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 [X] Aphrodisiac. [Max] [X]

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeJeu 15 Nov - 15:18

Eva et Maxwell
Aphrodisiac

Eva sembla surprise par ma question. Elle ne me répondit pas de suite, préférant poser son fils sur le lit. Ses doigts vinrent ensuite s’enrouler autour des miens, et elle me lança un regard presque désespéré. Se levant ensuite, elle prit son fils dans ses bras et me fit signe qu’elle revenait. J’acquiesçai d’un signe de tête, et elle se leva pour aller remettre son enfant dans sa chambre. Quant à moi, j’ôtai enfin son peignoir trop petit pour moi, et le posai sur la chaise près de son lit. Je n’attendis pas qu’elle revienne pour me glisser sous les draps. Je me rendais compte que j’étais épuisé. Pas tant physiquement… Non, il s’agissait plutôt d’une fatigue mentale. L’accumulation de toutes ces années, la prise de conscience, cette soirée,… Cela faisait beaucoup, pour un seul homme.
Les yeux fixés au plafond, les mains dans la nuque, j’attendis. Eva revint et s’allongea à mes côtés. Doucement, du bout des doigts, elle me caressa le bras et me demanda de rester. Une fois de plus, j’approuvai d’un signe de tête vague, perdu dans mes pensées. Au bout de quelques secondes, cependant, je glissai mon bras sous sa nuque et la tirai contre moi. Depuis combien de temps n’avais-je pas simplement dormi avec une femme dans les bras ? Beaucoup trop longtemps, à mon sens.

Quand je tournai la tête vers elle, je constatai que la jeune femme m’observait. Plongeant mes yeux dans les siens, d’un vert étonnant, j’attendis le verdict. Parce que je sentais bien qu’elle voulait parler. Et c’est ce qu’elle fit : « Max... Tu vas faire quoi, après ça ? Je veux dire, demain tu rentres chez toi. Mais après ? Est-ce que tu vas me revoir ? ». Je n’eus pas le temps de répondre qu’elle ajouta, plus bas : « Je veux dire... Enfin, c'est que... Moi, j'aimerais bien te revoir ». Je lui souris, amusé. Eva Esperanza courbant l’échine et réclamant un second rendez-vous ? Étonnant. Elle insista, face à mon absence de réponse.

Je roulai sur le côté et posai ma main sur sa joue pâle. La caressant avec douceur, je réfléchissais à la question. Allais-je réellement la revoir ? Oui, sans doute. Mais dans de pareilles conditions ? Je n’en avais pas la moindre idée. Je décidai donc de me montrer franc. « Je ne sais pas, Eva. Tu es une personne étonnante… mais j’ai besoin de temps. On ne tire pas aussi facilement un trait sur tant d’années de vie commune avec une femme » lui dis-je, tout bas. « Dors, maintenant. Nous en reparlerons demain… il est tard, tu sais ? ». J’avançai ensuite mon visage vers le sien et posai un baiser sur ses lèvres. Mes mains, sous les draps, cherchèrent son corps et l’attirèrent à moi. Une fois blottie dans mes bras, Eva ne semblait pourtant pas rassurée pour la cause. Mais il était trop tard pour discuter de ça. Je lui souhaitai une bonne nuit et fermai les yeux, me laissant rapidement envahir par le sommeil.

Le lendemain matin, je me réveillai longtemps avant elle. Nous étions toujours dans les bras l’un de l’autre, à ma grande surprise. Doucement, je me dégageai de la jeune femme et sortis du lit. Une fois rhabillé, je quittai la chambre sur la pointe des pieds, puis la maison. J’avais aperçus une boulangerie, en venant, le soir avant. J’y achetai des croissants, des pains au chocolat et des brioches, ne sachant pas ce qu’elle préférait. Une demi-heure plus tard, j’étais de retour chez la fille aux cheveux rouge, avec le petit déjeuner. J’avais dans l’idée de le lui servir au lit… mais je me rendis compte qu’il était trop tôt pour cela. Cette attention était trop… trop. Alors, je posai le tout sur la table de la cuisine et dénichai un calepin pour laisser un mot. « Merci. Je vous en dois une. J'espère que vous apprécierez le petit-déjeuner ». Retour au vouvoiement, naturellement. Et je partis.

Suite aux terrains de sport, après le match.



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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 6 Nov - 23:28

    Un instant, j'observais la scène, perplexe.

    J'étais là, assise sur mon lit, à moitié nue, mon fils dans les bras, tétant tranquillement son biberon de la nuit. Max, près de moi, vêtu de mon peignoir rouge, s'était penché en avant pour caresser les petites jambes de mon fils. Jamais un homme n'avait touché mon fils. Aucun. Le médecin était une femme. Il était le premier, à poser sa main masculine sur le petit corps de Mateo. Sentir la pression de ses doigts sur la jambe de mon fils me fit légèrement frissonner. Ce devait être Lancelot qui aurait dû le toucher. Le premier. Son père. Son vrai père. Au lieu de cela ? Il avait fui. Ma vieille rancoeur monta, comme une rage intense, au fond de moi. Je pensais que cela s'était calmé, depuis la visite de Ludivine. Mais il n'en était rien. Je le haïssais toujours autant, de m'avoir abandonné. Je laissais le silence s'installer, peu à peu, songeant à ce que j'avais vécu ces deux dernières années. C'était une histoire de fous. Et où en étais-je à cet instant ?

    J'étais toujours au point mort, à dire la vérité.

    Et puis, l'incompréhensible. Il me demanda si je voulais qu'il parte. Je l'observais un moment, droit dans les yeux. Quelque chose dans son regard me fascinait. Quelque chose, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. C'était infime, mais c'était visible. Je baissais les yeux. Posais avec une délicatesse toute entière mon fils sur le lit, la tête sur l'oreiller. Puis, je pris la main de Max dans la mienne. Autant de douceur venant de moi en une soirée, c'était rare. Très rare. En fait, c'était très inhabituel. J'avais seulement besoin de lui. Pour cette nuit au moins. Bien que les questions se bousculent en masse dans ma tête, à cet instant. Je ne dis pas un mot, pour le moment. Je voulais qu'il comprenne, qu'il fallait qu'il reste. Il avait vu mes enfants. Nous venions de faire l'amour, et je l'avais laissé explorer mon intimité, comme jamais aucun autre des hommes que j'avais fait enter sous mon toit ne l'avaient fait. Ma maison, mes enfants, moi-même, tout avait été presque passé au crible. Il n'y avait bien que mon passé qu'il ne connaissait pas. Ou peu. Seulement ce qu'il avait lu dans mon dossier, à savoir rien.

    Je me levais, attrapais lentement Mateo, qui venait de s'endormir. Je fis signe à Max que je revenais, puis que déposais lentement mon fils dans sa chambre, dans sa turbulette. Puis je fermais la porte. Je savais que Sonata ne dormait pas, et qu'elle écoutait avec attention tout ce qu'il se passait dans ma chambre. Mais comment aurait-elle pu comprendre ce qui se passait ? Alors, je la laissais faire. Je lui expliquerais plus tard. J'entrais de nouveau dans la chambre, me promettant intérieurement que plus rien ne pourrait nous déranger, à présent. Je m'allongeais sur le lit, près de lui. Laissais mon doigt glisser le long de son bras.

    "...Reste. S'il te plait."

    J'avais cruellement besoin de sa présence, et en même temps je ne rêvais que d'une chose : qu'il s'en aille. Pour oublier ce qu'il venait de se passer. Cette soirée mouvementée. Cette manière dont il m'avait séduite. Il m'avait faite prisonnière, tout simplement. De lui. De tout. Je ne savais pas comment il avait réussi. Mais il l'avait fait. J'étais accrochée à ses pieds, comme on est réduit en esclavage. Il venait de mettre à néant toutes ces années, où j'avais fait l'effort de me forger un caractère solide et bien trempé, quelque chose de bien à moi, quelque chose de violent et de puissant. Quelque chose, qui faisait que je pouvais tuer sans hausser ne serais-ce qu'un sourcil. Ce que j'avais fait autour de moi, cette boule de titane indestructible, venait de se craqueler au contact chaud et puissant de cet homme que je ne connaissais qu'à peine. Mais je songeais à une chose, et une seule. Sa femme avait beaucoup de chance de l'avoir. Il représentait la sécurité, la sûreté. Le calme et surtout, la stabilité. J'en manquais cruellement, pour ma part.

    Moi, j'étais cette jeune femme à qui on jetait des regards inquisiteurs, dans la rue. J'étais une sorte de monstre, qu'on dévisageait, elle, flanquée de ses deux gosses, sans papa pour lui tenir la main. J'étais cette femme qu'on attrapait par les hanches le soir, qui nous virait le lendemain matin, et dont on vantait les exploits comme si elle n'était rien de plus qu'un vulgaire cheval de course. J'étais la salope, la colérique, l'infernale Eva, celle que la moitié de Wynwood détèstait, alors que l'autre moitié m'évitait comme la peste. Mais j'étais aussi aimante qu'une lionne avec ses petits, aussi tendre qu'un chaton, aussi douce que le velours, seulement, lorsque je le voulais, et je choisissais avec qui. Jamais je n'avais giflé Sonata. Jamais je n'avais crié sur Mateo. Avec eux, j'étais la mère protectrice, la mère qui aurait pu mourir pour eux. Mais cette image de moi, il ne la connaissait que peu. Pourtant, voilà que je me dévoilais, là, à moitié nue sur mon lit aux draps rouges, allongée contre le corps de mon proviseur de lycée. Un homme de vingt ans mon aîné. Un homme fascinant, qui devenait pour moi un indispensable.

    Mais je savais que cela n'allait être que de courte durée. Demain, il rejoindrait sa femme. Il la prendrait dans ses bras. Ou bien il la quitterait, pour mieux coucher avec d'autres jeunes filles, comme moi, peu farouches. J'étais sans nul doute la première sur une longue liste. Je songeais à tout cela, alors que je l'observait, de haut en bas. Il avait tout pour lui. Le charme, le physique, le baratin... Sans doute avais-je été trop naïve. Je l'avais été pour Liam. Pour Apollo. Pour Lancelot. Et voilà ce que j'étais devenue. Une fille facile, flanquée de deux enfants, sans figure masculine pour en prendre soin. Il fallait que je me fasse une raison. Tout ce que j'entreprenais se transformait en échec cuisant. Je détruisais tout ce que je touchais. En fait, je ne m'en étais pas rendue compte.

    Mais j'étais réellement malheureuse, depuis tout ce temps.

    Je fixais Max dans les yeux. Il fallait au moins que je lui demande. Que je sache.

    "Max... Tu vas faire quoi, après ça ? Je veux dire, demain tu rentre chez toi. Mais après ? Est-ce que tu vas me revoir ?"


    Mon dieu. Je me croyais dans un feuilleton. J'étais pitoyable.

    "Je veux dire... Enfin, c'est que... Moi, j'aimerais bien te revoir."
    murmurais-je d'une toute petite voix. Cela ne me ressemblait pas. Pas du tout.

    "Donc dis-moi. Qu'est-ce qu'on va faire ?"


    Ma voix avait retrouvé un peu plus de panache. Je m'étais inquiétée de ne pas la retrouver intacte.
    Ouf.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeLun 5 Nov - 18:18

Eva et Maxwell
Aphrodisiac

Eva me lança un regard impénétrable, avant de finalement se décider à me rejoindre sous la douche. Nous nous savonnâmes un instant chacun de notre côté, en silence. Quand elle me tourna le dos et que je vis cette surface d’albâtre devant moi, sur laquelle les gouttes glissaient sans pouvoir s’accrocher, j’y posai les mains. Elle sursauta, légèrement. Je l’apaisai d’un murmure doux et commençai à lui masser le dos, en étalant du gel douche sur celui-ci. Il devenait mousseux, sous mes doigts, et faisait glisser mes mains à merveille tout contre sa peau. Un début d’érection souleva mon sexe, qui toucha ses fesses.

Nous échangeâmes ensuite nos rôles, et ce fut à son tour de me savonner. Pendant qu’elle s’appliquait, je dirigeai mon visage vers le jet d’eau froide et fermai les yeux. J’étais bien. Elle aussi, sans doute. Quand nous fûmes propres, Eva me serra dans ses bras, la tête posée dans mon dos. Je fus assez surpris de son geste, à vrai dire. Je ne m’attendais pas à une telle tendresse de sa part.

L’idée que je me faisais d’elle changea.

De femme forte, elle devint fragile. J’avais l’impression d’avoir tout contre moi une poupée de porcelaine, qui ne demandait au fond qu’un peu d’attention. C’est toujours ce qu’elle avait fait. Eva voulait qu’on l’aime, tout simplement. Et je ressentis cette vérité dans l’étreinte de ses bras entourant ma taille.

Doucement, je me retournai pour lui faire face. Nos lèvres se rejoignirent, et elle me caressa la peau avec douceur. C’était étonnant. Vraiment. Cette attitude me faisait presque penser à Irina. Irina… seule, dans notre lit, qui devait se demander où je pouvais bien me trouver, à l’heure actuelle. Se douterait-elle que je prenais une autre femme qu’elle dans mes bras, rompant ainsi tous mes serments, prononcés le jour de notre mariage ? J’en doutais. Irina me connaissait. Elle savait que je n’étais pas homme à tromper ma femme. Droit dans mes bottes. Oui. Je l’étais. Mais Eva Esperanza m’avait ouvert une porte, ce soir. Une porte vers la liberté. Certains diraient vers l’Enfer. On a qu’une vie, c’était ainsi.

La demoiselle aux cheveux rouge coupa ensuite l’eau, et se redressa. Comme si elle avait entendu quelque chose. Ce n’était pas mon cas. Enfin… jusqu’à ce qu’une petite voix dise : « Maman... J'ai fait un cauchemar... ». Je sortais de la douche à l’instant, quand le regard d’une gamine à peine réveillée se posa sur moi.

Voilà qui était embêtant.

« C'est qui le monsieur tout nu avec toi, Maman ? », demanda la fille d’Eva. Effectivement, j’étais tout nu. Encore plus embêtant. Une serviette de bain jetée à mon visage me couvrit la vue quelques secondes, puis je la bougeai pour l’enrouler autour de ma taille, alors que la mère surprise et en colère hurlait après sa fille, qui portait un bien drôle de prénom : « SONATA !!! ». Était-ce elle qui s’était moquée du prénom de ma benjamine ? Évidemment, Sonata c’est beaucoup mieux. Les femmes ont vraiment des goûts de... ah, autant le dire franchement : de merde ! Dire que j’avais laissé faire ça… Voilà sans doute pourquoi ma fille m’en voulait tant.

Au loin, un cri abominable de bébé braillard se fit entendre. Ah, il ne manquait plus que ça. Eva entraina sa fille hors de la salle de bain en me lançant un regard contrarié. Comme si c’était moi qui avais crié. Elle ne manquait pas d’air ! « Excuse-moi. Je reviens dans une minute » m’annonça-t-elle. Je haussai les épaules et la regardai partir.

Une fois essuyé, je trouvai le peignoir d’Eva – rouge, comme c’est étrange – et l’enfilai. On ne sait jamais, des fois que je croiserais ses moutards encore une fois. Je rejoignis la chambre, pour trouver Eva et un bébé allongé sur elle, dans le lit. « Tu as fait la connaissance de Sonata... Et voici Mateo. Je ne pensais pas qu'il se réveillerait. Excuse-moi » me dit-elle, visiblement toujours contrariée.

Bah. Après tout, était-ce bien grave ?

« Ce n’est rien » lui dis-je, en me glissant à côté d’elle dans le lit. Je passai un bras par-dessus son épaule et de ma main libre, caressai doucement la jambe toute douce du petit Mateo, qui buvait son lait au biberon, en bon bébé qui se respecte. Est-ce que j’aimais les bébés ? A dire vrai, oui. C’est beaucoup plus facile à faire obéir, ça ne conteste pas les ordres, et ça pleure toujours pour une excellente raison. Pas comme les adolescents. Je soupirai, en pensant à mes deux enfants encore sous ma charge. J’imaginais déjà leur réaction quand je leur dirais que j’allais demander le divorce. Surtout celle de Justin. Lui qui faisait tout pour me contrarier trouverait sans doute un nouveau moyen de rendre les choses encore plus compliquées que ce qu’elles ne le seraient déjà. Enfin, nous n’en étions pas là.

« Est-ce que tu veux que je parte ? » demandai-je à Eva, après de longues secondes de silence, seulement brisé par les bruits de succion produits par son fils.


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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 30 Oct - 23:03

    Ce qui venait de se passer... Etait tout bonnement inconcevable.

    Ce ne fut que quand la voix de Cannon répondit à la mienne que je me rendis compte de l'énormité de la situation. Je m'étais jurée de ne plus coucher avec des hommes mariés. Question d'honneur, quoi. Histoire de ne pas passer pour la maîtresse salope tout juste bonne à faire grimper les maris aux rideaux. Je m'étais également jurée de ne pas avoir de liaison avec des personnes beaucoup plus âgées que moi. Cannon pouvait facilement être mon père. Et surtout, surtout, je m'étais jurée de ne jamais coucher avec lui. Pas lui. Pourquoi ?
    Parce qu'il me plaisait, tout bonnement, et tout simplement. Et j'évitais les gens qui me plaisaient. Comme la peste. Par le passé, ça n'avait été qu'une source d'emmerdes. Et j'avais l'intime conviction qu'avec Cannon, les emmerdes seraient multipliées par dix. Alors, je fis l'effort de ne penser à rien. De me dire que cette soirée n'en était qu'une de plus, parmi ma collection personnelle. Il se leva. Le corps luisant de transpiration. Alors qu'il était de dos, je l'observais, des pieds à la tête. Mais qu'est-ce je venais de faire ? Qu'est-ce qu'il m'avait pris ?

    Ce fut cependant réellement au moment où il me proposa de prendre une douche avec lui que je compris à quel point je m'étais mise dedans jusqu'au cou. Et le temps qu'il me faudrait pour me relever de ce nouveau futur coup dur.

    J'avais l'impression que ça recommençait, encore et encore. Une sorte de Sisyphe, quoi. Voilà ce que j'étais devenue. Mon dieu, j'étais conne à ce point là. Au point de réitérer mes erreurs trois fois de suite.

    Voilà à quoi je songeais, lorsqu'accoudée contre mon lavabo, j'observais le regard accueillant de Cannon m'invitant à prendre une douche en sa compagnie. ç'aurait été un autre, j'aurais refusé catégoriquement. Je m'apprêtais à le faire, d'ailleurs. Et puis j'entrais. La douche était largement assez grande pour deux. En silence, je laissais le jet me laver de ma sueur, de ce que nous venions de faire, de tout. Mais il était difficile de l'oublier après tout. C'est pas comme si Cannon était à poil sous ma douche à côté de moi, mais presque. La fraîcheur de l'eau ne me permit pas de mettre mes idées en ordre, cependant. Je me savonnais en silence. Presque honteusement, de m'être donnée de cette manière. Qu'allait-il penser de moi, maintenant ? Qu'allait-il faire ?

    La réponse me vint rapidement. Je sursautais, lorsque je sentis ses mains parcourir mon dos. J'ignorais si c'était prévenant, ou seulement pour pouvoir me toucher un peu plus. Et finalement je ne me posais pas la question. Je ne voulais pas savoir la réponse. Je me laissais seulement aller à ce contact. Savonnais le sien à son tour, sentant mes joues rougir lorsque je l'observais, de haut en bas. ça, c'était bien une première de ma part, de rougir comme ça. Lorsque l'eau rinça tout le savon, je posais un instant la tête sur son épaule, et fermais les yeux, laissant le contact frais de l'eau calmer mon esprit. Et celui de la peau de Cannon éveiller de nouveau mes questions. Mes bras entourèrent, comme par réflexe, la taille de mon amant d'une nuit, et je le serrais contre moi, sans couper l'eau de la douche. Je le serrais seulement contre moi. Tout bonnement, tout simplement. Et voilà, ce que je devenais peu à peu; Le mot que je détèstais. Maîtresse.

    J'étais devenue une putain de Maîtresse.

    Et ça, ça ne me plaisait pas du tout. Cela ne m'empêcha cependant pas de retourner le corps de Cannon, pour l'embrasser. Calmement. Avec même une sorte de tendresse cachée. Ma raison ? Je venais de la foutre à la poubelle, tout bonnement et tout simplement. Je me contentais de poser mes lèvres contre les miennes. Sans lui demander la permission. Sans rien. Juste comme ça. Puisque j'étais condamnée à devenir une Maîtresse, autant en être une jusqu'au bout. Je passais ma main dans son cou, dans ses cheveux mouillés. Caressais son corps avec douceur et tendresse. Comme je le faisais si rarement.

    Puis, brusquement, coupais le débit de la douche, et enfilais un peignoir. J'avais entendu quelque chose. Mais quoi ?

    "Maman... J'ai fait un cauchemar...."


    Oh merde.
    Les grands yeux bruns de Sonata Melody, bien que lourds de sommeil, semblaient avoir retrouvé tout leur éclat lorsque qu'ils se posèrent d'abord sur moi, puis sur Cannon, sortant à son tour de la douche. Sa question lui vint le plus naturellement du monde. Et moi ? Moi, j'en menais pas large.

    "C'est qui le monsieur tout nu avec toi, Maman ?"

    Je mis un instant à me rendre compte de ce qu'il se passait. Jamais, jamais je laissait mes enfants avec mes amants d'un soir. Jamais . Il était hors de question qu'ils vivent la vie débridée que je vivais. Alors, d'un geste brusque, j'attrapais une serviette de toilette et la jetais au visage de Max, l'encourageant d'un regard de se dépêcher pour couvrir son intimité. Le rouge me monta très vite aux joues, et je me mis à hurler.

    "SONATA !!!"


    Et voilà. La sirène venait de se réveiller. Je plaquais ma main sur mon front, désespérée. Il était quoi ? Deux heures du matin ? Ma nuit risquait décidément d'être très courte. Je jetais un oeil désolé (mais contrarié, TRES CONTRARIE) à Cannon.

    "Excuse-moi. Je reviens dans une minute."


    J'avais horreur que mes enfants voient des inconnus, aussi tard dans la nuit.
    J'envoyais rapidement Sonata dans sa chambre, qui ne se fit pas prier au vu de mon agacement, bien qu'elle jeta un dernier regard soupçonneux à Cannon avant de partir. D'un bond je rejoigns la chambre de Mateo, que je sortis du lit. Ce gamin avait une puissance de voix incroyable. ça éclatait les tympans. Après lui avoir rapidement préparé son biberon, je l'emmenais dans ma chambre, l'allongeais contre moi. Je vis la silhouette de Cannon apparaître à ce moment-là dans mon champ de vision.

    "Tu as fait la connaissance de Sonata... Et voici Mateo. Je ne pensais pas qu'il se réveillerait. Excuse-moi."


    Pour foutre en l'air vos soirées ? Appelez Sonata et Mateo Esperanza.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 30 Oct - 14:00



► Cela faisait tellement longtemps que je n’avais plus fait l’amour que j’en aurais presque oublié à quel point c’était agréable. Eva se chargea de me rafraichir la mémoire.

Au moment de l’orgasme, elle voulut crier, mais je plaquai ma main sur sa bouche pour la faire taire. Ses enfants dormaient peut-être dans la pièce jouxtant celle-ci, et je n’avais pas le cœur à entendre des pleurs maintenant. De mon côté… j’avais beaucoup bu, éjaculer ne fut donc pas si facile, et je dus m’agripper aux épaules de la jeune femme pour m’enfoncer encore plus en elle. Quelques secondes après elle, le plaisir se répandit en moi, vague fulgurante mais infiniment courte, presque immédiatement remplacée par une fatigue intense.

Une dernière étreinte, et nous nous séparâmes. Je roulai sur le côté, me retrouvant sur le dos, tandis qu’elle s’assit sur ses genoux, face à moi. Remettant ses cheveux en place, elle m’observa. Mes yeux à moi fixaient le plafond, tandis que je reprenais mon souffle perdu dans la bataille. Je levai un bras au-dessus de ma tête, ma main rencontra la cuisse d’Eva, que je caressai distraitement, l’esprit embrumé. A quoi je pensais ? A rien… absolument à rien. Je me laissais simplement envahir par l’état de grâce dans lequel je me trouvais. La voix de la fille aux cheveux rouge me surprit presque : « Vu tout ce que tu as bu, il est exclu que tu rentres chez toi ce soir. T'as qu'à dormir ici. Il y a la chambre d'amis... Ou la mienne. Je te laisse le choix ». Je quittai enfin le plafond des yeux pour l’observer. Comment aurais-je rentrer, de toute façon ? Ma voiture était restée devant le bar. En cela, j’avais été bien bête de la laisser là, surtout vu le quartier et la marque de ma bagnole. Mais bon… il était trop tard pour aller la rechercher, à présent.
J’avais envie de lui faire remarquer que je n’avais pas bu tant que ça. Je pouvais encore en boire une dizaine pareils avant de sentir qu’il était temps que j’arrête. Au fond de moi, je savais que l’alcool n’avait joué qu’un très petit rôle dans cette soirée… et dans le fait que je me retrouvais à présent allongé sur le lit d’une ancienne élève, entièrement nu et couvert de transpiration. « Est-ce que j’ai le choix ? Vraiment ? » lui dis-je alors en souriant, insinuant que j’étais tout de même obligé de rester là pour la nuit. Ce qui, dans le fond, ne me dérangeait pas du tout.

Je me levai et m’étirai, avant de me tournai vers Eva. « Dans ce cas, j’opte pour la douche » déclarai-je. Elle me montra la salle de bain et je rentrai dans la douche, que j’allumai en mettant le jet le plus froid possible. Me glissant sous le jet d’eau glacé, je lui lançai un regard. « Tu viens ? » lui demandai-je, adoptant un tutoiement qui me semblait opportun, mais que je forçais tout de même un peu, habitué à la vouvoyer.

© Pollo | Color : chocolate_
Words : 508_
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 30 Oct - 1:38

[X] Aphrodisiac. [Max] [X] Emilie-autumn-fixing-her-hair-o


    Adore-moi.

    Oui, adore-moi. Comme si j'étais la chose la plus précieuse, la plus désirable sur Terre. Touche-moi. Autant que tu le veux. Aime-moi. Autant que tu le peux. Laisses tomber les préjugés, oublie où tu es, qui tu es, pourquoi tu le fais. Oublie ton haleine alcoolisée, ton visage fiévreux, tes mains expertes me parcourant comme un frisson puissant. Laisses-moi t'expliquer ce que c'est, pour de vrai. Après des mois d'abstinence, ce soir, je te laisse atteindre un Nirvana que tu n'as jamais connu. Mes bras encerclent ton cou, se laissent entraîner dans une nouvelle course folle. Je m'abandonne, à tes bras, inconnu, étranger, ennemi, qui que tu sois. Laisses mon nez humer ton cou, mes lèvres cueillir les tiennes. T'embrasser jusqu'à en perdre mon cou. Mes oreilles, écouter tes soupirs. Mes mains, agripper ton dos comme pour me raccrocher au rêve que je vis. Laisse ma langue caresser la tienne, parcourir ton intimité dans ses moindres recoins, de la racine de tes cheveux à la pointe de tes pieds. Laisses-moi hurler, gémir, autant que je le voudrais. Tes mains me font frissonner. Tes mots, je ne les écoute plus. Je n'écoute que tes soupirs, je ne ressens que tes caresses. Comme c'est étrange. Ce n'est pas comparable aux autres fois. Pas comparable pour le moins du monde.

    Je ne t'aime pas.

    Mais alors que ton visage descend entre mes jambes, je songe un instant aux Autres. Aux plus importants. A ceux qui ont été comme toi. Avec qui le lien s'est tissé, seul.



    - M'en crois-tu capable ? ... Chaque détail de toi restera à jamais ancré en moi, Eva. Chaque moment passé en ta compagnie, la moindre parole que tu as un jour prononcée...

    Ma voix était douce, posée. Caressante. Ma main glissa dans son cou, puis sur son épaule que je dénudai tout à fait. La deuxième eu droit au même traitement, le tout très lentement. La sensualité qu'Eris dégageait m'émouvait à un point inimaginable. C'était la dernière fois que je la verrais en de pareilles circonstances, peut-être la dernière fois "tout court". Je me redressai sur les genoux, à califourchon sur ses hanches. J'enlevai sa nuisette superflue et dévoilai son corps à la blancheur d'albâtre. Mes yeux ne se lassaient pas de l'observer, tandis que mes mains apprenaient par cœur chaque courbe de son corps délicat.
    02/06/2010.


    Douceur dans chacun de tes mouvements, sauvagerie aussi, envie, seulement envie. Nudité. Toi contre moi. M'arrache des cris étouffés. Des soupirs. Des grognements de bête sauvage. Ma main se promène dans tes cheveux. Tu représente les fantômes de mon passé. Je me suis laissée faire, comme avec toi. Avec Eux. Les Importants. Les Oubliés. Mon passé me rattrape tellement vite, à chaque fois.

    Je ne t'aime pas.

    Une chaude caresse sur le visage, douce brulure. Les rayons du soleil l’illuminaient doucement. Quelle heure était-il ? Onze heures, peut-être midi ? Les paupières de Lancelot découvrirent paresseusement ses prunelles vermeilles, incitant instantanément ses iris à se rétracter. Trop de lumière. Il se tourna sur le côté, marmonna une plainte inaudible et peu articulée. Ses yeux se fermèrent à nouveau,
    s’enfuirent dans la touffe de cheveux colorés d’Eva. Quant à sa main, elle l’attira davantage contre lui. Qu’importe le temps qui passe, il voulait dormir de toute manière. Juste dormir. Et qu’on le laisse en paix. Grommellements féminin. Oh non. Il fallait qu’elle reste endormie. Que tout reste ainsi. Parfait immobilisme, ultime sérénité.
    19/11/2011 - Lancelot Perez


    Non, pas cette fois. Cette fois, rien ne sera pareil, et c'est la dernière fois. La dernière. Mon corps se libère à l'étreinte tortureuse de Maxwell Cannon. Mes bras s'agrippent aux tiens, t'obligent à remonter vers moi. Nouvelle série de baisers enflammés. Je refuse de me laisser faire, tu es un amant comme les autres. Je veux croire que tu ne seras jamais qu'un amant comme les autres. A mon tour. A mon tour de te supplicier. A mon tour de faire courir ma bouche tout autour de ton corps. Mon tour de passer ma langue, sur l'Interdit. Encore et encore. A toi de me supplier. A toi de me dire d'arrêter. A toi de m'enfermer dans une cage dorée. Et de me libérer. A toi, seulement, d'être maîtrisé par la Force que je suis. Laisses-moi faire de toi mon nouveau jouet. La torture est amusante. Mes mains, ma bouche, frôlent ton désir dressé, mais ne s'y attardent pas. A mes yeux, ce n'est qu'un signe de soumission de plus, de mettre ça contre mon palais. Mais mon corps ondule contre toi à la manière d'un reptile, se délecte de te voir allongé, presque immobile. Je te laisse un compromis. Deux natures de Feu ne peuvent s'opposer, mais se compléter. Faisons ça ensemble.

    Je te jure. Je ne t'aime pas.

    Enfin, je te laisse t'allonger sur moi. Pénétrer mon corps avec douceur mais fermeté. Tu as réveillé la Lionne. Je devrais te remercier. Rapidité et lenteur s'enchaînent. Tendresse et sauvagerie se mêlent aux soupirs, aux caresses, à la sueur qui coule le long de nos corps. Sensation étrange de ne ressentir aucune douleur morale, ni physique, aucun scrupule, aucune honte, à faire ainsi l'amour avec cet homme. Plus âgé. Marié. Connu peu, si peu. Mais je connaissais encore moins les autres. Je me donne à toi, méthodiquement, presque, sensuellement. Les draps retournés, nous bougeons trop. La chambre brûlante, celle de nos corps diffusée au travers de la pièce. Mouvements saccadés, puis doux. Je me laisse aller à cette demi-soumission, essayant de résister à cet instinct de femme. Mais il est dur de ne pas se laisser aller face à ce visage face au mien, à ces lèvres, à ce visage se réfugiant parfois dans mon cou, dans la creux de mes seins. Ses mains se baladant sur moi sans aucune retenue. Nous n'en avons pas. Bêtes sauvages. Etranges animaux que nous sommes. Et puis, l'explosion. Comme un torrent de lumière remontant du bas de mon ventre jusqu'à mes yeux. Les frissons qui parcourent mon corps. Le cri étouffé par ta main, tu es prévenant. Tu ne veux pas réveiller mes enfants.

    "Ma....ax..."


    Les hommes sont plus silencieux. Nous sommes neuf fois plus atteintes par l'orgasme qu'eux. Le cri ne se retient pas souvent, face à un tel déferlement de sensations. Indescriptible. Des millions de fourmis semblent partir de l'aine pour remonter au centre du cerveau. Des chatouillis diffus, une vague qui monte, avant l'acte final. Celui qui consiste à rester un instant immobile. A ne pas comprendre ce qu'il vient de se passer. Comme si nous avions perdu notre cerveau. Je me colle un instant à toi, me serre une dernière fois contre ton corps, respire une dernière fois l'odeur de ton cou, en sueur. Ma main passe machinalement dans tes cheveux. Epuisés. Deux grands esprits viennent de se rencontrer. Pleins de fougue. En mal de tendresse, aussi. Alcoolisés, également. Mais ça, ça n'a pas la moindre importance.

    Pourtant, je reste lucide. Et maintenant ?
    Non. Je ne t'aime pas. Pas cette fois.

    Je me redresse, lentement. N'aterrissant pas encore. Je me sens juste mieux. Sereine et calme. Assise sur mes genoux, face à toi, je remets mes cheveux en place. En silence. Mais je t'observe. Du coin de l'oeil. Qu'as-tu en tête ? Auras-tu tout oublié demain ? Ou reviendras-tu ? Finalement, je brise le silence. Une nouvelle fois.

    "Vu tout ce que tu as bu, il est exclu que tu
    rentre chez toi ce soir. T'as qu'à dormir ici. Il y a la chambre
    d'amis... Ou la mienne. Je te laisse le choix."


    D'habitude, ils s'endormaient tout simplement dans mes bras, Puis je les jetais dehors au petit matin. Mais là, non. J'étais prête à faire une exception. Il dormirait ici. Avec ou sans moi, il choisirait. Puis je le ramènerais chez lui le lendemain. Ou devant sa voiture, c'était lui qui voyait. Mais s'il choisissait de dormir avec moi... Ce serait à ses risques et périls. J'étais du genre remuante, avec un homme dans mon lit...

    Et je songeais qu'avec lui, ce serait d'autant plus tentant.
    Je ne t'aime pas.
    Mais te tutoyer est pour moi comme une évidence, maintenant.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeLun 29 Oct - 13:33



► La maison d’Eva Esperanza fait bientôt son apparition, après un trajet en voiture à la fois mortellement long, et à la fois juste un peu trop court. Tout dépend l’état d’esprit dans lequel je me situerais. Et comme tout s’embrouille, dans ma tête, les états d’esprit s’enchainent à une vitesse folle. Tantôt, j’ai l’impression d’être le Roi du Monde, une autre fois je me dis que j’ai décidément beaucoup trop bu, et tantôt encore j’ai l’impression d’être la pire raclure sur terre.

Nous pénétrons à l’intérieur. Le salon est grand, bien rangé. La seule chose qui clochait était ce chien qui nous courait dans les pattes. Je n’avais jamais eu de chien. Mes parents trouvaient que ça faisait désordre. Moi aussi.
J’observais les lieux, tandis qu’Eva payait la nourrice de ses enfants. Je me demandais si je les rencontrerais, une fois que le rideau de la nuit se lèverait.

Avancée rapide.

Son corset git sur le sol. Elle vient de l’enlever, libérant sa poitrine de son étreinte. Tout en m’attirant contre elle d’un geste possessif, elle me susurre quelques mots, un sourire au creux des lèvres : « Bienvenue chez moi, Monsieur Cannon... ». « Vous avez une bien jolie maison… et une bien jolie poitrine » lui répondis-je, tout en prenant en coupe ses seins dans mes mains. Nous sommes près de la porte de sa chambre, j’avance donc vers celle-ci, obligeant mon ancienne élève à reculer, en suivant mon mouvement. Quand son dos touche la porte, je dépose les paumes de mes mains de part et d’autre de son visage et me penche pour l’embrasser. Doucement, d’abord… mais l’excitation fait rapidement son œuvre, et nous nous emballons.

Je finis par la saisir aux cuisses et par la soulever. Ses jambes s’enroulent autour de ma taille, et je traverse la pièce jusqu’à son lit, sans cesser de taquiner ses lèvres. Quand mes genoux rencontrent le moelleux du lit, je me penche en avant et lâche Eva, qui tombe sur le dos. Je ne lui laisse pas le temps de réagir que je suis déjà sur elle, à l’embrasser encore et encore. Mon cerveau semble déconnecté, je ne pense à rien d’autre qu’à ce que je suis en train de faire.
Je me redresse, le temps de déboutonner ma chemise. Celle-ci rejoint finalement le corset d’Eva au sol, et mes mains plongent vers le bas de sa tenue, que j’enlève sans autre forme de procès. Son bas en dentelle, bien que très joli, suit le même chemin. Eva est à présent nue sous mes yeux, allongée sur le satin rouge de ses draps, dont la couleur se mêle à merveille avec ses cheveux. Il ne lui reste que son maquillage pour atour, et c’est très bien ainsi.
Sa peau diaphane contraste curieusement avec mon teint hâlé, lorsque je me rallonge sur elle. Je porte toujours mon pantalon, mais il ne tardera pas à disparaitre, lui aussi. Je la couvre de baisers, du lobe de son oreille vers son cou, ses seins, son ventre… Ma langue se joint à mes lèvres et je lui caresse l’aine, du bout de celle-ci. Je me laisse glisser au bas du lit et me retrouve à genoux devant celui-ci. Mes mains agrippent ses cuisses et je la tire jusqu’au bord du lit, puis reprends le jeu de ma langue aux endroits les plus sensibles de son anatomie.

Curieusement, j’ai envie de lui faire prendre son pied. C’est bien la première fois que je m’en soucie autant.

Je deviens le Maître de ses sens, ayant ma bouche pour seule épée, mes mains comme boucliers, luttant contre les soubresauts qui agitent son corps. Et je ne la lâcherai pas avant qu’elle me supplie de mettre un terme à son calvaire et d’achever ses souffrances en plantant mon sexe dans son vagin qui s’humidifie de plus en plus sous mes caresses.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeSam 27 Oct - 1:48

    Il ne savait pas ce qu'il faisait. J'en avais la certitude, à présent. Il ne savait pas du tout de quoi j'étais capable.

    Je risquais de m'attacher à cet homme. Et ce n'était bon ni pour lui, ni pour sa femme. Devais-je lui parler de Kitty ? De Lancelot ? De Pollo ? J'allais le faire. J'allais ouvrir la bouche pour le lui dire, pour le dissuader de réveiller la bête endormie au fond de moi. Celle qui dévorait l'affection comme un animal en jeûne depuis des mois. Celle qui ne prêtait plus attention à l'autre, mais juste à elle. Si je le voulais, je l'aurais, mais cela, il l'ignorait. J'étais très forte à ce jeu. Pollo était mort. Lancelot parti. Et moi ? Seule, tout simplement. Alors voulait-il tomber dans cette spirale, lui aussi ?

    Ou peut-être coucherait-il seulement avec moi avant de me briser le coeur. C'était une seconde option, que j'envisageais, plus que la première. Une relation sérieuse avec un homme marié ? ça tournait toujours au cauchemar. Aussi, lorsqu'il m'embrassa pour la seconde fois, je sentis que c'était ça, qu'il voulait réellement. Se prouver, en couchant avec moi, qu'il était capable d'être autre chose qu'un homme imposant sa volonté à sa femme. Qu'il pouvait mettre les voiles. S'amuser. Et même se taper des filles comme moi. Des filles faciles. Mais peu importe. Dans l'instant, je fis bonne figure, et répondis à toutes ses avances de manière calme. Il avait réussi son coup. Un magnifique coup de filet. Il m'avait eue, moi. Comment avais-je pu me faire avoir comme ça ? Cela restait un mystère entier. En attendant, il n'allait pas s'en tirer comme ça. Ce fut d'une voix presque enfiévrée qu'il me demanda où j'habitais. Ainsi, il avait choisi. Il me voulait. Pour cette nuit, du moins. Je commençais à m'abandonner aux bras de cet homme. Les cuisses fermement maintenues par Cannon. Couverte de baisers de tous les côtés. Et le pire ? C'était que j'aimais cruellement ça. Je voulais, et en même temps je ne voulais pas. Déchirée par le doute, je finis tout de même pas me laisser entièrement envahir par cette nouvelle sensation. Elles sont toujours différentes. Le lien se solidifiait. Je n'aimais pas ça. Mais avais-je seulement le choix ? C'était moi qui avais réveillé l'homme qu'il était. J'allais en assumer les conséquences. Et avec le sourire, s'il vous plait.

    Je me séparais de lui, calmement. Pressée comme j'étais, j'aurais volontiers pris une chambre dans l'hôtel d'en face. Mais non. Chez moi, il y avait mes enfants, et personne pour les garder le lendemain. Alors je l'amènerais chez moi. Sans répondre à sa question, j'attrapais sa main, et le conduisis dans la ruelle, là où était garée ma Maserati. Je le fis grimper, en silence. Silence qui dura tout le long du trajet. Je ne voulais pas parler. Juste en rester là où nous nous étions arrêtés. Ce trajet ne dura pas longtemps. Seulement le temps de me dire, dans le silence de la voiture, que je m'apprêtais à faire entrer mon ancien proviseur chez moi. Que je l'avais embrassé. Voilà qui était étrange. J'avais joué ? J'avais perdu. Ou gagné, je ne sais pas. Je fis tourner la clef de la villa, le fis entrer. Dans la maison, tout était silencieux. Requiem avait appris depuis longtemps à ne plus aboyer lorsque je rentrais. Il m'accueillit avec affection, jeta un regard torve à Cannon. Il n'aimait pas les étrangers. Et ils le lui rendaient bien, d'ailleurs. Sonata et Mateo dormaient. Je payais Maureen, en silence, et elle sortit discrètement, comme à chaque fois. Elle savais ce qui risquait de lui tomber sur le râble, si jamais elle me faisait une réflexion. Alors, dans la lumière de mon salon, je jetais un long regard à l'homme que je venais d'entraîner chez moi. Encore un.

    Mais cela ne s'était pas passé comme les autres fois. Comme avec tous les autres.

    Il était étrange. Presque inquiétant. Je ne le connaissais que si peu, et pourtant il représentait tout ce que j'enviais, tout ce que je désirais. Une vraie vie. Lui voulait la mienne. Mais savait-il quelles conséquences cette vie avait ? Sans doute, non. Mais pour l'heure, il s'en fichait. Je le dévorais des yeux. Je savais qu'il respirait la domination, tellement que c'en était palpable. Mais on ne jouait pas à ce petit jeu avec moi. Je n'étais pas du genre à se laisser faire. Sans doute serais-ce pour cela que pour lui, l'expérience n'en serait que plus étrange, plus nouvelle. Plus d'étoiles de mer, mec. Ici, les femmes bossent.

    Nous ne nous étions pas adressés la parole pendant tout le trajet. L'alcool nous faisait taire. Nous ne pensions qu'au moment auquel nous arriverions à la maison. Alors, je ne brisais pas ce silence. Je me contentais de m'approcher lentement de lui. De l'attraper par le col. Fort. Mais pas trop. Juste assez pour lui montrer que même si je l'avais emmené chez moi, même si ses caresses avaient electrifié chaque partie de mon corps, je n'étais pas femme à me laisser dominer. Alors, je l'embrassais. Une troisième fois. Et comme les deux premières, je me laissais entraîner dans cette spirale infernale de désir innomable. C'était une attirance presque animale. Deux forces qui se rencontraient. D'abord doux, ce baiser s'enflamma. Nous n'étions sans doute pas encore assez intimes pour faire appel à la tendresse. Qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Pourquoi ? Non, je ne devais pas. Non.

    Oh, et puis ta gueule, toi.

    Vue. Un homme à la forte stature, aux cheveux en bataille, au visage carré, sûr de lui. Aux yeux magnifiques. Aux mains fermes, au corps encore en très bonne forme. Un homme, un vrai. Celui des téléfilms. Le gentleman. Le parfait gentleman. Qui me tenait dans ses bras, dans une étreinte dangereusement brûlante.
    Toucher. Une peau lisse, avec peu de défauts. Un peu bronzée, chaude. Des vêtements rêches, frôlés du bout des doigts. Un peu de moustache, piquante, au dessus de mes lèvres. Des bras puissants qui m'entourent. Je suis ta prisonnière.
    Odorat. Comme une sorte de parfum enivrant, au creux de son cou. En a-t-il mis ? L'odeur naturelle, dans ses cheveux. Irrésistible. Il sent un peu l'alcool. Mais moi aussi, alors quelle importance ? Il sent l'Envie. La Luxure. Quels terribles péchés. J'irais brûler en Enfer.
    Ouïe. Soupirs. Mots. Etranges. Non prononcés. Que j'entends dans ma tête. Je te veux. Toi, et toi seul. Je t'embrasse comme si ma vie en dépendait, et je n'entends que le froissement de tes vêtements contre les miens, résonner dans ce salon immense. Je t'attire contre moi, je veux t'entendre soupirer.
    Goût. Tes lèvres sont salées. Ton cou aussi. Tu as transpiré. Mais je n'en ai cure. Je voudrais goûter chaque centimètre de ton épiderme. Mes lèvres frôlent le creux de tes épaules, déboutonnent, l'un après l'autre, les boutons de ta chemise. Mais ne la retire pas.

    Mes Cinq Sens sont en éveil. Mon cerveau, en ébullition. Tes pas suivent les miens, traversent le couloir, rythmés par nos soupirs. Ce n'était pas prévu au programme. Je retire mon corset. Je le jette à travers ma chambre. T'attire contre moi, quand tu crois t'écarter. Ce soir, nous jouons à deux, que tu le veuilles ou non. Mes lèvres se séparent des tiennes un instant.

    "Bienvenue chez moi, Monsieur Cannon..."


    Ce léger sourire qui s'étire sur mes lèvres.
    Laisses-moi seulement te montrer une dernière fois.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeVen 26 Oct - 13:27



► « Ce n’est pas bien, Cannon ».

Où est le bien, et où est le mal ? Ces notions sont tellement abstraites… On nous parle de sens moral. De valeurs. De fidélité… mais faut-il rester fidèle à une femme avec laquelle nous n’avons plus rien à faire ? Plus rien à vivre ? Si ce n’est un enfermement de plus en plus sûr. On est en 2012, merde. Le mariage ? Qu’est-ce pour les jeunes ? Une vaste blague ! Ils jurent fidélité, se promettent de se supporter dans les bons, comme dans les mauvais moments. Et puis quoi ? Le taux de divorce augmente, et augmente encore avec les années. C’est affolant. Mais pourquoi est-ce que je ne viendrais pas compléter les statistiques ? Parce que j’ai 47 ans ? Non. Je refuse. Je veux vivre dans l’air du temps, même si je suis né trop tôt pour ça. Vivre égoïstement, peut-être… mais tout ce que je veux, c’est vivre enfin ma vie. Cette vie dont j’aurais dû profiter lorsque j’en avais l’âge, plutôt que de me passer moi-même la corde de mon trépas au cou. Alors, non. Ce n’est pas mal. C’est bien. Pour moi… comme pour Irina. Elle aussi étouffe, dans notre relation. Il ne faut pas se mentir. Seulement, ni elle ni moi n’osons parler. Trop de non-dits dans mon couple… et trop de choses dans ma tête. Est-ce que… je veux juste arrêter de penser, juste 5 secondes ?

« Vous êtes marié. Demain, vous rejoindrez votre femme, et vous regretterez. Moi non, je n'ai aucune attache. Mais je ne veux pas briser votre ménage, vous comprenez ? Si... » me dit-elle, alors que ma décision était déjà prise. J’allais divorcer. Oh. Pas pour elle, non. J’allais divorcer pour moi. Et pour Irina. Pour Vanille. Je leur devais bien ça.
Peut-être le comprit-elle dans mes yeux, car elle cessa de parler. Nous nous observions, alors que je tenais toujours son menton entre mes doigts. De longues secondes s’écoulèrent, durant lesquelles je me forçai pour ne pas regarder ses lèvres. Ne même pas les imaginer sur les miennes. Ce n’était pas une question de pouvoir l’accuser. Du tout. Je voulais simplement qu’elle fasse le premier pas, pour garder le contrôle. Prendre le dessus. Et le désiré, pas celui qui désire. J’avais ce besoin de dominer les gens. Je l’avais toujours eu. Je suis de ces hommes qui ne supportent pas de se retrouver en-dessous, lors d’une relation sexuelle. C’est dans ma nature, c’est dans mon caractère.

Et Eva fit le premier pas.

Elle se jeta sur mes lèvres comme un chien affamé se lance sur un pauvre morceau de viande qu’on daigne lui offrir. Et Dieu, que j’aimais ça. Je pouvais sentir sa soumission, à sa façon de m’embrasser. Je répondis à son baiser, lâchai sa nuque pour attraper ses cuisses et la soulever. Je la plaquai contre moi, tandis que nous nous embrassions. Au bout de longues secondes, Eva se dégagea quelque peu de moi pour me poser une question que je jugeai sotte : « Est-ce que... C'est vraiment ça que tu veux ? Aller jusqu'au bout ? ». Je lui souris. « Embrassez-moi ». Une réponse, un ordre, qu’importe ?

En reprenant ses lèvres, peut-être la perturbai-je. Perturbée. Elle l’était, à présent. Par ma présence. Je me glissais dans son esprit, tandis que mes lèvres guidaient les siennes. J’étais peut-être un peu rouillé mais, sans vouloir me vanter, je la sentais réagir tout contre moi à mes baisers, bientôt accompagnées de caresses.

C’était libérateur. Purement et simplement.

Tel le serpent qui quitte son ancienne peau, je renaissais. Tel le phénix, je sortais de mes cendres pour changer de vie. Elle m’avait ouvert les yeux. Et ce soir… je lui ouvrirais les sens. « Où habitez-vous ? » lui demandai-je alors, en la serrant contre moi avec force, avant de glisser mes lèvres dans son cou. J’avais envie de la mordre. De lui faire mal, pour qu’elle se sente en vie, comme ce fut le cas pour moi dès la seconde où cette étincelle de folie s’était allumée dans mon regard.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 23 Oct - 23:47

    J'étais sortie.

    La fumée de cigarette me fit l'effet d'une nuée d'endorphines dans mon cerveau. Il fallait que j'oublie ce que je venais de faire. Ma tête commençait à me tourner. J'avais beaucoup bougé, ce soir, beaucoup bu. La cigarette et l'alcool, ne plus de cela, ne faisaient pas bon ménage. Appuyée contre le mur, j'attendis calmement le retour de Cannon, et dans ma tête ne résonnaient que les cris tonitruants des regrets. Pourquoi avais-je seulement fait ça ? Je refusais de mettre l'alcool sur le dos de ce que je venais de faire à l'encontre de mon ancien proviseur de lycée. Il était marié. Il touchait la cinquantaine du bout des doigts, moi, j'avais à peine vingt ans. Il était strict et autoritaire, j'étais une prédatrice en manque de stabilité. Rien ne pourrait fonctionner si...

    Mais si quoi ? Je m'attendais à quoi, franchement ?

    Lorsqu'il vint me rejoindre, j'avais déjà fumé ma cigarette à moitié. Il me la prit des mains, et tira une bouffée. Fichtrement étonnant. De sa part, parce que je le pensais trop coincé du cul pour fumer, et de la mienne, parce que que je l'avais laissé faire. Peu de personnes pouvaient se vanter de m'avoir enlevé ma clope des mains. C'était en quelque sorte un tabou que j'instaurais. Une fois de plus, je mis ma docilité sur le compte de l'alcool. C'était l'alcool qui me rendait aussi étrangement calme, oui. Et la fatigue de la danse. Je ne pouvais pas dire autre chose. Je n'avais aucune excuse. Encore moins lorsqu'il me regarda droit dans les yeux. Une lueur étrange s'était éveillée en lui. La même que la mienne. Celle que j'observais, lorsque je rentrais à moitié bourrée, et que je me passais le visage à l'eau froide, avant de rejoindre un énième amant. La lueur de folie, la lueur qui me montrait que j'avais réussi à briser les chaînes morales de cet homme. La vodka aidant. Mais en étais-je fière ? Aucunement. Qu'est-ce qu'il m'avait pris ? Cet homme avait tout ce dont je rêvais. Tout pour être heureux. Et moi, je venais, en une soirée, de briser une vie de quidam moyen, heureuse et sérieuse. Que j'avais honte de moi. Tellement honte de moi.

    Et puis il s'autorisa à me toucher. Sa main parcourut mon cou, ma nuque. Un curieux frisson parcourut mon corps. Personne n'avait fait ça, à part Liam. Ni Pollo, ni Lancelot s'étaient autorisés un toucher aussi tendre sur moi. C'était étrange. Comme si je revenais quatre ans, ou cinq, en arrière. Je réveillais mes souffrances passées, enterrées à des pieds de profondeurs, dans mon esprit déjà assez embrouillé comme ça. Il voulait que je l'embrasse, mais c'était un homme. Il ne le ferait pas le premier. Il voulait se détacher de toute culpabilité, pour dire le lendemain à sa femme que c'était moi, moi qui avait tout fait pour le faire plier. Que je l'avais fait boire, avant de danser comme une salope devant lui. Et puis je l'avais embrassé, et à moitié violé. Les hommes étaient tellement lâches.

    "Ce n'est pas bien, Cannon."
    murmurais-je entre mes dents. Son pouce était encore posé sur mes lèvres. Pas écrasé. Juste posé. Avec un calme admirable.

    Mais j'en crevais d'envie. De me jeter sur lui. Curieuse sensation. J'avais envie. Comme avec tous les autres, avec ce petit plus. Je m'étais dévoilée à lui. Lui aussi. Entre nous venait de se tisser un lien encore fragile, mais bien réel. Une troisième fois, pour moi. Une troisième déception en perspective, sans nul doute. Pourquoi, seulement ? Pourquoi ça me tombait dessus, ce genre de plan ?

    "Vous êtes marié. Demain, vous rejoindrez votre femme, et vous regretterez. Moi non, je n'ai aucune attache. Mais je ne veux pas briser votre ménage, vous comprenez ? Si..."


    Mais lorsque je croisais de nouveau son regard, je compris. Je l'avais ferré, il était tombé dans mon filet. Mais il venait de se transformer en prédateur, à son tour. Et je sentais le lasso se refermer autour de mon cou. Je pourrais dire ce que je voulais. Il ne lâcherait pas l'affaire. Pourquoi ne pas me laisser faire alors ? Je n'avais qu'à l'entraîner avec moi, pour coucher avec lui. Comme avec les autres.

    Mais je ne voulais pas de ça. Pas uniquement de ça.

    Il représentait tout ce que j'enviais, tout ce que je désirais et aimais. Il était tout ce que j'avais voulu. L'homme dont j'avais toujours rêvé, moins le machisme. L'assurance, la richesse, l'affection, l'humour, mais surtout, le sérieux et la... Fidélité. Loupé, sur ce coup. Bien que ce ne soit qu'un tout petit bisou. Mais dans ses yeux, je vis qu'il voulait la même chose que moi, pour ce soir. Mais que je devais bouger mes fesses, pour qu'il ne prenne pas la fuite. Pitié. Ne me demande pas ça.

    Mais si.

    Je pris ses lèvres comme j'avais pris celles de Liam, de Pollo, de Lancelot. Comme j'avais aimé, apprécié. Comme j'avais plié devant eux, je me plais devant lui. Et je l'embrassais, à pleine bouche, mes mains courant le long de son cou, autour de ses cheveux. Je l'embrassais comme s'il était un homme que je connaissais depuis toujours. Laissant ses mains se promener autour de moi comme il le désirait. Comme il le voulait. Je lui donnais tout. Comme il le voulait. Pour une fois, je ne choisissais rien. J'étais rabaissée. Pour lui. Pour cet homme.
    Je me détachais de lui, laissant mon visage à quelques centimètres du sien, et l'observais, de mes grands yeux émeraude. Ma question se fit comme un murmure à son oreille, un murmure que je ne voulais pas aussi désireux. Ne réveille pas le fauve, je t'en prie.

    "Est-ce que... C'est vraiment ça que tu veux ? Aller jusqu'au bout ?"

    Dis-moi seulement. Je te montrerais comment se terminent les fêtes, avec moi.
    Dis-moi seulement oui. Seulement oui.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 23 Oct - 13:23

C’est officiel, je n’aime pas ce mec.

Alors que je suis sur le point d’embrasser Eva, son grand ami Lynx s’interpose et me l’arrache, pour lui tendre un micro et lui glisser quelques mots à l’oreille. Une fois de plus, je m’entends songer que j’ai besoin d’un verre. A ce rythme-là, je rebaptiserai la chaussée bien plus vite que ce que je ne me l’étais imaginé en arrivant ici. Une fois de plus, la chanson change… et c’est reparti pour un tour. Eva s’approche de sa démarche féline et vient se recoller contre moi, si ce n’est qu’à présent, elle chante et danse. Polyvalence… des images débridées m’assaillent le cerveau, tandis que je croise son regard brûlant. Le manque de sexe me fait faire n’importe quoi… et je n’arrive même pas à culpabiliser alors que mon alliance me serre l’annulaire gauche. Quel homme dépravé suis-je donc devenu, en l’espace d’une soirée et de quelques vodkas ?

La fin de la chanson arrive. Micro en main, elle me regarde. Se colle à moi. M’embrasse. Ses lèvres sont douces et fermes à la fois. Une sensation de bien-être inexplicable m’envahit. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas agi avec simplement l’envie de le faire… sans penser aux conséquences de mes actes ! L’ai-je d’ailleurs déjà fait ? Tout est si contrôlé dans ma vie que ce baiser avec Eva est accueilli comme le Messie. Elle marcherait sur l’eau que ça ne m’étonnerait pas encore. Eva est un océan de fraicheur dans ma vie. Depuis quand s’est-elle infiltrée dans le système si conventionnel qui faisait auparavant que j’étais moi ?

Moi, Maxwell Jerry Cannon, je me déclare dysfonctionnant… et Dieu que ça fait du bien !

Mais alors que j’aimerais prolonger ce moment délicieux, la fille aux cheveux rouge se détache de moi. Un instant, elle m’observe et je lis le regret dans ses yeux. Si elle savait… Si elle savait à quel point je ne regrette pas une seule seconde cet instant. Elle m’a offert ce dont j’avais besoin. Ce que j’attendais peut-être depuis des années.

Le déclic.

« Ça vous dit de prendre l'air deux minutes ? Il fait très chaud ici. Et il me faut une clope » déclare-t-elle alors. Pour elle, la magie s’est brisée… mais je vais la rallumer en elle. La soirée est loin d’être finie. Et j’en veux plus. Qui me dit que lorsque j’aurai dessaoulé, demain, je ne serai pas envahi simplement de regrets ? Pire : de remords ? Cette conscience que j’ai de la situation est en quelques sortes effrayante. Depuis quand suis-je aussi… cruel ? Froid, je l’ai toujours été. Mais Irina… Irina est ma femme. Il faut que j’enfonce le couteau. Que je grave cette soirée au plus profond de moi, pour que son souvenir m’aide à faire ce que j’aurais dû faire depuis des années, sans vouloir pourtant me l’avouer : demander le divorce.
« Je vous rejoins », fis-je. Eva quitta la boîte, tandis que je me rendais aux toilettes. L’endroit était miteux. Je ne voulais pas pisser. Juste me regarder dans le miroir. Affronter le reflet de l’homme adultère. Le reflet d’un homme libéré. Cette étincelle de folie dans mon regard me rassura, étrangement. Et je sortis rejoindre Eva.

Une fois à l’extérieur, je respirai un grand bol d’air plus ou moins frais. Une main passée dans mes cheveux les décoiffa légèrement, mais qu’importe. Je n’étais plus à ça près. Rejoignant la demoiselle, je m’emparai de la cigarette qu’elle tenait entre ses doigts. Dans ma jeunesse, j’avais fumé, comme tous mes camarades. Mais cela n’avait pas duré longtemps. Juste le temps d’une brève crise d’adolescence. Étais-je en pleine crise de la quarantaine ? Toujours est-il que je tirai une taf sur la cigarette de la jeune femme, sans la quitter des yeux. Expulsant la fumée par le nez, je savourai le plaisir de sentir la nicotine s’infiltrer en moi, lentement mais sûrement. Je rendis ensuite sa cigarette à mon ancienne élève et rivai mon regard au sien.

Qu’est-ce qu’un autre aurait fait, à ma place ?

Doucement, j’approchai, sans la quitter des yeux. Ma main droite se glissa dans sa nuque et j’y exerçai une pression autoritaire. Avec fermeté, mes doigts suivirent le tracé de sa mâchoire jusqu’à ses lèvres, qu’ils caressèrent quelques secondes à peine. Ils attrapèrent ensuite son menton, et je relevai son visage vers moi. « Vous abandonnez déjà la partie ? » lui dis-je, un sourire narquois accroché aux lèvres.

Certes, j’avais bien envie de l’embrasser… mais ce n’était pas pour autant que j’allais me trainer à ses pieds. C’eut été mal me connaitre.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 17 Oct - 21:11

    Et les musiques s'enchaînent, les unes après les autres.

    Il me semble que le temps ralentit. Mon corps est devenu un brasier, qui brûle autour d'un homme, que j'ai hypnotisé. Comme tous les autres. Il ne me suffit pas que d'être une danseuse. Je suis aussi une femme. Regarde moi. Vois en moi le Désir de tout ce que tu n'arrives pas à avoir. Ressens l'attirance comme un poison qui coule dans tes veines. Laisse-moi te montrer toutes les facettes de la Perfection, cet être féminin qui vous tient tous. Ils me regardent. Ils ont oublié femmes, petites amies. A présent, ne compte plus que ce démon rouge au bassin insistant, qui se déhanche au rythme endiablé, puis plus calme, des musiques qui s'enchaînent encore. Je suis la reine des abeilles. Collées à mon miel, des mouches. Ils m'observent. Me regardent. Combien de nanas a-t-il fallu que je tabasse à la sortie des boites de nuit parce qu'elles voulaient protéger leurs mecs ? Mais moi, je n'avais rien de tout ça. Ni mec, ni jalousie, ni trahison. Ni amour.

    J'étais un oiseau libre.

    Il m'attrape, et tout s'accélère. Je suis devenue Deux, en l'espace de si peu de temps, alors que je n'étais qu'Un. Il me tient pas les hanches, et ses mouvements sont aussi souples que les miens. Je te regarde dans les yeux. Etrange homme au regard plein de fièvre. Suspendu à mes lèvres, dans l'attente douloureuse d'un baiser. Mais je fais durer ta torture autant de temps qu'il te faudra, pour comprendre pourquoi. Pourquoi je t'ai giflé. Pourquoi je te regardais, chaque jour avec mépris. Tu as une femme qui ne fait qu'accepter ta dominance. Mais si tu avais quelqu'un d'autre, peut-être te rendrais tu compte de notre force. De notre puissance. Peut-être comprendrais tu pourquoi je suis féline, et que tu n'es qu'un petit écureuil, une proie facile. La biche face au faon. Laisses-moi t'expliquer, par les gestes. Te montrer qui je suis.

    La danse, lascive, se poursuit. Et puis je sens Lynx, qui m'arrache aux bras de Cannon. La magie semble s'être envolée. Mais non. Il me glisse l'oreillette dans la main. Il est aussi discret qu'un chaton. Et je sais pourquoi. Combien de fois a-t-il fait ça ?
    Connard, va.

    "Le coup de grâce, Eris."
    murmure-t-il à mon oreille.

    La musique retentit. Ma voix se fait entendre, de nouveau. D'abord toute simple, je me plante vers toi, et m'approche. La danse reprend, alors, mais ma voix se mêle à l'atmosphère brûlante de l'instant. Je suis la proie, et la chasseresse. Je danse avec toi, je chante à ton oreille, le spectacle est ahurissant.

    "Where have you been
    Cause I never see you out
    Are you hiding from me, yeah?
    Somewhere in the crowd"


    Voilà. Je te donne le meilleur de moi-même. Ce que je peux offrir de plus beau, lorsque je ne suis plus que la créature de la nuit que tu vois. La prédatrice. Celle qui se réveille le soir. Je suis une lionne. Une chatte. Câline, mais sauvage. Maternelle. Mais féroce.
    Enfin, épuisée, je me colle à toi, et je t'offre enfin ce que tu attends depuis quelques minutes. Mes lèvres se déposent sur les tiennes, en un baiser sensuel, sauvage. En un baiser fragile mais puissant, un baiser qui nous offre, à tous deux, la satisfaction d'une soirée réussie. Le cocktail parfait. Alcool. Danse. Chant. Désir porté à l'ultime. Maintenant, il le sait. Il connait la vraie nature de la femme, sa technique de chasse. A travers mon baiser, épuisée, je lui fais voir ce que c'est, une vie sans complexe, libre. Mais au fond, demeure en moi, cette légère pointe d'envie. De jalousie à son égard. Ma main passe lentement sur ses épaules, dans son cou. Il s'est laissé griser par une femme comme moi. Et j'en suis fière. J'avais tant voulu.

    Mais. Non, en fait, je n'avais pas voulu.

    Je n'étais pas venue ici pour le séduire, c'était pourtant ce que j'avais fait. Aussi vite que j'avais déposé ce baiser sensuel sur ses lèvres, je me séparais de lui. Le regardais un instant, tandis que la musique reprenait. Qu'est-ce que je faisais ? Un homme marié, un proviseur, un inconnu. Ou presque. Pourquoi lui ? Parce que je l'enviais. Et ma jalousie m'avait poussée à le dominer. Je baissais la tête, un instant. Lynx me fit un clin d'oeil, je lui souris. Pour faire bonne figure.

    Je n'aurais pas dû.

    "ça vous dit de prendre l'air deux minutes ? Il fait très chaud ici. Et il me faut une clope."


    La magie venait de se briser.
    Comme la vitre de mon miroir, une fois de plus.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 17 Oct - 12:27

Eva se prête au jeu et accompagne mes mouvements, en plantant ses yeux dans les miens, suave. Elle ne répond pas de suite à ma provocation, mais attend la fin de la chanson pour le faire. Mimant une griffure sur mon épaule, elle m’informe qu’elle n’est pas de celles qu’on enferme, tirant ainsi un trait sur toute ressemblance éventuelle avec Irina. Le jour et la nuit, voilà ce qu’elles m’évoquent. Et moi, Maxwell Cannon, je suis en train de me faire prendre dans les griffes de la nuit…

Depuis quand est-elle devenue une femme ?

La danse insistante de ses hanches tout contre les miennes finit par me faire irrémédiablement un certain effet, l’alcool aidant. Je me surprends à la trouver belle et attirante, tandis qu’elle s’évertue à me faire comprendre qu’elle n’acceptera pas de voir mon regard se poser ailleurs que sur elle. Message reçu, mademoiselle Esperanza. Je n’en ai de toute façon pas la moindre envie.

Magnétique.

La musique change, pour quelque chose de plus… torturant. Eva continue à danser. Est-ce l’alcool qui draine mes veines ? Toujours est-il que je me sens attiré par cette femme aux cheveux de feu, qui remue ses fesses devant moi en me lançant des regards provocateurs. Efficace. Avec combien de mecs a-t-elle eu le loisir de tester sa parade de femme en chaleur, avant que cela ne me tombe dessus ? Peu importe. Le mélange de Shakira – que je reconnais parce que ma fille écoute ça sans arrêt en poussant le son aussi fort que le lui permet sa chaine hifi – et d’Eva est détonnant. Nous continuons à danser, les yeux dans les yeux, et je ne cesse de me dire que j’aurais grand besoin d’une nouvelle vodka pour me rafraichir. Je me laisse guider par ma partenaire, qui est bien plus douée que moi en matière de danse, c’est indéniable.

La chanson change à nouveau. Quand je parlais de danser, je ne m’attendais pas à ce que cela dure aussi longtemps. Il est temps de changer le programme.
Malheureusement pour moi, Eva semble ravie de se défouler sur la piste de danse… et sur moi, par la même occasion. C’est le moment de la stopper dans son délire et de changer d’activité. « Wait a minute » ?

Pas question, j’ai assez attendu.

Une fois de plus, j’attrape la jeune femme avec autorité pour la coller contre moi. Nos corps suivent le rythme avec plus d’aisance que je n’aurais pu l’imaginer. Tout m’est sorti de la tête. Ma femme… et les problèmes qui vont avec. Je ne vois plus qu’une chose : les lèvres d’Eva Esperanza qui se rapprochent des miennes, tandis que je me penche sur elle en la maintenant d’une main ferme, posée au creux de ses reins.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 17 Oct - 0:45

    Mon dieu. Lynx avait osé passer ça. Maya l'Abeille sous acide.

    Je ne supportait pas ce genre de chansons, parce que c'était idiot, et qu'on ne pouvait pas danser dessus. Je jetais un coup d'oeil à Lynx, qui me fit un signe de pouce en l'air. Connard, va. Mais Cannon, non sans montrer une certaine réticence à l'égard de la musique, m'attrapa fermement. Là, pour le coup, j'étais surprise. Il prenait les devants, lui qui m'avait juré de ne pas danser ? Il était plutôt entreprenant. Sans doute étais-ce l'alcool. Il devait avoir un peu trop bu, le gentil futur cinquantenaire. Hahaha. Mouahahah.

    Moi ? Non, ça allait.

    La danse reprit, sensuelle, étrange, sur une musique aussi nulle. Je me surpris cependant à me prêter au jeu et à accompagner les mouvements de Max (bien que je me sente aussi douée pour cette danse qu'un pingouin paraplégique atteint de la Parkinson) et je surpris le regard de Cannon. Ahah, le petit salaud. Il imitait un jeune danseur de la boîte, qui s'y prêtait très bien, d'ailleurs. Bah. Pour une fois qu'il prenait exemple sur quelqu'un et qu'il n'incitait pas à l'inverse... il serait passé pour un blaireau.

    Et puis, il me murmura une phrase à l'oreille, qui me fit sourire. M'enfermer, moi ? Quelqu'un l'avait fait, une fois. Et il l'avait regretté. Aujourd'hui, encore, je le lui faisais payer. Une cage, certes. Si je détenais la clé. Si je pouvais, l'enfermer lui. Pour qu'il ne rentre pas chez lui. Et qu'il reste avec moi toute la nuit. Sans idée reçue, évidemment, seule la danse m'intéressait. Et puis j'aurais bien aimé le voir bourré. ça aurait été un moyen de pression plutôt sympa, de le faire picoler, et de le prendre en photo en train de rouler une pelle à un réverbère, le froc baissé. Mais bon. Il était coriace. Et ce n'était pas pour me déplaire. Bien que cette soirée me rappelle cruellement celles que je passais avec Lancelot, toutes en débauche et perversité, je me pris à penser que je passais un très bon moment. Il me faisait mourir de rire. Ses pas étaient mal coordonnés, mais avec moi qui faisais de même, le tout s'était transformée en danse à peu près normale. Mais bon. Si lui se débrouillait pas trop mal, il fallait que je lui montre ce dont j'étais capable. Je me tournais donc près de son oreille, à la fin de la chanson. Il faisait chaud. Je me sentais bien. Pour la première fois, depuis longtemps.

    "On ne peut pas enfermer quelqu'un comme moi. Je griffe."
    dis-je en mimant un mouvement de griffure sur son épaule.

    La musique changea. Il était temps de lui montrer un petit peu, à mon tour. Une de mes musiques préférées, parmi toutes ces soupes de popstars. Lynx était un immonde petit pédé à la con.

    "A mon tour."


    Lorsque la musique démarra, je me mis à danser un peu éloignée de lui. Quelques jeunes hommes s'approchèrent, mais je les repoussais d'un simple signe de main, avertissement compris par les prétendants. Cannon était à moi pour la soirée, et j'allais lui montrer qu'on ne pouvait enfermer un fauve en cage. Mon regard se fit dur. Provocateur. Je lui avais montré ma voix, ce que j'étais. A présent, j'allais lui faire comprendre que les femmes étaient les vraies maîtresses de ce monde. D'un geste, je m'approchais de lui. De plus en plus près. S'il ne transpirait pas ne serais-ce qu'un petit peu après ça, j'admettrais ma défaite. Mais je doutais fort qu'il résiste à ça.

    Tout dans les hanches. Le bassin en mouvement. Mes bras se baladent, autour de son cou, dans son dos, sur son torse. Il est ma marionnette, immobile, et je me sers de lui comme simple accessoire. Ma danse se fait lascive et violente à la fois. Je suis magnétique, comme ils disent. Je suis celle qui hurle dans les bras des hommes, avant de les foutre à la porte. Je suis une femme forte, au devant de cette carapace puissante qui encercle mon esprit. Je joue avec lui. Mes mains courent sur lui comme s'il m'appartenait depuis toujours. Il est la proie, je suis la prédatrice. Je suis la bête sauvage qui court après lui. Le fauve qu'il n'enfermera jamais. Je suis le Désir personnifié, la Femme, la vraie. Je n'ai peur de rien. Je décide de tout. Il est à moi.

    Dans cette danse endiablé, je le lui montre. Mes hanches déambulent contre les siennes, en haut, en bas, de côté, mon visage se rapproche du sien, puis s'éloigne, avec ce regard qui me va si bien. Je veux qu'il voie. Que nous ne sommes pas toutes pareille.

    Je suis la digne représentante de mon sexe. Et je le tiens entre les mailles de mon filet.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 17 Oct - 0:00

Il aurait été farfelu d’imaginer ne serait-ce une seule seconde qu’Eva ne sauterait pas sur la perche que je lui tendais.

A l’évocation du mot danser, un sourire carnassier étira ses lèvres. « Danser ? Avec plaisir » me dit-elle, avant de vider son verre. Je n’avais jamais copié à l’école. Jamais. Mais là, je ne pus que me ranger, et adopter la même attitude que ma camarade. « Plaisir, plaisir… ça reste à prouver » ne pus-je m’empêcher de marmonner en reposant mon verre à mon tour. Une chanson commerciale et idiote à souhait sortait des hauts parleurs. Apparemment, elle plaisait à la demoiselle, qui semblait d’humeur taquine. « Au moins je comprends mieux pourquoi vous avez une tronche de vieux frustré » me glissa-t-elle à l’oreille en se levant.

Garce.

Je croisai son regard, le mien lançant des éclairs assassins. Et elle éclata de rire, cette petite idiote. Il y en avait au moins une de nous deux qui passait du bon temps. Tsss… « Je plaisante ! Allez, venez » eut-elle quand même la décence de dire, ce qui m’aida fortement à quitter mon siège. Nous gagnâmes la piste, tandis que je me concentrais un peu sur les paroles. Vachement sexistes, si vous voulez mon avis. Dommage qu’elles aient été si débiles, sinon ça aurait pu me plaire. Enfin, je suppose qu’on ne peut pas tout avoir. Une fois sur la piste, je jetai un œil presque alarmé aux gens autour de moi.

Avais-je omis de dire que je ne savais absolument pas danser ?

Je me contentai donc de remuer d’un pied sur l’autre. Heureusement, il y avait beaucoup de gens, et j’avais un peu près un sens du rythme correct. Suivre la musique ne me paraissait pas trop compliqué. C’était juste… chiant. Remuer d’un pied sur l’autre, au milieu d’une foule de gens qui faisaient pareil… pouah, quel ennui. Surtout que, vraiment, cette chanson était stupide. Heureusement, elle finit par changer. Le rythme de la nouvelle était très… différent. Beaucoup plus lent. Par contre, les paroles, c’était pas beaucoup mieux, niveau sexisme. Pire, même ! C’était hallucinant. Une phrase en particulier attira mon attention : « Got my talk back so you can see what I been thinkin’ ». N’importe quoi ! Moi aussi, j’avais une décapotable… pourtant, je ne pensais pas à boire, fumer et baiser toutes les deux seconds !

Après quelques 50 secondes de chanson, j’attrapai Eva et l’attirai à moi. Tant qu’à faire, autant danser avec elle, ça m’occuperait. Une main autoritaire placée dans le bas de ses reins, une jambe placée entre les siennes, je commençai à onduler en rythme avec la chanson – exactement comme le mec juste derrière Eva, pile poil dans mon champ de vision, là. « Voilà ce que j’aurais du faire, avec vous… vous mettre dans une cage ! » glissai-je alors à son oreille, tandis que la chanteuse répétait inlassablement que l’abeille-salope était dans sa cage, à travers les hauts parleurs de la boîte.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 10 Oct - 20:26


    Son monologue était intéressant. Vraiment.

    Il y avait quelque chose, dans ses mots, qui me faisaient comprendre que finalement, je n'avais pas trop à me plaindre de ma situation actuelle. C'était vrai, je n'avais pas d'homme pour me casser les noyaux d'olives lorsque venait le moment de la prise de décisions. Je m'occupais moi même de mes enfants, et l'affection qu'ils divisaient pour deux parents, je l'avais à moi toute seule. Je pouvais m'amuser, profiter de ma jeunesse. Je pouvais coucher avec un homme différent tous les soirs, sans complexes. Peu importe si je me faisais traiter de salope ensuite. Peu importait. Je voulais seulement être bien dans ma peau, profiter. Mais j'avais trop profité. J'avais trainé de zone en zone, sans vraiment comprendre ce qu'il m'était arrivé. Mais je venais de comprendre. Il était mal dans son ménage, parce qu'il n'y avait plus l'amour, le véritable. Il m'avoua carrément qu'il ne couchait plus avec sa femme. ça paraissait même complètement fou. Le directeur, avec qui je me mettais sur la tronche en permanence lorsque j'étais une Sigma, venait de me parler de sa vie sexuelle. J'en aurais ri, si la situation n'avait pas été désespérante pour lui. En fait, son couple n'avait plus aucune saveur. Ils étaient encore relativement jeunes. Et puis je compris. Ni lui ni moi n'avions la vie rêvée. Lui s'ennuyait, parce que sa vie était trop rangée, monotone, chiante à crever. Moi ? Je manquais de stabilité. J'aimais mes enfants à en mourir, et je faisais la fête pour oublier que chaque matin, je ne faisais le café que pour une personne. Que je n'avais jamais de petit mot inscrit sur le frigo. Que sur mon téléphone, je n'avais pas un numéro annoté "chéri". Il me manquait tout ça. Des bras affectueux autour de ma taille, la nuit. Il les lui manquait, à lui aussi. Sa femme s'était lassée de son surplus d'autorité.

    Il nous manquait à chacun un morceau infime de la vie de l'autre.

    Lorsqu'il me parla sans détour, je cesser de porter mon attention sur ma vodka, et le regardais droit dans les yeux. Pour la première fois, dans le regard de Maxwell Cannon, cet homme dont j'avais eu un malin plaisir à faire tourner en bourrique, je vis du regret. De la mélancolie. Il s'était ouvert sans détour. A moi, cette jeune fille qui était l'inverse exacte de la femme idéale, à ses yeux. Bon sang, dans quel monde je vivais ?

    Il ressemble tellement à Liam.

    Non. Il ne fallait surtout pas que je pense à une chose pareille. Liam... Pour le peu que j'avais vu, il était devenu un horrible monstre. Et moi ? Une pauvre fille. Juste ça. Cannon n'était pas pareil. Il respirait la maturité, la sécurité. C'était un type bien.

    Liam aussi, c'était un type bien.

    Je secouais légèrement la tête pour m'ôter cette funeste pensée de la tête. Le père de Sonata me hantait toujours, comme une cruelle malédiction, à laquelle s'était ajouté un visage. Un pur et doux visage de jeune français.

    Lancelot était comme toi, c'est pour ça que tu l'aimais.

    "...aller danser plutôt que de continuer sur ce sujet… "


    Oh. ça, ça pouvait être intéressant, boudiou de boudiou.

    "Danser ? Avec plaisir."
    lui dis-je avec un sourire moqueur. Je vidais mon verre de vodka, tandis que cette musique retentissait dans la boite de nuit. Salaud de Lynx va. Il voulait absolument que je me mette Maxwell dans la poche, ce soir.
    Avant de me lever, cependant, je ne pus m'empêcher de lui chuchotter une petite plaisanterie Made In Eva à l'oreille.

    "Au moins je comprends mieux pourquoi vous avez une tronche de vieux frustré."


    Lorsque je croisais son regard, j'éclatais de rire.

    "Je plaisante ! Allez, venez."


    Danser avec un vieux. Si j'avais su.
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 10 Oct - 16:55

Eva m’écoutait, tout en jouant avec son doigt sur le bord de son verre. Peut-être essayait-elle de le faire chanter. Il y avait des gens très doués, pour ça, vous savez. Son verdict finit par tomber. Mais il ne répondait absolument pas à ma question concernant la course à pieds. Pourtant, elle aurait pu être très sérieuse, cette question, merde. « Ce que j'en pense ? C'est que j'aurais adoré avoir une famille comme la vôtre » me fit-elle, tout en relevant les yeux pour les planter droit dans les miens. « J'ai des enfants en bas âge, je ne sais pas encore ce que c'est, élever des ados. Mais je me rappelle de ce que j'étais, moi. Quand mes parents et ma sœur sont morts, j'ai éclaté de rire. Et c'est là que ça a commencé à déconner, m’avoua-t-elle avec une franchise qui faisait presque froid dans le dos. J'ai toujours voulu me marier et avoir une pelletée de gosses, dans une grande maison ». Je l’observai, interdit. « Je suis désolé de l’apprendre » notai-je à propos du décès des membres de sa famille, tandis qu’elle trempait à nouveau ses lèvres rouge sang dans sa vodka.

« Vous savez, la journée, je n'ai d'yeux que pour mon fils et ma fille. Souvent, le soir, je les couche, et je pars chanter. Je ramène un mec, et je le vire le lendemain, avant que mes enfants se réveillent. Ça fait longtemps que ça dure, ce manège. Mais si je chante, c'est pour oublier que ce n'est jamais la même personne qui me dit "bonne nuit" le soir » poursuivit-elle. Vidant d’une traite son verre, elle fit un geste à son ami barman, pour qu’il lui en apporte une autre. Cette fois, je ne l’imitai pas. J’avais déjà un verre d’avance, et j’étais de plus conscient qu’il me fallait me calmer, au risque de ne pas pouvoir rentrer chez moi en voiture, fin de soirée. « Vous, vous rêvez à une vie un peu plus... Surprenante. C'est le point fort de la mienne. Chaque jour a son lot de surprises. Si vous voulez vous sentir mieux, alors je vais vous apprendre à faire la fête. Et à ensuite rentrer chez vous, et à prendre conscience de la chance que c'est, d'être le chef d'une vraie famille ». « Eva, lui répondis-je alors. Vous ne vous rendez pas compte de ce qu’il se cache, derrière cette apparence de famille parfaite dont vous rêvez. Vous avez une personne qui vous dit bonne nuit, le soir. Certes, ce n’est jamais la même... mais il y a dialogue. Depuis quelques temps, Irina se couche sans même me regarder. Tout cela à cause d’un désaccord sur l’éducation à donner à notre fille, qui risquerait fort d’éclater de rire, elle aussi, lorsque je trépasserai. Elle ne me parle plus. Nous ne nous disputons pas. La maison est toujours… calme. C’est atroce. Et je ne vous parle même pas de mon absence totale de vie sexuelle. Cela fait des mois que ma femme refuse que je la touche. Elle essaye de m’avoir à l’usure. Je suis le chef d’une famille désunie. Mes deux ainés sont partis vivre leur vie ailleurs. Mary a sa maison, Justin est à l’internat de l’école. Il reste Vanille, mais comme je vous l’ai expliqué, elle est insupportable. Profitez bien du fait d’être la seule maitre à bord, c’est moi qui vous le dis. N’introduisez jamais d’homme chez vous. C’est ce qui désunira votre petite famille. Parce que, quoi que vous disiez, l’absence d’une paire de couille dans votre foyer ne fait pas de vos enfants et vous une abomination. Il y a des tas de familles monoparentales… sans compter que, à vous toute seule, vous avez plus de couilles que la plupart des jeunes hommes de votre âge » conclus-je.

Cette fois, je ne refuserais pas un autre verre.

Levant la main pour commander une autre vodka moi aussi, je décidai qu’il était temps de changer de conversation. Je n’avais parlé de ça à personne, avant ce soir. J’étais bien trop fier, il faut l’avouer, pour reconnaitre que mon couple battait de l’aile et que mon ménage menaçait d’exploser à chaque seconde que Dieu faisait. Lynx nous apporta deux verres, comme nous le lui avions demandé. « Merci, le remerciai-je. Ne m’en voulez pas, mademoiselle Esperanza, mais je préférerais encore aller danser plutôt que de continuer sur ce sujet… » l’informai-je, tout en levant mon verre, manifestant ainsi mon intention de trinquer en sa compagnie.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeVen 5 Oct - 16:06

    Pourquoi avoir choisi cette chanson ?

    C'était une excellente question, en fait. Je l'avais choisi parce que tout, tout en Cannon, représentait pour moi la figure de l'étranger, de celui qui est en tout point différent de nous, mais si près. Si attirant, de par sa différence. Une vie parfaite. Riche, mais vide. La mienne était décalée, mais riche en surprises. Nous ne nous ressemblions pas. Et je l'admettais, j'avais décidé de chanter cette chanson pour lui montrer qui j'étais. Une prédatrice, une séductrice. Une sirène des temps modernes. Je chantais, je dansais, et ils tombaient tous, comme des mouches, dans les mailles de mon filet, les bras grands ouverts, la bouche en pâmoison devant moi. Et cela flattait mon ego. J'avais du sexe quand j'en désirais. Et si je n'en voulais pas, j'avais mes enfants. Mais un homme régulier, en avais-je ? Non. Je savais dans le fond qu'une femme comme moi ne se marierait jamais. Ou si cela arrivait, le divorce serait rapide. Il surviendrait très vite. Je n'étais pas l'épouse rêvée. J'étais juste une femme avec une grande gueule. Et ça, ça ne plaisait pas aux hommes. Liam n'avait pas apprécié. Pollo avait choisi la gosse toute sage. Lancelot... Lancelot avait fui, tout simplement. Et moi ? Moi je me retrouvais à écumer cette boîte, à parler de mes meilleurs coups avec Lynx. Lui ? Il gagnait sa vie, et chaque soir il embrassait sa femme, et discutait avec ses enfants. Pour lui, c'était une source d'emmerdes; Pour moi, c'était un enrichissement certain. J'étais jalouse de sa réussite. Jalouse de ce bonheur qu'il devait éprouver chaque jour. Jalouse, oui.

    « Vous avez de la chance. Cela fait 47 ans que je suis né, et toujours pas la moindre trace de cette chose dont vous parlez, pour ma part »

    Je n'y croyais pas. Je refusais de croire qu'il ignorait tout du bonheur d'être père, et mari. Ou alors, il ne s'en rendait pas compte, et à ce moment là, il était juste complètement CRETIN.

    « Bien sûr, il y a ma femme et mes enfants… mais en ce moment, ils sont la source de mes emmerdes, je dois bien l’avouer. M’enfermer dans mon bureau, que cela soit celui à l’école ou à la maison, voir même dans la bibliothèque ne résout rien du tout. Peut-être devrais-je me mettre à la course à pieds… Qu’en pensez-vous ? »

    Ce que j'en pensais ? Je fis tourner mon doigt autour de mon verre, avec circonspection. A l'entendre, sa famille était une plaie. Il fallait qu'il se rende compte de ce que c'était, vivre en famille, pour de vrai.

    "Ce que j'en pense ? C'est que j'aurais adoré avoir une famille comme la vôtre."

    Je redressais ma tête, le regardais droit dans les yeux. Ma vie était pimentée comme je le voulais, j'en profitais à fond. Je fumais, je picolais, je baisais à tour de bras, mais j'allais avoir vingt et un an. Est-ce que c'était réellement la vie qu'il fallait à une jeune mère comme moi ? Lui il avait 47 ans, il allait bientôt atteindre le démon de midi. Il lui fallait autre chose que cette vie monotone. Il n'en avait pas assez vu. Moi, trop. Et c'était l'inverse, à son avis à lui.

    "J'ai des enfants en bas âge, je ne sais pas encore ce que c'est, élever des ados. Mais je me rappelle de ce que j'étais, moi. Quand mes parents et ma soeur sont morts, j'ai éclaté de rire. Et c'est là que ça a commencé à déconner. J'ai toujours voulu me marier et avoir une pelletée de gosses, dans une grande maison."


    Je trempais de nouveau mes lèvres dans la vodka. Pourquoi je racontais tout ça, moi ? L'alcool. Bordel, c'était l'alcool.

    "Vous savez, la journée, je n'ai d'yeux que pour mon fils et ma fille. Souvent, le soir, je les couche, et je pars chanter. Je ramène un mec, et je le vire le lendemain, avant que mes enfants se réveillent. ça fait longtemps que ça dure, ce manège. Mais si je chante, c'est pour oublier que ce n'est jamais la même personne qui me dit "bonne nuit" le soir."


    Je me mis à triturer mes mains avec nervosité. Commandais d'un geste une troisième vodka, que je bus d'un trait.

    "Vous, vous rêvez à une vie un peu plus... Surprenante. C'est le point fort de la mienne. Chaque jour a son lot de surprises. Si vous voulez vous sentir mieux, alors je vais vous apprendre à faire la fête. Et à ensuite rentrer chez vous, et à prendre conscience de la chance que c'est, d'être le chef d'une vraie famille."

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeVen 5 Oct - 15:31

Une fois installée au bar, moi à ses côtés, la diva aux cheveux de feu lança un sourire à son ami barman, avant de lui demander comment il l’avait trouvée. J’écoutai, muet, Lynx lui déclarer qu’elle allait ramener du beau gosse. Haussement de sourcil de ma part, ceinture de chasteté de la sienne. Eva commanda ensuite deux vodkas. Même acabit que le whisky, elle gagnait mon respect, sur ce coup-là. Moi qui m’étais attendu à un ignoble cocktail sucré dont raffolent les adolescentes…
Le barman nous servit deux verres de liquide transparent, qui ressemblait à de l’eau, mais dont la brûlure dans la gorge se chargeait de stopper la comparaison, une fois les premières gouttes avalées. Eva vida le sien d’un trait, tandis que son ami lui proposait de chanter pour de l’argent, en l’appelant Eris. C’était sous ce nom qu’elle s’était inscrite à Wynwood. Puis, elle avait changé. Je n’avais jamais su pourquoi.

Cette soirée serait peut-être l’occasion d’en apprendre plus sur elle, qui sait ?

J’imitai la jeune femme et appréciai la chaleur que l’alcool répandit dans mon corps. Déjà mon deuxième verre vidé cul-sec, en l’espace de quelques minutes. Il faudrait que je me calme en cours de soirée si je voulais rentrer entier à la maison. « File-moi de la glace dans un sac, Lynx, s'il te plait » demanda alors la jeune femme, avant d’appliquer la pochette que lui tendait le barman sur son œil. « Qu’avez-vous encore fait ? » ne pus-je m’empêcher de demander, tout en insistant bien sur le encore. Elle me répondit, et nous quittâmes le bar pour rejoindre une table, deux nouveaux verres de vodka à la main.
Une fois installés, je lui demandai si je devais prendre sa chanson au pied de la lettre. Eva eu un petit rire que je jugeai nerveux, mais ne répondit pas. Elle se contenta de me fixer de longues secondes. Je soutins son regard, malgré le fait que j’étais étonné de son silence. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Avait-elle vraiment envie que je la prenne et que je l’embrasse… ? Cette idée ne me faisait ni chaud ni froid, à vrai dire.

Ce n’était pas habituel.

Eva semblait perdue dans ses pensées. Elle se cachait derrière son regard voilé, impénétrable… Finalement, la jeune femme secoua la tête, au bout d’un instant qui me sembla durer l’éternité. « Une chanson est interprétée différemment selon la personne qui l'entend, ou celle qui l'interprète. Si vous avez ressenti que je vous traitais d'alien, alors je vous ai traité d'alien. Si vous avez senti que je tentais de vous séduire, alors je l'ai fait. C'est une question d'interprétation » me répondit-elle, ce qui fut loin de me satisfaire. Ce que je voulais savoir, c’est pourquoi elle avait choisi cette chanson-là, précisément ? Il devait bien y avoir une raison… Or, elle ne m’en laissait pas saisir la moindre parcelle. C’était frustrant, en quelques sortes. Ne pas savoir ce qui se cache derrière les actes d’une personne… qui nous est pourtant indifférente, à la base. L’être humain est curieux. Beaucoup trop, sans doute. En ferais-je une obsession pour la cause ? Non, ce n’était pas mon genre.
En repassant la poche de glace sur son œil, la jeune femme reprit la parole : « Je chante souvent ici. Ça attire du monde. Et ça me fait du bien. Il y a des gens qui jouent au golf pour oublier leurs emmerdes. D'autres qui embrassent leur femme le soir. D'autres qui courent pendant des heures. Moi je chante. C’est la seule chose au monde qui me fasse du bien » déclara-t-elle alors, tout en trempant calmement ses lèvres rouge sang dans sa vodka.

Je m’accoudai à la table – chose que je regrettai presque immédiatement tant elle était collante, mais passons – et la fixai, droit dans les yeux. C’était curieux, cette façon qu’elle avait de m’ouvrir son cœur avec sincérité, comme si nous étions de vieux amis. « Vous avez de la chance. Cela fait 47 ans que je suis né, et toujours pas la moindre trace de cette chose dont vous parlez, pour ma part » déclarai-je, décidant de lui rendre la pareille point de vue honnêteté. « Bien sûr, il y a ma femme et mes enfants… mais en ce moment, ils sont la source de mes emmerdes, je dois bien l’avouer. M’enfermer dans mon bureau, que cela soit celui à l’école ou à la maison, voir même dans la bibliothèque ne résout rien du tout. Peut-être devrais-je me mettre à la course à pieds… Qu’en pensez-vous ? » m’exclamai-je presque, avant de boire à mon tour une gorgée d’alcool.

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 3 Oct - 1:48

    Il était résistant, le vieux.

    Lorsque je m'étais mise à chanter, j'avais tout oublié. C'était toujours le cas. Toujours. Avec Pollo. Avec Lancelot. J'avais oublié qui j'étais, et j'avais montré ce qui reposait au fond de moi. Un hurlement de bête blessée. Il avait pâli. Mais il était resté neutre. J'avais cependant gagné : Il allait rester, ce soir. Satisfaite, je le laissais m'entraîner jusqu'au bar. Epuisée, je sentis mon oeil me lancer de nouveau. La marque avait bruni, et lorsque je m'observais dans le miroir du bar, je pus constater que mon maquillage ne cachait plus du tout mon oeil au beurre noir provoqué par le coup de poing américain. Si je retrouvais cet espèce d'enfoiré qui avait osé me faire un truc pareil... On le retrouverait sans nul doute en petit morceaux dans une benne à ordures. Mais pour l'heure, je me contentais de me tourner vers Lynx, souriante. Je n'avais pas cherché à séduire Cannon. Juste à lui montrer ma vie.

    Mais en étais-je sûre ?

    Au fond, sans doute étais-je légèrement contrariée de ne pas avoir réussi à faire tomber cet homme complètement sous mon charme, comme je l'avais fait avec bien d'autres. Cela me rappelait quelque chose, curieusement. Quelque chose de désagréable. Lui non plus, n'était pas tombé dans les mailles de mon filet. Et j'étais tombée amoureuse de lui. Sans nul doute, parce qu'il s'était refusé à moi. Morale de l'histoire ? J'avais un fils.

    "Alors ?

    - T'as tout déchiré, ma poule ! Tu va en ramener, du beaugosse, ce soir !

    - Ceinture ce soir, mon loulou. J'ai un invité après tout. Sers-nous deux vodkas, s'il te plait.

    - ça roule ! Dis donc, Eris, ça te dirait pas de venir bosser ici en temps que chanteuse ? T'auras une partie des recettes. Quand tu viens, ça ramène du monde !

    - J't'ai déjà dit non. Je chante pas pour le fric.

    - Tu fais chier !"


    J'attrapais mon verre, et le bus d'un trait. L'alcool me brûla ma gorge, mais procura en moi une sensation très revigorante.

    "File moi de la glace dans un sac, Lynx, s'il te plait."


    La fraicheur de la glace sur mon oeil me fit du bien. La douleur commençait à battre dans mon oeil, et je n'aimais pas du tout cela. J'étais ici pour m'amuser, pas pour finir borgne. Lorsque Cannon me parla de ma chanson, j'eus un rire nerveux. Un alien ? Mais il en était un. A l'évidence, il n'était pas à l'aise ici, il sentait qu'il n'était pas à sa place. A l'inverse, je me sentais comme un poisson dans l'eau. Auprès de Lynx, des jeunes qui faisaient la fête. J'en oubliais mes enfants, mes contraintes, mes difficultés. Si seulement il pouvais se rendre compte qu'ici, on oubliait tout ! On ne pensait qu'à la musique. A la danse. A la fièvre. Au bonheur de ne plus dépendre de rien. Le plus souvent, je finissais bourrée, et je ramenais un inconnu à la maison, que je foutais à la porte avant que ma fille se réveille. Voilà la vie que j'avais. Dépareillée. Marginale. Je me battais, je chantais, dansais, buvais, et rentrais pour foutre un sinistre inconnu dans mon lit. Mais ce soir, ce ne serait pas le cas. Je n'allais même pas me bourrer la gueule. Je ne toucherais pas à une cigarette. Je danserais seulement si il le voulait.

    En fait, il y avait quelque chose d'étrange.

    Pourquoi l'avais-je invité ? Après tout il m'avait faite pleurer, j'aurais dû lui casser la gueule. Il était marié, macho, insupportable. Mais en lui, il y avait quelque chose qui m'attirait. C'était le besoin. Le manque. Le manque de piment, le manque d'amusement, dans une vie trop monotone, trop difficile pour lui. Ce qui m'attirait, c'était ce besoin presque maladif que j'avais de découvrir ce qu'il y avait, derrière ces pupilles noires et sévères. J'étais loin de savoir ce qu'il avait derrière la tête. Loin de le découvrir. Mais hypnotisée, par cette froideur qui se dégageait de lui. Et puis je pris conscience.

    Certaines choses se devaient d'être oubliées.

    "Eva... Eva."

    Les yeux dans les yeux, ce n'est qu'un regard de plus, une ombre portée. Il est bien habillé, bien coiffé, mais ses yeux ne dégagent rien qu'un ennui puissant, un mystère insondable que je voudrais découvrir. Quelque chose qu'il cache, dont je n'arrive pas à comprendre la provenance. Quelque chose en lui qui m'attire. En cours. Ailleurs. Je te détèste, et t'adule à la fois.
    "Je trouve dommage qu'une jeune femme avec autant de potentiel que vous soit obligée d'être irrévérencieuse, mademoiselle Esperanza.
    - Appelez moi Eva.

    - Hors de question."

    Ta distance, étrange, possessive, s'infliltre dans mes veines et me donne envie, irrésistiblement, de te faire flancher. Je voudrais te montrer à quel point tu m'attires. A travers ton regard, je voudrais voir ce que tu as au fond de toi. Connaitre tes plus doux secrets. Un rire amusé s'échappe de mes lèvres fines. Allongée contre toi, je crois tout connaitre, mais en fait je ne sais rien de toi. Je l'aimerais. Pourtant.
    "A quoi penses-tu ?

    - A rien.
    - Dis-moi...

    - Non."

    Un baiser sur ma bouche. Je ne sais rien de toi. Pourtant j'aurais dû deviner. Ce que tu me cachais. A travers ton mystère, j'ai cru entrevoir un amour passionné. A travers la froideur de ton regard, j'ai cru que je serais la seule qui pourrait le réchauffer. A travers ta distance, j'ai cru que c'était pour mieux m'aimer. Mais je me suis trompée.


    Je me suis vraiment trompée.

    Je ne m'étais pas rendue compte que je fixais Cannon droit dans les yeux, sans avoir répondu à sa question. Je me repris très vite, secouant la tête pour oublier ces pensées étranges. Mais elles m'avaient fait comprendre une bonne chose. Quoi que je fasse, je ne devais pas tomber sous le charme de cet homme. Même si son rejet de mon charme m'attirait encore plus. Même si ses yeux étaient les mêmes que ceux de Liam.

    Alors, je me repris. Et répondis tout calmement.

    "Une chanson est interprétée différemment selon la personne qui l'entend, ou celle qui l'interprète. Si vous avez ressenti que je vous traitais d'alien, alors je vous ai traité d'alien. Si vous avez senti que je tentais de vous séduire, alors je l'ai fait. C'est une question d'interprétation."


    Je passais une nouvelle fois la glace sur mon oeil. J'avais envie de grommeler, mais je me retins. Et je poursuivis.

    "Je chante souvent ici. ça attire du monde. Et ça me fait du bien. Il y a des gens qui jouent au golf pour oublier leurs emmerdes. D'autres qui embrassent leur femme le soir. D'autres qui courent pendant des heures. Moi je chante."


    Je commandais un autre verre de vodka. J'y trempais mes lèvres, avec un calme qui ne m'était pas habituel.

    "C'est la seule chose au monde qui me fasse du bien."

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMer 3 Oct - 0:56

Des amuse-gueule n’auraient effectivement pas été de refus !

Mais inutile, bien entendu, d’en espérer dans un endroit pareil… Déjà que le barman me violait du regard, c’était proprement dérangeant ! Il finit par me servir mon verre, tandis qu’Eva lui indiquait qu’elle ne voulait rien. Puis, se tournant vers moi, elle ajouta : « Merci pour l'invitation, mais j'ai d'autres projets. Soyez gentil, levez-vous. Allez sur la piste, je vais vous montrer quelque chose. Je reviens dans un instant ». Je levai les yeux au ciel et ne bougeai pas de mon tabouret, tout en la regardant s’éloigner. Elle disparut derrière la scène, et je fis à nouveau face au bar. Je récupérai mon verre et questionnai le barman, qui semblait bien la connaître : « Elle est toujours comme ça ? », ce à quoi il me répondit avec un sourire énigmatique : « Vous n’avez encore rien vu… ». Évidemment, j’eus un très mauvais pressentiment, qui m’encouragea à vider mon verre d’une traite. A mon avis, j’en aurais bien besoin dans les secondes qui allaient suivre. Le barman, Lynx, d’après ce qu’il m’annonça, me conseilla ensuite de rejoindre la piste comme la fille aux cheveux rouge me l’avait suggéré.

Était-ce une bonne idée… ? Certainement pas. Et pourtant, je consentis à le faire. J’étais venu pour me sortir un peu de mon train-train quotidien, n’est-ce pas ?
Debout au milieu des gens qui dansaient sur de la musique actuelle et totalement inconnue à mon bataillon d’homme de 47 ans, je me sentais très con.
C’est alors que la musique se coupa. Quelques secondes de protestation par la foule, un soulagement pour moi… Les rôles s’inversèrent cependant quand trois silhouettes apparurent sur la scène, au milieu d’une fumée artificielle. Alors que le public commençait à jubiler, j’avais juste envie de fuir. Ce n’était vraiment pas raisonnable de ma part. Vraiment, vraiment pas. Qu’est-ce que je foutais là, déjà ?
La silhouette du milieu entama une danse quasi hypnotique, qui fit se taire toute la salle. Je l’observais, ne doutant pas qu’il s’agissait d’Eva. Une voix s’éleva alors, mélodieuse. A cet instant, je n’étais plus si sûr qu’il s’agisse bien de mon ancienne élève. La fumée finit par s’estomper.

Et nos regards se croisèrent.

« Kiss me, ki-ki-kiss me ! » chantait-elle, sans me quitter des yeux. Devais-je y voir un quelconque signe ? Toujours est-il que… ça faisait bizarre ! Bon, la chanson était sans doute ainsi, mais quand même ! Ah, et tiens, la suite était pas mal non plus, dans le genre : « Take me, ta-ta-take me ! ». D’accord, ahem. Et ensuite, j’avais l’impression de me faire traiter d’alien. Mais qu’est-ce que je foutais là ? Pourquoi est-ce que je n’étais pas resté auprès d’Irina, à planter devant son film à l’eau de rose à deux balles ? Pourquoi ?!
Eva descendit de la scène, tandis que la foule se fendait sur son passage. Elle fonça droit sur moi. Je me serais bien fendu aussi, mais ce n’était visiblement pas dans les plans de la chanteuse. D’ailleurs, son organe vocal m’impressionna, je dois bien l’avouer.
Une fois près de moi, Eva colla son corps contre le mien, tout en continuant sa chanson. Elle entama une danse à la fois stressante, à la fois hypnotisante, tout autour de moi. Dès qu’elle le pouvait, elle plantait ses yeux dans les miens, me caressait la nuque, glissait sa main dans mon dos, frottait son épaule tout contre la mienne. La foule faisait cercle autour de nous, et j’hésitais encore entre me laisser emporter par la chanson qu’elle semblait vouloir me dédier ou partir en courant pour oublier cette soirée. J’étais loin d’être habitué à tout ça. Très, très loin, même. Pour faire la cour à Irina, je lui avais envoyé des fleurs, offert des chocolats, conté fleurette… C’était très loin de… ça.

La musique s’arrêta presque brusquement. Le visage d’Eva était à quelques centimètres du mien. Cette fois, il fallait l’avouer, elle avait gagné cette manche. Je m’étais laissé avoir. Hypnotique, elle s’éloigna, me laissant perplexe.

La musique reprit. Les gens se remirent à danser, autour de nous. La jeune femme aux cheveux rouge me prit alors la main et m’adressa un sourire, auquel je ne répondis pas. « A présent, je suis prête à aller boire un verre. C'est moi qui offre » déclara-t-elle. « Okay, je suis convaincu. Vous avez une soirée » répondis-je sur le ton d’autorité qui me caractérisait. Et je repris à nouveau la direction du bar, en entrainant la demoiselle à ma suite, étant donné qu’elle n’avait pas lâché ma main… et que je ne l’avais pas fait non plus. Peu importe la raison.
Une fois de retour près de Lynx, qui semblait fort intéressé par la situation, je suggérai à Eva de commander pour moi. Apparemment, le whisky était une boisson de « vieux », je gouterais donc à ce qu’elle avait pour habitude de boire, pour ce soir. En priant pour que ça ne soit pas une immondice sucrée. Une fois nos verres récupérés, nous nous installâmes et je la questionnai : « Est-ce que je devais prendre votre chanson au pied de la lettre ? Si c’est le cas, vous m’avez traité d’alien, j'apprécie moyennement ».

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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 2 Oct - 15:05

    Ouh lala. Il tapait vraiment une sale tronche.

    Je sentais Cannon grognon. Sans doute n'avait-il que moyennement apprécié la dégaine de Lynx, ainsi que son petit regard genre "je vais te bouffer avec de la sauce au poivre" mais il fit contre mauvaise fortune bon coeur, et accepta de rentrer avec moi.

    Dans la boîte, la musique hurlait. Les danseurs dépareillés se déchainaient sur la piste. Il y avait une ambiance folle, alors que nous n'étions qu'en début de soirée. Je sentais cependant le proviseur très mal à l'aise, dans cette ambiance de fête. Il m'attira donc jusqu'au bar. Ah non. Il allait pas se mettre à picoler pour oublier quand même !
    Ce fut Lynx qui prit notre commande, en prenant bien soin de bouffer Cannon du regard. Lorsqu'il croisa le mien, cependant, il se décida à lâcher l'affaire. Un whisky pour monsieur. Mon dieu. Je posais la main à plat sur mon front tandis qu'il prenait sa commande. Il voulait pas des amuses gueule, non plus ? Il se conduisait comme un vieux, alors qu'ici nous étions présents pour montrer ce que c'était, vivre comme moi. J'avais vingt deux ans. Ou presque. Alors, il était temps de lui montrer, pour de vrai. Pas s'asseoir sur un bar et glander pendant toute la soirée. Discuter ? Pourquoi faire ? Non, j'avais déjà assez parlé comme ça. Ce qu'il savait de moi, suffisait amplement. Parler était inutile.

    J'allais le lui montrer autrement.

    Je fis signe à Lynx que je ne voulais rien, mais qu'il fallait me laisser la scène. Je voulais démarrer à fond. Je voulais lui montrer. Pour de vrai. Pas lui expliquer. Lui montrer. J'avais tout prévu. Rien ne serait laissé au hasard, ce soir. Je me levais vivement, et m'adressais à Cannon.

    "Merci pour l'invitation, mais j'ai d'autres projets. Soyez gentil, levez-vous. Allez sur la piste, je vais vous montrer quelque chose. Je reviens dans un instant."


    Le temps de me repoudrer le nez. Ou pas. Je le quittais sans plus mot dire, et me rendais à l'arrière salle. Un peu de maquillage, une touche de plus, et je tendis ma clé à Lynx.

    "Passe-moi ça. Le reste, je l'ai expliqué à Dana. Elle saura quoi faire."


    Et le rêve commence, au détour d'un cauchemar. Dans la salle, la musique s'est coupée. Sur scène, de la fumée apparaît. Derrière, trois femmes. Au milieu, celle qui met tout en oeuvre pour faire découvrir son univers. Le reste n'a aucune importance. Place.

    Arrêt sur image.

    Lentement, ça commence. Le rideau de fumée dessine trois silhouettes. Leurs mouvements lents et sensuels ne laissent aucun doute sur leur apparence. Au centre, le feu se déchaîne. Il s'allume, d'abord lentement. Ses bras brûlants dessinent des cercles lents au détour du brouillard. On ne distingue pas son visage, mais son corps mince déambule gracieusement autour de la piste. Autour, on se tait. Le spectacle a commencé. Et la voix s'élève, comme un murmure penché à ton oreille. Tu voulais voir ? Tu vois. Ecoute, regarde. Reste immobile face à la Femme. Non pas celle que tu as. Mais celle dont tu rêves. Laisse-moi te montrer comment vivre. Ce qu'est la douceur, et la fermeté. Laisses-moi t'entraîner dans un monde surnaturel. Laisses-moi t'emporter au loin. Comme un murmure.

    Un murmure soufflé à ton oreille.

    "You’re so hypnotizing
    could you be the devil, could you be an angel
    Your touch magnetizing feels like going floating
    Leave my body glowing
    They say be afraid you’re not like the others
    Futuristic lovers
    Different DNA, they don’t understand you..."

    Un chant surnaturel qui s'élève dans le noir. Les premiers cris retentissent. Tout est connu. La chanson. La chanteuse. La femme qui l'interprète. Et dans le silence s'élèvent les premières notes d'un chant. Curieux, étrange. Aboutissant. Il est là, et il me regarde. La fumée se dissipe peu à peu, mais cache toujours le visage démoniaque à la voix d'ange. Il y a quelque chose, dans le regard des femmes.
    Quelque chose d'extraterrestre.

    Et puis, le cri d'agonie. La fumée disparait. Elle apparait. Toi, moi. Quelque chose. Une créature venue d'ailleurs. Qui hurle. Une plainte toute nouvelle.

    "Kiss me, ki-ki-kiss me !
    Infect me with your love, and
    Fill me with your poison !
    Take me, t-t-take me ! wanna be your victim, ready for abduction !
    Hey boy, you’re an alien ! your touch so foreign
    Its supernatural extraterrestrial..."



    Assise, tu regarde le temps, les heures, s'écouler dans ta montre, et bouffer ta vie comme si rien de plus important n'en dépendait. Parfois, tu ne sais plus ce que cela signifie. Ecoeurée par les vastes bribes du monde, tu ne vis qu'à travers tes mensonges, et tu ne vois plus rien. Il est minuit. Les bureaux sont vides. La salle est comble. Plus rien n'importe, maintenant que tu ne dépends de rien. A travers l'espace, le temps, tu te réjouis souvent de ne plus compter pour personne. A cet instant, se dessine l'aube d'une ère nouvelle, d'un matin nouveau. Le trouble se forme dans ton esprit comme si plus rien ne comptait que ta nouvelle vie. Plongée dans une amnésie partielle, tes cris résonnent dans le vide. Tes hurlements déchirent le ciel, ils frappent les éclairs, et retombent dans une pluie étrange, pleine de mystère.

    M'approcher de toi. Tu ne bouge pas. Marcher dans ta direction. Me coller à toi.

    "You’re from a whole another world, a different dimension
    You open my eyes, and I’m ready to go, lead me into the light !"


    La Reine ne s'adonne à rien. Elle dort. Paisible, dans son nid de beauté, enrôlée par ce mal étrange, elle ne fait que toucher du bout des doigts, les touche ivoiriennes du piano. Pour un instant seulement, il n'y a que l'éternité qui compte, ce qui dure, ce qui ne touche qu'à nous et ne réfléchit devant rien. C'est la marraine des oubliés, la princesse d'argent au coeur trop dur pour être touché par une main humaine. Etrange, sauvage, ses yeux d'émeraude ont pour reflet le mystère qui perdure encore aujourd'hui. Souveraine des oubliés, elle pleure, des larmes de dégoût, manifestation évidente d'un mal être qu'elle-même ne peut pas comprendre. Entre ses bras, il n'y a rien. Pour la serrer, personne. Dans cette pièce, il fait noir. Le coeur plein de mensonges, tu ne penses à rien. Tes mains frôlent les touches blanches, et tu regrette, parfois, de ne rien connaitre d'autre que la peur. Il n'y a rien. Le néant s'empare de toi. La caresse froide de la mort. Il n'y a rien. Rien que des pierres brûlées. Il n'y a rien. Rien que de l'espoir perdu. Rien qu'une vie sans saveur. Rien qu'un monde sans pitié. Rien que ce cri dans la nuit. Rien que cette main qui touche ton épaule.

    Rien que toi et moi.

    La Princesse se penche sur ce corps étrange et plein de mystères. Elle étudie, page après page ,les mots qui lui sont donnés. Elle calcule, encore et encore, les différentes facettes sur ce visage. Elle murmure, des mots qui lui appartiennent, elle ne dépend que de lui. La caresse. La main dans la main. Les phalanges qui se touchent. Les métacarpes qui se frôlent. La douceur d'une peau étrangère. L'odeur ténue d'un parfum dans son cou. La saveur étrange de ses lèvres, la fraîcheur immobile de ses yeux. Elle étudie tout, elle chante, elle implore. C'est un secret qu'elle cache. Elle a déjà fait trop d'erreurs, elle ne veut plus se tromper. Elle ne veut plus rien demander. Ni à lui, ni aux autres. Alors que s'avance la pensée, elle ne ressent plus qu'une sorte de trouble persistant. Il est l'Alpha, l'Oméga. Il est celui qui la hante, jour et nuit, dont elle ne se rappelle plus de la rencontre. Il est celui qu'elle hait et qu'elle adule, celui qui ne lui ressemble pas, mais qui lui est si semblable à la fois. Perdue dans des pensées troubles, elle ne songe à rien d'autre qu'à un présent troublé par une nouvelle vie qui s'offre à elle. Si elle pouvait lui montrer son trouble, l'étrangeté de sa vie. Si elle pouvait lui faire découvrir un monde nouveau, avec elle. Mais immobile, son corps reste fixe et froid, dans un manteau glacé. Elle, ondule autour de lui comme un chat, touche son cou, ses mains, ses hanches. Elle, ferme les yeux pour chanter au plus près de ses lèvres, et se retire au dernier moment, pour laisser le mystère. Elle l'entraîne dans une danse sensuelle, impossible à éviter. Elle bouge, elle chante, crie quelque chose qu'elle ne comprend plus.

    Enferme moi dans ta monotonie.

    "Kiss me, ki-ki-kiss me !
    Infect me with your love and
    Fill me with your poison !
    Take me, t-t-take me ! wanna be your victim, ready for abduction
    Hey boy, you’re an alien !
    Your touch so foreign !
    It’s supernatural extraterrestrial..."

    Danse avec moi. Plonge avec moi. Touche la vérité du bout des doigts. Laisse toi entraîner, dans une hypnose que tu ne connais pas. Laisse moi te montrer. Me voilà. Qui je suis vraiment. Cette femme étrange, cosmique, qui ne ressent presque plus rien, qui ne connait que peu les véritables valeurs. Qui n'aspire qu'au calme. Laisse la hurler à ton oreille les supplications. Laisse la t'entraîner dans les méandres de son esprit, chanter son mal et son désir, laisse-la te faire découvrir une vie étrange mais nouvelle. Une vie sauvage. Une vie pleine d'échecs. Une vie nouvelle. Dont la saveur se fait sentir, les caresses sur ton corps. Autour, la foule fait un cercle, et regarde la Déesse s'emparer du héros, petit à petit. Elle crie, applaudit, écoute parfois en silence, et observe longuement le jeu dangereux auquel elle joue. Peut-être l'a-t-elle touché. Peut-être pas. Mais elle aura essayé.

    Et les dernières notes meurent dans sa voix, en un dernier souffle d'agonie.

    Lorsque le silence se fait entendre, il me semble que je recouvre mes esprits. On applaudit, on crie, on hurle. Lynx me fait un signe de pouce en l'air, souriant de toutes ses dents. Mon chant a rameuté tout le quartier, dans sa boite. Ma bouche n'est qu'à quelques milimètres de celle de Cannon. Mes dernières notes sont mortes entre ses lèvres. Je m'écartais donc lentement, et lui adressais un sourire. Voilà. Maintenant il savait ce que c'était, de vivre comme moi. Chanter pour les autres. Et pour soi. Souffrir à cause des autres. Séduire pour se sentir vivante. Rentrer à la maison, et aimer ses enfants. J'étais moi. Une voix. Juste une voix.

    La musique reprit, et on se remit à danser. Epuisée par mon petit numéro, j'attrapais la main de Cannon avec un sourire. Nous étions à présent sur la même longueur d'ondes. Je lui avais montré. Il était libre de partir. Ou il pouvait rester, si le spectacle l'avait amusé.

    "A présent, je suis prête à aller boire un verre. C'est moi qui offre."
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MessageSujet: Re: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeMar 2 Oct - 13:41

La fin d’après-midi se passa sans heurts apparents. Je reçus quelques visites d’élèves, notamment celle de Neil, un Rho Kappa qui venait sans arrêt me proposer des idées toutes plus farfelues les unes que les autres concernant d’éventuelles améliorations de l’école. Je n’avais de cesse de lui dire d’en parler d’abord à son Chef de Confrérie, mais il ne m’écoutait jamais, en bon adolescent qu’il était. En fait, je pense que ça lui faisait plaisir de me voir. Figure paternelle, tout ça. Vous savez ce qu’on dit… et puis c’est vrai que j’en impose, non ?

Vers 18 heures, je songeai qu’il était temps de rentrer chez moi. Je n’en avais pas réellement envie, mais il fallait bien que je me change, tout de même. Eva Esperanza m’avait suggéré d’enlever ma cravate… J’avais trouvé ça bizarre de sa part, étant donné que je n’en porte jamais. Quant aux boutons de chemise ouverts, « pour paraitre plus jeune », on verrait.
Après avoir rangé mes papiers, faxé le chèque d’Eva à la banque et clôturé les quelques dossiers du jour, je quittai mon bureau et descendis jusqu’au parking. Ma Porsche noire, peinture métallisée, m’y attendait, au milieu des Mercedes et autres BMW. La plupart des profs de Wynwood ne s’emmerdaient pas, comme on dit.

Le trajet jusqu’à la maison ne me prit que quelques minutes, 15 tout au plus : nous n’habitions pas loin. Irina, comme je l’avais prévu, était furieuse. Avant même qu’elle ne puisse en placer une, je m’imposai, tout en déposant ma serviette dans mon bureau, où elle m’avait suivi. « Inutile de t’énerver, ça donne des boutons. C’est une ancienne élève qui a raccroché mon téléphone, tout à l’heure, précisai-je. Quant à notre discussion, permet-moi de la clore immédiatement : nous ne reverrons pas à la baisse l’éducation de Vanille. Suis-je clair ? ». Ma femme ne répondit rien, sans doute n’osa-t-elle pas. J’employais très rarement ce ton avec elle, sauf en cas de force majeure. « Bien, approuvai-je. Qu’est-ce qu’on mange ? ».

Le machisme, c’est tout un art.

Le souper se passa dans le silence le plus complet, ce qui ne me dérangeait pas. J’avais été élevé dans ces conditions, et je n’étais pas pour les discussions houleuses à table. Je m’enfermai ensuite dans la bibliothèque, tandis qu’Irina rangeait la cuisine. Chacun sa place, c’est comme cela que fonctionne un bon ménage.
Vers 22 heures trente, je pris une douche. Une fois propre – et pas rasé, puisqu’apparemment je pouvais garder ma « moustache »… je m’habillai : pantalon de costume noir, chemise violette lignée blanche, avec un col immaculé. Une fois devant le miroir, je remarquai que j’avais boutonné tous les petits cercles de plastique. En haussant les épaules, j’en défis deux.
Quand je parus dans le salon, où ma femme regardait un film à l’eau de rose, elle sembla étonnée. « Où vas-tu ? » me questionna-t-elle, en cachant mal les reproches dans sa voix. « Je sors », annonçai-je en déposant un baiser sur son front. Évidemment, elle ne protesta pas.

Quelques minutes plus tard, je me garais à l’endroit indiqué par la fille aux cheveux rouge.

Autant le dire tout de suite : cet endroit ressemblait à un repère de voyous ! Je m’avançai vers l’entrée de la boîte, où mon ancienne élève m’attendait en compagnie d’un… individu. Sa tenue, quant à elle, était… accordée à l’endroit. A peine deux minutes que j’étais là, et je regrettais déjà d’avoir cédé. « Bonsoir », saluai-je tout de même. Eva se retourna pour me laisser admirer son maquillage outrancier. Elle ne manqua pas de me faire remarquer que j’étais pile à l’heure, ce qui ne l’étonnait pas, d’après ses propres dires. Je faillis répondre que je ne voyais pas où était le mal, mais je m’abstins.

« Vous entrez ? La fête va commencer » me lança la jeune femme, mouvement de menton vers la porte en prime. Je la suivis à l’intérieur, et pu rapidement constater que je détonnais sérieusement avec la population qui fréquentait ce lieu. Je soupirai et pris immédiatement d’assaut le bar, en indiquant à ma « camarade » pour ce soir que je comptais prendre un verre. « Un whisky, s’il-vous-plait, indiquai-je au serveur, avant de me tourner vers Eva. Et pour vous ? C’est moi qui offre ».

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MessageSujet: [X] Aphrodisiac. [Max] [X]   [X] Aphrodisiac. [Max] [X] Icon_minitimeDim 23 Sep - 21:14


    Pouah.

    Moi qui m'attendais à passer l'après midi à me pomponner pour faire honneur à mon hôte de la soirée, en vérité je l'avais passé à réconforter une petite jeune fille et à me passer de la glace sur l'oeil. Non pas que j'étais déçue, mais j'avais un peu les boules de me dire que j'allais me ramener à la soirée avec une tronche de Panda. Peu importe. ça me donnait une petite touche rebelle supplémentaire. Il voulait du piment, le joli coeur ? Il en aurait. Avec moi, cela ne manquerait pas. Habillée de Cette manière j'aspirais réellement à taper dans l'oeil de quelques petits beaugosses, et à prendre quelques numéros. A épater la galerie, évidemment, et aussi à pouvoir obliger le dirlo à danser, même si ça le révulsait. Il allait pas de la jouer vieux garçon, avec moi, car j'allais lui montrer ce que signifiait le mot "Piment". J'étais un piment. Un petit piment rouge. C'est joli à l'extérieur. Et quand on le mord, ça arrache la gueule.

    J'allais arracher, ce soir.

    D'ailleurs, quand il m'avait demandé quelles fringues il devait mettre, ma réponse avait été sans appel. "Vous prenez pas le chou. Classe comme vous l'êtes, sans la veste et la cravate. Le col légèrement ouvert pour faire un peu plus jeune. Gardez votre moustache, c'est pas mal. Le reste... Je m'en occupe" lui avais-je dit avec un clin d'oeil. Je l'avais remercié pour le café, et j'étais sortie. L'instant d'après, je m'étais retrouvée à me battre à deux contre un pour sauver la virginité d'une donzelle sortie de nulle part, et je m'étais pris un coup de poing américain en pleine tête. La douleur était vive, mais je savais qu'il faudrait la supporter le temps d'une soirée, au moins. Ce n'était pas la mort, j'avais vu pire. Et puis, il fallait souffrir, pour ressembler un peu à quelque chose. Alors, j'avais mis mon maquillage habituel, et des vêtements sympathiques. Laissé mes enfants à Maureen, puis claqué la porte. J'avais ramené Cornelya au lycée en fin d'après midi. ça m'avait laissé le temps de me vêtir à peu près correctement.

    J'avais donné l'adresse de la boîte de nuit à Maxwell avant de partir. Nous devions nous retrouver devant les portes à 23h. Il était 22h50 lorsque je me garais dans une ruelle près de la boite. Là-bas, tout le monde me connaissait. C'était un coin sympa, où on pouvait même prendre le micro si on voulait emballer un peu. Je m'étais souvent prêtée au jeu, histoire de me détendre. Sans doute le chant était la dernière chose qui me faisait décrocher d'un quotidien, devenu trop monotone depuis la disparition de certaines personnes. Je ne sortais plus que seule, mes amis étaient loin. Alors même le directeur semblait être devenu pour moi un sacré bon ami. J'avais de la compagnie, et je pouvais m'amuser un peu avec lui pour la soirée. Puis tout reprendrait son cours normal.

    Oui, son cours normal.

    Lorsque je m'approchais de la boite, il y avait pas mal de monde. Deux trois élèves de wynwood, pour la plupart des Sigma Mu. C'était pas le genre de coin où on verrait des gonzesses botoxées ou des pseudo mecs BCBG. Ici, on riait, on buvais, on dansait sur tout et n'importe quoi, et on rentrait à quatre pattes. J'espérais vivement que Cannon le comprendrait. J'allais saluer le patron, une cigarette à la main.

    "Salut mec. Comment tu va ?

    - Eris ! ça faisait un bail ! Tes morveux t'ont donné du fil à retordre ?

    - Entre autres, mais j'ai un invité aujourd'hui. Tu va me laisser la scène pour une chanson ?

    - T'inquiète ! Tu sais, tu devrais prévenir quand tu viens. Tu me fais un putain de chiffre d'affaire avec ta voix ! ça vaut bien toutes les bouteilles que tu me casses !

    - Que veux-tu, j'aime pas quand on me cherche.

    - Ouais, surtout quand t'es bourrée ! OH MY GOD ! Te retourne pas ma poule, mais il y a une pâtisserie ambulante à six heures !"


    Oui oui, Lynx (de son pseudonyme) était gay. Il pouvait repérer un beau mec à cent mètres à la ronde. Un vrai prédateur, ce type. Un vrai pote, aussi. Alors, je le crus sur parole, lorsqu'il m'annonça le beau mec apparaissant derrière moi. Et puis.
    Haha. Blague.

    "Cherche pas mon pote, c'est mon invité. Et il est marié.

    - Oh, shit ! Putain quelle plaie, pourquoi ils sont tous hétéros !

    - Va faire un tour à la gaypride d'Amsterdam, je suis sûre que t'en trouvera un pour te lécher la boîte à Toblerone.

    - Ta gueule ! Mais attends... T'avais pas dit qu'il était marié ? Qu'est-ce qu'il fout avec toi alors ? Je croyais que ça t'intéressait plus les mecs mariés...

    - J'ai pas l'intention de me le taper. C'est le dirlo de Wynwood.

    - Voyez-vous ça ! Et pourquoi tu l'as amené ici, alors ?

    - Histoire de lui montrer que la vie c'est pas seulement ma femme, mes enfants et mon boulot. Je peux compter sur toi ?

    - Tu me laissera lui rouler une pelle ?

    - Nan.

    - Tu es vraiment cruelle. Mais je marche ! On va s'en occuper, de ton canard !"


    Lorsque Cannon arriva à ma hauteur, je lui adressais un petit sourire. Lynx ne m'avait fait aucune remarque à propos de mon oeil au beurre noir. Il avait l'habitude des bobos, avec moi. En revanche, le regard de Maxwell en disait long. Il regardait ma clope de travers aussi.

    "Vous êtes à l'heure. ça ne m'étonne pas de vous."


    Un clin de mon oeil valide lui montra que je plaisantais. D'un signe, je lui indiquais la porte d'entrée. J'adressai un signal discret à Lynx, qui entra dans sa boîte en me faisant un signe plus qu'équivoque quant à sa manière de voir Cannon. Mais le geste ne sera pas reproduit ici.

    "Vous entrez ? La fête va commencer."

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