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 Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]

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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeLun 6 Aoû - 13:44

Comme je m'y étais attendu, Jaden ne comprenait pas ma façon de voir les choses. Mais elle n'était pas dans mon cas... Elle trouvait que ce que j'avais dis était égoiste. Je n'étais pas de cet avis. Je pensais justement qu'il aurait été égoiste que je ne me sente en rien concerné par la mort de mes parents. Le fait que je me sente coupable ne justifiait en rien tout ce que j'avais pu faire, je ne m'en étais jamais servi comme excuse pour quoi que soit... Elle a dit que mes parents était morts parce que c'était leurs heures. Je ne pensais pas que nous avions un destin tout tracé... Avoir son heure, ca ne rimait à rien pour moi. Si je n'étais pas né, aucun de mes parents ne serait décédé car même si c'était de manière indirecte, c'était quand même ma faute. Je ne pensais pas non plus que c'était l'heure de mourir pour Jack, ou pour Carol. Ils n'avaient pas eu de chances, les choses ne s'étaient pas passées comme elles auraient du, voilà toit.
Enfin nous n'avions pas la même façon de voir les choses, et je ne voulais pas m'attarder trop sur ce sujet qui m'était assez douloureux. En plus, je savais comme Jaden pouvait être bornée parfois, je ne voulais pas ma disputer avec elle.

J'haussais les épaules, comme si j'étais indifférent à tous ca, même si ça me tenait à coeur. Je ne voulais pas montrer que cela puisse encore me marquer à ce point. J'avais ma carapace. De toute façon, je savais que ca ne les ramènerait pas. Ce qui était fait était fait, il était inutile de trop ressasser le passé, surtout lorsqu'on en avait un comme le mien, car quoi qu'on fasse on ne pouvait le changer. D'ailleurs, Jaden le comprenait aussi, puisqu'elle me dit ensuite qu'on ne pouvait ramener les gens qui nous manquent. Le sujet était donc clos. La dernière phrase qu'elle dit ensuite me laissa songeur. On peut vivre pour qu'ils soient fières de nous... Personne n'avait jamais été fière de moi. Mon grand-père m'en avait toujours voulu quelque part, car il avait perdu sa fille quand j'étais né. Il n'avait jamais été fière de quoi que ce soit à mon sujet, jamais aucune reconnaissance ou aucun signe affectif. Il faut dire que j'avais fait tellement de conneries aussi... Quelque part, je cherchais à l'atteindre, par n'importe quel moyen, ne pas le laisser indifférent, lui montrer que j'existe. Et lorsque c'était en mal, il savait réagir, c'était ma manière de lui montrer que j'étais vivant...

Sinon, à part ça, je n'avais personne à rendre fière. Mes parents étaient morts, je ne pensais pas qu'ils puissent me voir et être fière ou pas de moi. L'aurait-ils été? J'en doutais fortement... Je n'avais jamais rien fait pour eux. Pour moi, ils n'existaient pas. Je ne croyais pas qu'il y avait une vie en dehors de celle qu'on vivait sur cette putain de terre. Par contre, concernant Jack, j'avais fait une promesse, et même s'il était mort, je ne voulais pas trahir sa mémoire. Je le faisais pour le Jack que j'avais connu, et qui avait mérité ma loyauté, même s'il n'était plus là pour me voir. A part ça, je n'avais jamais agit dans le but de rendre fière quelqu'un, j'avais juste agis pour moi même, et en cela, je l'accorde, je pouvais être égoiste.

La sonnerie retentis, me tirant de mes sombres pensées. Ces retrouvailles avec Jaden avaient remué un tas de choses à l'intérieur de moi, ramenant de vieux démons du passé. Je n'avais rien dit à Jaden concernant les morts. Si elle se rattachait à cette pensée, à croire que ses parents seraient fières d'elle, je ne voulais pas que tout s'effondre pour elle. Elle avait déjà tellement peu d'attaches... Enfin si elle voulait rendre quelqu'un fière, elle ferait mieux d'arrêter la drogue, car d'apprendre qu'elle continuait n'était pas bien passé... Mais je n'allais pas lui refaire une leçon de moral, ça n'aurait servis à rien.

On se leva, et elle me tendit son numéro de téléphone avec un sourire triste. Elle aurait le mien quand je lui enverrai un message, plus tard. Je ne comptais pas l'abandonner comme ça, maintenant que je l'avais retrouvé. Mais le devoir nous appelait, alors nous sommes tout deux repartis en direction des salles de cours, reprenant chacun notre chemin... Avant de la laisser, je lui avais signalé que j'avais été heureux de la revoir. Mais rien de plus... Je n'étais pas très doué pour ça, et elle non plus. Je savais qu'elle pourrait deviner le fond de ma pensée.


[RP terminé]
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeSam 4 Aoû - 17:11

    Je sentais son amertume dans sa voix, je la voyais dans ses yeux et sur son visage. Il s'associait à la mort de ses parents alors même qu'il n'y était pour rien. Il n'était qu'un bébé à l'époque, celui qui lui reprocherait quoi que ce soit ne serait pas net dans sa tête, c'était tout ce qui me venait à l'esprit.

    « Il aurait mieux valu pour eux que je n'existe pas. »

    Non, il n'avait pas le droit de dire ça. Toute cette histoire pouvait le rendre malheureux mais ça ce n'était pas vrai. C'était juste une excuse pour une faiblesse et ce n'était pas son genre de s'apitoyer comme ça. Il n'avait pas le droit de dire ces mots.

    - Si tu n'existais pas, qui m'aurais sauvé les fesses, plus d'une fois ? Tu ne peux pas dire ça, c'est égoïste. Tes parents sont morts parce que c'étaient leurs heures, et ça, ça n'a rien à voir avec toi.

    C'est drôle, j'avais toujours pensé que si quelqu'un avait besoin que je lui remonte le moral un jour, je ne saurais même pas comment m'y prendre. Au jour d'aujourd'hui, je savais que si je devais le faire, je le ferais de la manière la plus brutale qui le soit. Je le mettrais en face de toutes ses erreurs, de tout ce qu'il se reprochait, et j'en rajouterais jusqu'à ce qu'il se rebelle. Ce n'était pas la meilleure façon de procéder, mais je n'en connaissais pas d'autre, et ça avait toujours bien marché avec moi.
    D'ailleurs, en nous regardant tous les deux assis, ici, sur ses marches après tout ce que nous avions connu, je me demandais comment je pouvais lui remonter le moral. Je n'avais jamais été la plus forte mentalement, simplement parce que je n'avais jamais eu de raison de l'être. Je me battais pour moi-même, pas pour les autres. Bien qu'un jour, je me suis battue pour venger mes parents. Mais ce jour était lointain, et mes motivations effacées depuis des années car quoi que je fasse, je ne les ramènerais pas.

    - On ne peut pas ramener les gens qui nous manque, mais on peut vivre pour qu'ils soient fiers de nous, dis-je songeuse.

    C'était bien la première fois qu'une pensée optimiste effleurait mon esprit. Comme quoi, tout pouvait arriver.
    Oui, on devait vivre pour que les morts soient fiers de nous, et au final, on devait veiller l'un sur l'autre parce que c'est comme ça que nous nous en sortirions. Aucune autre solution n'était envisageable.

    La sonnerie du lycée retentit, et je me levais, tout ça m'avais perturbée plus que je ne voulais bien le dire, et j'étais pressée d'aller en cours pour y réfléchir au calme. Notant mon numéro sur un papier, je le tendis à Miguel, avant de lui sourire tristement et de quitter les marches en claudiquant.

    Je n'étais pas douée pour exprimer mes sentiments, alors je ne le faisais pas. Jamais.



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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeDim 15 Juil - 23:26

Elle me fit remarquer qu'elle avait compris que les relations avec mon grand-père n'étaient pas vraiment idéales...

"Non, en effet..."

Mais elle était bien loin de se douter de tout ce qu'il m'avait fait vivre, et de ce qui avait pu se passer à mon départ... Je détournai la tête. Je ne voulais vraiment pas parler de ça. Heureusement, elle enchaîna rapidement sur autre chose... Ses parents étaient morts quand elle avait 5 ans. Elle les avait à peine connu. Moi, je ne les avais pas connu tout court. Mais aucune de nos deux situations n'était la bonne, je ne l'enviait pas pour autant. J'avais toujours pensé que quelque part, je n'avais pas eu à souffrir de leurs morts, puisque c'était un fait, j'avais toujours vécu avec ca. Alors que dans l'autre cas, il fallait s'adapter à l'idée de l'absence... Même si à 5 ans, je doute qu'elle en ait gardé de nombreux souvenirs. On ne réalise pas les choses de la même manière qu'une fois plus âgé. Enfin, dans tous les cas, j'avais toujours eu le regret au fond de moi d'être passé à côté de quelque chose. J'aurais voulu connaître mes parents, leur parler, bref avoir ma famille moi aussi, c'était la moindre des choses, non? Mais je n'avais rien, même pas un souvenir d'eux, juste de vieilles photos et ce qu'on avait pu m'en dire...
Indirectement, Kasey m'avait posé une question, à laquelle je répondis, le ton froid:


« Ma mère est morte en me mettant au monde... »

Je ne cherchais surtout pas à lui inspirer de la pitié, je n'aimais pas qu'on s'apitoie sur mon sort, c'était déjà bien assez chiant comme ça. Je n'avais pas eu de chance, voilà tout.

« Et mon père a eu un accident de voiture peu de temps après... Il était devenu alcoolique. »

J'avais sortis ça, comme ça, essayant de relativiser les choses tout en restant le plus naturel possible. Mais quelque part, c'était moi qui les avais tué, tout les deux. J'avais déjà commencé à répandre le mal autour de moi, rien qu'en naissant. Et ce que j'avais pu faire ensuite... C'était ignoble. Je ne me l'expliquais pas moi même. Quand j'étais envahis par ma haine, je ne me contrôlais plus, j'étais capable de tout. Je devenais aveugle, je ne réfléchissais plus à mes actes, ni à leurs conséquences... J'étais dangereux. Mais j'en avais pris conscience, alors j'essayais maintenant de faire plus attention...
Apparemment, le problème avec l'alcool était héréditaire, puisque je l'avais rencontré également. Mais je ne pouvais pas savoir. Mes parents étaient deux inconnus pour moi. Et ce n'est surement pas mon grand-père qui allait me parler d'eux... Je soupirai, puis me tournai vers elle, mon expression restant neutre, impassible. Je ne montrais pas ce genre de sentiments.


« Il aurait mieux valu pour eux que je n'existe pas. »

Et pour d'autres aussi d'ailleurs... Je pensais sincèrement ces paroles. J'étais un oiseau de mauvaise augure. Pourtant, si Kasey m'avait sortie ca, j'aurais sans doute été le premier à la contredire. Mais lorsque les choses me concernaient directement, je ne les voyais pas de la même manière. Encore une fois, sans doute fallait-il le vivre pour le comprendre, ce que je ne souhaitais à personne. Je ne souhaitais ma vie à personne, la plus grande partie ne valait franchement pas la peine d'être véccue. J'avais connu plus de malheurs que de joies, même si comme tout le monde, j'en avais quand même connues. Mais le déséquilibre était tel que c'était à se demander pourquoi j'étais encore là, comme si j'en attendais encore plus, comme si j'étais increvable. Entre subir ou lutter, j'avais fais mon choix depuis longtemps...

La jeune femme me fit remarquer notre similitude, dans nos vies. C'est vrai, nous n'avions pas démarré comme la plupart des gens. Des psychologues seraient trop heureux d'observer ce fait, pour déterminer justifier les conséquences de nos vies... Mais il n'y avait pas que ça. D'autres personnes avaient du avoir ma vie, sans pour autant arriver là où j'en étais. Chacun était différent et réagissait différemment face aux épreuves. Si Kasey et moi en étions arrivés là, c'est que nous devions également nous ressembler de par notre caractère, notre sensibilité aux épreuves, et nos moyens de lutter. Et c'était le cas pour beaucoup d'autres à la rue, les paumés... On formait une sorte de société à part, avec nos règles, nos codes. Kasey venait de m'avouer que quelque part, elle avait peur de finir comme Jack ou Coral. Pour quelqu'un qui venait de dire qu'elle aurait bien aimé que tout se termine... voilà qui devenait contradictoire. Mais ca ne me perturba pas. Je pensais bien que Kasey avait dit ca sans vraiment le penser, sinon, il y a bien longtemps qu'elle aurait déjà mis fin à ses jours, c'était si simple avec nos moyens... En tout cas, je préférais l'entendre dire ça, ca prouvait bien qu'elle voulait s'en sortir.


« Non, on ne finira pas comme ça. »

La rassurais-je, mais je le pensais. J'étais franc de toute façon, dire des choses que je ne pensais pas dans une conversation sérieuse avec quelqu'un que j'estimais, ce n'était pas moi.

« Regarde où on en est aujourd'hui. »

Je ne savais pas vraiment ce qu'il en était pour elle, mais elle avait un tuteur et elle était de nouveau scolarisée, les choses étaient en voix de guérison, reprenant leur court normal mais si ce serait long. Pour ma part, c'était fait. Je n'avais plus cette peur de me faire tuer tous les jours, je savais que je ne finirais pas comme Jack, je lui avais fais cette promesse, et j'étais très loyal envers les gens qui le méritaient.

« On s'en est toujours sortis, après tout ce qui a pu nous arriver... On est encore là ! Ce n'est pas pour rien... »

Coral était morte, mais elle avait fait une erreur primordiale. Jack était mort, lui aussi, mais ce n'était pas en vain. Je pensais que tout cela avait un minimum de sens. Tout comme le fait qu'on se retrouve là, tout les deux, Kasey et Miguel, ou Jaden et Aiden. Malgré tout, on avait réussi à sortir la tête hors de l'eau. On avait encore des choses à faire ici... Rien qu'en cet instant précis, par exemple, j'avais l'impression que mon rôle était d'aider Kasey. Et c'est ce que j'essayais de faire, peut-être assez maladroitement je l'avoue. Je m'efforçais surtout de croire en mes paroles, car je n'avais pas toujours penser ça, et je savais que le doute pouvait revenir au galop...
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeDim 15 Juil - 15:42

    « Ne dis pas ca... »

    Alors ça, ça m'aurait étonné aussi ... Je ne m'attendais pas réellement à ce qu'il comprenne. Même si on venait du même monde, nous étions différents, par nos caractères et nos réactions. Enfin, ce n'était pas bien important. Je n'avais pas du tout envie de me concentrer sur ça. Je voulais juste profiter du fait qu'il soit là, que pour une fois, je ne sois pas seule, ce qui me soulageait bien plus que je ne l'avouerais jamais.
    Je ne risquais pas d'aller demander de l'aide à qui que ce soit, je n'étais pas capable de le faire, mais j'étais contente de savoir que si un jour ça me prenait, il y aurait au moins Miguel pour me comprendre.

    « Aiden. »

    Aiden ... Nous avions pratiquement le même prénom. La même prononciation, la même inflexion. Cela me tira un sourire, simplement parce que je pensais qu'au final, nous étions peut-être fait pour nous rencontrer. Et peut-être pour nous soutenir. En tout cas, pour la première fois, je voulais y croire, après tout, je n'avais rien à perdre à penser ça.

    « Pour moi c'est pas tout à fait pareil... Je n'ai jamais été en foyer. Mais je n'ai pas eu de parent pour autant. Enfin, j'ai été élevé par... par mon grand-père. Mais on ne peut pas dire qu'il a été un parent pour moi. »

    Je sentais qu'il ne me disait pas tout. Il faisait ce que j'avais fais aussi, il éludait un partie de l'histoire, car même si aujourd'hui, nous faisions connaissances, nous ne pouvions réellement nous faire confiance. Du moins, nous aurions toujours le doute, toujours la méfiance. Et puis, honnêtement, aucun de nous deux ne devait avoir envie de dévoiler ce à quoi lui même se refusait à penser.
    Pour ma part, je ne savais même pas si je serais un jour capable de parler de ça. Et ce n'était pourtant pas faute d'avoir vu des thérapeutes et pris tout un tas de médication. Pas toujours sur ordonnance, d'ailleurs. Quoi qu'il en soit, je me doutais à cet instant que les rapports que Miguel entretenait avec son grand-père ne devaient pas être fameux. Drame familial quelconque. Probablement parce que ses parents étaient décédés ou l'avaient confiés à son grand-père. Je ne comprenais d'ailleurs pas pourquoi sa vie avait si mal tourné. Mais après tout, je ne pouvais pas juger sur le fait qu'il n'avait pas connu les foyers et les orphelinats. Comme moi, il était pupille de l'Etat, puisqu'il ne semblait pas avoir de parents. Décidément, nous faisions la paire.

    « C'est moi qui ai choisis de partir. L'idée me trottait dans la tête depuis plusieurs années déjà, et un jour, c'est apparu comme une évidence. »

    Je ne dis rien. Me rappelant ma propre décision de partir pour la première fois. Je ne doutais pas qu'il avait de très bonnes raisons pour faire ce choix. Après tout, on ne décidait pas de quitter une vie pour la rue, simplement sur un coup de tête. Parce que même si personne ne pouvait imaginer ce que c'était que cette vie, tout le monde était conscient que ce n'était pas quelque chose de simple, pas vrai ? En tout cas, je voulais le croire. Me rattacher au fait que les gens ne pouvaient penser que nous étions dans la rue parce que nous étions déjà des épaves. Alors que c'était tout le contraire, c'est parce que nous vivions dans ce monde, que nous étions devenus des épaves qui touchaient à tout et n'importe quoi pour se sentir exister. Toujours plus d'adrénaline, de drogues, de risques, d'alcools, de sexe ou de violence. Tout pour oublier notre déchéance. Alors même que tout cela ne faisait que nous la prouver un peu plus à chaque instant. Et aujourd'hui, j'en étais à contempler le fiasco qu'avait été mon adolescence et que je n'étais même pas capable d'endiguer comme Miguel avait su le faire.

    « Mais tu sais, je dealais déjà avant d'être à la rue... Des armes, des stupéfiants... Je connaissais les réseaux de traficants, certains gangs... Si je m'en suis rapproché une fois libre, c'était uniquement par moyens, non par finalité. Mais tout ca a duré beaucoup plus longtemps que ce que je l'aurais cru... »

    Je lui avouerais volontiers que ma dette à payer avait été bien plus longue que ce que je pensais même si dans la réalité ces années au sein d'un gang, m'avais paru extrêmement courtes. Mais pour ça, il aurait fallu que j'avoue que j'avais une dette envers eux. Ce qui entraînerai des questions, encore et encore, et je ne tenais pas à en parler.
    En fait, si nous n'avions pas eu le même début de vie, cela ne nous avait pas empêché de nous retrouver dans la même situation après le temps passé dans les rues. Nous étions différents des autres et il nous fallait un certain temps d'adaptation pour réussir à nous remettre dans un chemin qui ressemble à celui des autres. Non pas que je tienne à suivre aveuglément qui que ce soit mais en vérité, si je voulais passer inaperçue, je devais apprendre à faire semblant de ne pas être celle que j'étais.

    - J'ai pas l'impression qu'être élevé par ton grand-père, fut la meilleure expérience de ta vie. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de tes parents, les miens sont morts quand j'avais 5 ans, je les ai à peine connus. Mais tu vois, même si tu n'es pas allé en foyer, nous avons tous plus ou moins eu les mêmes expériences avant d'arriver là. Nous sommes tous pareils. Et j'espère juste qu'on va pas finir de la même façon que Coral ou Jack.


    Je ne savais pas très bien pourquoi je me lançais dans ce monologue mais j'avais besoin de constater tout ça. Besoin de dire que je ne voulais pas mourir dans la rue au cours d'une rixe ou d'un règlement de comptes.

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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeSam 14 Juil - 9:30

Je fis la moue face à sa réponse concernant la coke. Elle n'était de toute évidence pas prête à arrêter. Je ne savais pas ce qu'elle attendait, mais il lui faudrait encore du temps. Je savais bien que c'était un moyen pour elle de se sentir mieux, de fuir la vraie vie, mais ce bonheur ne durait qu'un temps. Quand on devenait vraiment accro, ca nous pourrissait la vie plus qu'autre chose... Mais apparement elle n'était pas arrivée à ce stade là, vu qu'elle ne se réveillait pas la nuit pour se coker... Jusqu'à maintenant en tout cas. Mais je doutais fortement que les choses aillent en s'améliorant... Enfin, je soupirais, un peu agacé qu'elle soit si butée, mais je n'incistai pas. Elle connaissait mon point de vue, et je connaissais le sien. Ce n'était de toute évidence pas le même, et je n'aimais pas qu'on ne soit pas d'accord avec moi, mais si j'incistais, je savais ce que ca donnerait: aucun des deux ne céderait, et on se prendrait la tête... Et maintenant que je le retrouvais depuis tout ce temps, ce n'était pas ce que je voulais. J'espérais juste pour elle qu'elle arriverait à s'en sortir, comme je l'avais fait. Mais j'étais justement bien placé pour y voir toute la difficulté... serait-elle assez forte?

Au moins, elle avait été franche avec moi, et j'appréciais ca. Elle ne me faisait pas croire que tout allait bien. Au contraire, elle m'avoua même que ce serait bien que ca s'arrête... encore une fois, j'étais choqué d'entendre ces paroles. Refusait-elle de se battre? Alors pourquoi ne pas se suicider tout de suite? J'étais passé aussi par ce stade, ou plus rien n'avait compté dans ma vie, et où je n'hésitais pas à m'exposer à toutes sortes de dangers juste pour voir si la mort ne viendrait pas me prendre, puisqu'au fond je le cherchais. Mais elle n'était pas venu, j'en étais bien reconnaissant aujourd'hui, car j'avais réalisé la valeur d'une vie, de ma vie. Je ne sais pas comment j'avais survécu à toutes les conneries et les mauvais plans dans lesquels j'étais embarqué, mais j'étais là, tel un miraculé qui gardait de bien lourdes cicatrices...


« Ne dis pas ca... »

Lui répondis-je le ton étonnement calme, car ses paroles me rappelaient les miennes d'il y a quelques années. Or, j'avais vu beaucoup de gens mourir alors qu'ils tenaient à la vie, qu'ils auraient voulu vivre. Elle avait la chance d'être là, il fallait qu'elle en prenne conscience, même si sa vie craignait, elle était encore en vie. Et elle pouvait changer cette vie. Elle était jeune. Elle avait encore tant d'années devant elle pour guérir de son mal. Je ne savais pas comment lui expliquer ca, je l'avais réalisé lorsque Jack était mort. Il m'avait fait changer, il avait bouleversé ma vision pessimiste de ma vie et du monde. Certes, ma vision restait toujours plus négative que la plupart des gens car j'avais vécu trop de choses, mais je n'en étais plus à vouloir mettre fin à mes jours. Je n'étais pas tombé dans la dépression ou la vengeance suite à la mort de Jack. Je le lui avais promis, j'avais tiré un trait sur tout ça. Mais comment Kasey pourrait comprendre? Elle devait se sentir seule, livrée à elle même depuis trop longtemps, pensant surement que personne ne pleurerait son départ... Or, il y avait son tuteur, qui devait beaucoup tenir à elle s'il avait acceptait d'en être le responsable, ce qui n'était pas une maigre responsabilité...

Et puis, il y avait moi aussi. Je ne dis pas que j'aurais été anéantis si un jour je découvrais qu'elle n'était plus car nous n'étions pas si proches que ca non plus, mais cette pensée me rendais profondément triste et l'idée que j'aurais pu empêcher ça m'aurait surement rongé toute ma vie. J'étais comme ça... même si je n'en avais pas l'air. Je regrettais beaucoup de choses, et dieu sait que j'avais fais beaucoup d'erreurs... C'était dommage qu'une fille comme elle, dont je connaissais le potentiel, ne se reprenne pas en main. Mais qui pouvait le faire à sa place? Je n'étais pas psy, et je n'étais pas doué pour aider les gens, si ce n'est par la bagarre. Or là, l'ennemie était insaisissable. Et c'était son ennemie. Un duel auquel je ne pouvais prendre part. Je servais juste d'arbitre, de moralisateur, et je n'aimais pas cette place, car j'étais loin d'être un saint, et je n'aimais pas quand quelqu'un prenait ce rôle pour moi, ce qui devait aussi être son cas. Chacun ses affaires. Aussi, je ne rajoutai rien, espérant que mes paroles la feraient réfléchir plus tard, quand je ne serais plus en face d'elle et qu'elle allait se droguer de nouveau...

Kasey me raconta ensuite comment elle en était arrivée là. Elle avait bien compris ma question bien sur. Comment une fille comme elle pouvait-elle se retrouver dans la même situation qu'un type dans mon genre? Nos histoires ne devaient pas être bien différentes. Manques de repères, de famille, d'amour et d'affection. Bref, tout ce qu'il faut pour évoluer dans un monde stable et heureux. Mais ce monde n'était pas le notre. Elle me raconta son histoire vraiment briévement. Je pense qu'elle n'était pas prête pour me donner des détails. Qui l'aurait été? Je n'avais jamais raconté les détails de ma vie non plus. C'était bien trop douloureux pour moi, même après toutes ces années. Ses parents étaient morts, comme les miens. Avait-elle eu la chance de les connaître, contrairement à moi? Je ne sais pas, elle ne me le précisa pas. Par contre, elle avait été dans des foyers, ce qui n'avait pas été mon cas, car mon grand-père avait eu ma garde, mais la finalité en restait la même...

Lorsqu'elle me demanda si c'était comme moi, j'hésitai... Nos histoires, bien que je ne connaisse pas grand chose à la sienne, me paraissaient à la fois similaires, mais je savais que certaines choses étaient différentes... Kasey n'avait surement pas eu le choix. Moi, c'est moi qui étais partis, après de nombreuses erreurs... C'est peut-être ce qui faisait notre différence. Je ne sais pas. Heureusement, elle enchaina sur autre chose, à défaut de pouvoir m'en dire plus sur ce que je demandais, m'avouant son vrai prénom. Je la regardai alors comme si je la rencontrai pour la première fois. Jaden. Ça lui allait bien. Ça ressemblait étrangement à...


« Aiden. »

Je renchéri, lui adressant un mince sourire, après tout ce qu'on avait pu dire:

« Moi c'est Aiden Miguel. »

Ces présentations marquaient en quelque sorte la fin de notre histoire commune dans les rues. Aujourd'hui, nous allions apprendre à nous découvrir dans cet autre contexte. Elle me demanda ensuite comment moi j'en étais arrivé là, chose à laquelle je m'étais attendue, puisque je lui avais moi-même posé la question. Je répondis donc de la même façon, assez synthétique:

« Pour moi c'est pas tout à fait pareil... Je n'ai jamais été en foyer. Mais je n'ai pas eu de parent pour autant. Enfin, j'ai été élevé par... »

Je marquais un étrange arrêt, hésitant. Je m'étais déjà aventuré peut-être un peu trop dans les détails. Enfin, Jaden ne pouvait rien savoir, ces paroles aurait pu être tout à fait anodines... Je poursuivis donc:

« ...par mon grand-père. Mais on ne peut pas dire qu'il a été un parent pour moi. »

J'avalai ma salive. Non, je n'aimais pas parler de ça. Mon grand-père était le père de ma mère, qui était morte en me mettant au monde. Je sais qu'il ne m'aimait pas pour ca, il ne me l'a jamais pardonné, quoi qu'il puisse dire. Et il m'a élevé à la dure, quand je dis que ce n'était pas vraiment un 'parent', je sous entend là tout le côté affectif. Car cet homme m'avait élevé à la dure et m'avait forgé un cœur de pierre.

« C'est moi qui ai choisis de partir. L'idée me trottait dans la tête depuis plusieurs années déjà, et un jour, c'est apparu comme une évidence. »

Quand j'étais parti, je n'avais rien laissé derrière moi, je n'avais eu aucun regret, même si je quittais mon ancienne vie sans savoir que la nouvelle allait être encore plus dure. Mais au moins, j'avais gagné ma liberté, et ca, rien ne me l'aurait fait regretter. Pourtant, les circonstances de mon départ m'avait profondément marquées, me changeant à jamais... Oui, c'était bien le début d'une nouvelle vie...

« Mais tu sais, je dealais déjà avant d'être à la rue... Des armes, des stupéfiants... Je connaissais les réseaux de traficants, certains gangs... Si je m'en suis rapproché une fois libre, c'était uniquement par moyens, non par finalité. Mais tout ca a duré beaucoup plus longtemps que ce que je l'aurais cru... »

Les gangs n'avaient jamais été mon but. C'était le moyen pour moi de parvenir au mien, de me faire de l'argent pour pouvoir rejoindre XXX. Je m'étais égaré en chemin, mais Jack n'était pas mort en vain, il m'avait remis sur ma route. Je savais que Jaden verrai très bien ce que je voulais dire: ce tourbillon qui nous prenait était difficile à quitter. Tout n'était qu'actes et conséquences qui nous embarquaient dans un cercle vicieux interminable dont on ne voyait jamais le bout. Dont on en pouvait jamais sortir... libres, mais pris au piège.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeVen 13 Juil - 22:31

    « On a toujours le choix. »

    C'est ce qu'on disait. Mais personnellement, je n'étais pas sûr de l'avoir jamais eu, et je ne devais pas être la seule. Après tout ... Comment pouvait-on choisir cette vie ? Les gens croyaient-ils qu'on étaient programmés pour vivre ainsi, ce genre de vies, etc ... Que nous n'avions pas d'autres destins ? Peut-être que c'était vrai. Et peut-être que au départ, nous avions le choix, mais que mal fait, nous nous sommes retrouvés dans une spirale infernale.
    Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui, même si je voulais revenir vers une vrai vie, je ne pourrais pas, car j'ai vu trop d'horreurs pour ça.

    « Arrêtes cette merde Kasey ! Sérieusement... t'as bien vu comment ca terminait... Tu mérites beaucoup mieux que ça, je sais que tu en es capable... »

    Peut-être que j'en étais capable. Mais à quoi est-ce que ça me servirait ? Devenir sobre, toujours, ça me permettrait juste de mieux voir tout ce qui n'allait pas chez moi, et je n'étais pas sûr que ce soit exactement ce que je voulais. D'ailleurs, j'étais sûr du contraire. Mais je ne comptais même pas essayer d'arrêter, je n'en avais pas envie.

    - C'est ma vie, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je vais pas te mentir, en te disant que je vais arrêter, ce serait pas vrai, et je vois pas pourquoi je le ferais. J'en ai pas envie. Je me lève pas la nuit pour me coker le nez donc, j'en suis pas à un point si grave. Je sais comment ça fini, mais je m'en fiche. Je crois même que ce serait bien. Que ça s'arrête.

    Ouais, alors cette fois par contre, j'avoue que j'appréhendais un peu sa réaction. Le fait est que ça m'avais échappé, mais je n'avais vraiment pas prévu de lui dire ça. Parce que Miguel partageait avec d'autres, une vision sacrée de la vie, ce que je pouvais comprendre. J'avais la même mais pas au sujet de la mienne. Parce que c'était ma vie et que j'en étais seule dépositaire. Je ne devais rien à personne.

    « Oui, c'est vrai, j'ai fait une promesse, et je la tiens. Enfin, j'essaie... Ma vie est devenue bien plus... normale. Je ne suis plus accro à l'alcool, je ne deal plus, je n'ai plus besoin de voler non plus... Et je fais pas mal de sport pour me défouler, tu devrais essayer...Mais tu sais aussi bien que moi qu'on ne change pas comme ca du tout au tout. Il m'arrive encore d'être violent, de me battre, d'enfreindre les lois... Ca a toujours fais partie de moi... »

    Du sport ? Hélas, j'avais bien peur que quelque soit le sport que je pratique, je n'arrive jamais à passer au dessus de cette vie et de tout ce qui allait avec. Je ne me sentais pas triste pour autant, parce que je le savais depuis que j'étais entrée chez Los Magnificos. Depuis que j'avais accepté leur vie, je savais que je ne serais plus jamais innocente, ou capable de me réjouir de trucs simples. Je savais que je serais toujours dans un brouillard de drogues, d'alcools ou de sang. Et je l'avais accepté, parce qu'en échange, cela me permettait d'avoir autre chose.

    « Je ne regrette rien. Je me sens mieux depuis que je suis ici... Les gangs, la drogue, tout ça, c'est pas une vie... C'est pas le vie que je veux en tout cas. »


    Alors là, je me demandais qui était capable de vouloir d'une vie pareille. Personne à mon avis. On nous avait simplement mis devant un choix, et pour la plupart il était le même : le gang ou la mort. Le choix était vite fait, car rare étaient ceux qui n'avaient pas de familles. Bien sûr, pour ceux-là ... le choix était plus vite fait encore, nous n'avions rien d'autre. Comment pouvait-on vivre sans famille ? C'était la question que j'aurais voulu hurler à la face du monde, parce que vraiment, je me la posais. Étaient-on juste sensés faire notre vie de notre côté, sans amour, et surtout sans nous plaindre ? Est-ce qu'on devaient ignorer qu'on étaient pas comme les autres, alors même qu'on avaient rien fait pour ça ? Je voyais des dizaines de gens à blâmer pour nos vies, nos parents pour ceux qui avaient été abandonnés, nos bourreaux pour ceux qui avaient vécus leurs parts de drames avant leur dixième anniversaire. Mais pas nous. Nous n'avions pas demandés à vivre sans famille, sans amour, sans lien. Comment nous reprocher d'aller vers la facilité ?

    « Dis-moi Kasey, je ne te l'ai jamais demandé mais... Comment ca se fait que tu en sois arrivée là? »

    Comment est-ce que j'en étais arrivée où ? J'avais envie de le demander mais je me retint. Parce que je savais ce que voulait dire Miguel. Comment j'étais arrivée dans la rue, dans un gang ? Comment j'en était arrivée à dealer, à tirer sur des gens ou à en voler d'autres ? Comment j'avais pu me mettre à l'ecstasy, à la dope en général, mais aussi à l'alcool ? Comment, une fille pouvait-elle se retrouver si bas, alors qu'elle avait un minimum de bon sens ? Comme tous les autres. Avec une vie pourrie, remplie de malheurs, de haine et de tristesse. Comme lui sans doute.

    - Comment ? Comme tout le monde, Miguel. Mes parents sont morts, j'ai été dans des foyers différents sans jamais être adoptée. J'ai fini par fuir ce cercle vicieux pour vivre dans la rue et tomber dans d'autres engrenages pires encore. Comme toi, non ?

    Je ne me faisais pas d'illusions, il ne pouvait pas penser que je lui raconterais tout comme ça, du jour au lendemain. Je n'étais pas en mesure de le faire de toutes façons. Parce qu'à cette seule pensée, ma gorge se serrait, ne me laissant même plus avaler ma salive. Mon coeur s’oppressait me laissant à peine respirer. Je n'en avais jamais parlé, je ne le ferais pas aujourd'hui. Je ne pouvais pas. Je ne voulais pas.

    Mais je pouvais dire quelque chose d'idiot et de basique. Quelque chose que je ne lui avais même pas dis avant.

    - Je m'appelle Jaden Kasey, en fait. Je sais pas si ça t'intéresse mais je peux au moins te dire ça. A défaut d'autre chose. Et maintenant qu'on en est là, toi, comment as-tu atterris dans ce milieu pourri avec une si basse limite de vie ?
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeJeu 12 Juil - 23:02

Kasey releva ses yeux sombres vers moi lorsque je lui posai cette question, sortant de ses pensées dont j'ignorais le fond. J'étais loin de connaître toute sa vie, ne ne nous demandions jamais trop de renseignements entre nous, les gens de la rue, sans doute pour éviter de s'attacher, mais surtout par méfiance et peur de la trahison. Maintenant que nous nous retrouvions ici, assez loin de tout ca, des tas de questions me venaient en tête, j'avais envie de mieux la connaître, pour comprendre comment elle en était arrivée là. D'après mon parcours semé d'embuches, je savais bien qu'on entrait pas dans un gang comme ca, simplement sur un coup de tête, c'était un long acheminement, un processus qui nous détruisait à petit feu.

Elle me dit qu'elle n'avait rien choisis, ce dont je me doutais, et qu'elle avait gardé sa haine, tout comme moi, même si mon rythme de vie n'était plus le même et que je l'évacuais autrement.


« On a toujours le choix. »

Kasey n'était pas un cas désespéré, je voulais qu'elle en ait conscience. Elle avait ses raisons pour agir comme elle le faisait. Étant sortis de tout ca, je savais bien que c'était possible. C'est comme un fumeur qui dit qu'il ne peut pas arrêter, mais avec une volonté de faire, ca peut changer. Ne jamais croire qu'une cause et perdue, c'était ca se battre. Et Kasey était une battante. Ca ne lui allait pas de baisser les bras ainsi, mais c'est sans doute parce que ca la concernait elle-même, ca aurait été différent si l'on avait parlé du cas de quelqu'un d'autre, elle n'aurait pas vu les choses de la même manière. N'avait-elle pas confiance en elle?

Kasey, après avoir réfléchis un peu à la question, m'avoua qu'elle ne savait plus vraiment où elle en était, si cette vie était meilleure que l'ancienne. C'est en fait parce que cette vie était semblable à l'autre: elle m'annonca que rien n'avait changé pour elle, elle n'arrivait pas à décrocher avec la coke, et se battait toujours. Pour ce qui est de la drogue, bien que comme tous les dealer, j'ai essayé, je n'avais pas plongé dedans, me rendant bien compte du danger de la dépendance. J'avais préféré l'alcool, chacun ses méthodes pour toucher un bout de ciel et fuir cette vie. Concernant la coke, je lui répétai tout de même une chose qu'elle avait trop entendu, mais mon côté protecteur avec elle reprenait le dessus:


« Arrêtes cette merde Kasey ! Sérieusement... t'as bien vu comment ca terminait... Tu mérites beaucoup mieux que ça, je sais que tu en es capable... »

Je ne sais pas combien de mecs de gang, ou certaines femmes mais elle étaient rares, étaient morts d'overdose. Et combien j'en avais surpris en train de se piquer, ou d'être en manque. Sans parlé d'un ou deux cas extrêmes qui avaient du être amputés d'un bras. C'était franchement pitoyable à voir. Elle connaissait très bien les dangers. Qu'attendait-elle pour se réveiller putain? Ses paroles venant de ma part auraient peut-être plus de valeurs, puisqu'elle savait que j'avais décroché avec l'alcool, même si ce n'était pas la même addiction, ca en restait une, et tout aussi dangereuse. Ce n'était pas comme tous ces gens qui parlaient de choses qu'ils ne connaissaient pas et qui donnaient des conseils à deux balles. Enfin je doutais quand même d'une réaction favorable ou motivée de sa part, ce que je trouvais bien triste pour une jeune femme telle qu'elle. Il fallait qu'elle ait un déclique, et ca devait venir d'elle-même, personne d'autre... Pourtant, j'avais envie de l'aider à se sortir de ce gouffre, mais je ne savais pas comment. Il me fallait plus de renseignements sur elle. Et même avec ça, je n'étais pas psy !

Elle me demanda ensuite ce qu'il en était pour moi. Elle avait l'impression que je m'étais adapté. Elle avait en partie raison.


« Oui, c'est vrai, j'ai fait une promesse, et je la tiens. Enfin, j'essaie... Ma vie est devenue bien plus... normale. Je ne suis plus accro à l'alcool, je ne deal plus, je n'ai plus besoin de voler non plus... Et je fais pas mal de sport pour me défouler, tu devrais essayer...Mais tu sais aussi bien que moi qu'on ne change pas comme ca du tout au tout. Il m'arrive encore d'être violent, de me battre, d'enfreindre les lois... Ca a toujours fais partie de moi... »

Ce qui était surtout appréciable dans ma nouvelle vie, c'était que j'étais resté libre. Je faisais toujours ce que je voulais. Et c'est justement ce que je voulais qui avait changé: je ne voulais plus voler ou dealer, je bossais pour gagner ma vie dignement. Je n'étais plus alcoolique, je buvais avec l'envie de savourer l'alcool à sa valeur. Et surtout, je ne fréquentais plus toute la racaille et les psychopathes des rues, car même si j'avais réussi à sympatiser avec certaines rares personnes comme Jack ou Kasey, la plupart des gens que j'avais rencontré pendant cette vie de débauche étaient des malades, vraiment perturbés... Je l'étais peu être aussi, d'une certaine manière, à ma façon, mais je n'étais pas fou, ca non.

« Je ne regrette rien. Je me sens mieux depuis que je suis ici... Les gangs, la drogue, tout ça, c'est pas une vie... C'est pas le vie que je veux en tout cas. »

J'avais réalisé tout cela, mais ca m'avait pris beaucoup de temps. Je ne savais pas vraiment quelle serait ma vie, mais ce ne serait pas celle là, je ne voulais pas finir comme Jack à me battre pour de la merde, de la drogue, des armes ou de l'argent sale. Je n'avais pas toujours tenu ce discours. Mais j'avais muri, j'étais sortis de l'adolescence en quelque sorte. Les rues et tout ce qui allait avec, ça craignait... Je voulais être indépendant de tout cela, continuer ma route seul.

« Dis-moi Kasey, je ne te l'ai jamais demandé mais... Comment ca se fait que tu en sois arrivée là? »

Je ne savais pas si elle allait me répondre, mais au moins, j'avais tenté. Qui ne tentait rien, n'avait rien, et comme je n'avais rien à perdre... C'était le genre de question qu'on ne posait jamais dans les rues, on avait chacun nos histoires. Aujourd'hui, je voulais connaître la sienne... Pour chasser le mal, il fallait en connaitre l'origine...
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeJeu 12 Juil - 19:56

    « Je sais ce que c'est... la mort. Jack est mort sous mes yeux ce soir là, je ne pouvais rien faire d'autre qu'attendre... »

    Bien sûr qu'il savait ce que c'était. Chacun de nous connaissait la mort. Pour en avoir été témoin, pour l'avoir frôlé, combattu ... Chacun de nous était marqué de son sceau. Je ne comptais plus les fois, ou je l'avais vu de près, en voiture, en me faisant tirer dessus, en me droguant, ou simplement en marchant dans la rue. Comme nous tous. Dans les rues, nous avons appris à nous jouer de la mort, mais aussi de la vie. Parce que pour ne pas céder à la folie, nous le devions.

    « Tu as du reconnaître que je portais son collier. Si j'en suis arrivé là aujourd'hui, c'est aussi parce qu'il me la fait promettre. »

    Voilà qui ne m'étonnais pas. La seule mort de Jack n'aurait pu expliquer pourquoi Miguel avait décidé de partir. Certes, il aurait été fou de douleur, mais plus encore, il se serait vengé. froidement et sauvagement, parce que c'est ce que nous faisions lorsque l'un des nôtres mourrait. Mais après ce décès, il n'y avait rien eu, que du silence et de l'oubli. Maintenant, je comprenais mieux, on ne pouvait pas ne pas tenir une promesse faite à un mort, surtout quand c'était pour notre bien. Surtout quand c'était un de nos proches. Mais pour ma part, je ne devais rien à personne, et je tenais à ce que cela continu. Je ne devais rien à mon père mort avant que je comprenne son travail, pas plus qu'à ma mère, qui n'avait pas su nous sauver de ces hommes. Et par dessus tout, je ne devais rien à Shawn, qui pouvait faire tout et n'importe quoi mais qui ne pouvait pas réparer ce qui était brisé en moi.

    Et les choses étaient aussi bien comme ça. Mes pensées me tirèrent un sourire d'amertume plus prononcé encore. Je ne pensais jamais à mes parents. Je ne revenais jamais sur ce qui s'était passé 11 ans plutôt. Et surtout, je pensais bien que personne n'était au courant de cette histoire, ce qui me faisait me demander ... Qu'est-ce que les gens pouvaient bien s'imaginer à mon sujet ? Soyons honnête, le monde entier avait la capacité de voir que je n'étais pas entière. Mais que pensait-il ?

    « Tu as des regrets d'avoir choisi cette vie? »

    La question de Miguel me fit relever les yeux, je ne m'étais même pas aperçue que j'avais posé la tête sur mes genoux, plongée dans mes pensées. Des regrets ? Bien sûr. Je regrettais de ne pas toujours avoir vécue cette vie, ça au moins, me paraissait clair. Et surtout, je regrettais de ne plus être en mesure de l'apprécier à sa juste valeur.

    - Je n'ai rien choisi, Miguel. Ne te fais pas d'illusions, j'ai ramené la violence qui me suit avec moi. Et même Shawn et son optimiste indestructible, ne peuvent pas m'aider.

    Je ne savais pas exactement ce qui me dérangeait tant dans sa question. Il n'y avait rien de blessant mais ... Que voulait-il comme réponse ? Que j'adorais boire des cocktails sur la plage avec des pétasses friquées ? Non ... Bien sûr, il me connaissait trop bien pour attendre une réponse de petite fille. La vérité, c'est que si j'étais resté là-bas, sans doute que je serais morte à l'heure actuelle. Et je finissais par penser que ce serait peut-être mieux.

    - Je ne sais pas, dis-je fatiguée. De toutes façons, rien n'a changé, je prends toujours de la coke, je me bas toujours, et en plus, je manie toujours aussi bien un pistolet. Alors, en gros, on peut juste dire que j'ai changé de ville. Et pour toi ? Toi, au moins tu as su t'adapter ... En tout cas, tu en donnes l'impression.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeMar 10 Juil - 19:23

J'écoute attentivement son récit, dont je ne voyais plus le bout. JE n'avais pas pensé que ce qu'il lui était arrivé puisse être si long, ou en tout cas, qu'elle s'attarderait autant dessus, car moi, j'étais allé à l'essentiel, voulant éviter de me remémorer ces souvenirs douloureux. Elles étaient allées encaisser l'argent d'un gérant de boutique, chose courante pour nous. Mais Coral avait dérapé, tuant un client... Chose qu'il ne fallait évidement jamais faire, sauf en cas d'extrême urgence. Et encore, mieux valait parfois fuir que de tuer quelqu'un comme ca, ca attirait que des problèmes. Un meurtre sur la conscience, mais aussi sur les bras puisque l'affaire ne s'arrêtait pas là, ce n'était pas rien! Mieux valait passer à côté de l'argent et courir vite que d'agir ainsi. Enfin, je ne connaissais pas très bien Coral, peut-être avait-elle paniqué. Ce qui lui avait coûté la vie. Quand je vous dis qu'on ne rigole pas avec ce mode de vie...

Kasey avait alors secouru Coral, ne pouvant l'abandonner comme ca. Même si nous n'étions pas proches entres nous, les gens des rues, nous restions tout de même humains et solidaire en cas de coup dure, enfin, pour la plupart du moins. Je faisais partie de ces personnes là. S'il y avait une vie à sauver, je n'étais pas le lâche qui s'enfuyait pour sauver sa peau, bien que ce soit plus malin. J'étais humain voilà tout, et Kasey aussi. Malgré tout ce qu'on avait pu vivre.

Après ce fâcheux épisode, elle était allée dans un programme de réinsertion. Je fis la grimace en entendant ce mot. Je n'aimait pas l'idée d'être insérer dans quoi que ce soit, et encore moins dans ce système pourrie jusqu'à la moelle, cette société de moutons galeux. Kasey était comme moi la dessus, ca avait du être très contrariant pour elle. Certes, à Wynwood, j'étais redevenu un citoyen si l'on pouvait dire ca comme ca, mais je n'étais pas tombé dans ce système pour autant, je n'obéissais toujours qu'à mes propres règles. Alors que Kasey, en étant en centre de réinsertion, avait du être surveillée, et dirigée. C'était la pire chose qui puisse être. La preuve était qu'on avait préféré la rue à ca, au moins, nous étions libres. Enfin, on n'avait pas vraiment eu le choix de cette vie...

Kasey m'apprit ensuite qu'elle était dans cette école car l'un de ses professeurs était devenu son tuteur. Hé ben, elle devait lui donner du fil à retordre ! Je n'en restais pas moins étonné. Ce professeur était donc devenu comme un parent pour elle. J'étais même bouche b. Comment vivait-elle tout ca? Elle avait connu plus de changements que moi, puisque j'étais resté libre et sans autorité. Je ne m 'étais pas attendu à tout ca, elle en avait fait du chemin depuis le temps, et encore, je savais qu'il nous restait pleins de choses à nous dire. Mais nous aurions le temps maintenant. Nous pouvions vivre à un rythme plus normal, sans être constamment dans la course effrénée de la peur.

Comme elle m'avait dit beaucoup de choses, et que quelque part, je me retrouvais un peu dans ce qu'elle avait pu affronter, je lui précisai:


« Je sais ce que c'est... la mort. Jack est mort sous mes yeux ce soir là, je ne pouvais rien faire d'autre qu'attendre... »

Ce souvenir était encore douloureux, ca avait même été horrible, je n'avais jamais accepté. Quand la mort prend quelqu'un, lente et douloureuse, on ne peut rien y faire, rien ! C'est révoltant... et tellement injuste. On se pose plein de questions. On veut tout refaire, tout changer, avec des 'si'. Peut-être qu'il aurait mieux valu que je meurs à sa place ce soir là, moi qui tenais bien moins à la vie que lui...

« Tu as du reconnaître que je portais son collier. Si j'en suis arrivé là aujourd'hui, c'est aussi parce qu'il me la fait promettre. »

Jack savait à quel point ca comptait pour moi de rejoindre XXX et de ne pas vivre indéfiniment comme ca, ou en tout cas, à quel point ca avait pu compter avant que je ne m'égare trop, jusqu'à parfois plus me reconnaître. Les choses que j'avais pu faire étaient vraiment horribles, aussi, je préférais ne pas y repenser, mais quand le sommeil s'emparait de moi, je subissais toute cette violence, à la fois en tant qu'acteur, mais aussi spectateur. Me faire promettre ca alors qu'il était mourant prouvait à quel point il avait pu tenir à moi, et à mon bien, puisque ce fut ses dernières paroles. Un amis comme on en connait trop peu m'avait quitté ce soir là. Au fond, je savais bien que je ne m'en remettrais jamais.

Je me tournai vers elle, puis je lui demandai:


« Tu as des regrets d'avoir choisi cette vie? »

Elle n'avait pas vraiment choisi, mais elle comprendrait où je voulais en venir: elle n'avait pas refuser que ce professeur devienne son tuteur, elle avait voulu s'éloigner, elle aussi, sans doute pour mieux se retrouver et fuir tout ca.
Préférait-elle sa nouvelle vie? Difficile à dire, comme je l'avais dit, c'était différent... On s'habituait vite à vivre sans penser au lendemain, libre, sans autorité. Et puis, cette excitation lorsqu'on faisait des coups... C'était tellement excitant, on vivait la vie à fond, on savait qu'on pouvait mourir à chaque instant, ce qui nous faisait profiter au maximum de l'intensité de chaque instant. Pourtant, était-ce bien ca la vraie vie? Prendre tout le temps le risque que tout s'arrête, voler, tricher, mentir, corrompre, menacer, agresser, tuer... Tout cela ne pouvait durer qu'un temps. Lorsque le vase était remplis et que la goutte d'eau le faisait déborder, il était temps de changer de vie. A un certain moment, on ne pouvait plus supporter toute cette pression, on en devenait prisonnier, et soit la culpabilité nous rongeait, soit l'on devenait complétement fou, dépourvu d'humanité.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeLun 9 Juil - 23:14

    « Oui, c'est... différent. »

    C'est le moins qu'on pouvait dire, pensais-je. Ici, rien n'était pareil, tout le monde y était bien plus détendu, paisible. Dans la rue, il fallait être sur ses gardes sans cesse, y compris quand on faisait parti d'un gang ou qu'on était en affaire avec eux. Surtout dans ces cas-là. Il y avait toujours quelqu'un qui voulait vous descendre. Pour se venger. Ou pour prendre votre place.
    Los Magnificos m'avait offert un refuge. J'y avais rencontré des gens biens, et d'autres horribles. Je n'étais pas fière de tout ce que j'avais fais, mais au final, je ne m'en souciais pas plus que ça. Je passerais ma vie à rattraper mes erreurs si il le fallait. Cela ne m'effrayais nullement. Je n'avais rien d'autre à quoi me consacrer.

    « Mais ne t'en fais pas pour moi, je ne m'ennuie pas, tu me connais... »

    Oui, je le connaissais, certainement pas aussi bien que je l'aurais voulu, cependant. Car pour la première fois de ma vie, j'éprouvais des regrets. Je m'en voulais entre autre de ne pas avoir été là pour lui, et de ne pas être comme lui. Parce que j'avais l'impression égoïste que la vie était bien plus simple de son côté. Ooh ! La mienne l'était. Tuer ou se faire tuer, c'était mon seul choix. Mais ce n'était pas une vie. Ce n'était pas sain, et j'en étais consciente, plus encore quand je me retrouvais face à lui.

    « Alors dis moi, comment t'es tu fait prendre? Je te croyais insaisissable... »

    Insaisissable ? Moi ? Il me connaissait mal. Je m'étais fais prendre un nombre de fois incalculable plus jeune, mais en entrant dans ce gang, j'avais appris deux trois choses. Les trucs à savoir quand on était en fuite ou dans l'illégalité. Ce que j'étais en permanence. Encore aujourd'hui. Comme quoi, on ne pouvait pas se débarrasser de ses mauvaises habitudes.
    Dans ma tête, je repassais les événements qui avaient précédé mon arrestation. Coral qui me disait qu'on allait juste récupérer le fric qu'un marchand devait à Hector, notre chef. Coral et moi qui nous en allions, prêtes à tout, dans une caisse que nous venions de voler. Alors que ni l'une ni l'autre nous n'avions l'âge de conduire. Mais tout va plus vite dans cet environnement. On grandis plus vite. Et on tombe plus vite. De plus haut et plus fort. On s'écrase contre un mur à 190 km/h. Aucune chance de s'en remettre. Bref. Ce soir-là, tout semblait rouler comme d'habitude. Sauf que non. Une fois devant la boutique, nous étions rentrées tranquillement, Coral était partie d'un côté, moi de l'autre. J'avais pris le marchand de face, elle avait fait le tour et ramenait un mec tout ce qu'il y a d'ordinaire en lui pointant son calibre dans le dos. J'avais sorti ma propre arme pour la pointer sur le gérant. Tout allait bien. Trop bien même, ça ne devait pas durer. Le gars "normal" que Coral avait trouvé en train de fureter dans les rayons, s'était mis en tête de la désarmer, et le coup était parti tout seul. J'avais vu le visage de ma collègue se décomposer. L'une comme l'autre n'avions jamais tiré sur qui que ce soit d'innocent. Bien sûr, il nous était arrivé de blesser des flics qui nous poursuivaient. Bien sûr nous avions tués des concurrents. Mais aucun innocent n'était jamais mort par notre faute.
    Cela nous a fait perdre le contrôle, et alors que nous étions chasseurs, nous nous sommes retrouvés gibiers. Dans la course qui nous a opposés aux flics rameutés par le gérant, Coral perdit la vie et je fus arrêtée.
    Je faisais bien attention, à ne jamais penser à ce jour, parce qu'après avoir tué un innocent, j'avais l'impression d'avoir sur les mains le sang de Coral également. Même si je n'avais pas appuyé sur la détente dans l'un ou l'autre des cas, j'étais coupable.
    Passant mes mains sur mon visage, je me ressaisis. Je ne pouvais pas me laisser submerger par tout ça. Ce n'était pas sain. Et ce n'était en rien ma faute.

    - Le jour ou j'ai ... Le jour ou j'ai été arrêté, Coral et moi, nous devions aller encaisser l'argent d'un mec qui tenait une boutique sur Halea Street. Tu sais, le gang le protégeait contre rétribution ...

    Je fis une pause, comme si ce que je disais était normal. Évident, même. Parce que ça l'était pour nous à cette époque. Et Coral, une petite blonde à peine plus âgée que moi y avait laissé la vie.

    - Bref. Il y avait un client dans la boutique et il a eu la mauvaise idée de vouloir jouer au héros. Sauf que Coral a pressé la détente sans réfléchir, résultat, nous nous sommes retrouvés, sans le fric, avec un cadavre sur la conscience et poursuivies par les flics. Je ne sais même pas comment on a réussies à les tenir à distance pendant 10 minutes.

    J'eus un sourire amer. Je regrettais cette soirée. Mais je ne pouvais dire si c'était parce que ça avait été la fin de cette vie, ou si c'était parce que ça s'était si mal terminé. Un peu des deux, sans doute.

    - Coral s'est fait tiré dessus, et je me suis arrêtée de courir. Je ne voulais pas qu'elle meure seule, tu sais ... Nous n'étions pas proches mais je ne pouvais pas la laisser comme ça. Les flics nous sont tombés dessus direct, mais Coral était déjà morte. J'ai été inculpée, mais j'étais mineur, alors on m'a envoyé dans un programme de ré-insertion. Là-bas, un de mes professeurs a décidé qu'il allait me sauver.

    De nouveau, un rictus effleura ma bouche. Je m'en rappelais comme si c'était hier. Shawn avait tout fait pour m'intéresser à ses cours d'arts. Il ne comprenait pas que les seuls arts qui m'intéressaient, c'étaient les arts martiaux.
    On ne refaisait pas une tueuse. Et c'est ce que j'étais, déjà à l'époque. Mais si ce n'était pas ce que je voulais. Peu importait au fond. Je n'avais pas le choix.

    - Il n'y a pas réussi, on dirait. Mais quand mon programme s'est terminé, il m'a proposé de devenir mon tuteur. Je n'ai pas compris pourquoi, ceci dit, c'était une chance pour moi de m'éloigner de cette ville et de la mort de Coral, alors je l'ai saisi. Depuis, je vis avec lui, on a déménagé ici et il m'a inscrit à cette école. Rien de très excitant.

    Cette fois, j'avais tout déballé. Tout ce que je pouvais dire sans que ma carapace ne se désagrège complètement. Ce qui n'avait rien de très intéressant comme idée. Ni de très excitant. Me retrouver privée de ma protection, ça c'était un cauchemar. Une vrai punition.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeVen 6 Juil - 23:27

J'acquiesçai face à ses explications, qui était peut-être une sorte d'excuse pour ne pas avoir essayé de me retrouver. En même temps, j'étais partis sans prévenir personne. Ils devaient tous me croire mort, et c'était justement le but. Je ne voulais pas qu'on me retrouve, car si les amis y arrivaient, les ennemis aussi... Et j'avais fuis tout mes problèmes sans grande hésitation, même si je devais abandonner certaines personnes que j'avais appris à apprécier, comme Kasey par exemple. Si j'avais eu le courage, ou la lâcheté, de le faire, c'était parce que je savais que ces personnes ne m'en voudraient pas et comprendraient. Ce n'était pas des amis par hasard... Et si tel n'était pas le cas, et bien tant pis, c'était ma vie après tout, mon but était bien antérieur à la vie que j'avais eu dans les rues. Et puis, il faut dire que sans Jack, ca n'aurait plus été pareil. Son souvenir m'aurait hanté à chaque coin de rue. Et la violence dans laquelle il était mort m'avait vraiment profondément bouleversé. J'avais seulement réalisé à quel point je touchais le fond, et que ma vie craignait. Si je n'avais pas réagis, j'aurais surement été le prochain sur la liste. Quel gâchis. Et Jack m'avait fait promettre de quitter tout ca tant que je le pouvais encore. Je tenais mes paroles et je réalisais encore plus aujourd'hui combien il avait eu raison.

Je comprenais bien qu'elle soit passé à autre chose, et elle avait d'ailleurs eu raison de le faire. Il était inutile de trop s'attacher à des personnes comme nous l'avions été. Chaque semaine, des gens mourraient ou partaient. J'avais beau être rancunier, je l'étais surtout envers mes ennemies. Je ne lui en voulait nullement. De toute façon, l'inverse m'aurait étonné. Et puis, nous n'étions pas non plus si proches que ca. J'étais loin d'avoir passé toutes mes journées avec elle, je l'avais croisé à de nombreuses reprises, puis avais appris à mieux la connaître, mais elle ne trainait pas toujours avec moi. Moi, j'étais plus solitaire... Je passais d'un gang à l'autre, rendant service à certains, mais au fond, je jouais en solo. Enfin jusqu'au jour où Jack était devenu mon compagnon. Je lui devais la vie...

Je répondis à sa question:


« Oui, c'est... différent. »

Certes, c'était beaucoup plus calme. J'étais plus paisible ici, même si des instincts de veille et mes réflexes ne m'avaient pas quittés pour autant. On ne pouvait pas reprendre une vie normal comme ca, après les choses qu'on avait pu vivre en vivant dans la rue. J'avais été changé, et je le serais à jamais. Je cauchemardais encore chaque nuit. Je ne dormais que peu d'heures, mais ca, c'était déjà avant ma vie de rebelle. Ma vie dans tout son ensemble avait été assez traumatisante. Ps étonnant que je sois perturbé, je ne devais pas être tout net...
A Wynwood, j'étais donc loin d'avoir tout laissé derrière moi et de vivre des jours heureux. Il y avait toujours des conflits, je me battais encore souvent, mais c'était différent, comme je l'avais dit. Les risques étaient moindres, il n'y avais rien en jeu, et j'avais réussi à retrouver un rythme de vie normal, en me mettant notamment au sport pour évacuer la tension que j'accumulais rapidement. De plus, je ne me réveillais pas chaque jour dans la crainte de savoir ce que serait ma journée, en pensant que je n'aurais peut-être pas de quoi vivre jusqu'au lendemain. Je n'étais plus omnibulé par la faim, je n'avais plus froid, l'alcool n'était plus un ennemi, et l'argent n'était plus une obsession.


« Mais ne t'en fais pas pour moi, je ne m'ennuie pas, tu me connais... »

Je lui fit un clin d'oeil. A elle d'en tirer ses propres conclusions. De toute façon, elle savait très bien que lorsqu'on mettait un pied dans le deal et toutes ces choses, on n'en sortait jamais vraiment. Alors oui, il pouvait m'arriver d'enfreindre encore les règles. Elles étaient là pour ca, non? Je n'étais pas devenu un saint parce que j'avais changé de ville. J'étais resté le même, mais j'avais gagné en maturité et j'avais appris de mes erreurs.
Comme elle ne m'avait accordé qu'une brève réponse la concernant, je lui redemandai:


« Alors dis moi, comment t'es tu fait prendre? Je te croyais insaisissable... »

J'avais un air un peu moqueur, mais pas méchant pour autant, qui aime bien châtie bien. C'était donc affectueux la concernant, on se chamaillait souvent, on se défiait, c'était notre façon de se montrer notre affection. On était un peu pareil sur ce niveau là, l'amour était quelque chose de tabou, et on ne savait pas l'exprimer, que ce soit par des mots ou des gestes. On n'aimait pas ca, on n'était pas doués, on ne s'y connaissait pas...
Elle avait sans doute fait exprès de ne pas s'attarder sur ces détails, surement par fierté. Je tenais là une sorte de petite revanche. Comme quoi quelque part, j'avais parfois un peu raison de vouloir la protéger. Tout ne se passait pas toujours aussi bien qu'on le prévoyait: elle n'était pas invincible. Et c'était l'être encore moins que de le croire.


« Et pourquoi ce lycée? »

Etait-ce sa punition?
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeVen 6 Juil - 14:56

    Ma question avait l'air de le perturber. Pas dans le sens ou il ne s'y attendait pas, plutôt dans le sens "je n'ai pas envie d'en parler mais, je te dois sans doute une réponse honnête, donc je vais te le dire". Rien de tout ça ne m'étonnais. A vrai dire, demander à quelqu'un pourquoi il avait quitté un gang, c'était un peu comme lui demander pourquoi il en avait rejoint un. C'était quelque chose auquel on ne répondait que face à quelqu'un en qui on avait confiance et qui connaissait cette vie. Essayer d'expliquer ça à quelqu'un qui avait vécu toute sa vie dans un monde ouaté avec des domestiques et des millions, ça c'était une vraie perte de temps. Mais pour nous, c'était juste remettre les pendules à l'heure. Savoir comment on pouvait se retrouver ici, et maintenant, l'un en face de l'autre. Ce qui m'étonnais le plus, je crois, c'est que nous étions vivants tous les deux. Je ne m'étais jamais vraiment demandé ce que Miguel était devenu. Je l'aimais bien, il était un ami mais ... Dans notre monde, quand on vous disait de ne pas creuser, mieux valait obéir. Et apparemment, c'était le mot d'ordre après que Miguel soit parti.

    Je finissais de recoudre la plaie quand le jeune homme reprit la parole, se préparant visiblement à m'annoncer quelque chose qui lui pesait toujours sur le cœur malgré les années qui s'étaient écoulés.

    « Jack est mort. »

    Ah. Je ne sais pas exactement ce que j'étais censé penser mais je savais que je n'avais rien à dire. J'avais peu connu Jack, c'était l'un des amis de Miguel, peut-être son meilleur ami. Maintenant que j'y pensais, j'avais effectivement vu la chaîne de Jack au cou de Miguel quand il s'était assis en face de moi. Mais je n'y avais pas accordé d'importance. Tous les deux venaient de loin dans ma mémoire.
    J'imaginais que, sans doute, Jack avait trouvé la mort pendant un deal qui avait mal tourné. A une époque, mon gang avait vécu une vrai guerre avec celui d'en face. Toujours une histoire de territoire qui avait mal tourné, aucun des deux gang ne voulaient lâcher l'affaire, et nos membres étaient tombés comme des mouches. Mais bon, ce n'était pas important aux yeux des dirigeants. Après tout, avec un peu de pression, on pouvait intégrer n'importe qui au gang, de nos jours.

    « Je t'avais parlé de ma quête pour rejoindre XXX.Et bien c'est ce que j'ai fais. »

    Ah oui. Effectivement, maintenant ça me revenait. Principalement, parce que je ne comprenais pas ce que Miguel venait foutre dans mon univers de l'époque. Et au bout d'un certain temps, j'avais fini par l'apprendre. Il s'était donné une mission, retrouver un ami d'enfance et il avait voulu y arriver par tous les moyens. Même si ça nécessitait de faire du trafic et d'être comme cul et chemise avec des gangs.
    Ce que je comprenais, parce que c'était également pour une mission que j'avais rejoint Los Magnificos. Non par choix, mais bien parce que je voulais arriver à mes fins, et que si c'était l'une des étapes, alors très bien. Par ailleurs, beaucoup des connaissances que j'avais eu là-bas, étaient dans le même cas. Aspirant à des vies meilleures, sans y arriver.

    - Tu as réussi, finalement. Je suis désolée pour Jack, tu sais, là-bas personne ne savait où vous étiez passé. C'était un peu comme si, ils avaient passé le fameux mot d'ordre "celui qui l'ouvre, il crève". Alors tout le monde a fini par passé à autre chose.

    Je ne savais pas exactement si cela pouvait lui remonter le moral. J'en doutais très sérieusement même mais bon. Après tout, je n'étais pas douée pour parler, je ne l'étais que pour cogner. Ce qui me suffisait la plupart du temps.
    Cependant, j'étais contente de voir que l'un d'entre nous avait réussi à s'en sortir. Vraiment contente. Et si il était heureux, alors tant mieux.
    Je baissais mon pantalon pour couvrir le bandage que j'avais fais et le regarder dans les yeux. En dehors de la souffrance que je lisais dans son regard, je ne voyais pas de marques de nos vies en lui. Sans doute, avait-il des cicatrices du temps passé mais rien de visible au premier abord. Je n'étais pas sûr qu'il en aille de même pour moi. En le voyant, assis juste devant moi, je me rendais soudain compte que j'étais brisée, sur le point d'imploser. Sans comprendre pourquoi.

    - Alors, dis moi. Comment se passe la vie, ici ? C'est plus calme, j'imagine.

    Je voulais changer de sujet. Je voulais savoir ce qu'il vivait aujourd'hui pour oublier que moi je n'avais pas su avancer. Que même si je n'étais plus dans le gang, je continuais à vivre cette vie de danger et de vengeance. Alors que je pourrais faire autre chose, mais je n'en étais pas capable.

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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeJeu 5 Juil - 23:27

Kasey me précise qu'il est inutile que je m'inquiète, car elle a déjà réglé son compte au mec en question. Je me calme aussi vite que je m'étais emballé. Je n'approuve pas totalement l'idée qu'elle ait pu s'exposer ainsi à des risques, mais soit. La situation est réglée, inutile de revenir dessus. Et puis, Kasey a bien survécu jusqu'ici sans moi que je sache, elle est plus forte que je veux bien l'admettre... Mais c'est parce que je m'inquiète pour elle.

Holala j'en reviens toujours pas. La voir ici. Des souvenirs d'elle me reviennent en tête. Ils se bousculent. Elle me demande ce que je fais là. Elle aussi est étonnée. On n'est pas à notre place ici, on a l'air de deux perdus... Évidemment que ca n'a rien à voir avec notre vie d'avant. C'était justement ca l'idée. Apparemment, elle s'était fait arrêtée et n'avait pas eu le choix. Moi si.

Elle me demanda de se mettre devant elle, je savais que c'était pour cacher ce qu'elle comptait faire: recoudre sa plaie serait indispensable vu sa profondeur. Sans mots dire, je m'exécutai, réfléchissant à une réponse. Je ne sais pas si c'est parce que je me trouvais dans cette posture, mais je répondis beaucoup plus simplement que je l'aurais cru, le ton froid et le regard inexpressif:


« Jack est mort. »

Il ne m'était même pas venu à l'idée d'essayer de lui cacher quoi que ce soit. Jack était l'un de mes meilleurs amis durant le périple qui m'a conduit jusqu'ici. C'était mon compagnon de fortune. Kasey le connaissait aussi, mais beaucoup moins. Peut-être reconnaitrait-elle le collier que je portais à mon cou qu'il m'avait légué juste avant de rendre son dernier soupir, mourant sous mes yeux. Je ne voulais pas entrer dans les détails. Elle me demanderait peut-être plus tard ce qui s'était exactement passé, mais pour l'instant, là n'était pas la question. Et puis, en réfléchissant bien, la réponse était facile à trouver: un coup pouvait si rapidement mal tourner... Les gens des gangs entraient et sortaient à une vitesse déconcertante, et la plupart y laissaient leurs vies.
Depuis la mort de Jack, qui m'avait beaucoup choqué, j'avais voulu arrêter tout ca et revenir à la raison principale qui m'avait fait traverser tout le continent.

Je pense qu'elle verrait où je veux en venir, car elle savait combien Jack était important pour moi, aussi, je poursuivis:


« Je t'avais parlé de ma quête pour rejoindre XXX (perso à prendre qui est un ami d'enfance d'Aiden, dont le nom est donc pour l'instant inconnu).Et bien c'est ce que j'ai fais. »

Quand Jack était mort, le moment était venu. XXX était à Wynwood, et je m'étais mis en tête de le rejoindre, le jour où j'avais quitté mon petit village de californie, bien avant de faire partie de gangs, 'était mon but de départ. Tout le reste n'avait été qu'un long égarement où j'avais été livré à moi-même, seul contre l'hostilité du monde. Et voilà comment j'avais atterri ici, rien d'autre. Ca aurait pu être n'importe où, mais c'était là, et Kasey aussi. Quelle coincidence !
Je tournai mon regard sur la plaie de Kasey. Ce n'était pas bau à voir, mais on avait l'habitude, on n'était plus choqués pour si peu. La plaie guérirait vite. J'avais eu le tact de ne pas lui demander de l'aide, ce qu'elle aurait prit comme une insulte. Je savais qu'elle se débrouillerait toute seule, même si je ne perdrais pas une occasion de lui rendre service si elle me le demandait – ce qui, avec son caractère, arrivait moins souvent que ce qui aurait du. Mais je savais bien ce que c'était, moi non plus je n'appelait jamais à l'aide qui que ce soit.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeDim 1 Juil - 13:10

    « Kasey? C'est pas possible ! Qu'est-ce que tu fais ici? »

    Ah ben si. Si, si, c'était possible. La preuve, celui qui se tenait devant moi, m'avait appelé par le seul prénom qu'il m'avait jamais connu, et en plus, il s'était inquiété comme avant. En deux phrases, il m'avait prouvé qu'il était bien lui. Et ça me tuait. Je ne me serais jamais attendu à voir quiconque de ma vie dans cet établissement et Miguel, sans doute moins encore qu'un autre. Parce qu'il paraissait se convenir dans sa vie. Il semblait heureux de bourlinguer partout. Je ne comprenais vraiment pas.

    « Qui t'a fait ca? »

    Aaah ... Et voilà le Miguel que je connaissais si bien ! Alors lui, il avait beau être super gentil, il n'acceptait pas qu'une femme puisse être aussi forte qu'un homme. Et encore moins qu'elle réussisse à se débrouiller sans l'un d'eux. Je vous laisse imaginer combien ça m'agace. Personne ne me dicte ce que je fais, personne ne m'interdit quoi que ce soit. Je fais ce que je veux, quand je veux et où je veux par dessus tout !

    - T'en fais pas pour lui, il est à l'hôpital, je lui ai refais une santé, répondis-je avec une sourire froid.

    Ben quoi ? Est-ce que quiconque ce serait attendu à autre chose de ma part ? Nan parce qu'effectivement, il était exclu que quelqu'un qui me tape dessus s'en sorte en parfait état. Et ça, Miguel le savait aussi bien que moi. D'ailleurs, je me demandais pourquoi il avait passé autant de temps à essayer de m'écarter des gangs, alors qu'il savait pertinemment que je ne le ferais pas. Il ne voulait pas s'avouer vaincu, voilà. Sauf que je n'étais pas une fragile petite innocente. Je maniais mieux un couteau qu'un stylo, et à force de cette vie, j'avais appris beaucoup de choses. Notamment comment retirer une balle d'un corps humain sans outils chirurgicaux, ou comment soigner n'importe quelle plaie ou brûlure. En gros, je pouvais rejoindre l'armée. Sauf que la discipline c'était pas vraiment mon truc. Le combat, ça oui. Et puis, je ne voulais pas trucider n'importe qui parce que c'était une cible. Je voulais juste anéantir les méchants.

    - Dis moi, Miguel. Je comprends pas comment tu as atterri, ici ? Je sais pas, mais tu te rends bien compte que ça n'a rien à voir avec ... la vie qu'on avaient avant. Alors, moi je me suis faite arrêter quelques semaines après que tu sois partie, mais toi ? Qu'est-ce que tu fais dans ce lycée de bourges ?

    Les mots étaient sortis seuls. Peut-être brutalement. Mais bon, il me connaissait. Je n'étais pas faite pour la douceur, la gentillesse et toutes ces conneries. D'ailleurs, même si je m'y essayais, je ne saurais pas comment m'y prendre. En plus, ça ne m'intéressait pas du tout. Moi tout ce que je voulais, c'était comprendre.
    Tout en attendant sa réponse, j'entrepris de finir ce que j'avais commencé. Nettoyage de la plaie : check. Et là, je me posais une question, était-il indispensable que je la recouse ? J'avais bien envie de dire non, mais bon ... C'était plus par flemme qu'autre chose. Et puis surtout parce que je me voyais mal expliqué ce que je faisais à n'importe qui qui passerait.

    - Tu veux pas t'asseoir devant moi, s'il te plaît ? Juste le temps que je m'occupe de ça, précisais-je en désignant la plaie.

    Avant même de savoir si il allait réagir, je sortis une aiguille, mon briquet et une pelote de fil très fin. Effectivement, l'idée faisait très barbare, mais c'est tout ce que j'avais sous la main. L'aiguille soumise au feu du briquet, j'enfilais le fil à l'intérieur et serrer les dents. Bon, ce n'était pas la première fois, et ça ne nécessiterais pas trop de points, alors, je n'allais certes pas me mettre à hurler, mais j'aurais quand même bien bu un Whisky. Histoire de faire passer le tout. La prochaine fois, je n'oublierais pas de mettre une flasque du précieux breuvage dans mon sac à main.
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MessageSujet: Re: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeDim 1 Juil - 9:02

Je n'étais pas allé en cours ce matin. Une fois de plus, j'avais eu une nuit très mouvementée, alors je n'avais pas réussi à me lever le matin. Et quitte à sécher, autant me prendre ma matinée, je ne tenais pas à interrompre en cours, je détestais ca, me faire remarquer, ce n'était pas mon truc. J'étais mal à l'aise lorsque tous les visages se posaient sur moi.
J'avais donc mangé en avance, et, alors que tous les élèves savouraient leur repas, je m'apprêtais à aller au batiment de ma confrérie, voir s'il n'y avait pas des fois des gens avec qui je pourrais discuter un peu. Mais avant cela, je devais passer rapidement à la bibliothèque.

La bibliothèque. Lieu sacré du savoir. On ne m'y trouvait donc jamais. Ca devait être la troisième fois que j'y allais en 3 ans. Une fois pas an quoi... Pour retrouver quelqu'un ou rendre un service. Je ne lisais pas. Jamais. Je trouvais ça ennuyant, je n'avais pas cette patience de tenir en place. Et ne me parlez même pas des lectures imposées. Je demandais toujours aux autres de me les résumer. Aujourd'hui, j'étais de passage car j'avais trouvé un livre oublié par quelqu'un la semaine dernière. Il avait attiré ma curiosité, alors je l'avais pris, voulant savoir à qui il était. Ce que je n'avais pas trouvé. Puis mon amie Molly m'avait sermonné pour que je le ramène à la bibliothèque, car elle considérait ca comme du vol. Moi, j'en avais rien à foutre, mais je devais beaucoup à Molly, elle m'aidait à être quelqu'un de meilleur. Elle m'avait même donné des cours pour que je rattrape mon retard après mon année sabbatique...

Année sabbatique. Voilà ce que j'avais dis pour justifier l'année de ma vie la plus mouvementée, durant laquelle j'avais traversé tous les Etats-Unis, de San Fransisco jusqu'à Miami. Je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un de mon passé se trouve sur les marches de la bibliothèque.

Kasey. Je laisse tomber le livre au sol. Incroyable. Impensable. Impossible. Un fantôme, voilà ce qu'elle était. Je ramasse maladroitement le bouquin, sans me détacher de ce mirage, par crainte qu'il ne disparaisse. Je me ressaisi et m'approche d'elle. Est-ce un sosie? Une soeur jumelle? Se puisse t-il qu'il s'agisse bien de ma Kasey? Car oui, c'est comme que je l'appelle. Dans les bandes, on ne donne jamais notre prénom, pour plus de confidentialité. Souvent il s'agit donc d'un pseudonyme, d'un surnom, d'un deuxième prénom, ou encore d'un truc inventé de toute pièce. Jamais le vrai. Elle me connait en tant que Miguel.


« Kasey? C'est pas possible ! Qu'est-ce que tu fais ici? »

Sans doute la phrase que tout le monde dit en recroisant quelqu'un qu'il ne s'attendait pas à voir. Mais là, je suis littéralement scié. Je m'approche plus près d'elle, la dévisageant. Incroyable, vraiment. Toujours ce même regard sombre, sous lequel se dissimule son vrai tempérament de feu que je connais bien. A maintes reprises, je l'ai croisé. Nous avons eu quelques affaires ensembles, et de fil en aiguilles, nous avons fait plus ample connaissance, ce qui a été long car nous sommes très méfiants, surtout lorsqu'il s'agit des fréquentations que l'on peut avoir dans ce domaine.

Je trouve curieux qu'elle ne se relève pas, mais je remarque alors qu'elle est blessée à sa cheville droite, qu'elle est en train de soigner. Je lui adresse un regard réprobateur, qu'elle me connait bien. Je ne sais combien de fois j'ai voulu la protéger, lui dire de faire plus attention... Et combien de fois elle m'avait envoyé bouler... Une fille dans les rues qui deal, ce n'est vraiment pas prudent. J'ai toujours voulu l'écarter de tout ca, pour la protéger, préférant prendre les risques à sa place. Mais c'est une vraie tête brûlée, et je sais mieux que quiconque à quel point elle peut se montrer têtue. Indomptable, c'était un mot qui la caractérisait bien. Nos échanges sont souvent électriques, pourtant au fond, je pense qu'elle a appris à m'apprécier aussi. Mais elle est comme moi, elle ne le montre pas.

Je m'assois donc à côté d'elle, posant le bouquin par terre sans aucun remord. En regardant sa cheville, puis ses yeux noirs, je la foudroie de mes yeux bleus sombres:


« Qui t'a fait ca? »

Elle savait que je reconnaissais qu'il s'agissait d'un coup de couteau. J'avais soudain envie de retrouver ce type, car je doutais fortement qu'il s'agisse d'une fille- pour lui régler son compte. On ne s'attaquait pas à mes amis. Car oui, Kasey en était devenu une petit à petit... J'avais souvent soigné ce type de plaie, que ce soit sur moi même ou sur des potes. J'avais vu également beaucoup de blessures plus graves, mais je savais bien qu'une petite pouvait être tout aussi dangereuse, si elle s'infectait... Je n'étais pas médecin, mais j'avais appris à me démerder. C'était aussi le cas de la jeune fille, pourtant, je voulais l'aider. Les femmes m'avait toujours parues plus faibles, bien que je les respecte beaucoup, mais je voulais les protéger. Elles devaient rester en dehors de tout ca... Kasey devait rester en dehors de tout ca. Apparemment, elle ne s'était pas calmée depuis notre dernière rencontre, lorsque je lui avais annoncé mon départ... Deux rebelles devant la bibliothèque, comme cela paraissait étrange...
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MessageSujet: Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ]   Coin tranquille. Ou pas ! [ Aiden & Jaden ] Icon_minitimeJeu 28 Juin - 22:56

Coin tranquille. Ou pas !



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Aiden Miguel Jensen & Jaden Kasey Asher



    Je cherchais un coin tranquille. J'en avais bien besoin, je me demandais comment j'avais bien pu faire pour ne pas voir ça auparavant. Décidément, j'avais trop l'habitude de souffrir, ça devenait presque dangereux. Pour une fois, je me sidérais moi-même, et je trouvais ça inquiétant. Hier, je m'étais battue avec un gars, et je n'avais pas prêté attention à la sensation brûlante que j'avais reçue à la cheville droite. J'étais rentré crevée, et m'étais couché sans même me déshabiller.
    En me levant ce matin, j'étais en retard, ce qui veut dire que j'avais encore moins fais attention que d'habitude à ce que je m'étais mis sur le dos. Malheureusement, ou heureusement, je ne savais pas vraiment, en gym, je m'étais aperçue que je sentais une douleur à la cheville. D'un air dégagé, j'avais donc vérifié, pour découvrir une plaie sanguinolente et assez large. Comment pouvait-on rater un truc pareil ? C'était exactement la question que je me posais depuis ce moment-là ! Je devais vraiment arrêter la dope, c'était mauvais, un de ces quatre matins, je me ferais planter et je m'en rendrais même pas compte ! Quoique, mourir sans s'en apercevoir, ça pouvait être cool, non ?
    Ou pas. A voir. En tout cas, je m'étais résolue à ne pas forcer sur ma cheville en cours et à me soigner direct après, quand il n'y aurait personne pour me voir. Ce qui n'était pas compliqué, vu que c'était l'heure de la pause-déjeuner, et que du coup, le bâtiment était vide. Totalement.
    Assise dans un coin, sur des marches poussiéreuses près de la bibliothèque, je sortis de mon sac du désinfectant, des compresses et du sparadrap. Je ne doutais pas que ça piquerai un peu, mais je me voyais mal me pointer à l'infirmerie. Ou plutôt, je voyais déjà la tête de l'infirmière et toutes les questions qu'elle me poserait. Comment expliquer un coup de couteau, pris au cours d'un corps à corps avec un proxénète ? Eh oui ... Compliqué.

    Alors que je retirais ma chaussette pour déverser sans pitié, une bonne partie du désinfectant sur ma cheville, un bruit de pas me tira de mon activité. Qu'est-ce que quelqu'un pouvait bien venir faire ici ? Les gens ne savaient donc pas que c'était l'heure du déjeuner ? Qu'on me foute la paix, pour une fois, par pitié ! Je n'en demandais pas trop, si ? Bon. Tant pis. Je devais nettoyer la plaie, je trouverais bien une excuse. Du genre, je suis tombée sur ... quelque chose ! Voilà. Et au pire, je n'aurais qu'à effrayer la personne en face.
    L'idée me tira un sourire. Dans ma confrérie, on étaient bien tous pareil. Et le pire, c'est qu'on étaient tous prêts à se battre et à faire les pires bêtises. C'était ce qui m'avais poussé à rejoindre cette confrérie. Ici, tout le monde cachait quelque chose, et donc personne n'avait intérêt à fouiner chez les autres. Eh oui !

    Par contre, rien n'aurait pu me préparer, à apercevoir la personne en face de moi. Rien du tout. Parce que cette personne venait de très loin. Très très loin dans mon passé. Et je restais stupéfaite de le voir devant moi, là. A cet instant. Pressant une compresse sur la plaie, je fermais les yeux, avant de les rouvrir, certaine d'avoir une hallucination, sans doute causé par une quelconque infection. Ce n'était pas possible ... ça ne l'était pas.


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