien."

Relax. Inutile de se mettre sur la tronche. L'administration a toujours raison après tout, même et surtout quand elle a tort. Et là pour le moment le seul tort c'est que ce type est surement un désaxé. Trop classe pour être honnête. Du genre à abuser des donzelles qui viennent le voir. Je me rend compte que je ne le pense même pas. Ce qui m'horripile, c'est son regard tellement froid, sa démarche à la limite sensuelle alors que je pourrais imaginer le balais qu'il a planté là ou il ne faut pas sans aucun souci. Ce type est une contradiction vivante. Il m'a fallu dix secondes pour m'en rendre compte. Généralement, ca me dérange pas. Là, si.

"Ça vaaaa, personne venait, j'me suis dit que je pouvais rentrer. Je suis venu parce que le surveillant à insisté. Navré que ça vous ai forcé à vous déplacer. Ça m'amuse pas plus que vous."

Je passe devant lui et retourne au pays infirmerie. Je suis vraiment navré, parce que là, je pense que je pourrais être déjà au pieu. Et ça, ca me ferait presque chialer. Ici, les continents sont blancs et chrome. Sur le mur, une grande fresque pleine de sang. J'observe mon oeuvre qui sèche déjà, à la lumière chiche des néons. C'est plus sympa a regarder quand on éteint. Je suppose que je vais écoper d'une punition pour ca. Pour le moment, ca ne m'importe pas vraiment.Bon a vrai dire je m'en balance comme de ma première pantoufle. Tant que c'est pas en sa présence. Une bizarre tension dans les épaules. Se type me revient pas.

Je m'assois là ou il me dit de le faire, j'écoute ce qu'il a a me dire. Quand son regard se porte sur mon dessin, une énième représentation des tours -pour changer-, mon regard le suit. J'aime pas trop qu'il regarde ca, finalement. Tout chez ce type me met mal à l'aise. Je veux pas qu'il regarde ça. Pas lui, ou en tout cas pas lui qui sait que ca vient de moi. Je fais comme si je m'en tapais. De toute façon ma punition va sans doute consister à effacer ça.

Mon mensonge est plutôt vrai quand on y pense. Je suis pas tombé de ma fenêtre, c'est un fait. Mais je suis quand même tombé en peignant. Quel blaireau. Je vais avoir honte pendant quelques jours. Ce qui me réconforte un peu, c'est que si les RK apprennent ca, ils se moqueront de moi, mais pas exactement pour la bonne raison. Se sera sans doute moins dur à supporter. J'ai arrêté de l'écouter et je sursaute violemment quand il m'attrape par le coude pour exposer la plaie à la lumière. Il inspecte tout ça, et je l'inspecte, parce que de 1 j'ai rien d'autre à foutre, et de deux, ça m'évite de penser que mon corps tout entier viens de se changer en planche. Raide comme la mort. On pourrait presque croire qu'il m'a refilé son balais, ce con.  

Il pose ses deux mains autour de mon visage pour me faire regarder en l'air et je me plie à l'exercice de mauvaise grâce. J'ai le temps de capter son regard, une brève seconde, pour voir qu'il est a peu près aussi à l'aise que moi.

"Vous auriez pu me dire de regarder le plafond."

Je dis plus rien, vu q'il a posé ses doigts de médecin là ou ca fait vraiment mal. Je me contente de serrer les dents, et je regarde les deux tours, pour penser à autre chose. Ca peut paraître étrange, de s'apaiser à coup de représentations d'explosion, à coup de représentation d'attentat. Mais tout est là dedans. Ma mère, mon père par voie de fait, et moi, coincé sous de quelconque décombres, dans le noir. Je range mon violon, et je regarde la grande Dame brune s'étirer derrière la fenêtre. Son oeil de cyclope sourit. Elle fait bouger sa chevelure et une des perles dévale la longue crinière de velours.

"Une étoile filante. Vous voulez faire un voeu ? ... C'est quoi votre nom ?"

Je sais pas pourquoi j'ai dit ça. C'est totalement con, et j'aurais mieux fait de la fermer. Mais la situation est gênante pour rien, ce type me met mal à l'aise et le silence m’oppresse. Je suis obligé de me faire soigner par lui, mais pas obligé de subir le bruit oppressant de son attirail. Après tout, c'est sur moi qu'il travaille, alors j'aime mieux en savoir le moins possible.
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MessageSujet: Re: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Mar 22 Oct - 18:16

KYLE

De garde.

Ils m'avaient collé de garde. Depuis que j'étais entré à Wynwood, j'avais fait ce genre de choses peu de fois. La plupart du temps, cela concernait des lycéens atteints de maladie grave qui faisaient un malaise ou une rechute. Ma présence était alors requise lorsqu'il fallait les amener à l'hôpital pour transmettre le dossier et raconter comment se passait le suivi médical. Dans le cas présent, cela n'avait rien à voir avec une quelconque maladie ; un petit con, Rho Kappa (pléonasme) avait décidé de jouer aux pro de l'escalade sur le mur de l'établissement. On l'avait retrouvé avachi par terre, en sang. C'était un pion qui m'avait appelé. Les infirmières avaient toutes les deux pris leurs congés pour le week end, et malgré les appels répétés, il n'y avait que moi qui avait répondu. Qui plus est, il faudrait apparemment des soins assez délicats pour le gamin, même si le type n'était pas un expert. Je m'étais levé en grommelant, repoussant le bras griffu de ma copine qui me demandait en marmonnant d'une voix ensommeillée (donc grave et éraillée,c'était vraiment flippant) où j'allais. J'avais beau lui dire que le lycée m'appelait et que c'était urgent, elle ne me laissa partir que lorsque je la menaçais de me munir de morphine pour l'empêcher de me retenir. Elle s'était tournée en grognant. Eva n'était pas une facile, mais je l'aimais comme ça, après tout.

J'avais pris la voiture, direction Wynwood, en maugréant dans ma tête qu'il ne fallait quand même pas trop me prendre pour un con. J'étais la bonne poire de ce bahut, celui qui disait toujours oui. Pire encore, le pion m'expliqua que la raison de cette chute lui semblait purement et simplement vaseuse. Si le gamin était tombé pour rattraper un pinceau, il serait tombé tête la première, et on l'aurait sans doute retrouvé mort. Son avis à lui, c'était qu'il avait voulu grimper sur le toit et qu'une mauvaise prise l'avait fait glisser. Et bien sûr, ce petit con avait les mains colorées. De la peinture. ça collait avec le pinceau certes ; mais depuis quand les Rho Kappa étaient -ils sensibles à l'art, ces gros lourdeauds sans cervelle ? J'avais seulement affaire à un abruti qui avait décidé de faire chier le monde à deux heures du matin. J'avais bien l'intention de faire compter ça en heures supplémentaires. En arrivant, j'échangeais quelques mots avec le surveillant de nuit, devant l'infirmerie. Apparemment les blessures n'étaient pas très graves, même si c'était impressionnant. Il avait perdu pas mal de sang mais avait encore de l'énergie. Ce n'était pas très étonnant de la part de ce genre de type. Je me demandais bien ce qu'il foutait sur ce mur. Je ne croyais pas une seule seconde à l'excuse du pinceau. Et quand bien même ce serait vrai. Le pinceau, il était où ?

Je remerciais finalement le jeune homme à la torche, qui retourna tranquillement faire sa ronde, sans doute heureux de voir qu'il s'était passé quelque chose durant la nuit. Je le plaignais, le pauvre. Les heures ne devaient pas passer bien vite. Du reste, moi, j'étais encore sacrément dans le gaz ; j'étais à environ un bâillement toutes les deux minutes. Je savais le gosse allongé, sûrement endormi ; j'avais bien l'intention de me faire un petit café avant de voir de quel mal il était atteint. J'entrais dans l'infirmerie, baignée dans la pénombre. Je n'allumais pas la lumière, mes yeux était habitués au noir. Je n'avais pas envie de ce genre de réveil. D'abord un café, ensuite la lumière. Je passais rapidement devant la salle de repos...

...Pour me retrouver nez à nez avec quelqu'un qui me fonça littéralement dans le bide.

Le choc de l'impact me fit basculer en arrière. Je parvins cahin-caha à garder mon équilibre, encore à moitié endormi ; puis me décidais à allumer la lumière pour connaitre l'identité de ce qui m'était rentré dedans. Un petit coup sur l'interrupteur, et enfin le trublion m'apparut. Il s'était prestement écarté de moi et tentait déjà de se barrer en direction de la sortie. Le gamin qui était tombé du mur du lycée. En quelques pas (de course), je le rejoignis et l'attrapais par le bras. Lorsqu'il se retourna, je pus enfin voir un visage, enfin, derrière quelques croûtes de sang séché. Un petit brun au regard dur, qui me fixait un peu comme si j'étais un déchet accroché à son pantalon. Le genre de truc qu'on enlève d'une pichenette avec une grimace de dégout. Ce regard là ne me plut pas du tout ; et je m'étais levé du pied gauche. Mais ma réputation de grand calme me précédait, et il était hors de question que je me mette, sans raison, à gueuler après un môme, même si c'était le dernier des petits crétins. Une meilleure prise sur son bras, et j'y étais. Il avait une belle gueule. Tout à fait le genre à charmer de la nana. C'était à la fois fascinant et écoeurant. Je fronçais les sourcils, prêt à le trainer dans mon cabinet s'il le fallait.

"Minute. T'as l'intention d'aller quelque part ?"


Je relâchais la prise sur mon bras, en me disant que s'il se barrait, le pion n'aurait qu'à le cueillir dans sa piaule et à me le ramener. Avec punition chez Cannon en prime, et quelque chose me disait qu'il n'en avait pas franchement envie. Un petit sourire en coin apparut sur mon visage. Puis s'envola, aussi vite qu'il était venu. Il m'agaçait trop pour m'être sympathique, c'était un fait. Qui plus est, j'étais loin d'en avoir fini avec lui ; je risquait même d'y passer une nuit entière.

"Non parce que, si tu veux, je suis un peu là pour toi, alors tu vas faire demi-tour et m'accompagner pour que je te soigne, d'accord ? Histoire que je ne me sois pas levé pour rien."

Merci Dieu.
Ah le salaud ! Il n'existe pas !
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MessageSujet: Intéressant [Pv my amore] (- de 16 ans et à ne pas archiver)   Dim 20 Oct - 19:58

AZRAËL

Intéressant. La pièce toute blanche aux meubles chromés, la vague odeur de citron. In-té-ré-ssant. La lumière jaune du néon, qui repeint les murs de pisse. L'odeur vague de cours de biologie. In. Dedans. Dedans. Dans la salle, en dedans de moi-même, dans la douleur, les pupilles dilatées par la sensation. Ça fait mal. Je suis vivant. Vivant. En dedans et en dehors. C'est rouge, ça coagule vaguement. Non, ça pisse, je suis en train de repeindre l'endroit, et je trifouille là dedans. Ma main pleine de peinture et maculée de sang qui part sur le mur. Je tague. J'entends vaguement la voix du pion qui dit que ce n'est pas une bonne idée. Shooté à l'adrénaline.

Té. J'attends. On m'a dit "bouge pas". Je ne bouge pas. Il n'y a que mon doigt qui bouge, pour ajouter des détails, pour dire. J'ai quand même eu de la chance. J'ai toujours de la chance. Chaque bouffée d'air est une chance. Taie. La douceur de l'oreiller. Vaguement plastique, le contact contre ma joue. C'est poisseux comme un liquide. Sueur ou rouge parme. Ré. La raie du cul. Ok, ce jeu est con. Allons donc jusqu'au bout. Reste le "ssant". Sans cerveau, pour le surveillant qui m'a récupéré et a qui j'ai raconté que je me suis viandé en me penchant à la fenêtre de ma chambre pour rattraper un pinceau. Ça passe crème pourtant ! Destroy dans la pelouse, pris en flag par la lumière de la lampe de poche que cet enfoiré m'a mis dans la tronche. Un vrai lapin de garène. Le menton ouvert, les  bras rappés jusqu’à en avoir totalement oté la peau. Déraper et se casser la gueule sur 4 étages, ça n'aide pas. Contre le mur, essayant de m'attraper partout, rester en contact surtout, et le mur de crépis. Pourquoi on crépit les murs à une telle hauteur, sérieusement ? J'ai cru que mon bras allait se décrocher quand ma main c'est refermée sur un volet. Il me lance vaguement. Mon corps à claqué contre la balustrade du 5ème étage. Je me suis hissé comme j'ai pu. J'ai attendu là quelques minutes, le cœur en escalade, les sens à l’affût, la douleur s'étendant comme le poison d'un serpent qui à mordu.

Le retour, c'était les doigts dans le nez. L'escalade pour retourner sur le toit, l'escalier de service. J'ai terminé mon tag. C'est le bruit d'une fenêtre qui s'ouvre qui m'a fait trébucher pendant que je contemplait mon oeuvre. Mon menton à claqué contre le parapet, mes doigts se sont fracassés contre le béton, et la dégringolade. La façade d'un immeuble, c'est plein de trucs qui s'élancent en perpendiculaire, et taper dedans, ça pique.

Sans. Le haut tellement écharpé qu'il y a plus de trous que de tissu. Sans manche ! C'est un vêtement sans. Je me mets à rire. C'est comme pour les strings. Vous savez, ces petits morceaux de tissus indécents que portent les jolis morceaux de viandes dont les messieurs raffolent, ceux là qui moulent le sexe et rentrent entre les fesses, ces petites choses inutiles et tue-l'amour. Ceux-là coûtent plus cher qu'un vrai sous vêtement, tout en dentelle et transparence. 'Sur que mon haut à capuche et sans manches ferait sans doute fureur. Et ces traces de sang qui maculent l'ensemble, aucun doute que les émos se l'arracheraient. C'est épais sur mes doigts, comme de la peinture qui est en train de sécher.

La salle prend des aspects de film d'horreur. J'ai éteint la lumière, elle me détruisait les lieux. Il fait bleu sombre partout autour, les murs sont bleus, le sol aux allures de peinture à l'huile et ce qui macule les manches après tout, ce n'est que du noir. Un faux noir, vaguement brillant. Ca brûle et c'est froid tout à la fois. J'ai envie de rentrer chez moi. Même si la vision d'une infirmière sexy ne me rebute pas. Sauf que les infirmières sont rarement sexy. Surtout réveillées en pleine nuit. Et puis j'ai vu mon lot d'infirmières. Les vraies sont rondouillardes, vieillissantes, gentilles comme des foules de mères jalouses. On se fait houspiller, malmener, et couver jusqu'à ce que mort s'en suive. Et généralement, c'est encore ce qui fait le plus mal. Ces vieilles pies me manqueraient presque. Pourtant je ne suis pas le "client" le plus sympathique de tout les temps.

Les infirmières scolaires ça par contre... Ça pue. Je veux pas finir rafistolé par quelqu'un qui c'est fait recaler et qu'on a redirigé vers les écoles en se disant que ça irait très bien comme ça. J'ai évité l'heure de colle, le surveillant, sans être convaincu par ma version, n'ayant pas eu la grande idée de fouiller les buissons. qui m'environnaient. Mon sac à dos est resté bien planqué, lui et toutes ses bombes de peinture. Bon. Le pion s'est barré. Je tente une sortie. Regagner ma chambre, soigner tout ça rapidement, et dormir.  J'heurte un corps dur, du genre solide. Un mur au milieu du couloir. C'plutot bizarre. Mais j'y vois pas grand chose, j'ai du taper un angle sans faire gaffe. Je contourne l'obstacle pour tailler la route.
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